Chapitre 4 : Une semaine chez les Serpents
Homophobes s'abstenir cette fic est un Drarry
Spoiler : Tomes 1, 2 3, 4, 5… Harry est en septième année à Poudlard… Il n'y a pas d'Horcruxes pour l'instant mais je peux toujours changer d'avis.
Disclaimer : Les personnages ne sont (malheureusement !) pas à moi, tout appartient à J.K Rowling, à part l'intrigue bien évidement qui est à moi toute seule… Héhéhéhé… Rires de psychopathe….
Draco : Hahaha, c'est ta semaine à Serpentard ! Tu vas souffrir le balafré !
Harry : QUOI ? Je vais vraiment RESTER avec ces tarés ?!
Draco : Evidemment t'as pas lu le script… ? Cette partie là de l'histoire est pas mal… Tu souffres, t'es dépressif, limite suicidaire… J'aime ça ! La suite laisse clairement à désirer…
Rin & Harry : Hé !
Draco : Quoi ? C'est vrai !
Rin : Bon, chers lecteurs, d'abord merci de continuer à me supporter, toutes vos reviews sont un bonheur croyez moi, et je suis vraiment vraiment désolée pour tout le retard que j'ai pris sur cette fic, je suis partie en Italie et je pensais avoir internet là bas mais malheureusement ce ne fut pas le cas, mais bon je suis de retour ! Yay ! Donc j'espère que vous me pardonnerez ! Dans ce chapitre il ne se passe pas grand-chose mais je pense qu'il est tout de même important, rien que pour que vous puissiez voir l'ambiance qui règne chez les Serpys ! Bonne lecture !
Je m'écroule de tout mon long sur mon lit à baldaquins, je desserre ma cravate avant de tirer brutalement mes rideaux verts et argents. Je ne veux plus voir personne et encore moins leur parler ! Je n'en peux plus… Je suis à bout ! Je viens de passer la pire semaine de toute ma misérable existence… Je me prends la tête entre les mains, je me pince l'arrête du nez en désespoir de cause, je n'arrive pas à croire ce qui est en train de m'arriver.
J'aurais dû dégager quand j'en avais l'occasion, Malfoy m'avait prévenu ! Mais j'ai eu beau supplier Dumbledore, crier, hurler, fracasser ces instruments en argent finement ciselés, argumenter sur l'injustice de la situation, essayer de le raisonner après ma première journée parmi les démons, il n'a pas bougé d'un cran, il est resté implacable m'assurant calmement que sa décision était définitive et que je ne pouvais rien n'y changer. Je donne un coup de pied rageur dans mon matelas et je me mords l'intérieur de la joue. Merci Dumbledore ! Vraiment quel directeur sensible et à l'écoute de ses étudiants ! C'est l'homme de la situation, là vraiment… Me laisser pourrir à Serpentard pour unir ses putains de maison ! Il a complètement ignoré ma souffrance, il ne m'a pas écouté, il n'a pas vu ma solitude ni ma tristesse, il n'a pas compris que de me retrouver coincer avec mes pires ennemis pour ma dernière année était la pire chose qui puisse m'arriver… J'ai l'impression de vivre un cauchemar… Après la torture quotidienne que j'ai endurée chez les Dursley lorsque je ne savais pas encore que j'étais un sorcier, il ne manquait vraiment plus que ça ! Me retrouver complètement isolé dans un nid de vipère sans sérum anti venin… ça me pique déjà les yeux toutes ses conneries ! Je serre mes poings très fort contre le matelas, mes ongles s'enfoncent dans la chair alors que j'essaye tant bien que mal de retenir mes larmes, je me le suis promis, je ne pleurerais pas, je ne leur ferais pas ce plaisir… Je ne craquerais pas…
J'aurais dû écouter Malfoy, j'aurais dû me barrer, aller vivre dans la Salle sur Demande ou je ne sais pas… Résultat, j'ai vécu l'enfer… Exactement comme Malfoy l'avait prédit…
Les premiers jours ont sans doute étés les pires… J'ai dû m'adapter à un tout nouvel environnement. C'était comme jouer à un jeu dont je ne connaissais pas les règles… J'aurais voulu abandonner. J'aurais aimé pouvoir leur dire : vous ne voulez pas de moi ici ? Ok, vous savez quoi ? Je ne veux pas être ici… Je vais m'en aller, pas de problème, pas de souci, ce serait avec plaisir… Malheureusement, je n'ai absolument nulle part où aller… C'est à se cogner la tête contre les murs, je vais devenir fou…
J'ai vécu un véritable calvaire… Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais quand j'ai débarqué à Serpentard… Une petite pincée d'hostilité sans doute, un soupçon de méfiance peut être… Je n'en sais rien… Ce qui est sur, c'est que ce n'est rien à coté de ce qui s'est passé… Je pensais juste que ce serait, je ne sais pas, plus facile… Qu'il me haïrait pendant un temps et puis que les choses se calmeraient graduellement, on ne serait pas devenu ami, mais peut être que petit à petit on aurait appris à s'accepter, à ne plus se déchirer, on aurait eu des conversations presque civiles lorsque cela aurait été nécessaire, on aurait crée une situation presque tolérable, c'est comme ça que je voyais les choses… Quel imbécile ! Je dois arrêter de créer des scénarios irréalisables dans ma tête… C'est juste stupide !
Après que Zabini et Malfoy m'aient laissé seul dans le dortoir, j'étais à bout de force, épuisé par tous ces changements, j'ai soigneusement rangé mes affaires, j'ai rapidement enfilé mon pyjama et je me suis affalé sur mon lit pour profiter d'un repos bien mérité. J'ai mis longtemps avant de parvenir à m'endormir…
Le lendemain matin, j'ai été brusquement réveillé par une série de bruits qui ne m'était pas familier. Je n'entendais plus les ronflements discrets de Ron, les balbutiements nerveux de Neville, les rires étouffés de Dean et Seamus sous leurs couvertures… A la place, désormais, tous les matins j'ai le droit aux murmures de Nott qui parle en dormant, au vacarme assourdissant de Crabbe et Goyle et aux remarques assassines d'un Zabini mal luné… Il n'y a que de Malfoy dont je n'ai pas vraiment à me plaindre, contre toute attente, il est resté plutôt calme pendant toute cette semaine, il est resté hors de mon chemin, il m'évite… Tant mieux ! Je n'ai aucune envie de l'avoir dans les pattes ! C'est un cauchemar ambulant ! Enfin, tout bien considéré, je n'ai pas trop à me plaindre de mes compagnons de dortoir… Ce que je veux dire, c'est que bien sur il y a de l'animosité entre eux et moi, après tout nous sommes toujours les meilleurs ennemis mais comparés à ce que me font subir les autres Serpentards, ce n'est rien qu'une rivalité un peu trop encombrante… Je finis même par m'habituer à leur présence petit à petit. On ne sera jamais des amis, je n'accepterais sans doute jamais qu'ils fassent désormais partie intégrante de ma vie ou que l'on ait un jour un semblant de discussion mais… Ils sont là… Comme des meubles… Loin de moi l'idée de faire confiance à des putains de Serpentards ! Ils resteront des meubles, je ne les considérerais jamais comme des personnes… C'est trop dangereux…
Chaque matin, je me lève avec une boule au ventre et je me demande avec inquiétude ce que les Serpentards de premières, deuxièmes et troisièmes années ont encore pu inventer. La première fois qu'ils m'ont joué un tour c'était lors de ma toute première journée parmi les Serpents, ils ont aspergés mes vêtements de poil à gratter. Bien sur je ne m'en suis pas rendu compte immédiatement ! Ç'aurait été trop facile ! Je me suis habillé sans me douter de rien, sans rien remarquer. Au début, je n'ai éprouvé qu'un léger inconfort. Comme si un petit moustique de rien du tout m'avait piqué pendant la nuit… J'ai commencé à me gratter sans y penser… Plus je me grattais, plus ma peau commençait à s'irriter évidemment… Très vite, mon corps tout entier s'est mit à gratter… Ma peau s'est mise à bruler… Je ne pouvais plus m'empêcher de gratter, de gratter et de gratter encore… Je ne pouvais plus m'arrêter… Je me suis gratté jusqu'au sang, j'ai commencé à m'arracher la peau pour essayer d'échapper à cette douleur constante… Je grattais frénétiquement sans me soucier des dégâts que je causais à mon corps, je voulais juste échapper à cette sensation de démangeaison incessante… Ron a dû m'entrainer de force à l'infirmerie tandis que je tremblais et transpirais faisant des efforts pour arrêter d'abimer ma peau en lambeaux… Madame Pomfrey m'a fait prendre douche sur douche jusqu'à ce que toute trace de poil à gratter ait finalement disparue… Pendant un bref instant j'ai cru que c'était la pire humiliation de toute ma vie…
Mais non, le jour suivant, ces petits crétins ont encore frappé. Ils ont ensorcelés mes lunettes, ces cons. Toujours très naïf, je ne me suis douté de rien… A peine réveillé, j'ai tâtonné, à l'aveuglette, sur ma table de chevet, les yeux dans le flou, et j'ai perché mes lunettes sur l'arrête de mon nez comme d'habitude… Immédiatement, ma vision s'est éclaircie, j'ai recommencé à percevoir le monde avec une incroyable netteté après ces longues minutes passées dans brouillard, comme d'habitude… Au début, je n'ai ressenti aucun effet notable, je me rappelle m'être félicité intérieurement en me disant que cette fois ci, j'allais passer une bonne journée, totalement dénuée de poil à gratter. J'ai vaqué à mes occupations, je me suis habillé en vitesse après m'être doucher, laver les dents et je me suis dépêché de me rendre dans la Grande Salle sous les railleries des Serpentards. Rapidement, ma tête a commencé à me lancer. Mais je n'y est prêté aucune attention. Plusieurs fois, j'ai dû me frotter les yeux pour ajuster ma vision, mais quelle importance !
Je me suis rendu à mon premier cours et c'est là que j'ai commencé à voir des trucs étranges… Au début, j'ai pensé que j'avais des hallucinations… J'ai cligné des yeux plusieurs fois, ahuri. J'ai donné un coup de coude à mon voisin, Seamus, j'ai pointé mon doigt dans la direction de Trenalwey, et en déglutissant, rouge comme une tomate, en évitant de regarder notre professeur, d'une voix tremblante je lui ai chuchoté : « Elle est malade ou quoi ?! Pourquoi elle se ramène à poil ?! On est en cours, mon Dieu ! ARGH, MES YEUX ! » j'ai commencé à crier en croisant involontairement le regard de la voyante. Très vite, je n'ai plus su où me mettre. En plus, de notre bien aimé professeur dans son plus simple appareil, j'ai constaté avec stupeur que Seamus était également nu comme un ver. Je n'ai pas pu m'empêcher de m'exclamer : « Mais t'es malade, mec ! On est en classe, et… Je ne veux pas voir ça dés le matin ! » Il m'a regardé sans comprendre pendant un long moment. Alors que je me dépêchais de détourner les yeux, j'ai réprimé un gémissement de gène, les joues brûlantes, j'ai pu m'apercevoir que l'ensemble des personnes présentes dans la pièce sombre et étouffante étaient nues… J'ai eu l'impression que mes yeux allaient sortir de leurs orbites… Tant de choses que je n'aurais jamais dû voir… Que je n'avais jamais voulu voir… Je devenais fou ! Au bout de quelques instants, et après avoir vu des choses, horribles… Je me suis précipité hors de la salle en hurlant à plein poumons : « Mes yeux ! MES YEUX ! AAAAAAH ! » sous les regards éberlués de mes camarades et sous les rires moqueurs des Serpentards.
Je les hais, je les HAIS ! Je suis traumatisé à vie… Par la vision atroce des seins flasques et ridés de mon professeur… Par les bourrelets immondes de Crabbe… Par… Je frissonne en me remémorant cet affreux souvenir. Je ne veux plus y penser… Plus JAMAIS… Sur mon lit, je pousse un soupir de frustration, si seulement ces débiles de Serpentards s'étaient arrêtés là…
Le troisième jour, je me suis levé en me méfiant de tout même de mon ombre, j'avais retenu ma leçon. J'ai vérifié et revérifié mes lunettes, j'étais angoissé à l'idée de me ridiculiser une nouvelle fois. En sortant de la douche, j'ai ouvert ma valise d'un rapide coup de pied, et je me suis figé brusquement, épouvanté. Toutes mes affaires avaient été métamorphosées… Mes chemises, mes cravates, mes jeans, TOUT était rose. ROSE ! ROSE ! Aussitôt, je me suis saisi de ma baguette magique pour leur redonner leur couleur naturelle. Peine perdue, dés que j'ai lancé mon sortilège, les vêtements se sont brièvement agités avant que l'inscription : « A bas Potter ! » n'apparaissent en lettres capitales sur toute ma garde robe qui est resté désespérément rose vif. Je me suis mordu la lèvre jusqu'au sang, et ni une ni deux, je me suis enroulé dans ma cape d'invisibilité dissimulée sous mon oreiller avant de courir à toute jambe vers la tour des Gryffondors. Là bas, j'ai supplié Ron de me prêter quelques affaires pour la journée, bien sur, je nageais dans ses vêtements beaucoup trop grands pour moi, il doit mesurer deux bonnes têtes de plus que moi, mais tout vaut mieux que le ROSE ! Et cela valait vraiment la peine de supplier mon meilleur ami, rien que pour voir la surprise et l'incrédulité des Serpentards devant ma tenue tout à fait ordinaire. 'Mione a mis un temps fou après ça pour trouver le contre sortilège, et rendre à mes vêtements leur état normal… Saleté de Serpentards !
Le lendemain matin, je me suis réveillé déterminé à ne pas me laisser abattre. J'ai été très soulagé quand j'ai pu constater dans la matinée que rien de sortant de l'ordinaire n'était en train m'arriver. J'ai relâché ma vigilance petit à petit. Je n'aurais pas dû… Ces crétins de Serpents sont allés raconter à Mimi Geignarde que j'étais fou amoureux d'elle mais que, hanté par les fantômes de mon passé, je n'osais pas lui déclarer mon amour éternel. Bien sur cette saleté de fantôme les a crus ! Elle m'a poursuivie toute la journée, en me CHANTANT son admiration, sa dévotion, et en me proposant plusieurs moyens très créatifs pour me tuer et que l'on puisse enfin être ensemble jusqu'à la fin des temps. Les gens autour de moi n'en pouvait plus de rire, ils étaient tous pliés en deux. Même les Gryffondors ! J'étais rouge de honte, j'ai finis par péter un câble et la traiter de tous les noms, en lui crachant au visage qu'elle avait été stupide de croire de pareils mensonges. Elle a éclaté en sanglots avant de repartir se réfugier dans les toilettes. Je m'en veux terriblement… Elle est tellement sensible… Mais, je ne pouvais plus supporter ses couinements et ses gloussements incessants… Et toute cette putain d'humiliation ! Quelle galère !
Enfin, hier, j'ai touché le fond… Je me suis réveillée à la bourre… Je me suis précipité, j'ai fouillé ma valise à la recherche de mon uniforme. Introuvable… Finalement, je suis tombé sur ma cravate, extrêmement soulagé, j'ai tiré comme un malade sur le petit bout de tissu, avec une telle force que je me suis retrouvé propulsé en arrière. Me frottant le crâne, je me suis relevé tant bien que mal, et j'ai regardé la cravate que je tenais à la main. Une cravate verte… Vert Serpentard… J'ai secoué la tête. J'ai dû penser un truc du genre : non je n'ai pas le temps pour ça… Il faut savoir que malgré mon intégration à la maison Serpentard, je refuse catégoriquement de porter leur couleur, pas de vert et argent pour moi, non merci… Je conserve précieusement mon uniforme rouge et or… Ce jour là, je me suis résigné à porter cette cravate… J'étais loin de me douter que le pire était encore à venir… En effet, à la place, du pantalon et de la chemise réglementaire, je constate que ces putains de Serpentards ont malicieusement substitués mes affaires à une mini jupe extra courte et une chemise très ajustée et transparente. A court de temps, j'enfile la chemise, la cravate et même la jupe, décidé à leur montrer que ce n'est pas en me travestissant qu'ils allaient me faire craquer… Ce n'est pas comme ça que l'on va me briser ! Je me suis rendu en cours, les joues en feu, j'ai redressé la tête en entendant les moqueries, j'ai essayé de rester fier, de leur montrer de quel bois j'étais fait, mais tout ce que j'ai récolté ce sont des plaisanteries douteuses et des surnoms débiles…Dés que j'entre dans la Salle Commune désormais j'ai le droit à des « Hey, princesse » qui fusent de toutes parts suivis de d'éclats de rire tonitruants.
Je me rassis sur mon lit à baldaquins. Je pousse un nouveau soupir. Repenser à tout ça me fait mal au cœur… Je déglutis. Quelle plaie ! Et encore ce ne sont que les petites blagues vaseuses des premières aux troisièmes années… Je me demande ce que les autres Serpentards vont bien pouvoir me concocter…
Pour le moment, les quatrièmes et cinquièmes années se tiennent tranquilles. Je les tiens à l'œil. Oh, ils se moquent de moi derrière mon dos je n'en doute pas… Ils n'hésitent pas à m'insulter non plus… J'entends leurs murmures sur mon passage, je sens leurs regards méprisants se poser sur moi, ils me bousculent dans les couloirs, comme tout le monde ici à Serpentard. Dernièrement, ils ont pris plus d'assurance en notant avec avidité mon manque de réaction, ils étaient surement aux anges en constatant que je ne me vengeais pas des tours que les plus jeunes Serpents ont osés me jouer. Pour m'enrager, à chaque fois que je rentre dans une pièce, ils mettent en scène de petites farces, où bien sur un garçon aux cheveux noir en épis et à la cicatrice en forme d'éclair joue le rôle principal. Ils me ridiculisent ainsi quotidiennement… Leur scène préférée ? Celle imaginée par Malfoy, il y a quelques années… Oui, celle là… Avec le détraqueur… ça les fait tellement rire….ça m'horripile… Je les sens épier le moindre de mes faits et gestes également. Ils m'espionnent continuellement. On dirait des vautours… J'ai l'impression d'être la proie qu'ils observent dans le ciel en faisant de grands cercles concentriques… Je sais bien qu'ils font des rapports à je ne sais qui sur mes habitudes, mes petites manies, ce qui me rend nerveux, ce que j'aime, ce que je déteste, avec qui je traine, tout ça, tout ça… Un vrai trésor pour les apprentis Mangemorts… Je ne me fais pas trop de soucis, je ne vois pas bien à quoi ça peut leur servir… Enfin, c'est… Agaçant de sentir des yeux sur moi à chaque instant… Je ne me sens jamais seul, toujours observé et c'est… Désagréable…
Cependant, ils ne sont pas les seuls à m'observer comme cela du soir au matin. Les sixièmes années me jettent eux aussi des regards vicieux. Je ne sais pas ce qu'ils préparent tous seuls dans leur coin, mais ça ne me dit rien qui vaille, j'en tremble d'avance…
Quant aux septièmes années, j'ai la nette impression qu'ils sont bien trop occupés par leur propres problèmes pour faire attention à moi, ils essayent soit de devenir la parfaite petite armée de mangemorts nouvellement entrainée et dévastatrice soit d'éviter à tout prix d'en faire parti. Etre ou ne pas être un Mangemort, telle est la question… Enfin c'est ce que j'ai cru comprendre en écoutant tous les chuchotements et les murmures des autres Serpentards qui suivent des yeux chacun de leurs ainés en faisant des pronostics. Les alliances se forment, la guerre fait rage, même ici, dans les plus profonds cachots de Poudlard…
Je me gratte la tête nerveusement. J'ai la bouche toute pâteuse. Mon estomac gronde. Mais je ne bouge pas. Je préfère contempler avec agitation ma semaine passée à Serpentard. Je ferme les yeux en prenant une inspiration tremblante. Dans mon crâne je vois défiler des images de cet enfer, je revois les regards malsains, les expressions méprisantes, la haine, l'intolérance… C'est comme si je sentais encore le poids de leur yeux sur moi, me bruler de l'intérieur, pire que tout je sens la solitude menacer de me submerger. J'attrape mes genoux, et je les serre, très fort, contre ma poitrine. Je revois avec une pointe d'amertume toutes les fois, où je me suis fait bousculer « accidentellement » par un Serpentard au cours de la semaine passée, toutes les fois où mes livres se sont éparpillés sur le sol, toutes les fois où je suis tombé brutalement à terre en m'écorchant les genoux, toutes ces fois où j'ai serré les dents et où je n'ai pas dit un mot.
Je revois mes affaires disparaitre une par une. D'abord j'ai cru que je perdais des choses… Mais j'ai bien vite réalisé qu'on me dérobait subrepticement mes plus précieuses possessions pour me faire craquer… Plusieurs fois, ils ont réussis à mettre la main sur ma baguette, et ils se sont amusés à me torturer avec, ils m'ont menacé de la casser en deux se réjouissant devant mon expression horrifiée, ils la tenaient très haut hors de ma portée, s'amusant en se faisant des passes et me regardant courir après elle. J'ai dû écouter leurs moqueries pendant de longues minutes, complètement impuissant alors que j'essayais de la récupérer. Désormais, je cache soigneusement ma cape d'invisibilité, cadeau de mon père décédé, et la carte du maraudeur pour que jamais ils ne puissent s'en emparer. Entre leurs mains, ce seraient des armes bien trop dangereuses… Je ne quitte plus ma baguette. Je ne la laisse plus négligemment abandonnée sur ma table de chevet, elle est toujours glissée sous mon oreiller ou dans ma poche… Vigilance constante !
C'est dur, d'être constamment seul… Je me sens complètement abandonné… Oh, j'ai bien essayé, de trouver quelqu'un à Serpentard qui m'accepterait… C'est juste… C'est dur… tellement difficile… On est si différents… Pendant les premiers jours, je restais plein d'enthousiasme malgré les difficultés, si rempli d'espoir… A chaque fois que je n'allais pas bien je me raccrochais à mon stupide rêve, ironique hein ? J'espérais également avoir des nouvelles de Remus, une réponse à ma lettre, mais rien n'est arrivé… J'ai essayé de me faire les mêmes amis que dans mon cauchemar, je me disais qu'il était possible que mon subconscient ait remarqué quelque chose que je n'avais pas vu, peut être qu'il avait vu en eux des qualités soigneusement dissimulées… Peut être qu'ils n'étaient pas si terrible en vérité… J'ai essayé d'aller vers eux, de leur parler, j'ai essayé de les approcher, j'ai essayé d'être l'un d'eux, sans succès… J'ai fait de mon mieux, et je me suis fait rembarré come un malpropre. Théo et Blaise avait l'air si amicaux, toujours en train de rire, quand je les observais de loin, que c'est vers eux que je me suis tourné en premier…
Flashback
Je suis sur le pas de la porte du dortoir. Je regarde Blaise et Théo, assis chacun sur leur lit respectif, parler à voix basse pendant quelques secondes avant de se regarder et d'éclater de rire, puis regarder rapidement autour d'eux d'un air affolé avant de reprendre leur conversation à grand renfort de « CHUT, sois discret ! ». Je soupire. Ils ont l'air si complice… Je me rappelle avoir eu des centaines de discussions comme celle-ci avec Ron. Je brûle de les rejoindre et de pouvoir participer à leur échange. Même si les Serpentards n'ont pas été tendre avec moi pendant ces quelques jours, ils ne peuvent pas tous être les êtres cruels et froids qu'ils veulent paraitre… Et ils ont l'air si… Normaux… J'ai l'impression que je peux les approcher plus facilement que les autres Serpents, ces deux là semblent… Je ne sais pas… Moins hostiles… Et puis… Il y avait cette lueur dans les yeux de Zabini ce soir là… Peut être que…
Je prends une inspiration tremblante. Je me mords l'intérieur de la joue. Aussitôt, je sens un gout métallique sur ma langue. Je les regarde une nouvelle fois essayant de rassembler mon courage. C'est dur… Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Ma tête se vide. Qu'est ce que je vais leur dire ? J'essaye de ne pas y penser. Je me force à avancer. Un pas après l'autre… J'inspire doucement. Je me concentre sur mes pieds. Je ferme les yeux.
Au bout de ce qui me semble être une éternité, j'arrive finalement devant eux. Théo donne un coup de coude impatient à Blaise en s'apercevant de ma présence, celui-ci relève la tête. Ils cessent brusquement de rire. Je vois leurs expressions enjouées se transformer instantanément en me voyant. Ils me fixent désormais impassibles .J'ouvre la bouche. Je suis paralysé. Aucun son n'en sort… Je ravale les larmes de frustration qui menacent de s'échapper… Je la referme… Je me gratte l'arrière de la tête nerveusement, je me force à sourire, je grimace de toutes mes forces avec espoir et d'une voix rauque, je lâche :
- S… Salut…
Zabini échange un regard avec Théo, hausse un sourcil interrogateur, et d'une voix méprisante il s'exclame :
- Qu'est-ce que tu veux Potter ?!
Il faut une pause, puis il ajoute :
- Un souci, princesse ?
A nouveau, leurs regards se croisent, et ils éclatent de rire, comme s'ils savaient quelque chose que j'ignore. Je secoue la tête. Je me fais des idées. J'essaye de ne pas m'offenser du venin que j'entends distinctement dans sa voix. Après tout, on a été ennemi pendant prés de sept ans… Je me force à ouvrir la bouche une nouvelle fois et maladroitement je réponds :
- N… Non… P… Pas du tout…
Il me fixe un instant avec exaspération. Je vois une pointe d'amusement danser dans ses prunelles obsidiennes. Je sens mon cœur s'emballer d'espoir. Je me dandine d'un pied sur l'autre avec nervosité. J'attends avec impatience qu'il brise le silence pesant qui s'est installé entre nous. Il prend son temps. Il me contemple encore quelques instants, et j'essaye de lire ce qu'il pense sur son visage mais il ne laisse rien transparaître de ce qu'il le préoccupe. Il finit par secouer la tête, il plonge ses yeux redevenus durs et froids dans les miens, et d'un ton sans réplique il lance :
- Alors qu'est ce que tu fais là, le balafré ?! Dégage !
Il me pousse violemment du bras m'obligeant à reculer malgré moi. Je reste planté là un instant, bouche bée. Je suis choqué… Je bégaie :
- Je… Quoi… Mais…
- T'as pas entendu ? Dé-ga-ge ! C'est clair maintenant, princesse ?!
Il éclate d'un rire froid et cruel. On dirait une autre personne… Je serre les poings. Pourquoi est-ce qu'il n'arrête pas de m'appeler princesse d'abord ?! C'est quoi son problème à ce débile ?! Je me force à tourner les talons avant de commettre l'irréparable et de frapper ce crétin jusqu'à qu'il oublie comment il s'appelle. Je suis en territoire ennemi je ne peux pas me le permettre… Je me mords sauvagement la lèvre pour contenir l'immense colère qui menace de me submerger. Je les entends ricaner derrière mon dos. J'entends Zabini me narguer une dernière fois :
- Pas de preux chevalier pour te secourir princesse ? Tu vas faire quoi, maintenant ? Pleurer dans les jupes de ta maman ?!
Sans y penser, je donne un grand coup de poing dans le mur le plus proche, j'entends celui-ci se fissurer sous l'impact. Aussitôt, je ressens une douleur aigue dans mes phalanges. Ma main saigne. Je suis satisfait de constater que Zabini et Nott se sont finalement arrêtés de rigoler, surpris par ma réaction. Je leur adresse un sourire mauvais. J'ouvre brutalement la porte du dortoir et je me précipite dans le couloir. Je me retrouve face à Malfoy qui me regarde un instant étonné, avant de se cacher à nouveau derrière son habituelle froideur, me dépassant, il va rejoindre ses amis en me lançant un regard dédaigneux, il leur demande :
- Qu'est ce que le mur a fait cette fois ? Est-ce qu'il a essayé d'attaquer Potter lui aussi ?
Encore une fois, ils ricanent. Je me concentre sur ma douleur pour ne pas exploser à nouveau. Je m'éloigne, mes paupières brûlent, j'ai besoin de sortir d'ici, j'ai besoin d'air… J'ai juste le temps d'entendre Théo murmurer :
- Est-ce que tout ça était vraiment nécessaire… ?
Et je suis parti.
Fin du Flashback
Je m'affale de nouveau sur mon lit. Quelle connerie ! Je voulais juste leur parler, les connaitre… Je me sens complètement désabusé… Je me sens trahi aussi… C'est comme si dans mon rêve j'avais tissé des liens avec ces personnes, les voir me rejeter… ça fait mal… Je pense que le pire c'est que j'y croyais vraiment… Je croyais vraiment que je pouvais vivre heureux à Serpentard quelque part au plus profond de moi. Ce serait presque triste si ce n'était pas si ironique… Quoiqu'il en soit après ce cuisant échec, je n'ai pas renoncé, j'y croyais… J'étais certain que mon stupide cauchemar avait un fond de vérité… Alors, malgré moi, j'ai recommencé… Un jour, j'ai remarqué Pansy toute seule dans la Salle commune et je n'ai pas pu m'en empêcher, je suis allé lui parler…
Flashback
J'observe Pansy à l'autre bout de la pièce. Elle est assise sur un large fauteuil d'un vert profond. Ses pieds nus en éventail reposent gracieusement sur une table basse en bois ciré artistiquement déposée face à elle. Sur la table est posé un petit flacon. Dans sa main droite, Pansy tient une espèce de pinceau, elle applique avec précaution un vernis métallisé, sur chacun des ses ongles de pieds. Je la vois tirer la langue tellement elle est concentrée. Je m'approche d'elle en prenant bien garde qu'elle ne me voit pas. Je continue de la fixer, fasciné sans le vouloir. Elle chantonne sans le savoir, tout en remuant ses orteils pour capter la lumière. Son vernis vert foncé, couleur bouteille est du plus bel effet. Je m'éclaircie la gorge. Elle relève brusquement la tête et regarde de gauche à droite, ses yeux passent sur moi sans me voir. Je ravale un sourire en la voyant hausser les épaules et se pencher à nouveau sur ses pieds. Doucement, à petits pas, je sors de l'ombre et je m'éclaircie la gorge une nouvelle fois pour attirer son attention. Cette fois ci elle m'aperçoit immédiatement et sursaute violemment.
- Po… Potter ?!
Je lui fais un petit sourire timide devant la stupidité de sa question. Bien sur que c'est moi, qui veut-elle que ce soit d'autre ? Je hoche la tête devant son expression suspicieuse. Elle se détend considérablement avant de pousser un long soupir et de me regarder avec impatience, elle agite son pinceau devant mon nez et s'exclame :
- Ça va pas dans ta tête d'apparaitre comme ça de nulle part, Potter ?! C'est ton nouveau passe temps d'espionner les gens puis de surgir de l'ombre pour les terrifier ?! Parce que je suis vraiment morte de peur, là tu vois ! Comme tu peux le constater je ne reste pas tard le soir à l'intérieur de la Salle Commune dans le seul but de contacter Tu sais qui… Rassuré ? Tant mieux ! Dégage maintenant !
Je me pince l'arrête du nez. Je pense à une réponse appropriée dans ma tête avant de la formuler à haute voix :
- Je… Je ne pensais rien de tel… Je me demandais juste… Si on pouvait parler…
Je lui adresse un sourire embarrassé. Je me dandine d'un pied sur l'autre. Je ne sais pas quoi faire de mes mains. Je les enfourne brutalement dans mes poches. Je n'ose pas la regarder dans les yeux. Je la sens m'observer de haut en bas avant de laisser échapper un reniflement de mépris. Elle déclare :
- Toi et moi Potter ? Je ne crois pas, non.
J'essaye de ne pas lui montrer l'étendue de ma déception. Je ne veux pas qu'elle soit capable de la lire sur mon visage. Je baisse la tête. Je passe une main nerveuse dans mes cheveux et je persiste :
- Il… Il y a pas de raison… Je…On peut se parler… Je suis un Serpentard maintenant tu sais…
Elle laisse échapper un reniflement de dérision cette fois. Elle me regarde, hausse un de ses sourcils finement épilés, et ricane :
- Un Serpentard ? Et puis quoi encore Potter ?! Tu seras jamais l'un d'entre nous…
Je sens mon sang bouillir, l'adrénaline monter, mes poings se serrer, ma respiration devenir erratique, mon cœur battre à un rythme effréné, malgré moi je m'exclame à mon tour :
- Je pourrais si vous me laissiez !
Je la vois lever les yeux au ciel et murmurer quelque chose du genre « Bien sur Potter… ». Qu'est ce que t'en sais Parkinson ? Tu sais ce que le Choixpeau m'a dit peut être ?! Je me sens exploser…Je ne peux pas m'en empêcher, d'un geste vif et irréfléchi je me saisis de ma baguette pour la faire taire renversant au passage le petit flacon reposant toujours sur la table basse. Pansy pousse un grognement ainsi qu'une exclamation surprise, elle grommelle des insultes en regardant son vernis se répandre sur la table. Elle sort sa propre baguette magique pour nettoyer tout le bazar que j'ai moi-même créé. Elle se retourne ensuite vers moi et me lance un regard furibond :
- Bravo Potter ! Maintenant que tu m'as gâché la soirée, dégage tu m'entends ?! Va-t-en ! Je veux pas te parler ni maintenant, ni jamais !
Je me sens tout petit. Je sens mes yeux brûler de larmes contenues. Je papillonne des paupières. Je ferais tout pour ne pas pleurer. Je me détourne. Je marche à grands pas vers le dortoir. Je jette un dernier coup d'œil en arrière, Pansy secoue la tête de droite à gauche en essayant de sauver ce qui reste de son vernis, on dirait une petite fille… Je continue mon chemin, je m'arrête lorsque j'entends Pansy reprendre la parole d'une voix tremblante comme si elle avait rassemblé tout son courage pour parvenir à la prononcer :
- Hé Potter ! Tu mettras trois Gallions dans mon casier demain…
Je hoche la tête sans me retourner. Je lui fais un dernier signe de la main avant de m'en aller.
Fin du Flashback
Peut être que si je n'avais pas renversé ce putain de flacon rien de tout cela ne serait arrivé… Peut être qu'elle aurait finit par se laisser convaincre… Je sais bien qu'elle été déjà hostile avant même de subir ma maladresse mais au fond de moi je reste convaincu que les Serpents peuvent être des gens biens… Il le faut… Après tout j'ai failli être l'un d'eux… C'est peut être pour cette raison que j'ai tenté ma chance avec Millicent, elle avait l'air si désespérée que j'ai sans doute pensé qu'on pourrait se réconforter l'un l'autre, je ne sais pas… Après tout, on est tous dans la même galère, hein ?
Flashback
Encore une fois, je suis dans la Salle Commune des Serpentards. Je suis très fatigué, mon sac en bandoulière me tue l'épaule, mes livres pèsent une tonne, je veux juste retourner dans le dortoir et me faufiler bien gentiment sous les couvertures mais du coin de l'œil je repère quelque chose qui me force à m'arrêter. Je me fige brusquement, je cligne des yeux stupidement pour m'assurer que ce que je vois est bien réel. Dans un coin sombre de la Salle Commune des Serpentards, Millicent Bulstrode est recroquevillée toute seule, en position fœtal, dans un des canapés non loin du feu ronflant de la cheminée. Elle tient un mouchoir blanc usagé dans sa main droite, son nez est tout rouge et gonflé, ses yeux sont humides et enflés, elle est en train de pleurer… De temps en temps, à intervalle presque régulier, je l'entends renifler ou laisser échapper un petit gémissement de douleur. Je m'approche. Je me sens étrangement… concerné… Doucement je dépose mon sac à mes cotés sur le sol, et je m'assis prés de Milly sur le canapé, en posant ma baguette bien en évidence sur une petite table face à nous. Elle sursaute. Je la regarde avec autant de compassion que possible. Elle ne dit rien. Elle détourne les yeux continuant de pleurer à chaudes larmes. Je force un sourire, une grimace crispée, et d'une voix rassurante, je murmure :
- Hey, qu'est ce qui ne va pas ?
Elle sursaute encore. Je lis la surprise dans ses onyx. Ses mains tremblent, ses yeux se remplissent de larmes à nouveau. Elle sanglote. Elle se mouche bruyamment dans son mouchoir détrempé. Elle laisse échapper une longue plainte. Je ne sais pas quoi faire, c'est pas vraiment mon truc les filles qui pleurent… Est-ce que je dois lui caresser les cheveux, ou un truc du genre ? Je soupire et je tends la main vers ma baguette. Aussitôt, elle se crispe à mes cotés et elle commence à paniquer. J'essaye de la calmer de mon mieux en lui assurant que je ne lui veux aucun mal. Elle ne me croit pas. Je saisis ma baguette magique malgré tout et je l'agite d'un geste vif sans qu'elle puisse m'en empêcher. Je fais apparaitre un nouveau mouchoir et je lui tends pour remplacer, le tissu sale et troué qu'elle serre toujours dans sa main. Elle me regarde un instant, apeuré, on dirait un petit animal craintif, puis elle accepte le mouchoir à toute vitesse en évitant soigneusement de croiser à nouveau mes émeraudes. Je souris. Elle est mignonne quand elle veut… D'une voix pleine de tristesse et de désespoir, elle me déballe toute son histoire en reniflant à chaque fin de phrase :
- C'est… C'est Adrian… Il… On s'est disputé… Il… Il a dit que tout était de ma faute… Que je devais arrêter de lui faire des crises de jalousie… Qu'il a bien le droit de regarder les autres filles… Que c'est pas de sa faute si…
Elle s'interrompt. Avec douceur, je prends ses mains entre les miennes et je l'encourage à continuer en lui faisant de légères caresses apaisantes. Je demande :
- Qu'est ce qu'il a dit ?
- Que c'était pas sa faute si… Si je n'étais pas jolie… Qu'il pouvait avoir beaucoup mieux que moi et que… Que je devais m'estimer heureuse qu'il m'ait choisi moi…
Elle éclate en sanglot à nouveau. Je ne sais vraiment pas quoi faire. Je reste un instant bouche bée à la regarder sans savoir comment je dois m'y prendre, comment lui faire retrouver le sourire. Elle se jette brusquement sur moi et s'agrippe à moi comme si j'étais son ancre, son seul repère. Je tâtonne un instant avant de la prendre maladroitement dans mes bras. Je sens ses larmes mouiller ma chemise. J'entends son cœur battre. Je respire son doux parfum d'aubépine. Je l'entends pleurer silencieusement. Elle à l'air si fragile…
Après quelques minutes de pleurs, elle redresse la tête et essuie ses larmes d'un revers de manche. Elle m'adresse un pauvre sourire d'excuse. Elle bredouille :
- Je… Je suis désolée, Potter…
Je hausse les épaules. Excuses acceptées. Je croise à nouveau ses yeux couleur corbeau emplis d'une souffrance intense. Pris d'une inspiration soudaine, j'écarte une des mèches de cheveux qui lui barre le visage et je laisse mes doigts s'attarder sur son visage en une douce caresse, d'une voix rauque je chuchote :
- Tu devrais pas te laisser faire, Millicent… Tu es vraiment très belle, crois moi…
Je la sens se détendre contre moi. Je la vois sourire malgré elle tandis qu'elle rougit légèrement. Je préfère ça…
Le temps s'accélère subitement, au bout de quelques secondes, je la vois fermer les yeux et approcher lentement sa bouche de la mienne, j'essaye de me reculer mais je suis coincé contre un des accoudoirs du canapé. Je suis sur le point d'écarter mon visage du sien lorsqu'elle rouvre brusquement les yeux. Je la vois les écarter de stupeur. Elle rougit de plus belle avant de m'asséner une claque magistrale. Dans sa confusion, elle bégaie :
- Qu'est ce que… Pour qui tu te prends, Potter ?!
Réalisant ce qu'elle allait faire, m'embrasser moi, l'ennemi public numéro un, sur les lèvres, elle se creuse la tête, cherchant désespérément une insulte à me balancer en pleine face :
- Sale… Gryffondor ! Tu me dégoûtes !
Elle se précipite hors de la pièce comme une furie, rougissant et pleurant à la fois. Je porte une main à mon visage. Ma joue brûle. Ça va laisser une marque… Je la regarde quitter la salle, hébété. Non mais, que s'est-il passé là au juste ? Je n'ai rien fait qui puisse justifier une telle réaction…
Fin du Flashback
Elle était si vulnérable à ce moment là… Et j'ai tout gâché, j'ai été si maladroit… C'est comme si je n'arrivais pas à cerner les Serpentards suffisamment pour parvenir à m'adresser à eux de la bonne façon. C'est comme si je ne les comprenais pas assez pour pouvoir les captiver… C'est si… frustrant ! Toujours allongé sur mon lit à baldaquins dans le dortoir, je me redresse tant bien que mal et je pousse un soupir. Plus que toute une année à tenir…
Devant le miroir, dans la salle de bain, je contemple un instant mon reflet. Mes cheveux en épis partent dans tous les sens, de petites gouttes d'eau coulent lentement le long de ma nuque, ils sont encore tout mouillés. J'écarte une mèche de mon visage. Mon regard croise celui d'une autre personne, sérieusement je ne me reconnais pas. Sans ma cicatrice en forme d'éclair, je me retrouverais face à un complet inconnu. Mes yeux couleur menthe à l'eau sont désespérément vides, ils leur manquent cette petite lueur qui a toujours été là pour les faire pétiller mais qui a désormais disparu. J'ai des cernes immenses. J'ai bien conscience que depuis que j'ai débarqué chez les Serpents je dors peu. Je deviens parano la nuit …Je garde les yeux grands ouverts le soir la main crispée sur ma baguette en écoutant attentivement les ronflements de mes camarades, l'oreille aux aguets. Mais ça ne justifie pas vraiment le fait que je sois devenu affreusement pale, je ressemble à un cadavre. On dirait un fantôme… On dirait… On dirait cet autre moi dans mon stupide cauchemar !
Je pousse un long soupir et je me retiens de toutes mes forces de ne pas donner un énorme coup de poing dans le miroir qui le fracasserait en mille morceaux, je m'efforce de me regarder à nouveau et d'adresser à cet autre moi-même un pauvre sourire vacillant. Je voudrais effacer cette image, mon Dieu, je ne veux pas ressembler à ça… Je desserre les poings très lentement. Je calme ma respiration en douceur. J'ai tellement de mal à m'intégrer, ici, à Serpentard… Je ne me sens pas chez moi… Je ne suis pas à ma place… Je… C'est… Argh ! D'une main tremblante, je tire maladroitement sur le col de ma chemise. Je pousse un nouveau soupir et je m'appuis sur le lavabo devant moi, une main posée de chaque coté de l'évier. J'enlève ma cravate, j'ai l'impression d'étouffer… J'ai besoin d'air… Je ne peux pas rester ici… J'envois ma cravate balader et je me précipite hors de la pièce, je ne veux pas rester ici, j'ai besoin de parler à quelqu'un, de me défouler, de laisser s'échapper ma frustration… J'ai besoin de réconfort, de quelqu'un pour me dire que tout va bien se passer…J'ai besoin de mes amis…
Draco : Hahahaha, j'a-dore ! Le poil à gratter ! Mimi Geignarde ?! Trop drôle !
Harry : Parle pour toi ! Ça t'amuse de me torturer Uzumaki ?!
Rin : Mh ? Oui… ?
Harry : Espèce de monstre !
Draco : Tope là ! T'es une vraie Serpentarde, je t'admire !
Rin : *fait une petite révérence* Merci, merci ! Alors pour celle ou ceux (moins probable mais bon) qui se demande pour le vernis de Pansy, je pensais à un Kiko 706, désolée c'est la toute nouvelle maniaque des vernis qui parle ! Donc si vous voulez aller jeter un coup d'œil, n'hésitez pas !
Harry : Tout le monde s'en fout !
Rin : Oui, c'est vrai sans doute… Désolée… Bref pou me faire pardonnez voilà un petit teaser !
Dans le prochain chapitre, Harry retourne chez les Gryffondors, comment ces amis vont-ils réagir maintenant qu'il est un vrai Serpentard ? Une rupture s'annonce, avec qui ? Comment ? Pourquoi ? Et Harry partira s'entrainer avec…. Séverus ! Yay !
Merci à tous de m'avoir lu ! J'espère que même si rien de majeur n'est arrivé dans ce chapitre vous l'avez apprécié ! Laissez-moi une petite review s'il vous plait ! * bats des cils * A bientôt !
Bonne rentrée à toutes et à tous !
