Hysteria

par Shini-sama.

Chapitre 9 : Tu te noieras dans ses yeux.

Couple : Grimmjow X Ichigo

Rating : M

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo. Cependant, cette fiction m'appartient entièrement.

Note : Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui lisent et surtout qui review cette fanfiction, et également mes autres fictions. Je suis désolée de ne pas vous répondre à tous personnellement. Aussi je vous le dis : merci beaucoup, et j'espère que mes écrits continueront à vous plaire. Sans lecteurs, un auteur n'est pas grand chose :)


Chapitre 9 : Tu te noieras dans ses yeux.

_...

..._

_...

« Lorsque le cœur du soldat saignera, l'« Hysteria » s'emparera de lui,

et alors le monde se noiera dans les larmes de son chagrin puis sombrera dans la noirceur de son âme.

Tes mains s'empareront de l'homme aux cheveux de feu, fais-le tient et garde-le dissimulé aux yeux avides des hommes avant que ceux-ci ne le mènent à la destruction.

Puisse l'acquéreur soigner son cœur meurtri,

et faire s'abattre une pluie céleste sur le monde. Car il sera dès lors son plus cher trésor.

Ses larmes seront de sang, son cœur sera de sang, mais sa mort sera d'or »

_...

_...

_...

Ichigo et Grimmjow restaient tapis dans le tunnel étroit et sombre qui leur servait de cachette depuis un moment déjà. Témoins de la scène qui se déroulait sous leurs pieds dans les appartements d'Aizen, ils ne pouvaient rester insensibles au tournant qu'était en train de prendre cette intrusion ennemie dans le palais du cinquième plus puissant seigneur du Japon.
Ichigo glissa ses yeux sur le visage du général à ses côtés, ses yeux partiellement dissimulés par l'obscurité qui les entourait. Mais il pouvait entendre sa respiration nerveuse, accélérée, et sentait son corps tendu tout proche du sien. Il aurait voulu lui dire quelque chose, l'inciter à réagir, mais la voix d'Aizen reprit, couvrant les respirations saccadées des deux hommes espions :

_Qu'est-ce que tu attends, Kaname-kun ? Ta main tremblerait-elle ?

_Vous devez comprendre, Aizen-sama. Déclencher une guerre civile n'est pas mon but premier. Or, en vous ôtant la vie ce jour, je déclenche un réel raz-de-marée. Le Japon sera alors assommé par la trahison et les seigneurs se retourneront les uns contre les autres, lançant un assaut tel qu'il détruira la nation toute entière. L'empereur en sera ébranlé lui-même du haut de son trône, mais j'aurais un avantage...

_Je ne t'ai jamais vu parler en si hauts termes de la guerre, répondit Sosuke, tu as changé. Serait-ce un bien ou un mal ?

_Si je m'empare de l'homme aux cheveux de feu, alors je ne craindrai rien, votre mort ne pourra rien contre moi, ni plus que la colère de l'Empereur ou des treize seigneurs.

_Si avide de pouvoir, ricana Aizen dont la voix devenait de plus en plus grave. Je ne te reconnais définitivement pas. Et t'allier à Gin n'est vraiment pas ce que j'attendais de toi.

_Vous n'aviez rien à attendre de moi, Aizen-sama. Vous n'êtes pas mon père, ni mon maître. Je suis un seigneur, comme vous, je dois certainement un peu de mon pouvoir à votre aide et à vos grâces mais c'est par ma volonté même que j'ai acquis cette place.

_Sans mon aide, tu n'aurais jamais pu écarter Muguruma-sama...

_C'est du passé, ce nom appartient à un passé révolu. Et c'est votre tour à présent, de plonger dans les limbes, et d'appartenir au passé. Adieu, Aizen-sama.

Ichigo plaqua une main devant sa bouche pour retenir un cri de surprise, au moment où dans un accès de fureur, Grimmjow défonça d'un coup de pied magistral le sol du tunnel qui les tenait cachés, sautant par le trou béant qui donnait directement sur la pièce des appartements d'Aizen. Il atterri sur ses pieds tout proche des deux hommes qui l'observèrent, yeux écarquillés et bouche entrouverte dans une expression ahurie.

Grimmjow en fit son avantage. Il profita du moment d'inattention et de béatitude de Tosen pour lui asséner un coup dans l'estomac. Le traitre en échappa son arme au passage, et il garda l'avantage en lui flanquant un coup de poing dans la mâchoire, envoyant le seigneur au tapis.

_Bon sang, Sos'ke ! Grogna-t-il en direction de son frère, sortant son sabre pour le placer sous la gorge d'un Tosen Kaname sonné, au sol. Te faire avoir par ce type...

Aizen resta figé, encore sous le choc de l'arrivée de son frère par le plafond, une entrée à son image complètement frivole et inattendue. Il replaça sa cape de seigneur sur ses épaules d'aplomb et redressa le menton, feignant de ne pas avoir craint pour sa vie pendant un court instant.

_Tu es en retard comme d'habitude, cher frère, lui lança-t-il de cette voix hautaine et grave. Un peu plus de ponctualité à l'avenir, nous éviterait certainement des pertes inutiles.

_J'étais occupé, lui répondit le soldat en le foudroyant de ses pupilles turquoise. Ton p'tit Trésor se faisait courser comme un poulet dans tes couloirs.

Aizen leva ses yeux foncés en direction du plafond. Celui-ci était maintenant agrémenté d'un trou béant et il tomba sur deux grands yeux ambrés qui l'observaient avec incrédulité. Il laissa échapper un soupir très bruyant, exprimant un soulagement sans précédent dont il ne se cacha pas, et avança en direction de l'ouverture pour mieux voir :

_Dieu soit loué, soupira-t-il en reconnaissant la touffe de cheveux orange. Ichigo...

Le seigneur tendit ses bras en direction du trou pour faire signe au jeune homme qu'il pouvait en descendre. Ce dernier glissa un regard interrogateur en direction de Jaggerjack qui lui fit signe qu'il pouvait sortir du tunnel. Sautant à bas du trou, s'étant aidé de ses bras, Ichigo toucha de ses pieds le sol de bois des appartements de son maître, prenant garde à ne pas se retrouver entre les bras tendus d'Aizen qui n'attendaient que lui.

Mais c'était peine perdue. Le brun fondit sur lui et enserra fortement son corps contre le sien, sa chaleur faisant pratiquement suffoquer le jeune esclave. Grimmjow échappa une grimace discrète, détournant ses yeux de la scène de retrouvailles qui n'était vraisemblablement pas de son goût.

_Je ne savais pas où tu étais, j'ignorais si tu étais en sécurité, souffla Sosuke contre la chevelure orangée. J'ai eu si peur...

_Je vais bien, dit Kurosaki d'une voix sans émotion, tentant de se dégager de l'étreinte du seigneur qui le rendait mal à l'aise. Grimmjow m'a secouru.

Aizen tourna ses yeux en direction de son frère, esquissant un léger sourire que ni Ichigo ni Jaggerjack ne purent voir. Un sourire qui se voulait satisfait, surtout lorsqu'il comprit que son frère avait secouru et protégé le jeune Ichigo sans qu'il n'en ait donné l'ordre direct. Visiblement soulagé, il s'écarta du jeune homme et appela sa garde à la rescousse. Celle-ci se précipita à l'intérieur des appartements, courant dans de petites foulées, armures et glaives cliquetant sous leurs pas.

_Je veux que tous les hommes disponibles sillonnent le palais. Si un quelconque ennemi est trouvé, je veux qu'il soit amené en prison pour interrogatoire. Et... envoyez une missive à l'Empereur. Diable où est donc passé Hirako ?

_Nous l'ignorons, Aizen-sama, lui répondit un soldat en s'inclinant bien bas. Nous ne l'avons pas aperçu.

_Bien. Trouvez-le ! Cette missive doit être envoyée au plus vite.

Les soldats s'inclinèrent devant leur seigneur, démontrant qu'ils avaient saisi ses ordres.

_Et emmenez ce traitre dans les geôles. Pour l'instant, il y restera. En attendant la décision de l'Empereur sur son sort.

Il désigna Tosen d'un geste de la tête. L'homme était toujours à terre, menacé par le sabre de Grimmjow qui se retira progressivement afin que les gardes puissent l'emporter avec eux. Les trois hommes observèrent le cortège sortir au petit pas, et Ichigo laissa son regard trainer quelques instants sur la carcasse élancée de Grimmjow. Il rangea son épée dans son fourreau et se passa une main sur le front, poussant un soupir très léger en observant les alentours.

_A partir de ce jour je ne te laisserai plus sans surveillance, reprit Aizen en déposant une de ses grandes mains masculine sur l'épaule d'Ichigo, le sortant de ses songes. S'il t'arrivait quoique ce soit, je m'en voudrais terriblement. J'assignerai l'un de mes gardes personnels à ta protection, j'y tiens tout particulièrement.

_Je ne suis pas un enfant, bougonna le rouquin en croisant ses bras sur son torse de manière contrariée.

_Effectivement non, sourit le seigneur. Mais... si Grimmjow n'avait pas été là ce jour, que te serait-il arrivé ?

Le jeune homme déglutit péniblement, il préférait ne pas y penser, en effet. Ses yeux reprirent le chemin du soldat et il croisa son regard bleu lagon. Il aurait voulu le remercier, ou bien lui dire une parole sincère, afin qu'il sache qu'il lui était reconnaissant mais ce n'était pas le moment. Aizen semblait s'accrocher à lui comme une moule à son rocher, et il s'en trouvait mal à l'aise. Surtout que Grimmjow les observait étroitement :

_C'est Ulquiorra qui m'a sauvé, reprit-il en détournant ses yeux de Grimmjow. Alors qu'Ichimaru Gin m'avait retrouvé dans les couloirs, je m'étais... perdu.

_Je vois.

Aizen le délaissa soudain, son corps se détournant du sien pour s'avancer dans la direction opposée. L'émotion de leurs retrouvailles et le soulagement qu'il avait exprimé quelques instants plus tôt s'étaient complètement envolés. Être capable de reprendre son aplomb si rapidement après avoir été tant inquiet... c'était une qualité d'un seigneur, pensa alors Ichigo en observant étroitement Aizen et son comportement. Ou bien... ce seigneur n'avait en réalité, pas été inquiet du tout. Il était donc hautement simple de garder son aplomb face aux autres.

Sosuke effectua quelques pas dans la grande pièce ensoleillée, ses mains jointes dans le bas de son dos il stoppa ses pas à l'orée du jardin. Son large dos empêchait quelques rayons de soleil de s'infiltrer dans la pièce et Ichigo jeta un œil à Grimmjow qui avait placé ses mains sur ses hanches, faisant tout pour paraître patient. Il attendait les ordres de son seigneur, mais ceux-ci tardèrent à venir. En observant son visage masculin plus attentivement, Ichigo remarqua qu'il ne semblait finalement pas si alarmé que cela. Ni Aizen d'ailleurs. Pourtant, il s'agissait bien d'une haute trahison ! Alors pourquoi faisaient-ils comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes ? Une guerre n'était-elle pas sur le point de se profiler ?

_Nous allons devoir être prudents, Grimmjow, reprit soudain le seigneur, cassant le silence s'étant installé dans la pièce. Je tiens à ce que tu renforces les tours de garde aux frontières, et que la sécurité du palais soit également renforcée. Plus de rondes, plus de soldats. Je me fiche du nombre mais je ne tiens pas à ce qu'Ichimaru revienne mettre les pieds ici.

_J'en doute, répondit Jaggerjack en passant une main dans ses cheveux l'air fatigué. Il s'est enfuit je le crains.

_Ça n'a pas d'importance. Tant que j'ai l'Empereur de mon côté, il sera durement puni.

_Et s'il a fui le pays ? Que se passera-t-il ?

_Au moins, il ne reviendra plus nous importuner, non ? Demanda-t-il en se tournant en direction de son frère, un léger sourire satisfait sur les lèvres.

Jaggerjack resta silencieux, et Ichigo observa l'étrange scène qui se profilait devant ses yeux. Aizen gardait les yeux rivés sur ses pieds à mesure qu'il parcourait le bois du plancher de la pièce, faisant craquer le sol par endroit, ses pas plus trainants que d'habitude. Il était vraisemblablement plongé dans une réflexion intensive et Grimmjow poussa bientôt un soupir ennuyé, désignant d'une main l'autre bout de la pièce :

_Sinon, j'peux y aller ?

_Attends une seconde, Grimmjow. Tu ne crois tout de même pas que je vais rester sans rien faire alors que tu as sauvé ma vie, et que tu m'as ramené Ichigo sain et sauf. N'est-ce pas ?

Jaggerjack fronça les sourcils puis haussa les épaules :

_Si t'veux m'offrir une récompense, moi j'suis pour !

_Très bien. Dis-moi ce qui te ferait plaisir. N'importe quoi. Je te le dois bien, après ce que tu viens de faire. Demande : de nouveaux appartements, des garçons, des filles, que sais-je !

_Ah...

Grimmjow croisa ses bras et leva ses yeux, en signe de réflexion. Ichigo lui, trouvait cette conversation affligeante : n'avait-il pas assez de luxe et ne possédait-il pas assez d'objets inutiles pour en demander un autre en cadeau ? Il les trouvait répugnants tous les deux, à des niveaux différents, mais tout de même répugnants !

_Voilà c'que j'veux !

Ichigo écarquilla les yeux lorsque la main étonnamment puissante de Grimmjow se referma sur son bras et qu'il l'attira à ses côtés, entrechoquant leurs deux corps. D'un pouce effronté, il le désignait et ses yeux couleur turquoise le dévoraient, agrémentés d'un petit sourire en coin fortement malsain.

_Quoi ?! S'écria le rouquin en tentant de se dégager de sa poigne.

_Tu diras pas non, hein, Sos'ke ? Tu ne laisseras personne d'autre s'occuper de ton petit protégé, n'est-ce pas ?

Aizen resta surpris devant la proposition de son frère. Il observa le couple se débattre pendant un instant puis fronça ses sourcils bruns en levant la main pour réclamer le silence. Cette proposition n'était certainement pas ce qu'il avait souhaité, mais d'un côté, savoir Ichigo auprès de Grimmjow était un gage de sa sécurité. Protégé par Jaggerjack, il ne risquerait plus rien :

_Est-ce vraiment ce que tu désires, Grimmjow ?

_Oh oui...

_Si je te laisse Ichigo, tu sauras en prendre soin ? Je veux dire... Il est important à mes yeux, je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose de fâcheux. Mais comme tu le dis, personne ne peut prendre soin de lui... à part toi certainement.

_Évidemment qu'j'en prendrai soin, Sos'ke ! Répliqua-t-il en relâchant progressivement sa poigne autour du bras de l'orangé. Et tu le sais très bien.

_Bien, mais garde à l'esprit qu'il m'appartient, et j'estime aussi avoir droit à un certain droit d'audience. Mm ? Déclara-t-il, haussant un sourcil entendu à l'attention du bleuté.

Celui-ci étira un énième sourire sadique et acquiesça d'un hochement de tête :

_Si ça peut te faire plaisir.

_Très bien. Il est donc à toi, décréta-t-il avec un geste de la main, comme s'il chassait un insecte. Mais si notre arrangement n'est pas tenu... il reviendra auprès de moi exclusivement. Suis-je bien clair ?

Les deux frères se toisèrent du regard, et Grimmjow étira un sourire carnassier, sans pour autant donner son accord à la dernière recommandation d'Aizen. L'orangé, lui, les observait se renvoyer la balle l'un après l'autre, écarquillant les yeux à chacune de leur réplique. C'était comme s'ils parlaient de bétail, ou d'un quelconque objet qu'ils désiraient se prêter afin de jouer avec. Comme des enfants, ils discutaient d'un être humain dont ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient. C'était écœurant la façon dont ils le laissaient là, impuissant, attendant son sort avec une appréhension violente.

_Mais...

_Aurais-tu quelque chose à dire, Ichigo ? S'enquit soudain Aizen en tournant ses yeux de velours dans sa direction.

Mais Grimmjow ne lui laissa pas le temps d'exprimer ses griefs, ni de dire le moindre mot. Il reprit sur un ton catégorique, tournant les talons pour s'enfuir :

_Amène-le dans mes appartements quand ça t'chantera. J'vais faire un tour de garde pour voir où tout ça en est !

_Attends un instant, Grimmjow. Je vais me joindre à toi, le prévint Sosuke en le rejoignant dans de grands pas avant de se tourner vers Ichigo. Prépare-toi à changer de lieu de vie Ichigo. Mais nous nous reverrons, ne t'en fais pas.

Et sur ces mots, les deux frères quittèrent le pièce et Ichigo se retrouva seul, tel un abrutit laissé à l'abandon. Nous nous reverrons, ne t'en fais pas ? Parce qu'il croyait vraiment, en son âme et conscience, qu'il désirait le revoir ? Pourquoi Aizen se voilait-il ainsi la face ? Se demanda le jeune esclave. En le possédant, il ne possédait nullement son cœur ni ses désirs, n'était-ce donc pas logique aux yeux d'un seigneur qui avait toujours eu des esclaves ? Incrédule, il se demandait déjà si se retrouver entre les mains de Grimmjow serait plus bénéfique...


Aizen laissa quelques ordres à ses gardes présents sur place : il demanda à ce qu'Ichigo soit ramené dans ses appartements privés, sous bonne escorte, où il y serait accueilli par Hinamori. Accompagné de Grimmjow et d'Ulquiorra, le seigneur prit ensuite le chemin du cœur de son palais. Ensemble, ils firent l'inventaire de cette intrusion ennemie, comptant les soldats morts, énumérant les esclaves égorgés sur leur passage. Kaname Tosen avait été emporté dans les geôles, sous bonne escorte lui aussi et Aizen avait décidé de l'y laisser pourrir quelques temps avant de l'interroger lui-même. Il comptait également avertir l'Empereur au plus vite et certainement lui rendre une petite visite. La trahison d'Ichimaru étant d'autant plus accablante qu'il avait depuis pris la fuite.

Mais les pertes parmi ses soldats ou ses esclaves n'étaient que des dommages collatéraux pour lui. Tout ce qui lui importait c'était qu'Ichigo soit sain et sauf et qu'il ait été en sécurité pendant cette intrusion. A cette pensée, il glissa un regard sur son frère, qui main sur son sabre, marchait à ses côtés, ses yeux turquoises furetant partout dans les couloirs de la riche demeure.

_Dis-moi une chose, Grimmjow, débuta-t-il sans stopper leurs pas.

_Quoi ?

Le bleuté tourna son visage dans sa direction, curieux un instant d'y constater une étrange expression d'inquiétude.

_Je me demandais... Toi qui as toujours été si friand de ce que les autres possédaient, pourquoi as-tu sauvé Ichigo et me l'as-tu ramené ? Tu aurais très bien pu le faire passer pour mort et te le garder, discrètement enfermé dans tes appartements.

Jaggerjack eut un petit sourire en coin et hocha vivement de la tête :

_C'est pas faux, j'aurais pu faire ça, lui répondit-il avec un haussement d'épaules désinvolte. Mais... j'avais pas trop le choix. Fallait que j'te retrouve, j'avais pas vraiment le temps d'le cacher, et tu l'sais.

_Tu me flatterais presque, reprit Sosuke avec un œil amusé.

Jaggerjack échappa un « tch! » entre ses dents, se refusant à suivre son demi-frère sur le terrain de la provocation. Il était certes le genre à avoir le dernier mot, mais Sosuke était définitivement bien plus doué que lui pour tourner les conversations, et les situations à son avantage. Il l'admettait bien volontiers.

Cependant, qu'il lui pose cette question maintenant, n'était pas un hasard. Que voulait-il l'entendre dire ? Que oui, il aurait aimé garder Ichigo pour lui tout seul et qu'il réprimait de féroces nausées en imaginant le jeune orange dans les bras de son frère ? Bien entendu, il était déjà bien soulagé de savoir que Sosuke n'avait jamais pénétré son intimité, ce qui était forcément le plus important pour le soldat sanguinaire. Il n'aurait accepté de recevoir l'esclave de son frère chez lui si celui-ci avait pu le combler de ses attentions. Il préférait qu'il soit vierge de tout contact intime avec les hommes de ce palais.

Mais il ne voulait pas laisser Aizen penser qu'il désirait Ichigo pour autre chose. Mais en se montrant bien peu intéressé par le rouquin, il mettait encore plus la puce à l'oreille de son frère qui avait l'habitude qu'il s'intéresse à ce que les autres possédaient. C'était pour cela qu'il lui avait posé cette question; commençait-il à deviner que Grimmjow était lui aussi au courant de la prophétie ? Il espérait bien que non.

Au détour d'un énième couloir, alors que le soldat restait éperdument pensif à contourner dans tous les sens les raisons de l'intérêt soudain d'Aizen pour lui, Grimmjow manqua un évènement peu anodin.

_Hirako !

Aizen accéléra le pas, alors qu'ils marchaient maintenant dans un des couloirs les mieux gardés du palais, un étrange endroit que Grimmjow n'avait que peu de fois visité. Il trouvait cet endroit peu accueillant, voire même lugubre et ne s'était jamais attardé entre ces murs. Il avait pourtant longtemps suspecté son frère d'y cacher un trésor quelconque, sans cependant chercher à en savoir davantage. Puis, il avait oublié l'endroit, passant à un autre mystère que Sosuke s'amusait à porter à sa connaissance pour l'occuper. Oui, il aimait jouer à ça.

Mais là, au milieu du couloir, dos à eux, et tentant de prendre la poudre d'escampette se trouvait un Hirako Shinji à moitié plié en deux. Tel un voleur attrapé la main dans le sac, ou un vaurien pris sur les lieux des méfaits, le blond aurait presque pu paraître comique si la situation n'avait pas été si tragique.

Il se figea en entendant Sosuke prononcer son nom de façon autoritaire, voire même vindicative, et se tourna lentement en direction du petit groupe qui arriva près de lui. Grimmjow remarqua immédiatement le garde inerte à leurs pieds et se précipita jusqu'à lui, prenant son menton entre ses doigts. Hirako lui, poussa un soupir à fendre l'âme bien mécontent d'avoir raté sa sortie.

_Il est mort, annonça bientôt Jaggerjack à Aizen qui ne cessait de fusiller Shinji du regard.

Ce dernier n'avait encore rien dit. Bien trop occupé à chercher une quelconque excuse quant à sa présence en ces lieux, Hirako tarda à ouvrir la bouche pour s'exprimer.

_Je peux savoir ce que tu fais ici, oiseau de malheur ? Le questionna durement le seigneur.

_Je… eh bien… je me suis réfugié ici au moment de l'attaque. Que crois-tu donc, Sos'ke ? Répliqua-t-il en haussant ses épaules osseuses.

_Tu me prends pour un imbécile ?! Rétorqua sur un ton colérique le brun, désignant d'un index sévère le garde assassiné déplacé maintenant par les gardes qui les accompagnaient.

_Tu crois que je l'ai tué ou quoi, Sos'ke ? S'offusqua Shinji en rangeant ses mains dans ses longues manches comme il savait si bien le faire.

_Attendez une seconde…

Ulquiorra s'agenouilla près du cadavre du garde, sous les yeux noirs de son seigneur. Ce dernier n'attendait bien qu'une seule chose : qu'il puisse désigner Shinji comme traitre ! Cela lui serait tout bénéfique, son imbécile de précepteur ne serait plus là pour lui mettre des bâtons dans les roues. Tout du moins, c'était ce que tout le monde pensa au moment de la découverte du cadavre. Grimmjow le premier d'ailleurs, commençait à penser que l'attitude d'Hirako n'était certainement pas innocente. Même s'il était certain que sa culpabilité n'était pas leur plus gros souci, il ne doutait pas des représailles de son frère Sosuke si le meurtre venait à être confirmé.

_Observez les plaies ici et ici, reprit Ulquiorra en désignant à un Grimmjow sceptique les deux blessures encore fraiches dans le torse du garde.

_Oui et alors ?

_Deux coups secs, donnés avec des lames aussi fines et en même temps ? Nous ne possédons pas de telles armes en ces lieux, reprit-il en posant son regard sur Hirako puis sur Aizen. La chair a été coupée de façon nette. Ce sont les méthodes des assassins d'Ichimaru. J'en ai déjà vu plusieurs de ce genre. Croyez-moi, Aizen-sama.

Sosuke croisa les grands yeux émeraude d'Ulquiorra. Les pupilles glaciales restèrent braquées sur lui, attendant sa sentence. Aizen se passa une main dans les cheveux tout en soupirant de frustration. Shinji n'avait pas bougé d'un pouce, et il semblait évident que son fidèle Uquiorra avait raison. Surtout que Grimmjow confirma :

_Ça m'parait exact, expliqua-t-il en contrôlant les plaies. Nos armes sont plus épaisses. Et depuis que t'as interdit les armes confectionnées dans les autres contrées, Sos'ke, j'suis en mesure d'te dire qu'aucun poignard de ce genre n'a pu entrer sur tes terres. C'est un coup d'un étranger, à n'en pas douter.

Aizen étira un sourire charmeur, presque amusé, lorsqu'il reposa ses yeux sur son précepteur qui haussa ses épaules en guise de seule réponse. Évidemment, Grimmjow et Ulquiorra avaient raison. Il se fiait toujours à leurs avis de toute façon et n'avait pas l'intention de réfuter leurs conclusions. De plus, il savait déjà que l'expert médical donnerait les mêmes explications. Cela ne servait à rien de faire du zèle outre mesure, sinon à embêter un peu plus Hirako, ce qu'il aimait tout particulièrement.

Il savait cependant, que son cher précepteur devenu un adepte dans l'art de le mettre sur les nerfs, avait effectué de nombreux voyages au court de sa vie. Et il aimait tout particulièrement ramener des souvenirs de ses voyages et surtout des armes typiques. Il savait qu'il possédait des poignards de ce type, et qu'il avait commis ce meurtre, mais à quoi bon le dévoiler à tout le monde ? Si comme il l'avait pensé plus tôt, il rêvait du jour où il écarterait cette vipère du pouvoir, il se devait de conserver son calme et de perdurer dans la ligne de conduite qu'il s'était fixé. Et même s'il en avait été fortement mécontent lui-même, il ne pouvait réprimer le fait que Hirako avait encore son rôle à jour dans cette histoire. Ce n'était, finalement, pas dans son intérêt que de le désigner coupable, réfléchit Aizen en inspirant profondément. Tout ce qu'il voulait, c'était que Shinji croit qu'il pensait qu'il était innocent et qu'il n'avait jamais rencontré Yoruichi.

_Bien, décréta-t-il en se tournant vers son frère qui se redressait, j'avoue m'être laissé aller à des conclusions bien hâtives. Je tiens à m'en excuser, Hirako. Mais…

Mais il se devait tout de même de jouer les seigneurs protecteurs, et de garder son attitude toujours vindicative envers le blond, afin que Hirako ne pense pas qu'il s'était ramolli. Le connaissant, s'il ne tentait pas d'en savoir plus sur sa petite visite dans son harem, Shinji aurait de suite la puce à l'oreille. Voire même bien plus vite que s'il cherchait à connaître ses réelles intentions. Même s'il les connaissait déjà…

_Mais que faisais-tu ici ? Et comment savais-tu qu'il y avait un refuge ici ?

_Un refuge ? Répéta le blond en lui offrant un sourire plein de dents. Dis plutôt : ton harem, mon cher Sos'ke ! C'est vraiment toujours un plaisir, que dis-je, un délice de s'inviter dans ton harem. Tu renfermes de vrais trésors là-dedans.

_Le crois-tu vraiment ? Lui demanda-t-il en haussant un sourcil surpris.

Comme s'il allait croire qu'il avait pénétré son harem pour y voir de jolies filles et de jolis garçons. Ah… comme cet homme savait mal mentir.

_Quoi ? Un harem ? S'enquit alors Grimmjow, tout à coup très intéressé par le sujet. T'as un harem là-dedans Sos'ke ? Ce n'est pas qu'une légende alors...

_Alors même ton cher frère n'est pas au courant, je ne suis pas surpris, vraiment, reprit Shinji en baissant son visage.

Grimmjow planta un regard interrogateur sur le seigneur et ce dernier resta muet. Ce n'était définitivement pas le moment pour discuter d'un tel sujet, ni se disputer avec son frère. En de tels lieux, seul un peu de respect et de pénitence était de rigueur, surtout qu'il n'ignorait pas que Shinji était certainement celui qui avait assassiné son garde. Mais quelle preuve pourrait-il donc apporter ? Aucune. Confondre Hirako et l'écarter du pouvoir avaient toujours été des entreprises dans lesquelles il avait mis beaucoup d'énergie, sans résultat. Aujourd'hui, il en avait enfin la possibilité, mais cela ne faisait plus partie de ses projets premiers. Il n'avait plus de temps à perdre avec cet imbécile. Il préférait le laisser se perdre dans des investigations futiles et faire choux blanc en tentant de percer à jour ses réelles intentions. Il avait bien trop besoin de son désir de fouiller encore et encore...

_Nous en parlerons plus tard Grimmjow, si tu le veux bien, trancha Aizen en repartant en direction du fond du couloir. Suivez-moi, nous devons poursuivre notre tournée. Quant à toi, Hirako, tu vas venir avec nous.

Shinji étira un sourire plein de dents, le genre de réaction qui échappait toujours à Sosuke. Était-ce un sourire amusé, ou bien une grimace dégoutée ? Par moment, il ne parvenait même pas à lire les mimiques de son précepteur, qu'il connaissait pourtant de longue date. Et c'était pour cela qu'il le redoutait très certainement bien plus que quiconque entre ces murs.

Mais l'heure où Grimmjow et Shinji feraient enfin équipe ensemble allait arriver. Et ils s'enfonceraient dans les limbes des mystères de cette prophétie…

Un moment, que Sosuke attendait tout particulièrement.


Ichigo s'agenouilla devant le chabudai*, prenant place sur le coussin de soie jaune déposé à même le sol. Lui-même se trouvait bien calme après ce qui lui était arrivé, enfin après ce qui était arrivé au palais tout entier. Il n'osait imaginer ce qu'il se serait produit si Grimmjow ne l'avait pas retrouvé...

Une tasse de thé fumante fut soudain posée devant lui et la jeune Hinamori lui envoya un regard sans émotions :

_Tu peux me demander ce que tu veux. Aizen-sama m'a demandé de prendre soin de toi.

_Très bien, soupira-t-il, en ayant assez d'être considéré comme un enfant. Je veux partir.

La brune s'immobilisa à sa demande, ne sachant vraiment quoi faire, puis elle se pinça les lèvres, gênée :

_Tu ne peux pas faire ça.

_Vraiment ? Aizen-sama a bien dit que je pouvais demander ce que je voulais, non ?

Après tout, peut-être cette jeune fille était-elle naïve au possible et qu'il pourrait compter sur son imbécillité pour s'enfuir ? Mais... ses espoirs furent réduits à néant :

_Me crois-tu naïve et bête à ce point ? Jeta-t-elle en le fusillant du regard. Je suis peut-être une simple servante mais je sais encore ce qu'il convient de faire. Maintenant bois ce satané thé et étouffe-toi avec !

Très, très sympathique, pensa-t-il en haussant ses sourcils. Et lui qui pensait que cette fille n'était qu'une vulgaire servante, suiveuse d'Aizen, une sorte de petit toutou. Elle avait apparemment ses propres rancœurs, et il en faisait partie. Comme c'était étonnant.

Il préféra rester silencieux, plutôt que d'apporter de l'eau au moulin qu'était cette dispute stérile. En réalité, il n'en avait rien à faire qu'elle soit de mauvaise humeur ou bien tout simplement jalouse qu'il intéresse son vénéré seigneur. Il avait bien d'autres préoccupations en tête, et Hinamori n'en faisait certainement pas partie.

Il allait bientôt quitter ces appartements, d'après ce qu'il avait compris, et intégrer ceux de Grimmjow pour une période indéterminée. Cela voulait-il dire qu'il allait maintenant appartenir au soldat ? Non, ça semblait peu évident étant donné que Sosuke avait lui-même statué qu'il lui appartenait toujours mais qu'il laissait à Grimmjow le plaisir de « prendre soin de lui ». Que voulait-il dire ? Et qu'avait-il sous-entendu en stipulant que le bleuté était le seul à pouvoir le faire ?

Cela l'inquiétait un peu. Mais il le découvrirait bien vite, il en était persuadé. Dès que le seigneur serait rentré et que ses devoirs seraient accomplis, il donnerait l'ordre qu'il soit amené dans les appartements du général. Et la vie changerait certainement du tout au tout pour lui.

Il n'aimait pas particulièrement Grimmjow, mais il ne le détestait pas non plus. Il était neutre à son sujet, bien plus neutre qu'au sujet d'Aizen qui lui inspirait de moins en moins confiance. Peut-être que les mots de Renji avaient fini par faire leur chemin dans son esprit, lorsqu'il lui avait conseillé de choisir Grimmjow – même s'il était parfaitement au courant qu'il n'était qu'un esclave et qu'il ne pourrait jamais choisir. Maintenant, il allait avoir tout le loisir de vérifier par lui-même les dires du Lieutenant du sixième seigneur.

Ce qui l'inquiétait plus particulièrement était l'intérêt – presque malsain – que portait Grimmjow à sa personne. Ou bien à la prophétie il l'ignorait encore. Mais il avait bien compris que plus proche il serait de Jaggerjack, plus proche il serait des secrets et des motivations d'Aizen. Car même s'il n'était que son frère, Grimmjow était certainement le seul qui connaisse Sosuke assez bien pour percer à jour ses réels objectifs. S'il pouvait enfin comprendre la raison de sa présence entre ces murs… Cela ne l'aiderait certainement pas à dormir, mais il pourrait peut-être agir. D'une manière ou d'une autre.

_Lève-toi, nous partons. Je t'accompagne dans les appartements de Grimmjow-sama.

La tête d'Hinamori apparut en coup de vent par l'entre brasure du shoji, faisant pratiquement sursauter Ichigo. Puis, le shoji se referma dans un violent coup de main, et il resta figé par la nouvelle. Alors quoi ? Elle s'attendait peut-être à ce qu'il réunisse ses affaires ? Comme s'il possédait quoique ce soit ici ! Tout ce qui lui appartenait encore étaient ses pensées et son cœur. Et encore… il avait parfois l'impression que le regard turquoise de Grimmjow pénétrait même son organe vital. Comme s'il le tenait entre ses mains, ayant le pouvoir de le faire battre plus vite ou bien de l'arrêter, tout simplement.

Et il n'aimait guère savoir un homme en possession d'un tel pouvoir sur lui.


La procession faite d'Hinamori et de quelques gardes, accompagna le jeune captif à travers les couloirs du palais. Ichigo n'avait pas revu Aizen, et il ne s'en portait pas plus mal. Il n'était pas sans savoir que le devoir d'un tel seigneur à l'aube d'une guerre civile, et suite à une attaque ennemi devait être très lourd. Mais il s'en trouvait réjouit, d'une certaine façon, que Sosuke ne lui dise pas au revoir, lui et ses manières pseudo-amoureuses, il les détestait !

Au fil de leur avancée, de-ci de-là des médecins s'affairaient, des femmes de ménage étaient occupées à polir et lustrer les sols que les ennemis avaient foulés. De part et d'autre des tâches de sang étaient lessivées, des armes retirées des corps sans vie. Les soldats transportaient les victimes à l'extérieur du palais et l'odeur âcre de la mort, tel un oiseau funeste empoisonneur, se répandit très rapidement dans les différentes ailes du palais.

L'ébullition qui y régnait fit prendre conscience à Ichigo de l'importance et de la portée de la trahison d'Ichimaru et de Tosen. Puis il pensa à Abaraï Renji, le fier Lieutenant de la sixième contrée qui s'était enfuit. Malgré lui, il s'était trouvé proche du jeune homme. De par leur condition tout d'abord, n'avaient-ils pas tous deux été fait prisonniers des deux frères quasi en même temps ? Et n'avaient-ils pas subi le même sort chacun dans les appartements d'un des frères au pouvoir ? Il se demandait si l'homme avait rejoint ses terres à l'heure qu'il était. Il ignorait alors ce qu'il dirait à son seigneur, et ce que ce dernier ferait.

Ichigo n'était pas vraiment calé en politique. Il ne connaissait que très mal les rouages des contrées et de l'Empire tout entier. Mais il connaissait la rancœur, le désir de vengeance et l'envie de faire du mal. Il était pratiquement prêt à parier que Renji et son seigneur ne laisseraient pas Aizen et Grimmjow impunis, ils reviendraient pour leur déclarer la guerre. Le combat était sans doute imminent - et surtout inévitable - et l'Empire sur le point de sombrer dans le trou noir et sans fond de la guerre civile.

_Shawlong-san, je vous confie Ichigo. Il vivra dans les appartements de votre maître.

Hinamori s'inclina face à un homme de très forte carrure et à la stature droite et imposante. Les portes des appartements de Grimmjow se trouvaient derrière lui, et il avait vraisemblablement été posté là en attendant l'arrivée du jeune captif.

Sans un mot, il rendit son salut à la jeune brune et tendit sa main en direction d'Ichigo. Celui-ci leva sur le visage concentré du dénommé Shawlong un regard incrédule mais s'avança dans sa direction, sans même un regard en arrière pour celle qui fut sa gardienne durant sa vie chez Aizen.

Shawlong ouvrit la porte imposante, faisant découvrir à Ichigo une très large pièce vide, grande ouverte sur ce qui semblait être un magnifique jardin fleuri. Le soleil envahissait la pièce de toute sa puissance, et sa lumière donnait à l'endroit une chaleur étouffante mais presque bienfaisante. En découvrant l'endroit et le jardin merveilleux, plein de couleurs, d'insectes joyeux, d'herbe verte et de bassins turquoise, le jeune homme ne put s'empêcher d'en paraître émerveillé.

Étrangement, et contrairement à tout ce qu'il avait redouté, il se trouva immédiatement à l'aise entre ces murs. A l'opposé des appartements d'Aizen, gardés fermés, sombres et bien plus étouffants, celui-ci était grand ouvert sur la nature, sur l'extérieur et la beauté des jardins de Grimmjow était sans pareille ! Aizen vivait constamment à l'intérieur et n'observait son jardin que pour le ravissement des yeux. Ici, différemment de là-bas, tout était tourné vers l'extérieur. Comme si l'appartement lui-même était une partie du gigantesque jardin verdoyant et luxuriant. Comme s'il n'existait plus de limite entre la construction de l'homme et la nature.

_Grimmjow-sama m'a demandé de vous conduire dans la pièce principale. Veuillez me suivre.

Sans demander son reste, mais toujours émerveillé par la vision de ce jardin multicolore, Ichigo suivit l'austère domestique à travers les pièces vides. Tous les appartements étaient grand ouverts sur l'étonnant parc végétal. Et il avait même l'impression de traverser un immense jardin botanique, un verger luxuriant ou encore une plantation pharaonique. Toutes les fleurs, les plantes resplendissaient de vigueur, de beauté et de parfum enivrant. Les abeilles et les bourdons s'en donnaient à cœur joie en butinant une rose rouge, un camélia mauve ou encore des azalées ou fleurs de lotus. De grands cerisiers ponctuaient le chemin, ombrageant les bassins aux formes originales et amusantes, lieu de vie des truites qui coulaient une douce existence.

Un bonzai adulte, d'une taille remarquable, avait été placé à l'orée de ce qui semblait être un bassin pour la baignade. Creusé dans une forme ovale, plus grand encore que tout ce qu'Ichigo avait vu, l'eau turquoise qui y coulait à flot depuis une petite cascade au charme indescriptible, était parfumée. Ichigo resta cependant perturbé par les rires féminins qui retentirent sur son passage. Des visages curieux, sortirent du bassin alors qu'il le longeait, et des femmes nues l'observèrent traverser une énième pièce avant qu'elles ne disparaissent de sa vue. Certainement des esclaves, au service de Grimmjow, pour son bon plaisir pensa-t-il très justement en arrivant enfin à la fin de sa traversée.

Shawlong s'arrêta devant lui, et chercha des yeux son maître. Il ne sembla pas le trouver et commença à fureter à droite et à gauche à la recherche de Grimmjow. La pièce était immense et richement meublée, visiblement à l'aide des trophées de guerre passées du général des armées. Ichigo avait fini par oublier ce point mais, Grimmjow Jaggerjack était bien plus que le frère d'Aizen. Il était également le général des armées du seigneur et avait mené maintes campagnes, au Japon et en dehors de celui-ci. Quelques influences occidentales de-ci de-là dans sa décoration, termina de subjuguer Ichigo qui s'approcha d'une splendide épée occidentale et d'un fauteuil de bois qui ne semblait pas provenir de leur continent. Fasciné par ces découvertes d'un autre monde, il ne remarqua pas que Shawlong inspectait le jardin à la recherche de son maître.

_Ichigo-san !

Le rouquin sursauta lorsque l'austère homme revint vers lui et attira son attention. Les yeux ambrés se tournèrent vers lui, ne craignant une remontrance quelconque pour s'être intéressé de trop près aux trésors du soldat, mais Shwalong se contenta de lui faire signe de le suivre.

Le rouquin lui emboita le pas et tous deux firent quelques pas dans la jardin, entre les buissons verdoyants, les papillons et l'odeur enchanteresse d'un parterre d'azalées rouges, fleuries magnifiquement.

_J'ai bien cru attendre !

Il était là. Au bout de ce bassin qu'il avait vu plus tôt. De l'eau jusqu'au torse, un bras autour du cou d'une naïade, l'autre autour d'une taille d'une seconde femme nue. Ichigo détourna ses yeux par pure politesse, se refusant à croiser le regard d'une de ces femmes qui semblait se moquer effrontément de lui. Shawlong avait pris la poudre d'escampette et Grimmjow était visiblement bien plus amusé par son embarras et le silence environnant, qu'il ne le laissait paraître. Pendant de longues secondes, Ichigo n'entendit rien d'autre que les gloussements de ces esclaves et leurs commentaires déplacés :

_Qui c'est c'ui là ? Lança l'une d'elle, envoyant de l'eau en direction du rouquin pour le mouiller.

_Aucune forme, il a l'air tout sec ! Se délecta une autre.

_Tu crois qu'il est muet ?

_Dis Grimmjow, il fait quoi ici celui-là ? On dirait un gamin…

Ichigo leva les yeux au ciel, et planta un instant son regard assassin dans les orbes turquoise de Grimmjow. Il se délectait de sa position. Il aimait voir les autres honteux et gênés face à lui, d'autant plus que les femmes ne cessaient leur jacasserie, agaçant de plus en plus le jeune captif :

_Ce n'est pas le gamin dont tout le monde parle ? Le petit protégé d'Aizen-sama ?

_Quoi ? Et il se prend pour qui à pas nous répondre lui ?

Grimmjow échappa un petit rire qu'il ne fut pas capable de contenir plus longtemps. Il était évident que cette rencontre faisait partie d'un bizutage quelconque. D'autant plus qu'il trouvait ces jeunes femmes irrespectueuses et insolentes. Elles semblaient néanmoins bien connaître Jaggerjack puisqu'elles l'appelaient par son prénom, sans suffixe de politesse quelconque. Et Grimmjow ne les réprima à aucun moment.

Les naïades persistaient dans leurs provocations, allant jusqu'à regagner la rive pour étudier de plus près le jeune homme. Certaines tâtèrent ses chevilles fines, s'offusquant de sa maigreur. D'autres pointèrent des index dédaigneux sur sa chevelure et en commentèrent la couleur.

_Aizen-sama n'en veut plus ça doit être pour ça, dit l'une des femmes en haussant les épaules.

_Tu crois ?

_Ce n'est pas pour ça, se surprit alors le jeune orangé à débiter.

Les regards se tournèrent vers lui et certaines éclatèrent de rire. L'humiliation. Grimmjow en était visiblement un grand adepte.

_Alors pourquoi ? Tu es mauvais au lit peut-être ? Demanda-t-elle en réponse en tâtant l'une de ses cuisses comme on tâtait un poulet.

_Quoi ? Non ! Répondit l'orangé en se soustrayant à sa main.

_Tu as une maladie ? S'empressa-t-elle de demander en reculer vivement, refusant de le toucher.

_Ah quelle horreur ! S'indigna une autre en gloussant, moqueuse.

_Non, je...

_Je parie que c'est l'une de ces nouvelles maladies dont tout le monde parle...

_Il est tout pâle !

_Non, je... ce...

_Ahah ! Et tout maigrichon, ça ne m'étonne pas !

_Il ferait mieux de le placer dans l'armée. En première ligne au combat.

_Il ne serait même pas capable de tenir une arme !

_Vous allez vous taire oui ?! Je vous demande si vous écartez bien les cuisses comme des filles joie, moi ?! Allez occupez-vous de vos grosses fesses, bande de truies !

Les jeunes femmes cessèrent immédiatement toute forme de bruit, et observèrent avec un étonnement grandissant et une offuscation sans précédent, le visage rougit par la colère du jeune orangé. Grimmjow lui, éclata d'un rire amusé, plissant ses yeux et portant une main à son ventre pour soulager son fou rire qui commençait à devenir férocement violent.

_Grimmjow ! S'offensa une femme en lui lançant un regard mécontent. Tu ne vas quand même pas le laisser nous…

_Allez, dégagez, leur lança-t-il avec un geste de la main comme on chassait un insecte, entre deux rires. Il a raison, vos fesses sont vraiment énormes. On dirait des hippopotames. Disparaissez d'ma vue et surtout mettez un truc sur vos fesses !

_Oh !

_Goujat !

_J'ai dit dégagez, allez sortez d'ici ! S'énerva-t-il plus durement en attrapant les réfractaires afin de les pousser vers la sortie du bassin.

Les jeunes filles lancèrent des regards venimeux en direction de Kurosaki. Certaines ne le regardèrent même pas, cachant leur visage dans leurs mains d'avoir été si durement humiliées. Elles sortirent du bassin en trottinant les unes après les autres, cachant leur corps, dissimulant leur visage comme elles le pouvaient. Shawlong réapparut bientôt à l'orée du bassin, silencieux, alors que les demoiselles remontaient le petit chemin du jardin merveilleux, pour rejoindre le palais.

_Débarrasse-moi de ces truies, ordonna Grimmjow. Vends-les, j'en sais rien. Elles m'amusent même plus.

_Comme Grimmjow-sama le voudra, répondit-il en s'inclinant devant son maître.

Shawlong s'éloigna, les laissant tous les deux à s'observer dans le blanc des yeux. Grimmjow gardait ce sourire amusé vissé sur les lèvres, et son regard pétillait d'un intérêt bien plus appuyé que d'habitude, remarqua avec agacement Ichigo. Il n'annonçait rien de bon, pour sûr. Mais le soldat se hissa sur ses mains et sortit du bassin à son tour, s'abstenant de faire le moindre commentaire. Puis, entièrement nu, il fit le tour du trou d'eau et rejoignit une couche recouverte d'un linge de lin blanc immaculé, sous une tenture blanche elle aussi. Il y attrapa un bout de tissu écru qu'il entoura autour de sa taille et se servit un rafraichissement. Il tourna ses yeux en direction du rouquin et tendit son verre dans sa direction :

_A boire ? Pour fêter ça ?

Ichigo fronça les sourcils mais n'avança pas dans sa direction, l'observant avaler d'une seule traite le contenu de son verre.

_Que comptes-tu fêter ? Demanda-t-il en haussant les sourcils.

_Ta victoire.

_Quelle victoire ? S'empressa-t-il de répliquer en secouant la tête.

Grimmjow leva ses bras en direction du ciel, lui servant une mine déçue. Il ouvrit la bouche et énonça un discours peu commun :

_Quelle victoire ? Mais ta victoire, Ichigo ! Qu'est-ce que ça fait de pouvoir dire ce qu'on veut ? De pouvoir faire ce qu'on veut ? La liberté. Envoyer des salopes s'faire voir, les traiter de truie, les vendre à un quelconque goujat qui les prostituera... Tu l'as pratiquement fait quand tu les as insulté quelques minutes plus tôt, là. C'était comment ? Comment c'était d'avoir ce... pouvoir ?

Ichigo fronça les sourcils. Il ne comprenait pas tellement de quoi il voulait lui parler. Il n'avait pas ressentit une quelconque once de "pouvoir" en envoyant paitre ces roturières familières envers sa personne. Il voulait simplement les faire taire, ne plus les entendre jacasser et reposer ses oreilles et calmer sa rage. Il n'avait aucunement fait preuve de "puissance"...

_Ça, c'est c'que tu crois, lui lança un Grimmjow amusé par sa réponse. Quoiqu'on fasse il y a toujours un être inférieur, et un être supérieur. Toujours. Celui à qui on doit obéir, celui qui doit nous obéir.

_Ça c'est l'adage de l'esclavage, lui répondit le rouquin en lui lançant un regard noir. Un pathétique système que les riches comme vous ont créée afin de contrôler la race humaine. Vous croyez que vous valez mieux que le domestique qui cuisine pour vous, que celui qui donne sa vie pour son pays. Nous ne sommes pas des animaux !

_Vraiment ? Rétorqua-t-il. L'homme n'est-il pas un animal ? A convoiter, à tuer, à renifler, à conquérir toujours. Il survit comme l'animal : en rôdant et en tuant. C'est la loi du plus fort, la loi d'la nature. T'peux pas changer l'ordre du monde, petit.

Grimmjow étira un petit sourire en coin et fit claquer sa langue contre son palais. Il revint vers lui, doucement, cueillant au passage une rose rouge sur laquelle il se coupa mais n'en dit pas un mot. Portant son doigt ensanglanté à sa bouche, il en suça le sang et ramena la rose coupée jusqu'au jeune homme. Se plaçant face à lui, il coinça la fleur épanouie entre le crâne et l'oreille du rouquin, ornant ainsi son visage de la fleur.

Il prit son menton entre ses doigts et l'observa ainsi.

_Non seulement cette couleur se marie avec tes yeux, mais en plus… son parfum cache la puanteur d'mon frère. Charmant.

_Trouves-tu que ton frère ait laissé sur moi une odeur nauséabonde ? S'enquit Kurosaki en haussant un sourcil mitigé.

_Oh oui. Tout ce qu'il touche, devient aussi exécrable qu'lui. Tout, t'entends ?

_Pourquoi m'avoir voulu ? Pourquoi as-tu demandé ça à ton frère ?

Grimmjow lui répondit avec un petit rire :

_N'est-ce pas évident ? Reprit-il en braquant ses beaux yeux dans ceux de Kurosaki. Pour la prophétie. Sans toi… j'découvrirai jamais ce qu'elle signifie.

_Mais tu l'as dit toi-même lorsque nous étions dans ces tunnels : c'est Aizen qui me possède, pas toi, répliqua-t-il en dodelinant de la tête, en signe d'incompréhension. Si tu veux accomplir la prophétie, il te faut me posséder !

Jaggerjack ouvrit la bouche pour répliquer mais aucun son n'en sortit. Au contraire, il sembla plutôt stopper ses mouvements et ses pupilles se figèrent alors qu'il réfléchissait intensément. Puis, il se tourna lentement, ses yeux furetant sur son jardin verdoyant.

_Peut-être que... peut-être qu'il me suffit d'te posséder autrement ?

_Qu-quoi ?

Grimmjow lui servit un regard mutin et un petit sourire coquin. Ichigo se recula, affichant une expression d'incompréhension. Dans son for intérieur il lui sembla comprendre à quoi il faisait allusion mais il ne put se résoudre à le croire. D'autant plus que quelques secondes plus tard, Grimmjow le poussa fortement dans le bassin, faisant tomber le jeune homme de plein fouet dans l'eau. Ichigo toussota lorsqu'il regagna la surface, ne sachant pas nager, l'eau n'était pas vraiment son élément.

Retirant l'eau qui coulait en cascade sur son visage, ouvrant la bouche pour rechercher l'air qui lui avait manqué sous l'eau, il fusilla le général des yeux. Mais ce dernier était déjà en train de rejoindre le bassin à nouveau, s'étant délesté de son tissu autour de sa taille.

Ichigo soupira en constatant alors que son yukata était trempé et qu'il collait désagréablement à sa peau. Il pesta silencieusement, alors que le bleuté tournait dans l'eau autour de lui, tel un crocodile cherchant à planter ses crocs dans une proie.

_J'ai compris qu'il faut que j'te fasse mien, Trésor, reprit Grimmjow en sortant sa bouche de l'eau pour énoncer ces quelques mots. Mais la possession peut prendre différentes formes : l'esclavage en est une. Mais j'doute que ça soit ça dont il est question ici. J'pencherai plutôt pour ton corps.

_Ahah, jeta ironiquement le rouquin qui tentait de se dépêtrer de son yukata devenue tel une prison de tissu dans l'eau. Et comment ferais-tu ça : posséder mon co... Oh hors de question!

_Qui t'a dit que t'avais le choix ? Lui demanda-t-il en tirant sur le tissu mouillé qui reposait sur ses épaules.

Dénudant les deux épaules de Kurosaki, Grimmjow l'aida à tirer sur le fin tissu afin de se défaire du vêtement devenu encombrant. Mais les mains du jeune homme tentaient de le repousser. Il n'avait pas besoin de son aide, surtout après ce qu'il venait de lui annoncer...

_Et tu comptes me violer peut-être ? Je n'aurais pas attendu mieux de toi de toute façon ! Jeta-t-il, colérique, en retirant une première manche du yukata.

_Il faut bien explorer les possibilités, nan ? Lui répondit-il en l'aidant maintenant à dénuder son torse. Comment on saura quelle possibilité est la bonne ? Il faut essayer.

_Oui, c'est ça... Ah ! Je suis coincé ! Vociféra-t-il en tournant dans tous les sens, le tissu mouillé s'étant refermé sur lui telle une prison entravant ses mouvements.

Grimmjow nagea jusqu'à la rive d'où il attrapa, posé non loin sur l'herbe, ses armes de soldat. Retirant un petit poignard de son étui de cuir, il s'empressa de revenir en direction du jeune homme et trancha dans le tissu sans état d'âme. Déchirant le vêtement dans un bruit peu ravissant pour les oreilles, il parvint à libérer la pauvre victime rouquine qui observa les restes de son yukata flotter à la surface, se retrouvant nu. Quelle belle occasion pour l'homme qui lui faisait tant d'avances depuis quelques secondes ! Mais quelle honte pour celui qui tentait de le contrer misérablement, et de lui échapper sans succès.

_Si la prophétie n'est jamais comprise, elle ne s'ra jamais réalisé, lui expliqua alors Jaggerjack en plantant ses yeux endurcis par des années de voyages et de guerres par le monde. Et j'ai horreur de n'pas comprendre quelque chose...

Ichigo évita son regard, il voulait à tout prix qu'il ignore à quel point lui aussi voulait connaître les raisons de sa présence ici, et donc le but de cette prophétie. S'il était certain qu'Aizen l'avait acheté à son père dans ce but, le seigneur n'en avait jamais rien dit explicitement. Alors que Grimmjow lui, ne se cachait de rien. Ni de son avide soif de savoir, ni de vouloir qu'il devienne sien.

Mais était-ce une raison pour se laisser tomber dans ce guet-apens ? N'était-ce pas un piège pour profiter de lui et jouer de son charme pour le plonger entre ses draps ? A l'image de ses deux opales lumineuses le scrutant, telles des étoiles brillantes dans la nuit d'un ciel sans nuages. Elles flamboyaient d'une lueur inégalée, noyant son esprit dans le lagon resplendissant infini de ses orbes turquoise. Elles scintillaient de leur profondeur sans égale, étincelaient telles des étoiles filantes interminables. Telle une manifestation divine.

Et sans un signe, sans qu'il ne puisse l'en empêcher ni même s'en rendre compte, son cœur se noya dans le lagon turquoise au goût de paradis sur terre.
Et il ne regagnerait pas la surface de si tôt.


*Chabudai : table basse qui sert à servir les repas et, bien évidemment, le fameux thé.