Disclaimer : Évidemment, ils ne sont pas à moi, je ne fais que les torturer un peu.

Note : Cette fic ne prend pas en compte l'épilogue.

Message de l'auteur : Voici la suite de l'histoire qui est un peu plus courte mais c'est un tournant décisif. S'il y a des fautes d'orthographes, c'est qu'elles sont revenues s'installer quand j'avais le dos tourné !

Bonne lecture !

Chapitre 2

"Les gens ne nous font que ce qu'on leur autorise à nous faire."

Dimanche 20 Novembre, 20h57 :

_ Tu pourrais au moins faire semblant, Harry ! soupira Hermione sans lever le nez de son livre poussiéreux.

_ Pourquoi tu n'embêtes pas plutôt Ron ? marmonna le brun. Je crois qu'il est en train de baver sur son parchemin …

La brunette leva les yeux au ciel et déclara forfait : ces amis étaient irrécupérables. L'un était étalé dans une marre de bave et l'autre dégageait des ondes négatives digne de la chauve-souris des cachots dans ses pires jours. Elle se fit d'ailleurs la remarque que cela faisait bien une semaine qu'Harry ne parlait plus que par monosyllabes avant de reprendre sa lecture en griffonnant quelques phrases sur son parchemin pour son devoir de potion.

Seuls le bruit de la plume sur le papier et celui des pages qui se tournent résonnaient entre les nombreuses étagères de livres de la bibliothèque de Poudlard. Mais ils étaient fréquemment accompagnés par de longs soupirs de la part du Survivant qui justement paraissait peiner à survivre depuis une semaine.

Cela faisait une semaine, une très longue semaine qu'Harry évitait autant que possible de croiser ne serait-ce que l'ombre de Malfoy. Une semaine, sept jours, 168 heures, 10113 minutes, 604838 secondes qu'il sentait passer lentement, très lentement. 604839. Le brun vivait un véritable enfer à fuir son ennemi en permanence, il se disait lui-même que par moment cela en devenait ridicule. Mais il s'acharnait à continuer son manège car à chaque fois qu'il se laissait aller et qu'il rencontrait le regard du blond posé sur lui, il n'arrivait plus à s'en séparer et se sentait au bord du gouffre. Quel gouffre ? Il ne le savait pas, ni ce qu'il y avait au fond d'ailleurs mais il ne voulait pas tomber.

Pourtant chaque jour juste après les cours, il s'empressait de monter jusqu'à la fenêtre de son dortoir d'où il pouvait regarder à son aise Malfoy courir dans le parc sous sa forme d'animagus jusqu'à ce que la nuit tombe. Chaque jour, le blond se défoulait comme s'il essayait de se vider de toute son énergie, il courait comme si le temps n'avait plus aucune emprise sur lui. Il faisait des allé-et-venus pendant une heure entière, puis il errait quelques minutes avant de reprendre forme humaine et de rentrer au château. Et Harry le regardait totalement hypnotisé et chaque fois l'envie de descendre le voir se faisait plus grande mais il se refusait à le faire. Il ne voulait pas s'expliquer pourquoi il en mourait d'envie, il restait simple spectateur, presque voyeur.

De la même manière qu'il ne voulait pas non plus s'expliquer cette envie de retrouver les bras de Draco, de respirer son odeur, d'entendre le son de sa voix. Il ne voulait surtout pas y penser. C'est pourquoi cela faisait une semaine qu'il pataugeait dans la nostalgie de quelques brèves sensations qui enivraient encore ses sens, de quelques mots murmurés derrière lesquels il cherchait encore un sens.

Des éclats de voix le firent sortir de sa torpeur et en voyant que s'était Malfoy, Zabini et Parkinson, il se demanda sérieusement s'il n'était pas maudit. Il croisa un instant les yeux de Draco mais ce dernier détourna le regard et murmura quelques paroles à son meilleur ami d'un air étrangement paniqué.

Dimanche 20 Novembre, 21h03 :

Draco se figea en voyant que Potter était assis à une table avec Granger et la belette. Il arrêta Blaise alors que Pansy allait s'installer pour faire ses devoirs.

_ Blaise, c'est une mauvaise idée … marmonna-t-il en montrant la table à laquelle était le trio d'or d'un mouvement de tête. Je crois que ferais mieux d'aller travailler dans ma chambre.

Zabini suivit la direction que lui indiquait le blond et la connexion se fit rapidement dans son cerveau. Alors que son meilleur ami se retournait vers lui d'un air mi-encourageant, mi-irrité, Draco tritura frénétiquement la bandoulière de son sac, mal à l'aise.

_ Ça ne te ressemble pas Draco… Allez, c'est rien ! C'est mieux de travailler à plusieurs et puis tu ne peux pas continuer à fuir Potter comme la peste, ça devient ridicule.

Bon gré, mal gré, Malfoy suivit Zabini jusqu'à la table où leur amie s'était installée, c'est-à-dire juste en face de celle du Sauveur. Pansy reprit leur discussion sur le devoir de potion que Snape leur avait demandé et Blaise obligea, d'une manœuvre diabolique et muette, le blond à s'assoir de façon à être face à son ennemi. Draco se retint d'étrangler son meilleur ami qui arborait un sourire vainqueur et s'assit en prenant précaution de ne pas lever les yeux vers Harry. Il avait eu tout le temps de contempler ce dernier pendant une semaine entière, il pensait donc être repu de l'image du brun pourtant il mourait d'envie de le regarder encore.

Dimanche 20 Novembre, 21h14 :

Depuis que Draco était en face de lui, Harry avait pris un livre au hasard pour tenter de s'occuper, ou du moins faire semblant. Mais il ne put s'empêcher de jeter des œillades vers son ennemi qui se rongeait les ongles comme on ronge son frein. Le brun lui jeta des coups d'œil de plus en plus fréquemment jusqu'à ce qu'il le voit lever les yeux vers lui. Harry détourna alors farouchement les yeux puis il attendit qu'il ne le regarde plus pour le regarder de nouveau.

Une sorte de jeu s'installa entre les deux ennemis. Le brun le regardait, puis s'était le Serpentard et quand il ne sentait plus la chaleur du regard du blond sur lui, Harry levait les yeux à son tour. Les regards devenaient de plus en plus appuyés, ils se croisaient presque mais continuaient de jouer, cherchant et attendant l'autre pour finalement l'éviter. Comme un aimant placé devant le pôle opposé d'un autre aimant.

Leur étrange manège digne d'enfants les fit sourire. Mais un raclement de gorge fit sursauter Harry et coupa court à leur jeu. Le Gryffondor se retourna vers la responsable qui s'avérait être Hermione. Elle le regarda avec interrogation, ce qui fit rougir le Sauveur qui baissa la tête d'un air coupable. La brunette eut un demi sourire à cette réaction, elle connaissait bien son ami et avait parfaitement deviné ce qui le chamboulait depuis une semaine. Mais elle ne dit pas un mot.

Après quelques secondes d'hésitation, le brun releva un regard moins assuré vers sa Némésis et tomba directement sur ses yeux gris posés sur lui. Cette fois-ci il ne put détourner les yeux, le regard arrogant de Malfoy le choquait et l'hypnotisait en même temps. Il sentait le blond l'examiner sous toutes les coutures et chaque endroit où il posait son regard semblait prendre feu comme si son sang bouillait sous sa peau. Le sentiment d'être déshabillé du regard par Draco fit rater un battement à son cœur et quand il reprit sa course, ses battements résonnèrent dans toute sa cage thoracique. Très mal à l'aise et rouge écrevisse, il croisa les bras sur son torse dans la vaine tentative de se cacher.

La voix d'Hermione le sortit de sa position à la limite du désagréable et lui permit de décrocher son regard de celui de Malfoy.

_ Harry, j'y vais. Il faut que je m'occupe de Ron-la-larve-humaine-qui-dort-comme-une-masse-sur-son-parchemin … Alors est-ce que tu pourrais remettre les livres à leur place ?

_ Bien sûr, vas-y. Je rangerais, répondit le brun avec une tentative ratée de sourire.

Après qu'Hermione soit partie en trainant Ron derrière elle, Harry posa son front contre le livre qu'il avait en face de lui, ne voulant en aucun cas recroiser le regard hypnotique de sa Némésis. Il ferma les yeux et essaya de penser à autre chose qu'au blond qui l'observait encore.

Un quart d'heure plus tard, les Serpentards partirent eux aussi et le blond trouva une excuse bancale afin de rester. Pour le plus grand malheur du brun, il ne restait donc plus que lui et Malfoy dans cette grande bibliothèque déserte. Ce dernier ne bougeait pas, en fait aucun des deux ne faisait un mouvement de peur de briser l'instant. L'air qui les séparait était parcouru d'un courant de cinq-cents voltes et cela commençait doucement à enflammer le Gryffondor qui se ratatinait de plus en plus sur sa chaise.

Harry décida finalement qu'il valait mieux qu'il s'en aille au plus vite, il prit donc les livres qui restaient sur la table et partit entre les rayons pour aller les ranger. Et surtout pour échapper à l'atmosphère électrique qui régnait dans la bibliothèque depuis un petit moment.

Dimanche 20 Novembre, 21h38 :

Draco observa Potter disparaître entre les rayons d'une démarche maladroite et décida de le suivre pour lui parler. Il voulait simplement lui parler. Car en quelques jours il y avait eu de nouveaux éléments improbables à ajouter à l'équation. Durant cette semaine, les rumeurs s'étaient répandues, se déformant, s'épaississant, et avaient rampé d'une bouche à une autre jusqu'à l'atteindre lui. C'est ainsi qu'il avait appris que le Golden Boy ne sortait plus avec Ginny Weasley.

Il avança lentement vers le brun, un livre à la main. Harry lui tournait le dos mais il vit très bien sa crispation quand il l'approcha. Étouffant son envie soudaine de faire demi-tour, le blond remit son livre en place alors que le Gryffondor faisait de même dans son dos, sur les étagères opposées. Il attendit un petit moment avant d'articuler à voix basse :

_ Hé Potter, ça va ?

Harry sentit un long frisson le parcourir au son de cette voix qui lui avait tant manqué. Ses mains se mirent à trembler, menaçant de faire tomber les livres qu'elles tenaient. Il ferma douloureusement les yeux et tenta de se reprendre.

_ Pas vraiment, articula le brun, un brin irrité.

Il n'en revenait pas que Malfoy ose lui poser une telle question. Si ça allait ?! Non ça n'allait pas du tout. Il était épuisé et il se sentait faible dès que le blond se trouvait dans la même pièce. Une sensation semblable à l'angoisse lui broyait le ventre, son cœur faisait du cent mètres sur place et tout son corps était fébrile. Alors non physiquement ça n'allait pas.

Depuis une semaine son cerveau marchait jour et nuit, provoquant des insomnies durant lesquelles il se torturait la tête à cause du blond pour ensuite s'énerver et se demander pourquoi il pensait encore à cela. Alors mentalement non plus ça n'allait pas. Ça n'allait pas tout court. Malfoy pouvait donc aller se faire voir avec ses ''ça va ?'' parce que c'était à cause de lui que ça n'allait pas ! Et il était sûr que le Serpentard jubilait de le voir dans cet état.

Harry prit une grande inspiration pour se calmer, mais c'était peine perdue. Draco était à moins de deux mètres de lui ce qui mettait efficacement ses nerfs en pelote.

Aucun des deux ennemis ne se retourna, ils essayaient de contenir leur envie de sauter sur l'autre du mieux qu'ils pouvaient. Mais cette envie avait eu le temps de prendre des proportions immenses en une semaine et aurait bientôt fini de les consumer totalement.

Et leur discussion des plus bizarres continua :

_ Je suppose que toi tu te portes comme un charme, non ? demanda Harry, énervé.

Le Survivant entendit Draco émettre un petit ricanement puis se déplacer pour murmurer un sort de silence autour d'eux. Le brun se retourna précipitamment vers son ennemi, légèrement inquiet, et le vit avancer vers lui avec un air qu'il ne put que qualifier de dangereux sur son visage. Harry regarda avec une lueur d'espoir la seule échappatoire qui se présentait à lui, mais elle se trouvait malheureusement derrière le blond qui arborait un étrange sourire.

_ Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il d'une voix tremblante.

Harry avait un vraiment très mauvais pressentiment. Oui, le fait qu'il se retrouve seul avec Malfoy dans une bibliothèque déserte, que personne ne puisse les entendre ni les déranger et qu'il ait terriblement envie de se retrouver coller à lui ne présageait rien de bon. Il devait trouver un moyen de s'en sortir indemne.

_ Me porter comme un charme ? J'aimerais bien, fit Draco avec un sourire amer, en ignorant sa question.

Le Gryffondor avait déjà vu ce sourire auparavant mais n'étant pas préparé à recevoir une attaque frontale, il lui fit le même effet que la première fois : il resta figé sous le poids de la douleur qu'il voyait danser sur les lèvres du blond.

La voix de Malfoy laissait transparaître tout ce que son visage retenait et le brun sentit un frisson le parcourir. Il ne s'y habituerait jamais. Il finit par détourner les yeux, un peu honteux et les joues en feu, en disant avec un sourire qui faisait écho à celui de son ennemi :

_ Apparemment on est pareils …

_ Pareils ? demanda le Serpentard presque amusé par ces propos. Comment veux-tu qu'un bourreau et sa victime soient ''pareils'' ? Tu ne vois pas que je me suis jeté de moi-même dans tes filets. Tu me laisses juste mourir pour finalement me réanimer d'un coup d'œil. Et je rêve du moment où tu m'achèveras. Mais tu n'en fais rien. Tu ne remarques même pas que j'ai arrêté de me débattre.

A chaque mot qu'il prononçait, Draco faisait un pas en avant jusqu'à bloquer le brun contre le mur, à chaque mot son sourire s'effaçait un peu plus, à chaque mot le Gryffondor sentait une boule grossir dans sa gorge, menaçant de l'étouffer. Quand les paroles de Draco firent un deuxième tour dans son cerveau, Harry baissa un peu plus la tête et ferma les yeux. Il commençait à frôler une révélation qui lui donnait le vertige, il ne voulait pas comprendre ce que Malfoy lui disait, il ne voulait pas comprendre tout ce que cela impliquait. Il voulait partir, il ne supportait pas de se sentir aussi vulnérable, il voulait juste s'en aller.

_ Jolie métaphore, murmura le brun qui ne savait plus où se mettre.

_ Mouais … fit Draco avec un petit rire amer. Et je n'aurais jamais dû te dire tout ça.

Le Serpentard voyait très bien dans quel trouble il jetait Harry et une partie de lui voulait continuer pour qu'il sache la vérité, pour qu'il sache tout ce qu'il endurait par sa faute. Mais une autre voulait simplement enterrer tout cela, lui rappelant que vider son sac ne servirait à rien. Il observa plus attentivement le brun et remarqua qu'il tentait de s'éloigner de lui quitte à se fondre dans le mur, mais surtout qu'il réprimait ses tremblements. Draco voulut alors le rassurer mais se ravisa en se rappelant qu'il ne devait pas, pas sa Némésis, pas lui. Il devait rattraper le coup, faire comme d'habitude. Comme d'habitude :

_ Oh allez Survivor, tu ne vas pas me dire que c'est à cause de moi si t'es dans cet état quand même !

Harry releva la tête dans un mouvement rageur, il était à la fois fébrile, énervé, incertain et complètement à bout de résister à cette folie qui s'emparait de lui, ce qui donnait un résultat plutôt explosif.

_ Bien sûr que si c'est à cause de toi ! s'emporta-t-il en le fusillant du regard. Tout ça c'est de ta faute ! Tu me dis des trucs bizarres pour ensuite faire comme si de rien était et quand je commence à m'en remettre tu recommences ! Tu me fais me sentir faible dès que tu m'approches et même quand tu n'es pas là tu t'arranges toujours pour ramper sous ma peau. Je ne dors plus la nuit à force de me demander pourquoi j'y pense encore ! C'est insupportable et ça me rend dingue !

Quand Harry eut finit de tout déballer, à bout de souffle, le blond ne put retenir un petit sourire satisfait de venir flotter sur ses lèvres. Il ne pensait apparemment pas à sa rupture mais à lui. Il pensait à lui… Draco voyait cela comme une victoire.

Mais quand le brun le vit sourire, c'en fut trop, il grinça un ''Ok j'ai compris'' d'un ton hargneux puis poussa le Serpentard de toutes ses forces pour s'en aller, mais il ne réussit à le faire bouger que de quelques centimètres.

Et il aurait dû s'y attendre, Malfoy le retint en lui attrapant le bras. Harry se retourna furibond et se fit directement happer par le regard de son vis-à-vis qui calma sa colère presque instantanément.

A partir de ce moment-là, tout devint flou pour le Gryffondor. Et son cerveau saisit alors le confus avec clarté et le distinct avec trouble.

Sa respiration s'accéléra, il fit un pas en avant. Draco resserra sa prise sur son bras, ses jambes flageolèrent. Draco s'approcha de lui, son cœur fit un bond hors de sa poitrine.

Un instant ils avaient peur, le suivant ils étaient libérés. Un instant ils le voulaient, le suivant ils l'avaient. Un instant ils se fixaient, le suivant ils se sautaient sauvagement dessus.

Les regards se croisaient, les yeux se fermaient, les souffles se mêlaient, les corps se collaient, les lèvres s'épousaient, les langues dansaient, tout se mélangeait. Les mains découvraient, exploraient, s'aventuraient, s'égaraient. Les doigts agrippaient, froissaient, glissaient, caressaient, griffaient. Les jambes s'entremêlaient, s'enroulaient. Les bassins ondulaient, les cœurs suivaient.

Les pupilles se dilataient, les poils s'hérissaient, les frissons défilaient. Les pulls tombèrent, les lèvres s'effleurèrent une fois, puis deux, laissant les sourires naitre, les gémissements grandir et l'appréhension mourir.

Dans un souffle, Harry se fit soulever de terre et se retrouva assis sur une table devant les étagères, les jambes autour des hanches de Draco qui vint ravager sa bouche. Les lèvres furent maltraitées, les tee-shirts réduits en charpie, les fermetures des pantalons à moitié arrachées. Ils s'agrippaient l'un à l'autre, soufflaient leur nom, cherchaient le contact dans des mouvements pressés. Ils n'avaient plus aucun contrôle sur la situation, plus aucune limite, tout n'était plus que soupirs et grognements. Les coups de reins étaient de plus en plus appuyés, les gémissements de plus en plus érotiques et leurs mouvements étaient de plus en plus violents, incontrôlables.

Les sensations s'intensifièrent, la température continua son ascension jusqu'aux sommets, le plaisir s'accumula. Les mains s'immiscèrent dans la bataille, les bouches s'entrechoquèrent et la jouissance les prit par surprise les faisant se libérer alors qu'ils avaient encore leurs pantalons.

Il y eut un dernier baiser dans la retombée de la fièvre, un geste de tendresse qui passa presque inaperçu, un dernier contact avant que Draco ne se décolle du corps du brun.

Harry crut bien mourir quand le blond s'éloigna de lui et il ne fut capable que d'émettre un geignement de frustration, presque de manque.

Complètement sonné par ce qu'il avait osé faire, le Serpentard déposa ses doigts sur ses lèvres légèrement gonflées sur lesquelles il pouvait sentir le fantôme de celles d'Harry.

_ J-Je suis … désolé, balbutia le blond d'une voix rauque qui fit presque gémir le Gryffondor.

Et en une seconde il était parti, laissant un Harry pantelant complètement choqué qui resta adossé contre les étagères, assis sur la table, bras ballants et jambes encore écartées.

Dimanche 20 Novembre, 22h29 :

Son cerveau fut incapable de formuler ne serait-ce qu'une phrase correcte alors il ramassa son pull et son tee-shirt qui avaient atterri quelques mètres plus loin, sans prendre la peine de les enfiler correctement. Il se lança un rapide sort de nettoyage avant de marcher avec la lenteur d'un esprit errant jusqu'au portrait de la Grosse Dame. Presque effrayée, cette dernière le laissa entrer sans attendre qu'il prononce le mot de passe. Harry se traina à l'intérieur de la Salle Commune en direction des dortoirs mais fut arrêter dans son élan paresseux par un bras qui l'agrippa.

_ Mais qu'est-ce que tu as encore fait ? demanda Hermione en détachant chaque syllabe et en détaillant l'accoutrement du Survivant.

Alors qu'il se refusait catégoriquement à réfléchir à ce qui venait de se passer, la question de la brune l'y obligea et en quelques secondes un raz-de-marée de pensées confuses perça les brumes de son esprit. Oh non, il ne lui dirait rien. Ce serait vraiment une mauvaise idée de la mettre dans la confidence. Il afficha un sourire ironique qui jurait totalement avec l'état dans lequel il était intérieurement.

_ Je crois que je viens de faire une bêtise, lui répondit le Sauveur en passant nerveusement sa main sur la nuque.

Hermione désigna ses habits en vrac et le désordre de ses cheveux du doigt en demandant :

_ Une bêtise comme dans ''les enfants font des bêtises dans le noir et les bêtises dans le noir font des enfants'' … ?

Le brun sourit encore une fois en se disant qu'entre deux hommes ces bêtises-là ne pouvaient en aucun cas faire d'enfants. Mais son sourire s'effaça rapidement quand il se rendit stupidement compte de qui lui avait donné tant de plaisir.

_ Ça risque pas … C'était pas avec une fille, grinça le brun en baissant les yeux, ne voulant finalement qu'abréger cette torture.

Le problème ne résidait pas dans le fait que ce soit avec un homme. Il savait préférer les hommes depuis longtemps déjà. Le problème c'était que ce soit avec sa Némésis. Mais qu'est-ce qui lui avait pris ? Lui qui voulait s'en sortir indemne, c'était raté. Il se retrouvait encore plus amoché qu'avant avec sûrement deux ou trois suçons en cadeau.

_ Mais comment est-ce que tu t'es débrouillé pour- …. Je t'ai quand même laissé dans la bibliothèque avec comme seule compagnie des Serpentards ! Et pas n'importe lesquels : la fouine et ses-

Elle ne finit pas sa phrase, trop choquée par ce qu'elle venait de réaliser pour dire un mot de plus. Comprenant qu'elle venait de saisir avec qui il avait fait sa 'bêtise', Harry devint rouge vif et évita son regard comme il put alors qu'elle s'approchait de lui, presque menaçante.

_ Non, quand même pas … fit-elle sur le ton de l'évidence, comme si ce qu'elle venait d'imaginer était tout à fait absurde. Harry, t'as pas fais ça …

Le brun ferma douloureusement les yeux. Il savait que c'était dur à croire et pourtant, il mentirait s'il disait qu'il n'y avait jamais songé. Il pouvait déjà l'entendre lui dire que c'était le prince des Serpentards et que c'était dégoûtant. Mais Hermione explosa soudainement, sans qu'il ne s'y attende :

_ Pas dans la bibliothèque quand même ! s'exclama-t-elle totalement outrée.

La surprise passée, ce fut le choc qui prit place. Harry n'en revint pas qu'elle se préoccupe plus de sa chère bibliothèque que de son partenaire de batifolage. Mais il se retint de justesse d'en faire la remarque à Hermione puisque cela l'arrangeait qu'elle ne fourre pas son nez dans cette embarrassante affaire. C'est donc avec un air faussement blasé que le brun lui répondit :

_ Rassure-toi, on n'a pas abimé tes précieux livres !

Juste après ces mots, il fit mine d'être fatigué. Il s'excusa auprès de son amie pour ensuite se réfugier le plus rapidement possible dans son dortoir. Le Sauveur ne vit donc pas le sourire en coin de sa meilleure amie.

Quand il referma la porte, Harry poussa un soupire, soulagé d'avoir échappé à un interrogatoire auquel il n'aurait su quoi répondre. Sous les ronflements de ses amis, le Survivant alla s'affaler mollement sur son lit en soupirant de nouveau, sans prendre la peine de se déshabiller. Il retira paresseusement ses chaussures avec ses pieds de manière à ne pas avoir à se lever puis il se glissa sous ses draps.

Comme tous les soirs depuis une semaine, il ordonna à son cerveau de ne surtout pas fonctionner. Mais comme tous les soirs depuis une semaine, son cerveau lui désobéit. Et Harry se remémora contre son gré toutes les sensations qu'il avait ressenti. Cela lui envoya un frisson glacé tout le long de la colonne vertébrale. Il se rappela que chaque caresse lui avait fait l'effet d'une décharge électrique, que chaque baiser lui avait fait tourner la tête, que le corps de Draco l'avait privé de tout moyen de résistance et l'avait empêché de ressentir autre chose que sa chaleur. Qu'il en voulait toujours plus et qu'il avait pensé ne jamais en avoir assez. Mais surtout qu'il s'était sentit enfin complet dans ses bras.

_ C'était totalement indécent… souffla-t-il les joues en feu, en posant ses mains sur ses yeux qui commençaient à le piquer.

Bien qu'une partie de lui sautait de joie suite à leur rapprochement quelque peu jouissif, une autre bien plus importante se sentait encore plus mal qu'avant. Il s'arracha presque les cheveux alors que la question qu'il détestait le plus s'insinuait doucement en lui comme pour le narguer. Pourquoi ? Pourquoi le blond a-t-il fait ça ?

Quelque soit la réponse, Harry était certain qu'elle ne le satisferait pas. Alors quelque soit la réponse, il décida de remettre de la distance entre lui et Malfoy même s'il savait que c'était trop tard. Même si le blond n'avait laissé que du vide là où son cœur aurait dû se trouver. Il était prêt à reconstruire les barrières que le Serpentard s'était amusé à détruire comme s'il s'agissait de simples dominos, s'il le fallait. Il était près à faire comme si rien ne s'était passé, à l'ignorer à longueur de journée s'il le fallait. A l'insulter comme au bon vieux temps, à se lancer un sort d'Oubliette s'il le fallait.

S'il le fallait pour réussir à ne plus se retrouver face à lui, pour ne pas avoir à regarder la vérité en face.

Dimanche 20 Novembre, 22h32 :

Ne remarquant même pas qu'il venait de battre un record de vitesse à la course, Draco se laissa tomber dans un fauteuil de sa chambre. Le cœur prêt à exploser et la respiration haletante, il se prit la tête entre les mains.

Comment en était-il arrivé là ? Comment avait-il fait pour oser lui faire ça ? Il n'arrivait pas à comprendre ce qui lui arrivait. Il avait enchaîné bourde sur bourde et il se permettait de profiter de la situation. Il se sentait minable même s'il était conscient que c'était l'effet qu'Harry lui avait toujours fait.

Il était contraint de se plier aux folies que ses sentiments lui faisaient faire. Et maintenant il ne pouvait que contempler les dégâts.

Il ne savait même plus si le brun avait essayé de le repousser ou non. Il ne savait plus s'il avait vraiment répondu à chacun de ses baisers et chacune de ses caresses ou si ce n'était que le fruit de son imagination. Il ne savait plus si les gémissements qui résonnaient encore dans ses oreilles étaient réels ou s'il les avait rêvés.

Il savait simplement que si cela avait été quelqu'un d'autre dans la même situation, il n'aurait pas hésité une seconde. Alors qu'avec lui il doutait en permanence. D'une autre personne, il aurait même attendu qu'elle le supplie. Mais Harry n'aurait jamais fait cela. Et c'était peut-être ce que Draco aimait chez lui, il ne le savait plus.

Pourtant il détestait le fait que lui, prince des Serpentards, se retrouve à l'état d'esclave prêt à tout pour une seule et même personne. Harry avait les pleins pouvoirs sur lui, il l'avait à sa merci mais cela il l'ignorait. Le Gryffondor ne voyait pas qu'en un mot il pourrait le détruire ou le rendre plus fort, l'achever ou panser toutes ses blessures. Il lui faisait ressentir des sentiments qui le blessaient comme jamais aucune autre personne n'aurait eu l'audace de lui faire subir. Et il pouvait bien le faire ramper à ses pieds si cela lui plaisait, il pouvait marcher sur son cœur si cela l'amusait, le blond reviendrait toujours vers lui.

Mais pour l'instant il devait prendre une décision, choisir une direction à suivre. Il s'était jeté sur lui, et malgré le fait qu'il aurait put se trouver des centaines d'excuses véridiques et valables, il ne se le pardonnait pas. Il ne savait pas pourquoi le Survivant s'était à moitié laissé faire mais il était certain que ce n'était pas ce qu'il espérait. Que c'était simplement parce qu'il était frustré ou en manque à cause de sa rupture avec la belette femelle. Il l'avait peut-être même utilisé comme un défouloir.

Et malgré les innombrables hypothèses qui gambadaient dans sa tête, Draco n'eut pas le cran de jouer avec l'idée que le brun pourrait avoir un semblant de sentiment pour lui.

Alors, plus par peur d'un rejet qu'autre chose, il finit par décider de laisser Harry tranquille. Il était même prêt à s'excuser si cela pouvait effacer son dérapage.

A suivre.

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