17.

Quand sa capitaine se leva, Khell s'approcha d'elle.

- Nous venons d'entrer dans la Passe d'Oshmore. Ce n'est pas le moment de déserter ton poste, surtout pour de la gaudriole.

Léllanya jeta un regard noir à son premier lieutenant.

- Depuis quand tu te mêles de mes affaires strictement privées ? siffla-t-elle.

- Et toi, depuis quand fais-tu passer tes orgasmes avant la sécurité du cuirassé ? rétorqua-t-il sèchement en la prenant par le poignet.

- La Janae ne risque absolument. Nous franchissons cette Passe une fois par an. La navigation est quasi programmée dans la mémoire de notre Ordinateur Central. Je pourrais guider la barre de la Janae les yeux fermés. Alors autant être là où je me sens le mieux ! J'y vais, et prière de ne pas me déranger !

- Tu t'es auto-proclamée notre Reine, Léllanya, mais il reste notre Conseil et je peux le convoquer vu tes manquements.

- La ferme ! jeta la Pirate en le giflant à la volée.

- Je peux savoir ce qu'Albator a de plus que nous tous ! ? aboya Khell alors qu'elle se dirigeait vers les portes de sa passerelle. Tu t'es fait quasiment chacun de nous, pourquoi revenir à ce type qui n'est plus que l'ombre de lui-même ?

- C'est au contraire maintenant qu'il est au mieux : docile, performant et sans aucune surprise ! lança encore Léllanya avant que les portes ne se referment derrière elle.

Dans la coursive menant à la salle-cellule, Trixhe Muhel arrêta sa capitaine.

- Laisse-moi lui régler son compte une bonne fois pour toute, l'occasion ne se représentera sans doute jamais !

- Ah non, tu ne vas pas t'y mettre aussi ? ragea Léllanya. J'ai un jouet grandeur nature, qui m'obéit au doigt et à l'œil. C'est mieux que toutes nos étreintes passées !

- Tu n'es plus qu'une femelle en rut.

- Et j'aime ça ! Depuis le temps, la Janae n'a plus vraiment besoin de moi, sauf en phase de combats.

La jeune Pirate esquissa un sourire carnassier.

- L'Arcadia, et si possible le Karyu, ne doivent pas être loin, à suivre ce débris décérébré en cage. J'espère que nous allons pouvoir en découdre avant que je ne leur montre en direct son exécution !

- Je vais pouvoir l'attacher au-dessus du puits d'énergie du vaisseau ?

- Oui ! Et si tu veux vraiment y tremper ton biscuit…

- Sans façon, je n'aime pas les lieux trop fréquentés, ironisa le responsable des opérations spéciales.

- En ce cas, libère le passage, je ne voudrais pas à vouloir te tirer dessus.

- Juste une chose, Léllanya : tu vas mouiller en vain, j'ai vérifié, ta sex bomb préférée n'a plus aucune réaction !

- Voilà pourquoi j'ai, une fois de plus, pris mes précautions, sourit la jeune Pirate en tirant une seringue d'un des étuis fixés à sa ceinture. Crois-moi, il va péter le feu des Dieux et se vider entièrement en moi.


Sans grande surprise, Léllanya retrouva son prisonnier presque dans la position dans laquelle elle l'avait laissé, nu sous un drap de satin noir, recroquevillé sur le lit en forme de cœur de velours écarlate et le dais lui aussi rouge sang.

Sautant sur le matelas épais de près d'un mètre, elle ôta les perfusions qui nourrissaient et hydrataient le grand brun balafré qui semblait – comme l'avait dit Trixhe – totalement sans connaissance. Elle rejeta le drap d'un geste ample, se délectant le regard du corps parfait qui était tout à elle.

- Finis de glander, mon bel étalon. Je suis en attente, et je veux le maximum de toi, pour ta dernière prestation ! gloussa-t-elle en plantant l'aiguille de la seringue dans le fessier plein et ferme, avant de le couvrir de baiser, et de glisser sa langue entre les lobes.

Les sangs fouettés par le cocktail d'excitants, Albator se redressa à demi, les muscles un instant tétanisés, lucide pour ce qu'on attendait de lui, déjà en érection.

Léllanya pépia de bonheur, le retourna sur le dos et referma sa bouche sur le membre gonflé.

« Mais retiens-toi encore, c'est dans mon ventre que tu dois te répandre ! Et, cette fois, si les Dieux m'exaucent, je ne recourrai pas à l'avortement ! Allez, une dernière fois, depuis ces quinze jours que je te détiens, donne-moi tout ce que tu as, Albator ! ».

Chevauchant son amant, l'ayant remis sur le lit, les doigts refermés sur sa propre croupe, Léllanya reprit les choses et une verge en main pour la glisser en elle, les coups de pilon reprenant frénétiquement, la bourrant des derniers élans.

Trixhe Muhel se trouvait toujours dans la coursive quand sa capitaine ressortit de la salle-cellule, rajustée en hâte, ruisselante de sueur, les entrailles encore vibrantes.

- C'était quoi cette alerte ? gronda-t-elle. Pas un leurre, j'espère ?

- L'Arcadia et le Karyu sont juste derrière nous. Ils sont côte à côte, leurs ailerons frôlent le bouclier de flux d'énergie du couloir artificiel, une manœuvre de folie ! renseigna Khell depuis la passerelle. Ils nous canardent !

- Ils sont fous… Mes rétros canons sont aussi puissants et destructeurs que les tourelles de mon pont extérieur ! Feu à pleine puissance, j'arrive.

- Et pour Albator ? questionna Trixhe, la moue et le regard mauvais. Là, en ultime cadeau, je me vois bien lui rentrer ma pine bien profond !

- Tu peux. Tout comme il t'est tombé dans les bras comme un pruneau bien mûr, je l'ai rendormi d'une autre injection. Fais ton affaire puis pends-le au-dessus du puits d'énergie de la Janae.

- Avec plaisir !


Un grand rouquin balafré réapparut, se penchant sur le corps inerte et inanimé de son lointain descendant, posant une main compatissante et attristée sur l'épiderme moite et froid.

- Je ne suis plus qu'énergie spirituelle, un souvenir d'un passé à demi oublié par ma propre famille, mais je suis fier de tous ceux à qui j'ai donné la vie. Albior, de loin, a permis que tu viennes au jour Ilian Albator Waldenheim. Il faut partir, la diversion sera unique, un tout petit créneau de chance, même si toutes les probabilités indiquent que tu vas y laisser ce qu'il te reste de vie. Debout, Albator, on s'en va !

- Alhannis… Non, Aldéran, fit Albator en rouvrant la paupière, sans plus aucune force, le corps et l'esprit déjà presque morts.

- « Alhannis », encore, il va vraiment falloir que je fasse la connaissance de ce bébé miraculeux ! Il ne me reste que des doses infimes d'énergie, je vais les utiliser ».

- Mes vêtements, mes armes, souffla Albator.

- Habille-toi et suis-moi ! intima Aldéran. Tes amis sont tout près !

- Mes amis… murmura encore le capitaine de l'Arcadia, vacillant sur ses jambes, tout tournant autour de lui, l'estomac au bord des lèvres.

Et bien qu'il se sente juste sur le point de tomber, il suivit l'ombre d'un ancêtre.

« J'ai vraiment complètement perdu la tête, moi… ».