Voici la suite de nos Julizabeth (merci à LadyLovett13 pour le nom du couple) !
Bonne lecture ... et n'hésitez pas à m'envoyer vos avis, remarques et autres critiques !
Juin succéda à mai. Julia étudiait avec sérieux et professionnalisme le cas du jeune David. Il lui semblait mieux le comprendre, mais elle n'arrivait toujours pas à percer le mystère de son trouble et l'origine de sa névrose psychopathologique. Elle étudiait nuit et jour mais elle avait beau réécouter ses entretiens avec lui, rechercher dans ses livres de psychologie appliquée, rien n'y faisait. David semblait non seulement ne pas vouloir guérir, mais, plus troublant, semblait tout à fait sain d'esprit. Il était normal, Julia le savait, que les malades croient à leurs hallucinations, mais elle n'aurait su dire pourquoi, David n'était pas comme tous les autres. Il semblait passer de vrais moments avec sa mère décédée et les conversations qu'il tenait avec elle et qu'il racontait à Julia semblaient tout à fait –et devoir écrire ce mot dans son rapport du jour effraya Julia –plausibles. Julia se mit à penser qu'elle n'allait sans doute pas retrouver son Angleterre avant longtemps…
Elle sourit à cette pensée et elle sentit un battement plus fort dans sa poitrine. Quand elle ne travaillait pas sur David, un autre sujet accaparait son esprit. Il lui arrivait même que cette pensée l'empêche de travailler. Elle ne voulait pas l'accepter et s'enfermait des journées entières, en prétextant avoir énormément à faire pour David mais elle le savait maintenant : depuis son arrivée même au manoir, Elizabeth avait pris son cœur. Cependant, Julia refusait de succomber et son professionnalisme l'empêchait de ressentir la moindre chose pour son employeur. Elle aurait voulu terminer au plus vite l'analyse de David, pour partir aussitôt et ne pas avoir à lutter contre ses sentiments. Ces derniers jours, elle ne voyait Elizabeth qu'aux repas, lors desquels la présence de la famille entière la rassurait. Elle ne s'était plus retrouvée seule avec elle depuis leur escapade sur les rivages de l'océan. Elle était face à un dilemme : devait-elle bâcler son travail pour rentrer au plus vite afin de ne pas succomber à la tentation ? Ou bien David était-il plus important et elle devait s'y consacrer sérieusement, quitte à devoir souffrir abominablement ? C'est alors qu'elle se creusait la tête sur ces questions qu'on frappa à la porte de son bureau.
Julia sursauta. Elle aurait reconnu entre milles ce frappement léger, mais elle se demanda ce qu'elle pouvait lui vouloir à une heure si tardive. Elles s'étaient pourtant souhaité une bonne nuit à la fin du dîner, avec toute la famille.
Vêtue d'un splendide déshabillé en soie blanc cassé, et ses cheveux un peu décoiffés, une Elizabeth radieuse, mais qui semblait soucieuse se tenait sur le pas de la porte du bureau de Julia.
- Bonsoir, Julia. Je suis désolée de vous déranger à une heure aussi tardive. Puis-je me permettre d'entrer ?
- Je vous en prie, vous êtes ici chez vous, Elizabeth. Quelque chose ne va pas ? Puis-je vous aider en quoi que ce soit ? Julia voulait à tout prix rester professionnelle.
- Je suis gênée, ce n'est pas dans mes habitudes de dire ça, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, dit Elizabeth, mal à l'aise comme jamais, en s'asseyant sur le divan d'analyse.
- Je vous écoute, répondit Julia, inquiète et étonnée à la fois.
- Voilà. Je sais que vous êtes ici dans un but précis – aider mon cher petit neveu – et que vous le faîtes avec le plus grand professionnalisme. Je sais que je n'ai rien à vous demander, si ce n'est des comptes rendus et un résultat concernant cet enfant. Mais, Julia, pourquoi ai-je la désagréable impression que vous me fuyez ? Ai-je fait quelque chose qui vous aurait blessée ? Excusez ma hardiesse, mon attitude n'est sans doute pas digne, mais… j'appréciais votre compagnie. Vous comprenez, j'en suis sûre… Grâce à votre présence, nos promenades… j'avais l'impression de revivre, … de sortir un peu de la routine administrative de gestion du manoir. J'aimais nos moments ensemble … Elizabeth baissait les yeux et évitait de croiser le regard de Julia.
Tous les questionnements qui obsédaient la psychiatre depuis des jours se dissipèrent brusquement. Serait-il possible qu'Elizabeth l'apprécie sincèrement ? Emue, elle s'approcha du divan, et s'assit à côté de son invitée. Elle ne savait quoi lui répondre. Elle voulait la rassurer, mais ne pas la faire fuir en lui avouant tout de suite ses sentiments, surtout maintenant qu'Elizabeth lui semblait avoir fait un pas dans sa direction.
- Je suis touchée par ce que vous me dîtes, Elizabeth. Mais je tiens à vous rassurer : je ne cherche en aucun cas à vous fuir. Il se trouve que David me donne quelques soucis et je dois beaucoup travailler pour comprendre ce qui le travaille.
Après une courte pause, elle enchaîna avec gravité : « Et, vous savez…, il se trouve que j'aimais également beaucoup les moments que l'on a passés ensemble… » Elizabeth tourna la tête et remarqua les yeux embués de larmes de Julia. Dans un élan de tendresse, la châtelaine lui prit les mains et les serra dans les siennes. Un court instant, le cœur de Julia s'arrêta de battre, puis il reprit, plus rapidement que jamais. Elles n'avaient jamais été physiquement aussi proches et dans une telle empathie. Malgré ses larmes, leurs corps côte à côte et leurs mains jointes lui firent ressentir un bien-être depuis longtemps oublié.
- Julia, je vous en prie, ne vous mettez pas dans un état pareil. Je suis confuse de vous avoir fait culpabiliser. Je vais retourner me coucher et…
Julia ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. Dans un élan de courage, elle s'approcha du visage d'Elizabeth et vint déposer un délicat baiser au coin de ses lèvres. Elizabeth esquissa un mouvement de recul et Julia put lire la stupéfaction dans ses yeux turquoise. Puis à sa grande surprise, elle sentit la main d'Elizabeth venir lui caresser la joue avec douceur. Sa paume était chaude et douce, et elle regardait Julia avec profondeur. Tel un chat, Julia ferma les yeux un court instant et apprécia la caresse de sa compagne. Elle avança ses mains à son tour et les enfouit dans les cheveux blonds d'Elizabeth. L'attirant à elle, elle l'embrassa à nouveau, cette fois avec plus de fougue et de passion. Elle sentit Elizabeth résister un bref instant, puis cette dernière ouvrit la bouche, permettant à leurs langues de se découvrir. Elizabeth semblait abandonner toute résistance et elle se laissa guider par la volonté de la psychiatre. Julia se fit plus hardie et d'une main, commença à lui caresser le dos tout en la resserrant contre elle. Elles reprenaient à peine leur souffle, emmenées dans leur élan fougueux. Julia pencha la tête d'Elizabeth en arrière et se mit à lui embrasser et mordiller le cou. Sa jugulaire battait à tout rompre. Elle s'amusa à suivre son relief de ses canines et suivit son chemin jusqu'aux épaules d'Elizabeth. Julia continua sa descente et tout en embrassant le décolleté d'Elizabeth, elle l'allongea sur le divan. Cette dernière semblait avoir complètement perdu le contrôle d'elle-même. Elle qui était si maîtresse d'elle paraissait avoir oublié toute volonté et elle se laissait complètement diriger par Julia, en haletant et fermant les yeux sous les caresses.
Les mains d'Elizabeth lui caressant le visage et les cheveux, Julia interpréta son attitude comme une invitation à poursuivre son exploration. De ses mains délicates, elle ouvrit le déshabillé de la châtelaine, laissant entrevoir deux seins fermes esquissés par le fin tissu de sa chemise de nuit. Tendrement, Julia les massa, puis elle enleva les bretelles de sa tenue de nuit et fit glisser le tissu jusqu'à sa taille. Elle se pencha sur la poitrine de sa compagne souriante. Elle embrassa les deux jolies corolles rosées, puis, avec plus d'audace, les lécha et les mordilla. Elizabeth appréciait les audaces de Julia, elle n'avait ressenti un moment aussi doux depuis des années. Ses soupirs d'extase se mêlaient aux doux frottements des tissus et au craquement du bois dans le poêle. Julia voulut se hâter –elle avait peur qu'Elizabeth ne revienne trop vite à elle-même- , alors elle avança sa main vers la petite culotte en soie blanche.
Soudain, du fond du château, un cri se fit entendre. Un cri d'épouvante. Un cri d'enfant. Elizabeth sembla revenir à elle et elle sortit de sa torpeur aussitôt : « David ! » Elle se redressa, repassa les bretelles de sa chemise de nuit et referma son déshabillé, puis regarda Julia avec tendresse :
- Je suis désolée, Julia. Je dois aller voir David… il lui est arrivé quelque chose. Elle se précipita à la porte du bureau, se retourna et lui lança, gênée et avec une certaine gravité : « Julia, je suppose que vous comprendrez. Il ne s'est rien passé et ne se passera plus jamais rien… Je suis désolée, mais je ne peux pas… je ne suis pas comme ça… Pardon de vous avoir fait croire que nous pourrions faire …enfin, je veux dire, avoir ce genre de moments… bref, je dois y aller… » Elle courut dans le couloir sans se retourner.
Julia, décoiffée et dépouillée de ses illusions se retrouva sur le divan, seule avec son désespoir.
Ne vous inquiétez pas, cette scène n'est qu'un prélude ... Elles finiront par s'aimer pour de bon ... un jour ;-)
