L'Embuscade
Jason-Kinuta-Voorhess: J'apprécie toujours autant tes reviews, merci d'apporter un si grand intérêt à mon histoire !
Après l'entrainement, les élèves s'étaient réunis dans la salle à manger des baraquements. Ils étaient tous très fatigués, et avaient besoin d'un peu de repos avant de reprendre plus tard dans l'après-midi. En entrant dans la pièce, Po s'était immédiatement proposé pour faire à manger. Les autres avaient aimablement refusé, car il n'était pas bon de manger entre deux sessions d'entrainement. Ce qui n'avait pas empêché le panda de se faire trois bols de nouille. Pendant que le Guerrier Dragon mangeait allègrement, Tigresse et Mei Ling ne se lâchaient pas du regard. Mei Ling avait la mine de plus en plus renfrognée, tandis que le visage de Tigresse n'avait pas changé d'un cil depuis la veille. Il fallait qu'elle se défasse de l'idée que Mei Ling n'était pas nette. Mais le seul moyen pour elle de s'en défaire était de se battre avec elle. Seul le combat lui permettrait de savoir. Mais pour l'instant, Yàn n'avait plus donné de signe de vie.
Soudainement, Mei Ling se leva et commença à partir. Automatiquement, Tigresse fit de même. Elle se redressa et la suivi, jusqu'à ce que Mei Ling se retourne et lui dise :
– Je vais aux toilettes.
Tigresse s'arrêta net. Après avoir fixé la chatte des montagnes pendant quelques seconde, elle fit volte-face et revint s'asseoir à table, laissant Mei Ling sortir seule, satisfaite. Tigresse rechignait beaucoup à l'idée de la quitter des yeux. Autour de la table, les autres la regardaient avec reproche. Ils n'appréciaient pas que Tigresse inspecte la nouvelle venue de la sorte, mais Tigresse les ignorait. Grue rapprocha son bec de son oreille et lui glissa :
– Laisse-la respirer un peu ! Comment veux-tu qu'elle nous aide si nous on ne l'aide pas ?
Tigresse n'appréciait pas qu'on lui fasse de tels reproches. Elle lui souffla :
– Je prends mes précautions.
– Tu ne peux pas la suivre vingt quatre heures sur vingt quatre ! Elle commence déjà te détester !
– Je m'en fiche. Je fais du Kung Fu pour défendre les innocents, pas pour être aimée par tous. Et ce n'est pas cette chatte qui me changera.
Grue s'écarta de Tigresse, la dévisagea, avant d'éclater de rire. Les autres se tournèrent vers lui, étonnés.
– Ah, Tigresse ! s'exclama-t-il. On m'avait dit qu'il n'était pas conseillé de mettre deux félines ensembles, mais à ce point !
Il se rapprocha à nouveau d'elle et lui chuchota à l'oreille.
– Ecoute, si tu as vraiment besoin d'être sûre d'elle, je peux la surveiller pour toi. Elle sera moins à cran si c'est moi qui la suis. Parce que là, ça devient vraiment impossible !
Tigresse écouta attentivement la les paroles de Grue. La proposition était tentante, mais Tigresse ne pouvait s'y résoudre.
– Elle pourrait se servir de toi.
– Quoi ?! Mais non, je… Comment… ?
– Tu le sais très bien, Grue.
– Je te jure qu'il n'y a rien, rien, rien entre elle et moi ! Il n'y a jamais rien eu !
– Même quand tu étais à l'académie ?
– Même quand j'étais à l'académie !
Grue hésita un peu, avant d'ajouter :
– Enfin… Je l'aimais bien parce qu'elle était gentille avec moi… Mais ce n'est jamais allé très loin…
– Ah, tu vois ! rétorqua Tigresse triomphante. Ne jamais laisser ses sentiments personnels rentrer en conflit avec la mission ! Regarde ce que ça a donné avec Maître Shifu et Tai Lung ! Regarde comment le seigneur Shen a utilisé la mort des parents de Po pour le déstabiliser ! Non, je ne te laisserai pas la surveiller à ma place.
Grue accusa le coup : Tigresse venait de lui clouer le bec. Mais il ne s'avoua pas vaincu.
– Je t'assure qu'il n'y a aucun danger que je tombe amoureux d'elle ! Ca fait bien trop longtemps que je ne l'ai pas vue, je ne ressens plus rien pour elle, absolument rien !
– Pourtant, tu étais bien pensif lors de l'entrainement.
Grue se tut et la considéra avec défiance. Tigresse avait remarqué qu'il avait été moins concentré que d'habitude lors de la matinée. C'était le signe qu'il n'était pas libre dans sa tête. Ca pouvait être parce qu'il ressentait quelque chose pour Mei Ling, c'était peut-être autre chose, mais il fallait qu'elle continue sa tâche.
A cet instant, Zeng entra en courant dans la salle à manger. Il était paniqué et essoufflé.
– Maître Shifu ! Maître Shifuuuuuuuuu !
Zeng trébucha sur un récipient en bois situé au milieu du passage et tomba à terre. Il se releva comme si de rien n'était, et se jeta au pied de Shifu.
– Maître Shifu ! C'est terrible !
– Du calme, Zeng. Que se passe-t-il ?
Zeng regarda le Grand Maître droit dans les yeux. Son regard était emplit de frayeur.
– Il y a eu une attaque !
Les cinq cyclones et Po laissèrent échapper un cri de surprise collectif. Shifu, lui, garda son calme. A cet instant, Mei Ling revint dans la salle à manger.
– Une attaque ?! Yàn est impliqué ?!
– Du calme, du calme ! intervint Shifu. Zeng, raconte nous tout ça sereinement…
Zeng reprit difficilement son souffle, il était exténué. Il avait du parcourir des kilomètres en volant avant d'arriver. Au bout d'une longue minute, il pu enfin parler :
– Un convoi de marchands qui partait du village en transportant des vêtements s'est fait attaquer par une vingtaine de brigands entrainés et bien armés sur la route des montagnes. Les marchands, qui étaient quinze, m'ont dit qu'ils sont surgis de nulle part, et qu'ils ont été maitrisés en quelques secondes. Ils se sont fait voler presque tout ce qu'ils transportaient. Ca doit faire une heure que l'embuscade a eu lieu, je suis revenu ici aussi vite que j'ai pu.
– Est-ce que tu es sûr que c'était bien les hommes de Yàn ? demanda Shifu.
Zeng réfléchit une seconde.
– Je ne sais pas… Ils étaient habillés en uniforme vert.
– Les uniformes de l'académie de Lee Da… souffla Mei Ling.
Shifu prit la nouvelle avec gravité. Il se retourna vers Grue d'un air sévère.
– Grue, tu disais qu'il n'attaquerait pas les civils !
L'oiseau ne répondit pas. Il avait l'air touché par le récit de l'oie. Il se tourna vers elle et lui demanda :
– Ils ont fait combien de victimes ? Combien de blessés ?
Zeng regarda Grue droit dans les yeux. Il semblait ne pas comprendre le sens de la question. Il finit par répondre :
– Ben… Zéro…
– C'est bien ce que je pensais, dit Grue. Yàn se fiche de la marchandise. Yàn a provoqué cette attaque pour nous prévenir. C'est peut-être pour nous faire peur, ou pour faire peur aux villageois, mais il y a un but à cette attaque.
Les autres le regardaient avec attention. Il venait de confirmer ce qu'il avait présumé auparavant : Yàn avait entamé une guerre psychologique, et il était déterminé à l'emporter par tous les moyens. Mais cela n'impressionnait pas Tigresse.
– S'il cherche à nous faire peur, ça ne marchera pas.
