Chapitre 18 : Tête à tête, voyage au cœur des souvenirs et renouveau
James Potter garda le silence pendant un long moment. Il ne savait pas s'il avait très envie d'entendre ce qu'elle devait à tout prix lui révéler. Encore des secrets, encore des choses à cacher ! N'y avait-il que ça au sein de la famille Jedusor ? Et puis, toutes ces choses qu'il ignorait seraient-elles si grave pour que Tara juge important de les lui avouer avant qu'ils ne s'engagent plus avant l'un envers l'autre ?
Serait-il possible que ces révélations le fassent changer d'avis ? Qu'il décide de ne plus être avec elle, de la haïr, peut-être ? James releva les yeux vers son jeune amour. Tara jouait nerveusement avec les ourlets de sa petite robe. Elle semblait craindre son silence plus que tout autre chose. Ne sachant que lui dire, James répéta :
- Des choses dont tu n'es pas très fière ! C'est-à-dire ? demanda-t-il, perdu.
- Je ne sais par où commencer, soupira la jeune femme en se levant et en commençant à faire les cents pas.
- Par où commencer, répéta le jeune homme. Il y a tellement de choses que ça, s'écria-t-il.
- Tu ne peux même pas imaginer le quart de ce que j'ai fait, lui assura Tara en le regardant droit dans les yeux.
- Et bien, explique-moi tout dans ce cas, clama James. Que je sache enfin qui tu es !
- Très bien ! répondit-elle avec une détermination dans le regard qu'il ne lui avait jamais vu.
La jeune femme s'approcha de l'un des bancs, se saisit de son petit sac en forme de bourse, avant d'y plonger le bras pour en sortir un petit carnet à la couverture verte émeraude que James reconnut très bien : c'était lui qui le lui en avait fait cadeau lors de leur cinquième année à Noël.
James se souvenait même lui avoir écrit qu'il était sûr qu'elle en ferait bon usage. Tara ouvrit le carnet à la première page, mais le jeune homme constata qu'il n'y avait rien d'écrit. La jeune Jedusor murmura une phrase en latin dont James ne perçu que quelques mots.
Lentement, apparurent des mots, puis des phrases en encre noire sur les pages du petit journal.
- Dans ce carnet, reprit Tara, j'ai écrit des choses que seules quelques personnes de confiance et moi-même sont au courant. Et encore, je suis la seule à en connaître toute l'étendue.
- Je ne te suis pas, murmura James, les sourcils froncés.
- Tu vas comprendre, lui promis Tara. Laisse-moi juste te montrer quelque chose.
La jeune Jedusor vint s'asseoir à ses côtés en lui tournant délibérément le dos, écartant ses cheveux pour lui montrer sa nuque. Ne comprenant toujours pas, James la regarda se toucher la peau derrière son oreille droite. Ne voyant rien de spécial, le jeune homme était plus perplexe que jamais.
Alors qu'il allait lui demander à quoi elle jouait, il vit apparaît progressivement une sorte de tatouage. James se pencha et écarta l'une des mèches de Tara. A y regarder d'un peu plus près, il constata que le tatouage était en fait un « J » écrit à l'encre noire entouré d'un cobra royal aux écailles vert émeraude, la gueule grande ouverte, un regard brûlant aux yeux rubis.
- Qu'est-ce que c'est, lui demanda-t-il en passant un doigt sur l'espèce de tatouage.
- Une Marque, lui répondit Tara en lui faisant à nouveau face.
- Qui te l'a appliquée ? Ne me dis pas que c'est ton père, s'écria James.
- Non, ce n'est pas lui ! Père n'est même pas au courant de l'existence de cette Marque, le calma-t-elle. C'est moi qui me la suis faite, James.
- Mais, pourquoi ? s'exclama-t-il marchant dans un brouillard épais où il n'y régnait que l'incompréhension.
- Parce que cette Marque me permet de faire appel à certains sorciers quand j'en ai besoin. Il me suffit de la toucher en son centre pour qu'ils sachent que j'ai besoin d'eux.
- Qui « ils » ? questionna le jeune Potter dans un souffle.
- Avant de répondre à cette question, il faut que je remonte à mon arrivée à Poudlard pour que tu comprennes dans qu'elle situation je suis actuellement, pour que tu comprennes ce qui se cache derrière cette Tara Jedusor que tu aimes tant.
Sans lui laisser le temps de répondre, Tara posa brusquement une main sur le front de James qui, en moins d'une seconde, se senti étrangement nauséeux. Le jeune Potter eut une désagréable impression de vertiges avant que la main fraîche de Tara sur son front ne disparaisse.
- James, l'entendit-il faiblement murmurer. James, ouvre les yeux ! Aller ! intima-t-elle avec plus d'intensité.
Le jeune homme se força à ouvrir les yeux, mais les referma aussitôt, aveuglé par la lumière intense du soleil. Se protégeant la vue de sa main mise en visière, James constata qu'ils se trouvaient assis sur l'un des bancs de la Grande Cour extérieure de Poudlard, l'école de sorcellerie.
- Comment, souffla-t-il.
Il remarqua alors que tout était étrangement gris, comme s'il se trouvait dans un rêve ou dans un souvenir. Il sentit Tara lui poser la main sur la joue et lui demander s'il allait bien.
- J'irais mieux quand les vertiges seront passés, répondit-il en refermant les yeux.
- Désolée, je sais que ça a été un peu brutal, mais ce n'est pas plus désagréable qu'un premier transplanage. Respire un grand coup et ça va passer, lui intima-t-elle d'une voix qui ne laissait aucune possibilité à la contradiction.
- Comment avons-nous atterri là ? demanda-t-il en se sentant beaucoup mieux.
- C'est moi qui nous ai fait venir ici, informa-t-elle. Il y a des choses que je dois absolument te montrer pour que tu comprennes toute mon histoire.
- Si je comprends bien, s'exclama James, nous sommes dans tes souvenirs.
- Exacte ! fit Tara enchantée apparemment. J'ai utilisé la magie blanche pour que nous puissions entrer dans ma mémoire en tant que spectateurs.
- Et quel jour sommes-nous exactement ? questionna le jeune Potter d'une voix colérique.
- Viens suis-moi ! ordonna Tara en se levant et en se mettant à courir.
James la suivit bon gré mal gré. D'un côté, le jeune homme avait peur de découvrir tant de choses de la vie de Tara Erika Jedusor mais, d'un autre côté, la curiosité lui tiraillait le ventre. Une fois qu'il saurait tout, personne ne la connaîtrait mieux que lui, personne. Et cette idée plaisait beaucoup à James.
Courant après elle, le jeune Potter la rattrapa aisément. Il comprit immédiatement qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle. Les couloirs du château étaient déserts de tout élève. Arrivés devant les doubles portent, Tara le fit s'arrêté.
- Je crois que tu as deviné que nous sommes le 1er septembre 2010, sourit-elle.
- Oui, c'était notre premier jour à Poudlard, renchérit James.
- En effet, et ma répartition vient juste de se terminer. Viens ! lui dit-elle.
Les deux jeunes gens s'approchèrent de la table des Serpentards au moment même où une Tara de onze ans se faisait congratuler par ses nouveaux camarades et serrait quelques mains.
- Bienvenu chez les Serpentards, Tara Jedusor, lança le Préfet-en-Chef en lui serrant la main.
- Qui est-ce, lui demanda James en voyant un grand jeune homme l'inviter à s'installer à ses côtés.
- Il se nomme Anthony Wilkinson, lui indiqua Tara. C'était le Préfet-en-Chef de Serpentard. C'est justement pour lui que nous sommes là. Viens !
Ils sortirent de la Grande Salle au moment même où Théo se faisait répartir. James se retourna et pu s'apercevoir l'espace d'un instant. Courant à la suite de Tara, il lui demanda :
- Où va-t-on ?
- Dans les cachots ! s'enthousiasma-t-elle les yeux brillant d'une lueur écarlate.
La jeune femme l'emmena dans un dédale de couloirs, James se demandant si elle savait où elle allait. Lui-même n'était que rarement venu de son plein gré dans les cachots, trouvant que c'était un vrai labyrinthe. Tara passa par une petite ouverture que le jeune Potter n'aurait même pas remarqué.
Ils descendirent quelques marches et arrivèrent dans un autre couloir mal éclairé. La jeune Jedusor s'arrêta et, se tournant vers lui, dit :
- Il va falloir attendre quelques instants. Pour le moment, nous devons en être au dessert. Ensuite, les Préfets nous conduirons dans nos salles communes respectives. Celle de la main Serpentard se trouve derrière ce mur de pierre.
- Sans blague ! s'étonna James.
- Je t'assure que je ne plaisante pas ! s'indigna Tara. Contrairement aux autres fondateurs, Salazar Serpentard était un homme de secrets et il aime que personne ne les découvre. Notre salle commune en est un exemple parfait puisque seuls ceux qui y sont déjà allés peuvent en retrouver le chemin.
- Quel intérêt de faire se perdre les élèves dans un tel labyrinthe, se moqua James.
- Un Serpentard ne s'y perd pas ! clama Tara. En revanche, les autres élèves, oui ! C'est parfois utile quand on veut donner une bonne leçon à un fouineur. Il suffit de l'attirer dans les cachots et de le laisser se perdre. Ensuite, qui sait ce qu'il peut lui arriver !
- C'est cruel ! s'écria James, indigné.
- Peut-être, concéda la jeune Jedusor avec un haussement d'épaules l'air totalement indifférent. Personnellement, j'ai toujours trouvé ça très amusant !
- Parce que toi aussi tu faisais ce genre de choses, s'étrangla le jeune Potter. Non, attends, ne répondre pas ! Je ne veux rien savoir, rajouta-t-il précipitamment au sourire entendu que lui lança Tara.
- Je crois que les premières années arrivent, sourit-elle alors que du bruit se faisait entendre dans un autre couloir, un peu plus haut que celui où ils se trouvaient.
Bientôt, Anthony Wilkinson surgit par les mêmes escaliers que ceux où James avait suivis Tara. Derrière le Préfet-en-Chef de Serpentard, il y avait une vingtaine d'élèves qui marchaient au pas.
- Bien, dit Wilkinson en les faisant s'arrêter. Nous sommes devant l'entrée de la salle commune des Serpentards. Celle-ci se trouve derrière ce mur de pierre. Pour entrer, il vous faut simplement dire le mot de passe. Celui-ci change toutes les deux semaines. Sang-Purs, clama-t-il le mur disparaissant par magie.
Les élèves entrèrent à sa suite et, après quelques petites explications supplémentaires, ils se dirigèrent vers leur dortoir. Seule Tara Jedusor traîna encore quelques instants à explorer la salle.
- Encore là, Jedusor, s'étonna le Préfet-en-Chef qui ne l'avait pas aperçue.
- Oui, en fait, j'aurais aimé te parler seule à seul si tu le permets bien sûr, lui dit-elle avec un sourire charmeur.
- Oui, bien sûr, que puis-je faire pour toi ? dit-il, le ravissement d'être l'objet de l'attention de Tara se peignant sur son visage.
- En fait, en tant que Préfet-en-Chef, tu dois tout savoir sur les élèves et pas que ceux de Serpentard, j'imagine, le flatta-t-elle une nouvelle fois.
- Tu as raison, je sais tout ce qu'i savoir sur chaque élève de cette école, dit-il en s'installant nonchalamment dans l'un des canapés de cuir noir. Qu'attends-tu de moi exactement, Tara Jedusor.
La jeune Tara eut un petit sourire en coin. Elle avait senti l'adoration qu'il avait pour elle rien qu'en l'entendant prononcer son nom. Le rejoignant sur le canapé, elle continua son petit jeu de séduction.
- Pour être tout à fait franche avec toi, commença-t-elle, tu me sembles être quelqu'un de confiance, n'est-ce pas ? Le genre de personne à qui l'on peut demander un service en étant sûr de sa discrétion la plus totale.
- En effet, c'est tout à fait moi, se vanta-t-il en haussant légèrement les épaules.
- J'en étais sûre, s'exclama la jeune Jedusor joyeusement. Alors voilà, j'aurais besoin que tu me fasses une liste complète avec le nom des élèves en qui je peux mettre toute ma confiance. Des élèves à ton image, toi en tête de liste bien sûr.
- Je peux te la faire tout de suite, clama-t-il en faisant apparaître un parchemin vierge ainsi qu'une plume d'un coup de baguette magique.
Il commença ensuite à dicter toute une série de noms. D'abord chez les Serpentards. James reconnut notamment Alexander, Crystal et Leïa Rockwood, Félicité Et Sylvianna Macnair, Marcus Rosier, Orion et Seth Avery ainsi qu'Alison et Marek Dolohov.
D'autres noms de Serpentard lui emblait familier, mais le jeune Potter n'arrivait plus à mettre un visage sur leur nom. Ensuite, le Préfet-en-Chef cita le nom de quelques élèves de Poufsouffle et de Serdaigle.
- Il y a Christine O'connor, Katie et Alec Bradford, Jonathan et Eric Galway ainsi que Maria et Carlisle Waterford, récita-t-il alors que la plume écrivait à toute vitesse d'une belle calligraphie.
- Et a Gryffondor ? questionna Tara Jedusor.
- Oh, je ne suis pas sûr que tu trouves ton bonheur chez les lions, cracha le jeune homme. Ce ne sont pas des gens très respectable : des Nés-Moldus, des traîtres à leur sang et autres Sang-Mêlé. Non, sur cette liste, il n'y a que des Sang-Purs, évidemment.
- Evidemment, répéta la jeune fille, mais je suis sûr qu'il y en a bien un ou deux qui en valent la peine, non ?
- Oh, si tu insistes, il serait sûrement intéressant que tu ais Teddy Lupin, Victoire Weasley et bien entendu…
- James Potter, termina Tara dans un souffle.
Le parchemin se roula sur lui-même et Wilkinson s'en saisi avant de se tourner vers Tara et de lui murmurer :
- Je ne sais pas ce que tu complotes, mais une chose est sûre : tu n'es pas une élève comme les autres. Je pense qu'il vaut mieux être avec que contre toi.
- Tu fais preuve d'intelligence, Anthony, remarqua-t-elle les yeux brûlant d'un éclat féroce.
- Si tu arrives à les mettre dans ta poche, reprit le jeune homme en lui donnant le parchemin, ils te seront à toi corps et âme et là…
- J'aurais les moyens de venger mon père, compléta la jeune Jedusor d'une voix à glacer les os.
Les deux jeunes gens disparurent et James Potter se retrouva emporté de souvenirs en souvenirs, la voix de Tara lui chuchotant à l'oreille :
- Je n'avais pas beaucoup de temps devant moi car certains élèves figurant sur la liste étaient déjà en sixième ou en dernière année. J'ai dû faire tomber leurs barrières les unes après les autres pour les assouvir.
Le jeune Potter vit à plusieurs reprises, la jeune Tara apposer sa Marque à plusieurs groupes d'élèves, souvent plus âgés qu'elle, et pas qu'appartenant à la maison de Serpentard. D'un coup, les deux jeunes gens se retrouvèrent une nouvelle fois assis sur l'un des bancs de la Grand Cour extérieure de Poudlard.
Le jeune Potter reprit ses esprits et se tourna vers Tara, un masque d'effarement sur le visage.
- Parmi cette longue liste d'élèves, murmura-t-il, combien d'entre eux as-tu réussi à asservir ?
- Oh, tu sais, dit-elle avec un sourire typiquement Jedusorien, la liste s'est allongée au fil des années.
- Combien Tara, explosa le jeune Potter.
La jeune femme eut une expression indéchiffrable sur le visage. C'était un mélange de surprise et de joie, mais aussi d'avidité et de cruauté qui, si James n'était pas tombé amoureux d'elle, l'aurait fait reculer.
- Tous James, répondit-elle d'une voix à peine plus haute qu'un murmure. Je les ai tous eu sauf un : toi !
Dans le présent, Grande Cour extérieure de Poudlard…
Deux cracs sonores se firent entendre et résonnèrent en écho face à la quiétude des lieux. Albus Dumbledore, ne voulant pas perdre un temps qui lui était plus que précieux, se mit de suite en route laissant derrière lui, un Tom Jedusor médusé.
- Attendez ! clama-t-il en suivant son beau-père par de grandes enjambées. Je vous signale que vous ne m'avez toujours pas dit pourquoi nous devions impérativement venir ici, aujourd'hui !
- C'est vrai, en effet, en convint le vieux Mage. Je te promets que tu seras tout dans un très court instant. Et maintenant, si tu veux bien avoir l'obligeance d'arrêter de poser des questions et de me suivre, nous irions bien plus vite.
Le Lord allait répliquer, mais le vieux sorcier lui lança un regard qui coupa court à toutes discussions. Le maudissant dans toutes les langues qu'il pratiquait, Tom suivit docilement son cher beau-père à travers le dédale de couloir qu'était Poudlard, l'école de sorcellerie.
L'ancien Mage Noir profita de l'occasion pour retrouver avec plaisir ce lieu qui lui était particulièrement cher à ses yeux. Il avait eu l'occasion d'y revenir lors de la remise des diplômes des jumeaux, mais n'avait pas eu l'opportunité d'en explorer une nouvelle fois encore chaque recoin.
Tom fut interrompu dans le court de ses pensées lorsqu'il remarqua qu'Albus Dumbledore l'emmenait vers le couloir où se trouvait l'entrée du bureau du directeur de l'établissement. Arrivés devant la gargouille en question, le Lord grogna à l'intention du vieil homme :
- Si vous m'avez fait venir ici pour rendre visite à Severus, je m'en serais bien passé ! Le voir chez moi me suffit !
- Oh, je sais très bien que tu es en mésentente avec Severus depuis les révélations de Tara concernant une prétendue liaison que ma fille et lui auraient entretenue, répondit calmement Albus.
- Une prétendue liaison, répéta Tom, furieux. Si ma femme n'avait pas eu de liaison avec Severus dans un passé qui n'est plus alors les jumeaux et James Potter n'auraient pas modifiés les événements. Et une chose est sûre, vous ne seriez pas là à m'embêter depuis deux ans !
- Certes, certes, concéda la vieux Mage, mais les choses étant ce qu'elles sont, je crains que nous ne devions encore nous fréquenter pendant encore quelques années.
- Pour mon plus grand déplaisir, je puis vous l'assurer, clama Tom.
- Si tu le veux bien, mon vieil ami, reprit Albus Dumbledore, nous rediscuterons de tout cela plus tard ! Pour l'instant : Sectusempra !
L'imposante gargouille de pierre s'anima et se décala sur le côté pour laisser passer les deux visiteurs. Ceux-ci montèrent prestement les escaliers de marbre avant de se retrouver devant la lourde porte en bois brut. Celle-ci s'ouvrit sans que les sorciers ne durent faire quoique se fut.
Tom entra à la suite d'Albus Dumbledore. Il constata que le bureau avait bien changé depuis la fois où il était venu rendre une petite visite infructueuse à l'ancestral directeur près de cinquante ans plus tôt. Ce jour-là, il avait mis à profit l'occasion de se retrouver dans le château pour y cacher l'un de ses Horcruxes.
Tout comme Tom, Albus Dumbledore inspecta discrètement les lieux de son regard bleu pétillant. Tous les vieux bibelots et autres objets de son invention avaient laissé place à une décoration sobre à l'image de l'actuel occupant des lieux : Severus Rogue.
En effet, Minerva McGonagall avait décidé de prendre sa retraite peu après la remise des diplômes voulant profiter de toute la vitalité qui lui restait pour accomplir certains rêves de jeunesse. Severus Rogue, directeur adjoint, avait donc été promu par le Conseil de l'école.
Justement, celui-ci se trouvait derrière l'imposant bureau, occupé par une pile de paperasse qui ne devait pas attendre, la rentrée scolaire approchant à grands pas. Albus Dumbledore se racla poliment la gorge pour attirer l'attention du nouveau directeur.
Celui-ci releva prestement la tête et afficha un air étonné sur son visage à la peau d'un blanc presque maladif.
- Albus ! Tom ! s'exclama-t-il en se levant.
- Bonjour Severus, sourit le vieil homme.
- Je ne m'attendais pas à votre visite, s'exclama le directeur, mais installez-vous donc, je vous en prie.
Les deux sorciers s'assirent donc en face de Severus qui se réinstalla prudemment dans son grand fauteuil, le regard inquisiteur.
- Puis-je vous offrir un rafraîchissement ? proposa-t-il poliment, mais toujours sur ses gardes.
- Volontiers Severus. Du thé sera parfait !
L'ancien Maître des potions servit donc trois tasses de thé brûlant. Sans mots dire, Tom en but une gorgée, les yeux rivés sur son ancien partisan. Celui-ci, quelque peu mal à l'aise par le regard pénétrant du Lord, se détourna de lui afin de demander à Albus Dumbledore :
- Pourriez-vous me donner les raisons de votre…visite ?
- Certes, oui ! s'exclama Albus en déposant sa tasse sur un coin du grand bureau. Je sais de sources sûres Severus que vous êtes en manque d'effectif depuis les départs de Minerva et de Bellatrix Lestrange.
- C'est exact ! approuva le directeur se sentant toujours observé par Tom.
Celui-ci ne put s'empêcher de sourire à l'évocation de Bellatrix. Celle-ci avait fait vivre un enfer à Severus à partir du jour où elle a appris comme eux tous, qu'il l'avait trompée avec Tania dans un passé révolu.
Peu avant la remise des diplômes des jumeaux, Bellatrix avait décidé de quitter Severus ainsi que son poste à Poudlard pour partir quelques temps Merlin savait où. Tania avait beau eu fait de supplier sa meilleure amie de rester, celle-ci s'en été tout de même allée.
- Mais je ne vois toujours pas le lien avec votre venue, Dumbledore, mentionna Severus.
- En fait, je viens pour remédier à votre problème mon cher Severus, s'enthousiasma le vieux sorcier s'attirant sur lui les regards intrigués du directeur et du Lord.
- Remédier à mon problème, répéta le premier, son regard se posant sur Tom pour la première fois. Vous venez proposer votre candidature, Albus, ajouta-t-il avec un sarcasme non dissimulé.
- Pas exactement, non ! Je viens proposer celle de Tom au poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, révéla-t-il satisfait de son petit effet de surprise à la vue des visages stupéfaits des deux hommes.
- Vous plaisantez ! s'indignèrent-ils d'une seule et même voix.
- Il n'est pas question que j'enseigne, rajouta le Seigneur Noir.
- De toute façon, ce n'est pas comme si je comptais t'engager, railla Severus.
- Tom ! Severus ! Allons, allons ! Un peu de calme, voyons, demanda Albus. Serait-il possible d'avoir une conversation entre hommes responsables ?
Voyant que ni l'un ni l'autre ne protestait, le vieux sorcier reprit :
- Je pense sincèrement que Tom ferait un excellent professeur. Il a l'expérience et toutes les qualités requises pour faire bénéficier à nos jeunes élèves un enseignement plus qu'enrichissant.
- Seriez-vous sourd, s'exclama Tom. Je ne veux pas enseigner !
- N'est-ce pourtant pas ce que tu souhaitais plus que tout au monde il y a de cela un grand nombre d'années pour être venu le demander à deux reprises ? s'étonna Dumbledore en le couvant de son regard pénétrant à travers ses lunettes en forme de demi-lunes.
- Vous savez tout comme moi que mon but n'était pas d'enseigner, mais de pouvoir résider au château, clama le Lord.
- Je le sais, oui, mais je pense malgré tout que tu trouvais ta place ici. Après tout, qui mieux que toi pourrait apprendre aux sorciers de demain à se préserver du mal.
- Inutile de retourner mes armes contre moi Dumbledore, s'indigna Tom. Vous perdez votre temps si vous croyez pouvoir me ranger à vos idées saugrenues en me flattant.
- Dommage, soupira le Mage, au moins j'aurais essayé !
- Je pense qu'Albus a raison, s'exclama soudainement Severus. Tu ferais un enseignant de qualité Tom, avec un peu de pratique. Et puis, cela te permettrait d'occuper tes journées à quelque chose d'intéressant et d'utile. Tu ne trouves pas ?
- Je suis sûr que Tania et tes enfants seraient ravis d'apprendre que tu as décidé de reprendre ta vie en mains, renchérit Albus.
Le Mage Noir les regarda successivement en se demandant sûrement lequel des deux sorciers était le plus fou. Comment pouvaient-il imaginer un seul instant que lui, Lord Voldemort, voudrait d'un poste d'enseignant ? L'idée en elle-même était absurde !
Tout d'abord, le ministre n'approuverait sûrement pas qu'il soit en contact direct avec la future génération de sorciers. Il clamerait sans doute haut et fort à qui voudra bien l'entendre qu'il s'agit « d'une conspiration contre la communauté magique avait pour seul et unique but de recruter les membres d'une nouvelle armée noire ». Oui, Tom voyait d'ici le tableau.
Ensuite, tous les parents sains d'esprit retireraient leur précieuse progéniture de l'école jusqu'à ce que la direction soit bien obligée de le renvoyer pour éviter une fermeture de l'établissement. Oui, Tom voyait même très bien le tableau !
Mais d'un autre côté, se sera là l'ultime occasion pour le Mage de pouvoir à nouveau circuler dans les couloirs de l'école et retrouver des endroits qu'il avait tant chéris par le passé. Poudlard ayant été le premier endroit où il s'était senti chez lui, où il avait été heureux.
- Vous rendez-vous compte que vous allez l'un comme l'autre au-delà de nombreux problèmes si jamais je venais à accepter cette…offre, murmura-t-il d'une voix posée et très calme.
- Je ne pense pas non, répondit Albus avec une infaillible certitude.
- Et puis-je savoir ce qui vous fait dire ça ? s'interrogea Tom.
- Et bien, parce que j'ai en ma possession une lettre écrite de la main du ministre de la magie en personne donnant l'autorisation au directeur de Poudlard de recruter Tom Jedusor sans aucune condition, annonça-t-il en sortant d'une poche intérieure de sa robe de sorcier ladite lettre dont Severus se saisit avec empressement.
Sous les yeux ébahis de Tom, il parcourut rapidement la lettre avant de poser sur Dumbledore un regard impénétrable.
- Vous aviez tout préparé depuis le début, souffla-t-il stupéfait.
- Je dois reconnaître que cette idée me trottait dans la tête depuis quelques temps, s'amusa Dumbledore. Alors, Tom, acceptes-tu ce poste de professeur ?
- Vous savez très bien que je ne peux refuser, grogna le Mage Noir. Vous êtes allé trouver le ministre en personne ! Alors oui, j'accepte le poste !
- J'en suis ravi, s'enthousiasma le vieil homme en terminant son thé avant de se lever.
- Je l'espère bien, cracha Tom, puisque vous me forcez la main !
- Oh, allons ! Cessez d'en faire tout un mélodrame ! Severus, ajouta-t-il à l'intention du directeur coupant ainsi court à toutes tentatives de réponses du Lord, peut-être serait-il opportun de montrer à Tom son futur bureau et sa future salle de cours.
- Oh heu, oui, en effet ! concéda le sorcier pas encore remis de la nouvelle. Nous allons y aller de ce pas !
- Je vous attends dehors, clama Tom en sortant d'un pas furieux de la pièce.
Une fois la porte refermée derrière lui, Severus contourna son bureau et se posta face à Albus Dumbledore qui souriant étrangement, un air calculateur sur le visage.
- Que manigancez-vous encore ? soupira le directeur de lassitude.
- Oh rien qui ne vous concerne mon ami. Je dois m'en aller, j'ai une autre personne à voir. Bonne chance avec Tom et surtout, surveillez-le bien !
Et c'est sans un mot de plus qu'Albus Dumbledore disparut dans un torrent de flammes bleues laissant derrière lui un Severus Rogue complètement désabusé.
Dans le passé, Grande Cour de Poudlard…
James Potter regardait Tara Jedusor avec une fureur à peine voilée. Alors ainsi, il n'avait été qu'un foutu nom dans une stupide liste d'élèves dont Tara voulait faire ses…ses quoi d'ailleurs ? Ses serviteurs ?
La jeune femme se sourcilla même pas au regard de pur dégoût qu'il lui lança. Après tout, dès le moment où elle l'avait entraîné dans ses souvenirs, elle avait su qu'il ne voudrait plus d'elle. Mais Tara se devait de continuer, afin qu'il comprenne.
- Alors, tu ne m'as jamais aimé, constata-t-il, son cœur se brisant en morceaux.
- Je ne pense pas que ce soit le moment d'abordé ce sujet, clama Tara en se levant. J'ai encore des choses à te montrer. Viens, lui dit-elle en lui tendant une main qu'il accepta malgré tout.
Cette fois-ci, la jeune Jedusor ne l'emmena pas vers le château, mais vers le parc. James pu constater qu'en effet celui-ci était envahi d'élèves dormant contre un arbre, se baignant dans le lac ou encore bavardant tout simplement allongé dans l'herbe.
Le jeune Potter ne se rappelait pas particulièrement de cette journée jusqu'à ce qu'il voit au loin, à l'abri de tout regard, Tara, entourée de quatre garçons de cinquième année. Comme si elle avait deviné ses pensées, la Tara adulte se tourna vers lui :
- Tu te souviens de cette journée ? C'était en plein mois de juin, pendant notre deuxième année. Nous venions de terminer tous nos examens et la majorité des élèves avait décidé de passer la journée au bord du lac, l'été approchant.
- Oui, je me souviens, souffla James.
Mais Tara ne l'entendit pas et continua :
- Ce jour-là, je venais de quitter mes camarades afin d'aller porter mes livres et mon sac dans ma salle commune quand ces quatre imbéciles me sont tombés dessus.
La jeune femme s'approcha quand l'un des quatre garçons venait de prendre son sac à la petite Tara avant de le jeter au loin.
- Alors Jedusor, cracha l'un d'eux, tu croyais vraiment que tu pourrais venir à Poudlard et te mêler aux autres élèves !
- Fichez moi la paix, souffla Tara, la colère et la peur faisant légèrement trembler sa voix.
- Oh, mais c'est qu'elle mord en plus, se moqua un autre en lui arrachant ses livres des mains. J'aime ça ! rajouta-t-il en lui touchant les cheveux.
- Tu sais, souffla un troisième à son oreille. On ne veut pas de gens comme toi ici ! Les personnes normales ne devraient pas avoir à fréquenter la fille d'un bâtard.
- Mon père n'est pas un bâtard ! cracha Tara bouillonnant de rage.
- Bien sûr que si, et toi, tu es un monstre !
- Hey, je peux savoir ce que vous faites ! cria un jeune garçon en s'approchant du groupe.
- Une mise au point, répliqua l'un des cinquièmes années.
- Une mise au point, répéta le jeune garçon. Allez faire votre mise au point ailleurs avant que je n'appelle un professeur.
Les quatre garçons ne demandant pas à s'attirer des ennuis, déguerpir. Le jeune garçon s'approcha de Tara qui, accroupie au sol, ramassant ses affaires éparpillées.
- Ca va aller, lui demanda-t-il en lui tendant l'un de ses livres.
- Je n'ai pas besoin de ta pitié, Potter, cracha la jeune Tara en lui arrachant le livre des mains avant de s'éloigner pour aller reprendre son sac.
- Hey, cria James en la suivant, qui t'a dit que j'avais pitié de toi !
- Fiche-moi la paix ! s'écria la jeune Jedusor. Tu ne crois pas que j'ai déjà assez de problèmes comme ça pour que tu viennes mettre ton grain de sel !
- Je voulais juste t'aider ! plaida le jeune Potter.
- Et bien, sache que je n'ai pas besoin que l'on m'aide, ni toi ni personne d'autre. Tu ferais mieux de rester loin du monstre, clama Tara une larme coulant sur sa loue qu'elle essuya dans un geste rageur.
James, dans un élan de gentillesse, la prit dans ses bras et commença à lui frotter le dos alors que Tara pleurait au creux de son cou. Au bout de quelques minutes, elle se rendit compte de la situation et, dans un geste rageur, elle repoussa James en lui criant :
- Reste loin de moi !
Et elle partit sous le regard étonné du jeune Potter.
Alors que le paysage commençait à se voiler, James se tourna vers Tara. La jeune femme avait le regard pointé sur les quatre garçons de cinquièmes années qui rigolait au loin.
- Tu sais, dit-elle au bout de quelques instants alors qu'ils se retrouvaient à nouveau dans la Grande Cour, je me suis vengée d'eux. J'ai dû faire preuve de beaucoup de patience, mais ils ont payé pour cette journée-là.
- Que leur as-tu fait ? lui demanda James.
- Tu le verras dans un autre souvenir, mais avant ça, il faut que tu en voies un autre !
Cette fois-ci, Tara l'entraîna jusqu'à la volière, le tout au pas de course. A mi-chemin, James, quelque peu essoufflé, lui cria :
- Je peux savoir pourquoi tu ne nous fais pas apparaître directement au bon endroit ! Ça serait moins fatigant !
- J'aimerais bien, mais c'est plus facile à dire qu'à faire ! s'indigna la jeune Jedusor en gravissant les nombreuses marches menant à la volière. Cela me demande déjà beaucoup d'énergie de nous faire venir dans mes souvenirs, alors ne m'en demande pas trop !
Les deux jeunes gens arrivèrent au somment de la colline. Il ne restait plus que quelques marches quand Tara s'arrêta et se tourna vers lui :
- Dans ce souvenir, je suis en troisième année et, comme tu peux le constater, nous sommes en hiver, mentionna-t-elle en admirant le paysage qui s'étendait à perte de vue. Aller, viens ! Je sens que ça va te plaire !
Arquant les sourcils dans un air interrogatif, le jeune Potter la suivit docilement. Au moment où il allait lui demander ce qui pourrait bien lui plaire, le jeune homme entendit des éclats de voix provenir du petit balcon situé derrière la volière. Entendant une voix qui lui était familière, James s'approcha, Tara à ses côtés.
- Tu es une idiote Tara Jedusor !
- Moi, une idiote ! s'offusqua faussement la jeune fille. Tu peux parler ! Quand est-ce que tu auras le courage d'aller dire à Teddy Lupin que tu l'aimes bien ?
- Ce n'est pas de Teddy dont il est question aujourd'hui, mais de toi et de ce cher James, s'amusa Victoire Weasley.
- Oh je t'en prie ! Arrête de dire son prénom ! s'écria la jeune Jedusor. Je ne veux plus que l'on parle de James Sirius Potter ! Jamais !
- James ! James ! James ! répéta inlassablement Victoire dans une litanie interminable.
Tara se boucha les oreilles tandis que Victoire semblait follement s'amuser de calvaire de sa meilleure amie.
- Je n'entends absolument rien, hurla Tara pour couvrir la voix de son amie.
- Aller ! C'est bon, j'arrête, clama Victoire en levant les mains en signe de défaite. Il n'empêche que je te trouve beaucoup trop têtue pour ton bien. James est quelqu'un de vraiment sympa !
- Je le sais ! Théo n'arrête pas de me rabâcher les oreilles avec ses : James est trop génial, c'est un super pote, tu devrais vraiment faire un effort et patati et patata !
- Oh, je t'en prie ! rigola Victoire. Au fond, tu adores quand Théo te parle de James et tu aimes encore plus de disputer avec, pas vrai ?
- C'est vrai que j'aime bien le faire rager, reconnut la jeune Jedusor arrachant un sourire en coin à son amie. James est tellement susceptible !
Après quelques éclats de rires, les deux jeunes filles redevinrent silencieuses. Tara eut soudain la mine triste ce qui alerta Victoire qui lui posa une main sur l'épaule :
- Qu'est-ce qui ne va pas, ma puce ?
- Rien, soupira-t-elle, c'est juste que je ne sais pas comment je ferais si tu n'étais pas là pour moi ! Je n'ai personne à qui me confier à par toi ! Si je le faisais avec l'un de mes camarades de Serpentard, il verrait ma faiblesse et, je ne peux pas me permettre de sembler faible, tu comprends ?
- Je sais qui tu es Tara Jedusor, et tu n'es pas quelqu'un de faible, crois-moi ! clama avec force la jeune Weasley.
- Tu sais quand je croise les quatre imbéciles qui s'en sont pris à moi, je…j'aimerais leur faire ressentir…j'aimerais qu'ils souffrent ! Si James n'était pas intervenu ce jour-là, je…
- Je sais, murmura Victoire en la prenant par les épaules.
- Quand James m'a prise dans ses bras…par Merlin, que j'aurais aimé y rester pour toujours. Seulement, je ne peux pas me permettre de l'aimer. C'est un Potter et moi, une Jedusor. C'est d'office incompatible !
- Et que comptes-tu faire alors ? Repousser tes sentiments ? Les transformer en haine ?
- Je dois haïr James Potter, clama Tara. Et si je n'y arrive pas, je ferais comme si c'était le cas ! Théo m'a dit qu'il était attaché à moi, mais il ne doit pas ! Je ne veux pas qu'il souffre.
Le souvenir se dissipa peu à peu, les deux jeunes gens se retrouvant devant l'entrée du terrain de Quidditch. James avait les yeux rivés sur Tara qui, elle, trouvait subitement ses mains très intéressantes. Le jeune homme s'approcha d'elle et lui saisit le menton, la forçant à le regarder.
- Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? souffla-t-il.
- Te dire quoi, s'écria Tara. Te dire que j'avais déjà des sentiments pour toi à douze ans ? Eh bien oui ! Bon sang ! Comme il a été dur de te faire croire le contraire jour après jour, mais il le fallait.
- Pourquoi t'autorises-tu à m'aimer aujourd'hui alors, demanda James ne comprenant pas.
- Parce que je n'arrive plus à me battre contre moi-même. Je n'arrive plus à cacher mes sentiments. Il suffit que je te voie pour que mon cœur s'emballe. Je sais que tu ne me crois pas, mais je t'aime James, corps et âme.
Le jeune homme fondit alors sur elle et l'embrassa avec passion et violence. Il voulait qu'elle ressente à quel point il vibrait pour elle.
Tara répondit à son baiser comme s'il s'agit du dernier, comme si sa vie en dépendait. James força l'accès à sa bouche, sa langue venait jouer avec celle de la jeune Jedusor. A bout de souffle, ils se séparèrent, le regard brillant, les joues rougies et les lèvres meurtries par le baiser.
- Moi aussi je t'aime, lui murmura-t-il en la serrant contre lui.
Ils restèrent l'un contre l'autre un petit moment, oubliant ce pourquoi Tara les avaient fait venir. L'embrassant sur le front, le jeune homme s'écarta d'elle et, lui prenant la main, il demanda :
- De quoi parle le prochain souvenir ?
- Je sens que cette fois-ci, cela ne va pas te plaire ! répondit-elle avec une grimace.
Dans le présent, Manoir Jones…
Tania, tranquillement installée dans l'un des canapés de la grande bibliothèque, un livre sur les genoux, entendit une personne crier après elle dans les escaliers. Fronçant les sourcils d'être ainsi dérangée, elle se leva dans le but d'aller crier sur l'imbécile qui risquait de réveiller Tessa.
Ouvrant la porte brutalement, la jeune femme marcha d'un pas lourd jusqu'à l'escalier en s'exclamant :
- Je peux savoir ce qu'il se passe ici ! Tessa dort !
- Désolé, ma chérie, s'excusa son père en bas des marches.
- Qu'est-ce que tu veux ? soupira Tania. Où est passé Tom ? Il me semblait qu'il était parti avec toi pour Poudlard, tu l'y as même entraîné de force si je me souviens bien, dit-il narquoisement.
- Il est toujours à Poudlard, en compagnie de Severus, lui apprit-il.
- Tu les as laissés seuls ! s'exclama Tania. Tu veux qu'ils s'entretuent ou quoi ?
- Mais non, mais non ! calma-t-il alors qu'elle descendait les escaliers pour le rejoindre. Ce sont des adultes ! Ils arriveront à se comporter comme tel.
- Si tu le dis, papa ! Mais tu ne m'as toujours pas dit ce que tu me veux !
- J'y viens ! sourit-il en la prenant par le bras. J'aimerais que tu m'accompagnes quelque part.
- Ah oui ! Et où, je te prie ?
- Tu le sauras en temps voulu, Tania, dit-il sur son habituel ton énigmatique. Est-ce quelqu'un pourrait s'occuper de Tessa en attendant ?
- Moi, je peux si vous voulez, intervint Théo qui revenait de la cuisine, un paquet de cookies et un verre de lait à la main.
- Excellent, s'enthousiasma son grand-père. Ta mère et moi nous absentons une bonne heure.
- Oui, comme vous voulez, à plus tard ! leur dit le jeune homme avant de remonter s'enfermer dans sa chambre pour étudier.
- Bon et bien, il me semble que je n'ai plus le choix, grogna Tania. Je te suis, ajouta-t-elle en attrapant sa cape et en prenant le bras que son père lui tendait.
L'épouse du Lord Noir ressentit l'habituelle sensation d'étouffement caractérisant le transplanage. Quelques secondes plus tard, ils réapparurent dans une rue totalement déserte devant un vieux bâtiment complètement délabré.
- Où sommes-nous ? demanda Tania en inspectant l'endroit, mais ne le reconnaissant pas.
- Tu vas le savoir dans quelques secondes, lui répondit-il en l'entraînant vers la porte du bâtiment.
Sans aucune surprise, ils en traversèrent la façade et la jeune Jedusor pu alors lire sur un panneau de bienvenu que son père l'avait emmenée à l'Académie magique. L'endroit était immense, bâtit sur plusieurs étages avec des escaliers et des couloirs qui semblaient interminables.
- C'est magnifique, souffla Tania.
- Je savais que ça te plairait ! s'enthousiasma son père. Aller, viens !
Ils s'avancèrent jusqu'à un immense comptoir derrière lequel s'affairait une dizaine de personnes. L'une d'elle leur sourit poliment en demandant :
- Bonsoir, que puis-je faire pour votre service ?
- Albus Dumbledore, j'ai rendez-vous avec Martha Jenkins, informa le vieux Mage.
- Certainement Monsieur. Elle vous attend. Si vous voulez bien me suivre.
L'homme quitta son comptoir et leur ouvrit la marche. Tania jetait des coups d'œil hébétés à son père, se demandant pourquoi il l'avait emmenée à l'Académie de magie où Théo et James allaient venir continuer leurs études. Se disant que les réponses à ses questions n'allaient pas tarder à arriver, elle suivit tranquillement les deux hommes, posant un regard admiratif à l'endroit.
Elle y était déjà venue une fois auparavant. A l'époque, Tania venait tout juste de recevoir son diplôme à Poudlard et elle avait alors l'intention de passer l'examen d'entrée à l'Académie magique en section « maîtrise des potions ». La jeune femme l'avait brillamment réussi, mais n'était jamais venue suivre les cours.
Ils arrivèrent devant une grande porte à laquelle l'homme frappa une fois. Celle-ci s'ouvrit sans qu'il n'y ait eu aucune invitation d'entrer. Le sorcier les invita à s'installer confortablement leur informant que Madame Jenkins allait arriver d'un moment à l'autre.
- Je suppose que tu n'as toujours pas l'intention de me révéler pourquoi nous sommes ici, n'est-ce pas ?
- Non, en effet !
- Parfait !
Ils restèrent en silence jusqu'à l'arrivée de Martha Jenkins. Tania fut surprise de voir qu'il s'agissait d'une jeune femme d'une petite trentaine d'années, aussi blanche qu'un cachet d'aspirine et la chevelure d'un roux flamboyant. Elle était assez belle.
- Vous devez être Albus Dumbledore et Tania Jedusor, leur sourit-elle en leur donnant une franche poignée de mains. Martha Jenkins, directrice de cet établissement, se présenta-t-elle.
- C'est exacte, sourit Tania. Enchantée de vous rencontrer.
- Moi de même, mais installez-vous, je vous en prie, s'exclama-t-elle en s'asseyant. Puis-je vous offrir un peu de thé ainsi que quelques gâteaux ?
- Ce sera avec plaisir, répondit Tania en prenant la tasse que Martha Jenkins lui tendait.
- Je suppose que vous devez être ravie d'être ici, ajouta la directrice à l'adresse de Tania en buvant une gorgée de thé.
- Oui, c'est un endroit magnifique, mais en fait, je ne…
- Ma fille ne sait pas encore pourquoi elle est ici, l'interrompis son père en lançant un regard malicieux à Martha Jenkins.
- Oh, je vois, vous vouliez à tout prix lui faire une surprise, sourit-elle.
- C'est à peu près ça, acquiesça le vieux Mage.
- Veuillez m'excuser, intervint Tania, mais j'aimerais comprendre la raison de ma présence ici. Si vous pourriez avoir l'obligeance de m'expliquer.
- Oh, mais oui, bien sûr, s'exclama Jenkins. Vous savez sûrement que l'Académie magique est une école où les jeunes gens détenant leur diplôme de l'école Poudlard peuvent venir s'inscrire pour compléter leur formation dans des domaines très variés.
« Nous offrons des maîtrises en sortilèges, enchantements, droit magique, magie runique, histoire de la magie, botanique, astronomie, art des potions et j'en passe. Comme dans toute école, nous avons besoin de professeurs qualifiés afin d'assurer la multitude de cours proposés.
Et justement, nous avons besoin d'une personne maîtrisant l'art noble qu'est la concoction de potions pour venir remplacer Monsieur Kovrov qui a, malheureusement, pris sa retraite après cinquante ans de bons et loyaux services. Votre père, ici présent, est venu me proposer votre candidature à ce poste. »
- Vous êtes sérieuse, s'exclama Tania, les yeux écarquillés.
- Terriblement sérieuse, répondit Jenkins. Voyez-vous Madame Jedusor, cela fait des semaines que je cherche après une personne compétente. Quand je pense enfin avoir trouvé la perle rare, il s'avère que le candidat échoue aux différents tests auxquels est soumis chaque potentiel futur professeur.
- Et vous aimeriez me faire passer ces tests, comprit l'épouse du Lord.
- En effet ! Si vous êtes d'accord bien sûr !
- C'est que…excusez-moi, mais je suis confuse, je ne m'attends pas à pareille possibilité de carrière.
- Tu devrais essayer, Tania, intervint son père en lui prenant la main. Cela a toujours été ton rêve de devenir Maître des Potions. Aujourd'hui, tu as la chance de pouvoir enseigner cet important savoir à de jeunes sorciers comme Théo.
- Tu as raison, mais…ça ne marchera pas, papa, soupira-t-elle. Je n'ai pas les capacités requises pour ce genre de travail.
- Pardonnez-moi, mais je n'en crois pas un mot, s'écria Martha Jenkins. Ecoutez, fit-elle en posant sa tasse de thé, nous savons l'une comme l'autre que vous avez un excellent niveau dans l'art des potions. A Poudlard, vous aviez les meilleurs résultats de toute l'école.
« Je sais que vous craignez un rejet de la part de notre corps professoral et de nos étudiants. Vous pensez qu'ils ne verront en vous que l'épouse du Lord Noir, mais je puis vous assurer que vous avez tort. Ici, les gens sont dotés d'assez d'intelligence et de réserve pour préserver la bonne entente.
Et puis, vous ne serez pas la première criminelle, si l'on peut dire ainsi, à venir enseigner ici. Personnellement, j'ai toujours trouvé que vous deviez être dotée d'un courage hors du commun pour avoir osé accomplir toutes ses choses pour notre communauté. »
Tania Jedusor regarda Martha Jenkins avec des yeux ronds. Il s'agissait bien de la première personne qu'elle rencontrait lui disant que ses actes passés avaient été bénéfiques pour la communauté magique. La majorité des sorciers et sorcières ne voyaient en Tania Jones que l'épouse dévouée du plus grand Mage Noir de tous les temps. Rien d'autre.
Et la façon dont les gens la voyaient n'avait pas changée en vingt ans, alors pourquoi maintenant ? Etait-ce là l'unique opportunité pour elle de retrouver l'estime et le respect qui lui étaient dû dans le regard des autres ? Devait-elle saisir cette opportunité ? Et qu'en dirait Tom, lui qui tourne tel un lion en cage depuis près de vingt ans ?
Comme s'il avait senti son trouble, son père lui pressa davantage la main, attirant l'attention de sa fille sur lui.
- Je sais que tu te sens perdue, mais tu dois saisir cette occasion, murmura-t-il les yeux pétillants de malice. Je suis sûr que ton mari sera heureux pour toi. D'ailleurs, Tom aussi aura des choses à te dire une fois au manoir.
- Qu'est-ce que tu manigances encore, s'exclama la jeune femme.
- Disons juste que je ne cherche qu'à rendre service. Vous le méritez tous les deux.
- Alors Madame Jedusor, êtes-vous prête à passer ces tests ? questionna Jenkins.
Avec un regard des plus déterminé, Tania Jedusor répondit avec force de conviction :
- Je suis prête !
Dans le passé, Terrain de Quidditch…
Tara avait entraîné James jusque dans les gradins du terrain de Quidditch. Ils se trouvaient le plus haut possible pour avoir une magnifique vue sur les joueurs qui commençaient à s'échauffer.
James fut quelque peu inquiet en apercevant les quatre agresseurs de Tara volant rapidement dans les airs sur le balai. Se tournant vers la jeune femme, il constata une nouvelle fois qu'elle les fixait d'un regard meurtrier.
- Je ne me souvenais pas qu'ils faisaient tous partie d'une équipe de Quidditch !
- Et si ! s'exclama dédaigneusement Tara ne les quittant pas de son sombre regard. Adrian et Trevis sont batteurs à Serdaigle alors que Lucas et Alexis sont respectivement poursuiveur et gardien à Poufsouffle.
- Que leur as-tu fait Tara ! demanda James une nouvelle fois.
- Tu le verras d'ici quelques minutes, grogna la jeune femme ne supportant pas son impatience. Je peux déjà te dire ceci. Ces quatre types sont en septième année, moi en quatrième. C'était ma dernière opportunité de me venger. J'ai donc choisi de faire cela en public car il y aurait bien trop de monde pour trouver le coupable.
« Et puis, rien ne pourrait m'accuser car personne n'était au courant de mon agression. Je n'ai jamais compris pourquoi ils ne s'étaient pas vantés d'avoir réussi à me foutre la trouille à moi, le petit monstre. Mais, là n'est pas la question. »
- Je suis sûr d'une chose : tu ne les as pas tués sinon, je m'en souviendrais, clama le jeune Potter en reportant son attention sur le terrain.
- C'est vrai, rigola Tara. Mais, je peux t'assurer qu'ils n'ont plus jamais monté sur un balai de leur vie après ça !
James ne répondit rien car les joueurs venaient de recevoir leur coup de sifflet leur donnant l'autorisation de débuter le match. Aussitôt, la voix du commentateur s'éleva dans les airs.
- Lucas Wilson, de Poufsouffle, attrape le Souafle et le passe à sa coéquipière Maria Sanchez qui file droit vers les buts de l'équipe adverse et…NON ! Elle perd le Souafle au profit de Marty Louis qui trompe le gardien de Poufsouffle, Alexis Duncan, et MARQUE ! Dix points pour Serdaigle.
James suivait le match avait passion étant lui-même un ancien joueur de Quidditch de Gryffondor. Il en avait presque oublié ce pourquoi Tara et lui était ici.
Au bout d'une vingtaine de minutes de match, rien ne s'était encore passé, et le score en était de 70 à 90 pour Poufsouffle. Au moment même où James allait demander à Tara si elle ne s'était pas trompée de souvenir, son regard fut attiré par une élève, assise un peu plus bas qu'eux.
A ne pas si trompé, il s'agissait bien de Tara Jedusor, âgée de quatorze ans, noyée dans une masse d'élève de Serpentard et de Serdaigle. Dans la foule, il n'avait pas réussi à l'apercevoir avant maintenant. Tout comme la Tara assise à ses côtés, la plus jeune ne cessait de fixer l'un après l'autre ses quatre agresseurs.
Tara Jedusor murmurait une litanie de mots sans s'interrompre malgré le fait qu'elle soit bousculée d'un côté et de l'autre par les élèves en délire devant le match de folie qui se passait sous leurs yeux.
Fixant tout d'abord son attention sur Trevis, son flux de paroles ininterrompu. Le jeune homme se trouvait loin au-dessus d'eux, sa batte à la main, prêt à relancer un Cognard à l'équipe adverse.
Au moment même où il voulut frapper le Cognard arrivant sur lui à toute vitesse, son bras droit refusa de lui obéir. La foule retint un cri de surprise quand le jeune homme reçu le Cognard en pleine tête, le faisant perdre son équilibre sur le balai.
Encore conscient malgré l'horrible douleur qui lui traversait le crâne, Trevis eut le réflexe de s'accrocher au manche de son balai, le corps suspendu dans le vide. Mais, tout d'un coup, le jeune homme lâcha prise, faisant une chute de plus de vingt mètres, atterrissant brutalement sur le sable aux pieds des cercles de buts.
Tara Jedusor, satisfaite, s'occupa maintenant d'Adrian et de Lucas. Les deux jeunes hommes perdirent simultanément le contrôle de leurs balais et foncèrent droit l'un sur l'autre. Le bruit de la collision fut horrible, des os se brisant sous l'impact. Ils s'effondrèrent également dans le sable.
Il ne restait plus qu'Alexis. Tara avait gardé le meilleur pour la fin : celui qui avait traité son père de bâtard et elle-même de monstre. La jeune fille semblait encore chercher le moyen de lui faire regretter ses paroles quand le temps se fit à l'orage.
Très vite, les élèves se cachèrent derrière des parapluies alors que le tonnerre grondait et que les éclairs transperçaient le ciel de part en part. Alexis, en tant que gardien de Poufsouffle, arrêtait les uns après les autres les tirs des poursuiveurs de Serdaigle.
L'un d'eux lui envoya une puissante frappe que le jeune homme eut beaucoup de mal à arrêter. Perdant légèrement l'équilibre, il se rattrapa d'une main, à l'un des cercles de buts au moment même où un éclair, transperçant le ciel et attiré tel un aimant par le métal composant le cercle, frappait celui-ci.
Electrocuté, le jeune gardien s'écroula, inconscient, dix mètres plus bas. Alors que la foule s'écriait d'horreur, la jeune Tara Jedusor, complètement trempée par la pluie, souriait légèrement, le regard plus écarlate que jamais.
Le décor se brouilla et, encore une fois, James et Tara se retrouvèrent dans la Grande Cour de Poudlard. Le jeune homme était encore bien trop choqué par ce qu'il venait de voir. En moins de cinq minutes, Tara avait éliminé quatre sorciers.
Il avait dû mal à croire qu'aucun d'eux n'étaient morts après pareil traitement. C'est alors qu'il se souvint que ce jour-là, lui-même était à l'infirmerie après s'être brisé la cheville lors de son entraînement de Quidditch avec Gryffondor, le matin du match, en perdant le contrôle de son balai.
Maintenant que ça lui revenait, James se rappelait que les quatre garçons avaient été précipitamment emmenés à l'infirmerie pour y subir des soins approfondit. L'un ressemblait à un toast grillé, deux autres avaient plusieurs côtes cassées, ainsi que le nez et le bras pour l'un, la jambe et le poignet pour l'autre. Le dernier avait eu une fracture du crâne ainsi que la jambe brisée par sa chute.
Ça avait été horrible, mais ils s'en étaient tous remis. James reporta son attention sur Tara qui, apparemment, n'avait pas détaché les yeux de lui durant son silence. Ils se regardèrent un long moment les yeux dès les yeux. Le jeune Potter n'arrivait pas à comprendre comment sa Tara, une jeune femme si douce, si tendre, si gentille, si pleine de vie lorsqu'elle était avec lui pouvait se transformer en une personne froide, intransigeante, manipulatrice et aussi cruelle.
Le jeune homme avait une question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'il se souvenait de cette fameuse journée, mais il avait bien trop peur d'en entendre la réponse qu'il préférait se taire et ne pas savoir.
- Oui, James, dit soudain la jeune Jedusor.
- Oui, quoi ? s'étonna-t-il, ne comprenant pas de quoi elle parlait.
- La réponse à la question que tu te poses est oui, développa-t-elle. Ce jour-là, c'est bien moi qui t'ai fait perdre le contrôle de ton balai lors de ton entraînement de Quidditch afin que tu atterrisses à l'infirmerie le temps du match.
- Tu n'as pas pu faire ça, dit-il d'un air ahuri dans un souffle manquant subitement d'oxygène.
- Bien sûr que si, clama Tara. Je ne voulais pas que tu assistes au match. Je ne voulais pas que tu te doutes de quoique ce soit parce que je savais que tu avais pris l'habitude d'observer mes moindres faits et gestes. Je savais que si tu étais présent au stade, tu me verrais en train de réciter de formules.
- Alors, tu as préféré m'envoyer à l'infirmerie, s'écria le jeune Potter consterné.
- J'ai fait ça pour toi ! s'indigna Tara.
- Tu as fait ça pour moi, répéta James. Tu te moques de moi ! Tu m'as tenu à l'écart en me faisant me briser la cheville juste pour assouvir ta petite vengeance personnelle. Avais-tu seulement pris conscience que tu aurais pu les tuer !
- Oui, cela aurait pu se produire en effet ! cracha la jeune Jedusor. Et ils l'auraient amplement mérité tous autant qu'ils sont ! Si je t'ai tenu à l'écart, c'est pour que tu ne vois pas cette partie de moi, James.
- Tu es comme ton père, cria-t-il la fureur lui tirant les traits du visage. Tu es cruelle et tu n'as aucun respect pour la vie des autres. Es-tu seulement dotée de sentiments ?
- Tu veux savoir si je suis dotée de sentiments, répéta Tara en lui prenant la main pour la poser sur sa poitrine à l'endroit précis où se trouvait son cœur. Tu n'as qu'une seule chose à faire pour le savoir : utiliser tes pouvoirs d'Elf noir et lire mon cœur et mon âme, si j'en possède une. Ils ne peuvent pas mentir et tu le sais.
- Je…
- Fais-le ! intima-t-elle en lui serrant plus fortement la main.
James ferma les yeux et fit le vide dans son esprit, se concentrant uniquement sur les battements du cœur de Tara. Très vite, il sentit une colère et une haine puissantes le submerger de toute part, obscurcissant ses pensées. La haine qu'il ressentait était vivace et infinie. Une haine et aussi un désir de vengeance dirigée vers les hauts dignitaires du ministère, mais aussi vers la communauté magique et, plus particulièrement envers les nombreux sorciers et sorcières qui avaient humiliés sa famille.
N'en pouvant plus d'être entouré par autant de sentiments plus sombre les uns que les autres, le jeune Potter allait rompre le contact lorsqu'il ressentit de la joie lui envahir le cœur, une joie bien plus forte que la haine et la colère. Ses pensées se firent plus claires et son cœur, plus léger. Son esprit n'était plus que joie, bonheur, tendresse et amour.
Il crut percevoir des présences à ses côtés : celle de Théo et de Thomas, celle de Tom et de Tania, mais aussi Tessa et Severus, Bellatrix et ses propres frères et sœurs, mais aussi ses parents et…et lui-même.
Il y en avait d'autres encore, mais James rouvrit les yeux, coupant la liaison. Reprenant son souffle, il sentit sous ses doigts les battements de cœur précipités de Tara qui portait sur le visage un masque d'indifférence.
- Tu sais qui je suis maintenant, souffla-t-elle. Tu sais que je peux ressentir des sentiments très contradictoires comme, la joie et la tristesse, la plénitude et la colère, la passion et l'orgueil, l'amour et la haine. Ne crois pas que je suis inhumaine, je suis juste différente des autres, c'est tout !
Tara Jedusor se leva brusquement en repoussant la main du jeune homme. Sans un regard pour lui, elle fit quelques pas. D'une voix dure et froide, lui tournant obstinément le dos, elle dit :
- Il y a une dernière chose que tu dois voir avant que tu ne sors de mon esprit. Suis-moi !
James suivit Tara en silence jusqu'à la Tour d'Astronomie. Il devait avouer qu'il se sentait un peu perdu dans toutes ses révélations. Mais il savait aussi qu'à la fin, il devrait faire un choix : rester avec elle ou la quitter à jamais. Quand il voyait toutes ses choses dont Tara pouvait être capable de faire sans éprouver ni remords ni regrets, le jeune homme avait bien envie de prendre ses jambes à son cou.
Mais, par Merlin, qu'est-ce qu'il pouvait l'aimer !
Quand ils arrivèrent au sommet de la Tour, James eut la désagréable surprise de voir Tara Jedusor, lors de leur cinquième année, en compagnie des six élèves de septièmes années qui l'avaient agressée en lui bloquant le passage au détour d'un couloir. James était lui-même intervenus avant que les choses n'empirent.
Apparemment, le petit groupe venait d'arriver.
- Tu voulais nous voir Tara, demanda Mélinda Colsson en la saluant d'un signe de tête respectueux.
- Oui, en effet ! J'aurais un service à vous demander.
- Tu sais que tu peux nous demander ce que tu veux, Tara, s'exclama Eric Delaw.
- Oui, je le sais. Et c'est justement pour ça que je fais appel à vous et à personne d'autre, leur dit la jeune Jedusor avec un sourire charmeur.
- Qu'attends-tu de nous ?
- C'est très simple Chris. Je veux que demain, lors du souper, vous m'agressiez.
- T'agresser ! s'écria Josh Philips, mais pourquoi ferions-nous une chose pareille !
- Parce qu'au moment où vous me surprendrez, James Potter sera en chemin vers la Tour d'Astronomie où il a l'habitude de se rendre tous les mercredis soirs. Je veux que sur son chemin, ils vous trouvent occupé à me faire passer un mauvais quart d'heures.
- Tu es diabolique, sourit Mélinda. Que devons-nous faire exactement.
- J'étais sûre de pouvoir compter sur vous, clama Tara Jedusor. Alors voilà ce que j'attends de vous dans les moindres détails.
Le jeune Potter n'eut pas le temps de réagir face à ce qu'il venait d'apprendre. Tout devint noir autour de lui et il ressentit, pour la seconde fois, cette impression de tomber dans le vide. Après un moment, qui lui sembla être aussi long qu'une vie entière, James pu ouvrir les yeux.
Tara et lui était de retour dans le kiosque, assis sur l'un des bancs de pierre blanche. Ils leur fallut à tout deux quelques minutes pour se remettre de ce voyage dans les souvenirs de la jeune femme. James, se sentant mieux, se leva et commença à faire les cents pas d'une démarche raide.
La jeune Jedusor comprit aisément qu'il était dans une rage folle. Mais comment lui en vouloir ? Après tout, elle lui avait quelque peu menti, mais elle l'avait surtout manipulé pour parvenir à ses fins. Tara savait maintenant que quoiqu'elle dise, quoiqu'elle fasse, James la quitterait.
N'était-ce pas ce qu'elle voulait au fond en lui montrant tous ses souvenirs ? Ne voulait-elle pas qu'il comprenne que sa vie serait mieux sans elle ? Après tout, elle était dangereuse pour lui ! Aussi dangereuse que son père l'avait été, et l'était sans doute toujours, pour sa mère. Un amour sans fin, sans limites. Un amour destructeur pour la vie de l'autre.
James se tourna brusquement vers elle, un doigt accusateur pointé sur elle.
- Comment as-tu osé me manipuler de la sorte ? Comment ? Comment as-tu pu préparer ta propre agression ? Tout ça pourquoi Tara ? Dans quel but ?
- J'ai fait ça pour que tu ais de la compassion pour moi, pour que je puisse jouer les pauvres petites filles terriblement peinée d'être le souffre-douleur des élèves, cracha Tara avec une haine non dissimulée.
Elle se leva à son tour s'approchant de lui, le foudroyant du regard. S'il ne pensait pas la connaître, James aurait sûrement reculé, mais il ne bougea pas d'un centimètre.
La jeune Jedusor avait les traits du visage tendu par la colère, le noir intense de ses yeux brillait de dizaines de petites étincelles écarlates. Le jeune homme pu même sentir sa magie les entourer et se propager tout autre du kiosque. Tara semblait plus terrible que jamais.
- Tu étais sur ma liste, reprit-elle d'une voix toujours aussi colérique et tranchante comme les lames d'un rasoir. Il fallait que tu aies confiance en moi, il fallait que tu me vois comme une victime des actes passés de mon père. Je voulais que tu sois de mon côté et que tu rejette ton père.
- Jamais je ne rejetterai ma famille, clama le jeune homme avec détermination.
- Mais tu l'as déjà fait, rétorqua Tara. Tu l'as fait en tombant amoureux de moi, une Jedusor ! Et maintenant, il est trop tard pour que tu fasses marche arrière et tu le sais aussi bien que moi !
- Tu avais donc tout prévu depuis le début, souffla James. Ceux qui t'ont agressé faisaient partie de ton groupe de fidèles.
- En effet, ils sont aussi sur ma liste et portent, bien évidemment, la Marque, depuis des années déjà. Seulement, il y a une seule et unique chose que je n'avais pas prévue et qui a fait que je ne peux pas me servir de toi comme je l'aurais voulu.
- Et qu'est-ce que c'est ? cracha James avec hargne.
Tara eut un rire désabusé, son expression se radoucissant. Dardant sur James le plus doux des regards qu'elle ne lui avait jamais accordé, elle souffla d'une voix à peine plus haute qu'un murmure :
- L'amour. Je me suis faite prendre par mon propre piège en tombant amoureuse de toi et, maintenant, je ne peux plus faire marche arrière.
- Comment te croire !
- James, si tu dois au moins croire en une chose, crois en mon amour pour toi parce qu'il est bien réel et sincère.
- Je dois te donner une réponse, n'est-ce pas ? dit-il après un moment.
- Oui, mais avant ça, tu dois encore savoir une chose, apprit Tara alors que James sentit son cœur se serrer lorsque le regard de la jeune femme se posa sur lui, plus terrible que jamais.
Qu'allait-il encore lui tomber dessus ?
Pendant ce temps, manoir Jones, Salon commun des jumeaux…
Le bureau de Théo Jedusor était encombré par un nombre incalculable de livres, de morceaux de parchemins, de fioles et autres objets du même genre. Le jeune homme s'était arraché quelques minutes de son étude pour contempler à travers la grande baie vitrée, le parc du manoir.
Depuis un bon moment déjà, il avait le regard fixé sur le kiosque où se trouvaient son meilleur ami et sa sœur, qui semblaient en proie à une grande discussion très animée. James n'arrêtait pas de faire les cents pas en jetant des coups d'œil à sa sœur qui se tenait debout, très statique, occupée à faire de grands gestes comme si elle était en proie à une grosse colère.
Théo soupira se demandant ce qui pouvait encore se passer entre ces deux-là. Quittant le salon pour aller voir si sa petite sœur Tessa dormait toujours à poings fermer, le jeune Jedusor entendit un crac sonore signe d'un transplanage. Se précipitant pour voir de qui il s'agissait, Théo dévala les escaliers.
- Ah papa ! s'exclama-t-il en l'apercevant occupé à retirer sa cape.
- Tient Théo ! Comme se passe ton étude ?
- Bien, je fais de mon mieux, dit-il en suivant son père dans le salon. Je pensais que maman serait avec toi.
- Ta mère n'est pas là ? s'étonna le Lord en se servant un verre d'eau.
- Non, grand-père est passé la prendre il y a bien trois heures de ça. Je pensais que c'était pour te rejoindre à Poudlard.
- Non, Albus est parti nous laissant seuls Severus et moi, informa le Mage. Et ils ne t'ont rien dit de l'endroit où il allait ?
- Non, je n'en ai aucune idée. Grand-père n'a rien dit à maman, non plus.
- Mais où peuvent-ils être ?
Deux cracs sonores lui répondirent, Tania et son père faisant leur apparition quelques instants plus tard dans le salon.
- Tiens ! Mon amour, s'exclama Tania avec joie en embrassant son époux. Il y a longtemps que tu es rentré ?
- Je viens juste d'arriver ! Où étais-tu passée ?
- Je crois que je vais vous laisser, informa Albus Dumbledore. J'ai rendez-vous avec un vieil ami. Ne m'attendez pas pour souper !
Et aussitôt dit, le vieil homme transplana. Tania, qui semblait trop joyeuse pour s'en formaliser, attrapa la main de Tom le faisant s'asseoir avec elle sur le canapé.
- Bon, je vais vous laisser aussi, prévint Théo. Je dois encore étudier.
- Non ! Reste, s'exclamèrent ses parents d'une seule et même voix.
- J'ai quelque chose à annoncer, poursuivit Tom. Il faut que tu sois là. Mais où sont Tara et Thomas ?
- Tara est dans le kiosque avec James et Thomas chez un de ses amis du village, répondit son fils en s'installant en face d'eux. Alors, qu'as-tu à nous dire ?
- Et bien en fait, ton grand-père m'a entraîné de force à Poudlard pour me proposer à Severus comme nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal.
- Tu plaisantes ? s'exclama Théo joyeusement.
- Pas du tout !
- Mais c'est une super idée ! Et qu'a dit Severus ? Il était d'accord ? Tu as accepté ?
- Il était un peu réticent au début, mais il a fini par accepter l'idée, répondit l'ancien Seigneur des Ténèbres. Je n'ai pas pu refuser car Albus avait une autorisation écrite du ministre lui-même. J'étais dos au mur.
- C'est génial ! s'enthousiasma son fils en lui serrant la main. Félicitation !
Tania, qui elle, était restée silencieuse, frappa rageusement les mains sur ses jambes avant de se lever en s'exclamant :
- Je savais qu'il manigançait quelque chose, ce fourbe !
- De quoi parles-tu ma douce ?
- Je parle de mon père et de toutes ses petites fourberies bien sûr ! Il te trouve un poste de professeur à Poudlard et à moi, il soumet ma candidature pour un poste de professeur en Maîtrise des Potions à l'Académie magique. Le fourbe !
- A l'Académie magique, s'exclama Tom en la prenant par la taille.
- Oui. J'ai passé tous les tests requis et j'ai obtenu le poste ! s'indigna-t-elle.
- Mais c'est magnifique ! s'enthousiasma Tom en la faisant tournoyer dans les airs.
- Tu trouves ?
- Evidemment ! Oublions deux minutes ton père ! C'est la chance de notre vie Tania, il ne faut pas la laisser passer.
- Papa a raison maman !
- Il faut le dire à Tara, s'écria Tom. Elle sera ravie !
Le Lord embrassa sa femme avec une joie non dissimulée. C'était, en effet, l'occasion rêvée pour la famille Jedusor de reprendre de l'importance au sein de la communauté magique.
Au même moment, dans le parc du manoir Jones…
James Potter regardait Tara avec effroi. Il avait du mal, beaucoup de mal même, à assimiler ce qu'elle venait de lui divulguer. Cela dépassait de loin tout ce qu'elle avait bien pu lui montrer jusqu'à présent. Cela dépassait son entendement !
Le jeune Potter se passa nerveusement une main dans ses cheveux déjà en bataille. Cette journée était un véritable cauchemar éveillé. Qu'avait-il fait au bon Merlin pour mériter ça ? Il allait foncer droit dans le mur, c'était sûr et certain. Prenant une grande respiration, il demanda à la jeune Jedusor d'une voix cassée :
- Tu as donc fait tout ça dans le but de…, commença-t-il complètement perdu. Tu as pris la magie de ton père…et oh, par Merlin, et ta formation d'Auror s'est ! Non, ce n'est pas possible !
- J'ai bien peur que si, James, approuva Tara Jedusor avec fermeté.
- Mais, quand est-ce que cela va se produire ? Quand est-ce…quand est-ce qu'ils vont…
- Bientôt, répondit la jeune Jedusor devinant ce qu'il voulait savoir. Cela va se passer très bientôt.
La jeune femme fit un pas vers le jeune Potter pour lui saisir la main.
- Maintenant, il me faut ta réponse James. Seras-tu avec moi ou…contre moi ?
Salut à tous,
Je suis vraiment désolée de ne pas avoir posté chaque dimanche comme prévu, mais j'ai eu quelques problèmes ces dernières semaines, et pas du tout la tête à poster…
Le chapitre 19 sera pour demain…
Bises,
Diabo.
