CHAPITRE 11

J'ouvre un œil.

Le simple fait d'actionner ma paupière est douloureux. D'ailleurs je ne vois rien vu que je ne l'ouvre pas assez pour cela. Une voix douce et une odeur de benjoin m'enveloppe et je me sens sombrer à nouveau. Des doigts froids frôlent mon visage encore et encore, me refusant les bras de Morphée.
Je me redresse, hagarde. Je me sens chiffonnée. Mes fringues son chiffonnées, mon visage est chiffonné, mon esprit ? Pareil. Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quelle étagère…j'ai mis le Guronzan ?
Je me rappelle où je suis : La première classe d'un long courrier. Avec qui : Les Cullen. Mon voisin : Un vampire blond qui me fait des papillons dans le ventre quand il me sourit. Pourquoi : Passer Noël à Forks, Washington, USA.

J'essaie d'émerger mais franchement l'avion et moi ne sommes pas bons amis, je me sens vaseuse depuis des heures. J'ai l'impression de sentir le fennec et pas que de la bouche. Mais bon, on ne va pas chipoter quand on se fait balader à l'autre bout du monde pour Noël !
Je me lève péniblement sous les yeux amusés de Carlisle. Forcément, en passant devant son siège je manque de lui tomber dessus. Loin de m'aider au contraire, il m'attire contre lui en riant et renifle mes seins à hauteur de son visage, empirant mon malaise vis-à-vis de ma propre ère, Nessie et Rosalie plaisantent gentiment. De l'autre coté, Emmett, pour une fois, ne relève pas. Dans les micro-toilettes de l'avion, j'essaie de me refaire une fraîcheur à défaut d'une beauté.
Je suis partie par surprise. Carlisle m'attendait à la sortie du boulot comme tous les soirs. Sauf que ce vendredi-là était la veille de mes vacances. Une folie, deux semaines pour Noël et le nouvel an, des années que je ne l'avais pas fait ! Avant de rencontrer les Cullen, j'avais prévu de rejoindre une copine en Savoie et de me dérouiller sur les pistes avec ma planche de snow. Depuis le programme avait changé mais je n'avais pas vu si drastique.

Arrivée dans la Mercedes à la sortie du travail, nous n'allions plus chez lui mais à Londres par l'Eurostar. J'étais ravie, j'adore les surprises. Arrivés à Londres nous allions finalement à Gatwick et non pas dans la ville même. Dans l'aéroport nous retrouvâmes Rosalie, Emmett et Nessie. Je découvrais à la porte d'embarquement que nous nous envolions pour Seattle. Je décollais donc d'Angleterre dans ma tenue de travail avec pour seul bagage mon sac à main et un petit vanity que Rosalie avait eu la délicatesse de me fournir : Quelques soins de base en format lingette, une brosse à cheveux, des collants et des sous-vêtements de rechange. Quinze heures plus tard, toujours dans mon tailleur cintré et mes escarpins, je rêvais d'une douche brûlante, de mon jogging en jersey décoloré et des mes vieux chaussons molletonnés.

Une fois frottée au mieux à la lingette (pas de liquide en avion a dit l'agent de sécurité) je me sens un peu mieux à défaut de propre et fraîche. Par contre mes cheveux ont définitivement pris la forme de l'oreiller. Oreiller dont la trace a décidé de rester sur ma joue, tant qu'à faire. Je suis si fatiguée que mon œil gauche est en grève, à semi-ouvert. Bref, je vais débarquer aux USA avec une tête de zombie.

Nous atterrissons enfin. Dehors il ya des traces de neige, je me demande si elle a déjà fondu et quand il va neiger de nouveau.
Après le poste de douane, nous apercevons Edouard et Bella venus nous chercher. A coté de Bella, un immense Amérindien, très charmant au passage, lance des sourires de cent mille volts dans notre direction. Il me suffit de voir l'expression de Nessie pour comprendre qu'il s'agit probablement de Jake.
Effectivement, le jeune homme se présente sous le nom de Jacob Black. Il a l'air un peu surpris par mon apparence. Je le vois fixer mes piercings et mes cheveux, je me sens exotique pour le coup. J'essaie de discrètement rabattre ma frange dans le bon sens mais rien à faire. J'ai une sale gueule voilà. On fera mieux demain. Jacob fait ensuite de réguliers, et pas franchement discrets, allers-retours en Carlisle et moi. Je ne sais pas ce qui coince mais ça a l'air de coincer : L'opposition de nos deux looks, l'opposition de nos deux espèces… Il me semble qu'il ne soit pas mieux lui, un humain amoureux d'une hybride.
J'essaie de rester courtoise et souriante. A vrai dire je suis épuisée et en pilote automatique. Derrière le sourire poli, la trace d'oreiller et l'œil vitreux, il ne reste que deux neurones à se battre en duel. Je monte à l'arrière dans la voiture de Rosalie, amenée par Bella, et je m'écroule de sommeil sur Carlisle avant même la sortie du parking. Je me réveille juste quand je le sens me porter. D'habitude je déteste cela, mais avec Carlisle, c'est différent. Je ne crains pas qu'il se blesse ou me fasse tomber. Je le laisse me conduire sur un lit qui sent bon le linge propre. Ca sent aussi le feu de bois, le benjoin et le musc. L'odorat est mon dernier sens à sombrer dans le sommeil.

Quand je me réveille, il est très tôt et il fait nuit. Je suis nue et Carlisle est enroulé autour de moi, nous-mêmes enroulés dans une couverture chauffante. Je m'étire et me colle un peu plus à sa peau tiédie. C'est une innovation géniale !
- « J'espère que tu n'as pas profité de la situation… »
Il frotte son nez dans ma nuque et se déplace pour me fixer de son regard ambré.
- « J'avais besoin de te toucher et de te sentir. Nous nous sommes si peu vus ces derniers temps. J'ai pris sur moi mais je n'en pouvais plus. Alors oui, j'ai profité de ton inconscience pour te déshabiller lentement, t'admirer à la lueur de la lune et me frotter contre ta peau comme un assoiffé lèche les gouttes de rosée sur les feuilles des arbres…Avant de s'abreuver à la source… »
Il m'embrasse alors avec douceur et détermination. Il descend ensuite dans mon cou, son nez frotte ma jugulaire, je suis encore embrumée de sommeil mais cela ne m'empêche pas de lui murmurer mon approbation.
Depuis le début de notre relation, Carlisle parle de nous, de moi, comme d'un besoin viscéral, quelque chose qui influence son bien-être, j'avoue être intriguée et je me demande si c'est de la poésie ou une réalité. Je comptais lui poser la question avant nos projets de voyage. Et puis là tout de suite, ses lèvres sur mes épaules et ma nuque effacent toute velléité de discussion. Je soupire, détendue. Mais il faut que je lui dise avant qu'il ne s'emballe :
- « Carlisle, je suis crevée, sérieusement j'ai envie de toi mais je suis tout juste bonne à faire l'étoile de mer… »
Je sens son sourire contre ma peau. Il continue à m'embrasser et à explorer chaque parcelle de derme à sa portée tandis que mes mains parcourent paresseusement son corps.
- « Tu sais que j'ai beaucoup étudié les asteoidea ? Hors je n'en n'avais pas rencontré des comme toi, il faut que j'étudie cela de près… » Il descend le long de mon corps vers le sud, mais ma gêne l'emporte.
- « Non ! Je…Je vais prendre une douche d'abord ! »
Je m'ébroue tel le fennec que je suis et crapahute tant bien que mal hors du cocon à la recherche un indice indiquant une salle de bain. Il soupire et m'indique la bonne porte.

Je découvre une superbe salle d'eau très masculine, recouverte de dalles de pierres gris-bleuté, une immense douche à l'italienne et, summum de l'opulence, un système de jet proposant la cascade et la pluie tropicale !
Je me réveille complètement et commence à jouer avec les fonctions de la douche. J'ai toujours essayé de vivre simplement et écologiquement, mais je dois dire que la douche est un de mes péchés mignons. Je peux passez des heures à feuilleter des magasine de robinetterie design et je rêve d'installer chez moi une douche aussi moderne que celle dans laquelle je suis. Très vite la vapeur monte dans la pièce, je sens l'eau couler sur moi en rigoles, sous mes pieds les dalles sont chauffées et rugueuses. Je ne résiste pas et m'allonge de tout mon long sur la pierre tiède. L'eau sous forme de vapeur et de liquide s'accroche et glisse sur moi. Je suis aux anges. Je m'endormirai presque quand tout à coup l'eau que j'entends toujours se déverser ne coule plus sur mon corps. Je me rouvre les yeux et au-dessus, la grande silhouette pâle et nue de Carlisle me surplombe, sous le jet.

Je décide de profiter de cette vue en contre-plongée pour me rincer l'œil sur le galbe de ses cuisses, la courbe de ses fesses, le creux de sa colonne vertébrale, le développement de ses épaules, les tendons de son cou. Je le déguste tranquillement des yeux par cette vue insolite et si j'en crois ce que je vois, il a l'air d'apprécier l'inspection. Même s'il est en train de soigneusement se savonner les cheveux, il arbore une érection sans équivoque.
Je me redresse alors et viens saluer d'un baiser l'étendard en question. Son sexe me répond d'un léger tressaillement et il ne m'en faut pas plus pour saisir l'invitation. J'alterne les coups de langues, j'explore tout la zone et pseudo-mordille l'intérieur de sa cuisse au passage. La nature de son derme ne me permet pas de le saisir complètement avec les dents. Je ne m'occupe pas du tout de ce qui se passe au-dessus de sa ceinture. Sa réaction en bas me suffit pour savoir que mes caresses sont appréciées.
Alors je joue de ma bouche sur lui, j'utilise la douceur de l'intérieur de ma joue, la franche sensation de mon piercing sur son gland. Je l'avale et l'aspire avant de le libérer dans un sonore « Pop ! ». A ce geste, je sens son corps s'incliner. En levant les yeux je vois qu'il s'est appuyé d'une main sur le mur et que sa nuque baissée lui donne une jolie vue sur mon activité.
Je soutiens alors son regard quand je le reprends en bouche et enroule ma langue sur sa longueur avant de refaire « pop ». Je lui lance un clin d'œil malicieux auquel il répond de manière instinctive en découvrant ses dents. Son désir fait toujours émerger le coté animal de sa personnalité.
Je décide de jouer le chaud et le froid. J'avale sur son sexe plusieurs fois, le prenant entièrement en bouche, avant de reculer et d'administrer de délicats coup de langues sur son extrémité. Il gronde cette fois-ci. Ses yeux sont devenus deux fentes obsidiennes dans lesquelles je plonge sans vergogne comme je plonge sur son sexe.
Quand il ferme les yeux, je sens qu'il n'est pas loin de la jouissance. Il me touche gentiment l'épaule, pour me prévenir. Cela ne m'arrête pas, au contraire, j'ai envie de le sentir éjaculer sur ma langue. Je le regarde et lui fait comprendre que non, je ne me reculerai pas. Je m'accroche à ses fesses, me l'enfile jusqu'à la luette et m'active sans répit jusqu'à ce que, dans ce grondement guttural qui lui est propre, il m'emplisse de sa saveur. Un pur concentré de lui.

Quand il a fini, je le nettoie et me recule avec une expression de chatte repue sur les lèvres.
Il s'allonge à mes cotés sous l'eau chaude et joue avec mon sein :
- « Ce n'est pas vraiment ce que j'avais envisagé… »
- « Il me semble même que c'est l'inverse que tu avais prévu ! »
Nous plaisantons encore un moment, il a envie de me rendre la politesse mais je commence à avoir froid sous la douche. De retour dans la chambre, nous abandonnons nos projets de galipettes quand la voix tonitruante d'Emmett nous enjoint cordialement à les rejoindre en bas pour le petit déjeuner :
- « Hey les lapins en haut, ce n'est pas qu'on n'aime pas vous entendre vous envoyer en l'air mais il y a des pancakes tout chauds sur la table ! »
Emmett, toujours aussi délicat…