Note de l'auteur : Voici la suite. Encore une fois le site n'a pas affiché les lettres et caractères français, donc je viens de faire la modification. Désolée pour ceux qui sont tombés sur le chapitre dévasté.
Bêta : Mokonalex
Bonne lecture
Harry alla s'asseoir sur le vieux lit défoncé et laissa Tenebrus sautiller hors de sa cage. L'oiseau resta indécis quelques secondes. Il était sur le bureau et regardait autour de lui, ne sachant s'il devait s'envoler par la fenêtre ou rester un peu et se transformer en humain, afin de demander des explications sur l'endroit où ils se trouvaient à présent tous les deux.
L'avantage d'être un animagus était que même sous sa forme animale, le sorcier métamorphosé gardait son esprit humain, ses capacités de réflexions et bénéficiait en plus des instincts de l'animal qu'il incarnait. La tête noire du volatile se tourna vers la porte. Des bruits sourds se faisaient entendre, mais Harry ne semblait pas les percevoir pour l'instant. Le Gryffondor avait la tête baissée et régulièrement, il soupirait à fendre l'âme. Il leva pourtant son visage lorsque des pas bruyants se firent entendre dans le couloir. Une lueur de panique traversa fugitivement son regard émeraude.
La porte s'ouvrit brutalement, et une silhouette plus qu'imposante apparut dans l'encadrement. L'homme lui balança une pile mince de chiffons plus ou moins grisâtres.
- Tes vêtements, Potter, fit la voix avec méchanceté. Je ne veux pas te voir porter ces oripeaux d'anormal tant que tu seras sous ce toit. Je devrais même les brûler ! Pas question qu'ils nous contaminent, tu entends ?
- Oui, Oncle Vernon.
- Tu as peut-être réussi à embobiner ta tante avec cette lettre, mais pas moi, je te le dis tout de suite. La larve puante que tu es, ne peut absolument pas connaître le Premier Ministre, ni aucun ministre d'ailleurs ! Tu n'es qu'un bon à rien inutile ! Que ce soit ici, ou bien dans ton monde de fous furieux ! Est-ce clair ?
- Limpide, Oncle Vernon.
- Je ne veux pas te voir quitter cette pièce, monstre ! Tu te débrouilles comme tu veux, mais tu ne mettras pas un pied hors de cette chambre de tout ton séjour !
- Mais… j'aurai besoin… la salle de bain…
- JE M'EN FOUS ! hurla Vernon. ET NE T'AVISE PAS DE FAIRE UNE SEULE CRASSE OU JE TE TUE, VERMINE !
Harry poussa un nouveau soupir. Il était physiologiquement impossible pour un sorcier comme pour un Moldu de ne pas aller aux toilettes pendant deux semaines. À quoi voulait jouer Vernon ?
Son soupir fut entendu et ne plut pas du tout à l'obèse au teint pourpre. Dursley traversa la pièce en une seule enjambée et souleva Harry par le col de sa chemise neuve. Il lui balança un revers de main à lui décrocher la tête et ensuite un grand coup de poing dans l'estomac. Sonné, Harry se recroquevilla sur son lit, les jambes repliées pour protéger son ventre et ses organes vitaux des coups susceptibles de venir. Mais ils ne vinrent pas. Tenebrus, furieux, avait poussé un croassement sonore, s'était envolé, et toutes serres dehors avait lacéré le crâne et le visage du gros Moldu qui avait alors poussé un cri de rage.
Il balança un grand coup de main sur la tête et le corps de l'oiseau, qui trop léger pour le supporter, fut expédié contre le mur au papier peint sale et s'écrasa sur le plancher en un petit tas de plumes.
- Saloperie de bestiole ! Je vais te démolir et te plumer, moi ! Tu vas voir !
- NON ! hurla Harry, horrifié.
Sans se soucier de sa sécurité, le jeune sorcier se jeta sur son oncle et s'accrocha à son bras pour l'empêcher d'avancer. Comme si Harry et ses cinquante kilos tout mouillé pouvaient arrêter le cachalot échoué qu'était Vernon Dursley !
Attiré par les cris, Dudley sortit alors de sa chambre, espérant encore une fois assister au beau spectacle d'une correction à cet anormal de Potter. Il entra dans la chambre et se mit à glousser, puis il vit le corbeau à terre qui tentait de se remettre sur ses pattes.
- Oh, P'pa ! J'peux avoir le corbeau, dis… j'peux avoir le corbeau ?
- NON ! hurla encore une fois, Harry. IL EST À MOI ! NE LE TOUCHE PAS !
Vernon souleva Harry d'une seule main et le projeta contre le bois de son lit. Un bruit d'os qui cassait résonna sinistrement dans la toute petite pièce. Harry se mordit les lèvres pour ne pas crier et songea avec horreur à Severus, proie facile tant qu'il restait sous sa forme animale, puis la douleur lui fit perdre conscience.
Dudley se pencha et tendit une main grasse vers l'oiseau, avec un sourire avide. Il la retira vivement en poussant un cri perçant. Tenebrus venait de lui assener un violent coup de bec. Le gros garçon se mit à pousser des cris perçants en voyant le sang s'écouler du petit trou que le bec avait percé dans sa peau.
Inquiète du remue-ménage qu'elle entendait depuis la cuisine, Pétunia monta les escaliers, les lèvres pincées. La lettre de Dumbledore l'avait fortement impressionnée et elle ne voulait surtout pas qu'il vienne mettre son long nez crochu dans leurs affaires, s'il arrivait quelque chose à Potter ou à l'affreuse bestiole qu'il avait ramenée avec lui. Encore heureux que ce n'était qu'un oiseau banal et pas une de ces maudites bêtes anormales dont lui avait parlé Lily un été.
- NON, VERNON ! cria-t-elle de sa voix suraigüe. Ne touche pas cette bête ! Ce sont des nuisibles pleins de microbes ! Tu pourrais attraper une maladie !
Vernon qui s'était penché pour faire un sort définitif au corbeau, se redressa, échevelé, le visage empourpré et en sueur.
- Cette saloperie a fait un trou dans la main de Duddy, Pet ! Il n'est pas question qu'il s'en tire à si bon compte !
Pétunia vit Harry inanimé sur le sol et grimaça. S'il arrivait quoique ce soit, Dumbledore allait rappliquer et elle ne voulait pas se trouver de l'autre côté de la baguette de ce vieux fou. Lily lui avait bien dit que c'était le plus puissant anormal de leur monde de cinglés, et elle n'en voulait surtout pas chez elle. Devoir supporter Potter était bien assez pénible comme ça !
- Laissez-les ! Viens Diddy, je vais soigner ta main tout de suite, fit-elle à son pleurnicheur de fils. Vernon, le dîner est prêt, je t'ai fait des tournedos Rossini, tu adores ça.
- Excellent, Pet' ! déclara l'odieux personnage avec satisfaction en se dirigeant vers la porte. Tu as fait des frites aussi ?
- Bien sûr ! Trois kilos ! annonça fièrement la maîtresse de maison. Et un gros gâteau au chocolat pour le dessert.
- Je ne veux pas que tu donnes un seul repas à l'anormal ! Et je refuse qu'il quitte sa chambre, je ne veux pas voir sa tête de toutes les vacances.
- Oui, Vernon, accepta Pétunia en se demandant si Dumbledore avait un moyen de savoir ce qui se passait chez eux.
La porte se referma et Tenebrus entendit qu'on tripotait de nombreux verrous de l'autre côté. Et puis, le bruit cessa et les pas s'éloignèrent. Lorsque le seul bruit que le corbeau put percevoir fut celui autrefois familier de la télévision[1], il se retransforma en sorcier et dut s'adosser au mur, afin de reprendre ses esprits.
Les coups de Vernon, déjà terribles pour un humain, avaient été dévastateurs pour le petit animal, et la trace en était très nettement visible sur le visage et le corps du sorcier. Le Maître des Potions avait une arcade sourcilière ouverte et le sang ruisselait sur son visage, l'aveuglant partiellement. Il s'était pincé la langue au sang et il coulait à présent dans sa bouche. Et pour finir, son visage avait commencé à enfler sur le côté droit et prenait à présent une belle couleur violette tirant sur le noir.
Le regard du Serpentard parcourut la petite chambre. Il vit Harry, effondré entre son lit et le vieux bureau bancal. Le jeune homme ne bougeait pas et était visiblement inconscient. Hésitant à le déplacer, Severus s'agenouilla avec raideur et pencha son corps endolori vers son amant. Il tendit sa baguette vers lui avec appréhension et lança un sort de diagnostic.
Un parchemin et une plume à papote médicomagique apparurent et flottèrent près de la Terreur des cachots. Rapidement, la plume écrivit le résultat et Severus prit le parchemin dans sa main gauche. Il poussa un soupir en découvrant qu'Harry avait une vertèbre fracturée, mais heureusement sans atteinte de la moelle épinière. Il n'y avait qu'une seule solution : le sortilège de réparation des os. Il était extrêmement douloureux et à cause de cela, employé uniquement lorsqu'on ne pouvait pas utiliser le Pouss'Os, beaucoup plus lent à agir. Severus pointa sa baguette vers Harry et lança le sort, s'excusant silencieusement de devoir lui infliger ça. Heureusement que le lionceau était inconscient, d'ailleurs.
- Ossa Reparent !
La douleur violente occasionnée fit sortir Harry de sa torpeur et il poussa un cri, bien plus étouffé et discret que ne l'aurait pensé Severus. Visiblement, le jeune sorcier était habitué à la douleur, ce qui était loin d'être normal, même pour un Gryffondor « accidentogène » ayant vaincu Lord Voldemort.
Severus, toujours à genoux sur le plancher poussiéreux et terne, sortit sa malle réduite de la poche de sa robe à boutons. Il la posa sur le sol et lui rendit sa taille originelle d'un Augmento informulé. Il l'ouvrit et se saisit aussitôt du petit coffret de bois qui contenait une bonne réserve de ce que Severus avait toujours nommé « ses potions d'urgence ». Il fit avaler une dose de Pouss'Os à Harry, histoire de fortifier la réparation magique de la fracture, et ensuite une potion antidouleur.
Harry, qui reprenait ses esprits en grimaçant, se redressa et s'assit sur le plancher en frottant son dos endolori. Il resta bouche bée en voyant le visage de Severus.
- Sev' ! Par Merlin ! Qu'est-ce que ce cinglé t'a fait ?
- Ne t'en fait pas, je vais soigner ça tout de suite et ça se paiera, crois-moi. Tout ceux qui un jour m'ont mis dans ce même état, ne sont plus là pour s'en vanter…
La lueur inquiétante qui apparut dans les yeux noirs glacés, fit frissonner involontairement Harry. Oui, il savait de quoi Severus parlait. Ou plutôt de qui… Lord Voldemort n'était plus là depuis un an passé de quelques jours, Sirius Black était mort et enterré. Ah, non… pas enterré, tombé derrière le voile. Le résultat était le même. Et puis, James et Remus… tout comme Pettigrow, ce sale traitre… Et puis, il y avait Tobias Rogue aussi, qui avait copieusement rossé son fils unique toute son enfance. Il y avait fort à parier que si Severus avait été un Moldu, il n'aurait pas survécu à la « tendresse paternelle ».
- Sev', il y a un miroir à l'intérieur de la porte de l'armoire, révéla Harry d'une voix fatiguée tout en s'asseyant précautionneusement sur son lit.
Il s'adossa doucement au mur et regarda Severus boitiller jusqu'à la vieille armoire à la porte déglinguée, l'ouvrir et examiner sa figure sous toutes les coutures. Le sang coulait encore de la plaie et quelques gouttes avaient même tâché le plancher. Harry s'en fichait, pour lui, le plus grave était que Sev' soit blessé. Ses vêtements noirs avaient épongé la rigole écarlate et on voyait que le col de sa chemise blanche était taché de rouge.
Le sorcier lança un Episkey sur la plaie qui cessa aussitôt de saigner, et puis un Tergeo sur son visage afin d'en retirer tout le sang. Un Devestio fit ses vêtements souillés tomber à terre autour de lui, comme des pelures d'oignons. Sans se soucier une minute de sa nudité, Severus se tortilla devant la glace afin d'examiner les bleus qui le décoraient à présent. Il avait un onguent dans sa boite à potions, dans quelques minutes on en parlerait plus.
Harry le regarda s'enduire le visage, le cou et les côtes de l'épaisse préparation verte qui ressemblait à l'argile dont la Tante Pétunia se tartinait régulièrement le visage, pour – selon elle – avoir le teint frais. Déjà l'enflure disparaissait un peu et le presque œil au beurre noir cédait du terrain.
- Je suis désolé, Sev'.
- Ne le sois pas, mon ange. Ce n'est pas de ta faute. C'est ce gros porc qui est responsable. Si Pétunia n'était pas montée pour leur annoncer que le dîner était servi, je pense que lui et son fils nous auraient tués.
- Vachement efficace, la lettre de Dumbledore ! Je lui avais dit pourtant que ça ne marcherait pas ! pesta Harry, un peu nauséeux à cause des potions précédemment ingurgitées. À chaque fois qu'il a écrit, ça a été encore pire ! Quand est-ce qu'il comprendra ?
- Comment tu te sens ? demanda Severus qui prenait à présent des vêtements propres dans sa malle. Tu avais une vertèbre de cassée, tu m'as fait peur. Heureusement que je ne t'ai pas bougé, ça aurait pu aggraver ta blessure.
Le Maître des Potions enfila une robe noire et la boutonna d'un geste de baguette. Puis, il rejoignit Harry sur son lit et prit place auprès de lui en grimaçant.
- Ce sont les ressorts qu'on sent comme ça ?
- Oui, fit Harry en baissant les yeux, gêné de l'état de la chambre.
Severus souleva la fine couverture grise usée et examina la literie. Les draps avaient une vilaine couleur grise et ne sentaient pas bons. Ils étaient visiblement sur ce lit depuis l'été précédent, peut-être même plus, vu leur crasse. Ils étaient si usés qu'on en voyait la trame par endroit et le drap housse était crevé à plusieurs endroits, ainsi que le coutil du matelas, percé par les ressorts rouillés qui l'avaient défoncé. Poursuivant son investigation, Sev' regarda autour de lui, les yeux plissés et la bouche pincée.
Le papier peint vert uni était vieux et sale, et par endroit si usé qu'il en était déchiré. Les meubles étaient tous cassés et provenaient visiblement d'une décharge publique. Un des pieds arrière de l'armoire avait même été remplacé par une brique, mais pas de la bonne hauteur, ce qui expliquait l'aspect penché qu'elle avait. Il manquait une charnière à la porte de la penderie, et ladite porte pendouillait tristement, menaçant de tomber définitivement. Le bureau était bancal et un vieux livre pour enfant tentait de le caler. La chaise de bureau n'avait que 3 pieds et ne tenait debout que par miracle. Les fenêtres étaient si sales qu'on ne voyait plus à travers les carreaux et il n'y avait même pas de rideaux. Un fil pendait au plafond avec une simple ampoule sans même un abat-jour. Sur le bureau, une vieille lampe de chevet fêlée était posée, elle aussi sans abat-jour. Et pour finir le plancher était recouvert d'une épaisse couche de poussière.
Cette chambre n'avait pas connu le balai ou le chiffon depuis des années, peut-être même une décennie ! Comment Pétunia pouvait-elle oser faire vivre son neveu dans de telles conditions ? C'était inadmissible et ce n'était pas le manque d'argent qui était en cause, si on considérait le luxe du reste de la maison. Severus n'avait pas eu le temps de bien voir l'intérieur de la demeure, mais le peu qu'il avait aperçu lui avait indiqué que les Dursley étaient bien loin de vivre dans la misère. Mais pour Harry, c'était une autre paire de manches…
- Ça n'a pas été nettoyé depuis quand ?
- Depuis ma rentrée à Poudlard. Je veux dire… en première année. Je… c'est interdit, murmura Harry, honteux, les yeux toujours baissés et les joues rouges.
- Et les draps ? Ils sont sur ce lit depuis combien de temps ?
- Trois ans, je crois… peut-être plus, je m'en souviens pas.
Severus ferma les yeux et pinça l'arête de son nez entre son pouce et son index.
- Il est hors de question que nous passions deux semaines dans ce taudis. De plus, on ne peut pas tenir à deux dans ce lit ou devrais-je dire, ce grabat ! Et je refuse de passer deux semaines sous ma forme d'animagus. Comme tu le sais, c'est dangereux et peut affecter le mental du sorcier qui s'y risque.
- Je sais. Ça rend instable, comme Siri.
Severus eut envie de ricaner et de dire à Harry que son parrain avait de toute façon toujours été instable, mais ce n'était vraiment pas le moment.
- Si je comprends bien ce que ce gros lard de Vernon t'a dit tout à l'heure, tu n'as pas le droit de quitter la chambre pendant les deux semaines que nous devons passer ici, pas même pour aller aux toilettes ou prendre une douche.
- Oui. Et je n'aurai pas à manger non plus.
- Et ça arrive souvent, ce genre de délires ?
- Tout le temps, mais c'est la première fois que je ne peux pas aller aux toilettes. Habituellement, il me laisse au moins un vieux seau, mais là, rien. La douche, ben, je m'en passe, renifla Harry, et pour les repas, en général Madame Weasley vient à mon secours et m'envoie un colis que j'appelle « mes rations de survie ». Je le cache sous le plancher, il y a des sorts de préservation sur le colis à chaque fois. Et j'essaie de faire durer.
- Incroyable ! Et Lupin n'a jamais rien dit ? Il est venu ici te chercher plusieurs fois, il me semble ?
- Il est venu avec Tonks, Fol Œil et Kingsley, et personne n'a fait la moindre remarque.
- Lamentable ! gronda Severus, furieux. Rassure-toi, nous n'allons pas passer deux semaines dans six mètres carrés, sans nous laver, manger et en pissant par la fenêtre.
- Je comptais demander à manger à Dobby de toute façon.
Harry regarda placidement Severus agiter sa baguette, indifférent aux recommandations que Fudge avait faites à Harry. Théoriquement, le jeune homme devait éviter de faire de la magie, même s'il était majeur, afin de ne pas être vu des Moldus, y compris sa famille. Le Maître des cachots s'en fichait comme de sa première potion. Il ferait beau voir qu'on vienne lui reprocher de faire de la magie dans leur situation. Ce vieux fou de Dumbledore les avait embobinés pour qu'ils sacrifient leurs projets de vacances, et tout ça pour les enfermer dans ce cul de basse fosse, indigne d'un sorcier et même d'un Moldu, pour y être battus et affamés. Presque tués, même, si on comptait juste.
Les puissant Recurvites vengeurs de Severus eurent bientôt raison de l'épaisse couche de crasse qui recouvrait le plancher, les meubles et la fenêtre. Même les murs semblaient moins tristes, si on y prêtait bien attention. Le sorcier eut un rictus amusé en examinant la porte qu'il savait bardée de verrous et la trappe qui se trouvait tout en bas.
- Ce n'est pas pour les chats, à la base, ce genre d'aménagement ?
- Si.
- Si Pétunia est toujours comme elle était étant jeune, elle déteste les chats et les animaux en général, donc je doute fort qu'il y ait un seul animal de compagnie dans cette maison. Est-ce que je me trompe ?
- Non. Il n'y a jamais eu de chat ici. Dudley a eu un perroquet quand il était petit, mais il l'a échangé au bout de huit jours contre une carabine à air comprimé qu'il a cassée en s'asseyant dessus le jour même. Il a eu une tortue aussi, mais il l'a balancée par la fenêtre lors d'une crise de colère. Il n'a jamais plus eu d'animaux ensuite. Tante Marge vient toujours avec son chien, et Tante Pétunia fait une drôle de tête à chaque fois. Elle le déteste, il est de toute façon répugnant et agressif.
- Alors pourquoi la trappe, Harry ?
- Pour me passer un peu d'eau et de soupe froide, tous les deux ou trois jours. Pas beaucoup, un petit bol que je dois en plus partager avec Hedwige qui est enfermée dans sa cage avec un cadenas dont seul Vernon a la clé.
- Les hiboux sont des rapaces, Harry et donc des carnivores. De la soupe à une chouette ? Pfff ! Et enfermée dans sa petite cage sans pouvoir sortir ou ouvrir ses ailes ? C'est une torture digne d'un Mangemort !
- Je ne pouvais même pas ouvrir la cage pour la nettoyer. Alors au bout d'un moment, ça sentait vraiment mauvais ici.
Severus poursuivit son examen de la pièce et se retourna enfin vers son compagnon, un curieux sourire aux lèvres.
- Nous allons modifier la pièce, et jeter un sort d'illusion sur la porte. Tous ceux qui rentreront dans la chambre ne verront pas qu'elle a changé.
- Tu veux changer quoi ?
- Juste le lit, on n'a pas de place pour faire mieux et cette construction étant moldue, elle ne supportera pas un sortilège d'agrandissement de l'espace très puissant.
Severus pointa sa baguette devant lui et entreprit une série de mouvements compliqués tout en lançant de longues formules en latin, dont Harry n'avait jamais entendu parler, et qu'il ne comprit pas. La pièce gagna environ un pied et demi[2] de largeur, ce qui allait pouvoir permettre de mettre un lit correct dans ce trou à rat du diable. La chaise fut ensuite réparée et Harry vit avec amusement un quatrième pied lui pousser.
- Lève-toi, mon ange, et installe-toi sur la chaise. Je vais réduire le lit et nous allons le ranger dans le tiroir du bureau. La place dégagée nous permettra d'en mettre un autre à la place. Les Elfes sont très doués pour ce genre de choses et ton ami Dobby fournira le lit.
- Pourquoi on ne le métamorphoserait pas à partir de quelque chose d'autre ? De l'ancien par exemple !
- La métamorphose n'a jamais été mon sujet de prédilection, Harry. Ce genre de boulot serait du niveau de Minerva ou d'Albus. Si je m'y risquais, elle ne tiendrait pas dans le temps et ne serait pas parfaite, de toute façon. Dobby peut aller piocher dans le stock de meubles inutilisés de Poudlard sans problème. Et crois-moi, il y a une sacrée réserve ! Il y a aussi des centaines de parures de draps et de couvertures. Nous pourrons sans souci en emprunter un peu. On les rendra en partant.
- On va avoir un lit de Poudlard ? Un grand ?
- Le même que le mien, je suppose. Les meubles des professeurs sont tous identiques pour éviter les jalousies. Seules les couleurs des tissus d'ameublement changent, et le plus souvent, sont en rapport avec la Maison d'origine du sorcier qui les reçoit.
- J'imagine… s'amusa Harry. Je vois mal McGo dans du vert et toi dans du rouge…
- Horrible ! Rien que d'y penser j'en frémis, confirma Severus la mine dégoûtée.
- J'appelle Dobby ! DOBBY !
Un pop discret fut tout ce qui annonça l'arrivée de l'Elfe de Maison. Dobby regarda vaguement autour de lui, reconnaissant les lieux. Puis il s'inclina devant son idole.
- Harry Potter, Monsieur ! Que peut faire Dobby pour vous ?
L'Elfe jeta un regard en coin à Severus qui trônait dans la petite pièce. Que faisait donc ce vilain sorcier avec son cher Harry Potter, et en plus dans sa petite chambre moldue ?
- Dobby… commença Harry. J'ai besoin d'un lit. D'un lit confortable pour deux, comme ceux des professeurs de Poudlard. Tu peux nous en amener un ? On le rendra à notre départ, ne t'en fais pas. Il nous faut les draps et les couvertures aussi, en vert, hein ?
- Harry Potter a besoin d'un lit pour deux ? Harry Potter, Monsieur ?
- Severus est ici comme garde du corps, Dobby. Et il ne peut pas rester sous sa forme d'animagus en permanence, tu le sais.
- Dobby sait. Harry Potter, Monsieur. Pas bon pour les sorciers. Sorciers fous après ! acquiesça l'Elfe.
- Voilà ! Et Severus vient de me sauver la vie. Sans lui, je serais mort depuis une bonne demi-heure, donc il faut qu'il reste pour me protéger. Je n'ai pas le droit d'utiliser la magie. Fudge me l'a interdit.
- Professeur Rogue a sauvé Harry Potter ? s'extasia Dobby, qui voyait à présent la Terreur des cachots sous un nouveau jour. Dobby va apporter ce qu'il faut, tout ce qu'il faut. Harry Potter, Monsieur !
Sans attendre de réponse, Dobby transplana hors de la maison moldue. Harry soupira. Connaissant l'Elfe, il allait certainement avoir une surprise et le confia à Severus.
- Tel que je connais Dobby, il ne va pas lésiner, je crois qu'on a intérêt à faire de la place.
Severus qui avait entendu parler des exploits de l'ancien Elfe des Malefoy, acquiesça d'un hochement de tête. Harry se décida enfin à obéir à la demande du Serpentard et se leva du lit misérable où il était assis et alla s'installer sur la chaise fraîchement réparée. Le lit fut rétréci à la taille d'une boite d'allumette et placé dans le tiroir du vieux bureau.
Un pop se fit de nouveau entendre et Dobby apparut dans toute sa gloire, avec ses chaussettes dépareillées et sa pile de bonnets de laine. Il tenait dans sa main un panier d'osier et affichait un sourire radieux qui dévoilait sa large dentition.
- Dobby a apporté plein de choses, Harry Potter, Monsieur !
L'Elfe n'attendit même pas que le Gryffondor l'interroge sur le contenu de son panier. Il en sorti un lit miniature qu'il posa par terre et auquel il redonna une taille normale d'un claquement de doigts. Un autre claquement, et les draps et couvertures firent de même et allèrent garnir impeccablement le lit à baldaquin qui se trouvait à présent dans l'angle occupé précédemment par le grabat généreusement octroyé par les Moldus.
L'un des deux sorciers allait se retrouver collé contre le mur et devoir escalader son compagnon afin de sortir du lit avant lui. Mais l'étroitesse de la pièce ne permettait pas un meilleur aménagement. Dobby fit également apparaître une petite table ronde et deux chaises confortables qu'il posa dans un angle. Un autre claquement de doigts, et la table se retrouva recouverte d'une nappe blanche et de vaisselle remplie de mets divers.
- C'est l'heure du dîner, Harry Potter, Monsieur. Bon appétit ! Dobby doit partir, on appelle Dobby.
L'Elfe disparut aussitôt et Harry resta bouche bée devant la table et les plats qui le firent saliver.
- J'adore la magie… murmura-t-il, avec un large sourire sur le visage.
Harry et Severus firent honneur aux plats apportés par Dobby. Et une fois que les assiettes furent vidées et les estomacs remplis, le jeune Gryffondor se laissa aller contre le dossier de sa chaise et frotta son estomac avec un large sourire.
- Quand je pense que Vernon voulait me faire jeûner ! S'il savait ! gloussa le jeune homme, ravi de leur jouer ce tour pendable.
La table s'était débarrassée d'elle-même et l'heure était maintenant venue de s'occuper de leurs autres besoins. Ce fut Severus qui en prit l'initiative.
- Il y a quoi, de l'autre côté de ce mur ? demanda-t-il en désignant le pan de mur qui se trouvait au bout du lit, juste un peu avant l'armoire bancale.
- La chambre d'amis, celle qui sert à la Tante Marge quand elle vient passer quelque temps ici.
- Parfait. Je présume qu'elle n'est pas fermée ?
- Non, pourquoi le serait-elle ? Elle ne sert jamais à personne d'autre et personne n'y va, sauf moi… pour y faire le ménage. Il semblerait que les corvées me soient épargnées ces vacances…
- J'ai l'intention d'ouvrir une porte provisoire à cet endroit, fit Severus en désignant du doigt le pan de mur en question. Il n'y a pas de meuble derrière, de l'autre côté ?
- Non. Il n'y a qu'un lit et une commode dans cette pièce. Le mur est nu à cet endroit.
- Excellent ! Il nous suffira de nous désillusionner pour sortir de la chambre de cette Marge et rejoindre la salle de bain quand nous en aurons envie. Un sort de silence sur la pièce nous permettra de prendre des douches et d'aller aux toilettes quand bon nous semblera.
- Génial ! Tu veux pas le faire maintenant ? Je t'avouerais que je suis à deux doigts de pisser par la fenêtre, Sev'.
Le Maître des Potions eut un rictus qui passa presque pour un sourire. Il n'était pas question qu'il l'avoue, mais il avait depuis quelques moments, l'envie de se transformer en Tenebrus pour sortir par la fenêtre et lâcher une belle fiente sur la voiture des Dursley ou sur le linge de Pétunia qui séchait dans le jardin derrière la maison. Il était bien connu que les déjections d'oiseaux étaient corrosives… Autant joindre l'utile à l'agréable.
Une porte fut donc ouverte dans le mur. Les deux sorciers désillusionnés traversèrent la chambre d'amis pompeusement aménagée comme le reste de la maison, et rejoignirent la salle de bain rose et immaculée de la Tante Pétunia. Pendant qu'Harry se soulageait, Severus fit couler l'eau chaude dans la douche et se déshabilla d'un geste de baguette après les avoir tout deux réillusionnés.
- T'as fini ? demanda-t-il à Harry, sans même se retourner.
- Ouais, pourquoi, tu es pressé ?
- Pas vraiment, mais j'aimerais bien que nous puissions prendre une douche avant que les Moldus ne montent et n'essaient d'entrer dans cette pièce. J'ai été couvert de sang, et une douche c'est quand même plus appréciable que les Tergeo.
- Bonne idée…
Tandis qu'Harry se déshabillait, Severus alla prendre sa place devant le trône de porcelaine. Il y avait bien des toilettes séparées au rez-de-chaussée, mais il était hors de question d'y aller. Le risque était trop grand. Il était déjà suffisamment culotté de se promener au premier étage en toute impunité, quand on était pas sensé se trouver dans les lieux pour Severus, et hors de sa chambre pour Harry.
- Je vais enfin pouvoir essayer leur fameux savon de luxe Wood of Windsor ! ricana Harry. Quand elle m'autorise à prendre une douche – froide – bien entendu, Tante Pétunia planque son savon et me refile un pain de Dettol.
- C'est quoi ? demanda Severus en se glissant près d'Harry sous le jet d'eau chaude.
- Un désinfectant… Ils ont peur d'attraper mon anormalité, comme si elle pouvait être contagieuse, tu vois ?
Severus resta un instant bouche bée et secoua la tête devant tant d'imbécilité.
- Dis-moi, Sev', pourquoi on est pas sorti par la porte de la chambre ? Un Alohomora aurait suffit nan ? Avec un Lashlabask pour la chaine… tenta Harry afin de changer de conversation, tandis qu'il se lavait les cheveux avec le shampooing de Dudley.
- Impossible. Le sortilège d'illusion que j'ai mis sur la porte, ne supporte pas les sorts d'ouvertures comme ceux que tu viens de citer. Ces illusions sont destinées aux Moldus en premier lieu et je présume que le sorcier qui a inventé le sort ne s'est pas préoccupé de le rendre insensible aux Alohomora et autres du style. Il faut ouvrir la porte de façon normale pour que le sort fonctionne et que l'illusion soit efficace. Nous n'avions pas le choix, nous devions impérativement sortir d'une autre façon. Remettre l'illusion à chaque fois serait trop épuisant pour la source de magie. Ce sort demande une grosse dépense magique.
- Je l'ignorais. De toute façon, je n'avais jamais entendu parler de ce sort, non plus.
- Il n'est pas connu, du moins il ne l'est plus. Je l'ai trouvé dans un très vieux grimoire un jour. Quand j'en ai parlé à Albus, il ne s'en souvenait que très vaguement, ne l'ayant jamais utilisé lui-même. Dans sa jeunesse, il était déjà tombé en désuétude, selon lui.
- Pourtant, il va bien nous aider…
Harry rinça ses cheveux, et profitant que Severus avait les deux mains occupées à frotter ses propres mèches mousseuses, il s'amusa à passer le savon de luxe parfumé à l'églantine des Dursley sur le corps de son amant, le chatouillant au passage.
- HARRY ! Arrête ça ! Par Merlin ! Il ne faut pas qu'on traîne ici ou on va se faire prendre !
- Méééé ! J'avais envie de profiter de ton corps de rêve !
La Terreur des cachots leva un sourcil amusé et eut un petit sourire en coin.
- Tu vas voir ce que mon corps de rêve va te faire subir quand on va étrenner le lit !
- Des promesses, toujours des promesses, Professeur ! répondit Harry joueur, la mine faussement boudeuse.
- Petit véracrasse ! Attends un peu ! Tu vas voir !
Harry se mit à rire et sortit de la douche. Faisant fi de l'interdiction de Fudge d'utiliser la magie, il se sécha d'un sortilège. Après tout, il était majeur, et si le Ministère n'était pas ravi, il n'avait qu'à aller se faire voir ! Un autre sort le rhabilla, tandis que Severus sortait de la douche et se séchait par magie. Une fois prêts, les deux hommes se désillusionnèrent et retournèrent en toute discrétion dans la chambre misérable d'Harry en passant par la porte momentanément ouverte par Severus dans la chambre de Marge.
L'ouverture disparût d'elle-même, dès que les deux sorciers furent de nouveau dans la chambre.
- Pourquoi elle ne reste pas ? s'inquiéta le Gryffondor.
- Le sort n'est prévu que pour un seul aller et retour. Ensuite il s'évanouit.
- C'est quoi l'incantation ?
- Porta Momentanea.
- On la remettra à chaque fois ?
- Oui, ça vaudra mieux. Imagine que les Dursley entrent pour une fois dans la chambre d'à côté, ne serait-ce que pour aérer la pièce. Ils verraient une nouvelle porte et nous aurions tous deux des ennuis.
- Ouais, des ennuis mortels ! soupira Harry, que cette pensée faisait frémir.
- Et si nous passions à autre chose, hein ? proposa Severus, une curieuse lueur égrillarde dans le regard.
- Ooooh ! Voyez-vous ça ! Et que voulez-vous donc faire, Professeur ? répondit le jeune sorcier en jouant le jeu.
- Je ne sais pas… Que dirais-tu, si je te faisais subir les derniers outrages ? Mmm ?
- J'en dis qu'il faut qu'on mette un sort de silence sur cette pièce, mon amour.
Un baiser sauvage fut la réponse de la Chauve-souris géante. Bientôt, tous les deux furent dans le plus simple appareil, leurs vêtements éparpillés autour d'eux. Harry s'agenouilla devant le Serpentard qui sachant ce qui allait lui tomber dessus, s'accrocha à l'un des montants du baldaquin en retenant sa respiration. Severus eut juste le temps de lancer un Assurdiato sans baguette, il ferma les yeux quand une bouche chaude et douce le happa et commença de lents mouvements accompagnés de redoutables coups de langue…
Dudley était furieux depuis l'épisode du corbeau. Il avait espéré pouvoir récupérer l'animal afin de jouer avec lui : c'est-à-dire en langage Dudley, lui jeter des pierres, lui arracher les plumes, lui crever les yeux, et chronométrer le temps que l'oiseau mettrait pour crever. Malheureusement pour lui, Pétunia avait été très claire, ces oiseaux de malheur étaient plein de microbes et pouvaient apporter plein de maladies. Il n'était donc pas possible de les approcher ou de les manipuler sans risque.
L'affolement de sa mère devant le petit trou fait dans sa main, avait rendu Dudley suspicieux. On lui avait mis une tonne de désinfectants divers, de pommades et sa main qu'il caressait à présent, était enrubannée complètement dans une épaisse couche de bandages. Lorsque Vernon avait émis l'hypothèse de la piqûre antitétanique et d'une visite aux urgences pour d'autres vaccins, Dudley avait complètement paniqué. Une piqûre ? Certainement pas ! Il détestait les piqûres !
Pétunia avait assuré qu'avec toutes les précautions qu'elle avait prises et tous les onguents et liquides qu'elle avait utilisés, la main de Dudley allait guérir, surtout s'il ne touchait pas au pansement et ne forçait pas sur le membre bandé.
Oh, Dudley n'avait pas forcé, non… Il avait exigé qu'on lui coupe sa viande, qu'on appuie pour lui sur le flacon de Ketchup et qu'on en arrose son kilo et demi de frites. Après le gâteau au chocolat, s'estimant mériter une consolation devant toutes les épreuves de la soirée, il avait englouti une grande boite de crème glacée menthe/chocolat, avec des biscuits et une tasse de thé.
À présent, le programme télé ne lui plaisant pas, il errait dans la maison, à l'affut d'une distraction, un énorme paquet de Marshmallows à la main. Son errance le mena au premier étage, il hésita un moment à aller jouer à son jeu vidéo préféré. Avoir une main bandée n'était pas l'idéal pour tenir une manette. En voyant la porte bardée de verrous et d'antivols de motos, Dudley eut une idée. Il allait aller narguer ce débile anormal de Potter. Et pour ça, quoi de plus facile que de s'allonger par terre et de regarder par la chatière ce que le monstre pouvait bien fabriquer, le ventre creux et sans rien pour se distraire.
Il s'allongea donc à plat ventre, ses bourrelets s'étalèrent autour de lui, lui donnant l'aspect d'un éléphant de mer échoué sur une plage. De sa main non bandée et poussa la trappe et regarda dans la pièce.
Harry n'était pas seul ! Il y avait un homme avec lui ! Et l'anormal était en train de le sucer !
Dudley se releva aussi vite qu'il était humainement possible de le faire avec un tel volume. Il se précipita en courant vers l'escalier en hurlant.
- PAPAAAAAA ! MAMAAAAN ! VENEZ VITE ! C'EST POTTER ! IL FAIT DES CHOSES AVEC UN MEC !
[1] Tobias Rogue passait son temps devant la télévision en buvant de l'alcool
[2] Environ 50 centimètres
