CHAPITRE 8

Le repas terminé, Carlisle me demande si je suis fatiguée et se propose pour me ramener. C'est vrai que la soirée a été riche en émotions. Le chemin retour se fait en silence. Je regarde la ville la nuit, les lumières des réverbères qui filent derrière la vitre. Je sens sa main hésitante frôler mon genou. Je me retourne et lui souris. Je pose sa main franchement sur ma cuisse et enlace mes doigts dans les siens. Il a l'air si heureux tout à coup que ça me trouble et je retourne à mes contemplations nocturnes.
Au pied de mon immeuble, il me donne son numéro de téléphone. Puis on se fait la bise et il laisse un moment trainer ses lèvres sur ma joue avant de me libérer comme à regret. Quand j'arrive, Zolpi a un air de reproche…Serais-tu jaloux mon chat ? Il refuse de venir se faire caresser mais ne refuse pas sa gamelle du soir…Une vraie Diva…

Je m'installe pour lire un peu avant de dormir Mais je suis bien trop énervée pour y parvenir. J'ai besoin de me défouler. J'ai beau rester cool, faire semblant. Je sens dans mon corps et dans mon esprit qu'il se passe quelque chose avec Carlisle Cullen. Je sens qu'il attend quelque chose de moi. Je sens mon cerveau s'emballer, mes pensées devenir brouillons. J'ai besoin d'arrêter d'intellectualiser, de décrocher et de me laisser porter. Arrêter de réfléchir et commencer à ressentir…Sortir prendre l'air et danser…danser…
Il est une heure du matin…Les Caves…Le gros club fétichiste et SM underground de la capitale…Ça va me faire du bien de me noyer dans la foule des Caves.

J'enfile rapidement une robe en vinyle, dos nu et évasée dans le bas, elle m'arrive aux genoux. Confortable, chic et sobre. L'idéal pour sortir seule. J'appelle un taxi, il sera là dans 15 minutes. Je noircis un peu mon maquillage, regonfle mes cheveux et enfile mon grand manteau noir. Incognito. Je me décide à envoyer un SMS à Carlisle, comme si j'avais besoin qu'il sache où je suis :
Cyrielle : LTDSM : Pas envie de dormir. Envie de danser. Je vais aux Caves. Bises.
La réponse est instantanée mais le taxi arrive en bas. Je descends, donne l'adresse au chauffeur et ressors mon téléphone pour le lire.
Carlisle : J'y serai, pas loin, si tu as besoin de moi…
Il est mignon…Est-ce qu'il a compris que j'avais besoin d'espace ? En tout cas il connaît aussi les Caves…

Quand j'arrive, l'ambiance est électrique. J'ai juste besoin de danser ici et dans la foule. Laisser la musique entrer. Laisser l'odeur des corps qui se frottent et se chauffent m'habiter. M'oublier dans la masse sensuelle et ondulante, au rythme des basses. Je ferme les yeux et je pars.
Je ne suis pas le genre de fille que l'on touche sans autorisation. Ma carrure empêche ce genre de manque de respect. Je me sens parfaitement bien dans cette foule de kinksters et de fétichistes de tous poils. Ça sent la sueur, le sexe, le cuir, le latex, l'humain et l'animal. Tous différents, nous dansons tous à l'unisson sur le même battement de cœur. Alors je danse et je m'oublie un peu plus à chaque pulsation.

Un pressentiment me fait ouvrir les yeux. Il est là devant moi. Immobile à quelques mètres. Il porte son masque, un banal t-shirt noir, un pantalon de cuir noir moulant et des godillots Doc Martens noirs aussi. Dans pénombre des Caves et du dress-code, sa blondeur n'en est que plus frappante. Son regard me donne chaud…en bas... Dieu que j'ai envie de cet homme ! Mes mains parcourent lentement mon corps, mon regard fixé dans le sien.

Contre toute attente, il s'avance et m'enlace la taille, forçant une jambe entre les miennes, dans un slow très collé-serré. Je noue mes bras autour de son cou, ferme les yeux et lui murmure d'une voix voilée :
- « Tu t'es approché finalement ? » » Il me colle contre son corps, ses lèvres frôlent mon oreille :
- « I want you… »
Sa voix gronde et résonne dans ma poitrine. Je sens son désir contre ma cuisse. Ses mains me malaxent les fesses et les hanches. Tout son corps m'enserre, vibrant, puissant.
- « Moi aussi je te veux Carlisle, mais…ce n'est pas bien…Je ne suis pas…pour toi.. »
Il gronde et m'enlace un peu plus me léchant littéralement la clavicule et le cou.
- « Silly Girl… » Oui je suis un peu nouille, je sais que je suis dure avec moi-même. Mais j'ai besoin que tu saches Carlisle, ce qui ne va pas chez moi :
- « Je…Je ne suis pas assez bien pour toi… » L'émotion me noue la gorge. Il me murmure alors :
- « Laisse-moi essayer Love, laisse-moi t'aimer, laisse-toi une chance… » Ses mots me brisent le cœur. Je le sens exploser dans ma poitrine, brûler, fondre, et redevenir entier.

J'entends un battement…C'est ce nouveau cœur…Et la musique...Nine Inch Nails.
J'ouvre les yeux. Cette chanson, à ce moment…Pas possible…Pas une coïncidence…Carlisle dans mon cou, me chante ces vers que je connais si bien.
Sa voix rauque de désir, sa supplique dans les paroles brutales de « Closer »…Comme un besoin. De moi.
Besoin de me prendre comme un animal.
Besoin de me sentir de l'intérieur.
Et cette référence au Sacré et à Dieu.
Il continue. Comme s'il avait besoin de convaincre ma raison. Alors que le reste lui est déjà acquis :
- « Laisse-moi t'aimer. Laisse-moi te prendre et te faire crier mon nom. Laisse-moi être l'homme le plus heureux du monde. Laisse-moi voir le visage des anges quand tu crieras dans mes bras. Tu es à moi depuis le premier jour, laisse-moi une chance d'être à toi aussi… »
Qui peut résister à une invitation pareille ?

Je tourne un peu la tête, caresse sa joue de mes lèvres, direction sa bouche. Besoin de l'embrasser.
Premier contact de nos lèvres. Deuxième. J'embrasse sa bouche, chaque recoin, il fait la même chose. Je sens sa langue goûter ma lèvre inférieure et la digue de mon désir saute. Je gémis. Ses mains remontent et me prennent délicatement la mâchoire. Tandis que les miennes descendent et s'accrochent à sa ceinture de pantalon.
- « Ouvre la bouche et ne bouge pas »J'entrouvre les lèvres, le regard chevillé au sien.
Il me fixe de ses iris noirs tandis qu'il glisse doucement sa langue contre mes dents et explore ma bouche. Je reste immobile un moment puis je glisse ma langue contre la sienne, faisant rouler mon piercing.
Je prends garde à ne pas aller dans sa bouche à lui, de crainte que ses dents me blessent.
Je reste sur mon territoire et j'entends bien le dominer ici, dans ma bouche. Mais il en décide autrement et m'empoigne les cheveux, tirant un peu en arrière pour me faire ouvrir plus…et me faire céder. S'ensuit une bataille de caresses de papilles et de salives qui se mêlent. Quand il se redresse j'ai la bouche un peu engourdie par le venin, le cerveau en rémoulade et une furieuse envie de m'empaler sur sa b…Bref je n'en peux plus…J'attrape sa main et le tire vers la sortie
- « Sortons, viens chez moi. » Il ne répond pas, il a juste un sourire sur les lèvres. Le sourire du mec qui a gagné au Loto.

Je récupère mes affaires au vestiaire en un temps record et remets ma veste tant bien que mal. Ses mains se faufilent partout à la moindre occasion et ça ne m'aide pas à me concentrer. Une fois dehors je le préviens :
- « Carlisle, on a vingt minutes de trajet. Et si tu continues on n'y arrivera pas…Je n'y arriverai pas.»
Il m'attire au coin du bâtiment, dans la pénombre.
- « Et si je te dis que l'on peut y être en moins de cinq minutes ? ». Je le regarde, intriguée :
- « Un truc de vampire ? » Il sourit, complice.
- « Monte sur mon dos tu vas voir… »
Il se penche et je grimpe. Ses bras arriment mes cuisses à sa taille. Et je lui serre le cou comme une forcenée.
- « Baisse la tête dans ma nuque, serre fort et ferme les yeux »
Je m'exécute et je sens qu'il commence à courir. De plus en plus vite. Le vent siffle tellement à mes oreilles que je ne me risque même pas à ouvrir un œil.
Quand il s'arrête, je me laisse glisser et ouvre les yeux, nous voilà la porte de mon appartement.
- « Wow » C'est tout ce que je trouve à dire.

Il me prend dans ses bras et je me fonds contre ses formes. Nous voilà en pleine soupe de langue sur le paillasson.
Ça devient classé X. Il faut vraiment que nous rentrions. J'attrape mes clés et me bagarre avec la serrure. C'est toujours dans ces moments là que les serrures/digicodes/poignées de portes refusent de coopérer…Et avec ses mains partout en même temps, il ne m'aide vraiment, vraiment pas.

Enfin la serrure abdique et la porte s'ouvre. Pas de visite au programme, je l'attrape par la ceinture du pantalon et le guide directement dans la chambre. Peine perdue, nous n'atteindrons pas mon lit…Fallait pas toucher à la ceinture…Arrêtée dans ma lancée, je suis en train de me battre avec son pantalon tandis qu'il fait passer ma robe par-dessus mes épaules. Je suis nue en quelques secondes. J'abandonne sa braguette quand il enlève son t-shirt.
Besoin de toucher sa peau…J'explore son torse, léchant et mordillant tout ce qui est à ma portée : Une épaule par-ci, un téton pas là ohhh une clavicule à explorer ! Par je ne sais quelle clé de judo, j'atterris en douceur sur le parquet, sous lui. A son tour il me caresse, me lèche et m'embrasse. Il a encore le pantalon autour des cuisses et je m'escrime à lui descendre avec les orteils, quand je sens pour la première fois son sexe palpitant contre le mien. Je laisse tomber le projet du pantalon pour enrouler mes jambes autour des siennes, à la recherche de friction.
Il se redresse, comme pour chercher son souffle.
- « Cyrielle je…Dear Lord ! »
Un coup de rein bien ajusté l'empêche de finir. Je le fixe, intense et mutine, il n'y a plus de retour en arrière possible à ce moment. Je le veux et la puissance de mon désir est incontrôlable. Il retente :
- « Cyrielle s'il te… » Je ne le laisse pas terminer
- « Baise-moi. » Il me fixe de ses yeux assombris, oui tu as bien compris. Je répète quand même :
- « Baise-moi maintenant ! »
Dans un grondement comme provenu des enfers, il se positionne et me pénètre doucement, profondément. Il ressort tout aussi lentement. Je crie gémis de plaisir et de frustration mêlés. Je cherche plus de friction, plus de force…Mais je ne suis pas de taille contre lui, il m'a coincée les chevilles et le poids de son corps m'empêche tout mouvement. Son visage est impassible, sombre, sublime. Il me toise… Il cherche à me dompter.
Je lui décoche une œillade sauvage :
- « Plus vite !» Ma voix est rauque, je n'en peux plus. Ses yeux ont viré au noir, son nez frôle le mien pourtant il me refuse chaque baiser. Déterminé, il me répond les dents serrées :
- « Demande-le »
J'ai compris. J'ai envie, aussi, de lâcher prise. Son sexe glissant doucement dans le mien est en train de me rendre dingue ! Je suis coincée…Alors j'obéis :
- « S'il te plait, Carlisle, prends-moi fort et vite… »
Il me répond par un grognement et un franc coup de rein. Cette fois-ci je crie. Il continue plus brutal, plus animal. Et ça me fait décoller.
Je me sens pulser, onduler sous lui, quand je jouis par surprise. Il ne s'arrête pas, je rouvre les yeux et croise son regard. La suffisance masculine incarnée. Il est content de lui.
J'ai envie de le voir céder à son plaisir aussi. Je redeviens enjôleuse et grignote son cou, les mains palpant sur ses fesses rebondies. Il plante ses doigts dans mon paquet. Littéralement. Sa voix rugueuse et profonde est à peine reconnaissable
- « Tu ne m'aides pas tu sais… » Le sexe me rend bavarde et supprimant mon filtre social, je lui dis le fond de ma pensée :
- « J'ai envie…De te sentir jouir…En moi…S'il te plait…»
Ses ailes de nez frémissent, je vois les muscles de sa mâchoire se bander quand il me répond les dents serrées :
- « Mine »
Il répète ce mot encore et encore alors que son rythme s'accélère de manière inhumaine. Je lui réponds :
- « Oui…à toi…à toi…Je suis à toi… » quasi incohérente, perdue dans un autre orgasme qui menace de me ravager comme un tsunami.

Il se redresse et son splendide visage tendu par son propre plaisir m'achève. Je le sens jouir et me remplir de lui. Mon sexe se liquéfie comme de la lave bouillonnante. La chaleur remonte inexorablement, je m'entends gémir comme jamais. Quand la vague arrive à mon cerveau. Le plaisir est tel que je hurle comme une damnée quelque chose comme :
- « Oh putain oui ! »
Oui…l'orgasme haut de gamme me fait jurer comme un charretier…
Quand l'orage hormonal se calme, j'en suis un peu gênée.
Il est toujours sur et en moi, la tête contre ma poitrine, à caresser mes cheveux. Je commence à lui masser le cuir chevelu, il se met à ronronne et je glousse de plaisir. Ce bruit me ravit autant qu'il me fascine. Je passerais volontiers le reste de ma vie à le faire ronronner…Heu…hum…les pensées post-orgasmique sont souvent oniriques…Je l'entend à peine murmurer dans ma poitrine :
- « Je ne pourrais plus me passer de ça…de ton corps…de ton rire…de toi.. »
Son constat fait battre mon cœur plus vite et il ronronne plus fort.
Je décide d'exprimer ma vérité dans un trait d'humour :
- « Et moi je suis accro au Doc avec ses Docs »