Nouveau chapitre très attendu je crois ^^

Avant tout je veux encore une fois remercier infiniment mes lectrices, ça me fait plaisir d'écrire pour vous et d'apporter un peu de bonheur dans votre journée :) Pardonnez moi si je prend du temps à répondre à vos reviews, je suis très occupées ces dernier temps ^^ Merci aussi aux lectrices à qui je ne peux pas répondre. Merci à Ka'dar, Yuki Kaiku, Ao (deux fois :P), Lectrice et Juliette (deux fois également ^^). J'apprécie vraiment que vous aimiez mes écrits :)

Merci également à Shimizuu qui me fait sauver un temps précieux en ayant accepté de relire mes textes et de corriger les chapitres de cette fic qui étaient déjà postés. Hourra pour ma nouvelle bêta qui est vraiment trop géniale ! :D

Sur ce, bonne lecture !


C'était le moment. Il n'avait pas prévu d'attaquer Sanji si tôt. Seulement cinq jours après… après la fois de la réserve. Il aurait aimé préparer un peu plus sa contre-attaque, se calmer aussi. Il savait qu'il serait impulsif, le souvenir était encore trop frais dans sa mémoire et le torturait. Sanji avait raison. Il avait gagné et Zorro s'en voulait terriblement, ses souvenirs le hantaient, partagés entre l'horreur, la colère, le questionnement, mais aussi une généreuse dose de plaisir, mêlé à une honte sans nom.

Mais il devait y penser le moins possible. Il voulait faire souffrir ce satané blondinet pour qu'il n'ose plus jamais se regarder dans un miroir sans voir un perdant. C'était le moment. Du haut de la vigie, Zorro regardait en bas l'île où ils venaient d'accoster. Une forêt. Rien d'impressionnant ou de démesuré. Un simple bosquet d'arbres. Il entendait Luffy hurler même du haut de son mât.

- UNE ÎLE ! ! ! Allons-y ! ! Des jours que j'attends de me dégourdir les jambes ! On va aller se battre contre des bêtes géantes ! Vous venez ?

- J'imagine qu'une bonne marche ne fera pas de tord, acquiesça Robin en souriant, se retournant vers Nami.

- Oui, je viens avec toi.

Pourvus qu'elle tienne sa langue, espéra le vert.

Chopper annonça qu'il devait aller chercher des ingrédients et Usopp proposa de l'accompagner pour le défendre avec ses 5 000 hommes. Enthousiastes, ils suivirent les autres hors du navire.

- Ça fait longtemps que je ne me suis pas promené en forêt ! J'adore sentir les fleurs… bien que je n'aie pas de nez ! s'exclama Brook.

Franky éclata de rire et offrit à Brook de l'accompagner, car après tout, il adorait danser et devait répéter quelques nouveaux mouvements loin des regards. Ils suivirent les autres, accompagnés d'un «SUPER» particulièrement bruyant du robot.

Une fois tout le monde en bas, Luffy se retourna vers le bateau, où Sanji était appuyé à la rambarde, comme il en avait prit l'habitude.

- Alors, tu viens ?

- Non, je vais rester surveiller le bateau, répondit-il, évasif.

Le capitaine haussa les épaules et partit. Nami eu un petit sourire en coin, mais ne dit rien et s'éloigna.

Sanji avait le regard perdu dans la forêt, c'était le moment. Le prédateur descendit l'échelle sans bruit, guettant l'homme, s'approchantde plus en plus.

Sanji soupira. Il avait espéré que l'île serait peuplée d'humains, histoire de se divertir en de jolies compagnies. Tant pi. Son moral était au plus bas. Il se sentait un peu honteux. Il avait recommencé à se caresser dans sa douche… Il n'avait pas fait cela depuis qu'il était gosse… Il ne voulait plus avoir à faire avec Zorro. Ni lui parler, ni même le voir. Ça lui donnait des envies qu'il était dans l'impossibilité de combler et ça le démoralisait. Le vent soufflait dans son dos et lui apporta une odeur familière. Le savon du vert. Il l'avait oublié celui là ! S'il s'était souvenu de sa présence, il ne serait pas resté sur le bateau. Il se demanda s'il était trop tard pour descendre. À l'odeur de plus en plus appuyée, il supposait que oui.

- J'ai pas envie de me battre, laisse moi tranquille, fit Sanji sans même se retourner.

- Et pourtant, il faudra bien que tu paye.

- Je donne déjà tout ce que j'ai à Nami, tu devras te mettre après elle sur la liste.

- C'est ta défaite qui me rendrait heureux, cuistot.

- Une autre fois…

Devant l'absence de réaction, Zorro sentit la rage monter en lui. Il sortit son épée du fourreau et en appuya la pointe dans le dos de Sanji, entre ses omoplates.

- Laisse moi tranquille, je t'ai dis.

Zorro fit descendre la lame, tranchant la chemise de Sanji et laissant un légersillon sanglant dans son dos. Le blond serra les dents. Cet acte impardonnable sur son beau corps ! Et ça ne lui donnait même pas envie de se battre. Non… Ça l'excitait. Il adorait sentir des ongles lacérer la peau de son dos, particulièrement si c'était ceux d'une jolie demoiselle perdant pied sous le plaisir qu'il lui procurait.

La lame termina sa course dans le creux de ses reins, marqua un temps d'arrêt, et revint s'appuyer entre ses omoplates, juste à côté de la précédente blessure, prête à tracer une autre ligne carmine. Une lame assoiffée de sang tenue par un homme aveuglé de vengeance… s'attaquant à un amoureux emplit de désirs charnels. La scène avait quelque chose de sensuel, une douce agressivité, un silence surchargé d'ondes de toutes sortes qui s'entrechoquaient…

- Zorro, commença Sanji…

Mais il ne put finir que la lame entama une nouvelle descente. Zorro était hypnotisé, prit d'admiration pour ce sang qui coulait dans le dos du blond. Le vent, venant de dos, écartait sa chemise déchirée qui ne tenait plus que par le collet encore intacte. Ses muscles fins sous sa peau blanche offraient de magnifiques parcours aux goutes de sangs s'échappant de la blessure. Poussées par de violentes bourrasques, les perles carmines glissaient vers ces formes attirantes où le vert aurait volontiers glissé sa lame… et ses doigts.

Zorro n'avait jamais eu la chance de rencontrer d'hommes qui faisaient l'amour, c'est vrai. Personne de doux non plus. Personne d'attirant, de sexy, de beau… Sanji, lui, même s'il le détestait, était vraiment séduisant. Même de derrière, comme ça. Encore plus avec ce sang. Zorro lui en voulait, car depuis la dernière fois, il s'était mit à observer des détails qu'il ne voyait pas avant. Comme le sifflement du vent faisant danser les cheveux de Sanji. Cheveux aux éclats dorés et changeants sous ce soleil. Et aussi ce léger mouvement au niveau de son torse, au même rythme que sa respiration, la légère inclinaison de sa tête vers l'avant…

Toutefois, le blond décida qu'il y avait des limites à se laisser lacérer le dos de la sorte. Interrompant les pensées du vert, se soustrayant au fil de la lame qui descendait allègrement son dos, il pivota sur un pied et frappa durement Zorro à la poitrine. Celui-cifit un vol plané jusqu'au centre du pont, surprit d'être ainsi dérangé dans sa contemplation. Il s'écrasa contre le pied du grand mât, lâchant sa lame sous l'impact, maisse reprit aussitôt. Non, hors de question de fantasmer sur l'ennemi !

- Je t'ai dis de me laisser tranquille, fit Sanji, lassé, en retournant à sa contemplation des arbres.

Il voulait par-dessus tout éviter l'affrontement… Enfin… un certain type d'affrontement. C'était déjà trop. Il voulait des femmes dans sa vie, et trop de personnes sur le bateau les avaient déjà surprit. Ils devaient cesser. Ils n'auraient même jamais dû commencer. Sanji, perdu dans ses pensées, fit un pas de côté. Zorro, qui s'était élancé derrière lui ne pu s'arrêter ou changer sa trajectoire et passa par-dessus le garde. L'éclaboussure annonça à Sanji que le vert avait fait un atterrissage violent à la surface de l'eau peu profonde. Tant pi. Sanji s'éloigna de l'autre côté du bateau et reporta son regard sur la mer. Zorro était en colère et impulsif, donc un très mauvais combattant, il ressemblait à ce qu'il était au début de leur périple. Vraiment, Zorroaussi devait avoir souffert de ces échanges… Pourquoi chercher à les poursuivre alors ?

L'épéiste rejoignit la plage afin de monter la passerelle menant au bateau. Il voyait Sanji, encore dos à lui, accoudé au bastingage. Le vent collait à présent sa chemise imbibé de sang sur son dos. Les blessures étaient superficielles, le blond n'en mourrait pas et avait vécu pire, il ne s'en préoccupait même pas. Zorro sentit sa colère s'envoler soudainement. Sa rancœur restait, mais il se dit qu'il devait agir stratégiquement. Il s'approcha doucement de Sanji, mais à la dernière seconde, celui-ci pivota de nouveau pour le frapper, toute fois, Zorro réussit à attraper le pied du cuistot.

- Tu vas me laisser tranquille enfin, le Marimo ! ? s'écria Sanji avec rage, cette fois.

Une étrange peur le gagnait. La peur de faiblir et de se laisser prendre par Zorro. Oui, il voulait mettre fin à ce genre de combat, mais si l'affrontement était inévitable, et qu'il perdait, il devrait nécessairement prendre une revanche lui aussi pour égaliser les pointages. Ils étaient à égalité avec un point chacun. Pourquoi le vert s'acharnait-il ? Sanji refusait de perdre !

Le vert, sans laisser la jambe de Sanji, s'approcha de lui, glissant sa main de son pied vers son mollet, puis sa cuisse. Caressé aussi peu pudiquement par une main puissante, le blond détourna le regard. La main était douce, mais elle restait forte et dangereuse. Sanjine pouvait regarder le propriétaire de la main. Ne pouvait lui montrer son regard…

- Laisse-moi s'il te plait, ce n'est pas une bonne idée de se battre encore… de cette façon.

- Tu as peur de perdre ? le nargua doucement le vert, se rapprochant dangereusement en scrutant le visage de sa proie.

- Non, mais je ne veux plus faire ça avec toi. Je n'ai jamais voulu.

- Vraiment ? Ce sera un viol alors… répondit Zorro d'une voix joueuse.

Le blond serra les dents et, s'appuyant à la rambarde de ses mains, laissa son deuxième pied s'élever pour frapper Zorro. Mais le vert s'était collé à lui, entre ses jambes, et le pied du blond passa à côté de lui sans le toucher. Sanji détourna le regard de nouveau, puis, entourant ses jambes autour de la taille du vert, s'élança vers l'arrière, entrainant l'épéiste dans sa chute, qui se termina une fois de plus à l'eau.

Le cuistot en profita pour se dégager et contourner le bateau en nageant vers la plage, afin de remonter à bord par la passerelle. Il décida à ce moment d'enlever sa chemise. Déchirée, trempée et tachée, elle ne lui était plus utile. Il devait mettre un pansement dans son dos, mais seul, il n'y arriverait pas, et hors de question de demander à l'autre pervers !

- Tu veux me faciliter la tâche ? Nargua Zorro en montant à bord, avisant la chemise au sol.

Sanji ne répondit pas et prit la direction de l'infirmerie. Il trouverait bien une solution. Si ce foutu épéiste s'enlevait de son chemin ! Zorro croisa les bras en arquant un sourcil, bloquant le passage. Non mais vraiment, qu'avait-il à être si collant aujourd'hui ?

- Tu m'humilie, je t'humilie. C'est comme ça que ça marche.

- C'est la même chose pour moi, Marimo, je te conseille donc de t'écarter de mon chemin.

Zorro fonça sur Sanji, qui n'eut pas le temps de s'écarter et se retrouva au sol. Il tenta de se défaire du poids du vert, mais rien à faire, il était coincé.

- Moi je n'ai même pas besoin de t'attacher, fit le vert en souriant.

Il se pencha sur Sanji, qui détourna la tête, et lécha sa joue du menton à la tempe, sans aucune délicatesse. Sanji ferma les yeux en gémissant de dégoût. Zorro agissait comme un animal. Un prédateur qui joue avec sa proie. Mais Sanji ne serait pas sa proie. Pas cette fois !

L'épéiste fit glisser ses mains des épaules de Sanji à son pantalon, et les remonta de la même manière. Aucune délicatesse dans ce geste. De la possession. Et de la dominance. Trop sur de lui, trop aveuglé par sa honte. Trop homme, pas assez de finesse, pas de plan, rien. Il voulait le prendre, là, sur le pont.

- Tu sais, commença Sanji.

- Ta gueule enfoiré ou je ne te ferai pas le privilège de te préparer avant de te défoncer.

Sanji soupira. Ouais, ouais… C'est ça… Il profita du fait que ses mains étaient libres pour les passer sous le chandail de Zorro et caresser son dos avec douceur. Il vit le trouble sur son visage. Zorro le surplombait, s'acharnant d'une main maladroite sur le bouton de son pantalon sans réussir à le faire sauter, tout en se maintenant de sa deuxième. Des mains de guerriers expérimenté, certes, mais peu habitué à la finesse… Sanji remonta doucement ses mains jusqu'aux omoplates musclées, continuant vers les épaules, essayant d'enlever le tissu gênant.

Zorro résistait, s'il levait les bras pour permettre à l'autre de retirer son chandail, il devrait lâcher son pantalon et il…

- Tu ne me laisse pas le choix, chuchota Sanji avec une voix douce et chaude à la fois.

Lorsqu'il avait commencé à remonter le chandail du vert, Sanji avait resentit une puissante bouffée de chaleur. Les mains sur son corps, il parvenait à les ignorer. Mais il regardait le vert, avecson chandail mouillé et collé à sa peau chaude, ses muscles contractés, et son regard… ce regard embué, à demi caché derrière des paupières lourdes de troubles. Ses lèvres entre-ouvertes… ces lèvres qu'il avait trouvé étonnamment douces la première fois, mais qui, passé la surprise, lui semblèrent aussi malhabiles qu'inexpérimentées… Et puis… Cette langue, joueuse et aventureuse, mais timide et sans romantisme… Ça, Sanji ne pouvait y résister, et son désir remontait déjà en un long frisson le long de la coupure qui zébrait son dos, du creux de ses reins à sa nuque.

Sanji posa ses lèvres sur celles de Zorro. Doucement. Pour faire fuir les dernières idées de résistances qui habitaient encore son esprit tourmenté. La main du vert délaissa le pantalon, dotée d'une vie propre, et remonta le corps à demi nu du blond avec beaucoup plus de douceur qu'elles n'avaient pu le descendre. Non ! Il devait se reprendre ! Il devait…

Sanji pointa doucement sa langue hors de sa bouche et caressa langoureusement les lèvres du vert. Zorro voulait une revanche, vraiment… Mais dès la première provocation du blond il laissait tomber toutes ses défenses. Avait-il seulement des défenses ? Ou bien peut-être que tout était calculé et qu'il voulait recommencer comme dans l'entrepôt ? Il avait aimé après tout… Non, c'était stupide, jamais Zorro ne voudrait se laisser dominer. Pourquoi alors tomber pour un simple baiser ?

Leurs lèvres se séparèrent l'instant de retirer le chandail de Zorro. Le vert revint vers le blond pour poursuivre, mais celui-ci détourna la tête. L'épéiste ouvrit des yeux surpris, comme s'il émergeait de l'eau, et vit le blond sous lui, un sourcil arqué. Leurs torses mouillés étaient collés l'un à l'autre et tant de chaleur semblait s'en échapper que le musclé cru qu'il allait brûler.

- À quoi tu joue le Concombre ?

- Concombre ? répliqua le vert, évitant de répondre à la question dont il n'avait aucune idée de la réponse. Tu veux renouveler ton répertoire d'insultes ? T'aurais pu trouver mieux…

- Non, avec ce qu'il y a là, je trouve que c'est très bien choisi.

Sentant la hanche du blond frotter son érection, Zorro marqua un instant de surprise. Quoi ? Il était déjà dur ? Mais… Comment étais-ce possible ? Il avait prévu de faire mal à Sanji, de le briser pour éviter qu'il ne revienne à la charge avec ses techniques douteuses qu'il appelait «l'amour». Zorro avait eu mal. Il avait été profondément blessé d'avoir apprécié et d'avoir découvert quelque chose qu'il ignorait de cette façon. Il n'avait pas comprit, il avait aimé et ne cessait d'y penser. Il voulait faire mal à Sanji, le faire souffrir. Et voilà qu'il devenait complètement légume dès que l'insupportable cuistot lui démontrait un semblant de douceur. Il ne pouvait pas se laisser faire ainsi.

Le vert fronça les sourcils, en colère de ne pas comprendre et emplis de haine envers le cuistot. Il leva le poing et le frappa au visage de toutes ses forces. Sanji fut surprit et se prit l'attaque de plein fouet. Dans sa position, couché au sol, le vert sur lui, il ne pouvait pas répliquer. Ses mains ne lui servaient pas à se battre et ses pieds étaient en mauvaise position. L'autre était perdu et enragé. Si Sanji ne voulait pas être défiguré, il devait rapidement prendre le dessus. Mais comment calmer l'autre ? L'embrasser, d'accord, mais ça ne fonctionnait qu'un bref moment. Et s'il… voyant le vert se préparer à frapper de nouveau, il saisit la seule idée qu'il avait en tête, quitte à le regretter plus tard.

Les mains blanches du cuistot se posèrent avec rapidité dans le cou du vert et glissèrent lentement vers ses épaules. Le poing levé resta en suspend, ça fonctionnait. Sanji effleura les bras contractés de ses doigts, dérangeant les goutes d'eau qui étaient restées sur la peau du vert.

Les mains expertes continuèrent leur course jusqu'à celles de Zorro, tout en douceur. Avec un calme déroutant pour quelqu'un qui venait d'encaisser un puissant coup au visage, Sanji approcha la main levée du vert de son propre visage, l'encourageant à poser sa main ouverte contre sa joue. Il ne se fit pas prier. Leurs yeux ne se lâchaientplus. Ceux de Sanji reflétaient une certaine tristesse mélancolique, sachant qu'il allait réaliser encore une fois ce qu'il s'était promit de ne plus faire. Zorro pour sa part, avait un regard troublé où se reflétaient l'horreur, la curiosité et aussi une certaine envie, se rendant compte qu'à ce moment précis il désirait Sanji. Ou plutôt qu'il désirait la proximité d'un corps… pas nécessairement Sanji, mais quelqu'un d'aussi doux et sexy… Si ça existait ailleurs.

- Fais comme moi, chuchota Sanji.

Il guida la main qui s'était posée sur sa joue pour qu'elle caresse son cou et descende vers son torse. Il s'était résigné. Il allait le faire. Et aussi bien rendre le moment un peu agréable en montrant à l'autre comment faire plaisir à son partenaire. C'était un peu comme sa leçon numéro deux. La première, comment se laisser faire, et la deuxième… Minute ! Pas question de le laisser dominer ! D'accord pour lui montrer comment faire… un peu… Mais pas question de le laisser gagner !

- Doucement, chuchota Sanji, attentif aux réactions du corps de son partenaire.

Zorro fronça légèrement ses sourcils et se concentra, fixant intensément sa propre main sur le corps de Sanji. Ça ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait. Jamais on n'avait guidé ses mouvements de la sorte, l'accompagnant sans le forcer. Il avait déjà touché doucement, bien sûr, mais sans porter attention au contact contre sa main. La texture de la peau, les os du thorax, puis les muscles, et enfin, au sommet d'une petite colline discrète sur le torse pâle de Sanji, une petite perle de chair rosée et durcie, certainement par le plongeon quelques minutes plus tôt.

Absorbé par ces sensations qu'il connaissait sans jamais avoir remarqué, Zorro ne remarquait presque pas les mains de Sanji qui effleuraient son dos et sa nuque. Il savait qu'il se laissait entrainer à nouveau sur une pente glissante. Savait que ces actes n'étaient pas du tout en lien avec sa vengeance. Savait aussi qu'il ne pourrait retenir ni ses désirs, ni son plaisir. Et cette idée de plaisir proche le hantait et l'excitait à la fois. Son seul contentement était qu'il était sur le dessus et qu'il n'était pas attaché. Les mains de Sanji l'attirèrent doucement à lui. Il ne se fit pas prier, regardant ses lèvres avec envie. Il se souvenait de leur douceur et de leur délicatesse, il avait peur de les briser tant elles étaient tendres.

Une arme redoutablement attirante, comme une épée de verre. Magnifique, parfaitement équilibrée et des plus agréables à manier. Mais dès qu'elle rencontrait un adversaire, cette épée de cristal ne pouvait que se planter en son cœur, parfaitement habille, car un simple contact contre l'arme de son attaquant la briserait en milles éclats miroitants. C'est pourquoi elle était si parfaite. La meilleure des armes, la plus belle, la plus experte, touchant toujours sa cible dès qu'elle sortait du fourreau…

Et les lèvres de Sanji joignirent celles de l'épéiste, envouté. Le vert n'osait bouger de peur de briser ce doux baiser. La lame de cristal atteignit son cœur et le transperça alors que Sanji caressait doucement ses lèvres figées avec sa langue.

- Détends-toi, tu es tout raide, ria doucement Sanji.

Zorro fut surprit de l'entendre parler et ouvrit grand les yeux.

- Je sais que je suis irrésistible, confessa Sanji, et super sexy aussi… Mais si tu veux t'amuser un peu, même si c'est pour te battre que tu fais ça, détends-toi…

Ça allait faciliter le moment où il se ferait prendre aussi, pensa Sanji. Il reprit le baiser doucement et cette fois, quand sa langue pointa doucement entre ses lèvres, elle rencontra celle du vert. Il joua avec elle quelques minutes, pour la taquiner d'abord, puis la dégourdir et percer sa timidité. Quand enfin Zorro pu prendre pleinement part au jeu, il entrouvrit un peu plus la bouche, permettant à Sanji d'approfondir doucement le baiser, qui aurait pu être celui d'un couple éperdument amoureux.

- … seulement prendre une bouteille de cola de plus pour… Heu….

- OOOOOOOOOOOOHH ! ! C'est… c'est…

- C'est pas vrai, soupira Sanji en laissant sa tête retomber lourdement sur le bois du pont.

Zorro tourna la tête, comme émergeant d'un rêve. Son regard devint dur aussitôt. Au moins, ils avaient encore leurs pantalons cette fois. Incroyablement serrés et mouillés, mais…

- Si vous dites quoique ce soit, commença le vert.

- Je vous transforme en nouveaux instruments de cuisine.

Trois regards se posèrent sur le blond.

- Des conserves et des cure-dents, appuya-t-il de façon très menaçante.

Aussitôt, Franky et Brook firent demi-tour en hurlant que ça n'était pas très courtois de sa part, ni très «super !».

- J'en ai assez de me faire déranger… Je crois que je vais aller prendre ma douche, fit Sanji dans une tentative pour se lever qui, évidemment, fut infructueuse.

- Tu reste là le cuistot, répondit une voix autoritaire de dominant.

- D'accord, soupira le blond. Tu peux même pas t'imaginer à quel point je te hais, fit-il d'un ton trop découragé pour être réellement haineux.

Zorro n'eut pas le temps de répliquer que des lèvres se plaquèrent sur les siennes. Elles n'y restèrent qu'un instant avant de dériver le long de sa mâchoire jusque dans son cou, pour ensuite descendre jusqu'au creux de sa clavicule. Une petite plainte échappa au vert, surprit et surtout, transporté par ce langoureux mouvement de la langue du blond sur sa peau. Un point sensible qui lui faisait perdre tous ses moyens…

Avec une rapidité à la limite de la violence, Sanji inversa les positions, se retrouvant sur le dessus, ses mains s'afférant à détacher le pantalon du vert, ses lèvres s'acharnant toujours sur sa clavicule réceptive.

- … moi aussi, réussit difficilement à articuler le vert, une certaine douceur portant sa voix troublée.

Sanji sourit et se releva légèrement pour essayer de retirer le pantalon de Zorro. Collé par l'eau et serrés à cause de l'érection de son propriétaire, le vêtement refusait obstinément de descendre sous les hanches de l'épéiste. Celui-ci, libéré de l'emprise de la bouche Sanji, en profita pour se relever un peu, réalisant brutalement qu'il avait perdu sa position.

- J'arrive pas à… enlever ça… Tu pourrais m'aider, dis ? fit innocemment Sanji

- Si tu crois, commença le vert, sans pouvoir terminer.

Sanji s'était levé et s'éloignait, sa peau pas tout à fait sèche brillant de perles de lumière. Pourquoi partait-il ? Le combat n'était pas terminé… Zorro regarda la trace de sang qu'il avait laissé au sol à côté, puis les goûtes qui s'y étaient écrasées, traçant une trajectoire jusqu'à Sanji. Celui-ci se pencha pour prendre quelque chose par terre, puis revint sous le regard du vert, toujours couché au sol. Ses cheveux blonds semblaient plus foncés à cause de l'eau. Et il revenait, comme un… Mais ! C'était son katana qu'il tenait à la main !

- Tu ne veux pas m'aider, d'accord, je me débrouillerai, fit le blond en pointant la lame sur Zorro, assis au sol sans comprendre.

Lorsque la lame le toucha, il émit un profond grognement. Il ressentait une douleur mordante de sa hanche jusqu'à la moitié de sa cuisse. Comment une attaque si lente et malhabile pouvait-elle l'avoir toucher ? Sans doute parce que la mèche rebelle qui tombait devant les yeux du cuistot l'avait hypnotisé. C'était sans doute ça… Une goute d'eau s'en échappa et s'écrasa sur le sol déjà mouillé par leurs corps. Un bruit de métal. L'arme au sol. Sanji de nouveau sur lui quibaissa les yeux sur la longue ligne parfaitement droite d'où s'échappait le sang de son ennemi.

- Mais t'es cinglé ? s'écria le vert en regardant enfin Sanji.

- Pas plus que toi…

Le blond saisit la main large de l'épéiste pour la poser délicatement dans son dos, ou l'autre pu toucher le sang poisseux qui s'échappait toujours en petites goutes de la plaie.

- On est quitte alors ? demanda Zorro.

- On ne le sera jamais, je suppose.

D'un geste brusque, Sanji descendit le pantalon tranché du vert, ainsi que son sous-vêtement. Encore une fois, Sanji eu une légère faiblesse en voyant le membre dévoilé et bien dur de Zorro. Comme il aurait aimé l'accueillir en lui. Mais il ne le pouvait pas. C'était un combat… Mais… il pouvait toujours…descendre doucement le long de son corps, laissant le membre frôler son ventre, puis son cou, le caresser doucement de sa joue et enfin…

- Humm ! Tu fais quoi là le… le cuistot… ?

Sanji ne pu répondre, la virilité énorme du vert déjà dans sa bouche. Il avait oublié… à quel point c'était comique de torturer un homme de la sorte. Excitant aussi. Jouant de sa langue, il observait les réactions du vert, amusé. Mais il ne s'y attarda pas. Il ne faut pas abuser de ces caresses sans quoi il ne pourrait se satisfaire lui-même. Il délaissa le membre rougit de Zorro et se dirigea vers sa cuisse pour lécher la plaie qu'il y avait laissée. Il remonta la ligne sanglante jusqu'à la hanche, sachant bien qu'il procurait avec ce geste autant de douleur que de plaisir à l'épéiste.

- Attention, ça devient une habitude de te laisser dominer, chuchota le blond à son oreille.

L'autre ne put répondre, des doigts s'étaient introduits dans sa bouche. Sanji lesremplaça par sa bouche après quelques secondes et, sans perdre un instant, inséra son majeur entre les fesses de Zorro… qui se contracta, arquant tout son corps sous la douleur.

- Tu n'as pas pris de note la dernière fois ? s'amusa Sanji, décidant que la carte de l'amoureux attentionné méritait une patience dont il ne disposait pas à ce moment.

- Je… C'est moi qui… devais te…

- Oui, mais il faut croire que tu as rencontré un adversaire plus fort que toi. Tu as déchiré ma chemise préférée, tu savais ?

- Et tu as déchiré mon pantalon…

- Mais ce n'était pas ton préféré !

Ne voyant nullement l'intérêt du sujet de la conversation, Zorro ne répondit pas. C'était ridicule comme situation.

- Tu sais que si tu m'avais écouté plutôt que de hurler mon nom, tu saurais comment amoindrir la douleur…

Sanji commença un lent mouvement de vas-et-viens avec son doigt, sentant que faire parler Zorro l'avait détendu. Il vit également un trouble passer dans son regard. Crier son nom …?

- Je sais… quoi faire, se défendit-il en tentant sans succès d'avoir l'air féroce. Je dois… détendre…

- Comment ? Le nargua Sanji.

- …

- D'accord, je vais te rafraichir la mémoire, mais c'est la dernière fois !

Sanji colla son torse contre celui de Zorro pour atteindre son oreille, où il appuya le bout de son nez pour la caresser doucement.

- D'abord, murmura-t-il, tu arrêtes de me regarder avec cette tête d'ahurit ou je vais devoir te demander de payer mes services sexuels. Arranges-toi pour que j'apprécie un minimum, moi aussi.

Ces mots touchèrent durement le vert. Il se laissait complètement faire et il ne réagissait même pas. Ce qu'il devait faire, ça n'était pas de reprendre le dessus ou de frapper Sanji. Il avait déjà perdu. Il avait perdu avant même d'avoir touché le sol en descendant du mat …

Il leva timidement une main et vint la poser sur la nuque de Sanji, chaude et possessive. Il remonta doucement sa main dans les cheveux du blond, alors qu'il posait l'autre au creux de ses reins, jouant avec le tissu de son pantalon du bout des doigts.

- C'est déjà mieux… Maintenant, tu vas me montrer qu'il te reste un peu de dignité et de conscience, poursuivit Sanji.

Ce n'était pas comme la dernière fois. Il ne voulait pas se venger, il voulait le faire sentir ridicule pour qu'il ne revienne plus le voir en lui tendant son jouet préféré. Il voulait qu'il réalise ce qu'il faisait et…

- Humm, Sanji… J'ai compris, marmonna le vert. Passe à l'étape suivante…

Quoi ? Désarçonné, Sanji resta un moment immobile. Avait-il bien comprit la réponse ? Zorro avait-il comprit la question ? Il s'en fichait apparemment. Mais il était très détendu. Il faisait apparemment de grands efforts. En haussant un sourcil, Sanji fit pénétrer un second doigt dans l'épéiste, qui s'arqua de nouveau.

- Parle-moi encore…

Le blond voyait sur le visage du vert un effort extrême. Pour se détendre et oublier sa position… Lutter également contre lui-même. Il aimait. C'était certain. Mais il ne pouvait accepter d'aimer… Il voulait en profiter, mais en même temps…

- T'es qu'un tarré, tu sais…

- Oui… Mais dis-moi autre chose, ça fait moins mal quand… quand tu parles…

Sanji soupira. Vraiment, il devait tout faire…

- J'ai plus envie, trouve un autre moyen pour avoir moins mal.

Zorro ne se fit pas prier, il empoigna Sanji à la nuque avec force et le plaqua contre ses lèvres, prenant avec une certaine brusquerie contrôlée l'initiative du baiser. Sanji prit son rythme et répondit au baiser de la même façon. Il adorait ce petit côté brutal. C'est ce qu'il cherchait chez un homme… Quoi ? Non, non il ne cherchait rien chez un homme, mais si on lui forçait la main… s'il était obligé, il préférait un certain romantisme animal. De la passion à l'état pur, sans ajout. Et cet élan soudain du vert le motiva. Peut-être y trouverait-il son compte cette fois.

- Enlève ton pantalon, ordonna le vert contre ses lèvres soudainement fiévreuses.

- C'est moi qui déciderai quand je l'enlèverai, coupa le blond avec défi.

Le vert attrapa de ses deux mains les fesses de Sanji et le pressa contre son bassin, faisant sentir toute la force de ses mains et de son désir au blond.

- Enlève ton pantalon, emmerdeur. C'est hors de question que tu le garde cette fois-ci.

- Et pourquoi ça ?

- Parce que ton dos est déjà assez endommagé par le combat, je dois attaquer autre chose, parce que je sens que tu es serré dedans et parce que…

Le dire ? Vraiment ? Pourquoi pas ? Il était dans une position déjà bien basse, pourquoi ne pas toucher le fond tant qu'à y être ?

- … je veux sentir ta peau contre la mienne.

- …et en profiter pour prendre le dessus ? demanda le blond, quelque peu déstabilisé.

- Non. Juste te regarder… J'adore ton cul de minette et je ne l'ai pas vu la dernière fois, sourit le vert avec perversité.

Sanji le toisa un moment avant de retirer ses doigts du vert pour détacher son pantalon avec méfiance, prêt à devoir immobiliser l'autre à tout instant. Mais il ne bougea pas. Seul son sourire s'élargit alors que le blond retirait lentement son pantalon, dévoilant son membre gonflé, ses cuisses parfaites, ses fesses bien rondes, brillantes au soleil, humides à cause du vêtement imbibé qu'il venait de retirer. Le vert n'avait pas bougé.

Sanji revint s'agenouiller entre ses jambes, relevant son bassin, et fit pénétrer cette fois trois doigts, afin de faire disparaitre ce terrible sourire des lèvres de sa victime. Il fut surprit de sentir une main se refermer avec vigueur sur sa cuisse. La situation lui échappait. Il contrôlait toujours, mais il ne savait plus ce qui arrivait dans la tête du vert. Il était devenu imprévisible et… interactif. Il était plus spontané, moins surprit, comprenait, ou tentait de comprendre, se laissait aller… Et le blond, pour la première fois, perdit complètement le contrôle de la situation. Une main sur sa nuque. Quoi ? Une bouche sur la sienne. Comment ? Une langue sauvage. Mais celle de qui ?

La sienne. Qui jouait avec une autre, tout autant possédée. Son corps. Ondulant contre l'autre pour lui témoigner son désir. Sa virilité frottant sur celle de Zorro avec envie. Oui… Plus… C'était parfait, se laisser aller et cesser de réfléchir. C'était… encore meilleur qu'être en contrôle. Avec un animal, une bête, sous lui, qui l'encourageait de ses mains, de sa bouche, de ses hanches qui cherchaient à se presser aux siennes.

- En… enfoiré… murmura Sanji entre deux baisers fiévreux.

- Tu sais, je viens de comprendre un truc…

- Humm ?

Zorro lécha le cou de Sanji. Il n'avait jamais vraiment fait ça avec l'intention faire réagir son partenaire et il se sentait malhabile, mais l'autre appréciait manifestement. Avec sa main libre pressée derrière sa tête, il l'encourageait. Il voulait qu'il continue. Sanji caressait, voir tirait un peu, ses courts cheveux verts. Il semblait bien plus à l'abandon qu'avant. Comme la première fois, quand Zorro l'avait déstabilisé et qu'il se laissait faire, il avait quelque chose de spontané soudainement en lui. Ça ne rendait la chose que plus plaisante. Mais Zorro avait remarqué quelque chose dans cet abandon… La lame dans son dos l'avait fait frissonner, le coup de poing qu'il lui avait donné précédemment l'avait décidé à poursuivre le combat, et maintenant, cette poigne de fer sur sa cuisse l'avait transformé. Il était passé du gentil professeur calme au fougueux combattant. De braises à flammes… Prêt à bruler avec sa proie…

- Tu veux voir ce que j'ai retenu de tes enseignements ?

- Je m'en fiche, répondit Sanji. Tu me le diras après…

Sanji voulait qu'il se détende au plus vite, il n'avait plus assez de concentration pour l'écouter et lui répondre. Il voulait entrer à l'intérieur de lui, c'est tout ce qui comptait. C'est pourquoi ses doigts s'activaient avec frénésie.

- Je vais te montrer quand même, le cuistot.

Zorro planta violement ses dents dans le cou du blond alors que ses mains tenaient fermement une cuisse et une fesse, pressant Sanji contre lui avec force.

- AAH ! ! s'écria Sanji sous la surprise avant de lancer un regard d'incompréhension totale au vert, cessant même momentanément de bouger.

Sûr de son coup, Zorro soutint son regard, un sourcil relevé avec provocation, et un sourire en coin, séducteur. Il se passa quelques secondes avant que Sanji ne replonge vers le vert pour l'embrasser avec encore plus de vigueur.

C'avait été délicieux. Zorroavait trouvé. Il avait été attentif et il avait trouvé ce que le blond aimait. Tant pi. Pour l'instant, ça ne pouvait être qu'une bonne nouvelle. L'échange allait être encore meilleur, pensa Sanji avec délice. Une main se posa dans son dos poisseux de sang. Il s'arqua. Ça ne faisait pas vraiment mal mais… Ça l'excitait terriblement de sentir du sang s'étendre ainsi sur son corps. Il n'avait jamais réalisé à quel point la violence pouvait l'exciter, il n'avait jamais rencontré quelqu'un d'assez fou pour tenter de le découper en morceaux non plus…

- Alors, tu le trouve comment ton élève ? Nargua Zorro.

Un éclair de lucidité. Lui montrer qu'il appréciait ? Jamais !

- Dominé, répondit le blond avec mépris qu'il peinait à rendre crédible.

Il devait garder le contrôle, se rattraper, cesser de glisser vers…

- Haha… pour l'instant, promit Zorro.

- Ferme ta gueule si c'est pour dire des trucs inutiles…

Un baiser. Encore. Zorro souriait. Il allait pouvoir se venger, il avait apprit. Il pourrait jouer sur le même plan que Sanji… Pour le moment, autant en profiter. Il avait déjà perdu.

Le vert gémit bruyamment sous le baiser féroce du blond. Perdre, ce n'était pas une raison pour ne pas profiter de la victoire du vainqueur. Se laissant aller, Zorro griffa les flancs du cuistot. Le pauvre blond, découvrant en même temps que Zorro sa propre faiblesse, s'arqua brutalement, collant encore plus son corps contre Zorro, sentant sa chaleur et son désir. L'épéiste se délectait des expressions du blond. Surprise, plaisir, désir, panique… Et ces cris, tout petits, comme ceux d'une souris, quand le vert le surprenait… Ça valait tout l'or de la mer. Il aurait pu renverser les positions, mais il était bien où il était. Il s'amusait aux dépends du cuistot et c'est tout ce qui importait. Il pouvait l'observer et sentir ses muscles sous sa peau se tendre violement. Il pouvait…

Le regard vitreux de Sanji se posa sur Zorro. Il ne pouvait plus attendre. Il allait exploser. Le vert retira sa poigne de fer de la nuque du blond un instant. L'instant d'un regard. Un regard où ils se comprirent sans même ouvrir la bouche. Mais Sanji voulait tout de même s'affirmer un peu avant de…

- Vas-y, chuchota Zorro sans se faire prier. Je suis prêt. Je reste tranquille si tu me donne ton épaule comme l'autre fois, ajouta-t-il avec une voix chantante.

Sanji se redressa un instant et, très lentement, fit pénétrer son membre à l'intérieur de son partenaire. Il laissa l'autre se tordre de douleur quelques secondes avant de se pencher et de lui offrir cordialement son épaule. Une épaule mordue était plus subtile qu'une lèvre charcutée, se dit Sanji avec un semblant de pitié en voyant l'autre retenir son cri à grandes peines en se mordant les lèvres.

- Ça fait toujours mal les premières fois, même si tu te concentre très fort, dit Sanji à son oreille.

En fait, il devait serrer les dents lui aussi. D'abord parce que la morsure sur son épaule était forte. Le vert ne la mordait pas que pour soulager sa souffrance, mais pour agacer et exciter le cuistot également. Ensuite parce que le blond devait se retenir de tout son être pour ne pas commencer une rythme endiablé avec son bassin. Son membre était affamé de sensations et l'endroit où il venait de pénétrer était tout bonnement divin. Étroit au possible, chaud comme l'enfer… Et les mains de l'épéiste, une sur son omoplate, l'autre dans le creux de ses reins, le rendaient fou. Il se sentait contrôlé et possédé, même si c'était lui qui était couché sur le vert. Il adorait cette sensation.

- Humf… Mord moins fort, finit par articuler le blond.

- T'as mal, minette ? demanda avec difficulté le vert en lâchant l'épaule de ses dents.

Il appuya son front contre l'épaule d'ivoire en fermant les yeux avec force. Ce que ça pouvait faire mal, encore… moins que la première fois, mais tout de même !

- C'est toi qui risque d'avoir mal si tu continue.

- Pourquoi ça ?

- Parce que tu me donne envie de te défoncer et que j'arriverai pas à me retenir très longtemps si tu me mords comme ça…

Sentant la souffrance s'envoler lentement avec les mots, Zorro releva la tête et planta son regard douloureux dans celui de Sanji, souriant malgré tout.

- Monsieur perd le contrôle ? Ria le vert, espérant intérieurement que ça ne serait pas le cas.

Sanji ne répondit pas à sa question. Il le regardait, le plus sérieux du monde. Aucune expression sur son visage soudainement tellement neutre. Les bras du vert l'enserraient, ses bras à lui reposaient sur le bois du pont, entourant la tête de Zorro. Il était entre ses jambes. L'une d'elles entourait la taille du blond alors que l'autre s'était emmêlée à sa jambe.

- Dire que je suis vraiment entrain de faire ça, murmura Sanji pour lui-même avec une pointe de dédain.

Zorro ouvrit la bouche pour répondre il ne savait quoi, mais des lèvres s'emparèrent des siennes sans qu'il ne comprenne. Il ferma les yeux, se laissant emporter par l'arme parfaite de Sanji. Arme qui le rendait fou et gagnait tous les combats. Il prit beaucoup de temps à se ressaisir. Autant de temps que mit la douleur à disparaître complètement. Alors seulement, il appuya plus fortement ses mains dans le dos du blond, durcissant son corps entier. Sanji réagit instantanément et donna un vigoureux coup de rein qui fit grimacer le vert. Comme réponse, il mordit la lèvre du cuistot. Loin de s'en vouloir, celui-ci donna un second coup de rein encore plus vigoureux, rendant le baiser sauvage et bruyant.

- Ah !

Sanji se redressa violement en s'arquant, deux mains puissantes serrant ses fesses avec force, y plantant leurs ongles. Les mains le guidaient, accompagnant ses mouvements, l'encourageant à aller plus vite et plus loin. Sanji replongea vers sa proie comme un aigle et se posa en douceur dans son cou. Chaque geste était calculé à la perfection. Il caressa la peau brulante de ses lèvres avides avant de mêler sa langue au jeu, embrassant fougueusement le cou, mais surtout la clavicule du vert. Il laissait parfois même ses dents frôler la peau sensible pour agacer l'épéiste. Comme c'était bon. Il dominait et à la fois, se faisait contrôler. Il ne pensait plus qu'au plaisir. Aucune femme ne pouvait lui apporter ce parfait équilibre de douceur et de violence. De pouvoir et de soumission. Ce parfait mélange d'amour et de sexe… Non, il n'avait trouvé cet équilibre qu'auprès des hommes… Et si Zorro n'était pas encore tout à fait au point, il pourrait bien devenir le meilleur d'entre tous. Car il était lui-même, violent aimantla douceur et la finesse… Alors que Sanji était tout le contraire, tendre amoureux attiré par la douleur…

-Humm… Cuistot… Si j'avais su… que ça pouvait être si bon… Je t'aurais provoqué… de cette façon dès le premier jour sur le bateau.

- Tais-toi et mord moi, ne put s'empêcher de soupirer Sanji.

Ne se faisant pas prier, le vert planta ses dents dans la chair tendre du cuistot. Dans son cou, où la peau était toute mince. Il sentait entre ses dents les battements de cœur du blond. Tellement rapides. Sa peau goûtait le sel de la mer, de fines goûtes glissant encore de ses cheveux humides qui chatouillaient le visage du vert. Il mordit plus fort, se laissant emporter.

- AAhh ! Hummm… encore, quémandait Sanji.

Il se redressa un peu pour embrasser le vert, mais celui-ci le saisit aux épaules et le repoussa. Sanji, maintenant à genoux entre les cuisses de l'autre, ne tolérait pas cette privation. Il en avait envie ! Il en avait besoin ! C'était impossible de continuer s'il ne l'embrassait pas ! Il revint à la charge, mais de nouveau, les mains du bronzé le repoussèrent. Sanji fronça les sourcils en voyant le sourire provoquant du vert.

- C'est moi qui suis dessus, alors laisse moi faire, se fâcha le blond.

Zorro fit glisser avec délice ses mains sur le torse du blond, qui avait cessé tout mouvement. Il contourna ses hanches et saisit ses fesses, le forçant à continuer le mouvement, qu'il accompagna d'un mouvement prononcé de son propre bassin. Sous la surprise, Sanji fut projeté en avant et ses lèvres rencontrèrent avec délice celles du vert. Il posa ses mains de chaque côté de son cou, approfondissant le baiser, s'y perdant. Il n'avait plus besoin de penser, l'autre le faisait bouger à sa place. Tout tournait. Le sol sous lui bougeait lentement, le ciel apparaissait doucement, puis complètement…

Sanji ouvrit les yeux. Zorro en avait profité pour inverser les positions ! Assis sur son bassin, montant et descendant avec vigueur. Rien de doux, il voulait plus de plaisir. Il irait plus vite s'il le pouvait… Sanji le repoussa à son tour pour qu'il se redresse, mais suivit le mouvement, se retrouvant assis sous le vert à cheval sur lui. Il s'appuya d'une main au sol et accompagna Zorro dans son mouvement devenu presque brutal. Le vert gémit, cria presque en sentant la nouvelle profondeur qu'atteignait Sanji à l'intérieur de lui.

Le sang continuait de glisser le long du dos blanc et de se répandre sur leurs cuisses. De sa main libre, le cuistot saisit celle de l'homme assit sur lui et la posa dans son dos, où le liquide rouge continuait de s'échapper de la coupure. L'autre comprit. Il appuya sa main avec force, tirant une plainte et une grimace de plaisir au blond. Puis, sa main caressa avec une tendresse calculée les côtes, puis le torse du cuistot. La marque laissée par les doigts du vert et la vue de son propre sang donna une nouvelle vigueur au blond qui, à son tour, toucha la blessure à la cuisse du vert, doucement, et étendit le sang sur son ventre et son torse.

- Oh… Zor… ro… Je vais… C'est tellement…

- Si tu viens, tu as perdu, nargua le vert, le regardant de haut.

Sanji fronça les sourcils, décidé à se retenir encore quelques secondes. Il empoigna le sexe du vert de sa main libre et lui appliqua un rapide mouvement tout en appuyant ses lèvres sur son point sensible favori, juste à la hauteur de ses lèvres.

- Tu triche ! Eut à peine le temps de s'écrier le vert avant de laisser tomber un cri exquis qui donna des frissons à Sanji.

- Depuis quand… il y a des règles ? Haleta le blond en réponse alors que l'autre n'avait pas encore terminé de crier.

Et à son tour, quand Zorro eut terminé de se libérer sur son torse, il laissa exploser un orgasme aussi puissant que ceux qu'il avait pu connaître avant… Ce genre de plaisir partagé que jamais une femme ne pourrait comprendre, ni lui offrir. Sanji soupira, relâcha tout ses muscles, retombant étendu au sol. Zorro fit de même et se laissa choir à côté du blond. Ils prirent le temps de reprendre leurs souffles avant de rouvrir les yeux et de contempler la scène. Les vêtements mouillés, souillés et déchirés gisaient aux quatre coins du pont, des traces de sang commençaient à sécher au soleil un peu partout. Ils étaient ensanglantés, épuisés et maculés de semence.

Ils auraient bien fait une sieste, mais ils ne pouvaient pas laisser les autres les trouver ainsi. Sanji le premier, se leva et se dirigea vers le côté du bateau qui donnait vue sur la mer.

- Tu pourrais au moins remettre ton pantalon, cria Zorro en se relevant à son tour.

Sanji ne l'écoutait même pas. Il plongea par-dessus la barrière. Une fois dans l'eau, il se frotta un peu pour se débarrasser du sang et de la preuve de son échec face à lui-même. Il avait recommencé. Et il avait aimé. Il fit le tour du bateau à la nage, ignorant le vert qui l'avait suivit pour se nettoyer aussi, et remonta sur le pont. Il remit son pantalon mouillé et saisit sa chemise. Il frotta un peu le sol avec le bout de tissu autrefois blanc pour enlever le gros du sang, et se dirigea vers l'infirmerie.

Zorro le suivait, nu.

- Hey, commença-t-il.

Il ne put terminer sa phrase car un violent coup de pied à sa poitrine le surprit et lui fit faire un vol plané jusqu'à la proue. Sanji se retourna sans un mot et referma la porte derrière lui. Il avait tellement envie d'une cigarette.

Il devait arrêter. Il devait se concentrer sur autre chose. Tentant de penser seul sa blessure, il décida de ne plus fumer. Il devait ressentir un autre manque pour oublier celui du corps… particulièrement de celui de Zorro. Surtout après un échange aussi vivant. Zorro était un adversaire, rien de plus. Alors pourquoi une larme de rage roulait-elle sur sa joue ?

Zorro se releva, légèrement assommé. Il irait penser sa plaie dans la vigie, il avait tout ce dont il avait besoin. Un sourire marquait son visage. Il n'avait pas réussi aujourd'hui, mais il avait découvert une nouvelle arme, et la prochaine fois, il pourrait s'emparer de Sanji et le posséder. Sans compromit, sans être aveuglé par sa rage. Non, il pourrait attaquer Sanji avec la certitude sereine de réussir. Il n'aurait plus à baisser les yeux. Il pourrait rendre le match nul, et compter tous les points qu'il voudrait par la suite.

Étrangement, cette certitude ne le rendait pas autant heureux qu'il l'aurait cru. Il ne comprenait pas. Il haussa les épaules. Il verrait en temps et lieux.