Chapitre 3 : En route vers Serpentard !

Homophobes s'abstenir cette fic est un Drarry

Spoiler : Tomes 1, 2 3, 4, 5… Harry est en septième année à Poudlard… Il n'y a pas d'Horcruxes pour l'instant mais je peux toujours changer d'avis.

Disclaimer : Les personnages ne sont (malheureusement !) pas à moi, tout appartient à J.K Rowling, à part l'intrigue bien évidement qui est à moi toute seule… Héhéhéhé… Rires de psychopathe….

Draco : * air menaçant* J'espère au moins que tu as renoncé à ton idée débile d'intégrer Potter dans MA maison….

Harry : *hoche frénétiquement la tête* Parfaitement, sinon notre vengeance sera terrible…

Rin : * hausse les épaules d'un air désolé* Euh non, non, Harry tu vas à Serpentard un point c'est tout !

Draco : Allez, je ferais n'importe quoi !

Rin : N'importe quoi ?

Draco : Gloups… Bienvenue chez nous, vieux…

Harry : Sale traître ! Espèce de petit joueur !

Rin : Et sur ce voici un nouveau chapitre de La Mauvaise Table, je suis très fière de moi sur ce coup là parce que j'ai réussi à le publier à temps malgré un impromptu voyage à Londres, j'ai vu le manuscrit d'Harry Potter d'ailleurs, J.K Rowling fait presque autant de ratures que moi sur ses feuilles, je me sens puissante ! Bref, merci à tous de continuer à me lire, merci à tous ceux qui pensent à me laisser une petite review, je vous assure ça me fait vraiment plaisir de les lire, elles sont toutes absolument géniales, j'adore ! Merci, Merci Merci !


- C'est n'importe quoi ! Vous ne pouvez pas m'obliger à faire ça ! C'est injuste ! Je refuse ! Je suis un Gryffondor depuis ma première année, j'ai tiré l'épée de Godric du Choixpeau magique pendant ma deuxième année prouvant au monde entier que je suis un véritable Griffon et vous voulez m'enlever ça ? Je n'ai absolument rien à foutre chez les Serpents ! Rien du tout !

- Pour une fois que ce que votre Golden Boy raconte a un sens vous feriez mieux de l'écouter ! Espèce de vieux fou sénile ! C'est la première et dernière fois que vous m'entendez être d'accord avec Potter, alors profitez de ce moment d'unité et foutez nous la paix ! Il n'a pas sa place chez les Serpents !

- Je ne veux pas y aller de toute façon ! J'ai rien à faire là bas ! Ils vont me tuer !

- Exactement ! On le tuera ! C'est une promesse ! Vous m'entendez ? C'est une promesse !

- Vous vouliez éviter d'aggraver les tensions entre les quatre maisons de Poudlard, et bien bravo vous allez déclencher une guerre ! Hourra !

- Le balafré a raison ! Ça va être ingérable ! Ingérable !

- Allons, allons, mes enfants, calmez-vous… Commence Dumbledore d'un ton qui se veut apaisant.

- Nous calmer ? Vous voulez que nous nous calmions ? C'est une blague ! s'exclame Malfoy d'un ton dégoulinant de mépris et de colère contenue. Il est hors de question que je me calme ! Vous venez de m'annoncer que mon pire ennemi depuis sept ans va intégrer MA maison avec votre bénédiction ! Une situation idyllique clairement ! Vraiment je ne vois pas pourquoi je me plains ! Les Serpentards sont au bout du rouleau mais bien entendu je suis ravi que Potter ramène sa fraise ! On a assez de difficultés comme ça, nous, les Serpentards, sans en plus nous rajouter Potter ! Tout le monde est contre nous ! Toutes les maisons sont contre nous ! Pas besoin de raviver l'animosité des Gryffondors en leur prenant leur sacro saint Potter ! Tous les jours, nos premières années se font lâchement attaquer ! Tout le monde nous prend pour des putains de Mangemorts ! Et vous voulez que je me calme ? Tous les jours on nous insulte, et je ne parle pas que des élèves, tous les jours nous sommes victimes d'injustices, d'injures et de coups ! Et il faudrait que je sois calme ! Vous allez empirer les choses, voilà ce que vous allez faire ! C'est n'importe quoi ! L'unité entre les quatre maisons de Poudlard ? Quelle blague ! Elles sont unis toutes vos maisons préférées va ! Contre nous ! Comme d'habitude ! Ça fait des siècles que ça dure et ça ne changera jamais…

Je me mords sauvagement la lèvre, il y a du vrai dans ce qu'il dit, même si j'ignorais que la situation des Serpentards était aussi critique… Est-ce qu'il n'exagérerait pas un peu ? Ce ne serait pas la première fois que Malfoy nous fait sa Drama Queen… Mais non en y réfléchissant, il dit sans doute la vérité, et ça ne m'étonne même pas ! Les Serpents ont toujours été des parias… Ils sont toujours à l'écart… Exactement comme dans mon rêve…

Pendant toute la durée de la tirade de Malfoy, Dumbledore est resté étrangement silencieux, égal à lui-même, c'est calme, impassible, implacable qu'il déclare d'une voix posée :

- Monsieur Malfoy, je suis conscient des problèmes que vous évoquez et croyiez bien que je prends toutes les mesures nécessaires pour qu'ils cessent. Néanmoins, je pense vraiment que la présence de Monsieur Potter au sein de la maison Serpentard s'avérera être un atout pour celle-ci.

- Peuh ! Un atout ? Tu parles !

Puis, comme si elle se réveillait soudainement Mcgonagall se redresse brusquement, frappe dans ses mains d'un geste sec et s'exclame d'un ton sans appel :

- Un peu de respect, c'est votre directeur par Merlin ! Je retire encore 50 points à vos maisons respectives. A présent Monsieur Malfoy, Monsieur Potter, cessez de discuter ! La décision est prise. Monsieur Potter vous vous rendrez dans votre dortoir pour récupérer vos affaires, vous vous installerez ensuite chez les Serpentards. J'irais moi-même informer Séverus de la situation, Albus, ajoute-t-elle en se tournant vers Dumbledore, qui hoche la tête en signe d'assentiment.

- Mais… Professeur… Je bredouille inutilement.

Dumbledore m'adresse un clin d'œil avant de lancer d'un ton enjoué :

- C'est décidé Harry. A présent Messieurs, vous pouvez disposer…


Arrivés devant la gargouille masquant l'entrée du bureau de Dumbledore, Malfoy et moi échangeons un regard empreint de lassitude. C'est la première fois que j'ai l'occasion de voir les deux orages de Malfoy si calmes, comme si la tempête était passée… C'est la première fois que nous nous retrouvons tous les deux de cette façon, sans insultes, sans bagarres, sans aucune espèce de tensions… Nous sommes comme vidés, comme si tout ce qui venait de se passer dans la Grande Salle et dans le bureau du directeur était irréel, comme si toute cette folie ne s'était jamais produite… Cette situation est si… Anormale…. Il y a toujours eu cette étincelle entre nous ! Et non je ne parle pas d'amour qui dure toujours bien évidemment ! Ce que je veux dire c'est qu'il y a toujours eu ce truc entre nous, ce petit quelque chose qui fait qu'on a besoin de se taper dessus, de s'injurier, c'est idiot mais c'est comme si on en avait besoin, comme si ça nous permettait de nous sentir mieux. Pas cette fois… Cette fois, c'est différent… Peut être parce que nous voilà forcer de cohabiter…

Je me rends compte que voilà déjà plusieurs minutes que je continue de fixer les yeux argentés de mon rival, sans rien dire. Je me sens subitement très mal à l'aise. Je passe une main nerveuse dans mes cheveux, et je m'éclaircie brutalement la gorge. Ce son résonne dans le couloir désert. Il faut à tout prix que je dise quelque chose. On ne peut pas rester indéfiniment à se regarder fixement comme des poissons hors de l'eau. Je déglutis. Je me tords les mains devenues moites d'anxiété. Je prends une inspiration tremblante, j'essaye de sourire maladroitement, je me balance d'un pied sur l'autre et je balbutie :

- Apparemment, je suis un Serpentard, maintenant…

C'est nul… Vraiment nul… C'est vraiment la bonne façon d'engager une conversation ! Bravo Harry ! Yay ! Pourtant je suis étonné de voir Malfoy hausser les épaules et soupirer :

- Ouais… On dirait… Hahaha…

Je le regarde bouche bée se plier en deux de rire devant moi. Il a pété un câble ou quoi ? C'est comme s'il avait subit trop de pression depuis tout à l'heure et qu'il se laissait complètement aller. Comme si son armure commençait à se fissurer sous le poids de la pression et du stress. Je le regarde rire, et rire encore devant l'ironie de la situation, devant l'absurdité de lui et moi vivant paisiblement dans la même maison, devant l'impossibilité que cela arrive un jour… Je ne l'avais jamais vu rire… Je veux dire, rire vraiment… Ou alors je n'y avais jamais vraiment prêté attention… Il a un rire si chaleureux, si musical, comme… Comme dans mon rêve… Je me sens si désespéré de repenser encore à ce stupide cauchemar qui a entrainé tous ces bouleversements que je commence à rire aussi, à rire jusqu'aux larmes, jusqu'à ne plus pouvoir m'arrêter… Finalement, riant toujours aux éclats, je demande :

- Hahaha… Pourquoi… Haha… Pourquoi…. Tu rigoles ? Tu… Haha…. Tu te moques de moi, Malfoy ?

- Haha… Si tu savais, Potter… Haha… Les Serpents… Ont enfin une chance au Quidditch… Haha… Tu seras… Notre Attrapeur… Haha…

Je le vois essuyer une larme qui s'échappe de ses orbes argentés. Je reviens à moi, c'est comme si je prenais une douche froide. J'arrête de rire aussi subitement que j'ai commencé. Je ne pourrais plus jamais jouer avec les Gryffondors… Je suis un Serpentard maintenant… C'est comme si la réalité de la situation s'imposait enfin à moi. Je suis un Serpentard… Malfoy me lance un regard interrogateur en voyant que je ne partage plus son hilarité désormais. Un voile passe devant ses yeux quand il constate que je ne ris plus, aussitôt son expression se ferme, ses traits se durcissent, ses poing se crispent, son grain de folie disparait, il ne reste plus que le monstre, un Malfoy froid comme la glace et aussi cruel qu'une vipère… Le Malfoy que j'ai toujours connu, je préférais largement cette autre version de lui-même… Avant même qu'il n'ouvre la bouche, je sais qu'il va me faire payer le fait d'avoir été témoin de son petit moment de pure démence :

- Qu'est-ce que tu regardes, Potter ? T'as un problème ?

Je secoue la tête. Je n'ai pas la force de faire ça maintenant. Et vu que je suis forcé de vivre avec lui au quotidien, il vaut mieux que je conserve un peu de mon énergie. Mais bien sur, Malfoy ne l'entend pas de cette oreille. Il se rapproche dangereusement de moi et me plaque violemment contre le mur le plus proche. J'essaye de me dégager en le poussant de toutes mes forces, mais il me dépasse de plusieurs centimètres et par conséquent il a l'avantage sur moi. Je pousse un grognement animal :

- Non mais tu vas me lâcher, Malfoy ? Qu'est ce qui te prend ? Putain !

Il agrippe le col de ma chemise alors que je continue à me débattre désespérément contre lui, d'une voix agressive, il murmure :

- Je vais te donner un petit conseil, Potty, si tu veux que tout se passe bien, tu vas m'écouter très attentivement…

- Lâche-moi ! J'écouterais rien du tout, espèce de malade ! Je le coupe brusquement en me débattant plus furieusement encore.

D'un geste vif, il me soulève brutalement du sol et me plaque à nouveau contre le mur avec encore plus de force que précédemment. Ma tête cogne contre le mur de pierre froid. Je suffoque, il est en train de m'étrangler, ce petit con ! Mes mains se crispent sur son bras pâle essayant à tout prix de l'éloigner de ma gorge en feu. A nouveau, il s'approche de mon oreille et murmure :

- Non, Potty, je t'assure, tu as envie de m'écouter… Tu vas tout faire, TOUT faire, tu m'entends, pour que Dumbledore te renvoie chez les Gryffondors, d'accord… ? Penses-y, tout le monde sera content, tu seras de retour en héros chez les Griffons et on pourra vivre notre vie tranquillement…

J'essaye de prendre de grandes bouffées d'air pour ne pas étouffer, mais je n'arrive pas à respirer, ma vision se trouble. De désespoir, je hoche frénétiquement la tête pour lui montrer que je suis d'accord. De toute façon, je n'ai aucune envie de vivre avec les Serpentards… Pas vrai ?

Il me relâche brusquement, et je m'effondre sur le sol, aspirant de grandes goulées d'air en faisant un bruit atroce. Les larmes me montent aux yeux, ma gorge me brule… Argh ! A nouveau je vois Malfoy s'approcher de moi, dans mon champ de vision, je ne peux apercevoir que ses chaussures parfaitement vernies. Il se penche, et me tape méchamment sur l'épaule avant de lâcher :

- N'oublies pas, Potter, si t'es encore là, demain soir, on fera de ta vie un véritable enfer…

Une nouvelle fois je hoche la tête, sans rien dire. Je le regarde s'éloigner, toujours silencieux, et j'en profite, dés qu'il a le dos tourné, pour me relever. Je suis pitoyable, je me dégoute, je me sens intimidé et pétrifié par ce crétin, ce putain d'imbécile !

Je m'apprête à lui tourner le dos à mon tour et à rejoindre la tour des Gryffondors pour leur annoncer la nouvelle lorsque Malfoy se retourne et déclare d'un ton atone :

- T'as pas idée dans quoi tu mets les pieds Potter…

Je lui souris, et sans y réfléchir, je réponds :

- Ça, tu l'as déjà dit !

Il me regarde un instant, interloqué, avant de reprendre son chemin en haussant les épaules. Oui, il l'a dit, il n'y a pas de raison de perdre espoir, après tout c'était dans mon rêve… Peut être que lui est irrécupérable, mais ils ne le sont sans doute pas tous…


D'un ton sec, je lance le mot de passe à la Grosse Dame avant de m'engouffrer dans l'ouverture auparavant dissimulée par le portrait. La mâchoire contractée, les dents serrées, je me précipite, les yeux brulants, vers le dortoir. J'ai juste le temps d'apercevoir toute la petite bande, Ron, 'Mione, Seam, Dean et Neville se redresser brusquement du canapé sur lequel ils étaient assis pour courir à ma rencontre et m'interpeller. Ils m'attendaient… Inquiets devant mon absence de réaction, ils me suivent en me harcelant de questions. Je ne leur prête aucune attention. Je monte quatre à quatre les marches de l'escalier en colimaçon.

A grands pas, je me dirige vers mon lit à baldaquin, d'un coup de pied, j'ouvre la malle qui repose auprès du lit et je commence à jeter pèle mêle à l'intérieur, tout ce qui me tombe sous la main, boxers, plumes, parchemins, capes, robes, cravates, chemises, tout y passe. J'essaye de toutes mes forces de ne pas penser à ce que je suis en train de faire, à ce que cela signifie… Je suis en train de faire ma valise, plus jamais je ne dormirais avec mes camarades, plus jamais je ne serais le témoin de leur humour potache, et ça me tue, ça me tue…

- Harry ? HARRY ? Mais qu'est-ce qui te prend ?

- Pourquoi tu fais ta valise, mec ?

- Ils ne t'ont quand même pas expulsé ? s'indigne Hermione d'une voix horrifiée.

Je soupire. Je secoue la tête de gauche à droite, faisant signe que non mais je ne peux me résoudre à leur dire la vérité, ce qui est sur le point de se passer. Si je leur dis, ça ne rendra la situation que plus réelle, si je leur dis ce sera fini, je ne serais plus un Gryffondor, je passerai à l'ennemi… Je grogne. Ce n'est pas mon cauchemar, c'est pas parce que je suis obligé de vivre avec les Serpentards que mes amis vont soudainement m'abandonner ! Reprend toi Harry ! Putain ! De lassitude je donne un nouveau coup de pied dans ma valise. Aaaaaaargh ! Mon orteil ! Je me mords la lèvre de douleur. Ça m'apprendra à vouloir faire le malin !

'Mione s'approche de moi à petit pas, elle pose une main sur mon épaule avant de murmurer :

- Regarde-moi, Harry…

Je baisse la tête et évite consciencieusement son regard. Je la repousse gentiment avant de continuer à enfourner dans ma malle tout et n'importe quoi. Mes mains tremblent… Je suis clairement en train de perdre la tête…

Doucement, 'Mione me prend ma cape d'invisibilité des mains, celle que j'essayais de coincer dans ma valise depuis au moins cinq bonnes minutes, elle prend mes mains entre les siennes en me regardant droit dans les yeux et me force à m'asseoir sur le bord de mon lit, à voix basse elle demande :

- Qu'est-ce qui se passe Harry ?

Je vais craquer, je le sens… Je contemple un instant les yeux chocolats de ma meilleure amie. Je sais que je peux tout lui dire… Je la connais depuis tant d'années… Et après tout ce que j'ai à lui dire n'est pas si grave… Voldemort n'est pas revenu d'entre les morts, Sirius n'est pas retenu prisonnier, ma cicatrice ne brule pas, tout va bien en apparence… En apparence seulement… C'est juste dur de tout lui avouer… Je ne veux pas y aller… Je ne veux pas partir… C'est comme si on me séparait de ma famille et ça me brise le cœur… Littéralement…

J'ouvre la bouche, prêt à tout leur raconter, mais les mots refusent d'en sortir… Je la referme et pousse un soupir de frustration. Ron s'éclaircit la gorge et vient s'asseoir maladroitement à mes cotés, il pose à son tour une main sur mon épaule et d'une voix rauque, il déclare :

- Hey… 'Ry, mec, tu sais que tu peux tout nous dire, hein ? Alors, dis-moi, mon pote, qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce qui t'arrive ? C'est quoi ton délire avec les valises ?

Je prends une grande inspiration et je me lance tête la première dans une longue explication.

- JenesuisplusunGryffondor, j'auraispasdûm'asseoiràlatabledesSerpentard… . Jevaisdevoirallervivrelàbas.

Pas si longue que ça mon explication en fait… Ron cligne des yeux d'un air interloqué, il ouvre la bouche, il la referme, on dirait un poisson rouge, finalement, confus, il demande :

- Euh… Tu peux répéter parce que là on a rien compris en fait…

Je soupire… Evidemment ! Je déglutis puis d'une voix posée j'articule :

- A cause de ce qui s'est passé dans la Grande Salle, Dumbledore a décidé pour unir les quatre maisons et pour nous punir Malfoy et moi, de m'intégrer officiellement à la maison Serpentard…

- T'intégrer à la maison Serpentard ? Qu'est ce que ça veut dire ça exactement ? S'exclame Ron en fronçant les sourcils.

- Réfléchis deux minutes, Ron ! Dumbledore veut mettre fin à leur rivalité, quel meilleur moyen que de les faire cohabiter ? Explique Hermione en se tordant les mains.

- Les faire quoi ?

- Il peut pas faire ça !

- Il n'a pas le droit !

- C'est n'importe quoi !

- Je suis sur que c'est impossible ! Il va avoir le conseil d'administration sur le dos, t'inquiète 'Ry ma grand-mère en fait partie ! s'empourpre Neville, les yeux bouillant de colère.

- Je suis sure que si l'on consulte le Code de Poudlard qui figure au chapitre 33 de l'Histoire de Poudlard on peut arranger les choses… En effet, c'est du jamais vu… Ce cas de figure n'a jamais eu lieu auparavant… Et… Un Gryffondor à Serpentard, ça relève de la pure folie ! Marmonne Hermione en faisant les cent pas.

Je vois mes camarades hocher frénétiquement de la tête, ils me tapent tous sur l'épaule en s'exclamant sur l'impossibilité de la situation. Ils cherchent à tout prix un moyen pour me faire rester.

- Harry est un Gryffondor, il le restera !

- On pourrait organiser une manifestation ! Je suis sur que les Poufsouffles et les Serdaigles nous suivront, personne ne veut voir Harry passer à l'ennemi ! Ils vont le tuer, ce sont presque tous des apprentis Mangemorts ! On devrait faire un sitting ! Avec des banderoles ! Je vais organiser ça ! propose Dean plein d'enthousiasme.

Je secoue la tête. Ça ne marchera jamais… Et ça ne fera sans doute qu'empirer les choses… Le silence s'installe subitement sur le dortoir, chacun fixe ma valise avec tristesse. C'est la fin de six années de vie commune…

- Et si, tout ce micmac, était une idée de Tu-sais qui ? Demande soudain Ron.

Nous le contemplons tous pendant de longue secondes, perplexes. Une idée de Voldemort ? Sérieusement ? Hermione hausse un sourcil et lui ordonne du regard de s'expliquer. Ron bafouille :

- Mais si réfléchis ! Harry à Serpentard, c'est la position idéale pour l'attaquer, c'est comme aux échecs, tu essayes de mettre ton adversaire dans une situation impossible, là Harry se retrouve seule face à une armée de Serpents ! Il est affaiblit, il est seul, coupé de tout !

Ce n'est pas très clair… C'est le moins que l'on puisse dire… On est toujours à Poudlard, je suis toujours en sécurité a priori même parmi les Serpents, non ? Pourtant je vois Seamus et Dean considérer sérieusement cette hypothèse, tandis qu'Hermione pousse un soupire d'exaspération. Je me prends la tête entre les mains. Je me sens las. Je suis fatigué, si fatigué. Toute cette situation est épuisante… Je force les battements de mon cœur à se calmer, je respire un grand coup, je m'efforce d'être le plus calme possible, je suis Harry Potter, tout va bien se passer, j'ai toujours eu de la chance, beaucoup de chance, ça ne peux que continuer, hein ? D'une voix posée, je déclare :

- Dumbledore a pris sa décision. Je vais rejoindre la maison Serpentard. C'est chose faite. On y changera rien je pense. Je vais vivre avec les Serpentards, c'est décidé.

- Tu… T'en… T'en es sur 'Ry ? Je veux dire… ça va aller ? Bredouille Neville.

Tous me lancent un regard interrogateur, je hausse les épaules. On verra bien… Hermione s'empresse de me rassurer :

- De toute façon tu vas vivre avec eux, d'accord, mais rien ne t'empêche de venir manger avec nous à la table des Gryffondors comme d'habitude. La plupart de nos cours sont communs avec les Serpentards, donc on se verra très souvent ! De plus, tu n'es pas obligé de passer tout ton temps libre dans la Salle Commune des Serpentards, tu seras toujours le bienvenu ici !

Je lui adresse un sourire éclatant. Le premier depuis le début de toute cette histoire… Elle a raison… Je les verrai toujours, ma vie va devenir un petit peu plus compliquée, certes, mais ce n'est pas la fin du monde, faut que je me reprenne ! Un peu de nerf Harry ! Je me sens mieux tout à coup, j'ai le cœur plus léger… Je me sens plus serein…

Je me relève lentement, et calmement je saisis ma baguette, d'un geste ample je regroupe toutes mes affaires et les entasse rapidement dans ma valise. Je la referme doucement avec une impression de finalité. Je m'empare de la poignée et je me dirige, très déterminé, vers la sortie du dortoir. Tout se passera bien, mes amis me soutiendront envers et contre tout, je ne suis pas dans mon cauchemar, il est temps que je reprenne mes repères !

Alors que j'ai la main sur la poignée de la porte, Seamus s'éclaircit la gorge, mal à l'aise. Je me retourne pour lui faire face. Il se gratte la tête et se dandine d'un pied sur l'autre avant de lâcher :

- J'suis désolé, Harry, tout ça c'est de ma faute, je t'ai poussé à t'asseoir là bas, je suis désolé… Je me sens tellement coupable…

Ça lui coûte de s'excuser, je le vois bien, je lui adresse un sourire, je m'approche de lui, lui donne une accolade en lui tapant amicalement dans le dos.

- T'inquiète Seamus, je t'en veux pas…

Nous éclatons de rire tous les deux. Il me prend ma valise des mains et déclare d'un ton solennel :

- Je peux bien porter tes affaires pour me faire pardonner !

Tous ensemble nous descendons l'escalier en colimaçon. On se force à sourire, à rire, à être heureux une dernière fois tous ensemble. On se dit au revoir à notre façon. Les blagues vaseuses sur les Serpentards fusent de toute part. Soudain, du coin de l'œil au pied de l'escalier j'aperçois Ginny, une expression blessée inscrite sur le visage, qui fait les cent pas. Aussitôt, je me fige, elle m'était complètement sortie de la tête ! Mes amis se tournent tous vers moi pour voir ce qui ne va pas, pourquoi je ne ris plus, très vite, ils remarquent Ginny, ses poing serrés, sa chevelure enflammée, ses yeux étrécis par la colère, Seamus pose ma malle discrètement à mes cotés, chacun me tape amicalement sur l'épaule et me chuchote un au revoir précipité avant de quitter la pièce à toute vitesse.

Je descends les dernières marches d'un pas hésitant. Je me mords sauvagement la lèvre en croisant les perles bleus acier de ma dulcinée. Elle boue littéralement de rage, ses yeux lancent des éclairs. Elle se tord les mains tout en marchant d'un pas vif d'un bout à l'autre de la salle. Sa chevelure flamboyante capte les reflets dorés du feu brulant dans la cheminée alors qu'elle secoue la tête de colère. On dirait un feu follet… Je passe de longues minutes à la contempler en silence. Finalement, elle s'arrête au milieu de la pièce, les bras croisés, elle me lance un regard noir et tape du pied contre le sol capricieusement, d'une voix impérieuse, elle demande :

- Alors ?

- Alors quoi ? Je réponds bêtement, pris de court.

Ses lèvres se pincent, ses traits se crispent, son expression se ferme, elle arbore à présent un véritable masque de colère. Je ne l'ai jamais vu aussi furieuse… C'est pire encore que lorsque Fred et George osent la contrarier… Je sens la puissance de son irritation déferler sur moi… Je suis presque étonné de ne pas la voir s'emparer de sa baguette magique pour me lancer un de ces sorts dont elle a le secret. Mon Dieu mais que se passe-t-il ? Qu'est ce qui lui arrive ? Elle d'ordinaire si douce, si calme… Bon pas tant que ça, mais tout de même, elle n'a jamais été si… Enragée…

- Alors quoi ? A ton avis, Harry James Potter ? Tu vas aller vivre chez les Serpents, voilà quoi ! Tu as fais ta valise, tu as parlé à Ron, 'Mione, tous tes amis ! Qu'est ce que je dis ? Tout le château est au courant ! Et tu pensais partir derrière mon dos, sans rien me dire, sans me prévenir, prendre la poudre d'escampette et sans doute ne plus jamais revenir ! Pourquoi je suis toujours la dernière au courant Harry, hein ? Pourquoi tu me caches des choses ? Pourquoi tu ne me dis jamais rien ? Pourquoi est-ce que tu me fais ça ?

A ma grande surprise, Ginny fond en larme, elle éclate en sanglots devant mes yeux ébahis. Je n'ose pas m'approcher d'elle pour la prendre dans mes bras et la consoler, je n'ose pas faire de mon mieux pour la rassurer. J'ai peur qu'elle ne me rejette… Je prends mon courage à deux mains et je fais un pas en avant, un pas vers elle, mais en voyant ses yeux remplis de douleur et son expression blessée, je me ravise et je recule lentement. Elle est si vulnérable… Et je suis impuissant, je ne peux rien faire…. Je voudrais lui dire que je suis désolé, que tout va bien se passer, qu'il ne faut pas qu'elle s'inquiète, que ce n'est pas parce que je ne l'aime pas que je lui ai rien dit mais que je me suis sentis submergé, bouleversé par la situation et que je n'ai pas réfléchis mais avant que je ne puisse ouvrir la bouche, Ginny reprend la parole :

- Qu'est ce que je représente pour toi Harry ? Est-ce que tu te soucies vraiment de moi ? On t'annonce que tu es plus un Gryffondor et tu ne penses pas que ça va m'affecter ! Je suis quoi pour toi Harry ? Hein ? Parce que je suis censée être ta petite amie, ta copine, merde ! Comment veux tu que ça marche entre nous si tu ne me dis rien et surtout pas l'essentiel ! C'est n'importe quoi…

Sa voix se brise, les larmes coulent abondamment sur son visage. A grands pas, je la rejoins au centre de la pièce, de la main j'écarte une mèche de cheveux roux de son visage, j'essuie ses larmes tendrement, je lui embrasse rapidement le front, je prends ses petites mains dans les miennes, et j'inhale sa douce odeur de cannelle. J'appuie son front contre le mien et d'une voix rauque je murmure :

- Je t'aime Gin, tu sais que je t'aime, tu me rends fou, je suis fou de toi tu m'entends…

Elle baisse la tête et tout bas sans me regarder, elle chuchote :

- T'as une drôle de façon de le montrer Potter !

Je lui attrape le menton et la force à croiser mon regard, je plonge mes émeraudes dans ses azurs et je déclare :

- Je t'aime Gin, je t'aime plus que tout. J'aime chaque seconde que je passe à tes cotés, quand je te vois, j'ai peur d'arrêter de respirer, mon cœur s'emballe… Je… Je suis pas doué pour ces choses là… Tu le sais bien… Je t'aime Gin… Et je suis désolé, désolé que tu ais dû souffrir à cause de moi, que ce soit difficile entre nous en ce moment, je suis désolé mais je t'assure que ça va s'arranger… Je t'aime et c'est tout ce qui compte Gin, c'est tout ce qui compte…

- C'est une promesse ? Tu me le promets Harry ? Tu me promets que tout va s'arranger ?

Je la sers très fort contre moi. Je ne veux pas la perdre…. Je lui souris. Et j'hoche la tête, d'une voix grave, je lui réponds :

- Je te le promets.

Je croise son regard, et je scelle ce serment par un tendre baiser. Je l'embrasse délicatement pour lui demander pardon. Nos lèvres s'effleurent dans une danse gracieuse, nous nous redécouvrons après cette énième dispute. Nos langues finissent par s'entremêler, très vite notre désir prend le pas sur la raison et je l'embrasse passionnément, comme si ma vie en dépendait. Nous nous écartons l'un de l'autre à bout de souffle, je la regarde une étincelle de désir brillant toujours dans mes yeux, je me sens sourire sans pouvoir m'arrêter. Elle me fait toujours cet effet là… J'ai toujours rêvé d'avoir une famille, grâce à Ginny je vais pouvoir réaliser mon rêve, je vivrais avec les Weasley, nous aurions des enfants… Nous vivrions dans un monde parfait… Je secoue la tête pour chasser mes pensées, Ginny me prend la main et d'une petite voix elle me demande :

- Pourquoi tu ne m'as rien dit, Harry ?

- Je suis désolé, j'imagine que je me suis senti complètement dépassé par la situation et sur le moment je n'ai pensé qu'à moi… C'était pas contre toi Gin, j'ai juste été très égoïste… Tu me pardonnes ?

Elle me regarde droit dans les yeux et d'un ton solennel, elle s'exclame :

- Je ne peux rien te refuser, tu sais très bien que je ne peux pas rester fâcher contre toi bien longtemps, bien sur que je te pardonne Harry !

Nous nous sourions et à contrecœur, je lui donne un dernier baiser, qui s'éternise, et qui dure encore et encore… J'en ai la tête qui tourne… Le souffle court, je m'éloigne doucement, et je saisis ma valise, je la regarde une dernière fois, avant de me détourner et de me diriger d'un pas lent vers le portrait de la Grosse Dame. C'est trop difficile de lui dire au revoir… Je me retourne, et je contemple pour la toute dernière fois la Salle Commune des Gryffondors, je savoure cet instant et je me remémore tous les bons moments que j'ai passés ici, dans ma deuxième maison. Je croise les yeux bleus de Ginny, les larmes aux yeux, elle m'implore :

- Vas-y, Harry sinon tu ne partiras jamais…

Sans un regard en arrière, je m'engouffre dans l'ouverture dissimulée par le portrait. C'est parti…


C'est avec une détermination mêlée de tristesse que je marche d'un pas décidé en direction des donjons. J'ai l'impression de me rendre à l'abattoir… Des centaines de questions sans réponses tourbillonnent dans mon esprit embrumé… Comment vont-ils m'accueillir ? Pas à bras ouverts, ça c'est sur… Comment vont-ils réagir ? Est-ce que… Est-ce qu'ils vont m'attaquer ? Ou simplement m'insulter ? Vont-ils rester stoïques ? Ou me réduire en miettes ? Je stresse, j'ai peur, je flippe, j'ai la trouille de putains d'adolescent pré pubères ! Mes mains sont crispés sur ma valise, j'ai la gorge sèche, de fines goutes de transpiration perlent sur mon visage. Mon Dieu… Je suis putain de terrifié ! Je vais aller vivre dans un nid de vipères… Chez les Serpentards qui m'ont empoisonné l'existence pendant prés de sept années… ça va être un massacre… Un désastre… C'est ce qui raisonne en boucle dans mon crâne…

Je passe de couloirs en couloirs, je monte et descends une petite dizaine d'escaliers, perdu dans mes pensées, horrifié par ce nouveau bouleversement, je ne prête aucune attention à ce qui se passe autour de moi. Je sens le poids des regards sur mon passage mais à aucun moment je ne pense à m'arrêter. J'entends les murmures me suivre partout ou je vais mais je n'essaye pas de les comprendre ou d'écouter ce que les gens ont à me dire. Je me concentre sur mes chaussures, sur l'effort que me demande le fait de mettre un pied devant l'autre, de faire un pas après l'autre. Je suis comme un condamné que l'on conduit à sa mort, avec la foule excitée à l'idée du prochain spectacle…

Je traverse l'intégralité du château, sans rien voir, sans rien entendre, complètement hermétique, le cœur battant à cent à l'heure, la respiration erratique, les yeux brûlant de larmes contenus, la bouche tordue dans un rictus de haine et de rage. Toute cette situation est complètement absurde ! Je hais Dumbledore, Malfoy et tous ces merdeux ! Pourquoi c'est toujours à moi qu'il arrive des trucs insensés ? Par Merlin !

Après de nombreux détours que je ne peux empêcher, en effet, mes pieds ont la fâcheuse tendance à faire demi tour malgré moi, ils ne semblent décidément pas vouloir se rendre parmi les Serpents, j'arrive enfin devant le mur nu et humide situé dans les profondeurs des cachots. Je contemple un instant les pierres grises et froides, j'ai conscience de me trouver juste en dessous du lac de Poudlard, je sens l'humidité dans mes os, je suis glacé jusqu'à la moelle. Je réprime un frisson… Il n'y a pas que le froid qui m'inquiète… Je prends une grande inspiration pour me donner du courage et à voix basse je murmure, face au mur, le mot de passe dévoilant l'accès à la Salle Commune de mes ennemis. Celui-ci se divise en deux avec un grincement de mauvais augure, et je m'engouffre rapidement dans le passage ainsi révélé.

Je reste un instant immobile, hésitant, partant de là, je ne sais plus trop quoi faire… Je pénètre à petits pas dans ma nouvelle Salle Commune. C'est la troisième fois que je m'y rends en comptant mon rê… Mon cauchemar ! Je l'embrasse précipitamment du regard. Il s'agit d'une longue pièce souterraine aux murs et au plafond de pierre brute. Des lampes rondes, verdâtres, sont suspendues à des chaînes. Je ne m'attarde que quelques instants sur le décor, j'aurais l'occasion de voir tout ça de plus prés plus tard. Je préfère profiter du fait que les Serpentards ne m'aient pas encore remarqué pour les observer. La Salle Commune est très animée, c'est ce qui me saute aux yeux en premier. Les rires fusent de toutes parts, les conversations vont bon train ajoutant une touche chaleureuse à la pièce aux allures de cachots. L'atmosphère est paisible, agréable, bon enfant. Tout le monde se connait, et tout le monde semble s'apprécier, c'est loin des incessants jeux de pouvoir auxquels je m'attendais… En somme, l'ambiance ici et celle que j'ai toujours connu chez les Griffons n'est pas si différente… Ce ne sera peut être pas si terrible après tout…

Cependant, très vite, la situation tourne au cauchemar. Un petit garçon aux cheveux châtains foncés, aux yeux clairs et à la cravate de travers commence à me pointer frénétiquement du doigt en balbutiant de manière incompréhensible attirant ainsi l'attention de l'ensemble de la maison Serpentard. Aussitôt, les conversations et les rires cessent, le silence se fait, un silence de mort. Petit à petit, tous ceux qui étaient assis tranquillement quelques minutes auparavant se relèvent l'air menaçant, leur baguette magique à la main. Les septièmes années, plus imposant, plus puissant, s'interposent entre moi et les plus jeunes, comme pour les protéger, la tension irradiant de leurs postures, de leurs expressions fermées et de leurs muscles contractés. J'aperçois Crabbe et Goyle jouer avec leurs poings en me regardant avec une lueur malicieuse dans leurs prunelles. Tous affichent ouvertement leur mépris, leur colère et leur haine à mon égard. Je la sens brûler dans leurs yeux, dans leur attitude. Ils sont mes ennemis. Toute la maison Serpentards est officiellement liguée contre moi. C'est la guerre…Je ne suis pas le bienvenu… Les sourires en coin de certains de mes nouveaux camarades ne présagent rien de bon et me font froid dans le dos…

Je m'éclaircis la gorge pour la centième fois aujourd'hui, une fois, deux fois… Aucun son ne sort de ma bouche. Je déglutis. Que dire face à des milliers d'yeux qui vous contemplent avec dégoût ? Qui vous considère comme leur pire ennemi ? Je ne sais pas comment je dois me comporter, je ne sais pas ce que je dois faire, j'attends juste que quelqu'un brise ce silence de plomb, que quelqu'un désamorce la bombe sur le point d'exploser que nous représentons… Aussitôt dit, aussitôt fait. Blaise Zabini qui n'est qu'à quelques mètres de moi me crache dédaigneusement :

- Qu'est ce que tu fous là Potter ? Pour qui tu te prends de débarquer ici comme si le château t'appartenait ! Dégage ! On veut pas de toi ici ! Peut importe ce que le vieux fou a décidé, tu seras jamais le bienvenu à Serpentard, tu seras jamais chez toi ici, c'est notre maison !

Je vois beaucoup de Serpents hocher la tête vigoureusement et acquiescer silencieusement. J'entends des murmures d'assentiment. Je vois d'autres Serpentards se redresser de toute leur hauteur dans l'expectative. Ils se demandent tous comment je vais réagir… J'aperçois des sixièmes années me lancer des regards mauvais, j'en entends d'autre chuchoter des « A bas Potter ! », « Bouffondor », « Balafré », etc… Je ne dis rien, je m'y attendais… La tête baissée, j'essaye de me diriger vers ce que je suppose être la direction des dortoirs mais Zabini n'en a pas fini avec moi.

- Où tu penses aller comme ça Potter ? Tu penses pas qu'on va te laisser t'installer bien tranquillement ? Pour qui tu nous prends ?

J'entends des murmures d'approbation provenir de la foule. Très vite, je me retrouve encerclé, je ne peux pas m'échapper. Zabini s'approche de moi, sa baguette magique pointée sur ma poitrine. Je lâche brusquement ma valise et essaye vainement de m'emparer de la mienne mais Zabini m'en empêche :

- Hé ! Tu vas rester tranquille. Lève les bras bien sagement si tu ne veux pas que je te défigure plus que tu ne l'es déjà, le balafré, tu veux…

Je m'exécute immédiatement. Vu ma situation, c'est pas le moment de chercher la merde. Sa baguette toujours pointée sur moi, Zabini avance encore de quelques pas, il remonte sa baguette et me force à lever le menton tandis qu'il s'amuse à tracer mon éclair du bout de son doigt, d'un ton théâtral, il annonce :

- Et voici Mesdames et Messieurs, le grand, l'unique Harry Potter, devant lequel les Mangemorts pissent de trouille ! Il n'a rien de bien effrayant vu de prés…

J'essaye de me dégager tant bien que mal mais avec sa baguette magique qui s'enfonce dans ma gorge, c'est clairement impossible. Je hoquète de douleur tandis qu'il presse son bout de bois contre ma pomme d'Adam.

- Quel spectacle pathétique…

Soudain, je vois une lueur, un je ne sais quoi vaciller dans ses prunelles. A voix basse, tout en continuant de me maltraiter devant la foule déchaînée, il me murmure d'une voix rauque :

- Si tu sais ce qui est bon pour toi, Potter, tu dégageras d'ici, c'est truffé de Mangemorts, t'es pas de taille face à eux…

Sa voix n'est pas menaçante, c'est comme s'il me prévenait… Est-ce que c'est mon imagination ou… ? J'ai à peine le temps de me poser la question que je sens la pression contre ma gorge en feu brusquement disparaitre. Je souris soulagé et je m'apprête à assommer Blaise de questions, lorsque celui-ci me donne un violent coup de poing dans l'estomac. La violence du coup me coupe la respiration, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire je me retrouve à terre. Je le regarde un instant, sans comprendre, j'ai le sentiment qu'il est désolé d'en être arrivé là mais que c'était nécessaire… Pourquoi ? Du coin de l'œil, j'aperçois Pansy chuchoter quelques mots dans l'oreille de Milly en regardant Blaise avec une expression alarmée. Je vois Milly se précipiter vers les dortoirs. Pitié, dites moi qu'elle va chercher un Préfet, quelqu'un ! Zabini continue de jouer avec sa baguette magique en la faisant passer d'une main à l'autre, riant d'un air maniaque en me fixant. Est-ce qu'il joue la comédie ? Si oui, pourquoi cette mise en scène ? Tous les Serpentards ou presque sont rassemblés dans la Salle Commune et regarde le spectacle avec une fascination morbide. Je ne comprends rien du tout… Dans quoi je suis tombé, je vous le demande…

Très vite, Millicent est de retour avec nul autre que Draco Malfoy sur ses talons. Elle fait de grands gestes tout en expliquant la situation au leader de la maison Serpentard. Celui-ci arbore son éternel masque de mépris, en me voyant ses yeux prennent une teinte métallique, ils s'étrécissent, dans son regard il fait passer toute la haine qu'il éprouve pour moi. D'une voix calme, il s'adresse à Blaise :

- Qu'est ce que nous avons là Zabini ?

Blaise hausse les épaules et recule pour venir se placer à la droite de Malfoy m'adressant un dernier sourire diabolique. Il lui murmure quelque mot à l'oreille et celui-ci hoche la tête, une expression résignée inscrite sur son visage. Il lève les bras et s'adresse à la foule de Serpents petits et grands qui lui fait face :

- Vous autres, vous savez tous que Dumbledore nous impose d'intégrer Potter à notre maison. J'ai bon espoir qu'il renonce bientôt à cette illusion. En attendant, faites en sorte de rester discret, je sais que tout le monde envisage d'humilier Potter, de lui faire payer ce que nous avons subit, je sais que chacun d'entre vous brûle de se venger de ces sept années de solitude et d'humiliation, veillez à ce que jamais personne ne puisse se douter qu'il souffre ici, ou que nous nous comportons autrement qu'en parfaits petits compagnons de dortoir, c'est compris ?

Tout les Serpentards hochent la tête, ricanent et murmurent leur approbation avant de se disperser aux quatre coins de la Salle Commune et de reprendre leurs activités comme si de rien était. Je suis choqué par les paroles prononcées par Malfoy. Je ne m'attendais pas à une hostilité aussi… publique… Je déglutis. Ce séjour chez les Serpents s'apparente plus à de la torture… Comme s'il avait lu dans mes pensées, celui-ci se tourne vers moi, et d'un ton sec il me lance :

- Relève-toi Potter ! Bouge ton cul, je vais te montrer où est ce que tu vas dormir…

Je le suis à contrecœur dans les profondeurs de la salle obscure. Il marche à grand pas, sa cape virevoltant derrière lui, et je dois courir pour le rattraper. Nous montons un escalier, il ouvre une porte et je découvre un dortoir parfaitement identique à celui qui se trouvait dans mon rêve, il me désigne un lit vide. Je le regarde un instant avec suspicion. N'y voyant aucun cafard, aucune bestiole susceptible de m'empoisonner et les draps me semblant suffisamment propre, je m'empresse d'y déposer ma valise en vitesse. Mes mains tremblent, je m'efforce de garder mon calme mais je m'attends au pire, je suis désormais seul en présence de Malfoy, futur Mangemort au potentiel effrayant encore à déterminer, et Zabini, qui a l'air un peu instable si vous voulez mon avis. Mais alors que je me retourne pour leur face, je constate qu'ils sont déjà en train de quitter la pièce, me laissant seul. Alors que Malfoy s'apprête à refermer la porte du dortoir, il m'adresse un sourire diabolique avant de déclarer :

- Bienvenue en enfer, Potter !


Harry : Je sens que ce n'est que le début de mes souffrances…

Draco : Finalement ça me plait bien ! Qu'il souffre ! C'est toujours mieux que ton idée de romance à deux Gallions !

Rin : Euh, cette idée est toujours d'actualité, Dray…

Draco : QUOI ? Mais… Il a… Ginny ?

Rin : Pour l'instant… C'est un peu lent mais je t'assure petit à petit vous allez finir par vous apprécier et plus si affinités… Mwahahaha !

Voilà voià, merci de m'avoir lu, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions en cliquant sur le petit bouton en bas ! Qu'est ce que vous pensez du comportement de Blaise ? Qu'est ce que vous aimeriez voir ? Je vous rassure Harry rompra avec Ginny bientôt… Dans le prochain chapitre : la semaine d'Harry à Serpentard ! Tadaaa ! A bientôt je l'espère !