Disclaimer : Évidemment, ils ne sont pas à moi, je ne fais que les torturer un peu.
Note : Cette fic ne prend pas en compte l'épilogue.
Message de l'auteur : Voila la suite comme promis ^^. Merci pour vos review et encore une fois, s'il y a des fautes d'orthographes, c'est qu'elles sont revenues s'installer quand j'avais le dos tourné !
Bonne lecture !
Chapitre 5
« La confiance vient avec les années. Regarde notre passé, à quoi est-ce que tu t'attendais ? »
Mercredi 23 Novembre, 16h 12 :
Les Gryffondors venaient de sortir de leur cours de Sortilèges et, le professeur Trelawney étant absente, ils échappaient à deux heures en commun avec les Serpentards. Le trio d'or se dirigeait donc vers la bibliothèque, Hermione en tête, Ron trainant les pieds et Harry de nouveau coupé de la réalité.
En arrivant à destination, ils virent que certains Serpentards avaient eu la même idée qu'eux et les deux groupes se turent immédiatement pour mieux se regarder en chien de faïence comme deux armées qui se font face.
Lorsqu'il distingua une tête blonde dans le camp des serpents, le Sauveur sortit de la zone de sécurité qu'il s'était imposé et se retrouva à découvert. Draco en profita et lança l'offensive avec un regard plein d'espoir. Recevant l'attaque comme un coup d'envoi, Harry riposta en essayant de barricader les fenêtres grandes ouvertes sur son âme qu'étaient ses yeux. L'adversaire résista un instant mais, sentant la rupture proche, il lui asséna un regard où se mélangeait tristesse et incompréhension. Pris de court par l'émotion qui flamba dans le regard de son ennemi, le brun laissa tomber ses défenses et succomba à l'envie de prolonger leur échange.
Après de longues secondes, Harry se replia brusquement en baissant les yeux, prenant conscience de l'intensité de leur échange et se répétant que cela était une grave faute stratégique. Il battit en retraite en se cachant discrètement de sa Némésis derrière son meilleur ami.
Un énervement extrême s'abattit alors sur le visage de Malfoy qui se tourna ensuite vers Blaise et lâcha subitement dans le lourd silence de la bibliothèque :
_ Je vais courir.
Il se leva et sortit d'un pas rapide.
Mercredi 23 Novembre, 16h 21 :
Les rouge et or avaient finalement décidé de quitter le territoire infecté de Serpents qu'était la bibliothèque et avaient regagné leur Salle Commune.
_ Hé, venez voir ! cria soudain Ron posté à une fenêtre.
_ Qu'est-ce qu'il y a encore ? siffla Hermione qui sentait qu'elle était la seule à vraiment vouloir travailler.
_ Arrête de faire la tête et regarde ! Il neige !
La plupart des élèves se précipitèrent aux fenêtres pour regarder les flocons voler en s'émerveillant comme des enfants. Avec de grands sourires idiots, ils faisaient tous des commentaires plus ou moins intelligents sur ce phénomène météorologique. Distrait par l'enthousiasme collectif, Harry ne tiqua que plusieurs secondes plus tard. Il jeta alors un regard légèrement paniqué vers la fenêtre avant de partir en courant, n'entendant même pas ses amis l'appeler.
Mercredi 23 Novembre, 16h 24 :
Il dévala les escaliers quatre à quatre et enchaîna les longs couloirs à la même allure. Quand il arriva enfin à distinguer les portes qui mènent au parc, il chercha Malfoy du regard et le vit à sa gauche sur le point de sortir pour prendre sa forme d'animagus. Alors il s'arracha presque les poumons en criant :
_ Attends !
D'abord le corps à quelques mètres du brun se crispe. Puis une hésitation se fait sentir, mais il finit par se retourner lentement et une grimace de douleur apparait.
Mais qu'est-ce qu'il venait faire ici ? Qu'est-ce qu'il lui voulait encore ?
_ Qu'est-ce que tu viens faire là ? gronda le blond.
Ça ne lui suffisait plus de le torturer en permanence ? Il venait même le voir pendant les quelques instants où il réussissait à décompresser un peu ? Il lui avait dit de ne plus l'approcher alors pourquoi venait-il le voir ? Ne comprenait-il pas l'effet que cela avait sur lui ?
Il vit le Gryffondor tressaillir au ton cassant de sa voix. Puis en le détaillant, il remarqua qu'il était essoufflé. Il aurait couru pour le rejoindre ? Venait-il vraiment de courir pour lui ? A cette pensée, le blond détourna farouchement les yeux. Il le trouvait vraiment trop adorable et se retenir devenait une épreuve de plus en plus dure à surmonter. Mais il se força à en faire abstraction encore une fois et se contenta d'essayer vaillamment de le fusiller du regard.
Le brun osa un regard vers le Serpentard et le regretta amèrement la seconde d'après. Le blond le fixait tellement intensément qu'il se sentit soudain comme un écureuil effrayé devant les phares aveuglants d'une voiture.
_ Ne… Ne va pas courir… marmonna Harry pantelant, en l'évitant du regard.
Il y eut un court silence après cette déclaration, le temps que Draco reprenne contenance.
_ Quoi ?! aboya le blond avec rage.
Harry ferma douloureusement les yeux en baissant la tête sur le côté. Il n'avait pas réfléchi avant d'agir, encore une fois. Quelle réaction stupide que de venir le voir simplement parce qu'il s'inquiétait pour lui ! Mais maintenant qu'il était là, il ne pouvait pas le laisser aller courir avec un temps pareil.
Le Sauveur releva les yeux vers le blond et remarqua qu'il avait commencé à avancer vers lui. Et il se rendit compte que le voir se rapprocher de lui de cette façon lui tordait le ventre. Il l'impressionnait de plus en plus à chaque mètre qu'il franchissait. Plus il était proche de lui, plus une peur insensée s'emparait de lui. Il lui faisait peur. Parce qu'il a les pleins pouvoirs sur lui. Son cœur battait si fort que cela lui faisait mal pourtant il ne s'en souciait pas le moins du monde.
Alors qu'il avançait vers le Gryffondor, Draco n'arrivait plus à arrêter le tourbillonnement de ses pensées. Pourquoi lui disait-il de ne pas aller courir ? De quel droit se permettait-il de lui dire cela ?
Pourquoi venait-il à lui après lui avoir dit de ne plus l'approcher ? Voulait-il le lui rappeler ? Pourtant il pouvait lui assurer que le message avait été très clair. Et qu'il n'irait jamais contre sa volonté. Il exhausserait le moindre de ses vœux et se plierait au moindre de ses caprices.
Alors pourquoi était-il là à afficher un air aussi fragile ? Si ce n'était pas pour ça alors pourquoi ?
Il s'arrêta à un bon mètre du brun et le fixa un long moment dans le seul but de le mettre encore plus mal à l'aise.
_ Pourquoi est-ce que je ferais ça ? lâcha-t-il durement.
Harry se fit le plus petit possible dans l'espoir de disparaître suite à cette question qu'il redoutait. Le blond était-il complètement stupide ou s'entraînait-il pour le devenir ?
_ Parce qu'il neige et qu'il doit faire dans les deux degrés… répondit-il d'une voix qu'il espéra blanche.
Draco écarquilla les yeux face à cette réponse. C'était impossible. Il ne venait pas vraiment de lui dire cela. Il ne pouvait pas lui avoir dit ça. C'était juste impossible… Parce qu'Harry Potter ne pouvait pas s'inquiéter de sa santé, n'est-ce pas ?
Alors qu'il cherchait toujours une explication rationnelle pour les propos du brun, ce dernier marmonna un faible ''Oublie'' et s'éloigna de lui dans l'intention de partir. Cela eut le mérite de déclencher une réaction chez le Serpentard qui réfléchit rapidement avant de s'exclamer :
_ Et j'ai quoi en échange ?
Le Gryffondor trébucha presque à ces paroles. Il se retourna précipitamment, la surprise clairement inscrite sur ses traits, et ses yeux s'écarquillèrent encore plus quand il vit le sourire éclatant de son vis-à-vis.
_ Si je ne vais pas courir, tu me donnes quoi en échange ? répéta-t-il avec défi.
C'était l'occasion idéale pour récupérer ce qu'il avait réussi à construire, pour essayer de faire en sorte que le Sauveur s'intéresse à lui. Il n'osait pas formuler le souhait de le faire tomber amoureux, une simple attirance lui suffirait. Tout ce que le brun acceptera de lui donner lui suffirait.
Draco croisa les bras sur son torse lui faisant comprendre qu'il attendait sa réponse et il regarda le Survivant, complètement éberlué par sa question, tenter de retrouver l'usage de la parole suite à son sous-entendu. Pour le brun tout était clair, ce que le Serpentard attendait de lui était clair. Et il refusait de donner à ce manipulateur ce qu'il voulait en échange. Au bout de quelques secondes, Harry eut un rire sans joie et lâcha :
_ Nan, je t'arrête tout de suite. Je ne te donnerai jamais ce que tu veux parce que tu ne pourras jamais me donner ce dont j'ai besoin…
Un moment de flottement prit place après ces mots. Tout était dit. Et Draco avait du mal à rester impassible. C'était presque devenu une habitude pour lui de souffrir en silence mais à cet instant cela lui semblait impossible.
Ce dont il avait besoin ? Mais de quoi avait-il besoin qu'il ne puisse lui offrir ? Une paire de seins ? Un vagin ? Des ovules ? Qu'est-ce qui lui manquait ?
Qu'était-il sensé comprendre ? Qu'il n'était pas gay et qu'il ne le serait jamais ? Ou tout simplement qu'il ne l'aimera jamais ? Qu'il ne voudra jamais être proche de lui ?
Le Serpentard commença à reculer dans le seul but de s'éloigner de la source de sa douleur. Au même rythme que sa souffrance augmentait, ses pas s'accélérèrent peu à peu. Puis, ne supportant plus la vue du brun, il se retourna et se mit à courir sous la neige. Sans discontinu dans sa course, il prit sa forme animagus et disparu entre les flocons, dans le paysage immaculé.
Mercredi 23 Novembre, 16h37 :
Harry retourna à la Salle Commune, ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre à part cela. Il tentait toujours de réfréner ses questions toutes plus vaines les unes que les autres lorsqu'il entra dans l'antre des Lions.
_ Bah t'es allé où, mec ? demanda Ron en le voyant revenir.
Le Survivant lui lança un regard mais ne répondit pas, il passa à côté de la table de ses amis qui jouaient à un jeu de société sorcier et alla s'assoir à la table où travaillait Hermione. Enfin travailler était un bien petit mot… on aurait plutôt dit qu'elle essayait de faire de la télépathie avec son livre tellement elle avait l'air concentré. Il resta immobile, comme bloqué dans sa position, à fixer le bois de la table d'un air penaud et abattu. Son meilleur ami se vautra alors à côté de lui en expirant longuement par le nez.
_ Il serait temps que tu me dises ce qui ne tourne pas rond entre toi et la fouine …
Le Sauveur releva des yeux écarquillés par la surprise vers le roux. Ce dernier afficha un petit sourire qui lui rappela vaguement celui d'Hermione.
_ Allez … encouragea Ron. Dis-moi ce qu'il a encore trouvé pour te faire la misère.
Harry lâcha un petit ricanement amer qui inquiéta son meilleur ami.
_ C'est ça le problème … Je crois que cette fois il ne fait pas exprès de me faire … ça. Et c'est la première fois que ça me fait aussi mal, finit-il en soupirant.
_ Comment ça ?
Il ne répondit pas. Ce n'était pas vraiment une bonne idée de tout révéler à son meilleur ami qui n'appréciait pas vraiment Malfoy – et c'était peu de le dire – mais ce n'était pas non plus une bonne idée de le lui cacher. Pourtant il se voyait mal lui annoncer '' Hey, la fouine me fait du rentre dedans et ça me déplaît pas autant que ce que je pensais et c'est un peu pour ça que j'ai brisé le cœur de ta sœur !''… Non, ce n'était franchement pas la meilleure chose à faire bien que son meilleur ami sache déjà qu'il était gay. Le brun lança un rapide regard à Hermione, cherchant une quelconque aide, mais elle se contenta d'un signe de tête qu'il ne sut interpréter. Il se retourna vers Ron et souffla d'une petite voix avec un sourire pas convaincant du tout :
_ C'est compliqué !
Mais le roux, qui avait suivi leur échange muet, ne fut pas dupe. Il fronça les sourcils et lâcha :
_ Assez compliqué pour que je sois mis à l'écart, c'est ça ?
Harry passa une main lasse sur son visage alors qu'Hermione se rangeait du côté de son petit-ami, lui assurant qu'il ne ferait pas de syncope et lui disant de lui raconter. Il ne manquait plus que ça. Ce n'était vraiment pas son jour.
_ Ok, ok ! céda-t-il finalement. Mais pas ici, allons dans le dortoir.
Le trio d'or monta alors jusqu'au dortoir des garçons, Harry s'assit sur son lit et le couple sur celui de Ron puis ils lancèrent un sort de silence.
Mercredi 23 Novembre, 17h 28 :
Principalement grâce à Hermione, cela ne se passa pas aussi mal que ce qu'il s'était imaginé. Bien sûr Ron n'appréciait pas du tout l'idée de son meilleur ami et la fouine ensemble mais il l'acceptait. Il avait même juré de lui faire mordre la poussière s'il voyait encore la moindre petite fissure apparaître sur le cœur de son meilleur ami.
Harry trouva que la partie ''révélation choc des sentiments'' était la plus sympathique quand ils l'interrogèrent sur ce qui c'était passé la veille et au cours de la journée. Ce n'était qu'un concentré de mauvais souvenirs qu'il voulait faire disparaitre maintenant qu'il avait repoussé Malfoy. Mais il dut leur raconter tout cela lorsqu'ils usèrent du chantage affectif.
Le Survivant se sentit soulagé d'un poids qu'il n'avait pas eu conscience de porter quand il finit son récit. Ses amis lui firent retrouver son sourire par leurs commentaires pas toujours très fins et il se permit même quelques rires à l'imitation du poisson hors de l'eau que fit Ron quand il mentionna son échange de salive approfondi avec le Serpentard. Il avait presque oublié le soutient que ses amis pouvaient lui apporter.
Un silence s'installa après que le brun eut fini de raconter ce qui c'était passé une heure auparavant, lorsqu'il était parti de la Salle Commune en courant.
_ Je ne crois pas que Malfoy veuille juste te mettre dans son lit, affirma finalement le roux.
_ Ah ! s'exclama Hermione. C'est exactement ce que je lui ai dit !
_ Hin hin … Et vous pouvez me rappeler de qui on parle ? fit sarcastiquement le Sauveur.
_ Justement ! Si c'était vraiment ce qu'il voulait, il n'aurait pas fait autant de simagrées et – désolée de te le dire comme ça mais – ça fait longtemps qu'il t'aurait déjà eu.
Harry n'eut pas le temps de lancer un regard mortifié à la brune que Ron enchainait déjà :
_ Tu sais, même moi je suis forcé d'admettre qu'il a changé depuis la guerre. C'est plus le Malfoy d'avant. Je comprends que ce soit difficile de lui faire confiance après tout ce qu'il t'a fa-…
_ C'est bon ! fit brusquement le Survivant. Je crois que ça suffit pour aujourd'hui. Parlons d'autre chose.
Mercredi 23 Novembre, 19h 41 :
Dès qu'il passa les portes de la Grande Salle, Harry eut la faiblesse de laisser ses yeux se jeter sur le prince des Serpentards. En rencontrant son regard, ce dernier détourna violemment les yeux et baissa la tête.
Pourquoi s'amusait-il à attiser son espoir et en même temps sa tristesse par un tel regard ? Pourquoi le brun lui affligeait-il un tel supplice après lui avoir fait comprendre qu'il ne voulait pas de lui ? Pourquoi ne le laissait-il pas tranquille ? Pourquoi ne l'ignorait-il pas ?
Au bout de quelques secondes, il ferma douloureusement les yeux et, sans pouvoir s'en empêcher, il se prit la tête dans les mains. Mais comment s'était-il débrouillé pour en arriver là ? Il aurait mieux fait de rester loin du Sauveur. Tout ce qu'il y avait gagné c'était le goût de ses lèvres dont il ne pourra plus se passer. C'était le touché de sa peau qu'il ne pourra jamais remplacer par un autre. C'était une addiction encore plus forte au brun.
_ T'attends quoi pour te bouger les fesses au juste ? lui demanda alors Blaise.
Draco releva un regard éberlué vers son meilleur ami qui enchaîna d'un air blasé :
_ Me regarde pas comme ça. Je ne fais qu'énoncer une vérité.
_ Je suis censé comprendre quoi par là ? fit le blond, de plus en plus perplexe face aux propos de Zabini.
_ Concrètement, t'as fait quoi pour l'avoir ton Gryffondor ? Rien ! A part jouer au bipolaire, t'as jamais rien fait.
_ Pas la peine de me faire la leçon… C'est trop tard. Il ne veut pas de moi.
Le Serpentard laissa son regard glisser jusqu'au Survivant pour accompagner ces mots. Mais il revint rapidement à Blaise quand ce dernier poussa un énorme soupire exaspéré.
_ Je vais mettre ça sur le dos de ta stupidité et faire comme si t'avais rien dit ... T'es tellement fixé sur la peur qu'il te repousse que tu ne vois même plus l'évidence : il est clairement fou de toi !
_ Hé … Attends… maintenant que tu le dis … T'as raison ! fit-il avec enthousiasme en voyant un grand sourire apparaitre sur le visage de son meilleur ami. C'est vrai ! … Aussi vrai que le fait que j'ai fait un rêve érotique sur Rusard la semaine dernière.
Il lança un regard glacial à Blaise qui poussa un nouveau soupire.
_ C'est bon ? Ta ''minute connerie'' est passée ? fit sarcastiquement Draco.
Zabini se résigna à lui faire voir les choses sous cet angle-là et tenta une nouvelle approche qui saurait lui enlever les œillères qui lui encombraient la vue :
_ Très bien. Alors tu vas me faire le plaisir de regarder ce qui entoure ton cher Potty, voyant que son ami le regardait sceptiquement, il ajouta d'un ton brusque : Allez !
Bon gré mal gré, le blond s'exécuta et essaya de fixer l'environnement du brun plutôt que le brun lui-même. Il constata alors, horrifié, que pratiquement toutes les filles de Poudlard le déshabillaient du regard. Les regards des premières années étaient chastes, ceux des sixièmes et septièmes ne laissaient aucune place au doute. Les Gryffondors et les Poufsouffles s'extasiaient sans discrétion, les Serdaigles tentaient de garder leur fierté en vantant ses qualités intellectuelles et les Serpentards, pour cacher leur engouement, prétextaient qu'un Sauveur à leur tableau de chasse représentait une gloire éternelle. Draco parvint même à discerner quelques garçons scruter un peu trop attentivement le Golden Boy.
_ T'as compris ? Bien. Maintenant regarde-le lui…
Le blond obéit immédiatement et resta bloqué sur cette vision. Le Gryffondor ne se rendait absolument pas compte de tous les regards énamourés posés sur lui. Il était dans sa bulle et arborait un air triste et innocent à la fois qui le rendait adorable.
_ … Et dis-moi ce qu'il regarde.
Au même moment où son ami prononçait ces mots, Draco vit les yeux verts rêveurs dériver d'un point imaginaire sur la table pour arriver jusqu'à lui, comme s'il s'était senti observé. Leur échange dura à peine quelques secondes, avant qu'Harry ne se détourne et fixe son assiette vide, les sourcils froncés et le rouge aux joues. Puis son regard revint se posé sur lui pour vérifier s'il ne le regardait plus, mais il rencontra directement ses orbes orageuses.
_ Il me regarde moi … souffla le prince des Serpentards, comme s'il n'y croyait pas, sans rompre son contact visuel.
_ Et tu en déduis quoi ? l'encouragea Blaise.
Qu'Harry ne le détestait pas ? Qu'il voulait bien de lui ? Qu'il avait une chance ? Qu'il avait le droit d'espérer ?
_ Arrête, fit le blond en se tournant vers lui mais parlant plus à la voix dans sa tête qu'à son ami. Ça ne veut pas forcément dire qu'il est intéressé.
Le mulâtre pesta contre le caractère borné de son ami qui s'apparentait trop souvent à de l'aveuglement – ou de la mauvaise foi – mais n'abandonna pas pour autant. Il n'avait pas encore abattu toutes ses cartes.
_ Quand bien même, hein ? Tu comptes ne rien faire ? Rester planté là à te lamenter alors que quelqu'un d'autre te le prend sous le nez ?
_ …
_ Dans le lot de ceux qui bavent devant lui, tu peux être sûr qu'il y en a au moins quarante qui veulent sérieusement tenter quelque chose !
_ …
_ Et je peux t'assurer que le bal de vendredi ne va pas être de tout repos !
_ Hein ? Quel bal ?
_ Par Merlin, Dray ! Ne me dis pas que t'as oublié le bal des septièmes années ?!
_ Euh … Si…?
_ Irrécupérable … marmonna le mulâtre.
_ Et puis de toute manière je suis supposé faire quoi ? s'énerva finalement le blond. Tu me proposes quoi ? Je reviens la bouche en cœur et le miracle se produit tout seul ?!
_ Alors tu abandonnes ? demanda simplement son ami d'une voix froide.
Cette question eut le mérite de cloué le bec au blond qui se renfrogna. Ce n'était pas dans ses principes d'abandonner, et encore moins lorsqu'il s'agissait du brun. Blaise avait raison mais cela ne changeait pas grand-chose aux faits. Potter l'avait rejeté.
_ Il n'empêche qu'après ce qu'il m'a dit, je ne peux décemment pas-
_ Rho mais arrête avec ça ! s'exclama soudain son meilleur ami, le faisant sursauter. Tu l'aimes, nan ? Alors t'attends quoi pour te battre pour lui ?
A suivre.
Les reviews ne sont pas obligatoires mais chaudement appréciées (et recommandées si vous voulez motiver l'auteur!) :)
