Note de l'auteur : Voici la suite, pour le chapitre 3 faudra attendre, il est en cours d'écriture et je suis overbookée avec mes fichus cartons de déménagement, sans compter ma santé .
Je n'ai pas pu répondre aux reviews, le lien donné dans les courriers est invalide à chaque fois : je tombe sur une page "oups" systématiquement. Donc je remercie tout le monde en espérant que cette fonction soit réparée bientôt, parce que passer par les MP c'est pénible, surtout que tout le monde n'a pas activé cette fonction.
Bêta : Mokonalex
Neville Londubat leva le nez de son livre lorsque les rideaux d'un des lits voisins s'entrouvrirent.
- T'es encore là, Harry ? fit le garçon négligemment en se replongeant dans son grimoire.
- Ouais… j'attendais que tout le monde dorme, et comme tu ne faisais pas de bruit, je croyais que tu pionçais, répondit tranquillement Harry Potter en s'asseyant au bord de son lit afin de nouer les lacets de ses chaussures d'école.
- Oh… nan… Grand-mère m'a envoyé ce nouveau livre qu'une amie de Tante Enid lui a recommandé. Certains passages sont un peu tirés par les cheveux, si tu veux mon avis, soupira le grassouillet Gryffondor en montrant à son ami, la couverture vert anis qui s'ornait d'un titre pompeux en lettres d'or : « Plantes de demain, le futur dans votre serre magique. »
- Il est pas bien ?
- Beaucoup de présomptions, pas beaucoup de preuves… c'est du léger pour sorcières à jardinières vides.
Harry referma ses rideaux à la main, sous le regard paisible de Neville. D'un geste de baguette le jeune Élu les verrouilla et souleva le couvercle de sa malle neuve afin d'y prendre sa cape d'invisibilité.
- Fais gaffe à ta malle, Harry. J'ai encore surpris Ron en train d'essayer de l'ouvrir cet après-midi.
- Je sais… Elle est bardée de sortilèges que Sev' m'a appris. Je peux même te dire que ce n'est pas la première fois, ni la dernière que Ron essaie de jouer à ça. Et je peux te dire aussi qu'à chaque fois, il reçoit un sort de plus en plus méchant… Et le jour où je quitterai Poudlard après nos diplômes, celui qui essayera aura un sale maléfice qui l'enverra passer un certain temps à Sainte-Mangouste.
- Pas un… un Impardonnable, quand même ?
- Nan, mais pas loin. Une création de Sev' quand il était à Poudlard pour ne pas que mon père et ses copains ne s'attaquent à sa malle en douce, dans le train ou à la gare. Alors laisse-moi te dire que c'est un truc assez méchant.
Les ronflements sonores qui provenaient des lits occupés étaient pour Neville et Harry, les preuves que leurs condisciples étaient très loin au pays des songes et que donc tous deux pouvaient converser tranquillement à mi-voix sans craindre d'être interrompus ou entendus.
Neville, lassé de son grimoire, le referma d'un coup sec et le posa sur sa table de nuit. Il en profita pour souffler sa bougie et la faible lueur qui l'entourait s'évanouit alors.
- Bonne nuit, Harry, fit-il en s'allongeant et en tirant les draps et couvertures jusqu'à son menton. Amuse-toi bien.
- Ouais… j'vais surtout essayer de ne pas penser que demain je dois rentrer chez les Dursley ! Ordre du Ministre et de Dumbledore, impossible d'y couper ! Mes vacances gâchées ! Putain, les salauds, font chier !
- C'est un coup dur, mec, c'est clair. Mais dis-toi bien que c'est la dernière fois et que t'es majeur. Tu peux te défendre maintenant.
- Sauf que Fudge m'a interdit de me servir de ma baguette !
- Quel con, celui là, soupira Neville. Mais bon… tu es Harry Potter, tu n'as pas besoin de ta baguette pour te défendre. Depuis ton héritage magique, tu maîtrises la magie sans baguette, nan ?
- Pas totalement, Nev'.
- Ben, ce que tu sais faire, ne te prive pas de l'utiliser et ne cède rien, ni à Fudge, ni aux moldus. D'toute façon, Oncle Algie dit que Fudge est un crétin à gros cul.
Harry se mit à pouffer en se demandant comment l'Oncle Algie de Neville, largement centenaire et accessoirement gay pouvait bien savoir ça. Il espérait que ce n'étaient que des supputations sans fondement car Fudge était vraiment… laid. Impossible qu'un sorcier soit intéressé par lui. Une sorcière ? Pourquoi pas… une vénale, branchée sang-pur et pas regardante sur la beauté… y en avait ! Il suffisait de regarder Ginny Weasley, elle, c'était la renommée et l'argent qu'elle visait. Elle allait s'attaquer à qui à présent, cette cruche ? A Malefoy ? Le pauvre… Harry se surprit à presque plaindre le blondinet à cette idée.
- Je file, Nev'. Bonne nuit.
- 'Nuit, Harry.
Le Sauveur entendit le sommier de Neville grincer alors que celui-ci se tournait confortablement afin de chercher le sommeil. Il sortit sa Carte du Maraudeur et donna le mot de passe d'une voix presque inaudible. Harry consulta le vieux parchemin quelques instants et le replia dans sa poche, puis il s'enroula complètement dans sa cape d'invisibilité et quitta silencieusement le dortoir.
Hermione était dans son dortoir, visiblement pas encore couchée, selon la Carte. Elle venait très certainement de terminer sa ronde de Préfète-En-Chef. Drago Malefoy, son homologue, avait dû lui aussi regagner ses pénates, tout comme les Préfets des autres Maisons. Ron avait perdu son titre de Préfet, de toute façon il n'avait jamais été à la hauteur de la fonction, laissant Hermione faire les rondes seules et gérer les élèves. Dumbledore et McGonagall ne l'ignoraient pas et n'avaient jamais été dupes. Minerva tentait depuis le début de l'année de racheter son comportement outrancier du premier trimestre et donc se montrait impitoyable. Dure, mais très juste. Et Ron n'avait pas passé l'inspection lorsqu'Hermione, épuisée, avait confié à la Professeure de Métamorphose qu'elle avait du mal à gérer seule, les fonctions de Préfète des Gryffondors, avec celles de Préfète-En-Chef, (même si Malefoy faisait sa part de peur qu'une sang-de-bourbe fasse mieux que lui), les devoirs habituels et les ASPICs qui s'annonçaient avec toutes les révisions qui s'imposaient.
Lorsqu'Hermione avait dit tout cela à Minerva McGonagall on était encore que mi-janvier. Mais ce n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde et McGo avait surveillé Ron comme un chaudron sur le feu. Elle avait rapidement constaté qu'il n'avait jamais fait une ronde, ni répondu à une seule demande d'un de ses condisciples, se contentant de les envoyer à Hermione systématiquement.
Ronald Weasley avait donc été convoqué dans le bureau directorial où Dumbledore lui avait tranquillement annoncé que sa nomination avait visiblement été une erreur et qu'il n'était pas encore trop tard pour la réparer. En conséquence, le rouquin avait été déchu de son titre et Geoffrey Hooper de 5ème année avait récupéré cette place enviée, au grand soulagement d'Hermione. Minerva avait même fait mieux, elle avait nommée une Préfète suppléante pour assister Hermione, à la grande joie de la brunette. C'était Victoria Frobisher qui avait hérité du titre et elle se faisait particulièrement remarquer depuis par son zèle, allant jusqu'à aider les « première année » à faire leurs devoirs au lieu de bosser sur ses BUSEs.
Le chemin jusqu'aux cachots semblait être libre. Miss Teigne et son maître poursuivaient deux Serpentards qui avaient certainement pensé que la Tour d'Astronomie était un bon endroit pour se bécoter à onze heures du soir. Harry eut un petit sourire amusé en imaginant la tête de Severus quand Rusard allait lui ramener ses serpenteaux fugueurs bourrés d'hormones. Tranquillement, et sans rencontrer âme qui vive, Harry se dirigea vers les cachots et l'appartement de son amant qui devait l'attendre, comme tous les soirs.
Le jeune sorcier fulminait de rage en pensant à Ron qui avait encore tenté d'ouvrir sa malle. Cette fois-ci Neville l'avait vu mais Harry savait très bien que le rouquin devait essayer presque tous les jours. C'était bien son genre de faire ça. Il n'arrêtait pas de provoquer Harry de toutes les façons possibles : ricanements, croche-pieds pour le faire tomber, bousculades, œillades haineuses, etc. Ron ne pouvait pas parler à ses condisciples de la relation que son ancien ami avait avec leur professeur, puisque Dumbledore lui avait jeté un sort afin de l'aider à s'en souvenir. À Ginny aussi, il avait lancé ce sort…
Harry pensa à Hermione qui avait fait les frais également de la révélation de son homosexualité et de sa relation avec Severus Rogue. Comme la brunette avait pris fait et cause pour Harry, Ron avait bien entendu rompu avec elle et s'était affiché un moment avec plusieurs filles qui n'avaient pas brillé particulièrement par leur intelligence. On ne pouvait pas dire qu'Hermione l'avait bien pris. Se faire jeter pour être remplacée par une cruche, c'était déjà dur pour l'égo, mais quatre ou cinq…
Le jeune sorcier balafré en avait culpabilisé pendant des mois, bien qu'Hermione ne lui ait rien reproché personnellement. Sa meilleure amie faisait les frais, et en plus ses vacances de Pâques étaient gâchées à cause de ces stupides Mangemorts, de cet idiot de Fudge et des manigances de Dumbledore. Il en avait vraiment ras le chapeau de sorcier !
Et c'était donc un Harry remonté comme une pendule et passablement agressif qui se dirigeait vers les cachots ce soir-là. Il espérait au moins que Severus soit en train de l'attendre tranquillement dans son salon, installé avec un grimoire quelconque et une tasse de thé, devant un bon feu de cheminée. Il allait enfin pouvoir se détendre dans les bras de son compagnon.
Malheureusement, lorsque Salazar ouvrit son portrait pour laisser Harry entrer dans l'antre du monstre des cachots, Harry eut la surprise de trouver les lieux déserts. Que pouvait donc bien faire Severus à plus de 23 heures ? Une malle noire passablement usée trônait dans ce que le Maître des Potions appelait pompeusement son salon. A cette vue, Harry soupira. Les vacances gâchées, le départ du lendemain et les Dursley, tout ça lui revint à la mémoire avec plus de force, encore une fois. Visiblement, Severus s'était préparé et avait fait ses bagages.
- SEV' ! cria-t-il à la cantonade.
Attendant une réponse, Harry entra dans la chambre déserte, puis dans la salle de bain, toute aussi abandonnée. Severus n'était quand même pas en train de faire une de ses maudites potions la veille de leur maudit départ ? Pestant et ronchonnant, Harry poussa une porte, traversa le bureau du Directeur de Serpentard et alla carrément tambouriner comme un fou furieux à la porte du labo de potions.
- SEV' ! Sors de là ! Bordel ! Je sais que t'es là ! C'est pas une heure pour faire tes putains d'potions !
La porte s'ouvrit brusquement et une longue silhouette noire passablement furieuse apparut dans l'encadrement.
- POTTER ! C'EST PAS UN PEU FINI CE CIRQUE ? JE BOSSE ! VINGT POINTS EN MOINS POUR GRYFFONDOR !
- Quoi ? Mais… hein ? Pourquoi tu me tires des points ? fit Harry soudain calmé par ces éclats auxquels il ne s'attendait pas.
- Tu te fous de moi ? Tu te précipites ici comme un possédé, tu tambourines à ma porte, tu cries et tu balances des insanités sur mes potions ! Et tu te demandes pourquoi je te dire des points ? Qu'est-ce que tu as bu ? Je sais bien que tu es contrarié mais ce n'est pas la peine de te venger sur moi, j'ai autre chose à faire que de jouer les nounous pour un Gryffondor capricieux et trop gâté ! Foutez-moi le camp, Potter ! Retournez dans votre dortoir avant que je ne vous colle une semaine de retenue pour la rentrée !
Le visage de Severus était fermé et ses yeux noirs étincelaient de rage. Il n'avait pas du tout apprécié l'arrivée quelque peu brutale et grossière de son amant. Poppy lui avait fait parvenir une commande urgente de potions pour l'infirmerie, ayant appris que le Maître des Potions serait absent pour deux semaines, et au lieu d'apprécier une soirée de détente, Severus avait dû batailler pendant plusieurs heures avec six chaudrons en même temps sur le feu, afin de pouvoir se coucher à une heure décente. Et Harry qui avait encore une fois ses humeurs, venait de jeter la petite goutte de trop dans le chaudron débordant de la Terreur des cachots. Le Serpentard, épuisé par sa semaine de cours et stressé par les potions qu'il avait dû faire en catastrophe, n'était pas à prendre avec des pincettes, ce soir-là. Il avait rêvé d'une soirée tranquille avec un bon livre et un petit Gryffondor lové contre lui dans le canapé, d'une bonne tasse de thé avec éventuellement un doigt de Whisky Pur Feu Vieil Ogden. À la place, il avait eu la mauvaise surprise d'une commande urgente de potions, comme fait exprès à quelques heures de leur départ, alors qu'en plus son labo était propre et rangé pour la durée des vacances !
Et Harry qui débarquait alors que les potions n'étaient pas finies, en hurlant et en cognant comme un sourd sur la porte, c'en était vraiment trop !
Le jeune Sauveur, surpris, recula en avalant sa salive d'appréhension. Severus était vraiment en colère et ce n'était pas du tout ce qu'il avait prévu. Il se sentit soudain misérable et les larmes lui montèrent aux yeux.
- Retourne à la Tour des Gryffondors, Harry. Je n'ai pas envie de te voir ce soir, tu as tout gâché. J'ai déjà passé une soirée stressante avec six potions à faire en même temps pour Poppy et bien sûr pas des faciles, alors je n'ai aucune envie de te supporter quand tu joues les James Potter.
A cette comparaison, Harry pâlit et hoqueta, ses yeux émeraudes s'écarquillèrent un bref instant. Il fit demi-tour et courut vers le couloir des cachots aussi vite qu'il le pouvait. Severus entendit vaguement ce qu'il prit pour un sanglot et se mordit la lèvre, sa colère retombant déjà à cette constatation. Il soupira. Harry devait être en train de remonter quatre à quatre les escaliers des sept étages pour retourner dans son dortoir. Déjà, il regrettait d'avoir chassé le jeune homme avec lequel il avait espéré passer une soirée tranquille avant la commande impromptue de Poppy Pomfresh. Il retourna lentement dans son labo et se saisissant d'un flacon vide et d'une louche, il entreprit de vider les chaudrons et de mettre les potions en flacons avant de les monter à l'infirmerie.
Harry n'était pas remonté à la tour. Il ne voulait pas affronter le regard de Neville qui ne devait pas encore dormir. Il avait honte de s'être laissé ainsi emporter, mais il n'en pouvait plus de la tension qui l'habitait depuis trois semaines, depuis ce fameux jour où Dumbledore lui avait dit que tous les élèves devaient rentrer chez eux, impérativement et lui aussi du coup. Il était si stressé qu'il en devenait agressif, qu'il avait du mal à se concentrer en cours et n'avait aucune envie de réviser pour ses ASPICs à l'horreur d'Hermione. Il ratait encore plus ses potions qu'auparavant ce qui ravissait Malefoy et pire n'arrivait même plus à se détendre suffisamment pour apprécier pleinement comme avant, les galipettes qu'il faisait chaque soir avec Severus. Il était temps que tout ceci se termine, il n'en pouvait plus.
Il avait couru dehors dans la nuit encore un peu fraîche. Le ciel étoilé l'avait accueilli, ainsi qu'une petite brise qui l'avait fait un peu frissonner. Il s'était assis au bord du Lac Noir dans l'herbe drue et humide, avait replié ses genoux et les avait entouré de ses bras.
A présent, il pleurait toutes les larmes de son corps en fixant les eaux miroitantes et calmes qu'il avait devant lui.
Severus avait rempli ses flacons de potions et les avait déposés dans une caissette de transport. Puis il avait mis ses chaudrons vides et sales à tremper dans l'évier, comptant sur une retenue de dernière minute qu'il arriverait bien à refiler à quelque mécréant, pour que lesdits chaudrons soient nettoyés. Comme d'habitude…
Un poids sur l'estomac et un peu contrarié, Severus Rogue attrapa la caissette de bois et se dirigea vers la cheminée de son bureau. Il jeta un peu de poudre de cheminette dans les maigres flammes qui se mourraient dans l'âtre en lançant d'une voix ferme : « Infirmerie de Poudlard ! ».
Il sortit de la cheminée en s'époussetant, sa caisse de potions à la main. Devant l'une des fenêtres ouvertes de la grande salle au plafond gothique, Poppy Pomfresh, une paire de multiplettes devant les yeux, semblait examiner le Lac Noir et le paysage alentours.
- Je vous apporte vos potions, Poppy.
L'infirmière, surprise, se retourna les multiplettes à la main et bouche bée regarda le Professeur de Potions.
- Déjà, Severus ? Mais comment avez-vous fait ? Je ne les attendais pas avant demain matin !
- Et j'aurais dormi quand ? répondit la Terreur, agacée. Et puis, vous ne pouviez pas me prévenir avant que vous manquiez de tout ça ? Non, bien sûr ! Tout au dernier moment pour me pourrir la vie et me gâcher ma dernière soirée ici avant qu'Albus ne m'exile chez les Moldus ! Ou je devrais dire, chez les fous !
- Mmmm… Vous me semblez aussi nerveux que Monsieur Potter et ce n'est pas peu dire. Je ne m'étonne d'ailleurs pas ce que pauvre garçon soit dehors devant le Lac à pleurer toutes les larmes de son corps depuis dix minutes !
Severus regarda Poppy, bouche bée, une lueur d'incompréhension dans le regard.
- Hein ? Il est… dehors ? Je le croyais dans son dortoir…
Poppy lui tendit les multiplettes avec un air sévère.
- Vous vous êtes disputés ? Ne me regardez pas comme ça, Severus, je suis au courant pour vous deux.
Le Serpentard poussa un soupir, se tourna vers la croisée ouverte et posa les multiplettes sur son nez. Il tourna quelque peu la molette de réglage et vit Harry en gros plan, assis par terre et les épaules secouées de sanglots déchirants. L'instrument d'optique magique lui permettait de voir la scène comme en plein jour. Evidemment, elles étaient conçues pour le Quidditch et on pouvait ainsi suivre les matchs se déroulant en nocturne. Une voix mâle se fit entendre derrière Severus.
- Rejoignez-le, mon garçon.
- Albus ? s'étonna Severus en se retournant brusquement. Je ne savais pas que vous étiez là !
- Je viens juste d'arriver, mon genou me fait un peu souffrir ce soir, et je voulais une potion à cet usage.
Poppy s'écarta en ronchonnant.
- Forcément, vous n'avez jamais voulu vous faire retirer cette maudite cicatrice, je vous avais bien dit qu'elle vous ferait souffrir à la longue, tête de pioche !
- Elle est bien utile, ma chère Pompom, c'est le plan exact du métro de Londres !
- Menteur ! C'est le plan du métro d'avant-guerre, et je parle de la seconde guerre mondiale moldue ! Il y a longtemps qu'elle n'est plus au goût du jour, votre maudite carte ! Vous la gardez juste en souvenir de Grin…
- POPPY ! Ça ira merci ! l'interrompit le Directeur en la toisant par-dessus ses lunettes en demi-lunes.
Le vieil homme se tourna ostensiblement vers Severus qui tendait à présent les multiplettes à leur propriétaire.
- Allez le consoler, Severus. Ce petit est à bout de nerfs depuis quelque temps, et ses résultats s'en ressentent d'ailleurs. Minerva me l'a encore fait remarquer ce matin. Elle m'en veut terriblement, vous savez…
- … votre faute… marmonna Severus les lèvres pincées.
- Je n'avais pas le choix, mon cher enfant. Le Square Grimmaurd n'est plus en état, c'est une vraie ruine depuis que Bellatrix avait réussi à y pénétrer et les Mangemorts connaissent votre maison de l'Impasse du Tisseur. Je ne peux pas vous laisser y aller, ce serait trop risqué. Ils vont vous chercher tous les deux à ces endroits en priorité.
Sans rajouter un seul mot au discours bien connu d'Albus, Severus se changea brusquement en corbeau et s'envola par la fenêtre ouverte. Dumbledore se tourna alors vers Poppy qui lui tendait un petit flacon de potion, s'en saisit et sortit de sa poche deux oreilles à rallonges.
- D'où tenez-vous encore ça ?
- Un cadeau d'Harry ?
- Drôle de cadeau, surtout à quelqu'un comme vous ! Déjà que vous passez votre temps à fouiner partout et à espionner tout le monde.
- Si vous n'en voulez pas, Poppy, je la ramasse, ce n'est pas gênant.
- Donnez-moi ça, vieux grigou trop curieux !
La vieille infirmière lui arracha une oreille à rallonge des mains, grogna quelque chose d'inintelligible et les deux sorciers sans plus un seul mot se dissimulèrent dans les plis des lourds rideaux, une extrémité de l'artéfact des jumeaux dans l'oreille tandis que l'autre pendait par la fenêtre.
- La lumière, Albus ! Vous parlez d'un espion, une belle cible oui ! On ne voit que vous là !
- Nox, fit Albus en gloussant, visiblement très amusé.
Le corbeau plana sans bruit jusqu'à l'endroit où se trouvait Harry. Celui-ci avait cessé de pleurer à présent, mais ses yeux gonflés et rouges indiquaient que c'était très récent. Tenebrus se posa dans l'herbe et se transforma aussitôt en sorcier. Il s'assit près d'Harry et entoura ses épaules de son bras afin de l'attirer contre lui.
- Je croyais que tu ne voulais plus me voir ! Alors qu'est-ce que tu viens faire là ? Et comment as-tu su où j'étais d'abord, murmura le Gryffondor pas vraiment surpris.
- J'étais à l'infirmerie pour donner ses potions à Poppy et je t'ai aperçu par la fenêtre. Je pensais que tu étais dans ton lit.
- Neville ne dormait pas quand je suis descendu et je n'avais pas envie de devoir lui donner une explication quant à mon retour inattendu, répondit Harry en levant les yeux vers la fenêtre de l'infirmerie à présent plongée dans le noir.
- Et tu comptais passer la nuit ici ?
Harry haussa les épaules et ne répondit pas.
- Je déteste quand tu te comportes comme ça, Harry. Tu arrives en râlant comme en terrain conquis. Par Merlin, j'ai supporté ton père et Black qui jouaient à ça tout le temps, ce n'est pas pour que tu fasses la même chose. Je sais bien que tu es contrarié, mais rappelle-toi que je ne suis pas plus ravi que toi que nos projets soient tombés à l'eau.
- Je pensais que c'était fini, que jamais plus je n'aurais à voir leurs sales têtes de moldus haineux ! Que jamais plus ils ne m'enfermeraient, m'affameraient, me battraient et m'épuiseraient de toutes les corvées possibles auxquelles ils penseraient… Sans compter leurs insultes…
- Ils ne réussiront pas, Harry, pas cette fois-ci. Je serai là avec toi et nous leur rendrons coup pour coup. N'oublie pas que j'ai moi aussi quelques comptes à régler avec cette chère Pétunia… en outre je connais également ses peurs, et je compte bien m'en servir contre elle, si elle nous mène la vie dure.
- Vrai ?
- Promis…
Harry soupira et glissa sa tête dans le cou de son compagnon d'infortune.
- Je suis désolé, Sev'… Je suis tellement à cran en ce moment que je pète les plombs. Je n'arrive plus à me concentrer sur rien d'autre que ces fichues vacances de Pâques, depuis que Dumbledore m'a dit que je devais quitter Poudlard. Je pensais avoir le temps de faire retaper la maison de Sirius pendant les vacances d'été puisqu'on avait prévu de voyager un peu… Je m'étais arrangé avec l'entreprise Demeures Magiques pour qu'ils commencent au premier juillet et Bill devait retaper les barrières magiques et mettre la maison sous Fidelitas, et là… je suis à la rue, et cet abruti de Rabastan Lestrange est dans la nature avec ses copains ! J'suis maudit…
- Allez… calme-toi. C'est juste un fâcheux contretemps comme il en arrive des tas dans une vie. Nous allons aller profiter de la protection du sang de cette idiote de Pétunia, ensuite finir l'année scolaire et lorsque les vacances d'été débuteront le Square Grimmaurd sera remis en état tandis que nous, nous serons à nous dorer la pilule très loin dans un endroit agréable.
Harry soupira et ferma les yeux. Il se laissa aller un peu plus contre son compagnon et glissa sa tête dans son cou, contre le haut col à l'ancienne de sa chemise blanche, nouée d'une cravate victorienne noire.
- Sev'…
- Mmm ?
- Je peux dormir avec toi cette nuit ?
- Tu m'as déjà vu te refuser ça ?
- Oui, soupira Harry. Il y a vingt minutes.
Une main nerveuse ébouriffa les cheveux noirs d'Harry.
- Idiot ! Mais avoue que tu l'as bien cherché ! Ça te servira de leçon…
- Ouais… murmura le jeune Gryffondor, un peu honteux de son attitude et aussi de ses larmes qu'il jugeait enfantines.
Il passa sa main gauche sur la joue légèrement piquante de Severus. Son pouce effleura la bouche délicatement ourlée, tandis que le visage de la Terreur des cachots se penchait un peu plus vers lui, appréciant sans le dire cette innocente marque d'affection. Deux yeux d'émeraudes, encore un peu rouges et brillants se levèrent vers lui. Severus y vit s'allumer alors une lueur de désir qu'il connaissait trop bien. Aussitôt, le Serpentard oublia où ils se trouvaient, la fraîcheur ambiante ainsi que l'humidité de l'herbe sous ses jambes et ses fesses, malgré sa cape et les couches de vêtements qu'il portait. Il se pencha encore un peu plus, une main sous le menton d'Harry qu'il leva vers lui et lui vola ses lèvres.
Sous cette douceur exquise, Harry se sentit fondre complètement. Il n'y avait pas de rancœur dans ce baiser. Visiblement, le maître des cachots ne lui tenait plus rigueur de son petit éclat précédent et c'était tant mieux car les remords rongeaient Harry depuis qu'il avait quitté en courant les appartements de son amant.
Leurs langues s'enroulèrent et jouèrent ensemble avec lenteur tandis que leurs lèvres se caressaient tendrement. Harry s'accrocha aux épaules de Severus et se laissa basculer en arrière dans l'herbe froide de la nuit, entraînant l'homme avec lui. Il fit un simple geste de la main et murmura « Devestio » contre la bouche de la Terreur des cachots. Les vêtements d'Harry quittèrent son corps et s'étalèrent autour de lui, comme un matelas de fortune.
Severus sursauta et son visage s'éloigna légèrement de celui d'Harry afin qu'il puisse le regarder dans les yeux.
- Harry… ici ? Mais…
- Ici… Tout de suite… répondit le jeune sorcier dans un murmure. On est seul avec juste les étoiles… Viens…
Ce simple petit mot eut l'effet qu'Harry espérait. Severus regarda quand même autour de lui par acquis de conscience, mais ils étaient seuls et quasiment toutes les fenêtres de Poudlard étaient éteintes. Les lueurs qu'on percevait n'étaient que celles des braseros les plus proches des fenêtres, pas des torches ou des lampes à huile utilisées pour l'éclairage des salles et des couloirs. Amusé et excité par la perspective de cette nouvelle expérience, Severus esquissa un sourire et murmura également le sort de déshabillage. Puis il s'allongea sur Harry de tout son long et entreprit de le dévorer de baisers afin de lui prouver une dernière fois qu'il n'était plus fâché.
Dans l'infirmerie, Poppy Pomfresh, les joues rouges, s'écarta brusquement du lourd rideau damassé qui encadrait les grandes fenêtres gothiques.
- Que… hein ? Comment… Ils vont… dehors ? Ils sont fous !
Amusé, Albus Dumbledore s'écarta lui aussi de la fenêtre pour regarder la Médicomage.
- Fous ? Amoureux, je dirais plutôt… et même amoureux fous.
- Mais quand même, Albus… Ils sont en train de faire l'amour dehors devant le Lac Noir ! Imaginez qu'Hagrid se promène ou un autre professeur, ou même un élève qui braverait le couvre-feu ! On aurait un beau scandale sur les bras ! Et vous, ça vous amuse, ça vous éclate même totalement, espèce de vieux pervers !
- Ce qui m'éclate – comme vous dites, Poppy – c'est que ces deux solitaires aient enfin trouvé l'amour. Je vous avoue que je craignais un peu qu'Harry ne se renferme dans sa coquille tout comme Severus. Vous connaissez l'histoire de Severus avec les Maraudeurs, n'est-ce pas… Et je sais qu'Harry a très peur de tomber sur une personne qui ne verrait que le Sauveur du Monde Magique en lui, et pas juste Harry, comme il dit. Je redoutais qu'il ne devienne un autre Severus, solitaire et aigri. Je vous avoue que les voir ensemble me rassure et me fait plaisir. Et je souhaite que leur histoire dure… Et pour ça, j'empêcherai quiconque de se mettre en travers de leur chemin.
- Comme Minerva, Angus et les deux Weasley ?
- Exact. J'ai muselé les deux Weasley depuis le début de l'année, ils ne peuvent plus rien tenter. Angus a été renvoyé et Minerva est trop honteuse pour afficher sa désapprobation. Je sais qu'elle tique parce que Severus est un professeur et Harry un élève, mais c'est pour le plus grand bien.
Poppy tendit à Albus l'oreille à rallonge qu'il lui avait prêtée et recula dans l'infirmerie plongée dans le noir.
- Je vous laisse avec votre plus grand bien, Albus. Je vais me coucher. Bonne nuit ! Et n'en profitez pas pour les espionner !
- Je rentre également, Poppy, fit le vieil homme très tranquillement en rangeant les deux oreilles à rallonges dans sa poche.
Ostensiblement, il quitta l'infirmerie en chantonnant, sa baguette allumée à la main. Poppy prit alors la direction de son appartement afin d'aller retrouver son lit. Si elle n'avait pas été si pressée de mettre le vieil homme dehors, elle aurait peut-être remarqué que la paire de multiplettes qu'elle avait posée sur un des lits de l'infirmerie, n'était plus là… Non, elle alourdissait à présent la poche de la robe à fleurs du directeur de Poudlard qui venait juste d'entrer dans une salle de classe déserte donnant juste sur le Lac Noir…
Dans la pénombre d'une nuit sans lune, juste éclairées par les étoiles dans le ciel sans nuage, deux silhouettes nues étaient enlacées. Les eaux scintillantes du Lac Noir qui se trouvait près des deux hommes donnaient des reflets argentés à leurs peaux que l'absence de lumière faisait paraître grises.
Le plus âgé était allongé de tout son long sur le plus jeune et ondulait comme un serpent, tandis que son compagnon lui enserrait la taille de ses deux jambes. Seuls les clapotis de l'eau, leurs respirations haletantes et leurs gémissements de plaisir troublaient le silence de la nuit.
Harry Potter, fou d'excitation et de plaisir, s'accrochait de ses deux mains aux épaules nues et au cou de Severus Rogue. Il se moquait de la fraîcheur ambiante – l'Ecosse à Pâques, ce n'était pas les Canaries ou les Seychelles – et il se fichait également des petits cailloux qui lui labouraient le dos. La seule chose intéressante et valable, c'était le pénis démesuré qui le labourait en heurtant régulièrement sa prostate ainsi que son propriétaire qu'il tenait entre ses bras et dont il dévorait actuellement les lèvres.
La bouche du maître des cachots descendit le long du cou du Gryffondor et commença à le lui mordiller tandis que les abdominaux de la Terreur de Poudlard frottaient le sexe érigé et violacé d'Harry.
- Sev'… je veux… maint'nant… s'te plaît…
L'odieux personnage – dixit les Gryffondors – savait parfaitement ce que cela signifiait. Depuis le temps qu'ils faisaient l'amour ensemble : six mois ou presque, il avait appris à décoder son petit lion et vice versa. Ça tombait bien parce que, ce n'était pas pour dire, mais ses genoux commençaient à lui faire mal, il y avait des petits cailloux un peu partout sur cette satanée herbe.
Il se redressa et s'agenouilla entre les cuisses de son amant, sans cesser bien entendu de le labourer soigneusement. Severus s'accrocha de ses deux mains aux cuisses d'Harry qui plaça ses deux jambes fines et poilues sur les épaules de son aîné.
- Vas-y, Harry… je veux voir…
- Je… sais… haleta le jeune sorcier.
Harry avait rapidement découvert que son amant se délectait de le voir jouir. Severus aimait visiblement regarder le jeune Gryffon se caresser en gémissant, la tête renversée en arrière, les yeux mi-clos et voilés de plaisir. Il aimait voir les rigoles de sueur glisser sur sa peau marbrée de rouge par le désir.
Le jeune sorcier attrapa son pénis d'une main ferme et entama un mouvement rapide de va-et-vient. Il n'avait pas envie de jouer, ni de faire durer. Les sensations étaient bien trop fortes et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il avait même l'impression qu'il allait bondir seul hors de sa prison de côtes.
Le feu brûlait dans son ventre. A chaque coup de rein de Severus, le plaisir montait un peu plus et il savait que son aîné n'allait pas tenir le coup plus longtemps, étant donnés ses joues rouges et ses cheveux collés sur son front, la sueur qui coulait sur tout son corps et ses mouvements de bassin qui commençaient à devenir erratiques.
Le Maître des Potion grogna en voyant Harry haletant, la tête en arrière et la bouche ouverte dans un cri muet. Il ne pouvait plus détacher son regard de la main qui montait et descendait à toute allure de la hampe de chair, pressée visiblement de mettre fin à cette douce torture. Il sentit Harry se raidir et l'entendit gémir au moment même où de longs jets paraissant grisâtres, jaillissaient et éclaboussaient les abdominaux et même les pectoraux du garçon. Les muscles sphinctériens d'Harry se contractèrent sur l'envahisseur et la sensation suffit alors à envoyer Severus rejoindre son amant dans un orgasme ravageur. Il poussa un gémissement et se laissa aller dans les entrailles chaudes qui l'accueillaient.
Dans la salle de classe du Professeur Binns, qui donnait sur le Lac Noir, Albus Dumbledore, un large sourire aux lèvres et les multiplettes volées devant les yeux, regardait par la fenêtre entrouverte de la salle plongée dans les ténèbres. L'oreille à rallonge offerte par Harry était posée sur le rebord de la croisée et l'écouteur installé dans l'oreille d'Albus. Le trop curieux directeur avait non seulement tout vu grâce aux multiplettes mais également tout entendu.
Il gloussait, ravi de cette petite scène qu'il jugeait « adorable » quand d'autres comme McGonagall ou Poppy Pomfresh l'auraient nommée « pornographique ». Tout ouïe, il voulait à présent entendre ce que le froid Severus allait bien pouvoir raconter à Harry. Allait-il lui dire des mots d'amour ? De quoi se parlaient-ils « après » ?
Mais la curiosité étant un bien vilain défaut, Merlin avait décidé qu'Albus avait un peu trop abusé de sa chance et Fumseck fut son bras vengeur.
Au moment où Albus s'y attendait le moins, alors qu'il se croyait seul dans la classe déserte et plongée dans la pénombre, un gros oiseau au plumage coloré de nuances de rouge se matérialisa en flashant selon son habitude. Il poussa un cri agacé et non pas ses doux trilles habituels, attrapa le Directeur de Poudlard par le col de sa robe et flasha avec lui hors de la pièce.
Surpris, Dumbledore atterrit subitement dans son fauteuil derrière son bureau, de manière un peu brutale, ses multiplettes toujours à la main, et son oreille à rallonge toujours accrochée à la sienne. Il regarda où il se trouvait en soupirant et vit Fumseck posé sur sa perche qui le toisait l'œil glacé et l'air furieux.
Dumbledore retira tranquillement l'oreille à rallonge et la rangea dans le tiroir de son bureau avec la seconde qu'il sortit de sa poche. Il allait ranger également dans le tiroir les multiplettes « empruntées » à Poppy quand le Phénix protesta en émettant un trille nerveux et en secouant la tête.
- D'accord, tu as gagné, on va les rendre à Poppy. Tu veux y aller ?
Alors que le Phénix quittait sa perche pour attraper les multiplettes posées sur le bureau, Albus prit un bonbon au citron dans le petit bol de porcelaine qui se trouvait près du sous-main.
- Un bonbon, Fumseck ? demanda-t-il pas du tout gêné ni honteux d'avoir été surpris par l'oiseau, à jouer les voyeurs et ramené de force au bercail.
Fumseck lui lança un regard perçant visiblement agacé, attrapa les multiplettes de Poppy entre ses serres et flasha hors de la pièce.
- Pas grave, ça m'en fera plus pour moi…
Et Albus Dumbledore, vénérable sorcier, grand manitou suprême et autres titres ronflants, tira la langue dans le vide et s'enfourna deux autres bonbons dans le bec avant de s'adosser dans son fauteuil les yeux mi-clos, absolument ravi de sa soirée.
