Et hop, voici le 3e chapitre. Il y en aura 10 au total !

Bonne lecture et n'oubliez pas les reviews ! Merci :-)


- David, je te présente Julia. Elle est venue pour te parler et pour apprendre à te connaître. J'espère que tu seras bien gentil avec elle. Un petit garçon aux cheveux noirs et aux grands yeux mystérieux se tenait assis sur son lit, dans une jolie chambre d'enfant décorée avec goût. Il observait avec curiosité sa tante et cette drôle de femme aux cheveux orange qui se tenait à ses côtés.

- Bonjour David, enchaîna le docteur sur un ton qu'elle voulut le plus aimable possible. Je m'appelle Julia, aimerais-tu que nous disc…

- Non.

Le petit garçon n'écouta pas la suite. Renfrogné et avec un regard noir, il toisa le docteur et lui rétorqua : Je n'ai besoin de personne. Je ne suis pas fou. Je le dirai à ma maman …

Julia sentit, plus qu'elle n'entendit, le soupir que poussa Elizabeth dans son dos. Avec un soupçon de plaisir, elle comprit qu'elle serait épaulée, dans sa thérapie, par la tante du patient. Et malgré ce cuisant échec en guise de premier contact, elle se sentit en confiance aux côtés de cette femme.

- Je suis désolée, Julia – Je peux vous appeler Julia ?-. Peut-être votre séjour va-t-il s'éterniser auprès de nous… Les deux femmes s'éloignèrent de la chambre du garçonnet.

- Ne vous en faîtes pas, c'est un cas habituel. Les patients acceptent rarement de bon cœur l'aide qu'on peut leur apporter. J'en ai l'habitude, mentit-elle. Ses quelques cas d'étude ne l'avaient pas préparée à un tel rejet qu'elle prit comme personnel… Ce qui m'étonne toutefois, c'est la maturité de ce jeune enfant, malgré son jeune âge… Je sens que je vais avoir fort à faire…

Peu après, Elizabeth conduisit Julia à travers le château. Le docteur y fit la connaissance de la fille aînée de la famille, la jeune Carolyn, âgée de 12 ans, jeune fille secrète et intelligente. Roger, le père de David et frère d'Elizabeth lui fut rapidement présenté, mais il préféra honorer son rendez-vous galant du soir que de faire plus ample connaissance avec Julia, qui aurait aimé lui parler de son fils. Se souvenait-il au moins qu'il avait un fils ? Lors de ses longues années d'étude, elle avait appris à ne jamais juger personne, mais elle fut toutefois affectée par le comportement délétère du père vis-à-vis de son propre enfant.

Le premier dîner en famille se déroula avec légèreté et insouciance. Julia et Elizabeth, aidées par les vins de la cave familiale, se sentirent rapidement à l'aise l'une face à l'autre, et la glace fut rapidement rompue entre elles. Julia commençait à prendre ses marques et Elizabeth faisait tout son possible pour la mettre à l'aise. Elle apprécia les plats et la finesse de la cuisine et les vins, bien que n'étant pas issus de grands crus –et elle s'y connaissait-, étaient doux et raffinés. Il lui semblait que son séjour allait bien se passer au sein de cette famille.

Après ce repas, Elizabeth conduisit à nouveau Julia à travers le dédale de couloirs du manoir. Arrivées au sous-sol aménagé, Elizabeth s'arrêta devant une porte close.

- Voici vos appartements. Ce n'est pas grand-chose, je sais. Nous vous avons préparé cette pièce que nous utilisions autrefois comme buanderie. J'espère que vous n'en serez pas vexée. Vous pourrez en faire votre bureau, si vous le souhaitez. Vous êtes ici comme chez vous.

La vaste pièce qui s'ouvrait devant elle était couverte de voûtes en plein-cintre. Sur un des murs, des tuyaux d'évacuation d'eau sortaient de la maçonnerie et donnaient à la pièce un aspect industriel qui ne déplut pas à Julia. L'espace était grand et elle voyait tout à fait comment l'aménager : ici son divan d'analyse là, ses objets personnels dans ce coin, sa cave à vins de grands crus français millésimés… Oui, cet endroit lui plaisait et elle s'y sentait bien…

- Reposez-vous, ce long voyage a dû vous éreinter, poursuivit Elizabeth. A demain, je vous souhaite une bonne nuit, docteur…

Quand Julia lui serra la main qu'Elizabeth lui tendit, elle fut surprise par la chaude douceur de sa paume.

- A demain, Madame…

- Je vous en prie, appelez-moi Liz, et ses yeux bleus pâles semblèrent plonger dans ceux de la psychiatre. Troublée par ce contact, et comme fascinée par sa silhouette et les mouvements de sa démarche, Julia la regarda longuement s'éloigner dans le grand couloir.