-Je ne voudrais pas t'ennuyer Coop' mais … Je te déteste, tu me détestes, je sais, que cela ne t'empêche pas de me dire on l'on va, et pourquoi.

-Endroit isolé. Parler.

Blaine voulu l'étrangler. Seulement, s'il le faisait, il tuait au même moment son chauffeur, il se retint donc.

-Comment va … Papa.

-On parlera tout à l'heure.

Et le jeune homme sentit ses entrailles se glacer. Son frère lui cachait quelque chose, et il n'aimait pas. Il regarda alors les paysages secs de l'Ohio défiler sous ses yeux. Bientôt Cooper se gara à l'arrache la plus totale dans la grange d'une ferme. Il descendit et indiqua au garçon de le suivre, ce qu'il fit avec une pointe d'agacement. Ils s'assirent d'un même geste sur des tas de paille, l'un en face de l'autre.

-Tu as acheté une ferme ? Sympa, c'est juste un peu isolé … Si je dois passer l'été ici … On a internet ?

L'autre le sonda d'un éclair bleu et se pencha vers lui, toujours aussi mystérieux, le visage fermé.

-C'était à papa … mais je ne l'ai pas achetée. Blaine, oui, tu vas vivre un moment avec moi.

C'était terriblement gênant, et l'adolescent, qui n'avait même pas 17 ans, eut un rire nerveux, craignant comprendre.

-Non … Arrête de dire tes conneries Cooper, je m'en vais. Tu peux toujours rêver pour me voir rester avec toi.

L'homme se passa les mains sur le visage puis dans les cheveux, et regarda Blaine. Il parut plus vieux, fatigué, et tellement plus triste que la personne enjouée qu'il était. Les craintes du chanteur furent alors fondées, et sa réaction fut embrouillée. Son père … décédé ? Un vide se créait en lui, tandis qu'il pensait à tout les moments ratés passés avec lui, tous ceux après ses sept ans … Il ne verrait plus cet adulte qui l'a tant déçu. Et plus jamais il ne pourrait espérer quoi que ce soit de lui … il trembla, et planta ses yeux couleur miel dans le bleu du ciel pour éviter de montrer sa fierté déchue.

-Blaine, tu ne comprends pas … Ce n'est pas étonnant. Cette nuit papa s'est fait assassiné. Et cette nuit tu as survécu. Je dois veiller sur toi, à présent.

-Maman …

Le petit homme se leva et partit en courant vers la voiture. Evidemment elle ne s'ouvrait pas.

-COOPER ! Donne moi les clefs !

-Ils l'ont prise comme ils ont pris notre père.

Le grand frère s'avançait lentement vers lui, plus triste mais déterminé. Blaine était détruit.

-NON ! Personne ne peut la prendre ! Tu comprends ?! ELLE NE PEUT PAS M- mou …

Son visage était creusé de sillons de larmes, et il se jeta sur son frère, son front contre son torse protecteur. Il détestait Cooper, mais avait aimé celui qui avait été son grand frère. Et Cooper l'avait été, et il pouvait le redevenir.

-Tu sais qui ils sont … Blaine, nous allons retirer les Mages de ce monde, et ils ne tueront plus.

-Ils seront vengés … ?

-Oui. Je veillerai sur toi, je n'ai que trop souvent failli à ce devoir, et pardonne-m'en petit frère. Nous ne pouvons pas dormir ici, suis -moi.

-Ou-où ?

-En sécurité.