Oï ! À défaut de pouvoir vous offrir du chocolat, je vous offre un chapitre, joyeuse Pâques ^^
Un petit mot afin remercier Meika-San pour sa review, ainsi qu'à toutes celles à qui je peux répondre, merci infiniment, vous me motivez tellement ! Un peu trop même, j'ai commencé tout plein de fics .. J'espère bien que vous viendrai les lire aussi :D
Un ÉNORME merci aussi à ma bêta qui est ma foi vraiment très patiente ^^ Merci, je t'adore Shimizuu :D
**Dernier truc hors sujet: j'ai reçu plusieurs menaces de mort si je ne postais pas rapidement le prochain chap, ou si je tuais un des persos... Je dois vous dire, chères meurtrières en herbe... que j'adore ça ! :D**
Assez, c'était assez ! Il y pensait tout le temps, il le voyait dans ses casseroles, il se réveillait la nuit en pensant à lui, il prenait sa douche en se… ASSEZ ! Huit jours en mer. Huit jours depuis la dernière, la vraie, dernière fois. Il devait agir. Sinon ils atteindraient une île et le vert trouverait un moyen pour recommencer, et lui, faible qu'il est, ne pourrait se soustraire à ses bras divinement caressants et… NON ! Il devait agir avant ! Ainsi, il jetterait son corps à la mer et il se ferait dévorer par les monstres marins. Disparu sans laisser de trace le Marimo ! Et RIEN ne resterait. Rien…. Que… Non ! Non, pas de regret, pas de tristesse, pas de colère. Il ne resterait rien !
- Sanji ? Est-ce que ça va ? Tu coupe le même poisson depuis dix minutes en fixant le vide… Il est assez malmené, je crois…
- Oh ? Oui… tu as raison, Robin… heu ! Swan ! Robin-Swan !
L'archéologue haussa les épaules. Il agissait étrangement depuis quelques temps... Et elle replongea dans son livre.
Plus tard, alors qu'il faisait déjà un noir d'encre à l'extérieur, l'équipage se prépara à aller dormir. Zorro était toujours le dernier à y aller. C'était parfait. Sanji fit mine de faire un peu de ménage danssa cuisine le temps que les derniers retardataires se mettent au lit, puis il attaqua l'ascension de la longue échelle qui menait au mat. La détermination sur son visage était sans limite… Et l'hésitation dans le tremblement de ses mains, incontrôlable.
Une fois en haut, il regarda par la petite fenêtre circulaire de la porte. Assis en tailleur, dos appuyé au mur, yeux clos, mains reposants sur ses genoux, l'épéiste méditait au fond de la salle, torse nu. La fenêtre près de lui était ouverte et les rideaux se balançaient doucement dans la brise nocturne. Zorro avait éteint toutes les lumières de la vigie, mais la lune, particulièrement brillante, éclairait son profil serein et mettait en valeur chaque détail de son torse façonné à l'entrainement.
Ses trois katanas étaient près de la porte, près de Sanji, et non de lui. La lune s'y reflétait aussi, comme trois petites promesses chuchotées. Trois promesses de mort. Une hésitation. Quoi ? Non ! Pas question d'hésiter ! Il n'avait pas d'autre choix ! Il…
Tu l'aimes…
Ferme ta gueule, pourriture ! Ignorant la voix dans sa tête, le cuistot se mordit la lèvre. S'il entrait doucement, l'autre l'entendrait et bougerait. Valait mieux faire vite. Il prit une profonde inspiration en posant sa main contre la poignée et Sanji ouvrit la porte de la vigie en trombe, fit un pas, et saisit la poignée d'une épée. Sortant la lame de son fourreau d'un geste brusque, le cuisinier la pointa vers l'épéiste. Il ne put s'empêcher de constater la chaleur qui régnait dans la petite salle circulaire. Légèrement surprit de se retrouver en une telle position devant Zorro, Sanji en oublia de se composer un visage menaçant. Il semblait terrifié, et déterminé à la fois.
Zorro avait ouvert un œil intrigué. Il voulait quoi l'autre ? L'impressionner ? Il n'y arriverait pas. Surtout parce qu'il tremblait tant que la pointe de la lame allait dans tous les sens. Particulièrement parce qu'une mèche blonde tombait devant son regard de chiot comme un rayon de soleil. Spécialement parce que le souffle rapide qui agitait sa poitrine était la seule chose que Zorro voyait. Son souffle, ses lèvres humides entre-ouvertes… Il entendait presque son cœur battre à toute vitesse.
Un long moment passa où les deux hommes se regardèrent sans parler. Sanji cherchant à ne pas perdre la volonté de tuer, Zorro à comprendre pourquoi son souffle s'accélérait lui aussi.
Le vert réussit enfin à détourner le regard de la peau blanche et hypnotique de son vis-à-vis. Vite, il devait trouver quelque chose à dire, relaxer et… Bon sang ! Il était entrain de méditer et il se sentait comme s'il venait de traverser Calm Belt à la nage !
- Fais attention avec ça, cuistot, tu pourrais te blesser…
La rage prit place dans le cœur de Sanji. Il sera les dents et cessa de trembler. Zorro n'avait pas vu le changement. Tranquillement, pour faire croire au blond qu'il était décontracté, il étira ses bras vers le haut afin de délier ses muscles. Il ne regardait pas Sanji… Peut-être aurait-il du…
Le blond lança le katana droit devant lui, vers Zorro. C'était plus gros qu'un couteau de cuisine, mais ça restait la même chose. La lame fit un vol interminable, que Sanji ne quitta pas de son regard noir. Elle se planta finalement profondément dans le mur opposé. Un bruit légèrement visqueux, puis un toc subtil. Une brève exclamation de surprise. Sanji détourna le regard pour fixer ses souliers quelques secondes. Merde… Il n'avait pas pu…
Zorro lançait un regard d'horreur à sa main, clouée au mur par sa propre lame. Il voyait le reflet de la lune sur la surface métallique disparaitre dans sa paume, et le sang couler comme une cascade sur son poignet. Sa lame, son amie, ressortait dans le dos de sa main pour s'enfoncer dans le mur, le clouant comme un insecte. Ses yeux, voilés d'incompréhension, trop surpris pour exprimer de la haine ou de la colère, tournèrent lentement vers le blond. Pourquoi ? Ce n'était qu'un jeu au départ… Pourquoi en venir là ? Qu'avait-il fait ?
Sanji le regarda dans les yeux. Un regard glacé. Si froid que Zorro se sentit paralyser, ne pensant même pas à retirer la lame avec son autre main. Lentement, le blond se pencha et saisit une autre lame. Il s'approcha doucement de l'insecte qu'il avait épinglé au mur, ne sachant pas encore ce qu'il allait en faire. Il s'avança tout près de lui, se penchant pour se mettre à sa hauteur. Très lentement. Au ralentit. Son visage face au sien, ses lèvres à quelques centimètres des siennes, son regard noir, sans le reflet de la lune, tranchant, planté dans celui de Zorro, où une faible lueur de d'inquiétude commençait à s'installer. Si près, Sanji sentait son souffle contre sa bouche. Il en aurait respiré chaque atome. Il se sentait faiblir. Pourquoi se mettre si près ? Non ! Il devait se concentrer. Appuyer l'autre katana sur sa gorge et…
- Ça fait mal ? demande Sanji d'une voix neutre.
- …
Trop stupéfié pour parler, Zorro se contentait de le fixer sans savoir à quoi s'attendre. La question prit longtemps avant qu'il ne la comprenne… Quoi faisait mal ? C'est alors qu'il sentit réellement la morsure de sa blessure. Oui. Oui, ça faisait…
- Je ne répéterai pas, avertit le blond en posant le tranchant de la seconde épée sur sa gorge.
- Oui… un peu… s'empressa de répondre la voix mal assurée du vert.
Sanji hocha la tête et retira la lame de sa gorge. Un éclair traversa alors l'esprit de Zorro. Le blond lui avait toujoursdit non. Deux, trois fois déjà… Et il avait insisté, il avait… Une boule sembla s'installer au creux de son ventre. Il ne voulait pas blesser Sanji … Il l'avait voulu, au début… pour l'humilier, mais pas en arriver jusqu'à ce point là. Il voulait lui montrer qu'il était le plus fort, c'est tout… Mais plus maintenant, il ne voulait plus… Il réalisa en regardant les prunelles noires de l'autre homme qu'il avait vraiment dut lui faire du mal, ce qui le fit culpabiliser. A présent il s'en voulait terriblement. C'était tellement soudain comme regret. Et étrange… Comment faire pour s'excuser ?
Sanji lisait en Zorro comme dans un livre. Ses yeux parlaient avec encore plus de clarté que des mots. Il voyait les remords et un brin de tristesse, lui demandant de le pardonner.
Le vert n'avait pas comprit sa question. Sanji ne voulait pas savoir s'il avait mal à sa main, il voulait savoir s'il avait mal à l'âme, comme lui. Mais qu'importe… Il le voyait dans ses yeux tout ça, alors peut importe s'il comprenait ou non le réel sens de sa question… Le blond amorça un geste pour se relever, mais sans comprendre comment, une main se posa au creux de ses omoplates et l'attira doucement vers le prisonnier. Très lentement.
Moment de panique, il aurait dû lui clouer l'autre main ! Sanji voyait l'égarement dans le visage miellé qui se rapprochait. La pression dans son dos était celle d'un papillon, maislui semblait être insurmontable. Il ne pourrait jamais se soustraire à cette main. Tout près, quelques millimètres… Personne ne le forçait à se laisser pousser de la sorte, pourquoi ne se relevait-il donc pas ? Pourquoi ? Le souffle de plus en plus près, de plus en plus chaud et tremblant. Le souffle du vert qui s'échouait sur ses lèvres. Ses lèvres… Il était si près, il ne voyait plus la bouche du vert… mais il la sentait… frôlant doucement la sienne, demandant la permission. Depuis quand le vert demandait-il ? Il prenait, d'ordinaire, non ? Depuis… quand… ?
Tu l'aimes…
Sanji ferma les yeux, s'abandonnant dans un lent baiser, passionné et doux comme la soie. Il ne cherchait pas à séduire, ni à rendre l'autre fou. Il… profitait, simplement… répondant à la douceur qu'il lui offrait. La langue désireuse de rédemption du vert caressa de façon aérienne les douces lèvres de son tortionnaire. Avait-elle le droit ? Pouvait-elle ? D'espérer racheter avec la tendressetoutes les agressions qu'elle avait pu faire sur le corps de Sanji ? Glissant avec douceur sur les lèvres roses du blond, elle rencontra sa jumelle, qui l'entraina dans une valse lente et amoureuse. Le temps était suspendu, et le baiser dura jusqu'à la fin du monde, si ce n'est plus encore…
Sanji se recula doucement en se léchant les lèvres, avant de se saisir de celle du bas avec ses dents. Il prit quelques secondes pour que le monde cesse de tourner. Pour que son cerveau se connecte de nouveau. Puis il ouvrit les yeux lentement. La glace dans ses iris avait fondu et le vide la remplaçait. Zorro semblait toujours aussi désolé. Oui… on est toujours désolé le jour de sa mort.
Sans crier gare, Sanji asséna un puissant coup de poing à la mâchoire de Zorro. La violence du coup l'aurait sans doute projeté à l'autre bout de la pièce si sa main, clouée au mur au dessus de sa tête, ne l'avait pas retenu, lui faisant conserver sa position assise. L'épéiste resta immobile un instant, la tête tournée de côté, puis, il prit une lente inspiration et releva la tête, faisant face à Sanji.
- Je… Je ne comprends pas, confessa le vert après un instant.
Il semblait si misérable. Méprisable… Sanji ne comprenait pas non plus. Pourquoi lui ? Sa rage remonta le long de son bras encore une fois et, alors qu'il levait le poing pour frapper de nouveau, il s'arrêta. Depuis quand utilisait-il ses mains ainsi ? De manière aussi barbare ? Zorro fermait les yeux de toutes ses forces. Il attendait le coup suivant… qui ne venait pas. En osant les ouvrir, il vit que Sanji s'était relevé et le regardait de haut. La pointe de la lame qu'il tenait était appuyée contre sa gorge. Il déglutit. Depuis quand restait-il aussi impuissant devant quelqu'un qui le menaçait ?
- Je vais te tuer, dit Sanji sans émotion.
- P… Pourquoi ? fit l'autre sans comprendre.
Il réalisait sa position. Totalement à la merci de l'autre. Mourir ? Comme ça ? Il l'avait mérité… Après tout, l'autre lui disait non, c'était des viols ! Il était un salaud. Mais il voulait se racheter.
- Pourquoi ? répéta le vert, voulant l'entendre de la bouche de Sanji.
Tu l'aimes…
Le blond se retourna, dos à Zorro, sans répondre, laissant la lame pendre négligemment le long de son bras, la pointe appuyée au sol. Pourquoi… en voilà une question ! Que répondre ? Fallait-il seulement donner une réponse ?
- Sanji… Je… Avant de me tuer, je voudrais que tu m'expliquesquelque chose…
Devant le silence du blond, Zorro soupira. S'il allait mourir, autant en avoir le cœur net. Il n'avait pas trouvé la réponse lui-même, peut-être que Sanji pourrait l'éclairer…
-… Je voudrais comprendre pourquoi… quand je te vois je me sens… étrange. Mon cœur bat fort et j'ai chaud… Je me sens… lourd et léger en même temps. J'essais de ne pas te regarder pour que personne ne remarque, mais c'est plus fort que moi et… Je sursaute quand j'entends ton nom. Je rêve touj…
- Ferme ta gueule, le Marimo, murmura le blond.
- ..ours à toi et… quoi ?
- FERME-LA OU JE TE COUPE LA LANGUE !
Zorro peinait à respirer. Beaucoup de sang s'écoulait de sa main, et son flanc était rouge. Il vit Sanji se retourner lentement pour lui faire face, le regard fou, et réalisa qu'il ne rigolait absolument pas.
- Je veux simplement comprendre…
Un coup de pied saisit Zorro au ventre, lui coupant le souffle. Penché vers l'avant sous l'impact, sa main l'empêchant de se rouler en boule, le vert gémit. Il avait l'impression d'être un enfant sous le regard hystérique du blond. C'était bien la première fois. Mais que lui arrivait-il ? Il toussa, cherchant à reprendre son souffle, cracha un peu de sang alors qu'un filet écarlate coulait à la commissure de ses lèvres.
Sanji était horrifié. Alors… lui aussi ? Il était justetrop stupide pour s'en rendre compte ? De nouveau, il appuya la lame contre sa gorge… et fut incapable de donner le coup de grâce. Le tuer signifiait ne plus jamais voir son corps, entendre sa voix, sentir son odeur…Le tuer c'était aussi la paix, la liberté… Mais voulait-il vraiment être libre ?
Sanji souhaitaittuer Zorro parce qu'il l'aimait malgré lui.
Zorro allait mourir en ne sachant jamais que la maladie qui l'habitait se nommait l'amour… Que le blond souffrait du même mal et que le seul remède était d'être ensemble. Être ensemble… Sanji ne pourrait donc jamais guérir. Et Zorro resterait ignorant et incomplet dans la mort. Quelle fin obscure…
- Sanji… s'il te plait…
- Tu vas la fermer ?
- Sanji…
- TAIS-TOI !
- Sanji…
Le ton implorant de Zorro en était presque pathétique. Son souffle était rauque à cause du coup dans son ventre, sa mâchoire commençait à enfler et ses lèvres étaient rouges de sang… comme tout le côté gauche de son corps. Sanji se précipita sur lui, laissa tomber l'armequ'il tenait toujours à la main et tombaà genoux à côté du vert. Il le saisit au collet, le fixant dans les yeux, encore… s'étaient-ils déjà autant regardés ? Il hésitait. Le frapper, encore ? Avec ses mains ? Pourquoi ? Pourquoi utiliser sa main pour le frapper, lui ?
Tu l'aimes…
Ou bien… une dernière fois… Encore une dernière fois ?
Les yeux de Zorro étaient toujours interrogateurs, le blond hésita. Lui répondre ? Mais quoi ? Qu'il ne comprenait pas lui non plus ? Ou bien alors qu'il comprenait trop bien et que c'est pour ça qu'il devait le tuer ? Le filet de sang au coin de ses lèvres attirait son regard. Ses lèvres… Ses dents blanches et son sourire joueur arrogant… Comme il aurait aimé le revoir une dernière fois ce sourire…
- Humph !
Les yeux écarquillés, Zorro se retrouva avec un cuisinier affamé collé à ses lèvres, passionné. Il prit quelques secondes pour comprendre avant de répondre au baiser. Ce n'était pas un baiser chaste comme quelques minutes plus tôt. C'était animal. Une impatience affamée. Les lèvres de Sanji tentaient d'avaler celles de Zorro en les caressant, reculant à peine pour revenir rapidement, écrasant son nez sous l'assaut. Sa langue, elle, cherchait à provoquer l'autre, encore cachée dans son antre. La prendre, l'attirer à elle, puis la repousser, pour mieux la reprendre et la posséder. La faire danser, l'étourdir, lui faire croire qu'elle était seule, puis la surprendre de nouveau.
Ces embrassades passionnées rendaient Zorro fou. À chaque fois, elles l'avaient rendu fou. Son cœur voulait sortir de sa poitrine. Il n'avait plus mal. De faibles gémissements de satisfaction mourraient dans leurs bouches unies. Des gémissements désireux, de plaisir et d'envie.
La main libre de Zorro glissa sur la taille du blond avec précaution. Allait-il recevoir un nouveau coup ? Non. Pas cette fois. Il tira l'autre à lui, le faisant s'asseoir à cheval sur ses cuisses. Sanji ne se fit pas prier et colla son corps à celui de son amant. Car il l'était, son amant… Plus pour très longtemps, mais tout de même…
Les genoux de chaque côté du corps de Zorro, Sanji passa ses bras autour de son cou, le pressant contre lui de toutes ses forces. Il savourait le sang dans sa bouche, le gout métallique et chaud, légèrement épais… le gout de la douleur. Désespéré, en manque de chaleur, de sa chaleur, de celle de l'épéiste, en manque de ses bras, de ses muscles, de…
Tu l'aimes…
Puis, quelque chose attira l'attention du blond. Une sensation familière, qui provoqua aussitôt la même réaction dans son propre corps. Quelque chose de dur sous lui qui le fit cesser de penser un instant. Quelque chose de dur… qui apparut également entre ses propres jambes, frottant contre le ventre du vert. Quelle torture ! Non pas ses pensées… mais ce pantalon fichtrement trop serré !
Zorro n'était pas certain de comprendre. Non, en fait, il était certain… de ne pas comprendre. Ni ce qui lui arrivait, ni ce qui arrivait au blond, ni ce qui leur arrivait à tous les deux. Il ne savait pas si l'autre voulait toujours le tuer et il s'en fichait. Au moins, il mourrait satisfait. Plus satisfait qu'il ne l'aura jamais été parce que… Sanji était le seul à le faire sentir autant comblé dans ces moments là. Il n'avait jamais connu une pareille jouissance avec quelqu'un d'autre… C'est comme si son corps était autant heureux que son âme… Mais ça, il ne le réalisait qu'à l'instant. Ils étaient encore habillés, maisil ressentait un tel plaisir… déjà. Juste avec les mains, le torse, la bouche de Sanji… ses soupirs contre ses lèvres.
Zorro n'en pouvait plus. Il donna de petits coups de reins, ignorant la douleur qui pulsait dans sa main gauche pour se concentrer sur la droite qui tentait à la fois de caresser les cheveux de blés de Sanji, de lui arracher sa chemise et de guider ses hanches pour accompagner ses propres coups de bassin. Il ne savait plus que faire avec cette unique main. C'était insuffisant. Même avec ses deux mains, il n'en aurait pas assez pour caresser le blond autant qu'il le voudrait, n'en a jamais eu assez.
Sanji répondit aux coups de hanches, frottant son propre entre-jambe brulant contre celui du vert. C'était si bon ! Il envoya sa tête vers l'arrière, offrant son cou à Zorro qui ne se fit pas prieret embrassa chaque parcelle de peau qui lui était accessible, avant de laisser ses dents lafrôler, glissant jusqu'à la jonction du cou et de l'épaule du blond qui frissonnait d'appréhension. Ses doigts dans le cou de Zorro remontèrent un peu vers ses courts cheveux si doux.
Le vert planta ses dents avides dans la peau de son exécuteur. Il le sentit se cambrer de tous ses membres. Et ça l'excitait terriblement. Alors il mordit plus fort.
Zorro n'était pas doux dans l'âme. Il aimait les ébats brutaux. Mais s'il mordait Sanji à ce moment précis, c'était parce qu'il savait qu'il adorait. Rien de plus. Il voulait lui faire vivre quelque chose de merveilleux. Et tout romantique qu'il était, doux et attentionné, le vert savait que Sanji n'avait pas dû recevoir ce genre d'attention très souvent. Un contact que certains voient comme étrange, voir amoral… Mais où est le mal si c'est ce qu'il aime ? De sa main libre, Zorro planta ses ongles dans le creux de ses reins, un gémissement lui répondit. Non, il n'avait pas dû vivre ce plaisir souvent à en voir ses réactions…
Sanji baissa soudainement les yeux vers Zorro, l'air sauvage. Allait-il le frapper encore ? Le blond avisa son torse dénudé avec un regard dangereux. Pourquoi lui, avait-il encore sa chemise? Il voulait sentir sa chaleur contre sa peau nue, se bruler. Il laretira avec empressement et se colla à l'homme assis au sol, sentant enfincontre lui chaque détail de son ventre contracté, de ses mamelons durcis, du sang qui maculait son flanc. Ce sang chaud, rouge comme la mort, comme la haine, comme la passion…
Comme l'amour…
- Humm Sanji… J'ai tellement chaud à l'intérieur…
Le blond comprenait. Il n'avait pas chaud seulement à son corps, il était réchauffé aussi dans tout le reste de son être. Il ressentait la même chose. Glissant le long de ses cuisses, laissant une longue trainée humide de salive sur le torse miellé en descendant, Sanji se retrouva presque couché sur les jambes de l'épéiste. Le bouton de son pantalon était juste devant ses yeux. Avec gourmandise, il le fit sauter d'une main habille et alla chercher de son autre main l'objet convoité. Sortant un sexe rougit et gonflés de désir d'entre les jambes de son partenaire, Sanji lui lança un regard taquin. L'autre lui répondit de son sourire le plus joueur. Un sourcil arqué, sourire en coin, c'était le sourire préféré de Sanji. Celui qu'il avait tant détesté et qui, maintenant, le faisait fondre. Ce sourire…
Tu l'aimes…
Le blond retira le pantalon du vert, ignorant sa grimace de douleur alors qu'il tirait un peu sur sa main transpercée. Et alors ? On s'en fiche s'il a mal… Il va mourir ! Après…
Glissant comme une vipère, Sanji revint mettre son visage à la hauteur du membre de Zorro. Il se pencha doucement, le faisant tressaillir d'appréhension. À la dernière seconde, il bifurqua, et la virilité gonflée du vert ne fit que frôler sa joue alors que sa bouche allait se poser sur son aine. Léchant avec une douceur toute naturelle, Sanji descendit le long de la cuisse de Zorro, appréciant chaque tressautement, chaque soupire. Il continua sa course à l'intérieur de la cuisse, où la peau est tendre et sensible. Il fit quelques léchouilles en remontant doucement vers ses bourses.
Le cuisinier avait la douceur de la séduction en lui. C'était naturel. C'est sans doute pourquoi il aimait la souffrance; il connaissait la douceur sous tous ses aspects. Il aimait être doux. C'est ainsi qu'il était… Mais quand des ongles se plantèrent dans son épaule, il eu beaucoup de mal à ne pas serrer les dents. Après tout, c'était un bijou très sensible qu'il avait en bouche…
- Hummm… Prend-le…
Sanji fit la sourde oreille, retournant taquiner l'intérieur des cuisses de sa victime. La main quitta sont épaule. Déçu, il leva la tête pour la rappeler à lui, mais fut surprit de la voir si près, refermée sur le membre du vert, lui appliquant un va et vient vigoureux. Il arqua un sourcil.
- Tu veux que je t'embroche l'autre main aussi ? demanda le blond sur un ton mi-blagueur, mi-sérieux.
Pas question que le vert se… se fasse ça ! S'il le faisait, Sanji risquait de venir dans son pantalon sans même avoir le temps de le retirer. Zorro immobilisa sa main, mais il ne voulait pas lâcher son membre.
- Aller…Sanji… Ça fait mal tellement c'est… humm…
- Même pas capable d'attendre…
Le blond soupira exagérément avec un sourire en coin. Il donna une petite tape sur la main du vert, qui lâcha avec hésitation son sexe. Il allait exploser ! Il n'avait jamais vraiment eu besoin d'attendre avant d'en arriver à l'action même. Sanji était le premier à mettre autant de temps dans les préliminaires… Et c'était tellement bon ! Mais en même temps, tellement douloureux… il ne pouvait plus attendre ! Il devait…
- Ohhh ! Hummm… San… ohh…
Dans d'autres circonstances, le blond aurait éclaté de rire. Il n'avait que léché du bout de la langue le membre de Zorro et le voilà qui se tordait en tous sens. Mais il ne pouvait pas rire. Pas en présence d'un condamné à mort…
Lentement, le blond recommença son geste. Posant le bout de sa langue à la base du sexe de l'épéiste, puis remonta lentement vers son gland écarlate, écoutant avec délice ses plaintes. Il s'attarda un instant sur cet endroit particulièrement réceptif, s'amusant à le lécher doucement, déposant un petit baiser aguicheur, lançant un regard séducteur. Il savait que le vert n'en pouvait plus. Et il adorait. Quand il sentit une main puissante saisir sa nuque, il eut à peine le temps d'ouvrir la bouche que la pression de cette main le força à se pencher plus, introduisant le membre dans sa bouche.
Dans un autre monde où les formes et les couleurs se confondaient, Zorro ne réalisait pas qu'il étouffait presque Sanji en lui enfonçant sa virilité dans la gorge. Sans doute aurait-il appuyé moins fort sinon… Mais Sanji, loin de se plaindre de cette brutalité, continua à s'amuser de sa langue contre l'intrus dans sa bouche qui l'empêchait de respirer. Des points de couleurs dansaient devant ses yeux. L'étau sur sa nuque se resserra et lui fit remonter la tête un peu avant de la faire redescendre avec une sauvagerie étonnante. Le vert ne prenait pas en considération qu'il tenait la tête d'un homme, et agissait comme si c'était son propre sexe qu'il avait en main. Des mouvements amples et rapides.
Sanji commençait à avoir le tournis. Il adorait se faire brutaliser, mais il allait perdre connaissance si le vert continuait. Il n'arrivait plus à respirer et sentait l'énorme sexe frapper dans le fond de sa gorge. Il laissa tomber une petite plainte en s'accrochant d'une main au bassin du vert, qui cessa aussi tôt son mouvement, comme sortant d'un rêve. Il regardait Sanji entre ses paupières mi-clauses, la respiration haletante. La main glissa alors de sa nuque à sa gorge avec une douceur prometteuse.
Immobile, Sanji attendait. Les doigts du vert se resserrèrent contre sa gorge. Et si Zorrodécidait de le tuer en premier ? Non… Il avait beau être un animal dans ses gestes, le vert restait une peluche dans sa tête. Une peluche ? Vraiment ? Depuis quand Sanji qualifiait-il le vert ainsi ? Une peluche… fidèle et douce avec ses amis… Un compagnon qui veille et…
Tu l'aimes…
Zorro attira alors Sanji vers son visage, le soulevant presque par sa gorge. Un regard emplis de désirs malsains, puis, un baiser. Non. Une guerre, où se mêlaient langues et dents, lèvres etcris. Zorro ne lâchait pas le cou du blond. Il le maintenait en place, l'étranglait presque.
Ils se mordaient les lèvres avec force, offraient une caresse brutale avec leur langue, avant de forcer le passage des lèvres affamées pour pénétrer profondément dans l'antre chaude, avant de se faire mordre et de se rétracter. Des lèvres en capturant une autre, permettantà la langue de la déguster, puis aux dents de mordre. Un cri, puis une attaque. Un gémissement de douleur, de plaisir…
Et les mains du blond, complètement incongrues, caressaient avec tendresse le torse du vert. Comme la soie la plus fine, glissant doucement sur un monde d'horreurs. Sanji sentait les frissons courir sur la peau brune, et des tressautements dans la violence de son baiser. Le vert aimait… évidement qu'il aimait…
Il t'aime aussi…
Quoi ?
Tu le sais, il te l'a dit…
Non ! Il ne m'a jamais dit qu'il m'aimait !
Mais il a décrit ce que tu lui as appris à ressentir…
Et alors ?
Il t'aime… Tu le sais, il t'aime…. Et tu l'aimes…
Sanji ouvrit brutalement les yeux et tenta de se soustraire à la main dans son cou et au baiser. Zorro le tenait trop fort, mais voyant qu'il insistait pour se soustraire à sa prise, il relâcha la pression de ses doigts à regret. Un regard interrogateur suivit. Non, il ne pouvait pas s'arrêter maintenant ! Pour la première fois, Zorro tenta de se servir de sa main gauche, celle clouée au mur. Elle avança un peu sur la lame, décollant le dos de sa main du mur. Il grimaça de douleur et s'immobilisa, suppliant le blond du regard.
S'étant reculé, Sanji observait Zorro. Un sourire gourmand naquit sur ses lèvres, ce qui eut comme effet de calmer le vert immédiatement. Lentement, le blond fit glisser ses mains le long de son propre corps en soupirant de plaisir.
Tressaillant devant cette vision excitante, Zorro porta sa main libre à sa bouche et en mordit un doigt. Sanji continua son infernale descente sur son torse nu, étalant un peu de sang sur lui, le sang qui avait coulé de la main de Zorro sur son corps. Il se caressa ainsi jusqu'à son pantalon, qu'il détacha avec provocation en regardant Zorro dans les yeux.
Un jeu. Pourquoi ne pas s'amuser un peu avant d'être trop sérieux ? Un simple amusement… Pour…
Comme quand on fait l'amour ?
Non, c'est plutôt comme…
Comme ?
Ferme la conscience de merde !
Zorro vit un étrange changement dans l'attitude du blond. Son petit sourire amusé s'éteignit et ses yeux avaient quelque chose d'étrange, comme s'ils cherchaient à se raccrocher à quelque chose. Comme s'il se demandait si ce qu'il faisait était mal. Lentement, il retira son pantalon et revint coller son corps à Zorro, tout en douceur. Leurs sexes se touchaient alors que Sanji reprenait place sur les cuisses du vert, mais ils n'y portèrent pas attention. Leurs yeux tentaient de dire… quelque chose d'incompréhensible.
Tu l'aimes…
Je sais.
Le blond se rapprocha doucement pour se coller à l'épéiste de nouveau. Il appuya sa tête contre son épaule, enfouissant son visage dans son cou. Les cheveux d'émeraude chatouillaient son front. Zorro ne sentait pas le savon, il n'avait pas encoreprit sa douche puisque le blond l'avait dérangé avant la fin de son entrainement, mais il ne sentait pas la sueur non plus. Il sentait lui. Une odeur épicée et chaude, comme le sable brulé au soleil. Une odeur délicieuse. Sanji entoura la taille de l'homme fort de ses bras et le serra doucement contre lui.
Zorro ne comprenait pas ce qui se passait et en même temps, il comprenait. Ou plutôt il sentait ce qui se passait. Son bras libre serra Sanji à son tour avec une certaine force protectrice. Il caressa ses cheveux de sa joue, doucement. Il voulait parler… Mais s'il le faisait, il briserait le moment. Sanji, lui, ne parlait pas…
- Zorro… Je t'ai menti.
- … ?
- Tu te souviens, dans la calle… ?
- …
- Je t'ai dis… que j'allais te faire gouter à l'amour…
- Je sais, j'y pense souvent…
- Je t'ai menti.
Zorro ne comprenait pas où il voulait en venir. Il savait bien que Sanji ne l'aimait pas et qu'il avait fait cela juste pour l'embêter. Pas la peine d'en faire toute une histoire…
- L'amour…
Sanji peinait à parler. Il déglutit pour tenter de faire passer la boule qui lui nouait la gorge, sans succès.
- L'amour, ce n'est pas d'être doux et de chercher à recevoir autant de plaisir qu'on en donne... Aimer, c'est être en accord avec l'autre et vouloir lui offrir le bonheur à chaque instant.
Zorro ne saisissait pas vraiment pourquoi Sanji lui disait cela maintenant. Le moment était drôlement choisi. Mais le vert en savourait chaque mot. Un long silence suivit. Aucun d'eux ne pensait à autre chose qu'à la respiration de l'autre, qui était au même rythme que la leur.
- Sanji…
- … ?
- J'aime quand tu me parles.
- …
- Tu sais… comme dans la calle ?
- Avec un air supérieur, ironisa Sanji.
- Non… Quand tu me fais réaliser tout ce qu'il y a autour.
- …
Sanji ne savait que répondre. Ça lui était si naturel de réaliser l'existence des bruits et des odeurs, qu'il se demandait comment on pouvait passer à côté de ces sensations. Savoir fermer les yeux, et se fier à ses autres sens… Comment ne pas le réaliser soi même ? Le monde était-il à ce point aveugle? Ne se fier qu'a la vue… quelle chose stupide !
Le silence se prolongeait. Le blond ne voulait plus jamais bouger. Le vert commençait à ne plus sentir sa main.
- Sanji… Tu peux libérer ma main s'il te plait ?
- Non… Je te tuerai après, et je veux être certain de ne pas te rater.
- Ah… D'accord, répondit un peu stupidement Zorro.
Sanji se dit qu'il devait bouger. Le monde recommencerait à tourner un jour. Et à ce moment là, Zorro devait être au fond de la mer. Il déposa un baiser au creux de sa clavicule avec douceur avant d'y laisser errer sa langue. L'autre se contracta et le blond sentit instantanément son membre redevenir dur. Il n'avait pas réalisé qu'ils étaient mous tous les deux. Ils avaient du se serrer ainsi l'un contre l'autre assez longtemps.
La caresse marqua le nouveau point de départ. Zorro se sentait s'échauffer. Il chercha les lèvres du blond, qu'il trouva facilement. Sa main libre glissa du dos d'albâtre à son flanc, puis à son ventre. Descendant doucement en effleurant du bout des doigts la peau glacée de Sanji, l'épéiste arriva au membre mi-dur de son geôlier. Il le frôla doucement avant de le prendre dans sa main, le sentant se raidir à chaque seconde.
La bouche qui s'afférait dans le creux de sa clavicule le rendait complètement fou, mais il arrivait à se concentrer assez pour masser doucement le bas ventre de Sanji. Il le sentit s'échauffer lentement. C'était repartit.
- Sanji…
Un soupir stratégique, calculé pour que le blond aime. Et ça fonctionna. Zorro sentit son corps mince se raidir.
- Sanji… Humm… Je veux plus…
Le blond entreprit alors de dénouer ses bras d'autour de la taille du vert pour la caresser de ses mains. Sa bouche remonta son cou jusqu'à l'oreille du vert, qu'il caressa du bout de son nez. Une envie soudaine le saisit, qu'il ne retint qu'à grandes peines.
Dis-lui…
Non.
- Sanji…
Le blond l'embrassa pour qu'il cesse de gémir son nom. Décidément, il n'aurait peut-être pas dû lui montrer à prononcer ainsi le nom de l'autre durant l'action… C'était… indécemment excitant. Et ça lui donnait l'impression de faire l'amour avec ce type qui…
C'est ce que vous faites…
Sanji ferma les yeux avec force. La main sur son entre-jambe se faisait pressante. Pourquoi se dépêcher ? Il recula un peu son visage de Zorro et l'interrogea du regard.
- Pourquoi autant se presser ?
- Ooh… Autant se presser ?Mais… Ça fait déjà longtemps qu'on est là et…
- Et… ?
- J'ai vraiment envie de plus, répondit Zorro, appuyant ses paroles d'un sourire lubrique.
Sanji n'était pas offusqué. Il savait bien qu'il était étrange et difficile à suivre. Il le menaçait, le frappait, l'embrassait doucement, avidement, lui faisait un câlin… C'était normal que l'autre ait envie de plus, il avait déjà patienté beaucoup pour un homme qui n'avait jamais vraiment eu à patienter.
- D'accord.
- C'est vrai ? fit le vert, plein d'espoir.
- Hum hum.
- Alors descend de mes jambes parce que comme ça, je ne peux pas les écarter…
- Et alors ?
- Eh bien… si tu veux me prendre… commença le vert, incertain.
Sanji lui offrit un sourire en coin, hochant la tête de droite à gauche. Si ça pressait tant, pourquoi s'embêter de détails ?
- Dis moi… tu ne préférerais pas que ça aille plus vite ?
- … oui, mais…
- Et je suppose que tu souffre déjà assez avec ta main, non ?
Zorro ne comprenait pas. Ou plutôt, il comprenait, mais il ne croyait pas comprendre la bonne chose. Le blond venait de lui dire clairement qu'il n'avait pas l'intention de le prendre hein ? Donc, logiquement…
Sanji se redressa sur ses genoux et cracha dans sa main avant de se rapprocher du vert pour murmurer quelques mots contre ses lèvres avec douceur.
- En fait… Je préfère largement quand c'est toi qui me prends…
Avant que sa phrase n'ait atteinte la conscience de l'épéiste, Sanji avait saisit son sexe pour l'humidifier avec la salive dans sa main. Un éclair de compréhension sembla se dessiner sur les traits de Zorro, mais déjà le blond se baissait pour se rasseoir lentement sur lui, sur son membre.
Une fois empalé, Sanji s'immobilisa. Ça tirait un peu. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas imposé à son intimité une pénétration sans la détendre avant. Mais il l'avait déjà fais plusieurs fois et ce n'était pas si terrible. Il suffisait de se relaxer. Sans s'en rendre compte, il avait fermé les yeux. Il les rouvrit en clignant, comme s'il émergeait de rêve, et sourit devant la tête d'ahurit que lui servait Zorro.
- Mais… c'est toi qui domine ! C'est… toi qui as gagné le combat, pourquoi tu… ?
- Ça n'a rien à voir avec un combat.
Sanji trouvait Zorro à la fois mignon et pathétique dans son ignorance.
- Mais… alors… Pourquoi tu fais ça ?
- C'est ce que tu préfères. Et ce que j'aime moi aussi.
- Non, je veux dire… Si ce n'est pas un combat, pourquoi… ?
Sanji soupira de découragement. Comment avait-il pu tomber amoureux de l'homme le plus idiot sur terre ?... Quoi !?
Tu l'as dis !
Non ! Non, je ne voulais pas dire amoureux dans le sens… Je voulais…
Arrête d'essayer de te convaincre du contraire… Tu l'aimes… et tu le sais.
- Laisse tomber…
- Non, je…
Sanji donna un coup de rein pour faire taire le vert. Évidement, aucun mot ne put survivre à l'assaut et ils moururent tous dans la gorge du vert. Le cuistot recommença, ses paupières peinant à rester ouvertes sous toutes les sensations qui déferlaient en lui. Il avait Zorro à l'intérieur de son corps. Pour la troisième fois et… ciel que c'était divin ! Il aimait… Sentir ce membre palpitant à l'intérieur de lui, toucher ses points les plus sensibles et les plus secrets. Il adorait…
- Sanji…
- Tu sais… c'est vraiment indécent t'entendre répéter mon nom comme ça…
- Ohh… Pourquoi ? haleta le vert dans un sursaut de lucidité.
- C'est…
- Humm, Sanji… Sanji… c'est… tellement… Sanji…
Le blond pencha la tête de côté. Quoi ? Il le faisait exprès, non ? Non. Zorro était manifestement ailleurs. Les coups de bassin lents et amples du blond lui faisaient perdre le contact avec la réalité. Le vert préférait prendre qu'être prit, Sanji avait eu raison… Et l'autre ne se privait pas de le lui faire comprendre ! Il ne voulait plus forcer Sanji. Il voulait savourer sa douceur et son désir.
Analysant chaque mot, chaque froncement de sourcils, chaque soubresaut de la main posée sur sa hanche, le cuisinier comprit que son amant était entrain de monter très haut vers le ciel. Et Sanji voulait le suivre. Pourquoi continuer de tout analyser ? Il l'avait dit : ce n'était pas un combat… plus maintenant.
Fermant les yeux à son tour, Sanji posa ses lèvres contre celles, tant désirées de l'homme épinglé au mur. La main sur sa hanche descendit vers son fessier et se resserra, guidant les allers et venues du blond. Zorro le tenait juste assez fort pour que Sanji se sente encouragé et légèrement guidé. Pas brusqué, mais à la limite… Il adorait. Garder le contrôle mais sentir qu'il était en quelques sortes surveillé. S'accrochant de ses deux mains aux épaules de Zorro, il laissa tomber une plainte dans sa bouche avant de reculer ses lèvres doucement pour n'appuyer que son front contre celui de Zorro. Il avait chaud. Maintenant qu'il se laissait aller, qu'il se laissait, vraiment aller, il ressentait un plaisir sans nom monter en lui, comme la lave brulante d'un volcan. Ça montait, de plus en plus… Et il allait exploser… Mais pas tout de suite. Avant, il voulait profiter… Mais…
- Je n'ai plus d'air, souffla Sanji.
Sentant la chaleur soudaine de la peau de Sanji, Zorro réalisa qu'il était… différent. Il l'avait déjà remarqué plus tôt, quand il avait essayé de le tuer, qu'il avait changé, mais c'était encore plus différent maintenant… Depuis quand Sanji était-il à bout de souffle ? Cherchant une émotion secrète dans son regard, Zorro y vit quelque chose d'étrange. Une passion débordante. Un abandon. Pas comme quelque chose de nouveau… Plutôt comme quelque chose qui avait disparu. Une lueur de contrôle. C'est ça. Il n'avait plus cette étincelle assuré qui voyait tout. Et ses doigts, sur ses épaules… Le vert ne l'avait pas remarqué mais… ils avaient… changés. Ils s'accrochaient, mais pas avec assurance. C'était plutôt par instinct qu'ils étaient posés là, tremblotants et glissant légèrement. Tout tournait si rapidement dans sa tête. Il n'avait pas le temps de penser. Il verrait après. Pour le moment, sentir Sanji s'activer sur son membre le déconcentrait complètement. Mais ce regard…
- Humm… Sanji…
- Je sais…
Zorro pencha la tête pour atteindre le cou de neige de celui qui lui faisait perdre la raison. Loin de désapprouver, celui-ci pencha sa tête de côté pour donner libre accès au vert. Il s'empressa de mordiller la peau qu'il savait si sensible et enfin, Sanji laissa tomber un gémissement incontrôlé. Un vrai gémissement, une plainte de pur bonheur. De plaisir ? Un peu, oui… Mais surtout de bien-être, de joie.
- Ohh… Zo…
- Dis-le, chuchota Zorro contre la peau humide de sueur du blond.
Tu l'aimes…
- Oh… Z… Humm… Zorro… Zorro ! Je… Je…
Tu l'aimes…
- Sanji… Pourquoi… Pourquoi je ressens… tout ça… ?
Il t'aime…
- Zorro…
Sanji bougeait de plus en plus rapidement sur le membre du vert. À un rythme hallucinant. Il perdait ses repères et ses pensées s'effaçaient une à une. Il allait le tuer… Mais il ne s'en préoccupait pas. Il ne devait pas répondre à ses questions… Mais il ne se souvenait même plus de ces questions. Il le haïssait… Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il… Non… Ça, il ne pourrait pas l'oublier. C'est bien la seule chose qui lui restait en tête. Ça et un mot, qu'il répétait comme une litanie, un hymne à son bonheur.
- Zorro… Zorro, oh… Zorro…
Chaque fois qu'il prononçait son nom, il s'envolait plus haut. Il s'allégeait et montait avec lui vers un monde magnifique. Sans questions, sans cachette. Un monde fait de blanc et de rouge. Jamais de noir. De blanc pour la pureté des sentiments, de rouge pour la passion. Immaculé comme la lune, écarlate comme le sang. Le sang… Ils en avaient partout sur eux. Les mains de Sanji glissaient de ses épaules musclées, mais il continuait de bouger…
- Sanji…
- Zorro…
Dis-lui…
- C'est étrange, haleta l'épéiste. Mais je suis tellement bien avec toi en ce moment…
Il ne pensait plus à sa main, à sa mâchoire enflée, à son ventre douloureux. Il pensait… Il cherchait les mots… Il savait que Sanji les auraient su, lui. Sanji connaissait tous les mots. Sanji…
- Zorro… Je… Je vais venir… Je vais…
- Regarde-moi.
Leurs regards s'accrochèrent pour ne plus se laisser.
- Je ne sais pas comment te dire…
- Moi je sais, répondit le blond, peinant à garder les yeux ouverts sous les vagues de plaisir qui se heurtaient à son corps entier. Mais...
- Dis-moi. J'ai besoin de te le dire… Dis moi comment…
- C'est…
- Sanji…
Le plaisir l'emportait. La brume, les sensations. Tout était flou…
- Je… Je t'aime, murmura le blond de sa voix souffrante.
Un énorme poids s'envola, le plus lourd de tous. Il était libre… Et la jouissance était venue. Se déversant entre leurs deux corps serrés l'un contre l'autre, Sanji laissa son plaisir et ses tourments jaillir de son être pour les confier à Zorro. Son amour et son poison. La véritable raison de sa condamnation à mort.
Le cri qui avait suivit les mots du blond avait presque assourdit le vert. Non pas qu'il avait été bruyant, mais il semblait si incongru. Et il avait crié à son tour. Puis, le silence était revenu. Les formes et les couleurs sombres qui les entouraient. Le reflet de la lune sur les cheveux dorés de Sanji. Avait-il compris ? C'était donc ça ? Comme c'est étrange… L'amour ? C'est comme une maladie en fait ? L'amour… Depuis quand l'aimait-il ? Et Sanji lui, depuis quand avait-il comprit ? Et… Comment on cesse d'aimer ? Parce qu'il ne peut pas aimer Sanji, c'est son rival ! C'est son ennemi préféré, celui avec qui il a le plus de plaisir à se battre, parce qu'il le déteste vraiment et que ça vient tout seul ! Il n'a pas besoin de se demander pourquoi le frapper ! C'est Sanji ! Il n'a pas besoin d'explication supplémentaire ! Mais… S'il l'aime… Comment continuer de le frapper ? Car l'amour, c'est ça, non ? Aimer c'est de protéger et de prendre soin de…
Sanji s'en voulait. Il venait de créer un état végétatif chez le Marimo. En même temps, il était son adversaire, donc pourquoi s'en vouloir ? Parce que…
Tu lui a dis.
Ferme-la !
- S… Sanji…
Ils se regardaient dans les yeux depuis combien de temps ? Son sperme commençait à sécher sur leurs ventres. Depuis si longtemps déjà ? Une minute ? Cinq ? Plus ? Qu'allait raconter le vert comme connerie maintenant ? Qu'ils devaient en rester là ? Que ce n'était pas réciproque ? Que ce n'est pas de sa faute à Sanji, mais de la sienne ? Qu'il pouvait trouver mieux ? Non… S'il ne savait même pas dire qu'il aimait, il ne connaissait sans doute pas ces phrases clichées hein ?
Le silence était lourd. Sanji en avait assez, il devait y mettre un terme. Il se leva doucement et s'éloigna de quelques pas, se pencha en exposant son derrière humide de la semence du vert et se redressa, épée à la main. Il revint lentement vers Zorro, nullement gêné de sa nudité, et posa la lame contre son cœur. L'autre le regardait avec un air étrange. Comme s'il acceptait tout en désapprouvant son choix. Mais il ne disait rien. Qu'il cesse de le regarder ! Comment le tuer s'il le regardait sans cesse ? D'un autre côté, il lui devait bien ça. Le regarder jusqu'à la dernière seconde de vie qui habiterait son âme. Après tout, c'était pour l'amour qu'il le faisait, … ou à cause ?
- Sanji… Avant de me tuer… parle-moi encore une fois de ce qu'il y a autour… Tu sais… comme dans la calle… S'il te plait.
Il hésita un instant. Comment refuser ? Baissant son arme, il s'accroupit de nouveau près de Zorro. Celui-ci tendit avec lenteur son bras droit vers le blond. Il en saisit la main pour la presser contre son visage. L'attirant à lui, Zorro lui fit une place au sol à ses côtés, que Sanji ne put refuser. Il se blottit contre la poitrine de Zorro, appréciant le contact protecteur de son bras qui entourait son corps, et ferma les yeux en soupirant d'aise. Une dernière, toute dernière fois.
- Ferme les yeux…
Zorro le serra un peu, signifiant au blond que c'était déjà fait. Sanji sourit malgré lui, et il resserra sa prise sur la poignée du katana qu'il n'avait pas lâché. Il laissa un moment s'écouler. Il aurait pu décrire toutes les sensations qu'il captait durant des heures… Mais il devait trouver des sensations que le vert ressentirait également. Sanji devait donc laisser tomber tout ce qui se rapportait à la chaleur, aux muscles du vert, à son pouls, qui battait contre son oreille, à… que pouvait-il sentir d'autre, collé, là, à cet homme qui faisait malgré lui battre son cœur?
Mais il se mit néanmoins à parler, décrivant le léger balancement de la vigie, cette façon régulière de tanguer au rythme des vagues endormies de la mer. L'air sentait le sel marin, il s'engouffrait par la fenêtre ouverte avec son léger sifflement, faisant claquer les rideaux doucement. L'air de la mer était humide aussi, légèrement frais. Ces courants d'airs faisaient naître des frissons sur la peau du blond, de minuscules monts, glacés et solitaires. Et même en le serrant un peu plus contre lui, Zorro ne pouvait que sentir davantage cette peau refroidie comme si la mort la guettait. Sa peau à lui était si chaude et contrastait tellement avec celle de Sanji. Tout était différent entre eux. Leur température, leur couleur de peau et de cheveux, leur musculature, leur…
- Sanji… L'odeur de la mer dans tes cheveux est tellement différente de ce que tu me décris… Elle est beaucoup plus douce… Comme tes cheveux… Ils sont tellement lisses, j'adore les caresser. Ils me rendent fou quand ils me chatouillent doucement la joue comme maintenant, quand ils dansent dans le vent et qu'ils se chamaillent… Sanji… J'aime tellement ta voix. Tu as des mots tellement justes… Tellement…
Dans un sourire triste, le blond se défit de l'étreinte du vert. Cette soirée avait été superbe. Mais il savait que ça ne pouvait pas durer. Il savait qu'il ne survivrait pas s'il ne tuait pas Zorro. C'était le moment. S'agenouillant à côté de lui, il posa la pointe de la lame brillante contre la poitrine du vert. Ils se regardaient avec une telle intensité… Une dernière fois, Sanji se pencha pour déposer un baiser sur le front de l'épéiste. Il sentit alors plus qu'il n'entendit un murmure. Un souffle, doux et inespéré.
- Je t'aime aussi Sanji…
Le tueur s'immobilisa. Figé. À un point tel que la pointe du katana, qu'il avait voulu enfoncer dans la chair du vert tout de suite après son baiser, resta figée, une fine goute de sang s'échappant de la petite entaille que l'arme avait déjà faite. Les yeux du blond, que Zorro ne pouvait voir, s'emplirent de larmes. Comment ? Non. Il ne pouvait pas, il n'avait pas le droit de dire ça ! Il ne savait même pas ce que ça pouvait vouloir dire !
Zorro reçu une goute d'eau tiède sur la pommette. Il pleuvait ?
- J'ai compris, Sanji… Être en accord avec l'autre et vouloir tout lui donner… J'ai compris… Je comprends ce que je t'ai fait. Je m'en veux… Et j'espère que ce soir a racheté toutes les autres fois où j'ai agis en idiot.
Sanji ne put réprimer un sanglot, il laissa tomber le katana, fermant les yeux.
- Je ne pourrai plus, articula-t-il entre ses soubresauts incontrôlables. Je… C'est impossible maintenant… Je…
- …
Sanji se jeta à nouveau sur la bouche de Zorro. Un baiser humide, ses larmes mouillant les joues du vert.
- Je ne peux pas, je… plus maintenant, je ne pourrai plus ! Je… Je…
- Sanji.
La voix grave et douce de Zorro l'apaisa instantanément. Il saisit doucement son menton de sa main et l'attira à sa hauteur pour le regarder dans les yeux, mais…
- Sanji, regarde-moi.
Le blond battit des paupières et leva ses yeux inondés vers ceux de son amant. De son amant qui l'aimait. Son regard était si calme, rassurant.
- Sanji… Tu sais ce que j'ai vraiment envie de faire là, tout de suite ?
Le blond hocha négativement la tête, incapable de parler.
- Ce que je voudrais plus que tout, c'est de te serrer dans mes bras très fort.
Un pâle sourire honteux, ses yeux qui se baissent… Sanji ressemblait vraiment à un enfant à cet instant. Il se leva sur ses jambes tremblantes, et attrapa la poignée du katana planté dans le mur et la main de l'homme qu'il aimait. Il tira de toutes ses forces, s'étonnant de la profondeur que l'arme avait atteinte dans le mur. Il réussit finalement à la retirer et retomba au sol comme un chiffon. Zorro laissa échapper une plainte de douleur et regarda sa main bleuie. Elle était vraiment mal en point, presque informe tant elle avait enflée, et elle ne bougeait plus. Elle aurait eut besoin des soins de Chopper au plus vite. Son regard glissa vers Sanji qui fixait le sol, l'air plus malheureux et abattu que jamais. Sa main pouvait attendre. Un ange avait besoin de lui.
Se glissant douloureusement vers lui, Zorro le prit dans ses bras. Sanji resta immobile, interdit et surprit que l'autre respecte sa parole et le serre vraiment, qu'il ne cherche pas à se venger ou se soigner. Zorro l'attira doucement vers le sol et s'y étendit avec lui, sans desserrer l'étau de ses bras. Sanji se blottitcontre le torse large et ensanglanté qui s'offrait à lui et ferma les yeux, sa tête reposant sur le bras sanglant dont il avait presque arraché la main. Il était au chaud près de l'épéiste.
- N'aie pas peur, chuchota Zorro. Je reste avec toi cette nuit.
Épuisés, ils glissèrent ensemble vers le sommeil. Nus, baignant dans le sang de Zorro, heureux, bien.
Ils s'aiment.
Pas trop déçues ? :P Prochain chapitre : le réveil le lendemain matin, MHOUHAHAHAHA ! Êtes vous tannées des lemons ? Je pensais en mettre un dernier encore, y a des intéressées ? Soyez honnête, si vous trouvez qu'il y en a assez, je vais rester tranquille (essayer :P). Vous en dites quoi ?
