Déjeuner en Ville
Jason-Kinuta-Voorhess :Original comme idée ! Dans cette histoire, je n'ai pas inventé énormément de choses sur le passé de Grue, mais dans un premier temps, j'avais imaginé qu'en fait, Grue avait été viré de l'Académie de Lee Da après seulement 3 mois, et qu'il avait ensuite été entrainé par un castor ancien disciple d'Oogway un peu dingue, et ce sans jamais le dire à Shifu et aux autres ! Mais cette histoire était trop longue, alors j'ai écrit celle-ci qui n'a aucun rapport.
Pour revenir sur le fait que Grue soit un personnage complètement secondaire, j'ai moi même une théorie selon laquelle j'estime que Dreamworks aurait put se contenter d'un seul personnage pour les 5 cyclones tellement, à part Tigresse, les autres sont inutiles (si je ne m'abuse, le seul moment où il y en a un qui fait quelque chose de significatif dans le scénario, c'est quand Grue ramène les autres après la défaite contre Tai Lung, le reste n'étant que du combat et des gags).
Voilà, un peu long comme réponse, mais comme j'avais des trucs à dire...
Mei Ling était ravie ce matin là. Elle ne savait pas trop pourquoi, elle aurait plutôt du être stressée et sous pression vu ce qui l'attendait. C'était sans doute parce le plan allait enfin arriver à son terme. Elle retraça dans sa tête l'ensemble des étapes qui s'étaient assez bien déroulé jusque là.
Mei Ling était resté à l'écart de l'armée de Yàn pour éviter que qui que ce soit ne puisse se douter qu'elle en faisait partie. Ensuite, Yàn s'était découvert aux yeux des gardiens de la Vallée de la Paix. Grue s'était rendu compte que c'était un acte idiot, vu qu'il est plus facile de préparer une attaque quand l'ennemi n'est même pas au courant de son existence, mais il ne pouvait pas savoir que ce n'était qu'un prétexte pour que Mei Ling puisse s'insérer dans le groupe. Il était beaucoup plus facile pour elle de se proposer chez quelqu'un qui avait besoin d'aide.
Mei Ling n'avait eu qu'à faire comme si elle voulait combattre Yàn, et comme elle avait connu Grue et que c'était une experte en Kung Fu, les autres n'avaient pu que l'accepter. Sauf Tigresse… Mei Ling se demandait si elle doutait d'elle par intuition ou simplement parce que Tigresse ne faisait pas confiance aux inconnus. Et comme Tigresse l'empêchait d'agir, elle avait prit contact une première fois avec Yàn pour lui dire que tout ne se passait pas comme prévu. Yàn avait alors organisé l'attaque d'un convoi de marchand pour forcer les guerriers du Palais de Jade de resserrer les liens, ce qui aurait pu permettre à Mei Ling de se rapprocher un peu plus de son objectif. Mais Tigresse n'avait pas changé d'attitude…
Sauf que dans le même temps, Grue était tombé amoureux d'elle. Mei Ling s'était rapproché de lui et cette stratégie était allée au-delà de ses espérances. Mei Ling était maintenant certaine qu'il ne pourrait rien lui refuser, et elle avait bien l'intention d'en profiter. C'était une attitude très fourbe, mais Mei Ling était capable de tout pour arriver à ses fins. Il y a 22 ans, quand elle était à l'académie avec Grue, elle n'avait pas du tout cet état d'esprit, mais elle avait beaucoup changé depuis. Et ça, heureusement les autres l'ignoraient. Yàn le disait souvent : « toute guerre est fondée sur la tromperie ». Cette phrase n'avait jamais été aussi juste…
Mei Ling profita du petit déjeuner pour exécuter la première phase de son nouveau plan. Elle se mit à côté de Grue et lui glissa à l'oreille de façon à ce que personne d'autre ne l'entende :
– T'en a pas marre de cette ambiance ? C'est oppressant !
Grue semblait ne pas comprendre. Il jeta un regard interrogateur :
– Oui, évidemment… Mais c'est normal, on est en guerre !
– Tu ne voudrais pas sortir d'ici ? Juste le temps d'un déjeuner, après l'entrainement, tous les deux ? Histoire de faire un break.
L'oiseau fit un bond. Il était étonné, voire même choqué.
– Mais on ne peut pas partir, c'est complètement inconscient ! Il faut qu'on reste groupé !
– Si on s'en va discrètement, on peut partir sans que personne ne nous voie ! Et Yàn ne s'attend pas du tout à ce qu'on aille en ville, il ne se hasardera pas dans une attaque qu'il n'aurait pas bien préparée ! Et si on ne s'éternise pas, il n'y aura pas de danger…
Grue restait bouche bée face à cette proposition inattendue. C'était quitte ou double : ou bien Grue avait suffisamment confiance en elle et il la suivait, ou bien il hésitait encore et il refusait. Mais s'il était amoureux d'elle, il ne pourrait pas refuser. L'oiseau hésitait. Il regardait autour de lui pour voir si quelqu'un les regardait. Il finit par lui murmurer :
– D'accord. Mais on fait très vite.
Jackpot ! Mei Ling se dit qu'elle devait avoir une bonne étoile qui veillait sur elle. Cependant, il lui restait quelque chose à régler.
– On va manger où ? Tu connais un endroit où on peut bien manger en ville ?
Po avait assuré à Mei Ling que son père était le meilleur cuisinier de la région, et Grue ignorait qu'elle connaissait son restaurant. Si elle avait vu juste, c'était surement cet endroit que Grue allait choisir. Mais il fallait que ce soit lui qui choisisse l'endroit, c'était très important.
– Tu ne connais pas le restaurant de M. Ping, le père de Po ? Si il y a un endroit où il faut aller en ville, c'est bien chez lui !
Mei Ling avait encore vu juste. La première phase de son plan avait parfaitement fonctionné. Cependant, la suite allait être beaucoup plus compliquée à négocier.
Mei Ling et Grue profitèrent d'un court moment de répits pour fausser compagnie aux autres. Grue connaissait par cœur les petits rituels de chacun, il ne lui avait pas été difficile de trouver le bon moment et le bon endroit pour partir sans se faire remarquer. Ils descendirent ensuite de la montagne par des chemins détournés. Il valait mieux qu'ils essayent de ne pas être vus, bien qu'il y ait de bonnes chances que ce soit inutile. En deux minutes, ils furent devant le restaurant de M. Ping. Il y avait peu de monde à l'intérieur, moins d'une dizaine de clients. Ce n'était pas étonnant : les habitants étaient au courant qu'un groupe de 300 guerriers était prêt à leur sauter dessus à tout instant, ce qui ne les engageait pas à sortir dehors. Mei Ling remarqua que Grue était très attentif et préoccupé. Il regardait dans tous les coins. Mei Ling se dit que c'était vraiment étonnant qu'elle ait réussit si facilement à le convaincre de venir.
Dès qu'ils entrèrent dans le restaurant, l'oie qui était au comptoir les aperçus.
– Oh ! Maître Grue ! cria-t-elle.
Il sortit par la petite porte à côté du comptoir et vint à leur rencontre. Grue commença :
– Monsieur Ping, vous…
– Comment va mon fils ? coupa M. Ping. Il n'est pas venu me voir depuis que ces brigands sont dans le coin !
– Il va très bien, Monsieur Ping, répondit l'oiseau. Nous n'avons toujours pas été personnellement attaqué, ne vous inquiétez pas pour lui.
– Mais je ne m'inquiète pas pour mon garçon ! C'est le meilleur ! C'est plutôt ces brigands…
– Ne vous en faîtes pas pour cela, Monsieur Ping, interrompit Mei Ling. Nous nous occupons de tout, vous ne serez pas mis en danger.
– Mais je n'ai pas peur d'être mis en danger ! Po viendra me sauver si ça arrivait ! Je m'inquiète pour ma clientèle : il y a de moins en moins de monde, si ça continue longtemps, je risque de mettre la clé sous la porte !
– Euh… Oui, oui, Monsieur Ping… dit Grue. Ce sera bientôt fini…
– J'espère bien ! J'ai besoin de clients ! Et c'est qui, celle-là ? Je ne l'ai encore jamais vue…
– C'est Mei Ling, répondit Grue gêné, elle est là pour nous aider… Nous prendrons deux soupes à l'ingrédient secret, on ne va pas rester longtemps…
Après que Grue se soit étonné que le prix de la soupe ait doublé et que l'oie ait prétexté qu'il n'avait plus les moyens de conserver les mêmes prix alors que eux avaient les moyens de payer, Mei Ling et Grue s'assirent à une table et mangèrent.
Ils ne se parlèrent pas. Mei Ling trouvait la soupe très bonne, mais ce qu'elle attendait l'empêchait de penser à autre chose. Elle avait une boule dans l'estomac. Elle n'avait jamais la pression avant un combat, mais celui qui se préparait était d'un autre genre. Au bout d'un long moment, l'oiseau finit par lui parler :
– Alors ?
Mei Ling releva la tête de son bol et le regarda bizarrement.
– Alors quoi ? dit-elle.
– Tu n'avais pas quelque chose à me dire ? Tu ne m'as pas amené là parce tu ne voulais pas que Tigresse ne soit pas là et que tu voulais me parler de quelque chose de personnel ?
Grue voyait juste, Mei Ling l'avait emmené ici pour quelque chose de spécial, mais c'était beaucoup plus compliqué que ça… Mei Ling se dit que c'était pour ça qu'il n'avait pas hésité à la suivre : il pensait qu'elle allait lui dire un truc important, et il voulait absolument savoir ce que c'était.
– Non… Pas spécialement… répondit-elle un peu maladroitement.
Mei Ling commençait à se dire que la situation commençait à se compliquer. Il fallait que les autres agissent rapidement. Si Grue commençait à avoir ne serait-ce qu'une once de soupçon, tout le plan pouvait tomber à l'eau.
– Moi, j'ai peut-être quelque chose à te dire, dit Grue.
Mei Ling le regarda droit dans les yeux. Elle n'avait pas envisagé que Grue profite de l'occasion pour lui dire quelque chose d'important. Allait-il lui avouer qu'il l'aimait ?
– Moi aussi, j'ai quelque chose à dire, dit une voix sarcastique derrière eux.
Les deux firent volte-face. Posé sur une table, Yàn les regardait avec un sourire éclatant. Ils se levèrent en un éclair et firent un grand bon en arrière. Il avait été très silencieux : Mei Ling, qui savait qu'il allait arriver, ne l'avait même pas entendu. Grue, en position de combat, le regarda avec haine. Il siffla avec son bec :
– Yàn…
L'aigle n'était qu'à trois mètres d'eux. Il prenait un immense risque en venant si près de Grue, mais il savait qu'il était le plus rapide : si on lui sautait dessus, il aurait le temps de s'envoler.
– Alors, mon vieil ami, glissa Yàn, comme on se retrouve ! Ça fait quoi ? Trois jours ! Le temps passe vite quand on s'amuse, non ?
– Qu'est-ce que tu me veux ? demanda Grue. Tu sais très bien que je ne te rejoindrai pas !
– Oui, je le sais très bien, Wang Kiang Chue. Mais…
Il se retourna vers Mei Ling et la fixa. Elle n'avait pas spécifié dans son message cette partie du plan, elle ne savait pas quoi faire et elle était inquiète. En même temps, comme ça, elle ne pouvait pas avoir l'air de jouer un rôle.
– Ah ! Mei Ling ! s'exclama l'aigle. Ça faisait longtemps que je ne t'avais plus vue en personne ! Est-ce que j'aurais plus de chance avec toi ? Toi, tu sais ce qui s'est passé pendant toutes ces années…
Mei Ling était impressionnée. Yàn était un excellent acteur, il ne laissait pas du tout transparaître qu'il était de son côté. Mais ce qui l'impressionnait encore plus, c'était son regard : il lui faisait peur. Son sourire figé donnait à ses paroles une impression de folie, ses grands yeux la fixaient sans bouger : elle avait l'impression qu'il pouvait regarder à l'intérieur d'elle, qu'il pouvait lire dans ses pensées. C'était vraiment flippant.
– Alors, Mei Ling ? Poursuivit-il. Ça te tente ? Une petite…
En une fraction de seconde, une forme surgit par la porte d'entrée en sprintant à une vitesse astronomique, sauta sur une table et fit un immense bond vers l'aigle. C'était Tigresse. Elle avait dans les yeux une rage effroyable qui ferait fuir des centaines de guerriers aguerris. Avec un temps de réaction foudroyant, Yàn détendit ses ailes et se donna une impulsion avec la patte pour décoller.
La scène sembla se passer au ralentit : le saut de Tigresse était gigantesque, mais la vitesse d'envol de l'aigle était tout aussi phénoménale. Son sourire avait disparu de son visage et avait laissé sa place à une grimace, qui était plus une grimace due à l'effort soudain qu'à la peur. Finalement, le bond de Tigresse semblait être un poil trop court pour pouvoir retomber sur l'aigle, qui avait l'air de s'être suffisamment éloigné. Mais le félin détendit la patte gauche à la vitesse de l'éclair et réussit à le toucher du bout des doigts. Déséquilibré, Yàn dévia de sa trajectoire d'envol et vint heurter un des murs du restaurant. Il retomba douloureusement sur le sol en s'amortissant avec les ailes et les pattes comme il le pouvait, tandis que Tigresse, ne pouvant freiner suffisamment, vint s'écraser contre les tables et les chaises du restaurant. Elle se releva aussi vite que possible et se rua à nouveau vers son ennemi. Grue et Mei Ling n'avaient pas réagit assez vite : ils étaient restés stupéfaits, stupéfiés par l'apparition inattendue par de Tigresse. En plus, Mei Ling ne pouvait pas aider Yàn sans détruire sa couverture.
Tigresse sembla cette fois-ci en mesure de pouvoir attraper son adversaire : l'aigle était encore au sol quand elle n'était plus qu'à trois mètres de lui. Mais elle fut stoppée nette : sa jambe droite avait été attrapée par un des rares clients du restaurant. C'était un gros loup qui s'était caché sous sa cape, Mei Ling ne l'avait même pas remarqué en entrant, alors qu'elle le connaissait : il faisait partie de l'équipe de Yàn. Tigresse tomba pour la seconde fois au sol, ce qui permit à l'aigle de s'envoler. Dans le même temps, quatre autres loups entrèrent dans le restaurant et foncèrent vers eux. Mei Ling se dit que c'était le moment : elle prit deux adversaires, tandis que Grue prit les deux autres. Tigresse enragea : elle se retourna au sol, attrapa un des bras du loup, plaça sa jambe gauche sous son ventre et l'envoya voler par-dessus elle. Le loup passa au dessus du comptoir.
– AH ! cria M. Ping en évitant le loup qui démonta une étagère en retombant. Mon restaurant !
L'oie avait raison de s'alarmer : les combattants étaient en train de détruire les tables et les chaises à une vitesse effarante. Tigresse vint prêter main forte à ses deux alliés. Les loups étaient forts, mais ils n'étaient pas de taille face à ces maîtres. Ils furent très vite débordés.
Le loup qui était passé derrière le comptoir se releva, étourdit. M. Ping était en train de lui donner des coups de cuillère sur la tête.
– Sortez de mon restaurant ! ordonna-t-il.
– Bonne idée ! rétorqua le loup.
Il repoussa l'oie avec la main et bondit vers le champ de bataille. Il fonça dans le dos de Tigresse qui se battait seule contre trois assaillants et la repoussa en arrière.
– On dégage ! hurla le loup.
Les loups se ruèrent instantanément vers la porte. Mei Ling savait ce qu'elle devait faire pour que la dernière étape du plan se déroule comme prévu : elle fit mine d'avoir été bousculé par le loup qui était contre elle et retomba sur Grue qui la rattrapa, ce qui les éloigna des fuyards.
– Il ne faut pas les laisser partir ! s'écria Tigresse.
Elle s'élança vers les loups. L'un d'eux lança derrière lui un objet gros comme une pomme. Mei Ling savait ce que c'était : elle l'avait commandé. Mais elle ne se doutait pas que le timing serait si serré. D'autant plus que Tigresse ne l'avait pas vu, contrairement à Grue, dont les yeux s'exorbitèrent.
– C'est une grenade ?! demanda-t-il affolé.
– ATTETION ! hurla Mei Ling.
Elle se précipita vers Tigresse. Ce qu'elle faisait était extrêmement risqué, voire suicidaire, mais Mei Ling était déterminée à le faire. Elle entra en collision avec Tigresse qui eut le souffle coupé, et la poussa de toutes ses forces. Les deux félines roulèrent ensembles au sol sur plusieurs mètres avant de percuter un des murs. Tigresse tenta de se dégager de son étreinte.
– Mais qu'est ce que tu… commença Tigresse.
La grenade explosa et une grande déflagration remplit le restaurant. Les tables et les chaises s'envolèrent et vinrent percuter les malheureux guerriers qui se trouvaient là. Mei Ling savait quel genre de grenade c'était : une simple boule de céramique remplie de poudre. Son rayon d'action n'était pas très grand : elles devaient être assez loin pour ne pas être désintégrée. Une des tables en bois s'écrasa sur elles. Avec le choc, Mei Ling eut atrocement mal au dos, mais au moins, la table les protégeait des flammes.
En deux secondes, l'explosion s'arrêta, ne laissant derrière elle qu'un restaurant dévasté. Mei Ling avait les oreilles qui sifflaient à cause du bruit, et elle avait mal un peu partout. Ça ne semblait pas être le cas de Tigresse qui se releva en titubant et se dirigea vers la sortie. Elle avait du mal à garder l'équilibre mais réussit à parvenir jusqu'à la sortie.
– Il ne faut pas les laisser s'échapper… siffla Tigresse entre ses dents.
Elle regarda dans la rue à gauche, puis à droite. Il n'y avait que des passants alertés par l'explosion, aucune trace des assaillants. Ils avaient largement eu le temps de fuir, il était inutile de tenter de les poursuivre. Tigresse se retourna et regarda à l'intérieur du magasin : au milieu du chaos, Grue et Mei Ling étaient resté au sol entre les débris, tandis que M. Ping contemplait son restaurant avec épouvante.
– Mon restaurant ! gémissait-il.
Mei Ling et Grue étaient en train de se relever. Ils ne semblaient pas avoir de blessures graves, ils étaient juste étourdis et fébriles.
– Tout va bien ? demanda Mei Ling inquiète. Personne n'est blessé ?
Tigresse se dirigea vers elle et l'attrapa par le col. Mei Ling tenta de se débattre mais la poigne de Tigresse était surpuissante.
– Tigresse, qu'est-ce que… débuta Mei Ling.
– A quoi tu joues, Mei Ling ?! s'écria Tigresse hors d'elle. Pourquoi tu es venue ici avec Grue ?!
– Moi et Wanki on est venu ici parce qu'on en a marre de te voir nous suivre ! Mais apparemment, on ne peut aller nulle part sans que tu sois sur notre dos !
– Du calme, du calme… dit Grue en tentant d'apaiser la situation.
– Tu l'as attiré dans un piège ! poursuivit Tigresse sans lui prêter attention. Tu l'as emmené pour le tuer !
– Je ne veux pas vous tuer ! répondit Mei Ling. Je t'ai même sauvé la vie !
– Mais les loups se sont enfuis !
– HÉ OH ! cria Grue.
L'oiseau se glissa entre les deux et les sépara avec ses grandes ailes. Les deux félines haletaient de colère et se fusillaient des yeux. Grue, lui, restait calme. Régler ce genre de crise entre deux de ses amis était sa spécialité.
– Ces loups étaient super entrainés et super organisés, dit-il. Ils avaient même de la poudre. Il est normal qu'on n'ait pas pu les attraper.
– Pourquoi tu l'as suivie ?! interrogea Tigresse. Tu savais que ça allait mal tourner !
– Non, je ne le savais pas, dit fermement Grue. Je ne pensais pas qu'ils oseraient nous attaquer sans avoir tout planifié auparavant. Et je n'avais pas vu ces loups quand Yàn a présenté ses hommes, ils devaient être cachés. Yàn est encore mieux organisé que ce que je pensais…
– Mais Mei Ling… poursuivit Tigresse.
– Elle t'a sauvé la vie, Tigresse, coupa Grue.
Ces mots clouèrent Tigresse sur place. Ses lèvres tressaillaient, elle tentait de rétorquer quelque chose, mais elle n'y arrivait pas.
– Bon, rentrons, ordonna l'oiseau. Il ne faudrait pas que quelque chose d'autre nous arrive.
Grue partit vers la sortie, suivi immédiatement par Mei Ling, tandis que Tigresse cherchait toujours ses mots.
– Et mon restaurant ?! demanda M. Ping. Qu'est-ce que je vais faire, moi ?!
– Euh… dit Grue. On s'occupera de vous plus tard, ne vous en faites pas !
L'oie enfouit sa tête dans ses mains et commença à pleurer. Quand Mei Ling et Grue parvinrent et la sortie, Tigresse finit par les rejoindre.
Au fond, se dit Mei Ling, tout s'était bien mieux déroulé que prévu.
