Disclaimer : Évidemment, ils ne sont pas à moi, je ne fais que les torturer un peu.
Note : Cette fic ne prend pas en compte l'épilogue.
Message de l'auteur : Voila la suite comme promis ^^. J'ai oublié de vous le dire mais merci pour vos merveilleuses reviews :) ! Encore un fois, s'il y a des fautes d'orthographes, c'est qu'elles sont revenues s'installer quand j'avais le dos tourné !
Bonne lecture !
Chapitre 3
"Emmène-moi ou laisse-moi mourir"
Lundi 21 Novembre, 07h32 :
Ce matin-là, Harry se fit réveiller par la douce et mélodieuse voix de Ron qui lui hurlait comme un hippogriffe enragé de se dépêcher. Tout en quittant son lit à contre cœur, le brun grogna et marmonna que c'était cruel de le réveiller alors qu'il venait à peine de trouver le sommeil. La journée commençait mal.
Il s'enferma dans la salle de bain et, quand il croisa son reflet dans le miroir, les événements de la veille lui revinrent comme une grande claque dans la figure. Son cou était orné de trois énormes suçons presque noirs. A cette découverte, il retira avec empressement son pull et son tee-shirt avec lesquels il avait dormi et vit cinq autres marques descendant jusqu'à ses côtes. Il contempla ces marques avec horreur avant de soupirer et de se décider à prendre sa douche.
Mais lorsqu'il commença à déboutonner son pantalon, Harry se rendit compte de quelque chose de très désagréable entre ses jambes : son sperme séché le collait. Il nota mentalement d'essayer de mobiliser plus d'un neurone pour lancer un sort de nettoyage la prochaine fois. Il poussa un nouveau soupire, exaspéré, et balança rageusement son caleçon crasseux à l'autre bout de la pièce. La journée commençait vraiment mal.
Après s'être préparé, Harry se fit trainer jusqu'à sa Salle Commune comme un vulgaire pantin. Puis, Merlin seul sait comment, il se retrouva à marcher vers la Grande Salle. Ou plutôt il se retrouva à se laisser emporter par le troupeau de Gryffondors affamés qui couraient vers leur petit-déjeuner. Lui n'avait aucune envie de voir ne serait-ce qu'une petite cuillère et son estomac était bien trop serré pour émettre la moindre remarque.
Il appréhendait énormément le moment où il croisera sa Némésis suite aux évènements de la veille. Mais il était certain que le choix qu'il avait fait était le meilleur, il devait simplement faire comme avant et l'éviter autant que possible. Oui c'était la meilleure chose à faire et même s'il voulait des explications, il ne reviendrait pas sur sa décision.
Alors en ce moment, tout en se laissant entrainer par le flot d'adolescents, il tentait de ramasser les miettes de son courage de Gryffondor pour ne pas se défiler et continuer à avancer vers la Grande Salle.
Mais soudain, il sentit une main glisser le long de son bras puis agripper son poignet et le tirer hors de la foule dans laquelle il baignait. Et en à peine deux secondes, il se retrouva brutalement plaqué contre un mur. Quand il rouvrit les yeux qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir fermé, il tomba nez-à-nez avec un torse qu'il commençait à connaître.
Lundi 21 Novembre, 07h35 :
Tout en le collant contre le mur, Draco tentait de cacher Harry grâce à son corps pour que personne ne les remarque ou n'ose venir les déranger. Alors qu'il regardait plus ou moins patiemment que la horde d'élèves ait fini de s'engouffrer dans la Grande Salle, il sentit le brun enfermé entre son corps et le mur retenir son souffle. Il fut forcé d'admettre que cette position n'était pas la meilleure pour garder son sang-froid lorsqu'il remarqua que sa propre respiration n'était plus tout à fait calme.
Quand le dernier élève eut enfin disparu, le blond s'éloigna à regret du Gryffondor.
_ Qu'est-ce que tu me veux ? demanda durement le Sauveur en essayant de se dégager de son emprise.
Harry n'était vraiment pas d'humeur pour essayer ne serait-ce que d'envisager de réfléchir au comportement de Draco et encore moins à contenir les réactions de son corps. Alors se retrouver aussi prêt de son ennemi à une heure pareille n'était vraiment pas une bonne idée.
_ Te parler, répondit le Serpentard d'une voix froide.
Rien que le son de sa voix fit fondre la colère et la nervosité du Survivant qui sentit son irritation lui échapper en glissant entre ses doigts comme du sable. Qu'est-ce qu'il pouvait détester la voix du Serpentard parfois !
Pour ne pas céder, le brun se répéta frénétiquement qu'il avait décidé de recreuser un fossé entre eux deux. Un fossé que Draco traversait sans aucune peine alors qu'il comblait peu à peu les quelques centimètres qui les séparaient. Recreuser un fossé. La main chaude du blond se fraya un chemin sous la manche de son pull. Recreuser un fossé. Elle alla caresser la peau fine de son poignet. Recreuser un fossé. A ce simple contact Harry sentit ses jambes devenir flageolantes.
_ Te rassurer en fait, souffla Draco au creux de son oreille.
Le brun ferma douloureusement les yeux quand ces mots eurent franchit ses lèvres. Il serra les dents quand l'odeur à la fois douce et bestiale du blond enivra ses sens. Il se mordit la lèvre quand la chaleur de ses mains sur ses hanches lui donna un délicieux vertige. Il grogna quand il se sentit agréablement pressé contre le corps du Serpentard.
Et il abandonna toute idée de résister quand les battements étrangement rapides du cœur du Serpentard traversèrent sa poitrine.
Alors que ces battements accompagnés par les siens résonnaient au creux même de ses oreilles et qu'il se disait qu'il était encore plus sensible que la veille, Draco lui murmura :
_ Je serais sage.
Il prononça froidement ces mots au sens ambigu et retira brusquement ses mains du Gryffondor, le privant de son tendre supplice. Le brun écarquilla les yeux, s'attendant à tout sauf à cela.
Draco savoura encore une fois l'expression d'incompréhension qu'il faisait naître sur le visage du Sauveur. Cela lui procurait un sentiment de satisfaction de se dire qu'il se vengeait de tout ce qu'il lui faisait ressentir. Ce n'était franchement pas malin mais il se sentait à l'abri de ses sentiments quand il se prouvait à lui-même qu'il arrivait à lui résister. Et il avait un ''avantage'' : le brun n'avait sûrement toujours pas compris pourquoi il agissait ainsi avec lui. Peut-être ne cherchait-il même pas à comprendre. Et puisqu'il contrôlait la situation, le brun ne trouverait pas de sitôt.
Le blond changea rapidement d'avis quand il vit Harry relever vers lui un regard des plus sombres. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas eu droit à un tel regard. Et alors que Draco se faisait voler les commandes de la situation, les rôles s'inversèrent. Et même s'il n'en laissa rien paraître, ce fut au blond d'être perdu.
Lundi 21 Novembre, 08h13 :
Harry refusait de se laisser faire. Il s'était peut-être fait avoir encore une fois à cause de son attirance physique pour le Serpentard mais il comptait bien faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Et surtout que Draco ne découvre pas que ce qu'il ressentait ne s'arrêtait pas à une simple attirance.
Il ne s'inclinerait plus devant lui pour se laisser dévorer comme une vulgaire friandise. Il voulait le rassurer en lui disant qu'il serait sage ? Qu'il le fasse.
_ Alors lâche-moi, finit par grincer le brun.
Harry essaya de ne pas détourner les yeux pour lui prouver qu'il était résolu mais face à lui, il restait toujours incertain. C'est pourquoi il tourna la tête sur le côté, afin d'échapper à son regard transperçant.
Suite à cet ordre, Draco ne bougea pas d'un pouce et chercha à comprendre pourquoi le brun se comportait ainsi. Il n'avait pourtant pas l'air en colère malgré ses sourcils froncés. Il ne semblait pourtant pas dégoûté par le blond vu ses réactions et la rougeur intense de ses joues. Il ne semblait simplement pas vouloir quitter ses bras. Alors quoi ? Il résistait ? Il niait son attirance pour lui ? Le Gryffondor croyait vraiment en être capable ? Cette évidence qui aurait pu flatter ou faire sourire Draco, fit monter en lui un flot de colère. Il ne pouvait pas tolérer ça. En aucun cas.
Pourtant il le fit et se retint de l'embrasser sauvagement pour lui retirer tout moyen de nier ce qu'il y avait entre eux. Pour lui faire sentir jusque dans l'arrière-goût amer qu'il lui aurait laissé que son corps, à défaut de son cœur, lui appartenait et ne demandait que ça.
Au lieu de cela, il déposa lentement ses doigts sur l'un des suçons qu'il avait fait la veille dans le cou de son vis-à-vis, récoltant un soupir tremblant de la part du Gryffondor. Le blond laissa glisser ses doigts sur la peau brûlante de sa nuque, puis appuya légèrement sur la zone rendue sensible avec son pouce. Voyant le Sauveur fermer les yeux, il enfonça doucement son ongle sur la trace violacée et laissa échapper un peu de sa magie pour la rendre invisible.
A cette caresse, Harry sentit un courant électrique comme il n'en avait jamais ressenti avant se propager en lui. Sous la violence de cette stimulation, ses jambes se dérobèrent soudainement sous son poids comme si elles s'étaient transformées en guimauve et il s'effondra contre le mur en glissant maladroitement le long du corps de Draco.
Le blond ne fit rien pour le retenir, ni pour le relever. Il lui lança un regard dur et partit, le laissant là, assit parterre et tremblant comme une feuille.
C'était la troisième fois que le blond lui faisait la même coller à lui sans prévenir, allumer un incendie en lui et lui dire des choses étranges. A chaque fois il finissait par l'abandonner et à chaque fois le Survivant se sentait plus mal que la précédente. Harry eut l'impression que son cœur allait briser sa cage thoracique tellement il lui faisait mal. Assiégé par cette douleur étrange, le brun ramena ses jambes contre son torse et enroula ses bras autour. Il se dit que, dans ces conditions, remettre de la distance entre eux s'avérerait beaucoup plus difficile que prévu. Surtout s'il suffisait au Serpentard de s'approcher de lui pour faire tomber toutes ses défenses. Malfoy avait le don de le faire se sentir pathétique, il n'avait plus aucun doute là-dessus.
Mais qu'était-il censé faire maintenant ? Devait-il l'ignorer ou lui répondre ? Devait-il le dissuader ou l'encourager ? Devait-il continuer à se débattre pathétiquement ou se laisser engloutir avec le sourire ?
Il devrait peut-être demander conseil à Hermione finalement.
°0oOo0°
Mardi 22 Novembre, 12h 04 :
Draco fut le dernier à sortir du cours d'Enchantements en trainant les pieds. Son corps lui paraissait lourd et ralenti, chaque geste qu'il faisait était comme vain. Il avait l'impression d'être enlisé dans des sables mouvants. Il était complètement décollé de la réalité, l'agitation qui l'entourait ne lui parvenait que par éclats de voix et mouvements flous. Le blond se fit bousculer mais ne réagit même pas. Lui, qui en temps normal se serait fait une joie de mettre l'ingrat qui avait osé le toucher plus bas que terre, reprit simplement sa marche d'un pas mal-assuré.
Il avança dans un couloir bondé les yeux rivés à ses chaussures, en direction des cachots afin de récupérer ses affaires pour ses cours de l'après-midi. Mais il sentit soudain une personne passer dans le sens inverse sur sa droite. Sur son passage elle laissa une douce odeur qui vint chatouiller les narines du blond, l'enivra un instant puis monta jusqu'à son cerveau et l'embua totalement. Il connaissait ce parfum et le reconnu sans se souvenir où il l'avait respiré la dernière fois.
Oui, il le reconnut nostalgiquement comme on reconnait l'odeur des pins qui hante ses souvenirs d'enfance, l'odeur d'une tarte aux abricots sortant du four qui enivre une maison entière, l'odeur de soleil que l'on respire à plein poumons dans l'écharpe et les cheveux de sa mère en se jetant dans ses bras quand elle rentre enfin, l'odeur de poussière et de vieux bois que l'on subit en jouant à cache-cache dans le grenier, l'odeur du papier jauni d'un livre qui surgit quand on en tourne les pages trop fines, l'odeur du sol mouillé après une averse d'été qui plane sur un village, l'odeur rassurante de café et de tabac frais qui persiste dans une étreinte paternelle, l'odeur chaleureuse qui nous accueille quand on ouvre sa porte d'entrée, l'odeur d'un apéritif qui envahit toute une terrasse, l'odeur de liberté qui tournoie quand on fait de la balançoire au fond du jardin, l'odeur de terre et d'aventure qui signe une cabane réussie, l'odeur d'un chocolat chaud que l'on déguste qui embrase une après-midi dans le froid, l'odeur du blé et de l'insouciance qui nous traverse le corps quand on court dans un champs jusqu'à en perdre haleine.
Mais cette odeur-là ne parvenait pas à trouver sa place dans les tiroirs de ses souvenirs, c'est pourquoi il tourna brusquement la tête vers sa source. Et dans un mouvement de parfaite symétrie avec le sien, la personne au doux parfum singulier se retourna vers lui. Draco plongea alors dans le regard confus d'Harry.
Il se remémora alors que c'était effectivement le parfum du Gryffondor. L'odeur de ses cheveux bruns était celle de l'amande, douce et reposante, tandis que celle de sa peau était musquée, masculine et presque salée. Et le contraste de ces deux fragrances marquait un mélange qui lui faisait tourner la tête. Il parvint enfin à se souvenir où il l'avait senti pour la dernière fois : c'était le matin même dans un couloir du troisième étage, et la scène s'était déroulée sensiblement de la même manière que la suivante.
Les deux ennemis s'étaient tous les deux arrêtés au milieu du couloir et se regardaient à présent dans le blanc des yeux malgré la foule qui les entourait et les séparait, comme s'ils parvenaient à se voir au travers. Le Serpentard sentit sans surprise sa respiration se couper et son cœur se serrer. Il ne comprenait pas son expression de douleur. Le brun affichait toujours le même air quand leurs regards se croisaient. Ses lèvres étaient pincées, ses mâchoires serrées et ses sourcils froncés, ses joues se teintaient de rose et son corps entier se figeait. Il lui donnait l'impression de ne pas se sentir en sécurité, comme piégé.
Et Draco n'avait qu'une envie, le prendre dans ses bras pour effacer cette expression, l'étreindre jusqu'à ce qu'il se détende et lui raconter des histoires toutes plus stupides les unes que les autres pour le faire sourire.
C'était aussi pour cela que quand ces sentiments l'envahissaient, de peur de ne pouvoir y résister, il s'échappait du champ de vision du brun. Et il fit de même cette fois-ci, il s'en alla sans demander son reste. Il avait fait le choix de s'éloigner de lui, il devait s'y tenir.
Mais il avait beau se le répéter, il savait que c'était peine perdue. C'était trop tard, l'espoir était là et il ne le quitterait plus. Il avait réussi à s'accrocher à une paroi de sa poitrine alors que le blond tentait de l'en arracher et il ne voulait plus le quitter. Il avait prit racines, s'était développé jusqu'à en faire battre son cœur plus fort. Il ne pouvait plus s'en débarrasser. Il allait finir par recouvrir totalement sa détermination pour ne lui laisser que la brulure de l'espoir vain. Il allait dissiper l'illusion et faire apparaître son état véritable, le retransformer en homme amoureux à genoux devant le détenteur de son cœur. Et le Serpentard détestait cela mais ne pouvait rien y faire.
Mardi 22 Novembre, 12h 09 :
Après avoir encore une fois croisé le regard du Serpentard, Harry resta figé sur place à regarder vaguement le couloir par lequel il s'était enfui. Pourquoi ne soutenait-il pas son regard ? Pourquoi partait-il à chaque fois ? Pourquoi avait-il l'air énervé ? Hermione lui arracha presque le bras pour le faire sortir de sa torpeur et le trainer jusqu'à la Grande Salle.
Une fois assise, elle afficha l'air le plus sérieux qu'elle avait en réserve et fixa le brun qui se sentit immédiatement mal à l'aise. Il eut comme un mauvais pressentiment sur ce qui allait éminemment sortir de sa bouche.
_ Ça fait plus d'une semaine que je me tais et que je te regarde t'enfoncer, alors maintenant ça suffit ! Parle !
Le Sauveur savait que cela ne servirait à rien de refuser de lui parler. Alors il ferma les yeux une seconde, prit une grande inspiration et, après qu'Hermione ait lancé un sort de silence, il finit par ouvrir la bouche. Il lui raconta tout, de leur entrevue sous la pluie à celle de la veille, de ses peurs à l'évolution de ses sentiments, de ses interrogations à ses certitudes. Il commença avec hésitation, ne sachant pas comment décrire toutes ses impressions et sensations troubles, il se tortilla sur le banc en expliquant son attirance dévastatrice et la distance qu'il avait pitoyablement tenté de maintenir pour suivre sa raison. Il enchaîna sur ses craintes et il finit son récit sur sa décision de s'éloigner en la fixant droit dans les yeux d'un regard inébranlable.
L'expression d'Hermione, d'abord irrité, se fit de plus en plus douce, passant même par un sourire furtif pour la scène de la bibliothèque, pour finir compréhensive. Mais quand Harry lâcha ses derniers mots en rivant ses yeux aux siens, elle eut un pincement au cœur.
_ Mais pourquoi tu ne lui demandes pas simplement des explications ? tenta la brune, détestant voir son ami dans un tel état.
_ Je ne préfère pas entendre la réponse. Je sais que ça ne va pas me plaire, trancha le Sauveur. Et au mieux je peux espérer quoi, hein ? Qu'il m'accepte parce qu'il veut juste coucher avec moi ? …Non, je préfère vraiment ne pas lui demander d'explications. C'est mieux comme ça.
_ Comment peux-tu être aussi sûr de toi ? Il ne te drague pas ouvertement et il n'a rien tenté depuis l'autre soir, alors qui te dit qu'il te veut juste dans son lit ? demanda-t-elle, essayant réellement de l'aider.
_ Ils sont tous comme ça ! cracha-t-il avec une expression qui tendait vers la psychose. Entraînés par leurs hormones, tu crois vraiment qu'ils pensent une seconde à de quelconques sentiments ? Non, ils ont le cœur trop au sud ! Ils partent à la chasse, se donnent des défis, choisissent leur proie, lui tournent autour, la traquent et dès qu'ils l'ont attrapée, ils se tournent vers une autre ! Une fois que t'es passé par leur lit, t'es bon pour la porte !
_ Mais c'est quoi ce ''ils'' paranoïaque ?! Et pourquoi t'es si négatif ?
_ Parce qu'on n'a que dix-huit ans, Hermione ! A notre âge l'amour n'est qu'un jeu léger qui fait plus rire que pleurer !
La brune voulut argumenter mais elle vit Malfoy passer les portes de la Grande Salle et ses yeux se diriger directement vers eux. Et face à l'intense regard que le Serpentard posa sur Harry, l'esprit brillant de la jeune fille ne donna plus aucun signe de vie. Elle n'avait jamais vu quelqu'un avec un tel regard, c'était totalement démentiel. Il donnait l'impression de pouvoir écraser une armée entière à lui seul pour le Survivant, de pouvoir détruire des montagnes pour que le brun le regarde enfin autrement. Hermione comprit alors ce que voulait dire son ami en parlant d'« incapacité à résister ». Comment avait-elle fait pour ne pas remarquer cela avant ? Le blond était fou de lui, elle n'avait plus aucun doute là-dessus.
Elle se reprit finalement et, les joues légèrement rouges, lâcha d'une voix qui lui parue étrange :
_ Harry …
_ Je sais ce que tu vas dire 'Mione, mais je t'assure que c'est-
_ Non Harry, le coupa-t-elle rapidement. I-Il y a Malfoy qui te regarde bizarrement …
Mardi 22 Novembre, 12h 22 :
La première chose sur laquelle Draco tomba en entrant dans la Grande Salle fut Harry qui parlait activement avec Granger. Cela faisait plus d'une semaine que le Gryffondor ne parlait pratiquement plus à ses amis et se contentait de les accompagner, alors dès qu'il le vit, il sut de quoi il s'agissait.
Puis Potter se tourna vers lui dans un sursaut et l'expression comme pris sur le fait qu'il lui lança acheva de le persuader. Il parlait de lui. D'eux.
Il ignora comme il put son envie dévorante de faire demi-tour et avança d'un pas hésitant jusqu'à la table des Serpentard. Son ventre se tordait et ses oreilles bourdonnaient. A coup sûr Granger lui mettra en tête de lui demander des explications et si Harry le questionnait, il avait peur de ne pas pouvoir lui répondre quelque chose de plausible. Il fallait qu'il arrête ce carnage. Il fallait qu'il agisse.
Précipitamment, Draco repoussa son assiette et sortit de quoi écrire.
Mardi 22 Novembre, 12h 24 :
Un oiseau en papier atterrit doucement à côté de l'assiette vide d'Harry en frôlant sa main. Le brun fixa l'animal de papier d'un air suspicieux pendant quelques secondes, il avait vu Malfoy lui envoyer et il redoutait ce qu'il pourrait y lire. Mais n'étant pas un Gryffondor pour rien, il se décida finalement à le prendre.
Hélas Ron fut plus rapide que lui et le lui déroba sous ses yeux écarquillés par l'horreur. Harry eut beau s'égosiller en lui ordonnant de le lui rendre, le roux n'en fit qu'à sa tête. Il se leva même pour que le brun ne puisse pas l'atteindre à cause de sa petite taille et se retrouve dans une position ridicule en sautant sur place pour essayer de l'attraper. Sous les reproches et les menaces d'Hermione et Harry, il le déplia lentement avec un sourire triomphant en demandant au brun de qui venait ce mot pour qu'il se mette dans un tel état.
Mais après l'avoir défait, son sourire disparut et une moue contrariée apparut. Il retourna le parchemin. Puis le retourna de nouveau avant de s'écrier :
_ C'est nul ton truc, il y a rien d'écrit dessus !
Harry profita de sa déception pour lui arracher le bout de papier des mains en lui lançant un regard noir. Il se rassit en ignorant l'agitation que son petit numéro avec son meilleur ami venait de créer.
Il lança un regard interrogatif au Serpentard qui lui fit un signe de tête lui indiquant de regarder le papier. Harry obéit et observa l'intérieur de l'oiseau froissé. Il vit alors des lettres apparaitre peu à peu, comme des tâches d'encre qui se propagent lentement. La surprise passée, le Survivant se dit que le blond avait certainement utilisé un sort pour qu'il soit le seul à pouvoir le lire.
Si ce sont des excuses que tu veux je t'en ferais par millier mais arrête de parler de tout ça avec Granger. D.M.
S'excuser ? Draco Malfoy était prêt à s'excuser auprès de lui ?! Harry relu les quelques mots écrits par son ennemi pour s'assurer qu'il ne rêvait pas éveillé et prit peu à peu une jolie teinte écrevisse. « Par millier ». Il sentit un léger malaise le prendre en effleurant une pensée inconcevable mais il s'obligea à l'effacer avant même qu'elle n'ait complètement germé dans son esprit. Il jeta finalement un regard hésitant à Draco et vit qu'il l'observait du coin de l'œil d'un air sombre. Le Sauveur déglutit difficilement.
Mais en y réfléchissant une nouvelle fois, ce fut finalement une idée bien plus désagréable que la précédente qui s'imposa à lui et il décida rapidement de lui répondre. Il retourna le morceau de parchemin, prit une plume et de l'encre dans son sac, trempa la plume dans l'encrier et gratta quelques mots avant de renvoyer l'oiseau au Serpentard.
Mardi 22 Novembre, 12h 30 :
En réceptionnant l'oiseau de Harry, Draco hésita un moment, un nœud lui serrant l'estomac. Le brun avait eu un air plutôt contrarié en écrivant sa réponse … Mais il se rappela que c'était lui qui avait engendré cet échange écrit et il arrêta de tergiverser. Après avoir défait l'oiseau, il lut rapidement l'écriture maladroite du Gryffondor :
Rejoins-moi devant les serres. Tout de suite. H.P.
Quand il releva la tête, le blond se rendit compte que Harry était déjà partit.
A suivre.
Les reviews ne sont pas obligatoires mais quand même chaudement appréciées :)
