Et voici enfin le dernier chapitre, avec le lemon promis... J'espère que la fin de mon histoire vous plaira.

J'ai voulu conclure ma fic avec une ouverture sur le film, qui se passe 3 ans plus tard, afin de relier les événements et les personnages entre eux et en montrer, j'espère, toute la cohérence.

Merci encore une fois à tous mes lecteurs qui ont pris la peine de lire ces 10 chapitres. Je vais écrire une banalité, mais tellement vraie : j'espère que vous avez eu autant de plaisir à lire cette fic que j'en ai eu à l'écrire ! Je rêvais depuis des années que mon réalisateur préféré réunisse à l'écran mes deux actrices favorites... A mes yeux, cette histoire d'amour est plus que probable, bien qu'elle ne soit que très esquissée dans le film...

Allez, trève de bavardage, bonne lecture et ... revoyez Dark Shadows :-)


Mercredi matin était arrivé. Toute la semaine, Elizabeth, survoltée, mit de l'ordre au manoir. Roger ne comprenait pas la cause de ce nouveau changement et, décidément, trouva que sa sœur tournait mal. « Elle va finir bipolaire, celle-là… »

Carolyn aida sa mère dans les tâches. Mais il arriva à Elizabeth de penser que sa fille l'aidait non pour que la mise en beauté du château aille plus vite, mais pour avoir le temps de l'observer à loisir. Se doutait-elle de quelque chose ? « Mais non, ce n'est qu'une enfant… Elle ne se doute sûrement de rien. Je dois arrêter ma paranoïa… »

David, quant à lui, fut heureux d'apprendre le retour de Julia. Lui aussi participa au rangement en mettant de l'ordre dans sa chambre. Comme un clin d'oeil de bienvenue, il plaça le tricératops en peluche trônant au milieu de son lit. « Elle ne m'abandonne pas, finalement. Peut-être qu'enfin, quelqu'un me croit pour de vrai… »

Les domestiques Mrs Johnson et Willie s'amusaient à observer tout ceci de loin et en furent amusés. « Cette famille me plaît. Ils sont tous aussi fous les uns que les autres ! », plaisanta le domestique.

L'après-midi, Elizabeth qui ne voulait pas tourner en rond sans but, décida de commencer un nouvel ouvrage en macramé. Elle s'installa le plus confortablement possible, et commença à tisser. Elle avait réalisé une quinzaine de centimètres seulement quand elle entendit la sonnette de la grille d'entrée. Elle bondit de son fauteuil. Willie s'apprêtait à aller ouvrir, mais elle lui dit, le plus calmement possible :

- Ne vous dérangez pas, Willie, je m'en charge.

- Ah. D'accord. Si vous voulez. Et il tourna les talons nonchalamment.

Plus elle s'approchait de la grille du domaine, plus le cœur d'Elizabeth s'agitait. Se jambes semblaient ne plus vouloir supporter sa marche et elle se demanda si elles lui permettraient d'arriver au portail sans tomber. Elle apercevait de loin la silhouette du docteur. Ses cheveux roux brillaient dans la lumière du soleil. Sur son visage, un sourire grave et sincère illuminait son beau visage. Ses yeux observaient avec malice l'arrivée de la châtelaine.

- Bonjour, Julia, balbutia Elizabeth en rougissant. Elle était redevenue une adolescente effarouchée.

- Bonjour, Liz, dit timidement Julia. Elle lui tendit la main.

A ce geste, Elizabeth ressentit une grande déception. « Et voilà, comme je le pensais, elle est revenue pour David, pas pour moi… » Et sa joie fit place à une douleur, aussi forte mais bien plus douloureuse.

- Excusez-moi d'être partie ainsi, mais je suppose vous avec trouvé ma lettre, donc vous savez tout. M'en voulez-vous toujours ? reprit Julia.

- Mais, Julia, je ne vous en voulais pas... Vous êtes partie sans que je puisse m'expliquer. C'est moi qui devrais m'excuser, c'est moi qui regrette mes paroles. Je n'aurais pas dû vous parler ainsi … Je suis désolée…

Des larmes commençaient à embuer le regard d'Elizabeth. Puis, éclatant en sanglots, elle continua :

- Julia, si vous saviez ce que j'ai vécu depuis votre départ… Je ne me comprends pas. Je ne suis pas… enfin, je n'ai jamais aimé… une femme, vous comprenez… Pourtant, quand vous êtes partie, j'ai eu l'impression que l'on m'arrachait un morceau d'âme. Je ne vivais plus, je me laissais dépérir… Je ne pensais qu'à vous… Que m'avez-vous fait ?

A son tour, l'émotion de Julia l'emporta et des larmes coulèrent sur ses joues. Elle s'approcha du visage d'Elizabeth et embrassa tendrement ses joues et ses yeux.

- Elizabeth, mon amour, je ne peux vivre sans toi… Moi aussi, loin de toi, j'ai connu la souffrance. L'alcool a été mon meilleur ami et j'ai tutoyé la mort. Je ne veux plus jamais revivre ça… Si Carolyn ne m'avait pas contactée, je crois que je serai de toute façon revenue.

Touchée par cette déclaration, Elizabeth embrassa les lèvres mouillées de larmes de Julia avec fougue et la serra contre elle. Elle aurait voulu rattraper les semaines d'absence dans cette étreinte. Après un bref instant et entre deux baisers, elle réussit à dire d'une voix ferme :

- Je ne sais pas ce qui se passe en moi, je ne sais rien. Mais je veux juste être avec toi, te sentir contre moi… Et je te veux en moi. Viens, on n'a que trop attendu.

Elle prit Julia par la main et la conduisit vers une remise dans le parc du manoir. C'était une petite cabane en bois douillette et décorée avec goût –bien que quelques abat-jours en macramé enlaidissaient légèrement l'intérieur-. Cette ancienne remise à outils était maintenant utilisée par Elizabeth quand elle voulait réfléchir au calme. La vue sur le Cap des Veuves au loin offrait à cette modeste chaumière un caractère apte à stimuler la créativité et à exacerber les sentiments.

Elizabeth ne savait pas ce qu'elle était en train de faire. Elle conduisait Julia dans son endroit secret et elle était plus prête que jamais à tout lui offrir. Cependant elle n'avait pas peur.

Elle fit assoir Julia, souriante, sur son canapé douillet et s'agenouilla devant elle. Se jetant à son cou, elle le dévora de baisers passionnés. Julia poussait des soupirs d'aise, tandis qu'Elizabeth, le visage enfoui dans les cheveux fauves, s'enivrait de leur parfum.

- Je suis désolée, Julia, je suis désolée… Pardon de t'avoir fait fuir. Je ne veux plus que tu partes, je ne pourrais vivre loin de toi, encore une fois… , dit-elle, en chuchotant, pleurant et riant à la fois, comme si elle ne savait quelle émotion choisir parmi toutes celles qui submergeaient son âme.

- Chut… Ne dis rien... Julia recula la tête de la belle femme blonde et l'observa comme si elle la voyait pour la première fois. Avec une volonté qui plut à la psychiatre, Elizabeth prit les mains de Julia dans les siennes et la guida vers les boutons de son chemisier, l'invitant à l'ouvrir. Cette dernière la regarda d'un air interrogateur, semblant lui demander une dernière fois si elle était sûre de ce qu'elle lui demandait. Elizabeth lui répondit par un sourire tendre. Julia défit les boutons et glissa les mains sous le tissu. Les seins d'Elizabeth étaient fermes et soutenus dans un beau sous-vêtement blanc en dentelle finement ouvragée. Julia se pencha et les embrassa, en remontant parfois jusqu'au creux des oreilles. Elizabeth voulait à son tour découvrir son amante et elle glissa sa main sous son pull. Pour la première fois, elle sentait la peau de Julia sous ses doigts ! Elle fit remonter le pull jusqu'à la tête et le jeta par terre. Julia portait un beau soutien-gorge noir dont la couleur se mariait à merveille avec le roux de sa chevelure. Curieuse comme une enfant à qui on donne un nouveau jouet, Elizabeth observa la poitrine de Julia avec envie puis approcha ses mains et commença à en caresser les formes généreuses. La peau douce et pâle de Julia lui donnait envie d'en découvrir plus, alors, dans un élan audacieux, elle dégrafa l'attache.

Julia s'allongea et laissa Elizabeth poursuivre sa découverte. Cette dernière se pencha sur la poitrine découverte et colla sa bouche aux mamelons rosés. Sa langue joua avec le relief pointu d'un de ses seins tandis que ses doigts s'amusaient avec l'autre. Les yeux fermés et les soupirs de Julia lui confirmèrent qu'elle était dans la bonne direction et l'invitèrent à continuer.

Soudain, Julia se redressa et se jeta sur le bouton de la jupe d'Elizabeth qui aussitôt glissa au sol puis en un éclair le soutien-gorge alla rejoindre la jupe. Elizabeth se retrouva en culotte d'une blancheur virginale en moins de deux. Julia approcha sa main chaude du ventre d'Elizabeth et commença à le caresser. Puis, assez rapidement, elle descendit et glissa sa main sous le tissu. Là, ses doigts découvrirent combien Elizabeth l'attendait. Sa chaude moiteur était la preuve qu'Elizabeth n'attendait plus que son entrée en elle. Doucement, puis de plus en plus rapidement, Julia manipula l'anatomie d'Elizabeth. Cette dernière enroula ses bras autour du torse de Julia et leurs seins se touchèrent. Julia se rapprochait et se reculait d'Elizabeth, toujours en faisant jouer ses doigts dans le sexe d'Elizabeth, rendant cette dernière prisonnière de toute volonté. Leurs poitrines alternaient les contacts : soit elles étaient écrasées l'une contre l'autre avec force, soit leurs extrémités durcies se frôlaient et cette variation des sensations décuplait leurs émotions.

Sentant qu'Elizabeth ne pourrait plus tenir ainsi bien longtemps, Julia lui accorda un sursis. Elle retira sa main et attrapa la sienne. Elle la conduisit à son tour vers son entrejambe. Elizabeth semblait surprise et ravie tout à la fois.

- Julia, je… je ne sais pas comment faire… avoua-t-elle, un peu honteuse.

- Laisse-moi te guider, tu vas voir ! la rassura-t-elle doucement.

Alors, Elizabeth comprit. Comme si elle avait fait cela toute sa vie, elle trouva aussitôt le centre du plaisir de Julia et le tortilla jusqu'à ce que cette dernière halète et que de fines gouttes de sueur perlent sur son front.

Mais Elizabeth en voulait encore le feu en elle ne s'était pas éteint et elle voulait à nouveau sentir sa chère Julia sur elle. Et cette dernière le comprit aussitôt. Elle coucha Elizabeth sur le dos et fit glisser le dernier morceau de tissu qui cachait sa nudité. Sur le canapé, Elizabeth était maintenant entièrement nue, et totalement à la merci de son amante. Cette dernière admira le spectacle qui s'offrait à elle, puis après quelques instants de calme, reprit ses ardeurs. Elle glissa la tête entre les jambes de la châtelaine et entreprit d'achever ce dont elle avait tant rêvé : elle voulait que tout l'amour qu'elle portait à Elizabeth se concrétise aussitôt en plaisir dans le corps de son amante. Ses coups de langue se firent doux, puis plus rapides. Quand elle sentait que sa partenaire allait se laisser envahir par la chaleur de l'orgasme, elle changeait aussitôt de rythme ou de position. Elizabeth ne pouvait rien faire, elle était totalement à la merci de la bouche de Julia et ne pouvait que caresser ses cheveux. Ses mains bougeaient au rythme des mouvements de tête de Julia.

Voulant que Julia ressente la même félicité, elle reprit son souffle et se redressa une dernière fois puis attira sa belle amante à elle. Elle l'embrassa avec avidité et gourmandise. Puis elle l'assit contre elle et osa faire ce dont elle n'aurait jamais pensé être capable. Elle enleva rapidement le pantalon et la culotte de Julia, puis elle glissa un doigt dans son intimité humidifiée par le plaisir. En faisant cela, elle observa le visage de cette dernière, qui la regardait avec douceur et un grand sourire de bien-être. A son tour, Julia approcha sa main du sexe de son amante et effectua le même mouvement, à la même vitesse et avec la même force. Quand Elizabeth accélérait, Julia faisait de même en elle quand elle ralentissait la cadence, Julia suivait son tempo. De leurs mains libres, elles serraient leurs corps l'un contre l'autre. Elles se collaient dans une étreinte passionnée, comme si leurs âmes longtemps séparées voulaient fusionner. Leurs respirations se suivaient, elles respiraient le même air, leurs bouches ouvertes par le plaisir et distantes de quelques petits centimètres. Arrivées aux portes du plaisir, Julia désira y entrer accompagnée d'Elizabeth. C'est ainsi que d'une main experte, elle fit en sorte qu'Elizabeth ressente le même bonheur suprême. Dans un moment d'entente parfaite, les deux femmes furent envahies par une chaleur électrique qui se diffusa au même instant dans leurs deux corps à l'unisson.

Sortant de leur extase, elles s'embrassèrent en souriant, et se regardèrent avec une tendresse infinie au fond de leurs yeux.

...

Collinsport - Octobre 1972

C'est par une belle nuit d'automne que le docteur Julia Hofmann et Elizabeth Collins Stoddard s'endormirent côte à côte, comme toutes les nuits depuis trois ans.

C'est par cette même nuit d'automne que les travaux sur les canalisations dans les bois longeant la route 9 débutèrent dans la forêt de Collinwood.

C'est aussi par cette même nuit d'automne que Barnabas Collins revint à lui, en sortant de son cercueil dans lequel il avait été enfermé il y 196 longues années.