Chapitre 11 : Nouveautés, entretiens d'orientation et lien magique
Siri Potter rangea d'un coup de baguette magique la chambre de son fils James. Celle-ci était dans un tel désordre qu'elle se demandait si un chat serait capable d'y retrouver ses petits. Il fallait dire aussi qu'ils étaient partis la veille prendre leur train de manière précipitée.
La veille du retour pour Poudlard, la petit Lily était tombée malade et il avait fallu la conduire à l'hôpital Sainte-Mangouste, son état s'aggravant rapidement sans raison apparente. Au final, les Médicomages avaient décelé une petite piqûre de guêpe dans le bat du dos de la petite fille. Elle était tout simplement allergique au venin de ces insectes.
Du coup, toute la petite famille avait passé la nuit à l'hôpital oubliant que la rentrée pour James et Albus se faisait le lendemain matin.
Siri se dirigea vers la porte de la chambre de sa fille. Elle l'ouvrit sans bruit pour constater que sa fille dormait encore. La jeune femme sourit tendrement avant de quitter la pièce.
Elle décida de se rendre dans la cuisine d'où il s'échappait de délicieuses odeurs. Harry s'affairait en cuisine et courait de tous les côtés.
- Bonjour ma chérie, dit-il en la prenant dans ses bras suivit d'un langoureux baiser pour la saluer. Tu es sublime !
- Merci, sourit-elle. Tu es de bonne humeur aujourd'hui.
- Comment ne pas l'être, rigola-t-il. Mais, suis-je maladroit, assied-toi.
Harry lui tira une chaise, la laissa s'asseoir, puis revint avec plusieurs de ces préparations.
- Je me suis dit que puisque les garçons sont partis et qu'il fait enfin calme dans la maison, je pourrais dorloter ma petite femme.
- Et bien, quelle gentille attention.
- Veux-tu une tasse de café ? demanda-t-il en lui posant une tasse devant elle.
L'odeur qui, d'habitude l'enivrait, lui retourna l'estomac.
- Harry, s'il te plaît, éloigne ce liquide de moi, dit-elle en se pinçant le nez.
- Oh, suis-je bête ? J'ai complètement oublié que tu ne supportais plus l'odeur du café. Tout ça par ta faute, s'indigna-t-il en s'adressant au ventre de sa femme avant d'y déposer la main. Un thé vert, peut-être ?
- Ca me semble plus raisonnable, en effet, rigola Siri.
La jeune femme soupira de bien-être et de bonheur. Grâce à la petite conversation qu'elle avait eu deux semaines plus tôt avec Tania, Siri avait repris confiance en elle.
Cela faisait une semaine qu'Harry et les enfants étaient au courant pour sa grossesse. Siri avait finalement trouvé le moyen d'en parler à son mari. Elle avait conduit les enfants chez ses parents pour qu'ils y passent le week-end.
Une fois chez elle, la jeune femme avait concocté quelques petits plats, illuminé la demeure de nombreuses bougies et lanternes, dressé une petite table sur la terrasse et mis sa plus belle robe. Harry était rentré de sa partie de Quidditch avec Ron à l'heure prévue.
Son homme avait été très surpris, il fallait dire que les petits moments à deux étaient devenus bien rares les dernières semaines. Il avait joué le jeu et s'était laissé dorloter par sa femme. Au moment du dessert, entre une bouchée de fondant au chocolat et un massage des épaules, elle lui avait dit être enceinte à nouveau.
Siri se souvint avec tendresse de la longue nuit de câlins qui avait suivit son annonce et, de toutes les autres. Depuis lors, Harry était aux petits soins avec elle et la chouchoutait.
- Que veux-tu mon amour ? Croissants, pain grillé, pancake ? Qu'ai-je d'autre ?
- Un petit peu de tout, souri-t-elle malicieusement.
- Une femme comme je les aime. Pas difficile pour un Gallion !
Il déposa un plateau rempli de bonnes choses et vint s'installer aux côtés de sa femme. Harry se saisit d'un croissant dont il donna chaque morceau pour Siri.
- Et en plus, tu me donne à manger sans que je n'ai à lever le petit doigt, s'enthousiasma-t-elle.
- Je suis votre fidèle serviteur, ajouta-t-il en se penchant pour l'embrasser. Dis-moi ma belle, as-tu déjà une idée pour le parrain et la marraine de notre enfant.
- Mais enfin Harry, je ne suis enceinte que de cinq semaines, et tu veux déjà choisir parrain et marraine.
- C'est juste que j'avais pensé que Ron et Hermione pourrait l'être de nouveau.
- Ils sont déjà parrain et marraine de James, remarqua Siri. Pourquoi encore les choisir ? C'est ridicule !
- Pas si ridicule que ça, puisque les jumeaux et Thomas Jedusor ont tous Severus et Bellatrix, répliqua-t-il.
- Je te rappelle qu'ils sont les parrains et marraines de Tara et de Théo. Thomas a les frères et sœurs de Tania. Seulement, il ne les voit pas souvent !
- Qui alors, Madame je-sais-tout ! rouspéta-t-il en fourrant un pancake entier dans sa bouche.
- Et bien, James a Hermione et Ron, Albus a Tania et Severus. Quant à notre petite Lily, c'est Victoire et Teddy. Pourquoi pas Tara et Théo Jedusor ?
Harry manqua de s'étrangler en avalant de travers son quatrième pancake.
- Tu es folle ? s'écria-t-il.
- Je ne vois pas pourquoi on ne les choisirait pas ! Nous sommes bien parrain et marraine de la petite Tessa.
- Je te rappelle que c'est toi qui m'as forcé à accepter, s'indigna-t-il en lui donnant un morceau de croissant.
- Tu rigoles ? Tu t'es empressé de dire oui à Tania quand elle t'a mis de force Tessa dans les bras.
- J'ai dit oui pour faire plaisir à Tania. Je lui dois bien ça ! s'expliqua-t-il. Mais son mari et ses gosses, je n'en veux pas ! Nos deux familles sont incompatibles.
- Incompatibles ! ricana Siri. Je te rappelle que je suis la petite cousine de Tania et donc, que nos enfants sont arrière petits cousins !
- Merci de me le rappeler, en effet, bouda-t-il.
- Nos familles sont plus proches que tu ne le crois. Tu serais bien étonné de le savoir.
- Etonné de savoir quoi Siri ?
- Tu le seras bien assez tôt ! En attendant, où est mon thé vert ?
James s'affairait à mettre de l'ordre sur son bureau, à refaire son lit et à ranger ses vêtements à leur place. Son ami Théo faisait de même en face. Les deux jeunes hommes avaient passé la nuit à discuter de ce qu'il leur était arrivé pendant ses deux semaines de congé.
Ils avaient surtout parlé de la situation délicate dans laquelle était mise la famille de Théo et, plus particulièrement de Tara.
- Quel est le programme du jour ? demanda James à son ami tout en nouant les lacets de ses chaussures.
- En fait, Tara, Thomas et moi, nous avons prévus de passer la journée ensemble. On va aller se promener le long du lac. Comme les cours ne reprennent que demain, autant en profiter. Et toi ?
- Oh, je dois passer la journée avec Albus ! Il aimerait bien s'entraîner au Quidditch. Il voudrait devenir le nouvel attrapeur de Serdaigle et comme, je suis attrapeur, je vais l'aider.
- Le Quidditch, sourit Théo. C'est une chouette idée. Ca te dit qu'on se fasse un match ?
- T'es sérieux ? s'étonna le jeune Potter. Tu n'aimes pas beaucoup le Quidditch pourtant.
- Je n'ai pas dit que je n'aime pas. Je n'en suis pas dingue comme toi voilà tout ! Alors, on passe la journée tous ensembles ?
- Ce serait super, mais ta sœur ?
- T'inquiète, je m'occupe de convaincre Tara.
Les deux jeunes hommes descendirent, saluèrent quelques camarades et quittèrent la salle commune. A peine eurent-ils passé le portrait de la Grosse Dame qu'ils tombèrent sur Tara.
- Vous êtes là, dit-elle en s'arrêtant devant eux. Je vous cherchais.
- Vous ? Cela voudrait-il dire que tu voulais me voir aussi ? T'aurais-je manqué pendant ces deux semaines ?
- Ne prends pas tes rêves pour des réalités James. Si je dis vous, c'est parce que tu suis mon frère comme son petit chien.
- Ce n'est pas très gentil, bougonna-t-il.
- Mais, je n'avais pas l'intention de l'être, répliqua la jeune femme ce qui fit rire son frère.
- Tu es de bonne humeur Tara, sourit celui-ci.
- Oui, revoir Poudlard est un vrai plaisir ! s'enthousiasma sa jumelle. Tu as passé de bonnes vacances James ? Je te le demande par pure politesse, bien entendu, senti-elle le besoin de rajouter.
- Meilleures que les tiennes en tout cas !
- Oh, je vois que tu es au courant pour le petit accident à Sainte-Mangouste.
- Difficile de ne pas savoir quand on a ses parents qui sont Aurors. Mais, tu n'as pas à t'en faire, tout ça reste entre nous.
- Me voilà rassurer, souffla la jeune femme. Bon et si nous allions chercher Thomas et Albus à Serdaigle ?
- Comment sais-tu que…
- Que nous allons passer la journée tous ensemble ? Très facile James, j'ai lu dans tes pensées.
Tara les planta-là et arpenta le couloir, direction la tour des Serdaigles.
- Elle m'énerve quand elle sait tout sans que l'on lui dise le moindre mot.
- Je sais James, je sais ! compatit son ami en le prenant par les épaules pour rejoindre Tara.
Ils allèrent tous ensembles chercher Thomas et Albus qui bavardaient déjà joyeusement en les attendant.
- Les frères deviennent trop vite copains dans nos familles, commenta Tara.
- On le serait tous si tu ne faisais pas ta prétentieuse !
- Merci Thomas, on sent bien le soutien fraternel dans tes paroles !
- Et en plus, elle est rouspéteuse !
- Ca c'est bien vrai Albus, approuva Théo.
- Vous avez fait un pacte pour vous liguez contre moi aujourd'hui, s'indigna la jeune femme.
- On n'oserait jamais, lança son jumeau.
- On aurait trop peur que tu nous pulvérises, renchérit James.
- J'espère que vous courrez vite tout les quatre, menaça-t-elle en sortant sa baguette magique de son jeans.
- Sauve qui peut les gars ! crièrent-ils d'une seule et même voix.
Tara arqua un sourcil d'étonnement en les voyant détaler comme des lapins.
- Qu'ils sont bêtes !
- Tout à fait d'accord avec toi, fit une voix derrière elle.
Tara ne bougea pas et senti des mains se pauser sur sa taille pour ensuite, la retourner violement. Le jeune homme à qui elle faisait maintenant face la serra contre lui et l'embrassa avec fougue et brutalité.
- Ca m'avait manqué, tu m'avais manqué Tara. J'ai dû me retenir de ne pas te coller à moi hier.
- Tu m'as manqué aussi Seth. A plus tard !
Elle s'écarta et commença à s'éloigner, le plantant là. Très vite, elle rejoignit les autres qui avaient suivit l'échange de loin.
- Quel pot de colle celui-là ! Et qui lui a appris les bonnes manières ?
- Pour une fois, James, nous sommes d'accord ! approuva la jeune Jedusor en se touchant les lèvres douloureuses. Il est temps qu'Avery apprenne à être délicat avec les dames.
- Pauvre, pauvre Avery, soupira Théo. Je sens qu'il va passer un mauvais quart d'heure.
- Tu peux y compter ! renchérit Tara. Il m'a carrément arraché les lèvres.
- Il ne sait décidemment pas à qui il a affaire ! clama Albus.
- Oh que non et si, …
Ils se mirent à élaborer diverses tortures que Tara pourrait infliger à son ours de petit ami. La matinée se passa dans la joie et la bonne humeur. Ils allèrent s'allonger aux pieds d'un arbre et discutèrent de tout et de rien. A l'heure du dîner James et Tara se plaignirent d'être affamé et le petit groupe se dirigea vers la cour principale de l'école.
- On va à la Grande Salle ou on va, tu sais où ? murmura James à Théo.
- Les cuisines, c'est mieux, répondit celui-ci. Tu as la carte !
- Evidement ! fit le jeune Potter en la sortant de son jeans.
Les jeunes gens se mirent à l'écart à sa demande et il pointa sa baguette sur le vieux morceau de parchemin.
- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.
- Qu'est-ce que ? s'étonna Tara en se penchant. Messieurs Lunard, Queudverd, Patmol et Cornedrue sont fiers de vous présenter la Carte du Maraudeur. Alors, elle existe ?
- Et oui ! s'enthousiasma James. C'est mon père qui me l'a donnée. Ce sont mes grands pères qui l'on conçue avec Sirius Black et se traite de Pettigrow.
- Je connais l'histoire de la carte, mais je ne savais pas que tu l'avais.
- Papa m'a dit que je devrais la remettre à Albus quand je quitterais Poudlard. Et il l'a donnera à son tour à Lily puis à mon petit frère ou à ma petite sœur, je ne sais pas encore.
- Votre mère est enceinte, s'étonna Théo.
- C'est vrai, j'ai oublié de te le dire ! Je le sais depuis une semaine. Elle est enceinte de cinq semaines. J'ai hâte de connaître le sexe du bébé.
- Tu aimerais que se soit quoi ? demanda Tara.
- Un garçon, mais je suis sûre que se sera une fille ! J'ai eu le cas avec Lily, je croyais que se serait un petit gars, ben non !
Tara se rapprocha de James et posa une main sur son épaule, puis sur sa joue et ferma les yeux. Le jeune homme n'osa pas bouger, trop heureux de ce contact avec la jeune femme. Soudain, Tara rouvrit les yeux et s'écarta avec douceur.
- Ce sera un garçon, dit-elle. Il sera beau et fort. Il t'aimera beaucoup et tu seras un modèle pour lui, comme tu l'es déjà pour Albus.
- Comment sais-tu cela ? fit James stupéfié.
- Oh, je n'ai pas fait grand-chose ! Tu as en toi un pouvoir dont tu ne t'es pas encore aperçut. Tu le détiens de ta mère. Je m'en suis juste servi !
- Quel est ce pouvoir ?
- Siri s'en est déjà servi sur maman, il y a longtemps. Ce pouvoir permet au sorcier de capter l'aura des sorciers, en se concentrant, et de décrypter ses émotions et sentiments. Cela permet de connaître des évènements passés et de pressentir ceux qui ne se sont pas encore passé. J'ai pu voir ton frère naître !
- Incroyable ! souffla le jeune homme stupéfait.
- Tes frères et sœurs aussi sont dotés de pouvoirs, différents bien sûr, mais ils en ont. Bon, allons-y !
Elle s'éloigna suivie de Thomas et d'Albus. Théo resta en arrière avec James. Celui-ci semblait sonné.
- Comme fait-elle pour avoir réponse à tout !
- Tara est puissante James. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours eu l'impression que si Tara manipulait aussi bien la magie c'est parce qu'elle en est la source. Tu vas avoir du mal à conquérir son cœur, mais si tu y parviens, ta vie ne sera plus jamais la même.
- Ca c'est sûre ! Elle est exceptionnelle !
Le petit groupe emprunta un passage secret qui arrivait à l'entrée des cuisines. Les elfs de maison se firent une joie de les rassasier. Une fois cela fait, ils se dirigèrent vers le terrain de Quidditch en passant par un raccourci grâce à la carte. Une fois arrivé sur place, James sorti sa baguette, tapota la carte et dit :
- Méfait accomplit !
- Je ne croyais pas dire ça un jour, mais tu me plais Potter, lança Tara en lui mettant une tape dans le dos.
- Hem, merci Tara !
Les garçons descendirent sur le terrain alors que Tara se plaçait dans les gradins. L'attitude et elle étaient de vieilles ennemies. Le match entre les deux Potter et les deux Jedusor se fit serrer. Et Tara se plût à l'arbitrer.
James vint près d'elle en vol stationnaire.
- Tu es sûre que tu ne veux pas jouer avec nous ? C'est agréable de voler !
- J'en suis certaine, mais je ne suis pas à l'aise sur un balai. J'ai…j'ai peur du vide.
- Et si tu venais avec moi sur mon balai ? Tu ne risquerais rien, promis !
- Je ne crois pas que se soit une bonne idée. Ce machin, fit-elle en pointant le balai de menton, ne me semble pas capable de supporter nos deux poids.
- Tu rigoles ! Y a pas plus stable et solide qu'un balai, rigola-t-il en faisant un looping.
- Tu es fou ! cria-t-elle en le voyant faire. Et si tu venais à tomber ?
- Aurais-tu peur pour moi ? demanda-t-il, un sourire qui se voulait charmeur sur les lèvres.
- Ne sois pas ridicule ! répliqua-t-elle.
- Bon, tu viens avec moi ! Si on tombe, tu es une grande sorcière. Tu connais sûrement un sortilège qui arrêtera notre éventuelle chute.
Le jeune homme l'a regarda avec espoir. Tara se senti torturée. D'un côté, elle n'avait jamais refusé d'apprendre des choses nouvelles, mais d'un autre, il s'agissait de James Potter. Devait-elle écouter son cœur ou sa raison ?
Pour une fois, elle opta pour le cœur. Oubliant qu'elle s'appelait Jedusor et lui Potter, la jeune femme se leva du banc et s'approcha de la balustrade. Elle n'avait que seize ans et toute la vie devant elle. Autant profiter de sa jeunesse et être insouciante.
Elle enjamba la balustrade et s'assit dessus.
- Glisse en arrière du balai, demanda-t-elle.
- Tara, que fais-tu ? On est à trente mètres du sol !
- T'inquiète, sourit-elle sautant dans le vide pour atterrir juste devant James sur le balai.
- Cinglée, vraiment cinglée ! s'époumona-t-il en affirmant sa prise sur le balai et sur la taille de Tara.
- Mais non, tout est une question de dosage. Bon, tu me montre ce que sait que de voler ou pas.
De loin, elle vit Théo faire un signe à James. En réponse, ils lui passèrent la langue, avant d'être pris d'un fou rire. James et Tara volèrent jusqu'à ce que le soleil commence à décliner et qu'il soit l'heure de souper.
Quant ils posèrent pieds à terre, Tara manqua de tomber et James la rattrapa avant qu'elle ne touche le sol.
- Ca va ?
- Oui, merci. Tu as d'excellents réflexes !
- Dis merci au Quidditch. Alors, ça t'a plût ?
- Enormément, y a longtemps que je ne m'étais pas autant amusée. Merci James.
- Oh, de rien ! On rejoint les autres et on va à la Grande Salle manger ?
- Bonne idée, voler ça donne faim !
Ils se rendirent tous les cinq à la Grande Salle. Il y avait déjà un bon nombre d'élèves rassemblés autour de leur table respective. Certains se tournèrent vers le petit groupe qui venait d'arriver.
- Je crois que nous allons être les victimes de nombreux ragots ! se lamenta Albus.
- Oui, bon, il est temps que rejoindre chacun sa maison, souffla Thomas. Tu viens Albus ?
- Oui, allons-y !
Théo, James et Tara se retrouvèrent seuls.
- Bon, ben, je vais rejoindre ma table, merci pour la journée, souffla Tara.
Sans rien attendre, elle tourna les talons et alla s'installer entre Sylvianna et Crystal.
- Je suis fou d'elle Théo.
- Je le sais, et c'est pourquoi, tu vas lui prouver que tu es quelqu'un de bien. Et je t'aiderais.
Ils rejoignirent leur table et discutèrent avec leurs amis. Soudain, la directrice Minerva McGonagall se leva et demanda le silence.
- Jeunes gens, tout d'abord, je vous souhaite une bonne rentrée. Je vous rappelle que la prochaine sortie à Pré-au-Lard aura lieu le dernier week-end du mois. Pour les cinquièmes, les heures de vos rendez-vous pour les entretiens d'orientation sont dés à présent affichés dans vos salles communes. Inutile d'ajouter que les BUSES et les ASPICS approchent et qu'il vous faut redoubler vos efforts.
" Maintenant, une nouvelle un peu moins réjouissante. Le professeur Larna, votre professeur de Potions, a dû prendre sa retraite anticipée en raison de graves problèmes de santé. Nous lui avons donc trouvé un remplaçant. Monsieur Drago Malefoy sera votre nouveau maître des potions."
Les cinq amis du jour écarquillèrent les yeux, surpris comme leurs camarades. Tara échangea un regard avec son jumeau. Qui avait autorisé cette folie ? Comment le Conseil de l'école pouvait-il tolérer une telle chose ? D'abord Bellatrix Black et maintenant Drago Malefoy !
- Comme si on n'avait pas assez du fils, voilà le père, cracha James.
- Tu as raison, répondit Théo en suivant le regard de Tara.
Celle-ci regardait maintenant Scorpius Malefoy. Ils étaient séparé de trois élèves et Tara se pencha pour dire quelques mots au jeune garçon.
- Je crois que Tara va pouvoir nous en apprendre plus, indiqua Théo à James en les lui montrant du menton. Après tout, ils se côtoient puisque Scorpius fait partie du petit groupe de Tara.
- Tu te charges d'aller parler à ta sœur ?
- Evidemment ! On doit savoir de qui vient cette idée ! Tu imagines un Malefoy nous donner cours ?
- L'horreur, soufflèrent-ils d'une même voix.
Le dîner se passa sans trop d'encombres bien que les discutions allaient bon train sur leur nouveau professeur. Quand la directrice leur souhaita bonne nuit et les invita à se rendre dans leur dortoir.
- A plus tard, lança James à son meilleur ami.
- Oui !
Une fois que la majorité des élèves eurent quitté la grande salle, le jeune homme rejoignit sa sœur qui l'attendait près des grandes portes.
- Qu'as-tu dis à Malefoy ?
- Je lui ai dit qu'il nous faudrait avoir une petite discussion. Je dois savoir ce qu'il en est !
- Je me demande ce que Bella et Severus diraient de ça, ils détestent les Malefoy !
- Les parents aussi ! Mais, au fait, où est passé Severus ? s'interrogea Tara en voyant la place de son parrain vide.
James était assis derrière le bureau de Neville Londubat, directeur des Gryffondors et, accessoirement, ami de ses parents. Le jeune homme était un peu stressé. Il n'aimait pas les entretiens et encore moins parler de son avenir professionnel.
- Comment vas-tu James ?
- Très bien, Monsieur. Et vous ?
- Bien, merci ! J'ai consulté tes résultats des années précédentes et ceux de cette année. Tu as toujours eu des Optimaux et des Efforts Exceptionnels dans chaque cours que tu as suivis. Tu dois tenir cela de ta mère.
- C'est vrai que papa n'a jamais été très brillant pour les études, mais ils avaient d'autres soucis si vous vous souvenez bien.
- Comment l'oublier, souffla le professeur. Dis-moi, qu'aimerais-tu faire plus tard ?
- Et bien, j'aimerais faire une carrière au ministère et m'orienter dans le droit pénal des sorciers. J'aimerais défendre les innocents à ma manière.
- Cela me semble être un excellent choix, très prometteur. Ce type de carrière juridique peut t'amener à faire, un jour peut-être si tu en as l'ambition, partie du Magenmagot.
- Je le sais. C'est vraiment ce que j'ai envie de faire. Au départ, je pensais faire comme mes parents, mais je préfère les applications pratiques que d'être un homme de terrain.
- Très bien, voyons ensemble les différentes possibilités qui s'offrent à toi.
Théo s'installa à la même place que James quelques heures plus tôt. Neuville Londubat lisait son dossier scolaire avec application sans même lui jeter un coup d'œil. Le professeur releva enfin la tête vers le jeune homme.
- Alors, comment se passe ta rentrée de printemps ?
- Très bien, Monsieur.
- Parfait ! Ne perdons pas une minute. Inutile de dire que tous tes résultats sont excellents dans toutes les matières depuis ton entrée à l'école. Alors passons directement à ce qui nous intéresse, quels sont tes projets de carrière ?
- En fait, j'aimerais suivre une maîtrise en potions. C'est un domaine qui a toujours passionné ma mère et mon parrain. Et, on dirait que j'ai également attrapé le virus.
- C'est un plan de carrière ambitieux et prometteur, mais pas pour un Jedusor je suppose.
Théo soupira intérieurement. Le professeur Londubat ne l'avait jamais aimé. Il allait passer la pire heure de sa vie. A l'instant même où Tara avait posé le regard sur Severus Rogue, son parrain, elle avait constaté un certain changement dans l'attitude de celui-ci. Le sorcier semblait plus détendu que d'habitude.
- Bonjour, Monsieur, le salua-t-elle en refermant la porte du sombre bureau derrière elle.
- Bonjour Tara, entre et installe-toi ! Comment vas-tu ?
- Assez bien, dit-elle en s'asseyant fasse à lui. Et vous ?
- Très bien ! J'ai croisé Théo dans les couloirs ce matin, il m'a fait savoir que tu voulais m'entretenir d'une chose.
- En effet, approuva la jeune fille. Je suppose qu'en tant que directeur adjoint, tu as approuvé la nomination de Drago Malefoy au poste de Maître des Potions. J'aimerais savoir pourquoi ?
Le sorcier posa sur elle son regard d'un noir d'encre. Pendant quelques instants, ils se regardèrent sans dire mot. Tara sentit que Severus renforçait les barrières mentales autour de son esprit comme s'il cherchait à dissimuler quelque chose. La jeune femme plissa des yeux, suspicieuse.
- On m'a forcé la main Tara. Jamais je n'aurais accepté que cet homme intègre l'école. Il a sûrement été repêché par le ministère pour garder un œil sur toi. Qui d'autre qu'un fils de Mangemort pourrait mieux accomplir ce travail.
Severus se pencha vers ses dossiers pour prendre celui de sa filleule. Pendant qu'il le survolait, Tara en profita pour le détailler. Il semblait nerveux tout à coup. Et pourquoi avoir protégé son esprit, où du moins une certaine partie. Pourquoi Severus voulait-il lui cacher les derniers évènements de sa vie.
- Es-tu sûr d'aller bien, Severus ? demanda-t-elle utilisant son prénom, chose qu'elle ne faisait jamais en s'adressant à lui.
Etonné, il releva la tête. Leurs regards se croisèrent, mais très vite celui du sorcier se défila.
- Tu essayes de me cacher quelque chose, très mal d'ailleurs, pourquoi ?
- Nous devrions nous en tenir au sujet qui nous intéresse : la profession que tu veux exercer plus tard.
- Tu mens si mal que je me demande comment tu as pu rester aussi longtemps en vie en servant mon père, dit Tara d'une voix tranchante.
- Les deux situations ne sont pas comparables, s'emporta le sorcier. A l'époque, je servais ton père pour aider Dumbledore à sauver la communauté magique. Et puis, ta mère et moi devions nous soutenir mutuellement face au Lord. Mentir s'avère être d'une facilité déconcertante quand la vie de milliers de personnes sont en jeu ainsi que celle de la femme qu'on aime.
Severus se pétrifia sur place. Il n'avait pas été vigilant à ses paroles et il était tombé facilement dans le petit piège tendu par Tara. Celle-ci semblait d'ailleurs assez fière d'elle.
- Tara, écoute !
- Inutile ! coupa-t-elle. J'ai toujours su que tu aimais ma mère. La manière que tu as de la regarder suffit à elle seule pour le comprendre. Tu pensais à elle quand je suis rentrée, pourquoi ?
- Bon, très bien ! soupira le sorcier. Tania est venue il y a deux jours me faire part de ses inquiétudes à ton sujet et au sujet de Tom.
- Oh ! Pourtant, elle m'avait semblée plus furieuse qu'inquiète quand je l'ai vue pour la dernière fois.
- Tania a eu une violente dispute avec ton père ce matin-là, compléta Severus. Elle est venue se réfugier avec Tessa le jour de votre départ et, comme Bella est chez sa sœur, je lui avais proposé de rester le temps qu'elle souhaitait.
- Pourquoi ! Pourquoi vient-elle se réfugier dans tes bras plus tôt que d'affronter ses problèmes en face. Elle devrait se battre et faire confiance aux personnes qu'elle aime.
- Elle sait tout cela Tara, elle le sait ! Je lui ai fait comprendre. Nous devrions nous focaliser sur toi à présent. Alors, que compte faire la plus brillante élève de Poudlard ?
Tara savait qu'il lui cachait encore quelque chose, mais laissa couler. Elle le découvrirait tôt ou tard.
- Et bien, ça va te paraître complètement fou, mais j'envisage – pour prouver ma bonne foi – devenir Auror.
- En effet, souffla le sorcier en haussant les sourcils. C'est assez surprenant ! Surtout que la communauté magique est convaincue que tes plans de carrières se résumeront à dominer le monde.
- Tu es bien sarcastique, mon cher parrain ! Je sais que bien du monde sera surpris par mon choix : un Jedusor qui désire entrer au ministère comme Gardien de la Paix. C'est un comble, certes, mais c'est mon choix et j'ai toutes les aptitudes pour y parvenir.
- Je ne mets pas en doute ton choix ni tes chances d'y parvenir, précisa Severus. Je dis juste que cela ne va pas plaire à tous. Je pense surtout à ton père, à Harry Potter et au ministre.
- Peut-être, mais c'est ce que je veux. Ainsi, je serais tranquille. Tous les Aurors m'auront à l'œil et ils se sentiront plus rassurer. J'aurais ainsi plus de liberté que jamais.
- Soit proche de tes amis, mais encore plus de tes ennemis, n'est-ce pas ?
- Pas vraiment, parrain ! Les Aurors ne sont pas mes ennemis, sauf Potter et Weasley.
Severus et Tara échangèrent un petit sourire en coin. Severus aussi avait toujours eu du mal à supporter les deux hommes, bien qu'il soit le parrain d'Albus Severus Potter.
- Es-tu certaine que se soit la meilleure vie pour toi ? demanda-t-il après un moment.
- Je ne saurais le dire maintenant. Je sais très bien que j'aurais pu choisir n'importe quelle carrière. Il y a tant de possibilités : les maîtrises en potions, sortilèges, enchantements, runes, l'étude du droit, de la médecine et tant d'autres choses encore. Malheureusement, on ne peut tout faire.
- Et tu as choisi d'être Auror, conclu le sorcier.
- Oui, ce métier est une sorte de condensé de toutes ses disciplines. Alors, quels sont les cours que je dois suivre et les notes à obtenir ?
Ils discutèrent un bon quart d'heure sur les différents critères de sélection pour être autorisée dans les différentes classes.
- Bon, et bien, je crois que nous avons fait le tour ! annonça Severus. Tu peux y aller. As-tu encore cours aujourd'hui ?
- Non, certains ont Divination, répondit la jeune fille avec une grimace.
- Tu as bien fait de n'avoir pas pris ce cours. Quand j'étais élève, j'ai fait un an de Divination. Ca m'a suffit, confia-t-il.
Ils rirent de bons cœurs quelques minutes sur les extravagances de ce type de cours. Puis, Tara décida de prendre congé. Au moment de quitter le bureau, elle se retourna vers son parrain.
- Maman est-elle encore à Poudlard ?
- Non, elle est partie ce matin, pourquoi ?
- J'aurais aimé lui parler, c'est tout. Elle est rentrée à la maison ?
- Tania en avait l'intention, oui. J'espère d'ailleurs que tout se passe bien, soupira le sorcier une fois que Tara fut sortie.
Tania venait de transplaner à l'instant devant le Manoir. Sa fille pleura un peu dans ses bras. Tessa était toujours un peu irritable après avoir subit un transplanage. Lui caressant la joue du bout des doigts, Tania se dit qu'il ne pouvait exister plus belle chose au monde. Ses enfants, c'était toute sa vie.
La jeune femme respira un grand coup. Elle avait une appréhension. Savoir que dés qu'elle passerait la porte d'entrée Tom lui tomberait dessus là mettait mal à l'aise. Tania n'avait pas envie de rentrer chez elle. Elle avait envie de fuir se réfugier dans les bras de Severus. Severus. Rien que de penser son prénom la fit sourire.
Flash Back
Un rayon de soleil frappa Tania dans les yeux la faisant gémir de désagrément. Elle se sentait si bien quelques secondes auparavant, alors pourquoi fallait-il que se maudit soleil l'a dérange ?
Oui, si bien, couchée entre les draps doux et moelleux qui touchaient sa peau en une caresse agréable. Tania se sentait aussi légère qu'une plume allongée sur le torse chaud d'un homme qu'elle aimait. Cette pensée l'a fit sourire et, ouvrant les yeux, elle regarda son visage.
- Severus, souffla-t-elle comme une caresse.
L'homme dormait encore, paisible. Ses cheveux, plus courts qu'autrefois, piquaient dans tous les sens ce qui lui donnait un petit coté déluré. Il avait le visage doux et serein. Ses lèvres, légèrement entrouvertes, étaient étirées en un petit sourire. Tania ne pu résister à l'envie de glisser un doigt sur ses lèvres.
Elle le trouvait différent dans son sommeil. Les habituelles petites rides de concentration de son front avaient disparues de même que l'impression dure et carrée qu'il donnait en serrant les dents de mécontentement. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi détendu.
Se collant davantage à Severus, Tania soupira de bonheur. Ils avaient fait l'amour. L'espace d'une nuit, elle avait retrouvé sa liberté jusqu'à en oublier son mari et ses enfants. Le sorcier bougea quelque peu et resserra sa prise autour du corps de Tania.
Elle attendit patiemment qu'il se réveil vraiment. Cela ne tarda pas car il ouvrit les yeux et son regard se posa directement sur le visage de Tania. Sans dire un mot, il leva une main pour la pauser sur la joue rougie de la jeune femme. Celle-ci glissa jusqu'à ses lèvres puis il lui prit le menton entre ses doigts et l'a rapprocha de lui pour l'embrasser.
- Est-ce un rêve ?
- Non, Severus, tout est bien réel.
Ils s'embrassèrent encore plusieurs minutes. Severus fit basculer Tania sur le dos pour prendre la position dominante sans arrêter de ravir ses lèvres.
- J'ai tellement imaginé cette scène. Te voir dans mes bras de cette manière, être libre de t'embrasser et de te caresser sans entraves. Et maintenant, tu es là.
- Oui, dit-elle simplement en lui caressant la joue.
Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre pendant quelques instants encore jusqu'à ce que Tessa se mette à pleurer.
- Elle doit avoir faim…souffla Tania. Je dois aller lui donner le sein.
- Et moi, je peux en avoir un peu, lança-t-il en lui mordant le coup.
- Idiot, rigola-t-elle en le poussant de l'autre coté du lit.
La jeune femme se leva, les draps glissant sur son corps. Pas gênée par sa nudité, elle contourna le lit, suivie avidement par les yeux de Severus, pour ramasser la chemise de celui-ci qui traînait sur le sol.
- Tu es magnifique ! souffla-t-il en se redressant pour l'attraper par la taille.
Il l'a fit s'asseoir sur ses genoux, une jambe de part et d'autre et l'embrassa passionnément en caressant son dos nu. Seulement, Tessa ne l'entendait pas de cette oreille et se mis à pleurer plus fort.
- Je dois y aller. Ne bouge pas ! souffla-t-elle en se levant.
- Je n'en ai pas l'intention.
Tania passa la chemise de Severus et quitta la pièce pour revenir quelques instants plus tard avec Tessa dans les bras. Elle s'assit sur le lit et berça doucement sa petite fille contre sa poitrine, lui donnant le sein.
Severus regardait, émerveillé. Jamais il n'avait assisté à ce genre de scène et il n'avait rien vu d'aussi beau et touchant.
- Les enfants, c'est magique ! murmura-t-il contemplatif.
- Oui, sourit Tania en se tournant vers lui alors que Tessa avait fini de téter.
- La relation entre une mère et son enfant est extraordinaire, ajouta-t-il.
- C'est vrai, approuva Tania. Surtout les mois qui suivent la naissance sont très importants pour créer un lien particulier. C'est pour ça que j'aime allaiter moi-même mes enfants. Le contact de nos deux peaux nues rassure Tessa.
Tania fit faire son rôt à sa fille puis, la remis coucher dans son petit lit, dans le salon. Elle revint près de Severus et vint se blottir dans ses bras.
- Tu es une mère incroyable ! J'aurais aimé avoir des enfants.
- Tu aurais été un papa génial, sourit Tania.
- Peut-être, murmura-t-il. Tania, si j'avais dû être père, j'aurais souhaité que se soit toi la mère de mes enfants.
Attendrie, elle le regarda. C'est à ce moment précis qu'elle comprit tout ce qu'elle avait manqué. Pourquoi avait-il fallu qu'elle ait Tom dans la peau alors que son cœur transpirait d'amour pour Severus ? Peut-être que dans un autre espace temps, elle avait au final choisi Severus à la place de Tom et qu'ils vivaient heureux.
- Ca t'ennuierais si Tessa et moi nous restions encore une nuit ? demanda-t-elle.
- Absolument pas ! répondit-il le sourire aux lèvres.
- As-tu faim ? demanda la jeune femme. Veux-tu que je nous prépare des pancakes ? Je suis une experte !
- J'ai une faim de loup !
- Ok ! Je vais nous préparer ça, lança Tania en s'écartant de lui.
- En fait, j'ai faim de toi, précisa-t-il en se mettant au-dessus d'elle.
- Ah oui ! dit-elle étonnée.
- Laisse-moi te montrer, murmura-t-il en mordant et embrassant son coup.
Et leur jeu de baisers et caresses reprit sous les rires de la jeune femme.
Fin Flash Back
Tania eut un tendre sourire à ce récent souvenir. Elle avait passé deux nuits magiques avec Severus. Seulement, toutes les bonnes choses ont une fin. Severus et Tania ne s'étaient rien promis. La jeune femme ne savait plus avec qui elle voulait être : Tom ou Severus ? Une chose était sûre. Tania était amoureuse des deux hommes.
Maintenant, il lui restait à affronter Tom. Elle ne l'avait pas prévenu de son absence prolongée. Il devait être fou d'inquiétude ou fou de rage ? Les deux, peut-être ? Quoiqu'il en soit, la confrontation était imminente.
Choisissant la prudence, Tania transplana directement dans la chambre de Tessa et l'y coucha sans plus attendre. Puis, elle transplana à nouveau dans le hall cette fois. Nulle trace de son mari. Elle se risqua à avancer, sa baguette magique à portée de main.
Tania se dirigea vers le grand salon. Y entrant, elle constata qu'elle n'était pas là non plus. Elle s'avança vers la table basse où était posé l'album photo de leur mariage. Plusieurs photos en avaient été sorties. Elle en prit quelques unes dans les mains et remarqua qu'une d'entre elles avait été déchirée.
- Puis-je savoir où tu étais passée ?
Tania se retourna brutalement, se faisant mal à la nuque. Son mari était appuyé à l'encadrement de la double porte, les bras croisés et le regard dur.
- J'avais besoin de m'éloigner de toi quelques temps.
- Et tu n'as pas trouvé utile de m'avertir. Je te rappelle que tu avais pris ma fille avec toi. D'ailleurs, où est Tessa ? s'écria-t-il en ne l'a voyant pas avec Tania.
- Elle est dans sa chambre. J'ai jugé prudent de la tenir en dehors de cette discussion. Je ne voudrais pas qu'un accident lui arrive.
- Tu as bien fait. J'irais la voir une fois que je me serrais occupée de toi, dit-il menaçant, en s'approchant lentement de Tania.
Celle-ci eu un sourire en coin. Tania avait une impression de déjà vu. Tom essayait de l'intimider, sans succès. Peu importe qu'il soit Voldemort ou Tom Jedusor, jamais Tania n'avait eu peur de lui. Jamais.
- Je vais répéter ma question une dernière fois, où étais-tu pendant ces deux jours ?
- Ce que je fais de mon temps libre ou de ma vie privée ne te regarde pas ! répondit-elle avec calme et froideur.
- Ta vie privée ! répéta-t-il. C'est moi ta vie privée Tania, je suis ton mari, cria-t-il fou de rage la couleur de ses yeux virant à l'écarlate.
- Depuis des mois, tu es loin de te comporter comme tel, rétorqua la jeune femme. A mes yeux, tu n'es plus rien !
- Qu'est-ce que cela sous-entend ?
- Je méprise ce que tu deviens Tom, cracha Tania. Tu es lentement en train de redevenir celui que j'ai mis tant de temps à chasser de toi. Tu ne pense plus qu'à toi et nous fait tous souffrir.
- La seule personne à qui tu dois en vouloir, c'est toi ! répliqua-t-il. Tu n'avais qu'à me laisser mourir il y a dix-sept ans, tu aurais eu la vie que tu souhaites tant. Tu serais libre.
- Je dois reconnaître que tu as raison sur ce point, admit-elle. J'ai commis l'erreur de me sacrifier pour toi et voilà ce que je récolte. J'ai passé vingt ans à faire du monstre que tu étais un homme capable d'aimer et d'être aimé. Voilà que le processus fait marche arrière. Tu redeviens un monstre.
- Tu me hais donc à ce point, constata-t-il en se rapprochant encore de Tania de quelques mètres.
Celle-ci remarqua qu'il tenait sa baguette magique dans la main droite. Il avait déjà une idée en tête, peu importe la finalité de cette conversation. Impossible seulement de savoir quoi. La prudence était de mise.
- Je t'aime et je te hais autant que je m'aime et me hais, répondit-elle simplement. J'ai gâché ma vie pour toi, alors que tu ne m'as jamais méritée. Si tu étais mort, aujourd'hui, je serais libre et heureuse ainsi que les jumeaux. Je serais libre d'aimer un homme qui m'attend depuis si longtemps.
- Que veux-tu dire ?
- Tu voulais savoir où j'ai passé ces trois derniers jours et ces deux nuits ? Et bien, je vais te le dire : j'étais avec un homme.
Tom se crispa et la regarda fixement. Elle savait qu'il tentait de lire dans son esprit s'il s'agissait de la vérité. Mais, Tania avait pris ses précautions. Ses derniers souvenirs étaient solidement enfermés dans un coin de sa mémoire, à l'abri de son regard.
- Un homme, répéta-t-il.
- Oui, Tom. Je suis allé le voir et il m'a écouté, consolée et réconfortée.
Elle marqua une pause pour attirer son attention sur ce qu'elle s'apprêtait à lui dire. Elle voulait lui faire mal, autant de mal qu'il lui faisait.
- Et nous avons passé ces deux nuits à faire l'amour.
Le cœur de Tom manqua un battement et une douleur immense s'insinua en lui. Il avait l'impression que son cœur s'arrachait de sa poitrine pour y laisser un trou béant.
- C'est la vérité ? demanda-t-il avec difficulté.
- Oui, avoua-t-elle durement, sans aucune émotion ni remords.
- Tu as fait ça pour me punir, me faire du mal, comme je t'en ai tant fait, n'est-ce pas ?
- Ce n'est qu'une partie de la vérité Tom.
- Pourquoi as-tu fait cela Tania ? hurla-t-il fou de douleur en l'empoignant par les bras. Ne pouvais-tu pas trouver un autre moyen de me faire souffrir que de te donner à un autre ? Tu m'appartiens Tania et jamais, je n'accepterais de te partager avec qui que se soit, tu m'entends ? Alors, pourquoi ?
- Parce que je l'aime ! cria-t-elle en son tour en se dégageant de son emprise. Je l'aime ! Et lui aussi m'aime !
Tom fut pétrifié sur place. Sa femme était partie trois jours pendant lesquels elle était en compagnie d'un homme avec qui elle avait passé deux nuits. Tania lui avait été infidèle. Mais le pire était qu'elle en aimait un autre que lui. Qui pouvait bien être cet homme ?
- De qui s'agit-il Tania ? demanda-t-il avec un calme qui l'étonna. Qui est cet homme qui a osé porter la main sur toi ?
- Arrête Tom !
- Que j'arrête, hurla-t-il en se tournant vers elle. Tu m'as été infidèle et je n'ai pas le droit de savoir avec qui ?
- C'est inutile que je te le dise Tom, parce qu'au fond de toi, tu le sais déjà !
- Tania, non ! cria-t-il sa voix mourant dans sa gorge. Pas lui !
C'est alors que tout était devenu très clair. Aussi clair que les images qui traversaient à présent l'esprit de Tania.
- Pas Severus ! hurla-t-il en tombant à genoux alors qu'ils les voyaient dans l'esprit de Tania, s'embrasser sur le lit, Severus allongé sur elle.
Il resta au sol quelques instants à maudire cet homme. Tania alla s'adosser à l'un des murs de la pièce et se laissa tomber au sol. Qu'allait-il se passer maintenant ? Quelle serait la punition de Tom ? Allait-il la tuer ? Et si ce n'était pas le cas, comment allaient se dérouler la suite des évènements ?
Tania pensa à Severus. Elle ne voulait pas qu'il lui arrive malheur. Si Tom ne s'en prenait pas à elle, tenu par sa promesse, il s'en prendrait à Severus. Et ça, elle ne pouvait pas le permettre. Jamais elle ne supporterait la perte de l'un des hommes qu'elle aimait. Jamais.
- Vous vous êtes toujours aimé, murmura Tom.
Ce n'était nullement une question et Tania le comprit, mais elle ne pu empêcher les mots de sortir de sa bouche :
- Je ne comprends pas !
- Le jour de notre mariage, j'ai demandé à Severus s'il t'aimait et il m'a répondu : " Plus que vous ne l'imaginez ". Ce que je ne pensais pas à cette époque, c'était qu'une part de toi l'aimait aussi.
Tania senti une larme couler le long de sa joue.
- Je me sens perdue, souffla-t-elle. Je ne sais plus où j'en suis dans mes sentiments envers Severus et toi. Mais, il y a une chose que tu dois savoir.
- Ah oui, et laquelle ?
- A cette époque, quand nous nous sommes mariés, je ne m'étais pas rendue compte des sentiments de Severus à mon égard. Et même si ça avait été le cas, je t'aurais épousé parce que je t'aimais, je t'aime et que je t'aimerais pour toujours Tom.
- Mais les choses ont changées, depuis, constata le sorcier en se relevant. Et je sais qu'à tes yeux, tout est de ma faute.
- Non Tom ! Nous avons tout deux commis des erreurs qui nous ont menées à cette situation. Mais, il y a encore de l'espoir.
- Il y en aurait eu si ton cœur ne battait pas à présent pour Severus et pour moi, rétorqua Tom. Il ne peut y avoir la place que pour un seul homme dans ta vie Tania. Je ne te partagerais pas, tu m'appartiens…pour l'éternité.
- Je suis sincèrement navrée de te faire autant de peine Tom, mais je ne regrette en rien ce qu'il s'est passé avec Severus. Cet homme fait partie de moi.
- Ni regret, ni remord, répéta son mari.
- Tout comme toi, tu n'auras aucuns remords après ce que tu t'apprêtes à accomplir, fit remarquer Tania alors que Tom levait sa baguette magique vers elle.
D'un sort informulé, sa baguette fit apparaître une sorte de corde dorée qui rattachait leurs mains gauches. Ce lien créé par la magie ancienne datait de leur mariage et des vœux qu'ils avaient prononcés. Seule la mort pouvait les séparer.
Tania fit face à Tom qui se mit à réciter :
- Puissance magique vaste et lointaine,
Ensorceler ceci pour dévoiler cela,
Et octroyez en l'usage à cette sorcière,
Pour qu'elle puisse révéler le mal d'aujourd'hui et d'hier.
Et voilà ! Encore un nouveau chapitre !
Je sais que j'ai mis du temps à poster, désolée !
Le 12ième arrivera plus vite ! Désolée pour les fautes d'ortho ! Je compte tout recorriger très vite !
N'oubliez pas les reviews !
Diaboliqua…
