Chapitre 17 : Rêves cauchemardesques, journal et premier jour de formation.

Un crac sonore se fit entendre signe qu'un individu venait de transplaner. Un grand homme encapuchonné parcourut le petit sentier d'une démarche rapide et décidée, le poids de ses pas faisant crisser les graviers qui l'ornait, menant à une grande et ancienne demeure.

L'étranger leva la tête pour admirer quelques secondes la beauté du ciel bleu nuit où y brillaient des dizaines d'étoiles. La grande silhouette reprit sa marche rapide et silencieuse.

Arrivé devant la lourde porte en bois massif, l'individu plongea la main droite dans l'une des poches de sa longue cape noire pour en extraire sa baguette magique. D'un coup souple du poignet, il fit s'ouvrir la porte et, de sa main aux longs doigts blanchâtre, poussa celle-ci pour pénétrer dans la demeure.

De son regard noir brillant d'une étrange lueur écarlate, le sorcier parcourut le hall d'entrée. Tout était sombre au rez-de-chaussée, mais il y avait de la lumière dans le couloir, à l'étage. L'étranger monta une à une les marches du grand escalier de chêne et se dirigea lentement vers la porte entrouverte.

Il put apercevoir un grand homme aux cheveux châtains plongé dans l'étude de dossiers et de cartes, le tout étalé sur un imposant bureau de bois massif. N'y apportant pas plus d'attention, le sorcier encapuchonné avança et s'arrêta devant la dernière porte du couloir du premier étage.

Là aussi, il se permis un petit coup d'œil.

Une femme aux longs cheveux blonds bouclés lisait un livre de contes à une petite fille âgée de dix ans tout au plus, toutes les deux confortablement installée sur le lit de la gamine. Resserrant sa prise sur sa baguette magique, l'intrus murmura une incantation pour insonoriser la pièce.

Poussant la porte de la main gauche, il s'attira l'attention de la femme qui se leva d'un bon pour se saisir de sa baguette magique et de la pointer sur lui :

- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle en se plaçant devant sa fille pour la protéger.

- Je pense que tu connais déjà la réponse, dit-il en levant sa propre baguette pour, d'un coup de poignet, la désarmer. Ton mari et toi me causé beaucoup de tort, reprit-il, sans compter sur Alastor Maugrey bien sûr. Mais je m'occuperai de lui plus tard. Aujourd'hui, ma cible s'est vous.

- Je vous en prie, implora la femme, faites de nous ce que vous voudrez, mais ne faites pas de mal à ma petite fille.

Le sorcier posa son regard dur et pénétrant sur la mère et la fille qui se cachait juste derrière elle.

- Si tu me dis où elles sont sans discuter, murmura-t-il d'une voix doucereuse, il ne lui sera fait aucun mal. Tu as ma parole.

- Je…je ne vois pas de qui vous voulez parler, répondit-elle avec tout le courage qu'elle put, la peur au ventre.

- Au contraire, tu vois très bien de qui je parle ! clama-t-il en s'approchant d'un pas.

- Vous croyez que je vais vous dire où elles sont alors que vous ne voulez qu'une seule chose : les tuer !

Tout d'un coup, une porte se referma au début du couloir signe que l'homme venait de quitter son bureau.

- Peut-être que ton mari sera plus enclin à me parler, ricana l'intrus.

La porte s'ouvrit sur le mari qui, à peine avait-il mis un pied dans la pièce, fut saisi à la gorge par l'homme encapuchonné avant d'être poussé dans la pièce de force s'écroulant aux pieds de sa famille.

- Nathan ! s'écria la femme en l'aidant à se relever.

- Voilà notre petite famille enfin réunie. Quel beau tableau, dit le sorcier narquoisement.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ? clama le père. Qui êtes-vous ? Et de quel droit vous permettez-vous d'entrer chez nous de la sorte ?

- Je n'ai pas besoin d'avoir la permission de qui que ce soit pour agir selon mes désirs et tu devrais le savoir mieux que quiconque toi, Nathan Scott, le célèbre Auror.

- Non, ce n'est pas possible ! murmura l'Auror. Vous ne pouvez pas…pas être…Lord Voldemort.

Le grand homme leva les mains, sa robe de sorcier lui tombant jusqu'aux coudes dévoilant des bras à la peau extrêmement blanche presque diaphane, pour abaisser son capuchon.

- Maman, cria la petite fille en fermant les yeux et en s'accrochant à sa mère, j'ai peur !

- Ne t'en fais pas. Papa et maman sont là, lui répondit son père avec fermeté.

- Mais ils n'ont aucun moyen pour te protéger, mentionna le Lord, un sourire cruel lui ornant les lèvres.

Nathan et Marie Scott se regardèrent un long moment avant de joindre leurs mains.

- Quoiqu'il arrive, lui murmura-t-il, saches que je t'aime et que Laina, Lucy et toi êtes ce qui m'est arrivé de mieux.

- Comme c'est touchant, se moqua Voldemort. Quand est-ce que vous comprendrez que l'attachement, l'amitié et l'amour ne mènent qu'à la souffrance et à la peur de perdre l'être aimé ?

- Vous ne connaissez rien à ses sentiments, cracha Marie, vous n'êtes qu'un monstre assassin, adorateur de la violence et de la mort. Vous ne méritez même pas le qualificatif d'être humain.

Le Seigneur Noir plissa le nez et sous l'impulsion de la colère, leva sa baguette magique et cria :

- Endoloris…

La jeune femme s'écroula au sol, se mettant à hurler à pleins poumons alors que son corps était secoué de spasmes.

- Marie, s'inquiéta Nathan Scott en s'agenouillant à ses côtés sous les pleures de sa fille. Je vous en prie, arrêtez ! Ne leur faites pas de mal. C'est moi que vous voulez ! C'est moi qui ai contribué à l'arrestation de bon nombre de vos fidèles Mangemorts, hurla-t-il pour couvrir les cris de douleur de son épouse.

- C'est vrai, en convint le Mage en levant le sort. Tu as raison. Et je vais t'offrir la chance de te racheter. Si tu me dis où se trouvent ta sœur, Jena Scott, et sa petite fille Tania, je vous laisserais la vie sauve à tous les trois.

- Vous me demander de sacrifier des membres de ma famille pour nous sauver ? s'indigna Nathan. Jena et Tania, qui n'a que deux ans, ne vous ont rien fait. La seule personne de qui vous voulez vous venger s'est d'Albus Dumbledore.

- Tu ne diras rien, dit le Lord dans un souffle.

- Non, répliqua l'Auror avec aplomb, et même si je le faisais, cela ne vous serait d'aucune utilité puisque je ne suis pas le Gardien du Secret. Vous vous trompez de personne.

Lord Voldemort pencha la tête sur le côté et porta sur Nathan Scott un regard implacable et, le sourire aux lèvres, il leva avec une lenteur démesurée sa baguette magique et de murmurer d'une voix glaciale et impassible :

- Dans ce cas, tu ne m'es plus d'aucune utilité ! Avada Kedavra !

Un éclair de lumière vert illumina la pièce alors que le corps sans vie de Nathan Scott s'écroulait sur le sol, les yeux exorbités.

- Nathan ! hurla sa femme. Non ! Nathan ! Par Merlin, ce n'est pas possible, pas toi ! Tu ne peux pas non laisser…

Marie Scott secoua le corps de son mari avec un acharnement inutile tandis que sa fille s'était cachée dans un coin de sa chambre, assise à même le sol, la tête entre les genoux.

- Cesse de pleurer et laisse-le, intima le Lord. Et tu aurais plutôt intérêt de me dire où elles sont si tu ne veux pas subir le même sort funeste.

- Jamais, je ne vous dirais où elles sont ! s'égosilla-t-elle en lui faisant face.

- Tu en es convaincue, dirait-on, ricana le Mage Noir, mais saches que personne ne résiste à Lord Voldemort. Endoloris Maxima…

La jeune femme s'écroula une nouvelle fois, hurlant et se tortillant de douleur. Le Seigneur Noir arrêta à plusieurs reprises le sortilège impardonnable pour reposer inlassablement la même question :

- Où Dumbledore les a-t-il cachées ?

- Je…je ne…sais pas, murmura-t-elle une énième fois avec grande difficulté, le corps douloureux et en sueur, des larmes roulant sur ses joues.

- Tu es courageuse, reconnut Voldemort en s'agenouillant à ses côtés, ou stupide. Tu finiras par parler. Endoloris !

Le Lord reprit sa séance de torture avec une certaine nonchalance. Puis, la jeune Lucy qui était restée dans son coin à pleurer à chaudes larmes se releva et se rua sur le sorcier. Surpris, il leva le sort alors que l'enfant le frappait de ses poings en criant :

- Ne fais pas de mal à ma maman !

Lui saisissant les bras, le Mage se mit à rire froidement d'un air cruel, presque dément.

- Je t'avais presque oublié petite, lui souffla-t-il en la saisissant par les cheveux la faisant grimacer de douleur.

- Laissez-la…tranquille, tenta vainement Marie toujours sur le sol, haletante.

- Seulement si tu réponds à ma question, répondit-il.

- Je ne…peux pas !

- Dommage, s'exclama le Lord en poussant la gamine qui tomba durement sur le sol. Endoloris !

La jeune fille hurla à pleins poumons sous le regard horrifié de sa mère qui, malgré qu'elle fût à bout de force, trouva la volonté suffisante pour attraper un pan de la robe de sorcier du Lord.

- C'est moi le Gardien du Secret…Je te dis où elles sont si…si tu arrêtes le sort.

- Marché conclu ! s'exclama Voldemort, heureux. Alors, dis-moi tout ! dit-il d'une voix douce en lui passant l'un de ses longs doigts sur son visage ruisselant de larmes.

- Elle sont…elles, non je…

- Oui, je t'écoute, parle ! s'impatienta-t-il en l'attrapant par la gorge.

- Elles sont dans un cottage très loin de la capitale. C'est à Coventry, une petite maison isolée, invisible à la vue de toute personne, Moldus et Sorciers. Maintenant que vous savez tout, partez !

- J'y compte bien !

Le Lord se releva et se recouvrir une nouvelle fois le visage de la capuche de sa longue cape. Alors qu'il amorçait un mouvement pour quitter la pièce, Marie Scott se redressa avec difficultés pour aller prendre dans ses bras sa petite fille jonchant toujours le sol, tremblante.

- Ca va aller ma petite chérie, lui murmura-t-elle en lui caressant les cheveux.

Le Seigneur Noir s'arrêta à l'encadrement de la porte et, baguette levée, il se retourna.

- Non, souffla Marie Scott. Vous aviez promis de nous laisser tranquille si je vous disais où elles sont.

- Je l'ai promis en effet, mais cette promesse n'était valable que si tu ne me résistais pas, ce que tu as fait, ricana-t-il.

Un éclair de lumière vert illumina une seconde fois la pièce ôtant la vie à Marie et Lucy Scott. Sa sale besogne accomplie, Lord Voldemort rangea sa baguette magique et quitta définitivement la demeure des Scott.

Une fois dehors, il respira à pleins poumons avant de transplaner dans un crac sonore. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le Mage réapparut à plusieurs centaines de kilomètres de là. Inspectant les lieux, le sorcier pu distinguer dans la nuit noire les contours d'une grande maison qui semblait faite de pierres et de bois.

Un petit sentier bordé de fleurs et d'arbustes conduisait jusqu'à la demeure où Albus Dumbledore pensait y avoir mis en sécurité sa femme et sa petite fille, Tania.

Le Lord se retint de rire de pure satisfaction et se mit en marche vers l'entrée.

Malgré l'heure avancée, de la lumière perçait à travers les rideaux d'une fenêtre au rez-de-chaussée. Le sorcier s'avançait à pas lents voulant profiter pleinement de cet instant de victoire.

Il notait chaque détail de l'endroit et les gravaient à tout jamais dans sa mémoire. « Un magnifique endroit pour mourir », pensa-t-il en admirant le jardin et les plaines qui, en plein jour, devaient être d'un vert verdoyant et s'étirer à perte de vue.

Lord Voldemort s'arrêta devant la lourde porte en chêne. D'un coup de baguette magique, le verrou s'ouvrit avec un léger petit déclic. Petit bruit qui, sans que le Lord ne l'eu prévu, attira l'attention de Jena Scott.

Le Mage Noir poussa la porte et pénétra dans la demeure. Sans attendre, il se dirigea vers l'endroit d'où provenait la lumière. Il passa sous une imposante arcade en bois sculpté donnant sur un grand salon au décor rustique. Debout, près de l'une des baies vitrée, se tenait Jena Scott, sa fille de presque trois ans dans les bras et sa baguette magique à la main.

Sans se retourner, mais regardant le reflet de la silhouette du Lord sans la vitre, elle dit d'une voix étrangement paisible :

- Je savais qu'un jour ou l'autre vous viendriez. Albus avait la certitude que vous seriez incapable de nous trouver ici, mais j'ai toujours su qu'il se trompait car il vous a sous-estimé.

Lord Voldemort fit quelques pas dans la pièce jusqu'à arriver près de la table basse où reposait un cadre d'argent dans lequel une photo sorcière y était « emprisonnée ». il s'en saisit et admira quelques instants la petite famille heureuse.

Albus Dumbledore serrant contre lui sa femme et sa fille Tania qui en devait pas avoir plus de quelques semaines.

- Pourquoi être restée ici avec votre fille si vous saviez que je viendrais un jour ? demanda-t-il en reposant le cadre, un certain respect dans la voix.

Jena Scott ne répondit pas tout de suite, embrassant sa fille sur le front. La gamine, souriante, regardait le Lord avec étonnement. Il se dit qu'elle ne devait pas avoir l'habitude de voir d'autres personnes. La fillette, aussi blonde que sa mère, lui fit un petit signe de la main en rigolant.

- Je crois que chaque personne naît avec un destin à accomplir, lui répondit-elle finalement.

Jena se retourna pour lui faire face. Le Lord fut bouleversé par tant de grâce et de beauté, émanant de la jeune femme. Elle lui faisait face sans crainte et le regardait avec une certaine douceur présente dans ses yeux noisette. Elle avait tout d'une grande Dame : intelligente, belle, forte, courageuse et fière.

- Quand Tania est née et que je l'ai prise pour la première fois dans mes bras, j'ai eu comme un pressentiment, reprit-elle de sa voix douce lui parlant comme s'il avait toujours été le bienvenu.

- Un pressentiment, répéta-t-il intrigué.

- Oui, acquiesça-t-elle. A cet instant même où elle fit dans mes bras alors qu'elle venait à peine de naître, j'ai su que ma fille aurait un destin des plus extraordinaires et qu'elle serait la clé qui changerait le destin de tous.

- Malheureusement, vous savez bien que je suis ici pour elle, rappela le Lord.

- Oui, je le sais, mais Tania vivra grâce à mon sacrifice et un jour viendra où elle sera la personne dont vous aurez le plus besoin dans votre vie.

- Vous vous trompez, clama le Seigneur Noir. Je n'ai jamais eu besoin des autres pour obtenir ce que je souhaite. Et puis, que pourrais-je bien attendre de la fille d'Albus Dumbledore, le sorcier le plus puissant cherchant à me détruire ?

- Une chose dont vous n'avez pas conscience en cet instant, mais qui vous sera un jour vital.

- Et qu'est-ce donc, ricana-t-il. La confiance, l'amitié ou encore l'amour ?

Le Lord eut un rire froid et aigu, presque terrifiant qui fit s'agiter Tania dans les bras de sa mère.

- Saches que Lord Voldemort ne croit pas en ces bons sentiments et que tes nobles paroles sont veines. Je n'ai pas accompli deux ans de recherches pour repartir en vous laissant saines et sauves.

Le Mage avança encore de quelques pas, ne se trouvant plus qu'à une longueur de bras de Jean Scott.

- J'ai passé ces deux dernières années à traquer le Gardien du Secret de l'adresse exacte de cette maison. Je me suis vite rendu compte que l'identité de cette personne changeait tous les deux jours et que chaque membre de l'Ordre du Phœnix était susceptible de l'être.

« Je dois reconnaître qu'Albus a pris d'importantes précautions, mais l'espion qui j'ai réussi à introduire dans l'Ordre a gagné la confiance de ton mari pour enfin me divulguer celui qui allait être le prochain Gardien du Secret. Et devine de qui il s'agissait ? »

Jena Scott arrêta un instant de respirer, ses yeux écarquillés de stupeur.

- Non, dit-elle dans un souffle. Pas mon frère ! Pas Nathan !

- Presque, s'exclama le Seigneur des Ténèbres amusé. C'était ta chère belle-sœur en réalité. Je viens juste de leur faire une petite visite.

- Ce n'est pas possible, murmura Jena, une larme roulant sur sa joue.

- J'ai eu du mal à lui soutirer votre adresse, mais j'ai su me montrer convainquant.

- Vous les avez tués, tous les trois ! s'écria le jeune femme en serrant un peu plus sa fille contre elle ? Et leur deuxième fille, Laina, qui est à Poudlard. Vous avez rendu une adolescente de seize ans orpheline. Combien d'autres y en a-t-il eu ?

Le Lord ne répondit pas sachant qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une question. La petite Tania tendit son bras vers lui, sa petite main ouverte. Etrangement, il leva la main gauche et toucha la sienne. Au moment même où leurs peaux entrèrent en contact, le Lord eu un frisson qui lui parcourut tout le corps.

Etonné, il écarquilla les yeux. C'était la magie de la gamine qui venait de passer dans son corps d'un simple toucher.

- Sa magie est d'une puissance inouïe pour une enfant de cet âge, souffla-t-il ne pouvant détacher son regard de la petite.

Se pourrait-il que Jena Scott ait raison ? Qu'il ne devait pas tuer Tania Dumbledore ? Non, sornettes !

- C'est vrai, sourit Jena. Albus pense qu'elle deviendra l'une des plus puissantes sorcières de tous les temps. Sa magie se développe déjà et croit chaque jour un peu plus.

Jena Scott espérait du plus profond de son cœur qu'elle parviendrait à sauver sa fille quitte à ce qu'elle-même meure pour elle de la main du Lord Noir. Celui-ci tenait toujours la petite main de Tania dans la sienne et semblait plongé dans une profonde réflexion.

- Quel dommage, murmura-t-il enfin. Une si jolie et prometteuse petite fille. Je suis sûr que tu serais devenue une magnifique jeune femme et la plus brillante de toutes les sorcières.

Du bout des doigts, le Lord lui caressa la joue dont la peau lui sembla d'une douceur presque irréelle. Il ne comprenait pas pourquoi, mais tout en elle l'attirait tel un aimant. Reprenant ses esprits, il se força à leur tourner le dos. Il ne devait pas se laisser attendrir par une enfant de deux ans !

- Seulement, reprit-il alors que Jena déposait sa fille par terre, je ne peux pas prendre le risque de la laisser grandir pour qu'un jour son père et elle se dressent contre moi.

Le Mage Noir se retourna et, dans un même mouvement, mes deux sorciers levèrent l'un contre l'autre leurs baguettes magiques.

- Ecartes-toi et je te promet de te laisser la vie sauve, lui dit-il avec sincérité. Je n'ai rien contre toi, Jena Scott.

- Vous savez très bien qu'aucune mère digne de ce nom ne laisserait son enfant se faire tuer sans intervenir.

- Je te le demande une deuxième et dernière fois. Ecartes-toi !

- Jamais ! répondit-elle avec aplomb.

- Très bien, murmura le Lord. Tu ne me laisses malheureusement pas le choix.

Le Seigneur Noir leva sa baguette et, alors qu'il prononçait la formule interdite, Jena Scott tenta le toit pour le tout et attaqua d'un sort informulé. Un peu surpris de cette attaque, le Lord la para avec facilité et, de ses deux mots prononcés, il mit fin à la vie de Jena Scott.

Enjambant le corps sans vie, le sorcier leva une seconde fois sa baguette près à tuer la petite Tania qui pleurait à chaudes larmes.

Mais alors qu'il allait accomplir ce pourquoi il était venu, Lord Voldemort ressentit une sorte de picotement dans son bras droit. Cela en était presque douloureux. Mais que se passait-il ? Pourquoi est-ce qu'il avait cette impression que de tuer Tania Dumbledore serait la pire chose à faire pour lui ?

Le pressentiment de Jena Scott et cette douleur dans le bras étaient-ce des signes ? Quel rôle cette petite fille avait-elle à jouer dans sa vie ? Se décidant rapidement, le Lord leva sa baguette et, d'un sortilège de vieille magie, il partagea quelques-uns de ses étonnants pouvoirs avec la petite fille.

Sous ses yeux, l'apparence de l'enfant changea lentement. Ses cheveux d'un blond doré devinrent noir ébène et légèrement ondulés. Sa peau se hala. Seuls ses yeux gardèrent ce bleu si pur et pétillant. L'enfant avait cessé de pleurer et posait sur Voldemort un regard qui lui fit se sentir mal à l'aise, comme si elle analysait chaque trait de sa personnalité.

Alors qu'il quittait la maison, le Lord espérait ne pas avoir fait une erreur non seulement en la laissant en vie, mais surtout en lui offrant certaines de ses capacités magiques. Au moment où il s'apprêtait à transplaner, le Mage Noir entendit un crac sonore non loin de lui.

- Tom, s'exclama Albus Dumbledore stupéfait. Qu'est-ce que…Tu les as tuées, cria-t-il horrifié.

- Ne t'en fais pas vieil homme, elle est en vie, je n'ai pas pu m'y résoudre, murmura le Seigneur Noir. Je ne comprends pas ce qu'il s'est passé, il y a quelque chose en elle qui…ajouta-t-il plus pour lui-même que pour son ennemi.

Dumbledore regarda le Seigneur des Ténèbres. Celui-ci semblait perturbé.

- L'une d'elles est en vie, souffla-t-il.

Sans rien faire de plus, Albus Dumbledore s'élança vers la maison le cœur brisé de savoir que l'un des deux êtres les plus importants de sa vie n'était plus.

Lord Voldemort reprit le petit sentier et se retourna une dernière fois vers la maison. Il aperçut son pire ennemi, à travers la baie vitrée, tomber à genoux devant le corps sans vie de sa femme. Et c'est, sans un regard de plus, que Lord Voldemort transplana.

Tara Jedusor se réveilla en sursaut, la respiration saccadée et le corps trempé de sueur. Elle tenta de reprendre ses esprits, encore plongée dans les images de son rêve. La jeune femme se leva, se dirigeant vers sa petite table basse où trônait une carafe d'eau pour s'en servir un verre.

Elle sortit ensuite de sa chambre pour aller s'installer à son bureau et sortir de l'un des tiroirs un petit carnet à la couverture noire. Celui-ci était remplit de notes, de dates et de dessins faits à mains levées. Tara avait commencé à écrire dans ce carnet la première nuit qui avait suivi le premier transfert de magie entre son père et elle.

Depuis le jour où Tara avait absorbé la magie de son père, il lui arrivait régulièrement de faire des rêves au cours desquels la jeune femme se retrouvait plongée dans les souvenirs de son père.

Enfin, pas directement. Le tout premier rêve qu'elle avait fait l'avait ramenée près de quatre-vingt ans en arrière : le jour où Tom Jedusor rencontra pour la première fois Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore dans la chambre d'un orphelinat de Londres.

La jeune Jedusor en avait alors parlé à la seule personne susceptible de lui venir en aide : son grand-père.

Le Mage lui avait alors expliqué que la magie de chaque sorcier et de chaque sorcière était unique et liée à l'âme de l'être magique. La lui voler revint donc à lui voler une voler une partie de lui-même, une partie vivante.

Dumbledore lui avait conseillé de ne pas se battre contre la magie de son père, mais de la laisser vivre en elle. Tara s'était souvenue que sa mère avait vécu exactement le même phénomène quand Lord Voldemort lui avait offert le médaillon de Salazar Serpentard dans lequel y avait été enfermé un morceau d'âme du Lord.

Se munissant d'une plume, Tara commença à mettre par écrit les éléments de son rêve. Elle avait pris l'habitude de tout écrire la nuit même pour éviter d'oublier des détails importants. Quand elle eut fini sa rédaction, la jeune Jedusor se mit à dessiner les différents endroits où son père avait commis ses méfaits.

Une fois son travail terminé, Tara retourna dans sa chambre afin de prendre une douche. La jeune femme en ressorti une vingtaine de minutes plus tard, complètement habillée et vêtue d'une cape noire avec un grand capuchon qu'elle abattit sur sa tête plongeant ainsi son visage dans la pénombre.

Se munissant de son carnet, Tara tenta de se concentrer sur le croquis de la maison de campagne de Jean Scott. Ne voulant pas attirer l'attention des autres habitants du manoir en transplanant à l'intérieur de celui-ci, la jeune Jedusor quitta la pièce et descendit lentement et sans bruit un à un les nombreux escaliers de la demeure.

Une fois arrivée au rez-de-chaussée, Tara marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la porte d'entrée qu'elle ouvrit d'un coup de baguette magique pour ne faire absolument aucun bruit.

Enfin dehors, la jeune femme prit une grande bouffée d'air frais avant de fermer les yeux et de se replonger dans son rêve et, plus particulièrement sur la maison de campagne.

Tara se laissa guider et transplana dans un crac sonore. Elle ressentit l'habituelle sensation d'étouffement et d'oppression qui lui coupait la respiration. Quelques secondes plus tard à peine, Tara réapparut dans un nouveau crac sonore. La jeune Jedusor inspecta rapidement les lieux où elle se trouvait avec une certaine difficulté à cause de l'obscurité.

Se munissant de sa baguette magique, Tara s'éclaira et pu constater avec exaltation qu'elle se trouvait au bon endroit. Le cottage se dressait à quelques dizaines de mètres d'elle aussi imposant que dans son rêve. Eclairée de sa baguette magique, la jeune Jedusor emprunta le même chemin que son père une quarantaine d'année auparavant.

Le sentier était, comme à l'époque, bordé d'arbustes, de buissons et de magnifiques fleurs. La jeune femme entra dans la maison d'un coup de baguette magique. Voulant s'assurer que l'endroit était inhabité comme elle le pensait, Tara murmura :

- Hominun revelio

Il n'y eu aucun écho à son sortilège signifiant qu'elle était bel et bien seule. La maison était sans doute restée inhabitée depuis cette fameuse nuit où Jean Scott Dumbledore avait perdu la vie.

La jeune Jedusor se dirigea directement vers le salon à l'entrée duquel se trouvait la majestueuse arcade taillée dans du bois massif. Tara se risqua à faire un peu plus de lumière afin de pouvoir examiner plus attentivement les lieux.

Un magnifique canapé en cuir beige trônait juste en face d'un énorme âtre de cheminée en briques claires. Entre les deux, se trouvait une petite table basse sur laquelle reposaient un vieil exemplaire de la Gazette du Sorcier datant du 15 janvier 1976 ainsi que la photo de la petite famille que Lord Voldemort avait regardée quelques instants.

Tara fit de même avant de la remettre à sa place. Sur la cheminée étaient posées d'autres photos de ses grands-parents et de sa mère, mais aussi de Nathan, Marie, Laina et Lucy Scott. S'arrachant à leur contemplation, la jeune femme reporta son attention sur le reste de la pièce.

Sur l'un des murs, il y avait une immense bibliothèque remplie de livres plus divers les uns que les autres abordant des thèmes variés. Certains volumes étaient des exemplaires très rares. Tara se promis de revivre y jeter un coup d'œil une prochaine fois.

Dans un coin de la pièce, face à l'imposante baie vitrée, se trouvait un secrétaire. Tara s'en approcha et l'ouvrit. Il y avait un nécessaire à écriture, plusieurs parchemins vierges ainsi qu'un carnet à la couverture pourpre dans le même genre que celui qu'elle-même tenait.

La jeune femme l'ouvrit et parcourut quelques passages.

28 mars 1973,

Ce sont mes premières lignes dans ce journal. Tania vient tout juste d'avoir trois semaines et Albus est plus paranoïaque que jamais depuis la naissance de la petite. Il m'a contrainte à m'installer ici avec notre fille par crainte que Lord Voldemort ne découvre notre lien avec Albus et ne charge ses Mangemorts de partir à notre recherche. […]

30 mai 1973,

Les temps sont durs et les gens se sentent de moins en moins en sécurité. Je reçois chaque jour un exemplaire de la Gazette du Sorcier. C'est un petit Elf de maison travaillant dans les cuisines de Poudlard qui me l'apporte. Albus estime que les hiboux ne sont plus sûrs, ni notre entourage d'ailleurs.

Il pense qu'un espion du Seigneur Noir a réussi à intégrer l'Ordre. Difficile de faire confiance à son meilleur ami, à son frère ou à sa femme par ces temps de malheur. Dans quel monde vivons-nous ? […]

3 septembre 1973,

Je vois de moins en moins Albus. Entre la gestion de Poudlard, les réunions de l'Ordre et les attaques de Mangemorts, il n'a plus beaucoup de temps à nous consacrer. Je sais que je ne dois pas lui en vouloir, mais c'est plus fort que moi.

Tania grandi à une vitesse vertigineuse. Elle n'a que six mois, mais j'ai déjà l'impression que sa magie se développe. Albus pense que je me fais des idées car quand il est en présence de notre fille, il ne ressent rien du tout. Je crois tout simplement que Tania ne le reconnaît pas et que, le considérant comme un étranger, elle se protège.

C'est triste qu'une enfant ne reconnaisse pas son propre père…

25 décembre 1973,

Aujourd'hui, c'est le jour de Noël. Albus a passé toutes les vacances avec nous. Il a dit aux membres de l'Ordre qu'il avait énormément de choses à faire et qu'il serait donc indisponible pendant deux semaines.

Je crois que cela faisait longtemps que je n'ai pas été aussi heureuse. Albus a tout fait pour renouer les liens avec Tania. Quel bonheur de l'entendre dire « papa et maman ». Ce sont ses tous premiers mots. En ce moment, mes deux amours dorment encore et…

7 mars 1974,

Tania a un an. Albus n'était pas là pour son anniversaire parce qu'il y a eu une attaque massive de Mangemorts et autres partisans de Voldemort dans l'une des plus importantes banlieues de Londres. Beaucoup de Moldus et de sorciers y ont perdus la vie.

Un vrai massacre. Le Lord Noir a encore frappé un grand coup. La nuit dernière, il a tué de sa main, Bertha, l'un des membres de l'Ordre ainsi que toute sa famille y compris un enfant âgé de seulement quelques mois.

Je pense que le Seigneur des Ténèbres nous cherches, Tania et moi. Il doit avoir appris par son espion qu'Albus change de Gardien du Secret tous les deux jours pour notre sécurité. Bertha l'avait été quatre jours avant sa mort.

Le Seigneur des Ténèbres approche chaque jour un peu plus…

10 mai 1974,

Cette nuit, je me suis réveillé en sursaut. Tania hurlait dans sa chambre. Je m'y suis précipitée et je l'ai trouvée en pleurs et toute transpirante. Elle avait dû faire un horrible cauchemar. Je l'ai bercée quelques instants contre moi et elle a fini par se rendormir.

Je me suis alors rendue dans la cuisine pour y boire un verre de lait quand j'ai eu l'impression d'être observée par la fenêtre. Et j'avais raison car, au milieu du sentier se tenait une grande et mince silhouette encapuchonnée dans une longue cape noire. Malgré la nuit noire, j'ai tout de suite su que c'était lui : Lord Voldemort.

Je savais qu'il ne pouvait pas voir la maison car il n'a toujours pas trouvé le bon Gardien du Secret, mais il connaît l'endroit où la maison se trouve.

Lord Voldemort a senti notre présence et j'ai peur que…

3 août 1974,

J'ai eu la première visite de mon frère et de sa famille depuis que je suis ici. Albus a pris un maximum de précautions pour les faire venir passer une semaine ou deux ici.

Mon frère ne comprends pas pourquoi Albus me « séquestre » dans cette maison à l'écart de tout. Je crois qu'il a compris la nature de ma relation avec Albus, mais que cela doit rester un secret absolu.

Il y a des espions du Lord Noir partout et Nathan sait aussi bien que moi qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour nuire à Albus, son pire ennemi.

10 août 1974,

Cela fait une semaine que mon frère et sa famille sont ici. J'ai réussi à convaincre Albus de les laisser rester deux semaines de plus. Après tout, je suis quand même bien plus en sécurité avec deux Aurors que seule avec la petite.

Laina vient de fêter hier son treizième anniversaire. Depuis la dernière fois que je l'ai vue, elle a bien changé. Elle devient une très belle jeune fille. Entre nous, Laina m'a raconté qu'elle traînait avec une petite bande de garçons de son année : James Potter, Peter Pettigrow, Sirius Black et Remus Lupin.

Elle m'a avoué avoir un petit faible pour le dernier jeune homme alors que son cousin éloigné, Sirius, ne cesse de la harceler pour qu'elle sorte avec lui. Les adolescents, qu'ils sont compliqués ! […]

23 février 1975,

La Gazette du Sorcier devient chaque jour un peu plus épaisse tant il y a de choses horribles qui se passent. Même les Moldus commencent à comprendre que les catastrophes frappant leur monde sont l'œuvre d'une entité qui les dépassent.

Lord Voldemort met tout en œuvre pour que le monde des sorciers soit révélé aux Moldus afin que ceux-ci se soumettent à notre supériorité. Il y a de plus en plus de disparitions inexpliquées et le temps me semble être chaque jour un peu plus à l'orage.

Les rayons du soleil se font rares. Ils se passent des choses dehors. Un orage se prépare. Plusieurs centaines de créatures des ténèbres parcourent en toute liberté le pays. Les Détraqueurs se sont ralliés au Lord, désertant la prison d'Azkaban et permettant aux Mangemorts détenus de rejoindre leur Maître.

Albus, qui est passé hier soir, m'a annoncé que la moitié des élèves n'étaient pas revenus à l'école après les vacances d'hiver. Leurs parents ont trop peur et préfèrent se barricader chez eux. Albus les comprend parfaitement. Lui-même craint une attaque de l'école par le Seigneur des Ténèbres.

La tension est plus palpable que jamais. Le pire pour moi, et pour tous les autres parents sans doute, s'est de ne pas pouvoir protéger mon enfant de toutes ces menaces qui lui pèse sur la tête.

2 octobre 1975,

Ca y est ! Il l'a fait ! Lord Voldemort est passé à l'attaque. Le ministère de la magie est tombé entre ses mains. Les ministres, sorcier et Moldu, ont été assassinés. Le Seigneur des Ténèbres a abattu ses cartes et maintenant, il peut enfin commencer son règne de terreur.

La communauté magique fait l'objet d'un énorme tri. Les Sang-Purs deviennent les maîtres incontestés de toute âme humaine. Les Nés-Moldus et les traites à leur sang sont pourchassés sans relâche, arrêtés et même exécutés sur place. La fin est proche, je le sens. Plus aucun être n'aura de liberté.

Lord Voldemort a le Royaume-Uni a ses pieds et le monde ne tardera pas à lui succomber au vue du nombre incroyable de sorciers et de sorcières qui viennent chaque jour gonfler un peu plus ses rangs. […]

12 décembre 1975,

Albus n'est pas venu aujourd'hui. Cela fait trois mercredis de suite qu'il ne vient pas, qu'il ne tient pas parole. Trois semaines sans le voir et sans aucunes nouvelles. Encore heureux qu'il me reste encore la Gazette du Sorcier pour savoir ce qu'il se passe dehors. Au moins, je sais qu'Albus n'est pas mort.

Voldemort a encore étendu son influence. La Gazette est tombée sous sa coupe et j'ai maintenant l'impression de lire un journal pro Seigneur des Ténèbres ! Mais la Gazette n'est pas la seule chose que le Lord Noir a acquise récemment.

Pré-au-Lard est occupé par les Mangemorts. C'est également le cas du Chemin de Travers et de la banque Gringotts. En bref, il est devenu impossible pour les sorciers et les sorcières de faire un pas sans tomber face à face avec un serviteur du Mage Noir…

8 janvier 1976,

Depuis deux semaines, Albus ne nous quitte plus des yeux Tania et moi pour assurer notre protection. Depuis que Lord Voldemort transplane chaque soir en face de notre maison qu'il ne peut voir, Albus envisage de nous faire déménager discrètement dans une petite semaine.

Il devra s'absenter une petite journée pour tout préparer. Je regarde l'heure : 21h58. Albus est dans la chambre de Tania à la regarder dormir. 21h59.

Dans quelques secondes, je vais lever les yeux vers la fenêtre et il sera là à regarder et à attendre. Je sais que chaque soir, Lord Voldemort sera là pour me rappeler que dans peu de temps nous serons de nouveau face à face pour la dernière fois…

Tara Jedusor referma le journal et le remis à sa place. Il n'y avait plus rien d'écris après le 8 janvier 1976. Jena Scott fut tuée une semaine plus tard de la main de son père. La jeune Jedusor regarda par la baie vitrée.

- Tout est comme dans mon rêve. Rien n'a bougé en quarante ans, murmura-t-elle.

- J'ai fait en sorte que tout reste en place pour que je n'oublie jamais, mentionna une personne dans le dos de la jeune femme.

Celle-ci ne se retourna pas, apercevant la silhouette de son grand-père dans la vitre.

- Comment as-tu su que j'étais ici, lui demanda-t-elle.

- Je t'ai vu transplaner à travers la fenêtre de ma chambre alors que j'observais le clair de lune ne trouvant pas le sommeil. Je me suis rendu dans ta chambre et j'ai trouvé ton carnet ouvert sur le bureau.

Albus Dumbledore alla s'asseoir sur le canapé beige et invita Tara à prendre place à ses côtés, ce qu'elle fit. Le vieil homme semblait perdu dans ses souvenirs. Tara patienta calmement qu'il entame le récit des évènements qui avaient suivis la mort de Jena Catherine Scott.

- Cette maison, commença-t-il, appartenait à Suzanna Elisa O'connor, la seconde épouse de John Thomas Scott, ton arrière-grand-père. Sa première épouse, Eloïse Devis est morte très jeune.

- Comment est-ce arrivé ?

- Par accident. Eloïse travaillait dans la recherche en science des potions. Un jour, en testant sur elle-même l'une de ses créations, Eloïse est tombée gravement malade et rien n'arrivait à la guérir. Elle est morte dans d'atroces souffrances en laissant derrière elle un petit garçon de cinq ans, Nathan.

« Trois ans après la tragédie, John Scott s'est remarié et Jean a vu le jour deux ans plus tard. La petite famille avait l'habitude de venir passer quelques week-end et les vacances dans cette maison. »

- Que sont devenus John et Suzanna Scott ?

- Ils sont morts alors que Jena n'avait que quatorze ans. John, comme tu dois t'en douter, était Auror et traquait d'anciens partisans de Grindelwald pour les enfermer à Azkaban. Un jour, plusieurs d'entre eux ont enlevé Suzana pour tendre un piège à John. La fin fut tragique.

« Jena fut élevée par son frère alors qu'il était le jeune papa d'une petit Laina, âgée de deux ans à cette époque. »

- Je connais la suite, souffla Tara. Ce que je ne comprends pas s'est comment Voldemort a appris la relation entre Jena, maman et toi alors que vous aviez toujours gardé le secret !

- Lord Voldemort avait soumis au sortilège de l'Imperium une jeune mère de famille qui venait de rejoindre l'Ordre du Phœnix. Et je ne me suis douté de rien, soupira le Mage.

- Tu n'as pas à te sentir responsable, murmura la jeune femme en posant la main sur celle de son grand-père. Il est presque impossible de déceler l'Imperium.

- Tu as raison, mais tous ces détails ont conduits à la mort de Jena. Quelques jours après la naissance de Tania, j'ai pris la décision de les mettre à l'abri dans cette maison à laquelle j'avais appliqué une multitude de sorts pour la rendre indécelable, même par Lord Voldemort lui-même.

- Et tu as eu l'idée de demander à des gens de confiance de devenir chacun à leur tour Gardien du Secret, compléta Tara.

- Oui, en effet, concéda le vieil homme. A chaque fois que l'identité du Gardien changeait, le précédant détenteur du secret oubliant absolument tout ce qui concernait Jena et l'endroit où elle se trouvait. Bien entendu, la jeune femme possédée par Voldemort lui a mentionné que j'avais mis Jena Scott et sa fille de quelques jours en sécurité.

- Papa a compris que vous vous aimiez et que Tania était votre fille. Logique puisqu'il a dû se demander pourquoi c'était cette jeune femme que tu mettais en sécurité alors qu'il y en avait tant d'autres à sauver, comprit la jeune Jedusor. Du coup, le Seigneur Noir s'est mis en tête de trouver le Gardien du Secret, mais il n'est jamais tombé sur la bonne personne et ce, pendant plus de deux ans.

- En effet, reprit Albus. Et pendant ces deux longues années, je me suis tenu à distance de Jena et de Tania, ne voulant pas attirer l'attention sur elles. Ce fut ma seconde erreur. Quand Voldemort a commencé à transplaner chaque soir à 22h00 précises devant la maison, j'ai voulu les faire déménager.

- Et tu ne les as plus quitté des yeux sauf un jour pendant lequel tu t'es absenté pour préparer leur passage d'un endroit à l'autre. Seulement, Voldemort avait trouvé le bon Gardien du Secret au bon moment et a tué grand-mère alors qu'elle protégeait maman.

Tara lui raconta alors le contenu exact de la conversation qu'avait eue son père et Jean Scott. Au fil de son récit, la jeune Jedusor senti la main de son grand-père serrer un peu plus la sienne. Une larme coula le long de sa joue alors qu'elle se tut.

- Grand-mère a protégé maman parce qu'elle savait qu'un jour elle serait la clé pour que la guerre entre le bien et le mal se termine, murmura Tara. Tu ne dois rien te reprocher. Tu n'as fait qu'essayer de les protéger.

- Peut-être, mais quand Jena est morte, j'ai préféré abandonner Tania à une famille de Moldus plutôt que de l'élever moi-même. Jamais ma fille ne me pardonnera cette absence.

- Grand-père, ne comprends-tu pas que c'était l'œuvre du destin ! s'écria Tara. Si tu n'avais pas confié maman aux Jones, jamais elle se serait devenue la femme dont Lord Voldemort est tombé amoureux et ni lui ni Harry Potter ne seraient sains et saufs aujourd'hui.

La jeune femme sentit tout de suite que même ses belles et sincères paroles ne parviendraient pas à enlever toute la culpabilité qui pesait sur le vieux sorcier. Mais comment lui en vouloir de se croire responsable des crimes de Lord Voldemort ?

Après tout, n'était-ce pas Albus Dumbledore en personne qui alla chercher Tom Jedusor dans son sinistre orphelinat ? Alors, comment ne pas se sentir coupable le jour où ce jeune et talentueux garçon devenu un très grand sorcier à cause de vous tue l'amour de votre vie ?

Elle-même éprouverait une lourde culpabilité s'il venait à arriver malheur à un membre de sa famille ou à James par sa faute.

- Il y a un endroit que j'aimerais te montrer, dit subitement Albus.

Le Mage se leva, imité par Tara qui lui demanda :

- Où allons-nous ?

- Pose ta main sur mon bras et tu verras, répondit-il comme à son habitude, par énigmes.

- Très bien !

La jeune Jedusor posa la main sur le bras tendu de son grand-père et, moins d'une seconde après, elle ressentit l'habituelle impression d'être compressée de part en part. en un éclair, Tara retrouva la sécurité du sol sous ses pieds. Ne distinguant pas grand-chose malgré les rayons de la lune, la jeune femme se munis de sa baguette et murmura :

- Lumos Maxima !

Dès que l'endroit fut éclairé, Tara eut un petit sursaut de surprise. Albus Dumbledore venait de l'emmener devant un église entourée d'un cimetière.

- C'est ici que tous les Scott ont leur dernière demeure, murmura le sorcier. Au loin, derrière l'église, on peut apercevoir la demeure des Scott, la plus haute maison de ce petit village si particulier où sorciers et Moldus se côtoient en toute simplicité.

Le Mage attrapa Tara par la main et l'entraîna à travers les nombreuses allées du cimetière. Ils arrivèrent devant plusieurs stèles de marbre. Les plus imposantes de l'endroit.

- Ici, sont enterrés John, Eloïse et Suzana Scott comme tu peux le constater, lui souffla-t-il. Et juste à leur gauche, il y a Nathan, son épouse Marie et leur fille Lucy. Et à leur droite, …

- Jena Catherine Scott, termina Tara en s'agenouillant devant la tombe.

- Quand j'ai découvert son corps, tout mon univers s'est écroulé tel un château de cartes. Je l'ai serrée contre moi jusqu'à en perdre toutes mes forces. Et puis, j'ai pensé à Tania qui pleurait dans un coin de la pièce.

« Je me suis approchée d'elle et quel choc se fut pour moi de ne pas trouver une enfant blonde comme les blés et à la peau de porcelaine, mais une petite fille aux longs cheveux noirs ondulés, à la peau halée. Même les traits de son visage étaient différents. Seuls ses yeux avaient gardé ce bleu si pur et si pétillant.

J'ai tout de suite compris que Tom avait utilisé sur elle de l'ancienne magie. Il m'avait non seulement enlevé Jena à tout jamais, mais en plus il me prenait aussi ma fille en lui donnant une part de lui-même. »

- Et du coup, tu l'as abandonnée, remarqua sa petite-fille la voix acide.

- Oui, je l'ai déposée chez ses Moldus avant de me rendre chez les Scott pour constater le massacre que Voldemort avait fait cette nuit-là, par ma faute. Laina, comme ta mère, m'en a longtemps voulu pour cette tragédie qui la touchait.

Tara ne répondit rien, se contentant de fleurir la tombe de sa grand-mère d'une couronne de fleurs d'un coup de baguette magique. Effleurant du bout des doigts la tombe, elle souffla :

- Merci pour ton sacrifice grand-mère. Sans toi, jamais Tessa, mes frères et moi nous n'aurions vu le jour. Sans toi, jamais Lord Voldemort n'aurait été capable d'amour.

La jeune femme se leva, serra un instant son grand-père contre elle avant de quitter le cimetière pour transplaner.

Une semaine plus tard, hall du ministère de la magie

La jeune Tara Jedusor tentait, d'une démarche rapide, de sa frayer un passage dans la foule compacte en ce début de matinée. Elle avait rendez-vous à sept heures précises avec son instructeur au Quartier Général des Aurors pour entamer sa formation du Gardien de la Paix.

La jeune femme se trouva un ascenseur vide dans lequel elle s'engouffra avec une dizaine d'autres personnes. Elle descendit au second étage, parcourut le long couloir au bout duquel se trouvait une double porte de bois brut donnant sur une immense salle divisée en un nombre incalculable de petits bureaux.

Tara se dirigea vers un petit comptoir en bois clair où se trouvait une jeune femme à peine plus âgée qu'elle. La réceptionniste, sûrement.

- Bonjour, puis-je vous aider ? lui demanda-t-elle avec un sourire chaleureux.

- Bonjour. J'ai rendez-vous à sept heures avec Harry Potter pour commencer ma formation d'Auror.

- Puis-je avoir votre nom ? dit-elle en faisant apparaître un carnet de rendez-vous.

- Jedusor. Tara Jedusor.

La jeune réceptionniste perdit directement son sourire et releva la tête vers Tara, le regard rempli d'effroi.

- Jedusor, répéta-t-elle dans un souffle.

- Mon nom vous pauserait-il un problème ? cracha la jeune femme tel du venin.

- Non, je…je suis…bafouilla-t-elle confuse et même apeurée.

- Des gens comme vous, j'en rencontre tous les jours, reprit Tara d'une voix glaciale s'attirant des regards intrigués. Vous me jugez rien qu'en connaissant mon nom, mais si je m'étais appelée Jones comme ma mère, vous n'auriez même pas sourcillez, pas vrai ?

- Désolée, je…

- Pas vrai ? répéta Tara plus fortement.

- Oui, concéda la jeune femme. Veuillez m'excuser pour mon comportement injustifié et déplacé. Si vous voulez bien me suivre Miss Jedusor, Monsieur Potter vous attend dans son bureau.

Elle l'emmena à travers les bureaux derrière lesquels se trouvaient un ou plusieurs Aurors s'activant devant des piles de documents, de dossiers, de plans et de cartes. Les deux jeunes femmes étaient suivies du regard par tous ceux devant qui elles passaient.

Apparemment, la venue de la fille aînée du Lord Noir était connue par tous. Elles arrivèrent au fond de la salle et montèrent quelques marches en chêne donnant sur un petit couloir où se trouvaient quatre portes, chacune avec un petit écriteau sur lequel était écrit un nom.

Les deux premières portes abritaient les bureaux de Ronald Weasley et d'un certain Alec Jane. Les deux secondes, ceux de Siri Lupin et d'Harry Potter. Elles s'arrêtèrent devant la porte du bureau de ce dernier. La jeune réceptionniste frappa deux petits coups sec.

- Oui, entrez ! lança la voix d'Harry Potter.

La jeune femme ouvrit la porte. Le Survivant se trouvait derrière un imposant bureau en chêne massif sur lequel plusieurs piles de dossiers reposaient dans un équilibre assez précaire. Deux des quatre murs étaient encombrés par de grandes étagères comblent de dossiers.

Alors que la réceptionniste refermait la porte derrière elle après avoir annoncé Tara, Harry releva la tête de sa paperasse et lui sourit.

- Je t'en prie, installe-toi, lui dit-il en indiquant l'un des deux fauteuils en face de lui.

- Merci, répondit la jeune femme en s'asseyant.

- Comment vas-tu ?

- Très bien ! Quand commençons-nous ?

Harry Potter sourit devant tant d'impatience avant d'écrire quelques mots sur un morceau de parchemin vierge qui, une fois plié, s'envola et quitta la pièce par le petit trou prévu à cet effet, à côté de la porte.

- Une note de service, commenta le Survivant. Avant de commencer l'aspect pratique de ta formation d'Auror, tu dois signer une sorte de contrat qui te lie magiquement au ministère pour trois ans, durée de la formation.

- Et que se passe-t-il dans le cas où le ministère ou moi-même veut rompre ce contrat ? questionna la jeune femme.

- Et bien, dans les deux cas, tu devras subir un sortilège d'oublis concernant la période pendant laquelle tu étais apprenti. Cela étant fait dans le but que tu n'ailles pas divulguer à qui voudra bien l'entendre, des informations pouvant compromettrent le ministère et les Aurors.

- Je vois ! s'exclama Tara. Dans ce cas, comment se fait-il que le ministère ait accepté ma candidature après que j'ai réussi les examens de sélection. Après tout, je suis la fille de Lord Voldemort, je pourrais très bien être ici pour obtenir des informations pour mon propre intérêt ou ceux de ma famille.

- Eh bien, s'amusa Harry, le fait est que la règle d'or chez les Aurors est de ne jamais refuser personne une fois les examens de sélection réussis dans les conditions requises. Tout le monde, à nos yeux, mérite une seconde chance, si je puis dire.

- Donc, même mon père pourrait être candidat, rigola Tara.

- Je sais, c'est affligeant, soupira le sorcier, mais c'est comme ça. Et estime-toi heureuse que ce système soit toujours en vigueur parce que, sans vouloir t'offenser, bon nombre de personnes, politiciens et Aurors, ne voulaient pas de toi ici.

- Cela ne m'étonne pas le moins du monde, mais je vais leur prouver qu'ils ont eu tort de me mépriser, clama la jeune femme au moment où l'on frappait deux petits coups à la porte du bureau.

- Oui, entrez ! intima Harry.

La porte s'ouvrit sur un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, de grande taille, mince, mais sportif, les cheveux coupés courts blonds cendrés et les yeux verts. Il était incontestablement très beau, habillé d'un simple jeans et d'une chemise bleue aux longues manches, les bras chargés de livres et de paperasses.

- Ah Alec ! s'exclama Harry. Entre, je t'en prie !

La pile que tenait le jeune homme vacilla et Tara se précipita pour la retenir.

- Laissez-moi vous aider, dit-elle en prenant quelques livres qu'elle posa sur le bureau d'Harry.

- Merci, sourit-il, c'est très aimable à vous ! ajouta-t-il en posant également sa charge.

- Tara, reprit le Survivant, je te présente Alec Jane, il sera ton instructeur théorique.

- Enchanté, sourit la jeune femme en serrant la main qu'il lui tendait.

- Moi de même. Vous devez être Miss Tara Jedusor, si je ne me trompe pas.

- C'est bien cela en effet ! s'étonna-t-elle en voyant que, contrairement à la plupart des gens, il ne semblait pas répugné à son contact.

- J'ai amené tous les manuels comme tu me l'as demandé, dit-il à l'adresse d'Harry, ainsi que le contrat.

- Parfait, s'exclama Potter alors qu'une note de service entrait et se déposait sur son bureau.

Harry la lut rapidement et se leva.

- Je vous laisse quelques instants, une petite chose à éclaircir. Alec, je te laisse tout expliquer à Tara en ce qui concerne ta partie du boulot ! Je reviens vite, souffla-t-il en refermant la porte derrière lui.

- Harry vous a-t-il déjà parler du contrat magique ? lui demanda Alec en s'installant à ses côtés.

- Oui ! s'impatienta Tara. Je sais déjà tout ce qu'il faut savoir à ce sujet. En revanche, j'aimerais en apprendre plus sur ma formation. Vous êtes donc mon instructeur théorique.

- Exacte ! sourit le jeune homme.

- Pardonnez-moi, mais vous n'êtes pas un peu jeune pour être prof ? ricana la jeune Jedusor.

- J'ai passé ma vie ici, répondit Alec en désignant le Quartier Général dans son ensemble. Mes parents étaient Aurors ainsi que mes deux oncles et mes trois frères aînés.

« Depuis tout petit, je connais l'univers des Aurors. A dix-sept ans, tout comme vous, j'ai commencé ma formation et Harry a vu en moi un excellent instructeur. »

- Vous êtes Irlandais, je me trompe, demanda subitement Tara.

- C'est exacte, en effet, répondit-il prudemment les sourcils froncer, comment le savez-vous ?

- Je ne connais qu'une seule famille de Jane qui compte un nombre incalculable d'Auror depuis des décennies. Et ce sont des Irlandais de pure souche si je puis me permettre.

- Je vous en prie !

- En Angleterre, il fut un temps où les sorciers cultivaient la noblesse du sang et les Sang-Purs ne se mariaient qu'entre eux. En Irlande, c'est la noblesse de l'origine. Les sorciers Irlandais n'épousent que des Irlandaises, n'est-ce pas ?

- En effet, rigola Alec. Vous semblez savoir beaucoup de choses !

- J'aime me plonger des heures durant dans de vieux livres poussiéreux dénichés dans des bibliothèques encore plus poussiéreuses, informa Tara son regard se posant sur les nombreux dossiers accrochés aux murs de la pièce.

- Alors vous aimerez vous plonger dans ceux-ci, rigola le jeune homme en poussant vers elle une pile d'une vingtaine de manuels. Voici tout ce qu'un futur Auror doit savoir, expliqua-t-il. Tout au long de ses trois années de formation, si vous en venez à bout, je vous interrogerai sur les différents thèmes abordés par ces manuels.

« Cela va de l'histoire de notre communauté, à l'art des duels et des potions, en passant par la manipulation des runes, l'utilisation des sortilèges informulés et de la magie sans baguette, et j'en passe. J'ai déjà établi un programme que vous devrez suivre à la lettre.

A n'importe quel moment, je me réserve le droit de vous interroger sur ses matières. Au moindre raté, votre formation s'arrête là. Il va sans dire que cet apprentissage théorique est d'une extrême importance pour votre formation pratique avec Harry. Est-ce assez clair ? »

- Limpide, répondit Tara avec fermeté, le visage n'exprimant aucune émotion.

- Parfait Miss Jedusor, sourit son instructeur alors qu'Harry faisait sa réapparition. Je vous vois cet après-midi. A quatorze heures précises dans mon bureau. Nous commencerons par une matière qui, j'en suis sûr, vous passionnera grandement. Ne soyez pas en retard.

Sur ce, Alec Jane sorti, sans un regard de plus, du bureau. Tara se retourna vers Harry, perplexe.

- Y a pas à dire, c'est un drôle de type ! grimaça-t-elle.

- Mais c'est le meilleur des profs, tu verras, rigola le Survivant. Bon, lis le contrat, signes-le pour donner ton accord et commençons sans plus tarder.

Une fois tout cela fait, Harry entraîna Tara en dehors du Quartier Général des Aurors. Ils prirent un ascenseur pour terminer par prendre une cheminée qui les emmena en plein cœur de Londres.

- Où allons-nous ? lui demanda la jeune Jedusor alors qu'ils sillonnaient les rues sans but apparent.

- Nous cherchons un endroit tranquille où transplaner. Je t'emmène dans un endroit que tu vas adorer, lui apprit Harry alors qu'ils tournaient au coin d'une sombre ruelle. Attrape mon bras, lui intima-t-il.

La jeune Jedusor obéit et ressentit immédiatement la sensation d'étouffement du transplanage. Moins d'une seconde après, ils retrouvèrent le sol sous leurs pieds. Tara constata vite qu'ils se trouvaient loin de la ville, sur une sorte de terrain vague complètement désert.

Décidant de ne pas poser de question qui, elle en était sûre, serait complètement stupide, Tara se contenta d'hausser un sourcil interrogateur à son instructeur.

- Nous sommes en Ecosse, lui apprit-il. Le ministère a trouvé judicieux d'utiliser ses énormes espaces inhabités pour en faire des terrains d'entraînement pour ses Aurors.

- Et comme je ne vois rien, je suppose que ces fameux terrains sont protégés par une multitude de sortilèges qui empêche quiconque, sorciers ou Moldus, de les pénétrer.

- Exactement, Tara ! s'exclama Harry, joyeux. Et ta première tâche consiste à en trouver l'accès.

Tara fit un sourire typiquement Jedusorien au Survivant avant de fermer les yeux et d'entrer dans une profonde concentration. Elle se coupa de l'environnement qui l'entourait pour ne se focaliser que sur les ondes de magie qu'émet chaque sorcier.

Très vite, elle ressentit la présence d'Harry quelques mètres derrière elle. Le Survivant décrivait une sorte de cercle autour d'elle. Tara pouvait sentir son impatience, mais aussi son exaltation. Un peu plus loin, à une vingtaine de mètres de là, la jeune femme ressentit plusieurs présences derrière un énorme rideau de magie.

Rouvrant les yeux, Tara s'avait de quel côté aller. Sans jeter un œil à Harry, elle fit volteface et marcha rapidement vers la source d'énergie qu'elle venait de sentir. Tout aussi subitement, elle s'arrêta.

Levant une main, la jeune femme entra en contact avec une matière invisible qui fit s'onduler le paysage tel un caillou que l'on viendrait de jeter dans un lac calme et paisible. Les boucliers cachant et interdisant l'accès aux terrains d'entraînements des Aurors du ministère se trouvaient juste devant elle, invisible.

Tara leva alors les deux mains et les posa tout contre les boucliers. Sous le regard intrigué d'Harry Potter, elle commença à murmurer un flux continu de paroles dans une vieille langue qu'utilisait les Mages d'autrefois : le latin.

Au bout de quelques minutes, les boucliers commencèrent à s'ouvrir au niveau des mains de Tara, disparaissant telle un parchemin brûlant par le feu. L'ouverture s'élargit de plus en plus à mesure que le flux des paroles en latin de la jeune Jedusor s'accélérait.

Très vite, il y eut un trou de la taille d'un demi-géant au milieu des boucliers. De l'autre côté, on pouvait maintenant apercevoir plusieurs groupes de personnes – des Aurors et leurs apprentis, sans doute – qui faisait des allées et venues entre différent bâtiments.

Une fois qu'elle fut sûre de la stabilité de l'ouverture, Tara se retourna avec un petit sourire en coin à la façon de son père vers Harry. Celui-ci la regardait d'un air septique.

- C'est très subtile de ta part d'avoir utilisé la vieille magie pour créer une entrée, concéda-t-il. De la part d'une Jedusor, je m'étais attendu à plus de – comment dire – à plus de rentre-dedans. Mais c'est du très bon boulot, ajouta-t-il alors qu'ils passaient par l'ouverture.

- Ce n'est pas parce que je suis une Jedusor qu'il faut automatiquement s'attendre à une démonstration de puissance et de force. La patience et la subtilité, on ne connaît pas ça chez les Potter, répliqua-t-elle narquoisement.

- Touché fillette, rigola Harry alors que le passage se refermait derrière eux. Alors qu'en penses-tu ? lui demanda-t-il en montrant de la main l'endroit.

La jeune Jedusor inspecta les lieux de son regard noir. De ce qu'elle put voir – l'endroit était immense – il y avait une dizaine de bâtiments de toutes tailles qui semblaient quelques peu vétuste, plusieurs parcours d'obstacles, un immense labyrinthe sûrement rempli de pièges et de créatures malveillantes ainsi qu'une dizaine de terrains pour les duels en plein sur terre et en plein ciel.

Et encore tant d'autres choses que Tara ne put distinguer, loin à l'horizon.

- Et bien, murmura-t-elle, je trouve ça immense. Je sens que ça va me plaire tout ça !

- J'en suis ravi, s'enthousiasma le Survivant parce que tu vas passer beaucoup de temps ici, crois-moi !

Alors qu'Harry lui expliquait l'utilisation des différents bâtiments, trois personnes virent à leur rencontre.

- Tient Harry !

- Salut Ron, sourit le Survivant en embrassant sa femme qui l'accompagnait.

- Tara, ravis de te revoir ! s'exclama Teddy en lui faisant l'accolade.

- Moi aussi, contente de te revoir ! sourit la jeune femme. Le voyage de noces s'est bien passé ? Comment va ta femme ? se moqua-t-elle gentiment.

- Victoire va très bien ! La Grèce lui a beaucoup plus, mais nous étions contents de rentrer pour pouvoir nous installé dans notre maison. Il faudra que tu viennes nous voir avec James quand tu auras un moment.

- Tu es au courant ? s'étonna Tara quand il mentionna le jeune fils Potter.

- Oui, James n'a pas pu tenir sa langue et il s'est empressé de leur dire dès leur retour de voyage, rigola Siri. Il ne faut pas lui en vouloir !

- C'est pas grave, concéda Tara d'un vague geste de la main.

- Alors ça y est, tu commences ta formation d'Auror, intervint Ronald qui la regardait sans la voir.

- Oui, aujourd'hui même ! s'exclama-t-elle. D'ailleurs, à ce propos, j'ai vu qu'il y avait des terrains pour les duels aériens. Pour cela, il me faut un balai, mais je n'en ai pas.

Alors, je me demandais si vous pouviez me conseiller, ajouta-t-elle en le prenant par le bras pour faire quelques pas, vous qui êtes réputé pour être un expert en la matière.

- Vraiment ! s'étonna-t-il. Heu, je veux dire, oui, bien sûr ! Alors, pour commencer il faut que tu…

Ronald et Tara s'éloignèrent quelque peu apparemment plongé dans une discussion animée.

- Et bien, elle sait s'y faire pour séduire les personnes qui ne l'apprécient pas forcément, remarqua Teddy.

- C'est une Jedusor, mentionna inutilement Harry. Ils tiennent ça de leur père.

- Bon, Teddy, s'exclama Siri. Il faut que l'on reprenne. La pause est finie. A ce soir chéri, ajouta-t-elle à l'adresse de son mari.

Siri et son frère s'éloignèrent. Ronald les rejoignit rapidement alors que Tara revenait auprès de son instructeur.

- Ronald t'a-t-il été de bon conseil ? lui demanda-t-il, moqueur.

- Il a été de très bon conseil. Je sais maintenant tout sur les balais ! James sera sidéré ! rigola la jeune femme.

- Tu es très maligne, un peu trop peut-être, marmonna Harry. Bon, passons à l'étape suivante. Voici le bâtiment numéro 1, annonça-t-il alors qu'ils se tenaient devant ce qui semblait être une vieille demeure familiale.

- Très bien, et ensuite, demanda la jeune femme.

- A cet endroit, il y a au total dix bâtiments qui servent de lieux d'entraînement. A chaque fois que ton niveau s'élèvera, tu passeras du bâtiment 1 au numéro 2 et ainsi de suite jusqu'à atteindre le bâtiment numéro 10.

- Et que ce passe-t-il une fois arrivé au dernier ?

- Et bien, ce jour-là, si tu réussi l'épreuve du bâtiment 10, il te restera l'examen final à passer pour devenir officiellement un Auror.

- Parfait, acquiesça Tara. Que dois-je faire ?

- En fait, chaque bâtiment nous sert de mise en situation. Tu entres et, à l'intérieur, il y a un groupe de sorciers et de sorcières appelé les Abatteurs qui se répartissent les rôles entre bons et méchants pour faire simple. A toi de te tirer de là sans faire de mal aux innocents.

- Cela paraît simple !

- Parait, répéta le Survivant. C'est exactement ça. Cela parait simple, mais crois-moi, bon nombre d'apprentis se sont cassés les dents dans le bâtiment 1. Beaucoup abandonnent déjà ici.

- Ce ne sera pas mon cas, répliqua Tara un éclat écarlate lui traversant le regard. Qu'ai-je le droit de faire à l'intérieur ?

- Tu peux utiliser tous les sortilèges d'attaque et de défense que tu connais et que tu maîtrises. Tara, j'insiste bien là-dessus ! Il est inutile de vous mettre, les Abatteurs et toi, en situation de danger en utilisant un sort dont tu ne maîtrises pas la portée, suis-je clair ?

- Très clair, Monsieur !

- Bien. Evidemment, les sortilèges impardonnables sont strictement interdits et tu ne peux rien faire qui risquerait de blesser ou de tuer quelqu'un de quelques autres manières que ce soit. Sinon, tu as cartes blanches.

- Et les Abatteurs ?

- Ils sont soumis aux mêmes règles que toi ! Mais, je te préviens, ce sont des sorciers entraînés rien que pour te tester. Ils ne te feront aucuns cadeaux.

- Parfait. Je peux y aller ?

- Je t'en prie. On se retrouve de l'autre côté.

Tara acquiesça d'un simple signe de la tête avant de se saisir de sa baguette magique et de déverrouiller la porte d'entrée de la bâtisse. Une fois à l'intérieur, la porte se claqua derrière elle dans un bruit sourd et se verrouilla à nouveau. Il lui était maintenant impossible de faire marche arrière.

L'endroit était extrêmement sombre, chaque fenêtre étant barricadée par de grosses planches en bois. Il y régnait une odeur de moisi et d'humidité désagréable. S'éclairant de sa baguette magique, la jeune femme constata qu'il y avait un désordre indescriptible dans ce qui devait autrefois ressembler à un salon.

Avant de faire un pas de plus, Tara murmura en pointant sa baguette devant elle :

- Hominun revelio

Sa baguette magique s'illumina d'une lumière rouge à dix reprises. Il y avait donc dix Abatteurs dans la demeure, certains lui voulant du mal, d'autres non. Prenant une profonde respiration, la jeune Jedusor fit un premier pas prudent, puis un second. Voyant qu'il ne se passait rien, elle s'avança d'une démarche plus assurée, mais toujours sur ses gardes.

S'éclairant toujours de sa baguette, Tara vit au milieu de la pièce un objet briller. S'approchant prudemment, la jeune femme s'abaissa pour s'en saisir. Il s'agissait d'une longue chaîne en or au bout de laquelle pendait un serpent.

- Que fait ce collier ici, murmura-t-elle.

Alors qu'elle effectuait un geste pour se relever, il y eut un crac assourdissant au-dessus de sa tête. Tara eut tout juste de temps de sauter sur le côté avant que l'immense lustre pendu au-dessus d'elle ne l'écrase. Profitant de cet incident, un homme et une femme surgirent d'une autre pièce et lui lancèrent simultanément un sort.

- Protego ! s'écria la jeune femme avant de stupéfixier la femme Abatteur.

Cachée derrière un énorme canapé, Tara se risqua à jeter un coup d'œil pour connaître l'endroit exacte où se trouvait le second Abatteur. De suite, un sort lui effleura la joue coupant au passage l'une de ses mèches de cheveux.

Folle de rage qu'il ait osé l'attaquer de la sorte, Tara, d'un coup de baguette magique, fit s'élever la canapé et le projeta contre son ennemi qui, sous le choc, fut assommé.

La jeune Jedusor alla s'assurer que ses deux adversaires allaient bien avant de quitter la pièce par l'unique porte possible. Encore une fois, celle-ci se referma derrière elle. Tara s'obligea donc à arpenter le long couloir devant elle. A la fin de celui-ci, une nouvelle porte et un grand escalier en chêne.

Optant tout d'abord pour la porte, Tara l'ouvrit d'un coup de baguette magique. La jeune femme eut à peine le temps de remarquer qu'il s'agissait d'une cuisine lorsqu'une vingtaine de couteaux de cuisine fonçait vers elle. Par reflex, Tara utilisa la porte – qu'elle n'avait pas encore refermée – comme d'un bouclier.

Les couteaux allèrent s'enfoncer dans le bois, le bout de leur lame le transperçant.

- Il me semblait qu'il était interdit de mettre la vie des gens en danger, murmura-t-elle en maudissant Harry Potter et ses règles stupides.

La jeune femme s'élança dans la pièce, lançant un premier sortilège que son agresseur para avant de contre-attaquer. Les deux sorciers exécutèrent sorts après sorts aucun des deux ne parvenant à prendre le pas sur l'autre, Tara n'osant pas utiliser le quart de ses capacités magiques de peur de commettre un faux pas.

La sorcière marcha sur un objet qui craqua sous son pied, la déconcentrant assez pour qu'un sortilège vienne la toucher à l'épaule lui faisant lâcher sa baguette sous l'effet de la douleur. Désarmée, elle vit le sorcier disparaître pour, moins d'une seconde après, surgir dans son dos et lui glisser sa baguette sous la gorge.

- Tu es désarmée et à ma merci. Tu as perdu, lui souffla-t-il.

- Ca c'est ce que tu crois, clama Tara en lui donnant un coup de coude dans l'estomac avant de l'assommer d'un coup de poing en levant son bras. Il ne faut jamais sous-estimer un Jedusor, dit-elle en récupérant sa baguette sur le sol.

Tara quitta la pièce qui déboucha sur une grande salle à manger. A l'intérieur, une femme était ligotée et ballonnée sur l'une des chaises. Prudemment, la sorcière s'avança baguette levée. A moins d'un mètre de la femme, elle lui ôta son ballon et lui demanda, du sarcasme dans la voix :

- Alors vous, vous êtes quoi ? Une méchante ou une gentille ?

- Si je suis attachée, je crois que la réponse est claire, répondit-elle avec hargne.

- Pas pour moi, cracha Tara. Dans la cuisine, un de tes petits copains m'a bien attaqué avec des couteaux de cuisine. Il ne me semble pas que cela soit permis.

- Et alors ? Que comptez-vous faire ? Me détacher oui ou non ? s'écria la femme.

- Je crois que je préfère te laisser là, ricana la jeune Jedusor. Au moins, je suis sûre que tu ne tenteras rien si tu n'es pas une gentille et que tu seras en sécurité si tu l'es.

La jeune femme la laissa là et lui tourna le dos pour se diriger vers la porte suivante. Au moment où elle allait se saisir de la poignée de la porte, un sort vint ricocher sur celle-ci. Tara se retourna rapidement en s'écriant :

- Impedimenta !

La femme, qui au préalable semblait attachée, voltigea dans les airs avant de rencontrer brutalement le sol.

Tara se précipita sur elle avant qu'elle n'essaye de récupérer sa baguette magique. Lui mettant sa botte sur la poitrine pour l'empêcher de se relever, la jeune Jedusor lui dit :

- Il me semblait que tu étais attachée, toi !

- Il ne faut pas toujours se fier aux apparences, lui répondit l'Abatteur.

- En effet ! concéda Tara en la ligotant avec des liens magiques. Inutile d'essayer de t'en défaire ou de te débattre, plus tu le fera et plus ils resserreront leur prise autour de ton corps. Tu ne voudrais quand même pas mourir étouffée par vrai ?

- C'est interdit de mettre la vie des autres en danger, lui rappela la femme.

- Oh mais, je ne la met pas en danger. C'est toi-même qui risque de te tuer si tu n'écoutes pas ma mise en garde, s'exclama Tara en ramassant la baguette de l'Abatteur et de la mettre dans sa poche. Et de quatre, sourit-elle en quittant la pièce.

Tara fut contrainte de monter les marches d'un grand escalier. A son détour, elle fut surprise par un nouveau sort, mais se débarrassa rapidement de cet autre Abatteur. Il n'en restait plus que cinq si elle les considérait tous comme des « méchants ».

Elle arriva face à une porte entrouverte. Jetant un rapide coup d'œil, Tara constata qu'il y avait deux hommes menaçant de leur baquette magique une jeune femme et deux enfants qui semblaient apeurés.

- Bons comédiens, sourit la jeune femme en réfléchissant à toute vitesse au meilleur moyen de mettre hors d'état de nuire les deux abrutis avant qu'ils ne blessent les trois otages.

Se décidant finalement, la jeune femme sorti de sa poche une petite bourse qui contenait de la poudre instantanée du Chili, un truc tout droit sorti de la boutique de farces et attrape des jumeaux Weasley que son jumeau lui avait un jour offert.

- Pour une fois que Théo m'offre quelque chose d'utile, souffla-t-elle en lançant une grosse poignée de poudre par la porte entrouverte après avoir repéré la position exacte des Abatteurs.

Alors que tout le monde était dans la pénombre la plus totale, Tara s'engouffra dans la pièce. Il y eu de nombreuses détonations, quelques cris et un hurlement avant que la poudre ne disparaisse.

Tara se retrouvait allongée dos au sol, l'un des Abatteurs inconscient sur elle. L'autre gisait quelques mètres plus loin, encastré dans une étagère, les jambes d'un côté et la tête de l'autre faisant corps avec le meuble.

- Sortez-moi de là, paniqua-t-il.

- Tes copains Abatteurs se feront un plaisir de te sortir de là plus tard, souffla Tara en posant l'homme inconscient allongé sur elle.

La jeune Jedusor se releva, aidée par la femme qui était menacée cinq minutes auparavant.

- Vous, vous êtes une gentille, ça c'est sûr, rigola Tara en attrapant l'un des gosses alors que la femme faisait de même avec l'autre. Sortons de cette baraque !

- Mais, et les autres qui sont encore dans la maison ? s'alarma la femme.

- Tous hors d'état de nuire, s'amusa Tara.

Elles dévalèrent d'autres escaliers et ouvrit la seule porte possible qui menait enfin à l'extérieur. Dehors, l'attendait un Harry Potter tout souriant.

- Félicitation Tara, lui dit-il alors qu'elle posait l'un des enfants sur le sol.

- Merci !

Les Abatteurs sortirent également de la maison avec quelques égratignures par-ci par-là. Les deux enfants changèrent subitement d'apparences pour devenir deux adultes.

- Alors, vous aussi vous étiez des Abatteurs, s'étonna Tara.

- Et oui, bravo en tout cas ! Surtout pour le coup de l'armoire ! Pas mal du tout ! mentionna l'un d'eux.

- Moi je voulais te remercier de m'avoir assommé à la manière Moldu, dit un autre en s'approchant, je dois avouer que j'ai jamais vu un apprenti faire ça en vingt ans de carrière.

- De rien, je peux recommencer si tu veux, rigola Tara.

- Aller viens, lui dit Harry. Tu as besoin d'une bouche douche et de manger quelque chose. Tu es restée plus de trois heures là-dedans !

- Trois heures ! s'écria Tara. Impossible !

- Et si, sourit le Survivant. Seulement, pour toi, le temps a paru beaucoup plus court parce que l'on applique à certain bâtiment un sortilège accélérateur de temps.

- Le monde des Aurors est encore bien plus fascinant que je ne le croyais, murmura Tara Jedusor, une lueur pourpre au fond des yeux.

- Et encorne, tu n'as rien vu, lui répondit Harry d'un air énigmatique.

La jeune Jedusor eut une heure pour aller prendre une douche et pour manger un morceau à Londres en compagnie d'Harry. Tout en mordant à pleines dents, dans son sandwich, Tara demanda :

- Quel est la suite du programme ?

- En ce qui me concerne, j'en ai fini avec toi pour aujourd'hui, répondit Harry en buvant un gorgée de café. Alec doit t'apprendre certaines choses cette après-midi dont j'ai besoin pour commencer ton entraînement de demain.

- Et que ferons-nous ?

- Nous commencerons l'art subtil des duels à un contre un puisque tu as réussi à passer la première épreuve dans le bâtiment numéro 1.

- Cela me semble assez intéressant, mentionna Tara.

- La formation d'Auror est pleine de surprises et cela m'a permis de devenir un excellent sorcier, peut-être même, sans vouloir me vanter, l'un des meilleurs de ma génération. Mais, j'ai aujourd'hui en face de moi une jeune personne qui, j'en suis sûr, à un potentiel magique dont les limites me sont totalement inconnues et qui dépassent de très loin les miennes.

- On dirait mon père quand tu parles ainsi, s'indigna la jeune femme en se levant. Bon ce n'est pas tout ça, mais il faut que j'y aille. Je ne veux pas être en retard pour mon premier cours avec Alec.

- Oui, tu ferais mieux d'y aller. Moi aussi d'ailleurs, j'ai un rendez-vous avec le ministre.

- Quelle chance, dit Tara avec sarcasmes. Si j'avais un rendez-vous avec lui, je crois que je lui ferais passer un mauvais quart d'heure. Aller, a demain.

Sans un mot de plus, la jeune Jedusor s'éloigna et alla dans une petite ruelle pour transplaner tranquillement. Dix minutes plus tard, elle frappait à la porte du bureau d'Alec Jane avec trois minutes d'avance.

- Oui, entrez ! Ah, Miss Jedusor, dit-il en l'apercevant. Asseyez-vous, je vous en prie.

- Merci, fit-elle en déposant son manuel sur le bureau.

- Comment c'est passé votre matinée avec Harry ? s'enquit-il poliment.

- Très bien pour un premier jour, je crois !

- Et même plus que très bien, ajouta-t-il en se levant. J'ai eu vent de votre technique de défense à la Moldu.

- Cela a dû faire le tour de la planète on dirait, remarqua-t-elle narquoisement.

- C'est juste que ce soit assez étonnant de voir cela chez un sorcier, mais encore plus chez vous, j'imagine. Bref ! J'ai inscrit sur ce tableau les vingt sortilèges d'auto défense les plus utilisés par les Aurors.

« Comme vous l'avez sûrement compris, je vais vous expliquer la nature de chacun d'entre eux et vous apprendre, théoriquement bien sûr, à les utiliser. Nous ferons évidement quelques essais, Vous êtes prête ? »

- Oui, je suis prête, sourit Tara, un parchemin vierge à la main et son manuel ouvert à la bonne page.

- Parfait ! Commençons par le sortilège de protection que vous connaissez sous la formule « Protego ». Il s'agit du sortilège de défense de base qui…

Deux heures plus tard, Manoir Jones…

Tania, assise dans le grand salon, entendit un crac sonore, signe qu'une personne venait de transplaner.

- Maman ! Papa ! Je suis rentrée ! s'écria une voix dans le hall.

- Je suis ici Tara ! lui répondit sa mère.

La jeune femme la rejoignit rapidement, l'embrassa et s'installant à ses côtés, lui demanda :

- Où sont-ils tous ?

- Tom et Albus sont partis pour Poudlard voir Severus. Ils devaient discuter d'une chose importante, mais ne m'en demande pas plus parce que je ne suis au courant de rien.

« Théo révise pour son examen d'entrée à l'Académie de maîtrise des potions. Thomas est parti chez un de ses amis Moldu du village. Et enfin, Tessa fait une petite sieste. Elle a été infernale aujourd'hui.

- Magnifique, s'enthousiasma la jeune femme. Nous sommes donc seules, justement je voulais te demander si tu pouvais me prêter ta robe en velours vert avec les paillettes d'argent.

- Oh heu, oui bien sûr, répondit sa mère, mais tu ne m'avais pas dit que tu sortais avec James ce soir !

- On ne sort pas ! Je l'ai invité à un tête à tête au kiosque. Il faut que je lui dise dans quoi il s'engage en étant en couple avec moi !

- Tu es sûre de vouloir tout lui dire ? lui demanda Tania, septique.

- Je veux qu'il sache ! Je vais me changer !

- Tu ne m'as pas raconté ta journée, s'écria Tania dans le vide car sa fille avait déjà quitté la pièce.

Une demi-heure plus tard, Tara était installée sur l'un des bancs blanc du kiosque. Une petite table, deux chaises et tout ce qu'il fallait pour se restaurer trônait au milieu de l'endroit. La jeune femme remis l'une de ses mèches derrière son oreille quand un crac sonore retentit laissant apparaître James.

- Tara, soupira-t-il en accourant vers elle pour la prendre dans ses bras. Tu m'as tant manqué !

- Toi aussi James, sourit-elle en l'embrassant furtivement.

- Tu es magnifique, lui dit-il en l'embrassant une nouvelle fois.

- Viens, lui dit-elle en le faisant s'asseoir sur l'un des bancs.

- Qu'y a-t-il Tara ? demanda-t-il sentant qu'elle était un peu tendue.

- Il faut que je te parle James ! Rien de grave, je te rassure, ajouta Tara précipitamment alors qu'il ouvrait la bouche pour parler. Je veux juste que tu saches dans quoi tu t'embarques en voulant t'engager avec moi.

- Je ne te suis pas, Tara !

- James, il y a des choses dont tu n'as pas idée et dont il faut que je te parle absolument. Des choses dont je ne suis pas très fière.

Et voilà ! C'est fini pour ce dimanche !

J'espère que cela vous a plût !

Et n'oubliez pas de mettre des reviews…

A dimanche prochain !

Bises…

Diabo.