CHAPITRE 23
- « Je vais le tuer ! »
- « Tu ne peux pas, il est déjà mort… »
- « M'enfous ! J'vais l'tuer quand même ! »
Emmett va me rendre folle. Il n'a pas digéré notre dernier restaurant et s'est mis en tête de me faire vomir moi aussi. Si l'on faisait une compétition des rancœurs les plus tordues, il serait champion. Je ne l'ai pas forcée dans son estomac cette entrecôte quand même ! Mais non ! Môssieur a été vexé alors Môssieur réclame vengeance. Je pars demain matin et cet abruti va réussir à me pourrir mes derniers moments ici ! Oui je sais, je reviens ensuite…Mais quand même !
Il passe son temps à m'attraper par surprise et à me balancer dans tous les sens, quand ce n'est pas ramasser des bestioles écrasées sur la route pour me les présenter.
Carlisle ? Carlisle ne dit rien. Il laisse son fils m'empoigner et me secouer comme un prunier. Il attend ma galette parait-il…Il est où le temps ou une simple poignée de main le faisait feuler comme un chat sauvage ?
Personne ne dit rien. Chez les Cullen, c'est la fête foraine et c'est normal.
J'ai à peine fini mon petit déjeuner que c'est reparti pour un tour de Shaker. Et finalement je cède. Parce que mon café et les œufs brouillés ne supportent plus cette maltraitance, une fois reposée au sol je fonce dans l'évier et rend bruyamment le contenu de mon estomac sous les « Hourra » du Grand Couillon. Je me redresse péniblement, courbaturée et lui lance un œil mauvais.
- « Et bahh voilààà ! On est quittes ! » Il s'en va tout fier de lui. Carlisle s'approche, le nez un peu froncé alors que je nettoie l'évier.
- « Tu veux de l'aide Love ? » Je fais volte-face, furibarde :
- « Toi ?! Même pas tu me touches ! » Il lève les mains en signe de paix alors que je continue :
- « Tu l'as laissé me rendre malade et maintenant tu te pointes la bouche en cœur ? Même pas en rêve que tu m'approches ! » Son regard se durcit.
- « Cyrielle… » Je quitte la cuisine sans attendre qu'il ait fini. Arrivée sur le seuil je l'entends :
- « Cyrielle ! Je te parle ! Tu as oublié qui commande ?! »
Qui commande ? Anneaux ou pas anneaux, Maître ou pas Maître, j'emmerde la terre entière lui compris. Je me retourne, le fixe dans les yeux et lui tend mon majeur dressé avant de partir vers le garage.
C'est enragée que je déboule dans l'antre de Rosalie.
J'attrape les clés de la Jeep sur le présentoir et m'enferme dedans. Emmett qui m'a entendue arrive devant le capot. Il ne rigole plus.
- « Cyrielle, descends de ma voiture ! »
Il a aussi droit à mon majeur en guise de réponse. Il s'appuie des deux mains contre le capot, je sais que la voiture ne bougera pas du garage.
- « Cyrielle ! Si tu l'abîmes tu vas le regretter ! »
Carlisle, visiblement furieux, arrive à son tour dans le garage, suivi de Jasper et Alice.
- « Emmett si tu la touches c'est toi qui va le regretter ! » Tiens, revoilà le preux chevalier…trop tard…
Je le foudroie du regard. Comme si je ne savais pas me défendre toute seule !
Et bah regardez bien Messieurs les super-vampires, ce que je vais lui faire à cette Jeep !
Je redresse et me tends sur mon siège. Je déboutonne mon pantalon le baisse, attrapant ma culotte au passage. Je me hisse sur le siège et m'accroupis.
Un sourire sadique étire mes lèvres quand je m'adresse à Emmett d'un air doucereux :
- « Tu commences vraiment, vraiment à me faire chier Emmett ! »
Celui-ci comprends enfin ce qu'il va arriver et change de ton :
- « Tu ne vas pas faire ça ?! » Je fais mine de me concentrer.
- « Cycy je t'en prie, je m'excuse ! Je suis désolé ! Je n'aurais pas du ! » Je le regarde, soucil levé.
- « Je n'aurais pas du te secouer, c'était malvenu, je m'excuse vraiment ! Tout mais pas ça ! Je te donne tout ce que tu veux mais je t'en prie ne fais pas caca dans ma Jeep ! »
Je suis déterminée pourtant.
- « Alors comme ça les humains sont faibles ? On en fait ce que l'on veut ? On décide de leur vie à leur place ? On les balade à convenance comme des pions ? On s'amuse avec leurs fonctions naturelles ?»
Emmett réalise alors l'ampleur de ma colère. Il n'est pas le seul. Carlisle s'approche de la vitre et s'excuse platement.
Alice derrière eux les prévient :
- « Elle va vraiment le faire… »
Jasper à ses cotés se retient comme il peut. Il a la commissure des lèvres qui tressaute et les yeux qui brillent, s'il éclate de rire c'est la fin des haricots, je me lâche dans la Jeep !
Emmett tombe alors à genoux et semble sur le point de sangloter :
- « Pitiéééééééééé ! »
- « Tu en as eu toi ce matin ? »
Je me tourne vers Carlisle et l'apostrophe :
- « Et toi, tu n'es pas supposé me protéger ?! »
Il a la politesse de baisser les yeux.
Après cinq bonnes minutes de suspense insoutenable, je…remonte mon pantalon.
Je sors de la Jeep et jette les clés à Emmett et lui lance sans un regard :
- « Rappelles-toi…Tout ce que je veux… »
Humain : 1.
Vampire : 0.
Je monte dans notre chambre et m'y boucle à double tour pour prendre une douche alors que Carlisle va chasser dans les bois environnants…Pour se détendre aussi…
Je m'allonge sur les pierres de la douche et savoure la pluie chaude sur ma peau. Je repense à ce qu'il vient de se passer. Il faut vraiment que j'apprenne à maîtriser ma colère…Il faut aussi que Carlisle apprenne à compter avec moi dans les décisions. Qu'il soit protecteur c'est une chose, mais qu'il arrête de me couver et de faire les choses à ma place bon sang ! Arff « bon sang », je devrais la lui sortir celle-ci…
Une demi-heure plus tard, après avoir asséché un lac et probablement tué deux bébés phoques, je suis enfin détendue. Il va falloir que je leur parle du recyclage de l'eau de douche au passage…
Je m'installe confortablement sur le lit et commence à me masser à l'huile précieuse. Sentir bon et avoir la peau douce, ça fait du bien.
D'ailleurs ça commence à faire vraiment du bien quand je m'attarde sur mes seins. Alanguie, je les caresse doucement avant de faire rouler les tétons entre les doigts. Tout occupée à me caresser, je ne vois pas tout de suite la silhouette derrière la porte vitrée du balcon. Ma main descend lentement entre mes cuisses et je redécouvre les joies de l'onanisme. C'est l'occasion d'essayer un de mes cadeaux de Noël, un joujou vibrant au design futuriste et au prix outrageant. Je titille les moindres replis de mon corps, faisant lentement monter la pression. Tout à coup un « crrriiiiiiii-crrriiiii » me fait regarder par la fenêtre.
Carlisle emmitouflé dans son écharpe, les cheveux en bataille et le regard malheureux gratte un doigt sur la vitre. Je me relève et m'approche de la paroi, nue. « crrrriiii-crrriiiii ».
- « Tsk tsk tsk » Je lui fais non de la tête. Il n'entrera pas.
Je repars sur le lit, attrape un gros coussin moelleux et retourne m'installer devant la porte vitrée. Ça c'est pour m'a voir regardée à Paris…
Tu veux mater ?
Tu vas mater…Et te la coller derrière l'oreille au passage.
Je reprends mes caresses, d'abord les seins, le ventre, le bas ventre…Pas facile de se mettre dans l'ambiance quand un vampire vous regarde comme ça. Ses yeux noirs brillent d'intensité. Colère ? Frustration ? Désir ? Plaisir ?
Je ferme les yeux et continue ma descente. J'insère le sextoy à point nommé et je dois dire qu'il est diablement efficace. « crrriiiii-crrrrriiii ». J'ouvre un œil. Sa main est à plat sur la vitre, il a l'air tendu, limite douloureux. J'offre un sourire alangui avant de rabattre ma paupière et de plonger dans mes sens qui s'affolent. J'augmente la vibration d'un cran et il me suffit de quelques stimulations pour que la vague d'extase m'emporte.
Le temps de redescendre et de calmer les battements de mon cœur, je me redresse lentement. Ils sont toujours là, lui et son air d'écorché vif. J'approche lentement et pose mes lèvres sur la vitre. Puis je repars dans la salle de bain me rafraîchir et m'habiller.
Un autre petit déjeuner m'attend dans la cuisine. Je m'installe et dévore mes toasts. Le sexe en solitaire, ça creuse. Tout le monde a l'air de marcher sur des œufs. Sauf Jasper qui s'installe à coté de moi et me sourit à pleine dents. C'est vrai qu'il est un peu flippant quand il sourit comme ça…
- « Un petit creux ma Cycy chérie ? »
- « Et oui mon Jaspounet ! » Il grimace devant ce surnom ridicule.
- « Parlons affaires, une idée de ce que tu veux d'Emmett ? »
Le vampire en question est à jouer sur sa console, faisant comme si il n'avait pas entendu.
- « Mmm, je ne sais pas encore mais je vais trouver…Sachant que j'ai déja sa Yamaha... »
- « Je ne m'inquiète pas pour cela, je commence à vous connaître, toi et ton esprit tordu…A ce propos, Carlisle a du repartir chasser, il avait à nouveau besoin de se détendre… » Je ricane dans mon mug.
- « C'est vrai qu'il avait l'air un peu tendu la dernière fois que je l'ai vu »
Emmett s'esclaffe de sa grosse voix et vient nous rejoindre à table.
- « Un peu tendu ! Tu rigoles ou quoi ! Je ne l'ai jamais vu courir aussi vite avec un tel braquemard ! » Il continue, pensif « A l'heure qu'il est il doit être en train de se pignoller le salsifi derrière une congère…» Je suis prise d'un fou rire, mon argot épouvantable commence à déteindre sur les Cullen.
Jasper enchaine :
- « Remarque, je ne l'ai jamais vu courir en ayant la gaule non plus… »
J'en ai les larmes aux yeux alors qu'ils continuent à divaguer sur leur Chef de Clan et ses capacités de course en pleine bandaison.
Rosalie et Alice dans le salon nous tournent le dos devant leur pile de magasines, cependant, leurs épaules qui tressautent les trahissent.
Emmett est intarissable :
-« Imagine un peu qu'il soit déconcentré et qu'il tombe, il pourrait se planter comme une carotte… » Et Jasper qui entonne :
- « Savez-vous planter des vampires, à la mode à la mode, savez vous planter des vampires, à la mode de chez nous ? » Emmett reprend :
- « On les plante avec le zob à la mode, à la mode, on les plante avec le zob à la mode de chez nous ! »
Je m'accroche à la table alors que les larmes coulent sur mes joues.
Les filles nous rejoignent dans la cuisine et reprennent la chanson en cœur, mimant le contenu. J'en ai mal aux côtes tellement je rie. Finalement nous nous calmons quand un bruit de moteur se fait entendre.
Nous allons saluer Bellouard, Jakssie et Seth qui arrivent. Après quelques embrassades, Seth finit par demander :
- « J'ai rêvé ou j'ai cru vous entendre chanter ? C'est quoi cette histoire de plantation ? »
Nous nous regardons en silence en nous mordant les joues. Emmett explique, pince sans rire :
- « Quand tu seras plus grand, Carlisle t'apprendra… »
Et c'est reparti pour un autre fou rire mémorable…
