Note de l'auteur : Voici le chapitre 5 ! Va falloir vous contenter de celui là un moment, parce que pour le 6, j'ai juste mis le titre sur la page... y a rien d'écrit encore. Mais, bon... je suis très inspirée donc pas de soucis. Si on pouvait rajouter une catégorie pour cette fic en plus de "Romance/humour" je rajouterais "Aventure" parce que là, ça devient épique.

Bonne nouvelle, la fic sera un peu plus longue que prévu, mais je ne pense pas que ça vous gêne. Après concertation avec ma Bêta, on a décidé que torturer les Dursley était jouissif et donc on va continuer un petit moment encore, pour votre plus grand plaisir. Alors, j'ai l'intention de développer certains faits qui n'auraient dû qu'être à peine mentionnés à la base, comme anecdotes. Au lieu d'une phrase on aura donc carrément un bon paragraphe voire pire.

Bêta : Mokonalex

Soutien et assistance : Mirabelle31, et l'ensemble du Club des Tarés et ses pompom girls. Le club va d'ailleurs publier une fic collégiale un de ces quatre. Dans ce club au nom prédestiné, se cachent des auteurs que vous connaissez. Vous en aurez la surprise au moment voulu. Sachez juste que je suis la tarée en chef... tout un programme. Sniff...

En attendant d'autres délires à venir, bonne lecture à tous.


Les cris d'orfraie de Dudley alertèrent bien évidemment Vernon et Pétunia qui se précipitèrent dans le couloir, juste à temps pour voir leur abominable rejeton descendre les escaliers à toute vitesse, au risque de se casser la figure.

Sa mine pâle et ses yeux écarquillés alarmèrent aussitôt ses parents qui le pressèrent de questions.

- Qu'est-ce qu'il y a, Diddy ? demanda alors Vernon, contrarié d'avoir dû abandonner son feuilleton préféré.

- P'pa… c'est… c'est Potter, bredouilla Dudley à présent écrevisse. Il.. il… un mec avec lui… et… il lui fait… des choses… des choses dégueu !

- Un… mec ? s'étonna Pétunia. Mais mon chouchou, ce n'est pas possible, il ne peut pas y avoir un homme là-haut, comment serait-il entré ?

- Un anormal peut entrer chez nous comme dans un moulin, Pet ! vociféra l'obèse qui lui servait d'époux. Il a dû utiliser un « Hocus Pocus » quelconque pour entrer ! Passe-moi mon fusil tout de suite !

- Le… Tu es sûr que c'est prudent, Vernon ? La dernière fois, ce géant a plié le canon comme s'il était en caoutchouc…

- J'ai fait mettre un canon plus solide. Cette fois-ci, on ne m'échappera pas !

Tandis que Pétunia allait à contrecœur chercher le fusil dans le placard à balai de la cuisine, Vernon assaillait son fils de questions.

- Qu'est-ce que l'anormal faisait ?

- Potter… Potter le suçait… P'pa, tu t'rends compte ? fit Dudley dégoûté et le teint verdâtre.

- Et en plus c'est un p'tit pédé ! Il ne manquait plus que ça !

Pétunia choisit ce moment pour refaire son apparition, le fameux fusil entre les mains.

- Fais attention, Vernon, il est chargé !

- J'espère bien, Pet ! Restez derrière moi, je ne veux pas qu'il vous arrive quelque chose !

Vernon plissant son front orné d'un beau pansement autocollant et encore luisant de crème antiseptique – souvenirs de Tenebrus – monta l'escalier d'un pas pesant, le fusil braqué devant lui, prêt à tout pour cette fois-ci se débarrasser de la petite vermine qui lui pourrissait la vie depuis plus de seize ans.


Bien évidemment, les cris de Dudley avaient été entendus par les deux sorciers et Harry avait aussitôt cessé son office.

- Oh hoooo !

- Par les culottes de Merlin, il nous a vus ! gronda Severus. Vite ! Habille-toi des vieux vêtements moldus qu'on t'a apporté et allonge-toi sur le lit comme si tu te reposais !

Tandis qu'Harry s'habillait d'un geste de baguette et prenait place dans le lit apporté par Dobby, Severus jetait en vrac ses vêtements noirs de sorcier et les vêtements neufs d'Harry dans sa malle, se contentant de revêtir une chemise et un pantalon d'un coup de baguette. Puis, il réduisit sa malle noire et la déposa dans l'armoire bancale au milieu des vieux chiffons d'Harry. Il se transforma en Tenebrus, après avoir levé l'Assurdiato d'un geste de la main, et voleta sur le rebord de la fenêtre, juste au moment où le cliquetis des verrous de l'autre côté de la porte, indiquait une prochaine intrusion.

La porte s'ouvrit au large d'un coup violent et Vernon apparut dans toute sa gloire, le visage sanguin et son fusil pointé devant lui. Derrière l'obèse, Pétunia et Dudley se démanchaient le cou pour apercevoir l'intérieur de la chambre.

- OÙ EST-IL ? hurla l'Oncle d'Harry.

Le jeune sorcier, tourna son visage vers l'homme, avec un air d'incompréhension.

- Hein ? De quoi tu parles, Oncle Vernon ?

- NE TE FICHE PAS DE MOI, SALETÉ ! Où est l'homme que tu caches et avec qui tu faisais tes cochonneries d'anormal !

- Un homme ? Mais y a pas d'homme ici… Y a que moi et Tenebrus.

- C'est pas vrai, cria alors Dudley, les poings serrés et le visage rouge d'indignation. Y avait un homme ! Un homme tout nu et tu lui faisais des choses ! Je vous ai vus !

- Faut que tu arrêtes de t'empiffrer, Dudley, fit tranquillement Harry. Ça te pèse sur l'estomac et après tu as des hallucinations.

- Pas vrai ! J'ai pas des hatuci… hallinu… des machins comme tu dis ! JE T'AI VU ! Tu suçais un mec, t'es un pédé !

Harry, en bon comédien, ouvrit la bouche et écarquilla les yeux, dévisageant son cousin comme s'il avait brusquement deux têtes. Il eut l'air soudain très inquiet et se tourna vers sa tante.

- Tante Pétunia, tu devrais envoyer Dudley chez le docteur, il n'a pas l'air dans son assiette…

Vernon plissa les yeux et entra pour de bon dans la petite pièce. Rien ne semblait inhabituel. Il ouvrit même la penderie et vit qu'elle ne contenait rien du tout, Harry n'ayant pas encore vidé sa malle. Visiblement, il n'y avait personne. Il y avait encore de la magie là dessous, il en aurait mis sa main à couper.

- Ecoute-moi bien, garçon. Je ne peux pas prouver qu'il y avait quelqu'un ici, mais je vais te surveiller comme du lait sur le feu. Si jamais j'entends un bruit suspect, si je vois une chose anormale, UNE SEULE, je te descends et cet intrus avec toi ! Diddy est sûr qu'il y avait quelqu'un d'autre ici et je le crois ! Alors un seul faux pas, et tu goûteras à mon gros calibre, petit saligaud !

- VERNON ! Voyons ! protesta Pétunia. Tu n'y penses pas ! Le bruit… les voisins… et la lettre… Le Premier Ministre… On ne peut pas !

- On peut, Pétunia ! On est chez nous ! Et un intrus ici, c'est une violation de domicile et nous nous défendrons !

Sur ces bonnes paroles, Vernon sortit de la pièce et referma les verrous, cadenas et autres antivols qui bardaient la porte. Harry se rallongea sur le lit et soupira en fermant les yeux.

- On est vraiment mal barré, mon pauvre Tenebrus…

Severus, sous sa forme de corbeau, réfléchissait à toute allure. Le cousin obèse n'avait pas menti, il les avait vus, bien évidemment. Comment était-ce possible ? Pourquoi le sort d'illusion n'avait-il pas fonctionné ? Mmmm… La porte n'avait pas été ouverte et l'idiot avait pu les espionner…. L'oiseau regarda de nouveau la porte de haut en bas, et son regard perçant se fixa sur la chatière.

Bien sûr ! La chatière ! Comment avait-il pu l'oublier ? Le sort d'illusion était subordonné à l'ouverture de la porte : il fallait actionner la poignée pour qu'il marche ! Or, visiblement, Dudley avait dû s'allonger par terre dans le couloir, et pousser la petite trappe afin de jeter un œil dans la geôle de son cousin. Pour quelle raison ? C'était un mystère. Peut-être simplement pour le narguer, se moquer de lui, ou le surveiller sans avoir à ouvrir tous les verrous dont la porte était bardée.

C'était fâcheux, et cela remettait totalement leur sécurité en cause. Un sort de repousse-moldus était impossible puisque les deux sorciers se trouvaient dans une demeure moldue. Le sort ne ferait aucune différence entre les portes de la maison et les Moldus seraient dans l'incapacité de rentrer chez eux, dès le moment où ils quitteraient les lieux. C'était pour cette raison que Severus avait lancé un simple Collaporta sur la porte de la salle de bain lorsqu'ils s'y étaient introduits en fraude. Le sort leur aurait permis de se désillusionner et de pouvoir quitter les lieux sans encombre, si les Moldus avaient désiré entrer dans la pièce. La porte aurait résisté quelques instants, comme gonflée par l'humidité, avant que le sorcier ne lève le sortilège, ni vu ni connu.

Severus croyait avoir tout prévu, mais visiblement cette chatière était un problème. Et puis, une idée sournoise fit son apparition dans son cerveau de Serpentard… Tenebrus se retransforma en Severus et s'approcha du lit où il s'assit près d'Harry.

- La chatière, Harry. Il nous a vus par la chatière. Pour que le sort fonctionne, il faut que la porte soit ouverte normalement. Les chatières n'existant pas dans notre monde, aucun sort n'est prévu pour les neutraliser.

- On est coincé, alors ? pesta Harry. Tu ne vas pas pouvoir rester en humain, tu vas devoir être tout le temps sous ta forme d'animagus. Ne prends pas ce risque, envole-toi par la fenêtre et va te réfugier chez Mrs Figg.

- Pas question que j'aille chez Bel Figg ! Elle a beau être au courant de ma présence, en tant que membre de l'Ordre, je n'ai aucune envie de me retrouver couvert de poils de chat, les robes imprégnées de l'odeur du chou qu'elle cuisine sans cesse, et en train de regarder des photos de fléreurs, en sirotant du thé mal infusé et en grignotant des biscuits périmés.

- Je vois que tu la connais bien… s'amusa Harry.

- C'est une brave femme, mais une Cracmolle, donc pas utile à grand-chose pour l'Ordre… à part te surveiller… au cas où.

- Vachement efficace… fit Harry amèrement.

- Elle n'était là que pour le cas où les Mangemorts trouveraient ton adresse. N'ayant aucune signature magique, elle ne pouvait être repérée par leurs espions au Ministère, comme Lucius Malefoy. En cas de problème, sa cheminette lui permettait de pouvoir joindre Poudlard immédiatement.

- Dumbledore avait tout prévu, ou presque… murmura Harry, pensif. Sauf qu'il n'avait pas pensé que ma famille « m'adorerait » et qu'ils seraient les principaux acteurs de mon malheur.

- Harry, il m'est venu une idée. Nous ne pouvons rien faire pour la chatière, malheureusement. Si je la bloque d'un Collaporta, les Moldus vont devenir suspicieux et risquent même de retirer la trappe pour laisser le trou béant à la place. Et là, le sort d'illusion deviendra totalement inutile. Nous allons devoir tirer partie de cette chatière et de la tendance de ton cousin à vouloir t'espionner.

- Tu veux qu'on le laisse faire ? s'étonna Harry, les yeux écarquillés de surprise. Mais s'il nous voit ?

- Et bien qu'il nous voie ! Le temps qu'il aille chercher ces abrutis de Vernon et Pétunia, qu'ils ouvrent la porte après avoir écartés tous les verrous, nous serons de nouveau bien sages, toi sur ton lit et moi en Tenebrus, dans ma cage ou dehors perché sur un arbre.

- Mais ça va servir à quoi ? s'étonna Harry qui ne comprenait pas.

- À faire passer ton cousin pour fou ! J'ai repensé à ce que tu as dit à ta tante… Rappelle-toi, tu lui as dit que son fils ne semblait pas en forme et qu'il fallait qu'il consulte.

- Oui, j'ai dit à Dudley qu'il avait des hallucinations parce qu'il mangeait de trop ! s'exclama Harry qui venait de comprendre où Severus voulait en venir.

- Il va vraiment avoir des hallucinations. Et nous allons nous arranger pour qu'ils le croient tous ! S'ils sont persuadés que leur idiot de gamin a des problèmes mentaux, ils ne se préoccuperont plus que de ça, et pas de nous, ok ?

- Génial ! Alors on va faire quoi pour qu'ils le pensent ? On est coincé là, je te rappelle. Et j'ai pas envie qu'à chaque fois qu'on tente de se faire des câlins, ce stupide gros lard nous espionne et nous coupe nos envies. Pour la libido, ça va pas être terrible, pesta Harry en faisant une grimace significative.

- On ne fera rien de spécial. Ce sera de la comédie. Pour le reste, nous aurons toutes les nuits, Harry… Dès que ce gros lard approchera de la chatière – parce que je sais qu'il va se gêner, vu qu'il te soupçonne –, nous jouerons le jeu. Dès que la porte s'ouvrira, tout sera normal. Il faut que ce sale gamin mal élevé doute lui-même de ce qu'il verra, et pense qu'il a des hallucinations. D'ailleurs, je m'arrangerai pour qu'il en ait toute la journée, peu importe où il se trouve et ce qu'il fera. Je peux sortir à ma guise par la fenêtre. On ne peut pas demander à un simple oiseau de rester perché sur le dossier d'une chaise toute la journée. Tout comme un corbeau non magique ne peut pas rester de bonne grâce enfermé dans une cage sans se manifester bruyamment.

- Tu vas faire quoi pour qu'il pense qu'il voit des choses anormales ?

- Mmm… Je ne sais pas trop encore. Il me suffira de le surveiller et en fonction de ses activités, je prendrai les décisions qui s'imposeront.

- Il bouffe du matin au soir, ricana Harry. Si tu pouvais lui faire croire qu'il mange des asticots au lieu de bonbons, ça serait super !

Severus, amusé, leva un sourcil élégant et afficha un mince sourire inquiétant.

- Excellente idée.

- Tu as prévu quoi pour Oncle Vernon et Tante Pétunia ?

- Visiblement, Pétunia semble très soucieuse de l'image qu'elle donne aux voisins. Nous allons en tirer profit…

Severus arpenta la petite pièce, les bras croisés et un index tapotant son menton. Alors qu'il semblait plongé dans une intense concentration, ses pas le menèrent devant la fenêtre par laquelle il regarda machinalement. Son regard se posa sur la corde à linge qu'il avait déjà précédemment remarquée. Il avait même eu l'envie d'aller déposer une belle fiente sur les vêtements qui séchaient.

La légère brise qui soufflait faisait voleter doucement le linge retenu sur la corde par des épingles en bois. On reconnaissait les toiles de tente et les parachutes que Vernon et son Diddy appelaient vêtements ainsi que la lingerie vieillotte et très classique caractérisant Pétunia. Ce n'était vraiment rien de plaisant à voir.

Harry vit un léger rictus, que Severus appelait « sourire », sur le visage de son amant.

- Toi, fit-il soupçonneux, tu as une idée.

- Exact, et elle vient juste de jaillir. Viens voir…

Harry, intrigué, se leva du lit sur lequel il était resté vautré et se dirigea vers la fenêtre en se demandant ce que le Serpentard avait bien pu voir et qui lui aurait donné une drôle d'idée. Après tout, le jardin clos qui se trouvait derrière la maison, n'avait rien de spécial. Il y avait un abri de jardin, un container à ordures à roulettes, un silo à compost et une corde à linge tendue entre deux poteaux en béton. En bref, la même chose ou presque, que dans les jardins des voisins.

- Oui ?

- Le linge…

- Quoi, le linge, Sev' ? Me dis pas qu'on met pas le linge dehors dans le Monde Magique, Molly Weasley le fait au Terrier.

- Ce n'est pas ça, Harry. Je pense que ce linge est tristounet, pas toi ? Regarde donc ces affreuses bâches qui sèchent !

- Ben, ce sont les fringues d'Oncle Vernon et de Dudley…

- Et tu as vu ces affreuses culottes et ces bas ?

Harry ne put s'empêcher de sourire en voyant les sous-vêtements blanc et chair de Tante Pétunia. Une paire de collants beige séchait également. Les culottes n'avaient rien de sexy : elles étaient montantes et en gros coton très simple. Harry les avaient assez étendues et repassées pour les connaître. Les soutiens-gorges étaient franchement ringards et dignes d'une grand-mère de 90 ans. Rien de très folichon, quoi…

- Je croyais les sorcières conservatrices, mais la lingerie de ta tante n'est pas mal dans le genre.

- Tu trouvais Bellatrix Lestrange conservatrice, toi ? Elle était tout le temps habillée comme une pute moldue, le peu que je l'ai vue.

- Tu n'as pas tort Harry, mais si tu connaissais sa sœur Narcissa, tu aurais vu la différence. J'ignore quelle lingerie elle porte, mais je parierais pour le même genre que celle-ci, fit Severus en pointant son doigt vers le fil à linge de la Tante Pétunia.

- J'ignorais que tu t'intéressais à la lingerie féminine, Sev'. Dois-je m'inquiéter tout à coup, sur ton orientation sexuelle ?

La Terreur des cachots glissa une main possessive sur la fesse ronde de l'individu qui se trouvait près de lui.

- Je ne crois pas que tu aies à t'inquiéter pour ça, mon ange… Et je te le prouverai tout à l'heure quand la nuit tombera, vu que nous avons été brutalement interrompus par un gros idiot.

- Je l'espère, gloussa Harry, ravi, en se collant à son amant. Alors, cette idée que tu as eue en voyant le linge ?

- J'ai bien envie de jeter un sort dessus… Il est trop sinistre, vois-tu. Et je pense que les voisins seront d'accord avec nous. J'aimerais bien que ces braves Moldus voient autre chose de plus plaisant.

- Déconne pas ! paniqua Harry. Si tu remplaces son linge, Tante Pétunia va tout me mettre sur le dos et je vais me faire démolir par Oncle Vernon.

- Mais non, je ne vais pas le remplacer. Il sera toujours là. Mais ce que les voisins verront ne sera pas ce qu'il y a sur la corde à linge, tu me suis ?

- Pas vraiment. Explique-toi !

- Avec un certain sortilège de confusion, le linge paraîtra tout autre, sauf aux yeux de ses propriétaires, tu comprends maintenant ?

- Et que verront les voisins, que ne verront pas les Dursley ? demanda Harry soudain emballé par cette perspective.

Severus sortit alors de sa manche de chemise, sa baguette noire qu'il pointa vers la corde à linge. Il marmonna une formule qu'Harry ne comprit pas, comme d'habitude et tout à coup, le linge se modifia sous les yeux du Gryffondor qui éclata aussitôt de rire.

- Nooon ! Pas possible ! C'est… c'est incroyable, Sev' ! Tu es un génie !

Les sous-vêtements Hanro et Miss Mary of Sweden qu'affectionnait Pétunia venaient de disparaître sous leurs yeux. À la place, se trouvait de la lingerie affriolante et même franchement érotique du style de celle qu'on trouvait dans les sex-shops moldus ou même dans les pages publicitaires de PlayWizard ou de Sorcière-Hebdo. À côté de la lingerie de Pétunia, les bâches que Vernon appelait vêtements venaient grâce à un second sort, de se transformer en accessoires sado/maso de latex noir, avec fouet, chaines, cagoules et tout se qui pouvait aller avec. Mais Severus n'avait pas terminé. Un troisième sort transforma les caleçons et les pyjamas de Dudley en copies géantes de grenouillères pour bébé et en grosses culottes style « petit garçon » ornées de petits canards et de coccinelles bien voyantes.

Harry hoqueta et appliqua fortement ses deux mains sur sa bouche pour étouffer son fou rire. Il en était tout rouge et ses yeux pleuraient sous ses lunettes rondes.

- Est-ce que ça veut dire que ça te plaît, mon petit lion ?

- Tu rigoles, Sev' ? C'est absolument génial ! Mais… qu'est-ce que c'est que ça ?

La brise venait d'écarter un des vêtements de latex sensé appartenir à Vernon. Harry vit alors une sorte de grosse culotte de latex qui s'ornait d'un appendice totalement incongru : un godemichet rose.

Les yeux du garçon s'écarquillèrent et il en eut le souffle coupé.

- Mais… Comment tu connais ça, Sev' ? Ce truc avec la prothèse devant ?

- Oh, ça ? C'était dans un magazine porno que j'ai confisqué à Crabbe et Goyle. Un magazine moldu, d'ailleurs… Qui l'eut cru ? s'amusa Severus, l'air serein.

- Un magazine gay ?

- Même pas ! Hétéro ! Je ne m'attendais pas à y trouver ça, c'est pour ça que je m'en souviens… Je me suis dit que c'était une bonne idée, non ?

- Une bonne idée ? Une idée de génie, oui ! Je savais bien que j'avais raison de t'aimer autant !

Severus leva un sourcil amusé en entendant la déclaration impromptue d'Harry. Bien sûr, il n'ignorait pas les sentiments du jeune sorcier à son égard, mais leurs pudeurs réciproques en ce qui concernait les sentiments, ne permettaient pas souvent ce genre de déclarations. En général, elles étaient murmurées dans le noir ou la pénombre et au beau milieu d'une partie de jambes en l'air.

Le Maître des Potions prit son Gryffondor personnel dans ses bras et frotta son grand nez dans le cou d'Harry, qui sentait encore le savon de luxe sournoisement emprunté à la Tante Pétunia. Harry accrocha aussitôt ses deux bras aux épaules de son ainé et les deux hommes échangèrent un torride baiser. Severus poussa alors Harry sur le lit moelleux et se coucha sur lui…


Dans le salon des Dursley, l'ambiance était tout autre. Dudley, désoeuvré et vexé de n'avoir pu prouver ce qu'il avait vu, s'était enfermé dans sa chambre pour bouder et à présent explosait par ordinateur interposé, une quantité astronomique d'aliens qui ne lui avaient rien fait. Vernon et Pétunia, qui suivaient vaguement un documentaire sur la fabrication des cigares à Cuba, conversaient à mi-voix en sirotant du thé que Pétunia, inquiète, venait de servir.

- Tu crois vraiment que Diddy a vu ce qu'il dit avoir vu, Vernon ? C'est tout de même étrange, cette histoire…

- Je pense qu'il se passe quelque chose. Je ne sais pas quoi, mais Diddy n'aurait pas raconté ça, si ça n'avait pas été vrai. Ce n'est pas un menteur[1]. Tu as vu sa tête, Pet, quand il a raconté ça ? Il était dégoûté, et même choqué ! Non, non… Dudley a vu quelque chose d'anormal, c'est évident !

- Oui, mais quand même ! Ce serait terrible si c'était vrai, Vernon !

- Mais c'est terrible, Pétunia ! Et je pense que c'est vrai ! Des hallucinations, ben voyons… Ce petit saligaud de Potter a vraiment tous les culots ! Non, Pet, je pense qu'il y avait bien un homme là-haut avec lui. Un anormal de son genre ! Et en plus Potter est pédé… Quand on y pense, ce n'est pas étonnant ! Tu te souviens de ce que Marge dit toujours… depuis le début elle dit qu'il n'est pas normal et elle ne sait pas, tu sais… ce qu'étaient ta sœur et son affreux mari ! Ces deux bons à rien !

- Oui, c'est vrai, Vernon. Tu as raison, bien sûr. Depuis le début, Marge dit ça, et elle dit toujours que ça vient de la mère, comme pour ses chiens, tu sais. Et en fait, elle n'a pas tort. Lily était anormale aussi.

- Si elle avait été comme nous, Harry aurait été normal.

- Ce n'est pas sûr, Vernon. Potter était anormal aussi. Ça suffit, tu sais. Quand on était enfant, il y avait cet affreux garçon qui vivait au bord de la rivière, pas loin de chez nous. Son père était un ivrogne, un bon à rien qui était plus souvent au pub qu'à l'usine. Sa mère était… comme Potter et Lily, et elle ne sortait jamais de la maison. Les gens disaient que son mari la battait et la séquestrait car on ne la voyait jamais. Elle n'allait même pas faire ses courses, c'est le gamin qui s'en chargeait. Le garçon était comme elle, anormal. C'est lui qui a dit à Lily qu'elle était une s… un monstre. Je m'en souviens comme si c'était hier. C'est à partir de ce jour-là, que je n'ai plus eu de sœur. Il n'y avait plus que ce petit voyou mal fagoté qui comptait. Je suis certaine qu'il a mal tourné, comme son père.

- Qu'est devenu le père ? s'intéressa Vernon.

- On n'a jamais su. Il a été trouvé mort, chez lui, sans aucune blessure apparente. Un peu… un peu comme Lily et l'autre Potter, murmura Pétunia, songeuse. Tout le monde disait qu'il avait tué sa femme à force de la battre, mais il avait raconté qu'elle était tombée dans l'escalier. La police a eu des soupçons et Scotland Yard a même fait une enquête. Rien n'a jamais été prouvé. Mais, mes parents pensaient que son mari l'avait poussée. Je pense que c'était vrai, il était connu pour être violent et il frappait son fils souvent. Il était couvert de bleus tout le temps. Je me suis toujours dit que c'était lui qui avait tué son père. Je crois que Lily le pensait aussi, elle a arrêté de lui parler un peu avant, je crois. Elle avait dû se rendre compte de quelque chose. Elle n'aurait jamais dû aller dans ce monde de fous. Et regarde où ça l'a menée…

- Et nous alors ? Nous avons hérité de son sale bâtard ! Et pas même un remerciement de ce petit ingrat !

- Il s'en va bientôt, Vernon. La lettre de Dumbledore le disait, tu sais bien. Il ne reviendra pas, c'est la dernière fois, il est majeur dans leur monde.

- Et il ne mettra plus jamais les pieds ici, une fois qu'il aura débarrassé le plancher, foi de Vernon Dursley ! Pas question qu'il traumatise notre pauvre Diddy avec ses façons monstrueuses ! Et je ne crois pas un mot de cette lettre, Pet !

- Dumbledore dit qu'il a vaincu ce monstre, celui qui a tué ses parents, et que c'est pour ça que le Premier Ministre l'aime bien, et aussi qu'il a été décoré par leur ministre anormal. Je ne sais plus que penser…

- Des gens… comme eux, dans la famille royale ! Il ne manquerait plus que ça ! Pouah ! Comment est-ce même possible ?

- Je ne sais pas, Vernon. Mais tout le monde était normal chez les Evans. Mes grands-parents étaient tout à fait comme nous, des deux côtés. Je ne sais pas du tout comment Lily a pu être cette… chose. Ça vient peut-être comme ça, par hasard ? Comme… comme certaines maladies de naissance… qu'en penses-tu ?

- Possible…

- Je remercie le ciel tous les jours, que notre beau garçon soit parfaitement normal. Il est beau, grand et fort, et il réussira dans la vie, au moins…

- Ça c'est vrai ! Regarde donc cet avorton rachitique de Potter ! Que veux-tu qu'il fasse dans la vie ? Rien ! Je te le dis, Pet ! Il n'aura même pas un diplôme reconnu. Il finira sous les ponts, comme le miséreux qu'il est !

Si Vernon et Pétunia avaient su que l'affreux garçon dont ils parlaient quelques minutes auparavant se trouvait juste à l'étage au dessus en train de faire des choses plaisantes à leur anormal de neveu, il y avait fort à parier qu'ils auraient fait un infarctus. De même, s'ils savaient que leur misérable neveu avait un joli tas d'or dans un coffre souterrain ainsi qu'un manoir (délabré pour l'instant) en plein Londres, ils auraient fait une attaque d'apoplexie. Leur ignorance leur sauvant la vie, ils poursuivirent leur conversation sur la proche visite que Marge Dursley allait leur rendre.

- C'est quel jour que Marge vient, déjà ?

- Le vendredi de Pâques, Vernon. Elle arrive par le train de 11h27 en gare de Paddington. Il ne faudra pas que tu oublies d'aller la chercher.

- Hon, hon… je n'oublierai pas, répondit l'obèse entre deux gorgées de thé brûlant. Elle reste longtemps ?

- Vendredi, samedi, dimanche et lundi. Il faudra que tu la reconduises à la gare mardi matin de bonne heure. Par contre, j'ignore les horaires des trains pour son retour.

- Pas grave, on se renseignera vendredi. Mais si ça trouve, elle a pris un billet aller/retour, tu sais combien elle est organisée. Avec ses chiens, elle n'a pas le choix.

Les Dursley avaient bien planifié leur week-end de Pâques et pour eux, rien ne pouvait venir déranger leurs projets et surtout pas leur monstrueux neveu…


Il n'était pas très tard, et la venue des beaux jours faisait que les gens restaient dehors un peu plus longtemps qu'auparavant, afin de profiter des heures de soleil en plus et de la douce chaleur qui persistait encore après une chaude journée. Les salons en teck et les barbecues avaient commencé à refaire leur apparition dans les jardins du voisinage et au numéro 6, juste à côté de chez les Dursley, c'était bien entendu le cas.

Dans ce pavillon, en tout point identique à celui de Vernon et Pétunia, vivaient Alfred et Paula Wilson. Ils fêtaient ce soir-là leurs trente ans de mariage. Seuls leurs intimes et plus proches voisins avaient été invités à cette petite réception destinée aux amis, celle pour la famille ayant eu lieu au restaurant. On aurait pu s'attendre à ce que les Dursley soient invités également, vu qu'ils occupaient le pavillon voisin.

Et pourtant, non. Alfred détestait Vernon. Nul n'en connaissait vraiment la raison, sauf les intéressés. Selon Stuart et Frances Bentley du 8, c'était une histoire de tondeuse à gazon bruyante, mais personne n'en était sûr. Tout ce qu'on savait, c'était que les deux hommes se détestaient cordialement. Paula, elle, trouvait Pétunia beaucoup trop fière et Dudley un petit voyou mal élevé. Quant à Harry, les Dursley lui avaient fait une telle réputation que tout le monde dans le quartier le fuyait comme la peste. Une certaine Mrs Figg, pourtant, disait à qui voulait l'entendre que le jeune Harry Potter était un gentil garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche et qu'il ne fallait pas croire une seule minute les racontards de ces mécréants de Dursley. Le petit Mark Evans qui ne vivait pas très loin, disait la même chose. Il confirmait que c'était Dudley le méchant et qu'Harry tentait à chaque fois de l'aider quand il se faisait battre. Certains voisins s'étaient posés des question : les Dursley accusaient leur neveu de tous les maux, mais aucun d'eux n'avait eu vraiment à se plaindre du garçon, contrairement à Dudley. On disait que Harry Potter était à Saint-Brutus… qu'il était un fainéant… enfin on disait beaucoup de choses.

Et ce soir-là, au barbecue organisé par Paula et Alfie, une dizaine de personnes en discutait, justement, entre deux verres de bière ou de Martini et les fameuses saucisses et côtelettes marinées de Paula.

- Le gamin Potter est de retour, annonça Alfie à la cantonade. Sa fenêtre est ouverte depuis cet après-midi.

- Tu l'as vu ? demanda Frances Bentley.

- Nan. On peut pas dire qu'il sorte beaucoup, contrairement à son cousin. Je me demande s'il est toujours aussi maigre et chétif… répondit Alfie.

- Si son oncle et sa tante le nourrissaient, ce pauvre gosse ! Elle s'imagine qu'on ne sait pas ? Je l'ai vu combien de fois, travailler dans le jardin sous tous les temps, sans être vêtu correctement pour la saison. Rendez-vous compte qu'il n'arrêtait même pas à l'heure du déjeuner ! Depuis l'étage, je voyais les Dursley dans leur véranda qui s'empiffraient, et le gamin n'était même pas à table. Et bien je peux vous dire que de toute la journée, il n'a pas eu un verre d'eau ou un sandwich ! gronda Paula. On se demande ce que font les services sociaux !

- Moi je n'ai jamais voulu m'en mêler, avoua Justin Chase, du numéro 5. Pour avoir Vernon sur le dos ? Merci bien ! J'ai pas oublié que Miss Marten a été renvoyée de l'école primaire après avoir déposé une plainte contre lui quand elle enseignait à l'école de Magnolia Crescent. Tout ça pour avoir voulu aider ce gamin !

- Pétunia m'a dit que le gosse était à Saint-Brutus, avoua Kate Palmer du 7.

- À moi aussi, elle a dit ça, fit alors Vera Chase, la femme de Justin. Seulement, je peux vous dire que ce n'est pas vrai.

- Comment tu le sais ? fit Paula intriguée en prenant un plat afin d'y déposer les chipolatas grillées.

- Mon frère… Andrew… il s'est fait embaucher à Saint-Brutus comme éducateur, il y a trois mois.

- Pas possible ! s'exclama Alfie, il a trouvé du boulot ? Ça, c'est une bonne nouvelle, mes enfants ! Et qu'est-ce qu'il t'a raconté ?

- Quand il m'a dit où il bossait, je lui ai dit au téléphone que je connaissais un gamin qui était pensionnaire à Saint-Brutus, depuis des années. Il m'a demandé son nom, je le lui ai donné. Ça ne lui disait rien du tout. Il a vérifié la liste des gosses, huit ans en arrière. Rien. Aucun Harry Potter n'a jamais mis les pieds à Saint-Brutus. Je lui ai décrit le môme… ses lunettes rondes, ses yeux verts, ses cheveux en pétard et sa cicatrice bizarre qu'il a depuis l'accident qui a tué ses parents.

- Et ? insista Fran Bentley à présent toute ouïe.

- Inconnu au bataillon. Aucun gamin ne correspond à ce nom et à ce signalement.

- Ils ont menti ? demanda Kate.

- Visiblement. Mais je m'en doutais depuis longtemps. Quand j'ai dit un jour devant la vieille Figgy, – vous savez, celle qui élève des chats de race sur Wisteria Walk –, que je ne voulais pas que mes enfants jouent avec le gosse parce qu'il était à Saint-Brutus, sur le moment j'ai bien cru qu'elle allait m'arracher les yeux ! Elle m'a balancé alors que c'était un mensonge et que le môme était dans un pensionnat pour surdoués en Ecosse, qu'elle connaissait un des professeurs là-bas et qu'il avait bien Harry Potter en cours. D'après Mrs Figg, Il parait que les Dursley ont tellement honte que leur fils soit nul qu'ils ont tenté de faire passer leur neveu pour un criminel.

- Nom de Dieu !

- Stu ! Langage ! pesta Fran.

- Les Evans sont furieux après les Dursley, Dudley passe son temps à taper sur Mark et tous les petits du coin. Quand Dustin Evans s'est plaint à Vernon, il s'est fait envoyer sur les roses. Vernon lui a dit qu'il était un menteur et que Dudley était un gentil garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche, poursuivit Vera, sous les hochements de tête de son époux. Depuis, Pétunia passe son temps à dénigrer Dustin et Patty Evans pour se venger.

- Ce sont des gros cons, affirma Alfie en se levant pour aller jeter sa canette métallique dans le container à ordures, qui se trouvait pas très loin de lui.

Machinalement, il jeta un œil par-dessus la haie bien entretenue qui entourait son jardin. Grâce à sa haute taille, il put sans problème apercevoir le couple Dursley qui prenait le thé dans leur salon, les baies vitrées de la véranda de Pétunia étant largement ouvertes. Son regard se posa ensuite sur la corde à linge qui se trouvait dans le jardin voisin. De surprise, il poussa un juron et en laissa tomber sa canette sur la pelouse bien taillée. Ses amis se tournèrent tous vers lui, se demandant ce qu'il avait bien pu voir de l'autre côté.

- Alfie ?

- Paula… Faut que tu voies ça… Dis-moi si je rêve… Non, faut que vous veniez tous voir.

Intrigués, les convives se levèrent de table, abandonnant leurs assiettes et leurs verres. Ils rejoignirent Alfie près de la haie. Fran éclata de rire, et Stu, son époux dût mettre sa main sur la bouche de sa femme pour ne pas que Pétunia et Vernon l'entendent.

- Mais… mais… fit Vera, les yeux écarquillés tandis que Justin et Kate pouffaient de rire, pliés en deux littéralement.

Tous venaient de découvrir ce qui pendait sur la corde à linge du numéro 4.

- C'est pas possible… Non, mais vous avez vu ça ? s'horrifia Paula. Et ils n'ont même pas honte ? Comment peut-on jouer les mères la pudeur, se poser en femme de haute moralité et afficher ça dans son jardin ? Ce sont des malades ! C'est… c'est un scandale ! Comment osent-ils ? Et si des enfants voyaient ça, hein ? Encore heureux que tous les nôtres soient adultes !

- Chhhuuuuuttt, Paula ! fit précipitamment Kate qui regardait le salon des Dursley qu'on apercevait largement par les baies ouvertes de la véranda. Pétunia se ramène avec sa corbeille à linge !

- Il est bien temps de ramasser ses cochonneries, ricana Alfie à mi-voix. Je me demande comment je ne les ai pas remarquées plus tôt. Faut dire aussi que normalement, je ne regarde jamais chez eux.

La plus culottée de toutes les femmes de l'assistance, décida alors de profiter de la situation.

Vera Chase, un petit sourire aux lèvres, alla vers la table de jardin et reprit sa coupe de Martini blanc qu'elle avait posée avant d'aller voir ce qui se passait à côté. Elle remua tranquillement l'olive verte qui nageait dans son verre, piquée sur un petit cure-dent de bois et retourna sur ses pas. Tous les autres, y compris le grand Alfie étaient assis par terre et regardaient en écartant le feuillage touffu, afin de ne pas être repérés. Vera monta sur le barreau d'une chaise de jardin afin d'être à la bonne hauteur. Alors que Pétunia décrochait la fameuse culotte de latex ornée d'un godemichet, – qui pour elle était un simple panty de chez Harrod's – Vera l'interpella par-dessus la haie.

- C'est très joli, ce truc… c'est confortable ?

Pétunia se retourna, surprise. Derrière la haie des Wilson, cette chipie de Vera Chase la saluait une coupe à la main.

- C'est un cadeau de Vernon, répondit-elle fièrement, le nez en l'air.

- Il a du goût… fit très sérieusement Vera.

Pétunia, flattée, ne put s'empêcher un petit sourire et un signe de tête. Elle continua de décrocher sa lessive et retourna chez elle, panier d'osier sous le bras. La mine figée, Vera termina son verre tandis que les autres roulaient carrément par terre, à deux doigts de l'hystérie.

- Un… un… cadeau de Vernon, qu'elle… qu'elle ose dire ! gloussa Stuart qui n'en pouvait plus, accroché à l'épaule de Justin qui hoquetait, écrevisse et les larmes aux yeux.

- T'es la meilleure, Vera, s'amusa Fran. Je ne sais pas comment tu as fait pour garder ton sérieux. Non mais franchement, vous avez vu les pyjamas et les caleçons de son gros rejeton ? Des tarés ! Ah il peut jouer les gros durs ! Je voudrais bien le voir en grenouillère à coccinelles !

- Je ne savais même pas que ça existait, pouffa Kate qui célibataire, n'avait pas d'enfants. Enfin, je veux dire sauf pour les bébés. J'en ai acheté des comme ça à mes nièces mais elles n'avaient pas plus d'un an, à l'époque.

- Qu'est-ce que tu fais, Paula ? demanda alors Alfie qui venait de se relever et s'asseyait à présent devant son assiette refroidie.

Paula, un téléphone sans fil de British Telecom à la main, afficha un sourire radieux.

- J'appelle Maggy et Peg, elles vont adorer les nouvelles…

- Adorer ? sourit Kate. Mais demain à l'aube, tout Little Whinging est au courant, chérie.


Pendant que Vernon et Pétunia devenaient sans le savoir, la risée du voisinage, Harry et Severus étaient fort occupés dans le lit moelleux que Dobby avait apporté de Poudlard.

Ils s'étaient déshabillés et glissés dans les draps de coton vert Serpentard. Le soleil qui descendait sur l'horizon laissait une lueur orangée dans la chambre misérable et le vent léger qui soufflait, apportait avec lui une agréable odeur de chèvrefeuille qui provenait du jardin des Wilson au numéro 6.

Harry, allongé sur le dos, la tête enfoncée dans l'oreiller de plumes gémissait doucement. Heureusement que Severus avait pris soin d'insonoriser la pièce, d'ailleurs.

La poitrine du jeune Gryffondor se soulevait violemment, indiquant sa sensibilité à la douce torture que son amant lui prodiguait. Allongé entre ses jambes, Severus Rogue faisait un usage savant de sa bouche, de sa langue et de ses doigts…

- Sev'… balbutia Harry. Viens, je… maintenant ! S'te plaît…

La verge violacée du jeune homme quitta aussitôt la bouche chaude qui l'accueillait et le doigt qui titillait sa prostate ressortit au même moment de sa cachette de chair. Le Maître des Potions rejeta ses longs cheveux en arrière d'un gracieux mouvement de tête et se releva en pestant.

- J'ai laissé le lubrifiant dans ma malle. Attends une minute, Harry…

Un long gémissement de déception fut sa seule réponse et la Terreur des cachots ne put s'empêcher un petit sourire en voyant son jeune compagnon ainsi alangui. Il quitta le lit, son impressionnante érection battant la mesure à chaque pas et ouvrit la porte disloquée de l'armoire d'Harry. Il récupéra sa malle miniaturisée et la posa par terre, là où se trouvaient éparpillés ses vêtements ainsi que sa baguette magique.

- Augmento !

Avec une sorte de « pouf ! », la malle reprit sa taille initiale et le Serpentard fourragea avec agacement dans sa boite de potions d'urgence. Un petit flacon de cristal jaune à la main, il revint vers le lit et pesta en voyant Harry qui se caressait, ne pouvant pas attendre plus longtemps.

- Pas question, chaton ! Laisse-moi m'occuper de toi… murmura-t-il en grimpant sur le lit et en reprenant sa place entre les jambes légèrement poilues de l'adolescent.

- Vite ! souffla Harry, hésitant à abandonner son activité manuelle.

- Impatient ! s'amusa Severus.

Rapidement, il retira le bouchon de liège du flacon avec ses dents et le cracha sur la couverture. Il s'en imbiba largement le sexe et reprit le bouchon fugueur pour le remettre sur le col du flacon qu'il abandonna aussitôt au milieu des draps. Sans plus de cérémonie, il pointa son pénis gonflé devant l'entrée de tous les délices et donna un lent et puissant coup de rein.

Harry s'agrippa aux draps en mordant sa lèvre inférieure, sa tête renversée en arrière. Ses lunettes abandonnées, gisaient entre les deux oreillers qui garnissaient la couche. Severus, les yeux fermés et la tête levée vers le plafond s'accrocha au haut des cuisses d'Harry pour asseoir sa prise sur lui. Il tira sur les jambes repliées et entama ses coups de reins.

Bientôt, leurs deux corps se couvrirent d'une fine pellicule de sueur, et on n'entendit plus dans la misérable petite chambre que leurs murmures et leurs halètements.

- Sev'… ouiiiiii… encore… comme ça….

- Comme… ça… ? fit Severus en donnant de plus puissants coups de boutoirs dans Harry.

Le Monstre des cachots pilonnait littéralement son jeune amant, dont la tête finit par cogner dans le bois de lit. Il le fit redescendre d'une dizaine de centimètres en le soulevant comme s'il ne pesait rien.

- Mmmm… répondit Harry qui se décida à présent à accélérer les opérations.

Il prit son sexe dans sa main et commença à se caresser violemment, désespérant d'atteindre la jouissance tant espérée. Un rugissement se fit entendre : Severus adorait le voir faire ça. L'homme accentua la cadence et Harry poussa un petit cri rauque, tandis qu'il se déversait sur ses abdominaux et se laissait ensuite aller, les yeux fermés, épuisé. Severus s'allongea alors sur lui et chercha sa bouche pour un profond baiser. Leurs deux langues se caressaient encore quand l'aîné des sorciers se crispa et éjacula dans les entrailles chaudes qui l'accueillaient, en laissant échapper un râlement rauque de satisfaction. Harry resserra ses deux bras autour des épaules et du cou du professeur de Poudlard.

- Je t'aime, Sev'.

- Moi aussi, mon p'tit lion.

Ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre et la pénombre s'installa dans la pièce. Nul ne vint les déranger de la nuit et ce fut l'aube qui les tira de leur sommeil.


[1] Ben voyons… il ne ment jamais ce chérubin… on le croit, va ! Qu'ils sont naïfs…