Chapitre IV
15 H 00
Quelque part sur l'île
Repaire du Ciseleur.
Le criminel se tient sur le siège qui se trouve devant sa console informatique. Grâce aux nombreuses caméras postées sur l'île et dans la maison, il peut suivre l'évolution des garçons. Néanmoins, celui qui vit dans l'ombre présente des signes de nervosité. En effet, il n'arrête pas de tapoter ses pieds sur le sol.
« Quand je pense qu'ils ont osé confondre ma maman avec cette maudite putain qui a servi de mère à Natsu, j'ignore encore ce qui me retient de monter pour leur donner une bonne leçon ?
- Ta mission Ciseleur. »
Voilà que le visage du patron de l'entreprise du dragon s'affiche sur la totalité des écrans.
« Monsieur Happy ?
- Bonjour. Comment te portes-tu aujourd'hui ?
- Très bien mais j'ai besoin de me dégourdir les ciseaux.
- Je n'en doute pas une seule seconde mais tu sais que demain est un grand jour pour toi.
- Et comment ! »
Le tueur pivote sur sa chaise et regarde une étagère cloutée sur l'un des murs de la pièce. Sur les planches de bois, cinq bocaux. Un seul est rempli d'un liquide rouge alors que les quatre autres sont totalement vides.
« Vivement que je m'amuse bientôt car ma réserve est sur le point de s'épuiser.
- Je le sais et c'est pour cette raison que demain doit être un grand jour pour lui.
- Pour lui ? Et moi, je deviens quoi dans cette histoire ?
- Toi, j'ai un cadeau à t'offrir. Connecte un écran sur la caméra du salon s'il te plait.
- Entendu. »
Le ciseleur s'exécute et fait disparaitre le visage d'Happy sur l'un des nombreux carrés de plasma.
« Bien et maintenant, observe mais surtout, écoute.
- D'accord. »
Résidence de l'île
Salon
Plusieurs occupants de la maison sont réunis autour de la grande table du salon. Les garçons jouent à un jeu de cartes et Hiroki vient de remporter une manche. Frustré de n'avoir pu gagner, Cloud envoie ses cartes promener sur la nappe.
« Il a vraiment une chance de cocu. »
Face à ce comportement, Hiroki baisse la tête et semble se braquer. Roxas, qui fait parti des joueurs, le remarque et vient à son secours.
« Calmes-toi Hiroki, il ne disait pas ça pour te blesser. »
Le petit ami de Nowaki lève son visage vers Roxas.
« Tu crois ? »
Cloud, qui a entendu la réaction d'Hiroki, se souvient de la conversation qu'il a eu avec le petit ami de Sora, quelques jours auparavant. Du coup, il intervient également en se montrant protecteur et surtout, rassurant. Traits de caractère que ses amis ignoraient, même son homme Zack.
« Roxas a raison. Je disais ça juste parce que c'est une expression mais surtout, parce que je suis jaloux de ta bonne étoile. »
Timidement, le garçon craintif regarde Cloud droit dans les yeux.
« C'est vrai ?
- Bien sûr puisque je te le dis. En tout cas, tu vas devoir t'enfiler le gain.
- Cela fait déjà le troisième verre.
- Je sais mais va dire ça à la roue du destin. »
Le grand blond fait un clin d'œil à Hiroki avant d'attraper la bouteille de vodka qui reposait en bout de table. Ensuite, il en verse dans le verre du gagnant et l'incite à le boire.
« Allez, cul sec mon gars. »
Au moment où le frêle garçon attrape le verre, une musique se fait entendre. Natsu, qui fait parti des joueurs réunis autour de la table, tourne sa tête en direction du buffet qui est placé sous l'escalier. Sur le meuble, un poste-radio. Le fils du propriétaire de la maison n'est pas le seul à être surpris puisque Kurando lui pose une question.
« Il est détraqué ton poste ou quoi ?
- Non mais je vais jeter un œil, on ne sait jamais. Ne bougez pas. »
Kurando, qui se tient sur la gauche de Roxas se montre obéissant. Pendant ce temps, Natsu se lève de sa chaise, traverse la salle en direction du fameux buffet et appuie sur l'un des nombreux boutons du poste afin de l'éteindre. Au lieu de faire taire cette musique, celle-ci poursuit.
« C'est quoi encore ce bordel ? »
S'étonne Natsu. Keigo, qui est lui aussi autour de la table, se permet une petite touche d'humeur.
« Cette maison est hantée Natsu ?
- N'importe quoi. »
Le garçon aux cheveux roses s'excite sur le bouton mais rien à faire. La seule source d'alimentation de cet appareil est l'électricité. Toutefois, aucun fil ne le relie à une prise.
« Je ne vais pas le jeter contre le sol tout de même si ? »
En guise de réponse, la musique change sur une femme qui discute à une tierce personne.
« Coucou mon chéri. Alors, tu t'es bien amusé dehors avec le petit Natsu ? »
A l'entente de son prénom, le petit ami de Gray pose le poste sur le buffet et recule de plusieurs pas. Là, Kurando vient le rejoindre.
« Nous avons entendu la même chose Natsu ?
- Ouais mais c'est probablement une coïncidence. »
La voix féminine poursuit.
« Tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse de vous voir aussi proche tous les deux. En tout cas, lorsque ton père apprendra cette nouvelle, je suis sûre qu'il sera également très heureux. »
Tout à coup, des bruits métalliques se font entendre dans le poste et le ton de la femme change rapidement.
« Que fais-tu avec ces ciseaux mon grand ? Tu sais très bien que maman ne veut pas te voir avec ça dans les mains. Toshio ? A quoi joues-tu mon bonhomme ? »
Suite à cette série de question, le petit garçon répond.
« Je veux jouer avec toi comme je l'ai fait avec le chat de papa.
- Le chat de papa ?
- Oui. C'est moi qui a découpé Draco et il a bien aimé.
- Mais… mais comment a-t-il pu aimé puisque tu l'as envoyé au paradis ?
- Je ne saurais te l'expliquer mais je sais qu'il a beaucoup aimé jouer avec moi. Maintenant, ne bouge pas car je vais te faire mal sinon. »
Des pas se font entendre mais comme ils sont à moitié étouffé, les garçons estiment qu'ils doivent provenir de l'enfant. D'autres sont perceptibles mais hélas, c'est davantage la quiétude la mère qui s'exprime.
« Chéri, pourquoi tu regardes maman comme ça ? Tu sais que si tu me fais du mal, papa va te gronder ?
- Ben non puisque c'est lui qui m'a dit de jouer avec toi à ce jeu.
- Quoi ? Mais ce n'est… »
La femme n'a pas le temps de terminer sa phrase qu'un drôle de bruit casse net sa voix. Désormais, c'est un étouffement qui parvient aux oreilles de Natsu et de ses camarades.
« Non Toshio, arrête ça. »
Et l'enfant s'exprime mais d'un étrange façon. En effet, il émet des gémissements comme s'il s'énervait sur quelque chose. Pour sa mère, plus aucun son. La séquence audio s'arrête là, provoquant une certaine stupeur chez le garçon aux cheveux rouges mais aussi chez ceux qui se trouvent derrière lui autour de la table. Le seul qui s'exprime est Kurando.
« C'était quoi cette émission ?
- Je ne sais pas mais cela fout la trouille. »
Natsu ne préfère pas s'attarder et tourne le dos au poste-radio. Par contre, le petit ami de Yuri se pose beaucoup de question.
« Tu ne trouves pas cette séquence étrange Natsu ? »
- Non. »
Le garçon retrouve sa chaise mais poursuit sa conversation avec Kurando.
« Je devrais ?
- Ben oui puisque cela parle de Toshio mais également de toi. »
Natsu n'est guère préoccupé mais souhaite reprendre le jeu de cartes là où il l'avait laissé.
Quelque part sur l'île
Repaire du Ciseleur
Le criminel est à deux doigts de pleurer tellement le passage audio lui a rappelé de bons souvenirs.
« Merci beaucoup papa pour ce cadeau.
- De rien mon petit mais combien de fois t'ai-je demandé de ne pas m'appeler ainsi ?
- Excusez-moi Monsieur Happy. »
D'un revers de son bras gauche, le tueur sèche ses larmes et aussitôt, un sourire démoniaque se dessine sur ses lèvres.
« En tout cas, Natsu n'est qu'un gros crétin.
- Sur ce coup là, je suis tout à fait d'accord avec toi. Par contre, j'ai oublié de te donner une information.
- Je vous écoute.
- En plus de Sangohan, j'aimerais que tu ne touches pas Trunks pour le moment.
- Entendu mais promettez-moi que je pourrais aussi m'amuser avec eux ?
- Ne t'inquiète surtout pas.
- Merci. »
Le ciseleur ressent le besoin de se lever de sa chaise, de s'éloigner de la console informatique pour entamer une danse des plus curieuse. En tout cas, il est content et cela se voit. Pendant ce temps, le père de Natsu poursuit.
« Je te recontacterai plus tard ce soir pour te dire quelles sont les personnes que tu pourras retirer pour cette première sélection.
- Entendu. »
Et sans en dire davantage, le propriétaire de l'île met fin à la communication. Du côté du ciseleur, celui-ci s'arrête de danser car une question vient de lui traverser l'esprit. D'ailleurs, il se la pose à voix haute.
« Comment se fait-il que Natsu ne se souvient pas de moi et pire encore, de Draco ? Pourtant, il était toujours en train de jouer avec ce maudit chat. Faudrait que je pose la question à Monsieur Happy lorsqu'il prendra contact avec moi ce soir. »
