Salut à toutes et à tous !
Me revoilà avec le 22ième chapitre de ma petite histoire ! J'espère qu'il vous plaira !
Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui continuent à suivre cette histoire, cela me fait vraiment très plaisir.
Pour répondre à la review de Kiitsu, je tiens à mentionner que je n'abandonne pas l'univers d'Harry Potter. Deux autres histoires sont d'ailleurs en cours d'écriture. La première concerne toujours notre cher Voldemort, mais il n'est pas le personnage central de l'histoire. La seconde histoire est écrite au temps de Maraudeurs.
D'ailleurs Kiitsu, je t'invite à consulter mon profile et même à t'ouvre un compte sur …vu que tu aimes ce que je fais…
Merci et bonne lecture. REVIEW !
Diabo
Chapitre 22 : Derrière le masque se cache toujours une terrible vérité
Cela faisait maintenant plus de trois semaines que les Aurors et les apprentis du ministère étaient partis en mission à travers le monde. Trois semaines sans aucunes nouvelles. Rien. Même pas une lettre, un signe. Absolument rien. La Gazette du Sorcier ne donnait aucune information là-dessus.
Il pourrait très bien y avoir des Aurors fait prisonniers par les milices, même gravement blessés. Peut-être que certains d'entre eux se sont fait tuer ? Impossible de le savoir. Le pire dans tout ça : attendre dans un état de totale impuissance face aux évènements.
En ce samedi matin, James Potter était déjà levé depuis l'aube. Il n'avait pas pu fermer l'œil de la nuit. En fait, cela faisait trois semaines qu'il ne passait plus une nuit complète. L'inquiétude et la peur le rongeaient de l'intérieur.
Cela faisait trois semaines que Lily, Gabriel et lui habitaient au manoir Jones. En effet, leurs parents étant partis à l'autre bout du monde, il fallait bien quelqu'un pour s'occuper des deux jeunes enfants. Tout naturellement, Tom et Tania Jedusor s'étaient proposés.
La tension et l'inquiétude étaient palpables au sein du manoir Jones. Chacun essayait de faire bonne figure, mais sans résultats convaincants. Tania et Tom allaient chaque jour donner leurs enseignements, mais il était clair qu'ils n'étaient pas du tout à ce qu'ils faisaient, la peur au ventre pour leur fille.
Théo et James allaient chaque jour à l'Académie magique pour poursuivre leur maîtrise, mais sans grand enthousiasme. Ils n'étaient pas les seuls à avoir des membres de leur famille partis à l'autre bout de la terre. Plusieurs élèves ne venaient plus en classe car ils devaient parfois venir en aide au parent restant.
Thomas et Albus Severus, toujours à Poudlard jusqu'aux vacances de Noël, envoyaient chaque jour des lettres au manoir pour avoir des nouvelles concernant Harry, Siri et Tara. Seulement, il n'y avait pas grand-chose à dire étant donné que personne ne savait rien.
Le plus dur c'était pour les trois plus jeunes enfants. Lily et Gabriel se réveillaient souvent en pleine nuit, pleurant après leurs parents quant à la petite Tessa, elle passait ses journées à pleurer demandant après sa sœur qui n'était plus là pour la conduire à la pré-école de magie.
Severus Rogue demandait chaque jour à Tom s'il avait des nouvelles. Lui aussi se faisant énormément de soucis pour Tara qu'il adorait comme sa propre fille. Mais chaque jour, il avait inlassablement la même réponse : non, aucunes nouvelles.
C'était dur, très dur. Le seul qui semblait faire bonne figure et gardait un espoir inébranlable était Albus Dumbledore. Le vieux Mage remontait le moral à qui en avait besoin, lui-même ne semblant pas s'inquiéter outre mesure. Cette confiance aveugle envers le destin et cet optimisme mettait souvent Tom Jedusor en colère qui ne supportait plus d'être dans la même pièce que son beau-père.
D'ailleurs, de fréquentes disputes éclataient entre Théo et son père et parfois, avec James. En effet, le jeune Jedusor ne montrait aucun signe d'inquiétude pour sa sœur ou pour le couple Potter et semblait même se moquer de l'état d'incertitude dans lequel ses parents et ses amis étaient constamment plongés.
James était sûr qu'au fond de lui, Théo mourait d'inquiétude pour sa jumelle, mais que, encore trop remonté contre elle, il ne voulait pas le montrer. Le Jeune Potter avait pourtant espérer que cette période difficile pour tous allait réussir à le rapprocher de son ami de toujours, mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Théo continuant à garder ses distances avec le reste de la famille, excepté sa mère et son grand-père.
Le jeune Potter soupira de lassitude en se levant du bord de son lit pour aller s'installer à son bureau. Celui-ci était encombré de manuels sur le droit magique, mais aussi d'exemplaires de la Gazette du Sorcier. Les choses allaient plutôt mal dans le monde magique. Attendant patiemment une heure raisonnable pour aller prendre son petit déjeuner, James relut quelques passages de certains articles du journal.
Mercredi 12 novembre 2017,
Le monde magique de plus en plus en danger
Beaucoup de sorciers nous envoient des centaines de lettres dans lesquels ils font part de leur inquiétude face aux terribles événements qui se déroulent en ce moment dans notre communauté magique internationale. Beaucoup craignent le pire. Et ils ont sans aucun doute raison.
Après la chute de toute l'Amérique de Nord et de l'Amérique Centrale, c'est au tour des pays Sud-américains de tomber entre les mains de milices. Le continent Américain est totalement sous le contrôle des ses sorciers dont nous ne connaissons toujours pas les obscures intentions.
La moitié de l'Afrique à également subit le même sort ainsi que les quelques pays du continent Océanien. Il ne reste, à l'heure actuelle, que l'Irak et l'Iran, en Asie, qui sont encore épargnés.
Etrangement, en Europe, le phénomène s'est arrêté aux portes de la Biélorussie et de la Finlande. Seule la Russie étant occupée.
Nous n'en connaissons pas les raisons, mais, une chose est sûre, nous ne seront pas épargnés. Les milices recevront tôt ou tard l'ordre de passer à l'action au sein des pays européens.
L'heure est grave et plus inquiétante que jamais.
Dimanche 16 novembre 2017,
Débordements dans le monde des Moldus
Nous ne pensions pas que cela arriverait, mais les sorciers au pouvoir ont maintenant mis la main, secrètement, sur les ministres Moldus. Ceux-ci auraient reçu l'ordre de se conformer à la volonté des sorciers preneurs de pouvoir et de faire en sorte que les Moldus ne sachent rien des évènements.
Cette prise de pouvoir sur le monde Moldu ne fait que renforcer la peur qui habitait déjà la communauté magique internationale.
Le jeune Potter fut interrompu dans sa lecture par le bruit d'un hibou tapant du bec contre la fenêtre. Il apportait la Gazette du Sorcier du jour. James lui ouvrit la fenêtre, pris le journal et remis une mornille dans la petite sacoche à la patte de l'animal qui s'envola.
S'installant au bord de son lit, le jeune homme déroula fébrilement le journal et entama directement sa lecture de la première page au titre inquiétant.
Au tour de l'Europe !
Les milices dormantes ont, apparemment, reçu l'ordre de reprendre leur action au sein de l'Europe. Cette nuit, entre deux et six heures GMT, les ministres sorciers et Moldus de la Finlande, de l'Estonie, de Lituanie, de Lettonie, d'Ukraine et de Biélorussie ont été arrêtés.
Cette action rapide a surpris le monde magique où le seul continent encore libre était l'Europe. A l'heure actuelle, l'Espagne et le Portugal seraient également sans ministre Moldu. Dans quelques jours, le Royaume-Uni subira la même chose.
Les quelques ministres de la magie européens restant ont décidés de faire rapatrier leurs Aurors afin de préparer la défense intérieure et tenter de résister à cette attaque qui se prépare.
Dans les autres pays occupés, après les ministres sorciers et Moldus, c'est au tour des écoles de magie de tomber entres les mains de ces milices dont le groupe de meneurs n'a pas encore été identifiés.
Les heures à venir seront des plus décisives pour tenter d'enrailler la machine infernale. Nombre de familles auront le plaisir de retrouver leurs proches, Aurors de professions et apprentis, partis il y a de cela trois semaines pour tenter de venir en aide aux pays occupés.
Nous vous tiendrons informer des décisions qui résulteront de la réunion des ministres sorciers et Moldus dans notre édition spéciale du soir.
John Stamp
James se leva d'un bon, un sourire aux lèvres, et sortit en vitesse de sa chambre. Descendant tout aussi rapidement les escaliers, le jeune homme se dirigea en courant jusqu'à la cuisine. Ouvrant la porte brusquement, le jeune Potter s'attira l'attention de Tom et de Tania qui étaient tranquillement installés autour de la table.
- Tient ! James ! s'exclama le Lord. Tu sembles bien pressé pour un samedi matin !
- Tom ! Tania ! Grande nouvelle ! s'écria le jeune homme en venant poser l'exemplaire de la Gazette du Sorcier entre ses aînés.
- Qu'y a-t-il, s'inquiéta Tania, le front plissé.
- Le ministre a décidé de rappeler les Aurors en Angleterre ! Aujourd'hui ! s'enthousiasma le jeune homme en se servant un verre de jus d'orange.
- Vraiment ! souffla Tom en lisant rapidement l'article. Il ne mentionne pas s'il y a eu des pertes parmi les Aurors et leurs apprentis, remarqua-t-il.
- Je suis sûr que Tara va bien, dit James avec une conviction qui ne laissait pas la place au doute.
- Ma Tara, murmura Tania, apparemment très émue.
Tom enlaça sa femme, déposant un doux baiser sur ses lèvres. Ils restèrent quelques instants ainsi sous le regard pétillant de James. Celui-ci retrouva très vite l'appétit et se servit une belle assiette de pancakes que Tania avait eu fini de préparer quelques minutes avant qu'il ne déboule dans la cuisine.
- Et bien, je constate que les bonnes nouvelles ont un excellent effet sur toi ! rigola Tom en buvant une gorgée de café.
- J'ai l'impression que je n'ai pas mangé depuis trois semaines, souffla James en vidant son assiette à folle allure. C'est délicieux !
- Merci, sourit Tania, plus joyeuse que jamais.
- Je me demande quand Tara va arriver ! s'écria James, complètement euphorique. Je trépigne d'impatience de pouvoir la serrer dans mes bras !
- Nous aussi James, nous aussi, soupira le Lord en se servant également des pancakes.
Le petit déjeuner se passa dans la bonne humeur qui, depuis longtemps, avait désertée le manoir. Lily, Tessa et Gabriel arrivèrent tous les trois dans la cuisine et sautèrent littéralement de joie en apprenant la nouvelle.
Tania s'empressa d'écrire à Thomas, à Al ainsi qu'à Severus pour leur apprendre les dernières bonnes nouvelles. Alors que la petite famille poursuivant de déjeuner sous les éclats de rire des plus jeunes, la porte s'ouvrit sur Théo.
- Et bien, quelle ambiance ! s'exclama-t-il dédaigneusement. Quelqu'un est mort ?
- Comment oses-tu, espèce de…
- Non Tom, coupa Tania. Laisse-le ! Ne vois-tu pas qu'il veut te provoquer ? Alors, arrête ! Inutile de gâcher cette belle journée.
- Oui, tu as raison ! acquiesça le Mage en passant la main dans les longs cheveux de sa femme.
- Il n'empêche, reprit Théo en s'installant entre Lily et Tessa, j'aimerais savoir ce qu'il se passe !
- Si tu lisais plus souvent la Gazette du Sorcier, tu le saurais, s'indigna James en lui lançant son exemplaire.
- Ce qu'il se passe ne m'intéresse pas et tu le sais très bien, Potter, répliqua Théo en se servant du jus d'orange.
- C'est ce que tu prétends, mais je suis certain que tu ne lis pas la Gazette par peur d'y découvrir une liste des Aurors et des apprentis décédés en mission, clama le jeune Potter en foudroyant son ancien ami du regard.
- Serait-il arrivé quelque chose à Tara, s'inquiéta-t-il subitement en posant les yeux sur le journal qu'il n'avait même pas ouvert.
- Non ne savons pas Théo, lui répondit son père. La seule chose dont nous sommes au courant c'est que le ministre a rappelé les Aurors et les apprentis au pays. J'espère que nous aurons une lettre du ministère pour nous informer de l'arrivée de Tara.
- Ca m'est égal ! s'exclama Théo en haussant des épaules. Tara peut rester là où elle est. Je suis mieux sans elle !
Tom se leva d'un bon et allait répliquer quand un hibou Grand Duc vint taper du bec contre la vitre. Plus proche, Théo se leva et lui ouvrit la fenêtre, prenant la lettre accrochée à sa patte et le payant. Fronçant les sourcils, il constata que le seau du ministère était apposé sur la lettre et, les mains tremblant légèrement, il l'ouvrit :
- D'où cela provient-il ? demanda Tania, impatiente.
- Du ministère, maman ! Du ministère ! répondit son fils en lisant à vive allure.
A la fin de sa lecture, le visage du jeune Jedusor avait perdu toute couleur, chiffonnant le parchemin entre ses doigts.
- Mais que se passe-t-il ? s'enquit James en s'approchant de lui.
- Tes parents vont bien, souffla Théo. Ils seront là d'ici une heure, mais Tara, elle…
- Elle quoi ! s'écria Tom en arrachant la lettre des mains de son fils !
- Elle est à Sainte-Mangouste, blessée ! cria le jeune homme avant de se précipiter hors de la pièce.
Théo se rua jusqu'au hall, prêt à prendre sa cape et à transplaner directement dans la rue de l'hôpital quand il se figea sur place.
- Salut !
- C'est impossible ! souffla-t-il, n'y croyant pas.
- Je suis bien là pourtant Théo !
Le jeune homme parcourut la distance qui le séparait d'elle, attrapant sa sœur par la taille pour la soulever dans les airs, riant aux éclats.
- Théo ! rigola-t-elle. Repose-moi au sol, tu veux !
Ce qu'il s'empressa de faire avant de la serrer dans ses bras et de respirer un grand coup son odeur si fruitée qui lui avait tant manqué malgré tout. Elle répondit à son étreinte alors que des bruits de pas précipités venaient vers eux.
- Tara, s'écria James en l'apercevant dans les bras de Théo.
- C'est bien moi ! sourit-elle ne lâchant pas son frère, mais le saluant d'un petit signe de main.
Théo finit par la relâcher et prit son visage entre ses mains avant de l'embrasser sur le front et de dire :
- Je n'en reviens pas que tu sois là !
- Moi non plus ! Vous m'avez tous tellement manqué ! souffla-t-elle.
- Je suis heureux de te revoir, mais ça ne change rien ! reprit son jumeau. Je suis toujours furieux après toi !
- Et moi toujours furieuse après toi, ne t'en fais pas ! répliqua-t-elle le sourire aux lèvres.
- Tant mieux parce que tu quittes un enfer pour un autre ! s'exclama Théo en la lâchant. Tu es prévenue.
Et sans un mot de plus, il fila.
- Sacré Théo, soupira Tom en s'approchant de sa fille pour la prendre dans ses bras.
- Papa, murmura-t-elle appréciant de nouveau d'être contre lui. Tu m'as tellement manqué !
- Toi aussi ma fille, toi aussi ! C'est si bon de te revoir saine et sauve !
Tom serra fortement sa fille comme s'il craignait qu'elle ne le quitte à nouveau. Il était si heureux de la revoir. Chaque jour avait été plus long qu'une existence toute entière. Rare étaient les fois où il avait aussi peur pour une autre personne. Mais, tout allait bien se passer maintenant que son enfant était là, dans ses bras, saine et sauve. Tout allait bien.
Tom fit par lâcher Tara pour qu'elle puisse prendre sa mère dans ses bras. Celle-ci en avait les larmes aux yeux de revoir sa fille chérie. Trois semaines sans nouvelles, trois semaines dans le brouillard le plus total. Mais, elle était là.
- Tara, tu m'as tant manquée ! J'ai eu si peur pour toi, souffla Tania en embrassant sa fille sur la joue avant de la serrer contre elle à nouveau.
- Ne te fais plus de soucis maman, sourit la jeune femme. Je suis là maintenant, je ne pars plus !
- Merlin soit loué ! Il faut que je prévienne Thomas et Severus ! Ils étaient si inquiets pour toi, les pauvres.
- Dit leur qu'ils me verront très bientôt, s'exclama Tara alors que sa mère montait dans son bureau.
- Très bien !
La jeune femme regarda sa mère disparaître dans le grand escalier avant de souffler un coup et de tourner la tête croissant le regard brûlant d'émotions de James. Le jeune homme approcha de quelques pas n'osant croire qu'elle se tenait debout, devant lui.
- Salut, souffla-t-elle en haussant les épaules.
- On a reçu une lettre du ministère disant que tu étais blessé et à Sainte-Mangouste ! dit-il en ne la quittant pas des yeux.
- Ils ont fait une erreur de matricule, sourit la jeune Jedusor. J'ai le numéro 12 et l'apprenti qui est à Sainte-Mangouste au numéro 21. Ils ont inversés les chiffres.
- De vrais crétins au ministère, murmura le jeune homme se tenant à moins d'un mètre d'elle.
- Oui, de vrais crétins, confirma-t-elle, hypnotisée par son regard.
Le regard de James dévia sur les lèvres de Tara et, d'un même mouvement empressé, ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, s'embrassant avec passion. Tom, qui avait assisté à toute la scène, sourit de tendresse, et s'éloigna sur la pointe des pieds.
Tara, les bras autour du cou de James, glissait les mains dans ses doux cheveux, leur odeur citronnée venant titiller ses narines. Le jeune homme baladait ses mains dans le dos et sur les fesses de sa compagne, voulant la coller contre lui. Ils continuèrent à s'embrasser avec la même ardeur, leurs langues jouant l'une avec l'autre.
Tout d'un coup, Tara sentit l'habituelle sensation d'étouffement due au transplanage. Moins d'une seconde après, elle toucha à nouveau le sol de ses pieds et se rendit compte qu'ils étaient dans la chambre d'amis que James occupait depuis plus de trois semaines.
Le jeune homme continuait à parsemer sa mâchoire et son cou de baisers brûlant tout en lui ôtant sa lourde cape. Tara commença à défaire un à un les boutons de la chemise de James.
Elle aussi avait très envie de sentir son corps contre le sien. Il lui avait tellement manqué. James se débarrassa de sa chemise, de ses chaussures ainsi que du chemisier de sa compagne. L'allongeant sur le lit, le jeune Potter l'admira quelques instants.
- Tu m'as tant manqué ! J'ai cru mourir sans toi !
- Je suis là maintenant, et je n'ai plus l'intention de te quitter, James ! Jamais !
- J'avais tellement peur de ne jamais te revoir…fit-il en lui caressant la joue du bout des doigts.
- Il ne pouvait rien m'arriver, mon cœur…
Tara se souleva quelque peu et l'embrassa du bout des lèvres avant de lui murmurer :
- Je t'aime James !
- Moi aussi, je t'aime mon amour…
Le jeune homme l'embrassa avec passion et leur jeu de caresse reprit alors qu'ils se retrouvaient après trois semaines de séparation forcée.
Pendant ce temps dans le petit salon…
Tom Jedusor faisait glisser ses doigts avec dextérité et précision sur le clavier du piano à queue. La douce musique s'entendant dans toute l'aile Nord du manoir. Tania, attirée par la musique, vint s'installer dans l'un des canapés, la tête dans une main, et se mit à observer son mari.
Il avait les yeux fermés et les lèvres entrouvertes, vivant la musique dans son être. Quand il jouait, Tom se sentait tout de suite serein, apaisé. Sentir les touches du clavier vibrer sous ses doigts lui faisait un bien fou. Il sentit sa femme venir s'asseoir à ses côtés au bout de quelques minutes.
Elle se joignit à lui et ils jouèrent tous deux quelques minutes encore jusqu'à ce que la douce mélodie prenne fin. Tom lui prit alors la main, qu'il porta à ses lèvres pour y déposer un tendre baiser. Tania sourit, toujours aussi belle et envoûtante. Alors le Lord s'approcha d'elle avec une lenteur délibérée pour finir par déposer ses lèvres sur les siennes.
Leur baiser se fit tendre et doux, Tom glissant une main sous la nuque de sa femme pour l'attirer plus à lui et demander à approfondir leur échange. Tout doucement, il vint taquiner la langue de Tania de la sienne, jouant et dansant avec elle.
Un frisson parcourut leurs corps alors que le baiser se faisant plus brûlant, plus pressé. A bout de souffle, ils se séparèrent doucement, collant leurs fronts l'un à l'autre et se regardant dans le blanc des yeux.
- Tu es si désirable, lui souffla Tom en caressant du bout des doigts ses joues rougies et ses lèvres rougies par leur baiser.
Pour toute réponse, Tania inclina la tête et vint capturer ses lèvres une nouvelle fois. Le Lord l'attira à lui, l'obligeant à se mettre à califourchon sur lui. Il glissa ses mains sous son petit pull appréciant la douceur de sa peau sous ses doigts. Tania laissa s'échapper un gémissement lorsqu'il vint lui effleurer la chute des reins pour poser fermement ses mains sur ses fesses la faisant sourire contre ses lèvres.
La jeune femme quitta les lèvres de son mari pour lui embrasser la mâchoire et remonter jusqu'à son oreille dont elle se mit à titiller le lobe arrachant un grognement de plaisir au Lord. Celui-ci la souleva brusquement, la déposant sur le clavier du piano, écrasant les touches qui émirent différents sons peu harmonieux.
Ils éclatèrent de rire alors que Tania descendait de son perchoir et tirait Tom par la main lui intimant de se coucher dans le canapé. Elle vint se blottir dans ses bras et soupira de bien-être.
- Je hais ce piano, murmura Tom tout en lui caressant les cheveux.
- Et pourquoi ? demanda-t-elle en levant son regard bleu pétillant vers lui.
- Parce qu'ils nous a cassé dans notre élan, rigola-t-il en déposant un baiser sur son front.
- Ce n'est pas grave, dit-elle. Cette nuit, quand les enfants seront mis au lit, je serais toute à toi !
- A vraiment !
- Oui, vraiment ! Et tu pourras faire de moi ce que tu veux…ajouta-t-elle avec un petit sourire explicite.
- Tout ça me semble être très intéressant, dit-il en l'embrassant tendrement.
Ils restèrent quelques minutes en silence jusqu'à ce que Tania demande :
- Où sont donc passé les enfants ?
- Les plus jeunes jouent à cache-cache dans le jardin. Théo doit être dans sa chambre en train de maudire la terre entière. James et Tara, et bien, nous dirons qu'ils jouent aussi, mais pas à cache-cache.
Tania éclata de rire entraînant son mari dans son hilarité. Ils eurent bien du mal à reprendre leur calme et leur sérieux.
- Ils sont jeunes, expliqua Tania. Ca fait trois semaines qu'ils ne se sont pas vu. Et puis, James était terrifié à l'idée qu'il lui arrive quelque chose.
- Je sais, souffla Tom. Au moins, cela prouve qu'il est vraiment très amoureux de notre Tara.
- Ils sont fait l'un pour l'autre, que veux-tu ! s'exclama-t-elle en se serrant un peu plus contre lui.
Ils allèrent s'endormir lorsque deux cracs sonores les firent quelques peu sursauter. Du hall d'entrée, quelqu'un cria après eux.
- Tom ! Tania !
- Dans le petit salon, répondit cette dernière en s'asseyant dans le canapé, Tom faisant de même.
Harry et Siri Potter arrivèrent quelques instants plus tard, leurs deux jeunes enfants sur les talons.
- Papa et maman sont revenus, s'écria Lily en tenant fermement la main de sa mère dans la sienne.
- Oui, c'est ce que nous constatons, en effet, sourit Tom. Bonjour Harry, fit-il en lui serrant la main. Heureux d'être de retour ?
- Oui, c'est bon de rentrer chez soi après trois semaines d'absence, lança le Survivant en prenant place dans le canapé après avoir embrassé Tania.
- Je suppose que vous avez déjà revu votre fille, s'exclama Siri en prenant place également.
- Oui, elle est arrivée il y a une bonne heure, mentionna Tania. Ce fut un réel soulagement que de la voir saine et sauve.
- Oui, je m'en doute, soupira Harry. Surtout que cela n'a pas été tous les jours facile.
- Vous étiez en Chine, c'est bien cela, se rappela Tom.
- Oui, en effet, acquiesça Siri. Seulement, nous n'y sommes pas restés très longtemps parce que, malheureusement, nous étions trop peu nombreux.
- Et que se passe-t-il exactement ? s'enquit Tania.
- Et bien, le plus étrange, c'est qu'une fois sur place, on dirait qu'il ne s'est jamais rien passé, s'exclama le Survivant. D'après ce que nous avons pu voir dans les différents ministères où nous sommes allés, je dirais que les sorciers révolutionnaires étaient encore bien plus organisés que nous ne le pensions car ils sont déjà très bien installés.
- Et, en avez-vous appris plus sur leurs intentions ?
- Malheureusement non Tom. Mais ce que nous avons appris Harry et moi-même c'est que chaque milice aurait un ou deux chefs qui, eux-mêmes, recevraient leurs ordres directement de la personne qui serait derrière tout ça.
- Donc, ce serait le fait d'un seul sorcier, constata Tom.
- Oui, acquiesça Harry. Mais, pour être encore plus précis, nous pensons qu'il s'agit d'un groupe de cinq ou six sorciers très liés et dont l'un d'entre eux tire toutes les ficelles. Bien entendu, aucuns d'eux ne s'est montré et je ne pense pas qu'il le fasse avec que celui qui tire les ficelles soit d'accord de se montrer lui-même.
- Est-ce que le ministre a déjà trouvé une solution pour nous sortir de cette situation ? questionna le Mage.
- C'est très compliqué, soupira Siri. Et pour tout dire, même si tous les Aurors de chaque pays se rassemblaient pour former une armée, je ne pense pas que nous en viendrions à bout parce que, contrairement à ce que les politiciens croient, il ne s'agit pas de simples sorciers.
« Ils ont été entraîné et ils savent parfaitement ce battre en duel. Certains ont un potentiel magique assez surprenant. Non, ils n'ont pas été choisi à la légère et on les a préparé pendant des mois voire des années. C'est assez impressionnant. »
- Donc, en clair, lança Tania, ce qu'il faudrait pour les éliminer c'est que tous les sorciers se joignent aux forces du ministère.
- En effet, souffla Harry. Mais il sera très difficile de convaincre tous ses sorciers et sorcières puisque, jusqu'à présent, les révolutionnaires n'ont encore fait aucune victime et ils ne s'en prennent à personne mis à part les hauts représentants magiques qu'ils arrêtent. Nous sommes pour l'instant dans une impasse.
Le bruit des marches du grand escalier de chêne qui craquèrent attirèrent leur attention. Quelques secondes plus tard, James et Tara arrivèrent main dans la main, apparemment heureux d'être de nouveau l'un avec l'autre.
- Papa ! Maman ! s'exclama le jeune homme en les apercevant.
- Salut fiston, rigola Harry en faisant l'accolade à son fils.
- Vous allez bien, demanda-t-il en embrassant sa mère.
- Nous allons bien, ne t'en fais pas ! sourit-elle.
- Oh, ce que je suis heureux de vous revoir ! sourit-il, le regard pétillant.
- Nous aussi nous sommes très heureux de te revoir. J'espère que nos enfants ne vous en n'ont pas trop fait baver !
- Non, Harry ! s'exclama Tania. Ils ont été vraiment géniaux !
- Alors, on rentre à la maison ? demanda la jeune Lily.
- Oui, ma chérie ! Nous ne quittons plus le pays ! Ah, au fait, Tara, lundi matin à six heures tapantes, je veux que tu sois au ministère, reprit Harry à son adresse.
- Très bien, mais qu'allons-nous faire ?
- Le ministre a confié une nouvelle mission aux Aurors à laquelle les apprentis doivent participer. Je t'en dirais plus lundi. En attendant, repose-toi et profite de ta famille.
- Oui, Monsieur, dit Tara en inclinant légèrement la tête en signe de respect pour son instructeur.
- Bien, nous allons y aller dans ce cas, annonça Siri. James, si tu le souhaites, tu peux passer le week-end avec Tara.
- Vraiment ? s'étonna-t-il.
- Oui, si Tom et Tania sont d'accord, nous n'y voyons pas d'inconvénients, renchérit son père.
- James est ici chez lui, intervint Tom.
- Parfait. Alors, nous te voyons lundi fils, s'exclama Harry. Et profitez-en bien, parce qu'après Tara va être très occupée.
- Reçu cinq sur cinq, dirent les deux jeunes gens, la main dans la main.
Les Potter quittèrent le manoir après avoir salué toute la petite famille. Après avoir mangé un morceau, James et Tara allèrent se promener un peu dans le parc malgré les températures presque hivernales. Le jeune homme commença par interroger Tara sur sa mission, pressé d'en savoir plus.
- Alors, comment c'est la Chine ?
- C'est très grand, je dirais. Un pays assez bizarre, mais avec de très belles villes. Nous n'y sommes pas resté longtemps parce que les révolutionnaires – comme tout le monde les appellent – avaient déjà une emprise totale sur le monde magique.
- Et où êtes-vous allé ensuite ?
- Nous sommes allé donner un coup de mains en Russie. Le ministre de la magie était déjà entre leurs mains, mais Harry tenait absolument à ce que l'on tente d'aider le ministre Moldu avant qu'il ne soit trop tard.
- Et ça a raté, s'exclama James.
- Oui, mais cela n'a aucune importance, sourit Tara. Les ministres Moldus ne seront d'aucune utilité pour les révolutionnaires. Ensuite, nous avons passé une semaine et demie à Barcelone. On nous avait dit qu'il s'y passait des choses étranges.
« Harry a voulu essayer de mettre la main sur plusieurs sorciers et sorcières suspectés d'être des révolutionnaires, mais cela n'a rien donné. Cette mission était totalement inutile puisque les révolutionnaires, comme tu le sais, sont bien mieux préparés que nous. »
Ils marchèrent tranquillement quelques minutes encore avant d'aller s'asseoir sur l'un des bancs de pierre.
- Alors, que faisons-nous maintenant ? demanda James, brisant ainsi le doux silence qui s'était installé entre eux.
- Il faut que j'attende de savoir quel genre de mission le ministère nous confie, dit-elle. Mais si c'est bien ce que je crois, alors tout ira pour le mieux.
- Tu sais que tu vas devoir tout révéler à tes parents !
- Oui, je le sais James, mais tout se passera bien, tu verras.
- Et de quel genre de mission crois-tu qu'il s'agisse ?
- Je pense que le ministre va nous charger de protéger différents lieux très importants et peuplés d'un grand nombre de sorciers et sorcières.
- Comme Poudlard par exemple !
- Exactement James ! Comme Poudlard ! sourit la jeune femme, son regard brillant d'une lueur écarlate.
Les deux jeunes gens passèrent le reste de la journée à se promener. Ensuite, ils allèrent souper avec le reste de la famille Jedusor. L'humeur se fit quelque peu plus joyeuse étant donné le retour de Tara. Bien sûr, Théo se fit discret et mangea en silence.
Ensuite, Théo remonta dans sa chambre pour étudier car il avait une dissertation à rendre ainsi qu'une interrogation prévue pour la fin de la semaine. Le couple Jedusor alla s'installer tranquillement dans le petit salon. Tom au piano et Tania lisant un livre confortablement installée sur le canapé. James et Tara se joignirent à eux quelques instants, le père et la fille jouant quelques airs d'opéra.
A la nuit tombée, les jeunes amoureux retournèrent dans la chambre qu'occupait James. Ils n'avaient pas très envie de croiser Théo qui devait être dans le salon commun. Autant passer le week-end bien tranquille dans une autre aile du manoir que de créer une nouvelle dispute totalement inutile.
James était allongé dans le grand lit, Tara se blottissant contre lui. Ils restèrent silencieux un long moment, profitant tout simplement de la présence de l'autre après presque qu'un mois de séparation. Soudain, quelques petits coups secs furent frappés à la vitre de la chambre.
- C'est un hibou, remarqua Tara en s'appuyant sur un coude.
- Ah oui ! s'exclama James en se levant. La Gazette du Sorcier a pris l'habitude de faire deux exemplaires par jour étant donné la vitesse à laquelle les révolutionnaires prennent le pouvoir.
Après avoir payé le hibou, le jeune James revint se coucher auprès de Tara. Celle-ci s'empara du journal, un sourire sur les lèvres :
- Alors voyons voir ce que cela raconte ! dit-elle en lisant tout haut l'article.
Les Révolutionnaires à nos portes !
Comme nous le pensions, les ministères de la magie espagnol et portugais n'auront pas résisté bien longtemps aux milices organisées.
Durant cette après-midi, les révolutionnaires se sont également emparés de l'Italie, de la France, du Luxembourg, de l'Allemagne et de la Belgique. L'Europe de l'est étant déjà totalement sous occupation depuis ce matin.
Les révolutionnaires sont donc à nos portes. Il faut prévoir leur passage à l'action dans les prochaines heures ou dans les deux ou trois jours à venir. Le ministre de la magie a bel et bien rappelé l'ensemble de nos Gardiens de la Paix.
Ceux-ci seront affectés à différentes tâches visant à défendre les principaux lieux où se trouvent un nombre très important de sorciers et de sorcières. D'après nos sources, il s'agirait de l'école de sorcellerie Poudlard, de la banque Gringotts, de l'Académie magique, de l'hôpital Sainte-Mangouste, de la prison d'Azkaban et, bien entendu, du ministère lui-même.
Nous ne savons donc pas comment vont se dérouler les prochaines heures. En espérant pouvoir vous délivrer la Gazette du Sorcier de demain matin,
Maria Martinez.
La jeune Jedusor replia le journal et se tourna vers James, prête à faire un commentaire, quand elle s'aperçut que le jeune homme s'était endormi. Le pauvre manquait en effet cruellement de sommeil n'ayant dormi que très peu depuis le départ de Tara, l'inquiétude le rongeant. La jeune femme eut un doux sourire en le voyant si paisible.
Elle se pencha vers James et lui l'embrassa du bout des lèvres avant de se lever et d'ouvrir les doubles fenêtres menant au balcon. L'air était glacial et la nuit d'un noir d'encre. Des dizaines de petites lumières provenaient du village de Moldus situé en contre bas.
Tara observa quelque instant la beauté des étoiles qui scintillaient dans le ciel sombre et la lumière du croissant de lune. Le souffle de la jeune femme se transformait en vapeur tant les températures étaient basses. L'hiver approchait à grands pas et les premières neiges n'allaient sûrement pas tarder à tomber recouvrant tout d'un épais manteau blanc.
La jeune Jedusor sortit alors sa baguette magique de la poche de son jean et murmura un sortilège pour se réchauffer quelque peu. C'est alors que, dans le ciel, une étoile se fit plus brillante que les autres. Tara l'observa quelques instants avant de préparer un message clair dans sa tête et de pointer sa baguette magique devant elle en murmurant :
- Spero Patronum !
Un énorme lion sortit alors de sa baguette et quitta le balcon pour aller là où elle le lui ordonnait. La jeune femme eut un sourire en voyant l'animal disparaît au loin dans la nuit noire. Avec le message qu'il transportait en lieu, ce lion allait sceller le destin de tous ses proches et Tara espérait ne pas avoir fait d'erreur.
La première fois qu'elle avait effectué ce sortilège, elle s'était interrogée sur la nature de l'animal.
Après tout, le lion représentait la maison de Gryffondor et non celle de Serpentard. Elle avait toujours cru qu'elle aurait un serpent pour Patronus comme son père, mais non. Bien des années plus tard, Tara avait compris la signification du lion.
La jeune femme retourna à l'intérieur et referma les doubles fenêtres. S'allongeant aux côtés de James, elle le regarda avec tendresse. La magie était tout de même la chose la plus curieuse au monde. La sienne avait, alors qu'elle n'avait que onze ans, déjà choisi pour elle la voix à suivre, en faisant de son Patronus un lion, qui, à ses yeux, représentait la force et le courage de James Potter.
Le lundi matin, Poudlard…
Severus Rogue faisait de longues allées et venues dans la Grande Cours extérieure de Poudlard. Il attendait avec une certaine impatience la quarantaine d'Aurors qui devaient arriver d'une minute à l'autre pour assurer la sécurité de l'école face aux révolutionnaires.
Dire que le directeur était inquiet serait un euphémisme. Il craignait pour la sécurité de ses élèves. Après tout, quoi de plus normal étant donné que la majorité des écoles de magie du monde étaient tombées entre les mains de ses milices de sorciers. Beaubâtons, l'école de magie française, était la dernière en date à avoir succombé.
Bien sûr, Severus Rogue ne se voilait pas la face. L'Angleterre ne tarderait pas à tomber aux mains des révolutionnaires. Ensuite, ce sera le tour de l'Ecosse et, par conséquent, de l'école. Le pire dans toute cette histoire était sûrement de ne pas savoir qui se cachait derrière tout ça, mais aussi de n'avoir aucune idée qu'en aux intentions finales de ces sorciers.
Le sorcier fut sorti de ses pensées par plusieurs bruits caractéristiques au transplanage. En quelques secondes, un peu moins d'une cinquantaine d'Aurors et d'apprentis se tenaient devant lui, Harry Potter à leur tête.
- Bonjour Severus, fit celui-ci en lui serrant la main.
- Bonjour, je suis ravis de vous voir ! dit le directeur.
- Puis-je disposer mes hommes aux différents accès de l'école ? questionna le Survivant.
- Bien sûr, vous avez cartes blanches, s'exclama Rogue.
- Parfais !
Harry Potter se tourna face à ses troupes et clama haut et fort :
- Je veux que, par binôme, vous vous postiez devant chaque entrée du château.
Aussitôt, une vingtaine d'Aurors transplanèrent. Le Survivant reprit :
- Quant à ceux qui restent, je veux que vous vous postiez aux différentes entrées du domaine.
Une seconde vingtaine d'Aurors dans lesquels comptaient Siri et Ronald, transplanèrent. Seule Tara resta. Harry lui avait confié une tâche particulière.
- Tara, fit-il, tu sais ce que j'attends de toi. Quand le ministère tombera, peu importa quand, j'ai chargé Alec de t'envoyer un Patronus messager qui aura la forme d'un chien. Quand il arrivera, à toi de donner l'alarme. Compris ?
- Oui, Monsieur, c'est très clair !
- Très bien alors, va te poster au haut de la tour d'astronomie. C'est là que le Patronus arrivera.
La jeune femme fit un bref signe de tête avant d'aller aux pas de courses jusqu'à la tour. Harry, resté seul avec Severus, se tourna vers celui-ci.
- Voilà, c'est malheureusement tout ce que je peux faire.
- C'est déjà beaucoup ! sourit Severus alors qu'il entrait dans le château.
- Oui, mais à mes yeux c'est loin d'être suffisant. Je crois que cela va se passer aujourd'hui. Dans quelques heures, ils seront aux portes de l'école.
- Peut-être devrions-nous remettre les sortilèges de protection autour du château ? proposa le directeur.
- Je ne pense pas que cela nous serait très utile, soupira Harry. Plusieurs écoles tout aussi bien protégées que Poudlard, parfois même plus, ont été envahie en moins d'une heure. Alors, non, les boucliers ne nous serviront à rien dans ces circonstances.
- Tout espoir est donc perdu !
- Non Severus, il y a encore de l'espoir, mais il s'amenuise de jour en jour.
Les deux hommes passèrent toute la matinée à patrouiller dans les couloirs de l'école. A l'heure du déjeuner, les Aurors vinrent par groupe de deux manger et boire quelque chose en vitesse avant de retourner à leurs postes. Harry pu ainsi échanger quelques mots avec sa femme.
- Alors, y a-t-il du mouvement ?
- Non, rien. Tout est étrangement tranquille, souffla-t-elle en mordant dans un toast. On dirait que même les créatures qui habitent la forêt interdite sentent qu'il va se passer quelque chose dans peu de temps. Elles sont très calmes et discrètes. Ce n'est pas bon signe Harry !
- Oui, je le sais, mais, malheureusement, à part attendre que l'orage vienne jusqu'à nous, nous ne pouvons pas faire grand-chose d'autre. Le ministère tombera avant la fin de la journée, tu peux me croire, je le sens.
- Ce qu'il me fait peur, murmura sa femme, c'est de ne pas savoir de quoi demain sera fait comme lors de la guerre contre les partisans du Lord Noir. Jamais je n'aurais cru que cette peur referait un jour surface.
- Moi non plus Siri ! Moi non plus !
Sa femme l'embrassa furtivement, prenant une pomme, avant de retourner à son poste. Le Survivant prit une assiette qu'il remplit de quelques uns des mets présentés. Il se dirigea ensuite vers la tour d'astronomie où Tara faisait le guet depuis plus de quatre heures maintenant.
Harry la retrouva occupée à se réchauffer d'un coup de baguette magique.
- Il fait froid aujourd'hui, dit-il en lui tendant l'assiette.
- Oui, très froid. Merci, fit-elle en posant l'assiette sur le mur de pierre avant de commencer à grignoter.
- Rien à signaler, lui demanda-t-il.
- Non, toujours rien ! Je déteste rester dans l'attente incertaine des évènements.
- Moi aussi, Tara, mais il n'y a rien d'autre à faire. Bientôt, nous verrons les visages de ceux qui se cachent derrière tout ça !
- Tu crois, s'étonna la jeune femme en resserrant sa lourde cape autour de ses épaules.
- Oui, je crois que si l'Angleterre et l'Ecosse sont les derniers pays à être resté libre aussi longtemps c'est parce que celui ou ceux qui se cachent derrière tout ça voulait terminer sa prise de pouvoir en beauté. Et quoi de mieux que le centre de la communauté magique internationale ?
- Oui, tu as peut-être raison, souffla la jeune femme. Quel est leur but d'après toi ?
- C'est assez difficile à dire ! L'idée qu'il s'agisse d'anciens partisans de ton père que nous n'avons pas réussi à attraper m'a traversée l'esprit. Mais si cela avait été le cas, je ne pense pas que ton père aurait parut aussi affecté quand tu as été envoyée en mission.
- Que veux-tu dire ?
- Et bien, si c'était vraiment d'anciens partisans de Voldemort, je crois que l'instigateur de tout ça n'aurait été nul autre que ton père, mais quand tu es partie en mission, il avait vraiment très peur pour toi, cela se voyait dans ses yeux.
« Alors, je me suis posé cette question : si Tom Jedusor était vraiment derrière tout ça, il n'aurait pas peur que sa fille parte affronter ses partisans puisque ceux-ci ne lui ferait jamais aucun mal. Donc, conclusion ? »
- Ce n'est pas mon père, termina Tara en croquant dans une pomme verte. Mais qui alors ?
- Franchement, je n'en ai aucune idée. Et je déteste ne pas connaître mon ennemi alors que lui sait tout de moi.
Harry lui fit un pâle sourire avant de quitter les lieux. La jeune femme continua à observer le ciel à attendre que se manifeste le Patronus d'Alec Jane. Les minutes lui semblèrent interminables quand elle entendit les escaliers de bois grincer sous le poids d'une personne qui venait la voir, apparemment.
La jeune femme se retourna et s'exclama :
- Tiens papa ! Tu sèches les cours !
- Très drôle ma fille, vraiment très drôle ! s'indigna-t-il en venant la prendre dans ses bras.
- Non, mais sérieusement, tu n'as pas cours ?
- Non, j'ai une heure de libre le lundi après midi avant un double cours avec les quatrièmes années.
- Oh super ! Tu vas voir Thomas et Albus Severus alors ?
- Oui, en effet !
- Tu les embrasseras de ma part, demanda-t-elle. Ca fait longtemps que je ne les ai pas vus et la seule fois où je viens à Poudlard c'est pour faire le guet en haut de cette tour glaciale.
- C'est vrai qu'il fait froid alors, quand j'ai croisé Harry tout à l'heure et qu'il m'a dit que tu te transformais en glace, j'ai pensé à te prendre ceci.
Il lui tendit une lourde cape doublée de fourrure.
- Je lui ai jeté un sort. Tu n'auras plus froid avec ça !
- Génial, s'enthousiasma la jeune femme en retirant la cape qu'elle avait sur le dos et en mettant celle que son père lui tendait. Ca fait du bien ! soupira-t-elle. Merci !
- De rien ! Après tout, ça sert à ça les pères, sourit Tom en posant la main sur la joue rougie par le froid de sa fille. D'ailleurs, il n'y a pas qu'Harry que j'ai croisé dans le couloir.
- Ah bon ! Et qui d'autre ?
- Je te laisse le découvrir par toi-même, souffla-t-il énigmatique. A plus tard !
Tom l'embrassa avant de disparaître dans l'escalier de bois. Tara vit qu'il saluait quelqu'un avant de quitter totalement les lieux. Quand l'intrus fut sorti de la pénombre, Tara courut se jeter dans ses bras :
- James ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Ce n'était pas prévu !
- Je sais que je ne devais pas venir te voir, mais l'un de mes profs était absent. Alors, je me suis dit que tu te sentirais moins seule.
- Tu as bien fait ! Je suis très contente que tu sois là, sourit Tara en l'embrassant brièvement avant de se remettre à son poste.
- Alors, qu'est-ce que tu attends exactement ? lui demanda-t-il en se mettant à ses côtés.
- Et bien, si le ministère tombe, Alec doit m'envoyer un Patronus messager. Ensuite, mon devoir est de faire à mon tour parvenir le messager par Patronus pour que tous les Aurors se réunissent dans la Grande Cour devant l'entrée principale ! On est sûr que c'est par là qu'ils vont entrer !
- Et personne d'autre ne pouvait faire cette tâche ! s'indigna James. Cela me semble être un travail très ennuyeux !
- Pas beaucoup plus ennuyeux que de faire le guet aux différentes entrées du château et du domaine. Comme je suis la sorcière ayant le plus grand potentiel magique, Harry a pensé que je n'aurais aucun mal à créer une trentaine de Patronus pour que tout le monde soit mis au courant en même temps.
- Et donc, tu dois attendre !
- Et oui ! Mais, je pense que cela ne sera plus très long maintenant ! Les révolutionnaires ne vont plus tarder à passer à l'action si ce n'est pas déjà fait.
Deux heures s'écoulèrent sans le moindre mouvement, sans la moindre alerte. Le jeune Potter regarda sa montre. Il était quinze heures et quart. Par Merlin, qu'il pouvait détester rester là à attendre stupidement que les choses se passent. James jeta un coup d'œil à Tara.
Son regard parcourait sans arrêt l'immensité du ciel à attendre un signe quelconque. Le jeune homme admirait son calme et la patience dont elle pouvait faire preuve en des moments pareils. Lui était au bord de l'explosion tant il aurait voulu que tout soit déjà terminé.
Aucuns d'eux ne savaient de quoi demain serait fait, mais une chose était sûre, ils ne se quitteraient jamais et ce, quoiqu'il arrive. Cela devait être ça leur force : le lien qui les unissait et qui faisait qu'ils étaient une seule et même personne. James soupira un grand coup avant de tourner le regard à nouveau vers le ciel.
- Du calme James ! rigola Tara. Je sens ta nervosité jusqu'ici !
- Désolé Tara, mais je trépigne d'impatience et en même temps je crains ce qu'il risque de se passer. Et si jamais des élèves, des professeurs ou même des Aurors se faisaient blesser ou tuer ?
- Ne t'inquiète pas, James ! Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun blessé grave ni de tués. Alors, je ne vois pas pourquoi cela changerait parce qu'ils viennent à Poudlard. Il ne faut pas craindre la mort !
- Moi, je pense qu'au contraire, il faut la craindre, souffla le jeune homme. La mort est un état définitif sur lequel on ne peut revenir.
- Tu as tout faux mon cœur ! La mort n'est qu'un passage. Un passage obligé, certes, mais un passage ! Rien ne s'arrête avec la mort, ce n'est qu'un chapitre commun à toute vie sur cette Terre.
- Ce n'est peut-être qu'un passage, mais j'aimerais l'emprunter le plus tard possible, s'exclama James en prenant sa main dans la sienne.
- Tu n'es pas le seul ! Moi aussi, je veux l'emprunter le plus tard possible. Il me reste encore tant de choses à vivre.
- Lesquelles par exemple, lui demanda-t-il, plus curieux que jamais.
- J'aimerais terminer ma formation d'Aurors. Finalement, je trouve cela assez plaisant. Mais, professionnellement parlant, ce n'est pas mon vrai rêve de carrière.
- Et c'est lequel, interrogea-t-il bien que se doutant déjà de la réponse.
- Enseigner ! répondit-elle avec un sourire radieux. J'ai toujours trouvé cela très attirant. Enseigner c'est faire passer son savoir à d'autres générations. Quand j'ai donné des cours de magie à mes camarades de Serpentard, j'ai trouvé ça tellement jouissif quand on voit dans leurs yeux cet éclair de compréhension.
- Tu serais une excellente enseignante, dit-il en lui serrant un peu plus la main.
- Un jour, peut-être, mais pour cela, il faut que les mentalités changent. Une fois que se sera fait, je pourrais accomplir d'autres rêves qui me tiennent à cœur. Et le premier est de devenir ta femme.
Le jeune homme tourna brusquement la tête vers elle, visiblement surpris.
- Devenir ma femme, répéta-t-il en posant la main sur sa joue glacée et rougie par le froid. Je croyais que tu nous trouvais trop jeunes.
- Je crois qu'il n'y a pas d'âge pour tomber amoureux et qu'il n'y a pas d'âge pour se marier. Je suis profondément amoureuse de toi et t'épouser serait un véritable bonheur. Tu es l'une des personnes les plus chères à mon cœur, James Potter.
- Si j'avais su ça, je t'aurais demandé de m'épouser plutôt que de venir vivre avec moi, souffla-t-il en l'embrassant du bout des lèvres.
- Tu as bien fait, rétorqua-t-elle. Je pense que mon père apprécierait que tu lui demande ma main avant de m'offrir une bague. Papa est de la vieille école, tu sais !
- Et bien, si je dois lui demander ta main, je le ferais, et très bientôt !
James la prit dans ses bras avant de celer leurs lèvres en un doux baiser. Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre pendant un bon moment encore jusqu'à ce que dans le ciel, un éclair de lumière bleue attire leurs regards.
- Le voilà, souffla James. Le Patronus !
- Oui, en effet ! constata Tara.
- Tara, avant qu'ils n'arrivent, je dois encore te dire à quel point notre amour est ce qu'il m'est arrivé de mieux et que, quoiqu'il arrive, je t'aimerais toujours.
- Moi aussi James, je t'aimerais pour toujours, répondit-elle, une larme coulant sur sa joue.
Le Patronus messager entra alors dans la tour et délivra son message, la voix d'Alec Jane sortant d'outres tombe :
Une centaine de sorciers ont envahit le ministère de la magie. Le ministre et ses hauts conseillés ont été arrêtés. Ils sont en route…Attention !
Les deux jeunes gens échangèrent un rapide coup d'œil. L'heure décisive était toute proche. Tara sortit sa baguette magique de l'une des poches de sa cape avant de se concentrer quelques instants sur le message d'alerte à donner avant de murmurer comme elle l'avait fait deux jours plus tôt :
- Spero Patronum !
Une vingtaine de lions surgirent de sa baguette magique partant dans toutes les directions. Ensuite, d'un commun accord, James et Tara quittèrent la tour d'astronomie pour se rendre comme prévu à la Grande Cour extérieure devant l'entrée principale du château.
Ils rencontrèrent bon nombre de professeurs qui conduisaient les élèves dans la Grande Salle pour les y enfermer et placer quatre Aurors devant les lourdes portes en bois. Leur sécurité comptait avant toute autre chose. Les deux jeunes gens arrièrent à toute vitesse dans la cour, Harry Potter ainsi que quelques Aurors déjà présents.
- Tara, appela Harry quand il la vit.
- Oui Monsieur !
- Est-ce qu'Alec a donné des précisions sur les évènements ?
- Non, Monsieur ! Il a juste mentionné que le ministre et ses hauts conseillés ont été arrêtés.
- Très bien. James et toi, vous allez rester auprès de moi, souffla le Survivant alors que sa femme et Ronald venaient d'arriver en compagnie du reste des Aurors.
- Quelle est la situation, demanda Ron.
- Le ministère est entre leurs mains, sinon, je n'en sais pas plus que toi ! Il faut encore attendre.
Quelques minutes plus tard, le directeur, Severus Rogue, arriva avec l'ensemble de son corps professoral. Tom échangea un regard avec Harry qui lui suffit à comprendre l'ampleur de la situation. Tout allait se jouer dans les minutes à venir.
Le temps leur parut bien long avant qu'il n'y ai un quelconque mouvement. Soudain, à l'autre bout du long pont de pierre, apparurent des dizaines de sorciers et de sorcières. Tous étaient vêtus de longues capes noires avec de lourds capuchons rabattus sur leurs têtes masquant ainsi leurs visages.
Ils n'effectuèrent aucun mouvement pendant cinq bonnes minutes avant qu'un autre sorcier n'arrive en transplanant. Apparemment, il s'agissait du chef de groupe. Peut-être même était-ce lui qui se cachait derrière tout ça ?
D'un simple mouvement de la tête, le sorcier intima à ses troupes d'avancer. Lentement, ils approchèrent des Aurors et de l'entrée principale de l'école. Harry Potter s'adressa à ses Aurors en clamant :
- Tenez-vous prêts à protéger l'école d'une quelconque attaque ! Nous ne savons pas ce qu'ils veulent.
Tous les sorciers avaient leurs baguettes magiques à portée de main au cas où la nécessité les obligerait à intervenir rapidement. Les révolutionnaires entrèrent alors dans la Grande Cour, le bruit de leurs bottes claquant sur le sol en pierre. D'un mouvement du bras, le sorcier de tête les fit s'arrêter.
Personne ne dit mot pendant de très longues minutes comme si briser le lourd silence risquait de déclencher une tempête des plus dangereuse et imprévisible. Harry Potter prit une grande respiration et s'avança de quelques pas. Le sorcier à la tête du groupe fit de même.
Une quinzaine de mètres les séparaient encore lorsqu'Harry clama haut et fort pour que tous puissent bien l'entendre :
- Vous n'êtes pas les bienvenus ici ! Alors, repartez !
- Je crois malheureusement que vous n'êtes pas en mesure de revendiquer quoi que se soit Monsieur Potter, répondit le sorcier sur un ton amusé qui fit rire ses troupes. Voyez-vous, aujourd'hui, le monde nous appartient.
- Nous n'allons pas nous avouer vaincu aussi facilement, déclara le Survivant avec hargne.
- J'en suis convaincu, ricana le sorcier. Seulement, voyez-vous, j'ai à mes ordres plus d'une centaine de sorciers et sorcières alors que je ne vois qu'à peine une quarantaine de sorciers expérimentés derrière vous. Non, Monsieur Potter, nous savons très bien tous les deux que vous ne faites malheureusement pas le poids.
- C'est exact, en effet ! s'exclama Harry. Déclencher une attaque contre vous nous conduirait vers un massacre, et ça, je crois que nous préférons tous les deux l'éviter.
- Je préférerais en effet, acquiesça le sorcier. Qu'avez-vous donc à me proposer pour qu'aucun sorcier ne soit blessé ?
- Pour que je puisse vous proposer quelque chose, il faudrait déjà que je connaisse vos revendications. Vous avez envahis le monde des sorciers à une vitesse incroyable, mais aucun d'entre vous n'a encore dit ce que vous comptiez faire.
- Il est vrai que nous nous sommes montré très discret quand au but que nous poursuivons en nous emparant des ministères de la magie du monde entier, mais votre curiosité va être très vite récompensée.
- Qui êtes-vous ? s'écria le Survivant. Pourquoi vous cacher derrière ses longs capuchons ? Auriez-vous peur de montrer vos visages à découvert ?
- L'anonymat Monsieur Potter est la plus grande des libertés que possède un individu, répondit le Sorcier énigmatique.
- Vous ne nous direz donc rien, fulmina Harry.
- Bien sûr que si, voyons ! Ne vous énervez pas pour si peu, se moqua le sorcier faisant éclater de rire ses troupes.
Le sorcier leva à nouveau le bras pour réclamer le silence qu'il obtint très vite. Apparemment, il contrôlait tous ces sorciers et sorcières d'une poigne de fer.
- Pour répondre quelque peu à votre curiosité, reprit-il en commençant à faire les cents pas, sa longue cape ondulant autour de ses chevilles, cette prise de pouvoir à nécessité près de sept ans de préparation.
- Sept ans ! s'exclama Harry Potter, les yeux écarquillés.
- Et oui. Une action de cette ampleur demande beaucoup de préparation et puis, il faut de très longs mois pour convaincre les bons sorciers à nous rejoindre. Ce ne fut pas une tâche des plus aisées, je vous prie de le croire. Réunir des centaines de sorciers et sorcières à travers le monde demande beaucoup de patience.
- Je n'en doute pas, souffla le chef des Aurors, abasourdis comme tant d'autres. Et c'est vous qui êtes derrière tout ça !
- Je ne suis pas celui qui a eut cette idée, non, annonça le sorcier. Je suis juste une sorte de bras droit si je puis dire ainsi. Un porte-parole.
- Et qui est votre chef alors ?
- Une chose à la fois Monsieur Potter ! Je pense que continuer à masquer mon visage n'est plus très utile à présent.
Le sorcier leva les bras, abaissant d'un geste brusque son lourd capuchon. Il s'agissait d'un jeune homme de vingt-cinq ans tout au plus, les cheveux d'un blond cendré et les yeux aussi noirs que du charbon.
- Avery ! s'exclama Severus Rogue qui parlait pour la première fois. Mais qu'est-ce qui vous a entraîné dans cette folie jeune homme ?
- Dans cette folie ? Non, Monsieur, vous vous trompez, s'indigna le jeune homme.
- Alors tu es donc le bras droit, murmura Harry en le regardant droit dans les yeux. Toi, Orion Avery, fils de Mangemort. J'espère que tu n'as pas entraîné avec toi ton jeune frère, Seth !
Un autre sorcier encapuchonné s'avança de quelques pas, découvrant à son tour son visage. Il ne s'agissait de nul autre que de Seth Avery.
- Qu'est-ce que tu fais là jeune homme ? s'écria Harry.
- Je suis là où doit être ma place, clama-t-il avec aplomb.
- Où doit être ta place, intervint Tom en s'approchant. Ne fais pas la même erreur que ton père au même âge. Il y a perdu la vie après en avoir gâchée tant d'autre y compris la sienne. Alors, ne commet pas la même erreur. Tu es encore si jeune.
- Je ne commets aucune erreur parce que c'est la bonne voix à suivre. Il n'y en a pas d'autre pour être enfin libre, s'exclama Seth. Très bientôt, il n'y aura plus aucun sorcier, plus aucune sorcière qui nous jugera comme étant des parias.
- Alors, c'est donc cela, vous voulez venger vos pères et vos familles pour tout ce qu'elles ont subit ? cru comprendre Harry.
- Vous n'y êtes pas du tout ! ricana Orion. Cela va bien plus loin que la vengeance ! Cela dépasse votre entendement, je le crains !
- Qui se cache derrière tout ça Avery, clama Tom. Parce que je connaissais votre père mieux que quiconque et il n'était pas un sorcier très brillant. Je doute que vous ayez les capacités pour préparer un projet de cette ampleur. Alors, qui ?
- Oh, vous savez Monsieur Jedusor, reprit Orion. Nous avons reçu l'aide de sorciers plus âgés et plus doués que certains d'entre nous. Vous allez en être très étonné.
Le jeune homme leva de nouveau le bras et tous les sorciers firent glisser leurs capuchons sur leurs épaules, révélant enfin leur visage aux yeux de tous. Certains visages leur étaient totalement inconnus. D'autres, en revanche !
- Teddy ! s'écria Siri en apercevant son frère au second rang. Pas toi, non !
- Désolé soeurette ! s'exclama celui-ci en haussant les épaules. Mais, tu verras que je ne suis pas le seul !
- Victoire ! Laïna, souffla Harry sidéré.
- Bella ! s'exclama le directeur.
- Bonjour Severus, sourit celle-ci.
- Maman, papa, souffla Siri en les apercevant également. Comment pouvez-vous participer à tout ceci ?
- Tu comprendras tout très vite ma fille, lui dit Remus en s'approchant quelque peu.
Plusieurs visages leur étaient également familiers. Notamment ceux d'un grand nombre d'anciens élèves de Poudlard, tous âgés d'à peine vingt ans. En revanche, Harry Potter reconnut une personne que jamais il n'aurait cru pouvoir participer à une telle chose.
- Albus, non, pas vous !
- Je suis navré mon cher Harry, fit le vieux Mage. Mais, il y a encore tant de choses qui t'échappent.
- Ce n'est tout de même pas vous qui faites tout ça, s'écria Harry. Dites-moi que ce n'est pas vrai !
- Non, ce n'est pas lui papa ! clama James en effectuant quelques pas pour se mettre entre les deux groupes de sorciers.
- Ne me dis pas que tu es avec eux ! Pas toi James ! clama son père.
- Je suis désolé, souffla-t-il en reculant de quelques pas pour se mettre devant les frères Avery.
- Etonnant, non ! ricana le jeune Seth en voyant les airs abasourdis des Aurors. Le fils aîné du célèbre Harry Potter qui se trouve être le mystérieux instigateur.
- James, cria sa mère. Tu ne peux pas avoir fait ça !
- Désolé, maman, mais il est devenu inutile de continuer à mentir, répondit-il sur un ton déterminé.
La jeune Tara s'avança, le visage figé par l'étonnement. Elle s'arrêta à une distance d'un bras du jeune Potter. Ils se regardèrent les yeux dans les yeux pendant de longues secondes, personne n'osant effectuer le moindre mouvement craignant la réaction de la jeune femme.
Tara posa un instant son regard sur ceux qu'elle avait toujours cru être ses amis comme Teddy ou Victoire. Ou encore sur des personnes qui lui avait toujours semblées digne de confiance comme Laina et Remus Lupin ou Bellatrix.
Celle-ci avait justement les yeux braqués sur elle et les deux femmes échangèrent un drôle de regard. Bellatrix se mis soudain à rire, s'attirant les regards des Aurors et des professeurs.
Tout à coups, tous les sorciers et sorcières transplanèrent avant de réapparaître en formant un cercle compact et parfait autour d'Harry Potter, de ses Aurors et du corps professoral. Ils se retrouvaient totalement encerclés.
Les quelques sorciers devant le Survivant s'écartèrent pour laisser entrer dans le cercle James qui tenait fermement la main de Tara dans la sienne.
- Tara, clama son père, je t'en prie, laisse-le et viens près de moi.
La jeune femme acquiesça et échangea un dernier baiser avec James.
- Tu n'es pas obligé d'aller avec eux, lui souffla-t-il.
- J'ai déjà choisi mon camp, James et ce, depuis longtemps ! Je suis désolée, répondit-elle en lâchant sa main et en marchant droit vers son père et Harry Potter.
Tom soupira de soulagement et lui tendit la main. La jeune femme, à moins de trois mètres d'eux, sortit soudainement sa baguette magique et la pointa droit sur Harry Potter.
- Tara, s'exclama celui-ci, mais qu'est-ce que tu fais ?
- Tu avais raison sur une chose papa, dit la jeune femme ignorant parfaitement le Survivant. Les frères Avery ne sont pas assez malin pour préparer une action de cette ampleur et ce, pendant plus de sept ans. Il y a toujours une personne plus intelligente, plus patiente et plus puissante qui se cache derrière ! Et cette personne, c'est moi !
Les visages d'Harry, de son père, de Severus et de tant d'autres se décomposèrent sous le choc de la révélation. Tara, le regard brûlant d'une lueur écarlate plus intense que jamais, se permis un sourire des plus éblouissants avant de se mettre à rire, plus joyeuse de jamais.
Les sorciers qui étaient sous ses ordres rigolèrent avec elle dans un parfait ensemble. Soudain, la jeune femme reprit son sérieux et leva brusquement le bras droit pour les faire taire. Harry lui lança un regard mauvais en approchant d'un pas malgré la menace de la baguette magique de Tara. Celle-ci le regarda, les yeux curieux.
- Et moi qui te considérais comme ma propre fille. Je t'ai accueillie sous mon toit, t'ai laissé manger à ma table. Tu fais partie de ma famille. Tu sors avec mon fils ! cria Harry, perdant son calme. Tout ça pour quoi ? Tu nous as manipulés ! Tu t'es servi de nous ! Dans quel but ? Dis-le-moi, j'aimerais comprendre.
- Oh ! souffla-t-elle. Comme c'est triste ! Le pauvre Harry Potter blessé dans son orgueil. J'en verserai presque une petite larme, se moqua Tara faisant rire ses plus proches amis.
- Tara !
- Quoi papa ?
- Pourquoi ? dit-il simplement en s'approchant d'elle alors qu'elle pointait toujours Harry de sa baguette magique.
- Tu veux savoir pourquoi ! dit Tara en posant sur lui un regard indifférent. La vrai question à poser serait plutôt comment ! Et ça, je vais y répondre.
La jeune femme abaissa sa baguette magique et se mis à faire de longues allées et venues entre les deux cercles de sorciers, jouant avec sa baguette.
- J'ai toujours trouvé que nous vivions dans un monde très inégalitaire, commença-t-elle. D'un côté, les sorciers. Des êtres dotés de pouvoirs plus extraordinaires les uns que les autres, mais obligés de vivre dans l'anonymat le plus total. De l'autre côté, les Moldus. Des êtres sans aucun talent magique, plus banales les uns que les autres, mais vivant en toute liberté.
« Ensuite, bien évidemment, vient s'ajouter le fait que j'ai dû grandir à l'écart de tout et de tout le monde parce qu'étant considérée comme…une abomination. Mon père, ce très cher Lord Voldemort avait déjà gâché toute ma vie bien avant ma naissance. Ma mère et lui ont été traités comme des sous humains.
« Tania Jones fut toute sa vie considérée comme une traîtresse de premier ordre. Tom Jedusor, lui, fut réduit au médiocre statut de Moldu ne pouvant plus utiliser la magie. Tout ça à cause d'une seule et unique personne, toi, clama-t-elle en pointant de nouveau Harry avec sa baguette magique. »
D'un même mouvement, les Aurors levèrent également leurs baguettes magiques pour protéger leur chef. Les sorciers de Tara voulurent en faire de même, mais la jeune femme les en empêcha d'un simple geste de la main.
- Inutile mes amis, sourit-elle. Ils savent que c'est peine perdue de s'en prendre à moi car nous sommes bien plus nombreux qu'eux. Je crois d'ailleurs que vous n'avez plus besoin de vos baguettes !
D'un geste du poignet et de la main, Tara attira à elle les baguettes magiques de tous les Aurors, mais aussi des professeurs et des apprentis. Les morceaux de bois s'empilèrent les unes sur les autres à la hauteur de Tara.
- Voilà qui est bien mieux, dit-elle les baguettes tournoyant autour d'elle. James, s'il te plaît, pourrais-tu t'en occuper ?
Le jeune homme s'approcha, un sac en tissu à la main. Les baguettes s'y rangèrent et James le referma. Il recula d'un pas, restant aux côtés de Tara. Celle-ci, toujours aussi souriante, reprit :
- Comme je le disais, mon enfance et celles de tant d'autres enfants ont été un véritable enfer juste à cause de toi Harry. Alors, peu de temps avant d'entrer pour la première fois à Poudlard, une idée m'est venue. Il fallait réparer cette injustice. Pas seulement pour moi, mais pour tous les sorciers de notre monde.
« J'ai alors décidé qu'à Poudlard, je sélectionnerais des sorciers et sorcières non seulement touchés par la même injustice que moi, mais aussi des Sang-Purs digne de confiance. Ce cher Anthony Wilkinson, ici présent, Préfet-en-Chef de Serpentard à l'époque m'a fait une belle petite liste de noms. »
D'un claquement de doigts, un rouleau de parchemins apparut dans la main droite de Tara. Elle lança alors le rouleau dans les airs et les différents parchemins se déroulèrent. Au total, il y en avait cinq avec plusieurs centaines de noms inscrits sur chacun.
- Comme vous pouvez le constater, la liste s'est quelque peu allongée avec les années. Tous ces sorciers et sorcières sont à mes ordres aujourd'hui et parmi eux, j'y ai mes amis les plus proches et les plus fidèles.
Ses anciens amis de Serpentard s'approchèrent ainsi que Teddy, Victoire, mais aussi Laina, Remus, Bella et Albus.
- Sans oublier ton fils, Harry, reprit Tara. Il eut bien plus difficile que les autres à accepter mes projets, mais l'amour que nous nous portons va bien au-dessus de ça. Aujourd'hui, je sais que où que j'aille, il me suivra.
- James ! clama son père.
- Inutile papa, rien de ce que tu pourras dire ne me fera changer d'avis. Ecoute Tara et tu verras qu'elle a raison ! La communauté magique telle qu'elle est doit cesser d'exister.
- J'ai utilisé bons nombres de subterfuges pour que James voit en moi la pauvre petite Jedusor si accablée par le regard des autres, reprit Tara en caressant du bout des doigts la joue du jeune Potter. J'ai dû même aller jusqu'à préparer ma propre agression par une bande de septièmes années pour qu'il m'accorde sa confiance.
« Seulement, je me suis faite avoir à mon propre jeu et je suis tombée amoureuse de lui, mais revenons-en à l'essentiel. Plus les années passaient et plus j'avais de mal à convaincre des personnes de me rejoindre. Même quelqu'un de mes plus fidèles amis, tout juste sortir de Poudlard, à qui j'avais demandé de me trouver de nouveaux adeptes, n'y parvenaient pas.
Apparemment, ses familles de sorciers avaient peur des représailles et trouvaient que mes projets seraient un échec total parce que je ne faisais pas le poids. Il existait des sorciers qui seraient capable de m'arrêter. Et ils avaient raison. C'est à la fin de ma cinquième année que j'ai trouvé la solution. »
- C'est pour ça que tu m'as volé ma magie, s'exclama Tom, tout se faisant très clair dans son esprit. Tu savais très bien que se serait le seul moyen pour te faire respecter par ses sorciers car plus personne ne serait aussi puissante que toi !
- En effet ! J'ai fait ça pour cette raison. C'était très risqué, mais j'avais pris mes précautions en faisant de nombreuses recherches, s'enthousiasma Tara, visiblement heureuse que son père ait compris.
- Mais oui, bien sûr ! dit le Lord en s'approchant de sa fille, un sourire aux lèvres. Tu étais au courant que le déséquilibre magique rendait tout acte magique possible. Et tu as fait revenir Albus Dumbledore.
- En effet papa ! C'est pour ça que ce matin-là, Théo est venu t'avouer qu'il était ami avec James. Je l'ai poussé à le faire. Je savais que tu serais fou de rage et que tu ferais venir Harry.
- Ainsi donc, toute cette journée était préparée à l'avance par tes soins, souffla Harry, bluffé.
- Certains évènements m'y ont aidé, acquiesça-t-elle. J'y gagnais sur tous les tableaux. Car ce jour-là, je ne suis pas seulement devenue la plus puissante sorcière au monde, mais j'ai également eu Harry Potter qui s'est volontairement rangé de mon côté. J'avais obtenu ta protection.
- Tu as joué la comédie pour que je sois de ton côté ? s'écria le Survivant, indigné de s'être fait manipulé de la sorte.
- Tu te trompes Harry ! Au départ, il est vrai que je voulais gagner ta confiance, mais jamais je ne t'ai manipulé. J'ai appris à te connaître et je me suis rendue compte que tu es un homme aux grandes qualités et une personne qui compte beaucoup pour moi. Siri et toi, vous êtes comme des parents pour moi.
La sincérité dont elle faisait preuve bouleversa Harry et Siri. La jeune femme ne pu résister et fit les quelques pas nécessaires pour prendre Tara sans ses bras et la serrer contre elle.
- Je ne connais pas encore toute l'histoire, souffla Siri, mais je sens que tes paroles sont honnêtes. Tu fais partie de la famille, tu es presque une fille pour nous.
- Merci beaucoup, murmura Tara alors qu'elle l'embrassait sur la joue.
La jeune Jedusor se tourna vers Harry, espérant visiblement la même réaction de sa part, mais le sorcier se contenta de lui dire :
- Je suis sûr que tes raisons de faire tout ceci sont honorables, mais j'aimerais entendre la suite de ton récit avant de décider de ce qu'il convient de faire. Pour l'instant, je te laisse le bénéfice du doute.
- Très bien ! s'exclama Tara, mécontente. Je disais donc que prendre la magie de mon père était un geste fait pour atteindre un triple objectif. Tout d'abord, amener un plus grand nombre de sorciers à rejoindre mon groupe de fidèles. Ensuite, ramener Albus Dumbledore pour qu'il parle en faveur de ma famille auprès du ministre.
« Ce qu'il a très bien réussi après deux années de longues discussions. Mon cher grand-père, à ma demande, est parvenu à convaincre le ministre d'offrir une seconde chance à mes parents. Tout d'abord, en levant les audiences et les perquisitions et après, en permettant à Tom et Tania Jedusor de reprendre une place au sein de la communauté en devenant professeurs dans des écoles de magies. »
- Cela venait de toi ! s'étonna Tom, haussant des sourcils.
- Oui, sourit la jeune femme. Grand-père et moi étions d'accord sur le fait qu'ils vous fallaient à maman et toi, retrouver un rôle dans notre monde. Tout d'abord, secondaire en tant que professeurs et ensuite, une fois la communauté remaniée à mon idée, un rôle bien plus important.
« Et enfin, la troisième raison qui m'a poussée à te prendre ta magie papa était que cela me permettrait de gagner la confiance d'Harry Potter et, par la suite, de le couper de tous ses vieux amis. La fête d'anniversaire d'Arthur Weasley fut une occasion à ne pas manquer, assurément.
- Attends, souffla Harry en secouant la tête en signe de négation. Ne me dis pas que ce qu'il s'est passé à l'anniversaire était préparé d'avance.
- Bien sûr que si ! s'écria Tara. James a d'ailleurs été fabuleux. Son petit tour de magie m'a permis de gagner la confiance de ces chers Ronald et Hermione. D'ailleurs, ton vieil ami Weasley est un imbécile comme on n'en fait pas deux. C'est grâce à lui si, aujourd'hui, les différents ministères de la magie du Royaume-Uni sont entre mes mains.
- Qu'est-ce que tu racontes, s'insurgea Ronald, ses oreilles virant au cramoisi.
- Mais c'est la pure vérité, mon cher ! s'indigna la jeune femme. Tu étais tellement remonté contre Harry qu'il m'a été facile de te berner. Tu dois très clairement te souvenir du jour où je suis venue te voir dans ton bureau et que je t'ai demandé de me montrer les différents plans des ministères avant les entrées principales et les différents systèmes de sécurité.
« Il m'a été facile de te convaincre d'accéder à ma requête en prétextant qu'Harry m'avait déjà dit non. Tu t'es alors précipité sur l'occasion pour faire bonne figure en contredisant le chef des Aurors, ce bon vieux Harry, comme tu dis ! »
- Tu es vraiment un imbécile ! s'écria Harry en se tournant vers son ami de toujours. Comment as-tu fait pour ne pas sentir que c'était un piège ? A combien de personnes donnons-nous l'autorisation de voir les plans des ministères ? Hein, à combien Ronald ?
- Aucune ! souffla-t-il en détournant le regard.
- Exactement ! cria le Survivant. Ce qu'il se passe est en partie de ta faute !
- Oh, ne le blâme pas ! ricana Tara. Il est stupide, ce n'est pas de sa faute ! Mais, soit ! Comme je le disais, ces deux dernières années furent consacrées à ressembler de plus en plus de sorciers et à créer des milices dormantes dans chaque pays du monde aux têtes desquelles, j'ai placé des personnes dignes de confiance. C'est notamment pour cette raison que Bellatrix est partie du jour au lendemain sans explications.
« J'avais besoin d'une personne de taille pouvant assumer un groupe de plusieurs dizaines de jeunes sorciers. Bella s'est montré très enthousiaste quand je lui ai parlé d'aller aux Etats-Unis pour arrêter le ministre de la magie et le Président lui-même. Bref, comme vous le savez, je suis par après entrée au ministère en tant qu'apprenti Auror pour apprendre l'art subtil des duels et pour connaître, grâce à Ronald, les différents dispositifs de défense et de sécurité. »
Plusieurs Aurors murmurèrent d'indignation et plusieurs se mirent à crier leur mécontentement.
- Tu as trahis l'honneur des Gardiens de la Paix !
- Tu devrais avoir honte !
- Comment peux-tu trahir ton pays de la sorte ?
La jeune femme soupira de lassitude alors que James, se munissant de sa baguette magique, s'écriait :
- Silencio ! Le prochain qui prononce un mot plus haut que l'autre aura affaire à moi !
Les deux jeunes amoureux se regardèrent quelques instants dans les yeux avant que James ne lui offre un doux sourire avant de retourner à sa place.
- Je n'ai trahis mon pays en aucunes façons, s'écria Tara, apparemment furieuse d'être traitée de la sorte. C'est plutôt vous, les Aurors, qui devriez avoir honte et être qualifiés de traites car vous outrepassez les droits des sorciers en vous permettant de surveiller illégalement et sans autorisation officielle des familles entières de sorciers.
Dans les rangs des Gardiens de la Paix, il y eut de nombreuses exclamations de stupéfaction. Il semblerait que tous les Aurors n'étaient pas au courant de ces pratiques interdites. Plusieurs d'entre eux lancèrent des regards indignés à Harry Potter, leur chef, en faisant des messes basses.
- Et ce serait plutôt à moi de te féliciter Harry, s'exclama la jeune Jedusor en s'approchant du sorcier, sa baguette magique toujours entre les doigts.
- Et pourquoi ?
- Mais parce que tu es encore meilleur comédien que moi voyons !
- Je ne comprends pas ! De quoi parles-tu ?
- Laisse-moi éclairer ta lanterne ! Le premier septembre, jour de la rentrée scolaire, tu as commis l'erreur de me laisser seule dans ton bureau pour aller trouver Dumbledore. J'en ai profité pour jeter un œil à tes dossiers.
- Tu n'as donc aucuns scrupules, cracha Harry en s'approchant d'elle, l'air menaçant.
Aussitôt, il se retrouva avec une dizaine de baguettes magiques pointées sur lui. Seth, Sylvianna, Marcus, Marek ou encore son fils James avaient réagit au quart de tour pour protéger Tara.
- Fais attention papa, souffla le jeune Potter, ses yeux ambrés le fusillant. Ne dépasse pas la limite !
- La limite ! s'étrangla Harry. Mais c'est toi qui viens de la dépasser en te retournant contre ton propre père.
- Je ne me retourne pas contre toi, mais, si tu t'en souviens bien, j'ai dis il y a peu de temps que je me battrais contre tous ceux qui veulent faire du mal à Tara. Tu ne fais pas exception !
- Je ne te reconnais plus James ! murmura le Survivant, affligé.
La jeune femme eut un sourire victorieux en s'exclamant :
- Harry ! Harry ! Mais quel comédien hors paire es-tu ? Tu m'épates, vraiment !
- Que veux-tu dire Tara, intervint Siri, visiblement inquiète de la tournure que prenaient les événements.
- Et bien, ce jour-là, j'ai non seulement trouvé des dossiers tenus illégalement sur des familles entières par ton cher mari, mais en plus, il a continué à surveiller les activités de ma famille alors que seul mon père devait encore faire l'objet d'une surveillance particulière. Il a désobéi à la décision qu'avait prise le Magenmagot !
- Tu n'as pas fait ça Harry ? s'écria Siri, estomaquée.
- Siri, dit-il, essaies de comprendre !
- Tu avais fait la promesse de nous laisser tranquille ma mère, mes frères et moi, clama Tara, furieuse, le regard plus écarlate que jamais. Tu m'avais promis, mais tu as menti ! Tu n'as pas d'honneur !
Ne laissant pas le temps au Survivant de se défendre de quelques manières que se soit de ses attaques, la jeune Jedusor dit, en s'adressant à l'assemblée d'Aurors :
- La suite de mon récit, vous la connaissez ! Mes sorciers se sont emparés de tous les ministères de la magie, de toutes les écoles de sorcellerie, de tous les éditeurs de journaux du monde. Alors, la seule question que j'ai à vous poser est celle-ci :
« Allez-vous rejoindre mes rangs pour, qu'ensemble, nous puissions créer une communauté plus juste pour tous ou allez-vous choisir de vous dresser contre moi ? »
Il y eut de nouveau quelques messes-basses parmi le rang des Aurors, beaucoup ne sachant pas vraiment quelle voix était la meilleure à suivre. Certes, la jeune Jedusor avait accompli ce que personne avant elle n'avait réussi : mettre à genoux la communauté magique internationale.
Pourtant, Tara n'était qu'une simple jeune femme, extrêmement douée pour la magie, mais pas inarrêtable. Après tout, il était des sorciers expérimentés et entraînés pour ce genre de situation. Ils pourraient en venir à bout ensemble.
La jeune Jedusor, sentant la rébellion germer dans l'esprit des Aurors, fit un geste de la main intimant à ses Révolutionnaires de se disperser aux quarts coins de l'école. Tous disparurent sous les yeux ébahis d'Harry Potter et de ses troupes. Ne restait que James et le cercle de fidèles de Tara.
- Je sens que vous vous croyiez capable de me mettre hors d'état de nuire, commença la jeune femme, mais vous vous trompez. Personne ne peut m'arrêter…
La jeune femme ferma les yeux et fit le vide dans son esprit, se coupant du monde extérieur avec pour seule idée en tête : canaliser sa magie. Tous les sorciers présents sentirent l'air s'alourdir alors que le sol semblait trembler sous leurs pieds.
Le ciel si bleu devint d'un noir d'encre d'où ne perçait que la lueur de la lune. Un vent glacial se leva faisant voler des feuilles mortes et de la poussière. L'air était glacial, les températures ayant subitement chuté. Le tonnerre gronda et des éclairs vinrent transpercer le ciel et la terre frappant plusieurs arbres qui prirent feu en quelques secondes.
Une peur panique commença à s'emparer du groupe d'Aurors lorsque Tara rétablit l'équilibre naturel, tout redevenant normal.
La jeune femme rouvrit les yeux.
- Vous venez d'avoir un aperçu de ce que je suis capable de faire. Vous comprendrez aisément que si la communauté magique internationale n'y a pas résisté, vous ne ferez pas le poids si peu nombreux. Alors, je répéterais donc ma question : êtes-vous avec moi ou contre moi ?
Une demi-heure plus tard, repère des Révolutionnaires…
Tara Jedusor se tenait debout, au milieu d'une grande salle au sol et aux murs de pierres. A ses côtés, se tenaient les personnes en qui elle avait le plus confiance. Tout d'abord, James Potter et Tom Jedusor, qui s'était empressé de rejoindre ses rangs, l'encadraient, baguettes magiques à la main tels des gardes du corps.
Bellatrix et Severus ainsi que ses fidèles amis de Serpentard Seth, Leia, Sylvianna, Marek, Marcus, Chrystal et Scorpius accompagnés de Victoire, Ronald et de Teddy se tenaient derrière les trois sorciers de tête.
Moins d'une heure plus tôt, l'école était tombée entre les mains des Révolutionnaires, Severus Rogue, plusieurs professeurs et Aurors les ayant rejoint. Albus Dumbledore, en compagnie de Siri et d'Harry Potter, étaient resté sur les lieux pour mettre en place de nouveaux systèmes de sécurité afin d'assurer la poursuite du programme scolaire.
Le couple Potter s'était finalement ranger aux côtés de Tara, malgré les réticences d'Harry. Celui-ci voulait plus qu'autre chose, se faire pardonner pour sa conduite inqualifiable. Il avait menti à une jeune femme de quinze ans qui avait eut confiance en lui jusqu'ici.
La jeune Jedusor posa un regard circulaire sur la vaste pièce. Devant elle et ses plus proches alliés se tenaient plus de deux cent hommes et femmes, menacés par une cinquantaine de Révolutionnaires. Tara s'avança de quelques pas, laissant libre court à sa magie dont l'aura devint vite visible.
Le blanc si pur et si éclatant de sa magie éblouissait les personnes présentes, les obligeant à plisser des yeux.
- Mesdames et Messieurs les ministres, commença-t-elle, ses paroles se traduisant dans leurs esprits selon leur langue maternelle, je vous ai fait réunir ici pour vous dévoiler enfin, les intentions du chef de ceux que vous appelez les Révolutionnaires, autrement dit, moi Tara Jedusor.
La jeune femme parcourut la salle de long en large avant de leur faire face à nouveau, reprenant :
- Il est grand temps que le monde dans lequel nous vivons change. Il est grand temps que vous cédiez la place à la nouvelle génération de sorciers. Il est grand temps que vous cessiez de vous accrocher si obstinément au pouvoir. Ce pouvoir que vous croyiez acquis depuis bien trop longtemps.
« Ce pouvoir au nom duquel vous vous êtes permis un certain nombre de choses plus intolérables les unes que les autres. A partir de ce jour, une nouvelle communauté magique internationale naîtra. Une nouvelle communauté dans laquelle toutes les formes de magie auront leur place et où l'égalité entre les êtres sera reine.
Dés aujourd'hui, les sorciers et sorcières sortiront de l'ombre dans laquelle ils sont plongés depuis des milliers d'années. Il est grand temps que nous vivions au grand jour et que chaque homme, chaque femme et chaque enfant ait connaissance de notre existence.
Dés aujourd'hui, je vous offre un monde où Moldus et sorciers vivrons ensemble, main dans la main, sans qu'aucun d'eux ne prenne le pas sur l'autre. Un monde où plus aucun être humain, sorcier ou Moldu, ne moura de faim, de soif, de maladie ou de mauvais traitements.
« Un monde sans armées ni guerres. Un monde équitable, juste et libre où les sorciers pourront faire partager leur savoir avec ceux qui en ont réellement besoin : les Moldus. »
Il y eut alors un tumulte entre les ministres sorciers et moldus, tous criant dans leur langue. Il aurait été bien difficile de mettre au clair les réactions de chacun. Apparemment, certains approuvaient les idées de Tara Jedusor. D'autres, en revanche, les critiquaient ouvertement.
De toute façon, la jeune femme n'avait nullement l'intention de tenir compte de leur avis. Ceux qui se rangeraient de son côté garderaient leur poste en mettant en place son idée d'une communauté unique. Ceux qui seraient contre se feraient tout simplement remplacer.
La jeune Jedusor réclama le silence :
- J'ai bien peur que vous n'ayez pas le choix. Je compte tout mettre en œuvre afin que cette unique communauté voie le jour. Cela a déjà commencé. De nouvelles règles et lois naîtront, l'enseignement des sorciers sera uniformisé, les pouvoirs des hauts représentants sorciers et Moldus ainsi que des Aurors seront limités, les armées moldues seront démantelées, la pauvreté et la maladie seront éradiquées.
« Il n'y aura plus de dictateurs, plus de terroristes responsables de tant de perte humaine. Cette nouvelle communauté sera régie par l'Ordre, l'Egalité et la Solidarité. Un nouveau jour naîtra ! »
La jeune Tara Jedusor fut applaudie non seulement par ses partisans, mais aussi par une bonne partie des ministres, sorciers et moldus. La jeune femme leva une main, demandant implicitement le silence. Une fois celui-ci obtenu, Tara déclara :
- J'invite tous ceux et celles qui, comme moi, aspire à un monde plus juste, à venir nous rejoindre afin qu'ensemble, nous façonnions ce monde nouveau. Ceux et celles qui y seraient fortement opposés se verront retirer leur fonction ministérielle et seront remerciés pour les services rendus à la communauté magique. Je vous laisse une journée pour vous décider.
La jeune Jedusor les salua d'un petit signe de la tête et quitta la pièce suivie de ses plus fidèles partisans. L'endroit qui leur servait de Quartier Général était pour le moins étrange. Il s'agissait d'une succession de longs couloirs en pierre attenant à d'immenses salles dont la plupart contenait une décoration des plus épurée.
La jeune femme tourna à l'angle d'un couloir, encadré par son père et James. L'un comme l'autre venait pour la première fois en ce lieu. Tom, jetant des coups d'œil intéressés, demanda à sa fille :
- Où sommes-nous exactement ?
- Cet endroit à un peu plus d'un millénaire, sourit-elle. Il m'a fallu près de cinq ans pour repérer l'endroit exact où il se situe.
- On dirait des souterrains, remarqua James.
- En effet, il s'agit bien de souterrains, acquiesça Tara. Avant, la sortie de ceux-ci menait au vieux manoir de Salazar Serpentard, mais il a été détruit il y a bien longtemps.
- Incroyable, souffla le Lord, ébahis de se trouver dans les vestiges de l'ancienne demeure de son ancêtre.
- Je savais que cela te plairait, s'enthousiasma sa fille en continuant sa longue marche à travers le dédale de couloirs.
- Et où nous emmènes-tu ? demanda le jeune Potter, impatient.
- J'ai reçu un message de l'un de mes gardes. Apparemment, ils ont trouvé quelque chose qui pourrait, selon eux, grandement m'intéresser.
Ils arrivèrent devant les portes ouvertes d'une immense salle servant de cachots. Tara la parcourut des yeux. La jeune femme manqua de peu de s'écrouler sous le choc de cette vision. Sa mère, ses frères – Théo et Thomas – étaient solidement enchaînés au grand mur de pierres.
- Tania, s'écria Tom en l'apercevant.
- Qui est à l'origine de tout ceci, hurla Tara, folle de rage en regardant les sorciers chargés de la surveillance des prisonniers. J'exige des explications sur le champ !
La jeune femme ressentit une violente douleur dans le milieu du dos. Elle eut la force de se retourner vers son agresseur, James s'écroulant subitement à ses côtés. Sa vue se brouilla et une sensation de vertiges l'envahit alors que l'agresseur s'approchait d'elle, lui murmurant à l'oreille :
- Alors, quel effet est-ce que ça fait de se sentir trahie ?
- Toi, articula la jeune femme avec difficulté, se sentant plus mal que jamais, ses forces l'abandonnant. Tu vas le payer !
Tara entendit vaguement une personne crier son nom avant qu'elle ne sombre dans les ténèbres.
