CHAPITRE 2

Do You Remember Our Friendship ?

Auteur : Mikahdo

Disclaimer : Un des génies du manga ^^

Note I : Tout d'abord, j'avais écrit ce chapitre il y a des mois (donc voilà côté vocabulaire c'était pas encore ça -je suis dure envers moi même ^^"-) c'est donc pas tip top, mais j'avais la flemme de tout retaper ahah :D Sur ce, bonne lecture !

- Marimo qu'est-ce que t'as à crier comme ça ?! S'écria une voix que je reconnaitrai entre mille.

Nous nous retournèrent instantanément et fixèrent le blond qui venait de faire son apparition à l'entrebâillement de la porte.

- Sanji-kun... Susurrais-je sous le regard hostile de l'épéiste qui m'avait entendu.

- Oh Marimo... Je ne savais pas que tu ramenais des rescapés dans ton appart'.

- Ta gueule sourcil en vrille. Cette femme s'est introduite je ne sais comment dans le bâtiment. Le barrage est intacte... Dit-il en ne me quittant pas des yeux.

- Peut-être qu'elle vole qui sait ? Répondit-il ironiquement. De toute façon, ça ne servirait à rien de la tuer donc range ton sabre abruti. Y'a déjà assez de mort-vivants ou de mort-morts sur cette île. Ne salis pas tes mains avec du sang propre, déclara-t-il en allumant une cigarette.

Zoro soupira d'exaspération, rangea son katana, avant de sortir de la pièce en n'oubliant pas de me regarder de travers. Soufflant sa bouffée de cigarette, Sanji me sourit amicalement et prit la parole :

- Je m'appelle Sanji. Enchanté mademoiselle, déclara-t-il chaleureusement.

- Sanji-kun... Ne joue pas à ça avec moi ! M'écriais-je à sa grande surprise.

Il resta bouche bée devant mon exclamation puis après quelques secondes, il me répondit :

- Je... Ne vois pas de quoi vous parlez... Répliqua-t-il totalement perdu.

Je ne comprenais plus rien. Etais-je vraiment inconnu à ses yeux ? Cette blague de mauvais gout commençait sérieusement à me taper sur les nerfs.

- Sanji-kun ! Je me suis retrouvée seule sur le Sunny ! Y'a deux cannibales qui ont voulu me bouffer il y a quelques instants ! Cette tête d'algue m'a menacé avec son katana et toi tu ! Tu fais comme si tu ne me connaissais pas ! M'exclamais-je les larmes aux yeux.

Il me regarda d'un air totalement désorienté pendant un bon moment avant de s'approcher de moi.

- Jeune fille je... Je suis réellement désolé mais je ne suis pas le genre de garçon à faire des blagues de ce type... Si je vous connaissais vraiment, je vous l'aurais dit. Peut-être que mon visage a des tendances familières avec l'une de vos connai-

- NON !

Il marqua une longue pause durant laquelle il fumait silencieusement sans me quitter des yeux.

- Bien... Je ne sais pas mais je vous assure que c'est bel et bien la première fois que je vous vois... Je suis réellement désolé...

Après ça, je sentis mon cœur se serrer désagréablement de douleur. Je m'appuyai sur le mur pour ne pas chanceler et inclinai ma tête vers le sol. Je plongeai dans mes pensées les plus profondes en essayant de comprendre ne serait-ce qu'une chose qui m'aurait échappé. Mais hélas, rien ne venait. Mes larmes menaçaient de tomber à tout instant mais je les retenais du mieux que je pouvais. Je ne devais pas m'effondrer maintenant... Pas maintenant.

- Mademoiselle ? Appela le cuistot.

Je sortis de mes songes en entendant le son de sa voix, et plantai mes yeux caramels dans ses yeux bleus si familier.

- Il serait mieux que vous voyiez mon capitaine. Si vous le voulez bien...

Il me souriait. Cela me réchauffa le cœur de constater que malgré son amnésie, il conservait comme même sa gentillesse. J'acquiesçai de la tête et le suivi docilement à travers l'appartement. Il boitait. Pas énormément, mais cela me suffit amplement pour soulever une tonne de question dans ma tête. Il prit soin de fermer la porte derrière moi et me guida en direction des marches d'escalier pour atteindre les étages supérieurs. Arrivés au dernier étage, il sortit un trousseau de clé de sa poche et ouvrit la porte de droite. Il m'invita poliment à entrer la première tandis qu'il referma délicatement celle-ci. Il vint de nouveau devant moi et me traina de pièce en pièce dans l'immense demeure. La dimension n'avait strictement rien avoir avec celle de la précédente, mais le bordel y était similaire. Quelques secondes après, nous fîmes devant une imposante porte en bois, à la serrure dorée. Il me lança un regard bourré de compassion et frappa trois fois avant d'ouvrir celle-ci.

- Non mais ! Luffy ! Tu ne peux pas piocher quatre cartes ! S'écria une voix encrée dans ma mémoire.

- Ahah ! Allez fais pas ton rabat-joie... Laisse-moi en prendre une autre.

- DEGAGE !

- Hum hum... Fit le coq pour signaler notre présence. Euh Luffy on a de la visite...

Le brun se retourna en notre direction, le visage le plus sérieux du monde. Il se releva, se mit à marcher d'un pas lent, avant de s'arrêter en face de moi.

- Bonjour ! Je suis Monkey D Luffy, déclara-t-il en me tendant la main.

A ce moment-là, je reçu comme un lourd poids sur le cœur. Je ne sais pas si j'étais désespérée au point de croire que lui au moins se souviendrait de moi... Mais ce n'étais pas le cas.

Les larmes me montaient aux yeux...

Tous ces moments auprès d'eux étaient complétement effacés, disparus de leurs mémoires. J'étais seule au monde, sans vraiment l'être.

Ne craque pas...

- Tu m'écoutes ?

Je le fixais d'un air complétement hébété depuis un instant. Je ne daignais pas bouger ni sortir un mot. Devrais-je le secouer pour qu'il retrouve la mémoire ? Le frapper comme à mon habitude ? Ou me mettre à chialer à genou ?

Ne craque pas...

- Sanji... Elle est sourde ?

Remballe tes larmes !

- Je suis Nami, dis-je à contre cœur en sortant le plus faux sourire que j'avais en réserve, tout en serrant sa poigne chaude dans la mienne.

- Enchanté, répliqua-t-il en souriant brièvement. Voici Zoro que tu as déjà dû rencontrer et Usopp.

- B-bonjour... Fit le canonnier en me dévisageant, tout en ayant le regard bourré d'inquiétude.

- Tu as de la chance de nous avoir croisées. Nous nous apprêtions à partir définitivement de cet endroit. Ce sera toujours quelqu'un en pl-

- QUOI ? PARCE QUE TU T'APPRETES A LA LAISSER VENIR AVEC NOUS ! S'écria l'épéiste en se levant du fauteuil.

- Marimo arrête de crier ! J'te signale qu'on n'est pas "seul" dans la ville, dit Sanji en s'interposant entre lui et Luffy.

- Ta gueule toi jt'ai rien demandé ! Tu te rappelles de rien hein ? Tu veux que je te rafraichisse la mémoire, Luffy ?

Je jetai un rapide coup d'œil au capitaine et vis qu'il serrait ses poings de toutes ses forces. Une tonne de question m'envahir pendant que j'observais la scène en espérant que rien ne dégénère.

- Des fois je me demande si tu es vraiment à la hauteur en tant que chef de groupe... Prendre des inconnus à la pelle et se faire baiser par la suite c'est ce que tu aimes ?! Les femmes sont les pires ! Et toi tu laisses attendrir par ces créatures ridicules et sans cœur !

Une atmosphère lourde s'était installée dans la pièce. Tout le monde retenait son souffle tandis que je culpabilisais déjà d'avoir suivi Sanji. Que s'était-il passé pour que mes nakama soient autant sur les nerfs ? Qui avait bien pu faire une telle ignominie pour les monter les uns contre les autres ?

- Tu veux que je te dise ? Vivi t'a-

- Zoro, appela d'une manière le capitaine qui fit sursauter toute l'assemblée.

C'était sec, froid et paralysant. Les seules fois où je l'entendais utiliser ce timbre de voix, c'était lorsqu'il parlait à des ennemis qui étaient allés trop loin dans leurs actes ou dans leurs paroles. Mais jamais... Au grand jamais contre l'un de nous...

- Ne redis plus jamais ce nom en ma présence... T'as compris ? Demanda-t-il d'une voix glaciale qui me fit anormalement peur.

Il se retourna pour faire face à l'épéiste et se lancèrent dans une fixation des plus intenses. Après de longues secondes, le bretteur rompit le contact et sortit d'un pas rapide et saccadé hors de la pièce. Luffy réajusta son chapeau de paille tant chère son cœur, et quitta les lieux d'un pas lent peu après Zoro.

J'avais mal. Mal de voir mes amis en conflit pour une raison que j'ignore. Mal de constater que certains se méfiaient de moi ou pire me haïssaient certainement...
Plongée dans mes pensées, je sentis une chaleureuse poigne sur mon épaule. Je me retournai et tombai nez-à-nez avec Sanji qui m'offrait son plus beau sourire.

- Nami c'est ça ? Hum... Désolé que cette rencontre se passe de la sorte... Tout est de ma faute, énonça-t-il.

- Sanji-kun... Je suis perdue... Soufflais-je dans un murmure presque inaudible.

Ne craque pas...

- Je me suis levée sur le Sunny et...

- Le Sunny ? Demanda Usopp surprit.

- Oui le Sunny... Et je vous... J'ai cherché partout... Je ne comprends rien ! Vous me dites qu'on ne se connait pas mais... Je suis où ? Je suis qui pour vous ? Et qui êtes-vous pour moi ? Vous ne pouvez pas imaginer comme ça fait mal d'avoir perdu ses amis de cette sorte... Comme ça vous torture et vous ronge de l'intérieur ; quand vous les retrouvez et que personne se souvient ne serait-ce que d'un souvenir, dis-je en ayant les larmes aux yeux.

- Tu nous connais ? Questionna le long nez de plus en plus intéressé.

- Tu es Usopp, "le valeureux guerrier des mers". Ta mère est décédée et ton père est en mer. Tu étais notre canonnier dans mon monde. Tu savais comme même inventer toutes sortes de choses loufoques mais parfois utiles.

Les deux amis écarquillèrent légèrement les yeux et se regardèrent.

- Toi Sanji-kun tu étais cuisinier. Tu arrivais à faire toutes sortes de recettes enrichissantes et appétissantes à la fois. Tu travaillais sur un bateau appelé "Le Baratie" et ton tuteur s'appelait Zeff je crois...

- C-comment tu...

- Parce que Usopp... Parce que nous étions nakama... Finis-je en murmurant, la voix légèrement tremblante.

Je marchai en direction d'un mur et m'appuyai contre celui-ci. Mon envie de pleurer était toujours présente mais je m'efforçais de retenir mes larmes pour ne pas paraître pathétique à leurs yeux. J'inclinai ma tête et me mis à fixer intensément le sol poussiéreux du salon. Soudain j'entendis des pas se diriger vers moi, je relevai la tête et regarda Sanji qui avait précédemment posé ses deux mains sur mes épaules.

- Je ne comprends pas vraiment pourquoi... Ou comment nous en sommes arrivés là mais... Je ne sais pas... Je te fais confiance, m'expliqua-t-il en me souriant. Si tu dis me connaitre, ainsi qu'Usopp et certainement ces deux timbrés bien... Peut-être que...

Puis ce fut le silence complet. Je n'avais plus d'arguments réalistes qui ne sortaient pas de l'ordinaire. J'avais moi-même du mal à comprendre mes propres dires, donc essayer de leurs expliquer ma situation relevait presque de l'improbable. Je lui souris à mon tour et me retournai instantanément vers la porte qui venait de s'ouvrir à la volée.

- On s'barre, déclara le bretteur dans l'entrebâillement de celle-ci, qu'il referma aussitôt.

Usopp se mit à rassembler quelques affaires qui se trouvaient de gauche à droite et remplis son sac au dos à la vitesse grand V. Sanji me tapota légèrement l'épaule et s'en alla se préparer pour le départ qu'ils semblaient tant attendre. Je fixais les vas et viens incessants qu'ils effectuaient à travers la pièce pendant que mon inutilité s'avérait conséquente. D'habitude c'était moi. C'était moi qui donnais des ordres, qui faisais en sorte que tous soient prêts, parfaits. Mais aujourd'hui je ne servais strictement à rien.

J'étais totalement inutile voire un poids à leurs yeux.

- N-Nami... Tu devrais te dépêcher... Luffy fait le guet en bas et s'il dit qu'il faut y aller... Il n'y pas de temps à perdre où les monstres... Dit Usopp d'un ton hésitant avant de quitter la pièce.

Je me retrouvai seule dans le salon. J'entendais leurs pas se précipités dans les pièces avoisinantes, pour finir dans la cage d'escalier. Je soupirai d'un air désespéré et me mis à courir pour pouvoir les rattraper. Ils se dirigeaient tous en direction du toit en haut de l'immeuble. Arrivée sur place, je vis seulement Sanji qui semblait attendre ma venue.

- Nami-san, tu descends et je fermerai la marche ok ? Luffy, Zoro et Usopp sont dans la bouche d'égout juste à ta droite.

J'acquiesçai de la tête et me mis à descendre l'escalier un peu plus stressée qu'il y a quelques instants. Lorsque j'arrivai en bas, je me précipitai en vitesse vers l'édit bouche en espérant ne pas me faire repérer. Il faisait de plus en plus sombre et une odeur nauséabonde s'empara de mon nez. Lorsque j'atterris sur mes pieds, je sentis mon pantalon se submerger de l'eau souillée des égouts. Je grimaçai de mécontentement en attendant l'atterrissage du blond qui prenait soigneusement le temps de refermer la bouche d'égout.

- Oi Ero-cook on n'a pas que ça à faire donc dépêche-toi avec ta jambe bancale ! S'écria l'épéiste en nous aveuglant à l'aide de sa lampe torche.

- La ferme tête d'algue sans armes ! Je voudrais bien te voir à ma place abruti ! Tiens Nami-san, prends cette torche, dit Sanji en essayant de cacher cette luminosité à l'aide de sa main. Dégage ce truc toi !

- Bon allons-y, déclara Luffy en suivant Usopp.

Les cliquetis dans l'eau répugnante faisaient offices de cohue. Tout le monde marchait silencieusement les uns derrière les autres dans l'ordre suivant : Usopp, Luffy, Zoro, moi et Sanji. La température avoisinant les cinq degrés, je plongeai mes mains dans mes poches dans l'espoir de créer de serait-ce qu'un peu de chaleur. Ma vision se troublait à chaque chaude expiration émanant de ma bouche. Cet endroit humide, glacial et lugubre n'inspirait pas confiance. L'angoisse s'empara de moi une nouvelle fois, mais un peu moins violement qu'il y a un moment...

- Usopp... On va par où après ? Demanda le brun.

- D'après la carte des souterrains euh... Dans quelques mètres, nous serons face à un mur où deux options se poseront à nous. Aller à gauche ou à droite. On devrait normalement tourner à gauche pour atterrir dans la salle de contrôle où une évacuation sera présente.

- On va où au faite ? Demandais-je timidement.

- On quitte cette île pourrie, répondit le plus simplement du monde Luffy.

- Nous avons accosté sur celle-ci pour trouver des vivres comme l'ensemble des survivants. L'eau de mer étant salée et contaminée par le virus, nous étions obligés de chercher ne serait-ce qu'une boîte de conserve pour combler notre manque de nourriture.

- Sanji-kun... Comment ça "virus" ?

- Tu n'es pas au courant ? Le Docteur Vegapunk à créer un virus qui était censé rendre les marines sauvages mais dociles. Son expérience a dégénéré et à contaminé une bonne partie de GrandLine. Il s'avère qu'il rend bien les gens agressifs mais pas dociles du tout, voir même inconscients. Les contaminés se défoulent sur les gens jusqu'à les tuer ou même les manger... C'est l'apocalypse, expliqua-t-il en soufflant une bouffée de cigarette.

Je marquai un long silence dans lequel j'essayais d'assimiler les informations.

Complètement cinglé...

- Je sais que ça à l'air fou mais... Ceux que tu as vu tout à l'heure étaient contaminés et s'apprêtaient à te dévorer dans tout le sens du terme, ajouta Usopp.

- Et... Il y a beaucoup de survivants ?

- Non pas vraiment... Les accostages provoquent de grandes pertes voir l'extermination totale de l'équipage. Les survivants deviennent hostiles entre eux à cause de la faim, ou surement de la folie…

- Nous allons au Sunny ?

- On essaye d'y aller oui, répondit Luffy en me jetant un regard par-dessus son épaule.

- Ça fait combien de temps que vous êtes ici ?

- Deux semaines... Nous devions partir mais Vi...

Sanji se tut à l'instant même sans finir sa phrase. Je jetai un rapide coup d'œil et vit qu'il fixait intensément le dos de notre capitaine.

- Vi... Vi ?

- Arrête de nous saouler avec tes questions. Tu fais trop de bruit donc si tu pouvais garder le silence, déclara froidement Zoro sans même se retourner.

J'inclinai faiblement ma tête sentant la gêne de chacun. Personne ne devait vraiment me faire confiance mais je ne pouvais pas leur en vouloir. Si j'avais été dans le même cas que le leur, j'aurais été certainement mille fois pire que Zoro. C'est uniquement pour cette raison que je n'ajoutai plus un seul mot même si des questions, ils m'en restaient encore pas mal.

Soudain, Usopp ralentit la marche. Il cacha la luminosité de sa lampe torche à l'aide de sa main et se retourna en notre direction. Il mima le silence avec un doigt devant sa bouche et ne bougea plus d'un seul centimètre. Je déglutis difficilement en entendant des pas qui n'étaient pas les notre vu qu'on était tous immobiles, et éteignis ma torche.

Une inspiration lente et suffocante tel un individu ayant des problèmes de respiration, se rapprochait de nous d'un pas lambin. Mon cœur se mit à battre à vive allure lorsque je supposai l'identité de l'édit "personne". On pouvait entendre les vagues d'eau s'étaler à la surface, provoquées par ses jambes en marche. Il venait par la droite, j'en étais sure et totalement persuadée. Il semblait vouloir se diriger vers la direction qui nous était promptement destinée d'après les dires d'Usopp. Dans un moment saturé de suspense, j'essayai de me rendre utile en cherchant une tactique pour le contourner sans avoir à le combattre dans l'obscurité. Mais hélas, rien ne me venait à l'esprit. Il faut dire que ces « choses » étaient nouvelles pour moi, et mon seul vécu avec ceux-ci fut une fuite au frôlement de la mort. J'étais une nouvelle fois incompétente face à la situation dans laquelle je me tenais… A laquelle nous nous tenions.

Soudain, ce fut le silence complet. Il n'y avait plus un seul bruit, et c'est peu après être sorti de mes pensées que je le remarquai. Mes nakama semblaient toujours immobiles, si l'on se fiait au peu de luminosité – si nous pouvons appeler ceci de l'éclairage- qui émanait de trois petits trous d'une bouche d'égout au-dessus de notre tête. Ceci permettait de voir brièvement leurs silhouettes malgré la noirceur de l'endroit. Un frisson me parcourut lorsque j'entendis de nouveau cette respiration si inquiétante. Il ne bougeait plus, mais il était là, encore. Tout le monde retenait sa respiration depuis un bon bout de temps dont les secondes paressèrent durées une éternité infinie. Je ne sais pas s'ils préparaient une solution pour pouvoir le combattre, mais cette pensée disparut instantanément lorsque je repensai à la condition dans laquelle on se tenait. Malheureusement, aucun de nous ne voyait parfaitement dans le noir…

Surprise, je sentis une poigne chaude se refermer sur mon poignet droit. J'eue d'abord une peur bleue et faillis émettre un cri de panique lorsque je sentis une main sur ma bouche qui m'empêcha de sortir le moindre son. Je clignai plusieurs fois des yeux et repris peu à peu mon calme. L'odeur était un sens aussi indispensable que la vue ou l'ouïe. Sans voir, nous pouvons compter sur ce que l'on peut entendre autours de soi. Sans entendre, nous pouvons nous focaliser sur ce que l'on peut sentir, chose familière ou non. C'est un sens indispensable qui envoie des signaux au cerveau sur la nature de cette senteur : une alerte, lorsqu'il s'agit de la fumée noirâtre qui se diffuse à cause d'un incendie proche un apaisement, lorsque l'on peut sentir le parfum de sa mère près de soi après un cauchemar. Sans mon odorat, j'aurai surement provoqué un incident grave. Sans celui-ci, je n'aurais pas reconnu cette odeur caractérisant mon nakama. Il devait surement le faire à contre cœur, mais le fait était là : Zoro me tirait doucement vers lui.

J'essayais de faire le moins de bruit possible en prenant soin de sortir mon pied complètement hors de l'eau pour le reposer à terre aussi délicatement que précédemment. Peut-être qu'au final il se remettait en question, et qu'il se méfiait de moins en moins de moi ? Ou finalement, il avait juste pitié, et il ne voulait pas que je compromette leur plan en me dirigeant droit vers le cannibale… J'optai plus pour la deuxième hypothèse connaissant son caractère de cochon qu'il avait lorsqu'il s'agissait d'inconnu.

Par reflexe, je cherchai la main de Sanji pour ne pas le perdre dans la pénombre. Lorsque je sentis son torse, je glissai machinalement ma paume gauche vers son bras, jusqu'à son poignet que je tirai par la suite. Il se mit logiquement à s'avancer en ma direction, comprenant la tactique de chaine humaine qu'Usopp avait surement entreprit. Nous nous mirent à marcher dans un silence religieux, où nos pas étaient couverts par les sons qu'émettait le monstre. Je tenais fermement le cuisinier de l'équipage comme s'il risquait de s'envoler à tout instant, ce qu'il me fit remarquer en chatouillant ma main à l'aide de son indexe. Je lâchai timidement ma poigne comprenant que ma peur lui avait été ridiculement transcrite par ma crispation. Postérieurement, je recherchai de nouveau aveuglement le blond qui devait se trouver qu'à quelques mètres de moi. J'étirai mon bras gauche au maximum en faisant de grand mouvement, tout en continuant de marcher mais tout ce que ma main rencontra, c'était un vide inquiétant.

Soudain, mon bras percuta de nouveau son torse. Il se trouvait tout près de mon côté gauche ce qui me parut bizarre car précédemment, il se tenait juste derrière moi. Je supposai alors qu'il avait dû me chercher après que je l'ai lâché, et qu'il s'était avancé un peu trop vite par rapport à notre rythme. Je posai de nouveau ma paume de main sur son corps, mais le contact fut autre que la dernière fois. C'était froid, humide et collant, rien avoir avec la chaleur humaine que ma main avait ressentis.

Légèrement inquiète, je décollai instinctivement mon membre que je sentis imprégné d'une substance gluante et visqueuse. Une tonne de question m'envahir tandis qu'une poigne ferme se referma brutalement sur mon poignet…

- S-s… Sanji… ? Murmurai-je totalement tremblante.

La seule réponse que je reçu et qui fit parcourir un frisson glacial sur tout mon échine, fut un grognement rauque angoissant et sinistre. Je déclenchai ma lampe torche à l'aide de mon pousse droit, et dirigeai lentement mon éclairage vers ce qui me retenait…