Chapitre 5 : Saleté de Serpents !

Homophobes s'abstenir cette fic est un Drarry

Spoiler : Tomes 1, 2 3, 4, 5… Harry est en septième année à Poudlard… Il n'y a pas d'Horcruxes pour l'instant mais je peux toujours changer d'avis.

Disclaimer : Les personnages ne sont (malheureusement !) pas à moi, tout appartient à J.K Rowling, à part l'intrigue bien évidement qui est à moi toute seule… Héhéhéhé… Rires de psychopathe….

Draco : Tiens te revoilà toi, je croyais qu'avec la rentrée tu croulais sous le travail !

Harry : Elle devait enfin nous laisser tranquille…

Rin : Je croule, je croule, je n'ai pas le temps de faire tout ce que j'aimerais faire malheureusement mais je n'abandonne pas cette fic, jamais !

Harry & Draco : Mais pourquoiiiiiiiiiiii ?! Elle est NULLE !

Rin : Mais non, mais non, que dites vous ! Je prévois de grandes choses pour vous !

Draco & Harry : Pitié non !

Rin : Sisi ! Merci à tous pour vos délicieuses reviews comme toujours elles me touchent et m'inspirent beaucoup, elle me redonne du courage quand je pense à laisser tomber purement et simplement ! N'hésitez pas à me faire part de vos idées, de vos envies où que sais je ! Ceci finira bien en YAOI hein, je vous rassure, c'est juste un peu lent pour le moment parce que bon nos deux héros ne peuvent pas se mettre ensemble juste comme ça en un claquement de doigts pour ceux qui se posent la question ! C'est juste pas possible pour moi ! Je suis désolée également de devoir vous annoncer, chers lecteurs, que comme les cours ont repris, et bien je publierais moins souvent, alors guettez les chapitres je ferais de mon mieux pour les publier le plus vite possible je promets ! Voilà ! Bonne lecture J !

Draco : * se masse le front distraitement* mais je t'en supplie concentre toi sur tes cours et oublies nous !

Rin : *clin d'œil* Je crois pas non…


Je me précipite hors du dortoir à toute vitesse. Je ne peux plus respirer, j'ai besoin de me vider la tête… Alors je cours. Je cours sans plus pouvoir m'arrêter. Le bruit de ma course effrénée se répercute contre les murs du château et résonne dans mon crâne à m'en faire mal mais je continue. J'ai l'impression d'entendre un tambour battre continuellement dans mes oreilles à m'en éclater les tympans. Mon cœur bat à toute allure dans ma poitrine, ma respiration est haletante, j'ai la sensation que je vais cracher mes poumons. Je bouscule des gens sur mon passage mais je n'y prête pas la moindre attention. Je n'en ai absolument rien à faire… Je ne les écoute même pas m'insulter copieusement alors que j'écarte brutalement mes camarades de mon passage pour me frayer un chemin à travers la foule. J'enjambe les livres éparpillés sur le sol, l'encre renversée et les morceaux de parchemin disséminés autour de moi. Je cours, je cours sans plus me soucier des regards dédaigneux, du mépris, de la méchanceté, je laisse tout cela loin, loin derrière moi… Je retourne vers mon chez moi, ma seconde maison, je retourne là où est ma place… Chez les Gryffondors…

Je déboule brusquement dans la tour des Griffons située au septième étage. Devant le tableau de la Grosse Dame je me dandine nerveusement d'un pied sur l'autre. Je me gratte la tête. Je cherche désespérément le mot de passe. Timidement, je murmure :

- Caput Draconis… ?

La Grosse Dame lisse machinalement un pli de son éternelle robe de soie rose, elle hausse un sourcil et secoue la tête, refusant manifestement de m'adresser la parole. Merde ! Ce n'est pas le bon mot de passe ! Ils ont dû le changer ces cons ! C'est bien ma veine ! Je pousse un soupir de frustration. Je me masse les tempes distraitement pour faciliter ma réflexion. Que faire ? Mon Dieu je n'ai pas le temps pour toutes ces conneries ! Je me reprends. A nouveau je me balance d'avant en arrière, d'une voix plus assurée je lance une série de mots au hasard :

- Flipendo, A bas Serpentard, Victor Krum, Canons de Chudley, Bellum, Caelum !

Encore une fois, la Gosse Dame me jette un regard désagréable avant de se détourner dédaigneusement me faisant bien comprendre que ce n'est toujours pas le bon mot de passe. Je me sens bouillir. Pour qui elle se prend ?! C'est MA maison ! D'où elle veut m'en interdire l'accès ?! Je suis à deux doigts de sortir ma baguette, je m'efforce de prendre de grandes inspirations pour me calmer. Ce serait une mauvaise idée de la tuer… Calme, Harry, calme… Je lance à nouveau quelques idées pour voir si enfin ce putain de tableau va pivoter mais rien n'y fait. Agacée, elle s'exclame :

- Ça ne sert à rien d'insister jeune homme, si vous ne connaissez pas le mot de passe, vous n'entrez pas, un point c'est tout !

Sans réfléchir, je m'emporte, d'une voix tonitruante, je hurle :

- M'enfin vous me connaissez non ! Vous m'avez ouvert ce putain de passage pendant sept putains d'année, il est où votre problème ! Vous savez qui je suis Harry Potter, vous la voyez ma cicatrice, je suis un Gryffondor vous le savez parfaitement alors faites moi entrez espèce de vieille peau !

Elle plaque une main devant sa bouche d'un air outré, et très digne, elle me répond :

- On ne me parle pas sur ce ton, jeune homme. Et il me semble pas vous avoir vu récemment, j'ai entendu des rumeurs aussi, les autres tableaux font souvent le déplacement pour venir me voir vous savez, je sais donc parfaitement que vous êtes désormais membre de la maison Serpentard et je ne vous ouvrirais jamais, Harry Potter ou pas Harry Potter !

Cette fois ci, c'en est trop, je me saisis de ma baguette magique et je la pointe droit sur le portrait d'une Grosse Dame terrifiée, je m'époumone :

- Vous allez m'ouvrir oui ou merde ?!

- Humf…

Soudain, le portrait pivote et libère le passage vers la Salle Commune des Gryffondors sous les plaintes étouffées de la Grosse Dame. Mes lèvres s'étirent en un sourire malsain. Enfin, j'ai réussi, cette saleté de tableau a cédé ! Je fais la danse de la victoire en sautillant partout comme un attardé. Finalement, au bout d'un long moment j'aperçois les yeux curieux de ma meilleure amie posés sur moi, elle m'adresse un regard interrogateur puis elle murmure :

- Harry… ?

Je croise son regard inquisiteur et lui fait un petit sourire embarrassé dont j'ai le secret. J'enfourne mes mains dans mes poches ne savant pas trop quoi en faire. Rougissant, je me gratte l'arrière de la tête et maladroitement je balbutie d'une voix rauque :

- Dé… Désolé… Euh… Je… Tu vois…

Je m'éclaircie la gorge.

- Hum… Je… Je peux entrer… ?

Je vois le visage d'Hermione s'éclairer. Elle me sourit de toutes ses dents, sourire que je ne peux que lui retourner. Aussitôt, elle libère le passage pour que je puisse m'engouffrer dans le trou dévoilé par le portrait de la Grosse Dame. A peine suis-je arrivé dans la Salle Commune chaleureuse de mon enfance, qu'Hermione m'enveloppe dans une étreinte amicale, elle me serre très fort contre sa poitrine. Elle me relâche au bout de quelques longues minutes, les yeux embués de larmes. D'une voix tremblante, en détournant le regard pour me cacher son trouble, elle me demande :

- Oh Harry… Ça me fait plaisir de te voir, pourquoi est ce que tu ne viens pas plus souvent ? Tu nous manques tellement, tu sais…

Je lui souris encore une fois et j'essuie du bout des doigts une des larmes qui roulent sur son visage. Je lui chuchote calmement quelques paroles rassurantes du genre : « Hey, chut, je suis là maintenant, tout va bien », je la cajole tendrement alors que ses cheveux me chatouillent le menton. Je la prends étroitement dans mes bras, le temps pour elle de dissimuler ses vilaines larmes au reste du monde. Nous nous séparons lentement, heureux d'avoir partagé ensemble ce moment privilégié.

Me prenant par la main 'Mione m'entraine ensuite d'un pas vif au centre de la pièce. Je la suis, en courant presque, sans aucune idée de l'endroit où elle m'emmène. Son objectif devient vite apparent cependant. De loin, je peux déjà constater que Seamus, Dean, Neville et Ron sont étendus de tout leur long sur des canapés et fauteuils rouges et ors, les pieds posés sur diverses tables basses, ils ont l'air parfaitement décontractés, vraiment à l'aise, comme si rien ni personne ne pouvait venir les contrarier en cette belle journée. Je ne peux m'empêcher de secouer la tête d'amusement en les voyant tous dans cette position, ils ont l'air… Je ne sais pas d'être tellement eux même… De n'avoir pas du tout changé au cours de cette semaine d'éloignement… Et quelque part ça me rassure tellement…

En m'apercevant à leur tour, mes quatre meilleurs amis me regardent un instant la bouche grande ouverte, sans rien dire, complètement abasourdis par ma présence. Un ange passe. Une petite voix s'infiltre malgré moi dans mon crâne me sifflant des pensées déplacées : est ce qu'ils vont te rejeter Harry, maintenant que tu n'es plus qu'un sale Serpentard ? Je frissonne. Mais instantanément mes amis se lève précipitamment pour m'accueillir à grand renfort de claques dans le dos, d'exclamations de surprise, de plaisir et de bonheur, d'acclamations glorieuses et même d'applaudissements. Ron passe un bras autour de mes épaules et me fait une place parmi eux tandis qu'Hermione s'assoit nonchalamment sur la table basse. Tout le monde commence à me parler en même temps, autour de moi règne une véritable cacophonie, je ne m'entends même plus penser. Devant tout ce bazar, cet étalage de franche camaraderie, d'éclats de rire, de blagues vaseuses, je ne peux que sourire… Enfin, j'ai trouvé ce que je suis venu chercher ici… Enfin, je me sens chez moi… Je me laisse aller à me détendre pour la première fois depuis des jours… Mes amis me pressent de questions, d'interpellation et de hurlements en tout genre :

- Vieux, je suis content de te voir !

- 'Ry, t'es enfin parmi nous ! Depuis le temps qu'on t'attendait !

- Bienvenue chez toi, mec !

- Alors ces Serpentards ? Ils te font pas trop la misère ?!

- C'est vrai que Malfoy passe trois heures chaque matin dans la salle de bains ?

- Est-ce que ce sont vraiment tous des apprentis Mangemorts ? T'as regardé leur bras ?

- Dis, Harry, t'as appris des trucs sur... Tu sais… sur Tu-sais-qui ?!

Je me sens légèrement dépassé par toutes ses questions, par cet éternel chaos qui règne partout autour de moi. A peine ai-je commencé à répondre à Seamus que Neville crie mon nom m'obligeant à me tourner vers lui pour lui répondre, mais quelqu'un d'autre m'interpelle pour que je lui parle et ainsi de suite. J'ai l'impression d'être au Terrier, chez les Weasley en pleine période de Noel. Toute cette effervescence… C'est quelque chose comparé à la froideur et au silence qui règne en permanence sur les cachots. Je ne peux plus m'empêcher de sourire toutes dents dehors même si je ne sais plus où donner de la tête. Je ris amusé par le comportement sans queue ni tête de mes camarades de classe. Ron finit par lancer à la cantonade :

- Hey, les gars, si vous voulez qu'Harry nous raconte un peu sa vie chez les Serpentards, faudrait peut être le laisser parler, non ?

Le silence se fait brusquement et tous les yeux se posent à nouveau sur moi. Je pousse un soupir et me pince discrètement l'arrête du nez. Par où commencer vraiment ? Je réfléchis un instant à comment je vais formuler tout ce qui m'est arrivé ces derniers jours. Je ne veux pas les inquiéter ou commencer une énième vendetta entre Gryffondors et Serpentards mais je ne veux pas leur mentir non plus. Je ne veux pas non plus qu'ils me voient comme une pauvre petite victime sans défense contre les gros méchants serpents tout pas beaux… M'enfin… Qui vivra verra… Je me lance avec une pointe d'humour dans le récit tumultueux de mon séjour chez les Serpents. Je leur raconte vaillamment mes nombreuses péripéties. Mes amis s'indignent aux bons moments, rient parfois malgré eux devant les farces créatives des Serpentards et m'adressent des mots réconfortant lorsque mon récit l'exige ou que ma gorge se serre. Ils me soutiennent envers et contre tout durant toute la durée de mon long discours. Ils sont là pour moi et ils me le témoignent grâce à toute une série de petits gestes plein de sens. Hermione serre mes mains entre les siennes pour me donner du courage, Ron passe une main dans mon dos dés qu'il sent que ça ne va pas, Neville me sourit à s'en faire craquer les zygomatiques, Seamus et Dean lancent des blagues pourries en veux tu et en voilà et s'assurent que je ris bien à chacune d'entre elles, tous veillent à mon bien être… Comment rester malheureux avec des amis si exceptionnels… Rien que d'avoir pu leur parler de tout ça je me sens le cœur plus léger… A la fin de mon explication et après leur avoir assuré maintes fois que non je ne veux pas que la maison Gryffondors prenne les mesures nécessaires pour me venger, Seamus s'exclame :

- T'as pas de chance, mec ça doit vraiment être l'enfer là bas…

Je hoche la tête vigoureusement devant cette affirmation et tout le monde éclate de rire en voyant mon expression désespérée et mes yeux exorbités. Je me sens beaucoup mieux, tout le stress de ces derniers jours semble s'effacer. Petit à petit, les conversations se détournent de ma personne et ce n'est pas pour me déplaire. Fini de parler des cachots glauques et de l'humiliation quotidienne ! Nous discutons de tout et de rien comme au bon vieux temps. Les conversations vont bon train pendant un long moment, chacun y allant de sa petite anecdote sur sa journée, sur le Quidditch, ou même sur l'actualité issue de la Gazette du Sorcier. Finalement, alors que les heures passent, une certaine langueur s'empare de chacun d'entre nous et un silence confortable s'installe. Je finis par poser LA question qui me brûle les lèvres depuis que je suis arrivé à Gryffondor :

- Alors quoi de neuf, ici ?

Que voulez vous que je vous dise ? Je veux entendre parler des derniers ragots, de tous ces trucs qui vous font secouer la tête d'amusement devant la bêtise et la folie de vos voisins, tous ces petits riens qui vont font sourire, tout ce qui s'est passé dans cette putain de tour pendant mon absence quoi ! Et oui, secrètement, moi, Harry James Potter, je suis une vraie commère… C'est mon péché mignon en quelque sorte.

Suite à ma question, je vois mes amis échanger une série de regards complices avant d'exploser de rires simultanément. Je reste un instant perplexe devant leur hilarité.

- Euh… Quelqu'un m'explique ?

A mes cotés, Ron me mets une grande claque dans le dos avant d'essayer de me répondre entre deux ou trois éclats de rire :

- Hahahaha… Harry, vieux, t'aurais dû voir ça, c'était… Hahahaha… C'était tellement drôle… Hahahaha…

De l'autre coté, Dean s'est écroulé sur le sol tellement il rigole, des larmes de joie coulent abondamment sur ses joues.

- Mon Dieu… C'est toujours aussi drôle… Hahahaha…

Mon regard passe de l'un à l'autre cherchant désespérément la cause de leur soudaine gaieté. Pourquoi est ce qu'ils sont tous pété de rire tout à coup ? Mes yeux se posent alors sur Neville et je vois que lui aussi est en pleine crise de fou rire, il tape de manière incontrôlable sur le montant de son fauteuil. Même Hermione dissimule ses éclats de rire derrière sa main. Seul, Seamus semble être resté stoïque face à l'hilarité générale, il rougit même légèrement. Nom d'une chouette empaillée, mais que se passe-t-il ?! Je tousse discrètement pour attirer leur attention.

- Hum… J'avoue, je ne comprends pas tout là…

Seamus se gratte la tête, ses mains sont agités de tics nerveux, il finit par me répondre en évitant soigneusement de me regarder dans les yeux :

- C'est rien du tout… Ils font tout un plat de vraiment pas grand-chose, c'est juste que… Je sors avec Lavende maintenant…

- QUOI ?!

- Raconte lui comment c'est arrivé, raconte lui comment c'est arrivé ! s'exclame Dean en riant toujours.

Seamus secoue la tête en rougissant de plus belle. Je n'avais jamais vu le bel irlandais si embarrassé. Je me tourne alors vers Ron et Dean pour avoir une explication que ceux-ci s'empressent de me donner :

- Il y a eu une espèce de mini soirée de rien du tout, un soir dans la Salle Commune, quelqu'un avait réussi à ramener du Whisky pur feu de Pré-au-Lard, alors quand tous les premières, deuxièmes et troisièmes années sont partis se coucher, on a ouvert la bouteille. On a tous bu un peu, pas grand-chose tu vois, mais suffisamment pour être bien… On a rigolé et on passé un bon moment tous ensemble. Est arrivé le moment où tout le monde est remonté pour se coucher, personne n'a remarqué que Seamus et Lavande était resté en arrière…

Dean s'est penché vers moi et me parle à présent sur le ton de la confidence, il est à fond dans son histoire. Ron l'écoute et hoche frénétiquement de la tête en se retenant d'éclater de rire à nouveau. Nous sommes tous suspendus à ses lèvres. Seamus fait semblant de ne pas écouter, il regarde ailleurs en enlevant une poussière imaginaire de son pull. Pendant une petite seconde, je ne peux pas m'empêcher de penser que je devrais déjà connaitre la chute de cette histoire, j'aurais dû être là… Je me reprends rapidement pour pouvoir écouter le mot de la fin :

- Le lendemain matin on est tous descendus un peu groggy, tu vois, la tête dans le brouillard à cause de la soirée de la veille et là un spectacle de folie nous attendait.

A nouveau tout le monde explose de rire, je tape du pied impatiemment sur le sol. Seamus est aussi rouge qu'une tomate à présent…

- Sur le canapé du milieu, là bas, Seamus et Lavande dormaient enlacés dans les bras l'un de l'autre, une couverture dissimulant à peine leur nudité. Harry ! T'aurait dû voir ça, ils étaient complètement à poil ! Hahahaha, en train de dormir ! Et quand ils se sont réveillés à cause de tout le vacarme qu'on devait faire Lavande s'est redressée précipitamment, elle a poussé un de ces hurlements, elle a repoussé la couverture et elle a couru toute nu vers le dortoir, je peux te dire qu'on s'est bien rincé l'œil ! Hahahahahahaha ! Elle s'est même gamellé plusieurs fois en plus tellement elle savait plus où se mettre… Hahaha !

Je regarde Seamus s'indigner du coin de l'œil, la petite histoire m'arrache un sourire mais je ne peux pas m'esclaffer comme les autres ni taquiner gentiment le protagoniste principal, je sens mes yeux commencer à piquer. J'aurais dû être là… Putain, j'aurais dû être là…. Pas que mon fantasme le plus cher soit de voir Lavande à poil (après tout, après le cours de Divination offert par les Serpentards c'est désormais chose faite) mais j'aurais aimé partager ce moment avec eux et pouvoir participer à leur crise de fou rire. Je me sens exclu… J'aimerais tellement ne jamais avoir quitté la Tour des Gryffondors… Perdu dans mes sombres pensées, je n'entends même pas Neville me raconter à quel point Parvati a été scandalisée par le comportement de sa meilleur amie, ni comment les deux inséparables en sont venus à ne plus s'adresser la parole pendant plusieurs jours, je me concentre de toutes mes forces pour que personne ne puisse deviner mon mal être… Après tout ce n'est pas de leur faute si je suis désormais une saleté de Serpent. Ron me sort de ma soudaine torpeur lorsque tout à coup, il s'exclame :

- Hey, les gars, faut qu'on se bouge on a entrainement aujourd'hui ! En route pour le Quidditch !

Il se tourne ensuite vers moi en souriant de toutes ses dents :

- Tu viens Harry ?

Tout mon corps se fige, mon sourire s'efface, c'est comme si la mort en personne venait de me rendre visite. Ron réalise aussitôt son erreur et essaye maladroitement de se rattraper :

- Désolé, vieux, l'habitude tu comprends… ?

Je hoche la tête sans grande conviction, il pose une main sur mon épaule :

- On se voit plus tard, ok ?

Je lui fais signe que oui et je regarde mes amis se diriger vers la sortie, balais aux poings. Ron est surement capitaine à présent, Dean et Seamus sont désormais respectivement poursuiveur et batteur, quand à Neville, il est tellement maladroit qu'il ne peut pas jouer mais il est d'excellent conseils, je suppose qu'il va les regarder jouer… Je pourrais faire ça moi aussi… Je secoue la tête… A quoi bon ruminer sur de vieilles blessures, hein ? Je ne jouerais peut être plus jamais au Quidditch après tout… Je pousse un grognement, je ne veux pas y penser…

Je me tourne vers Hermione. Elle est plongée dans un gros volume poussiéreux qui me semble étrangement familier. Elle a réussi en à peine quelques minutes à s'entourer d'une montagne de morceaux de parchemins, elle mâchouille le bout de sa plume en sucre d'un air concentré. De temps en temps, elle fronce les sourcils et note quelque chose sur une de ses centaines de feuilles. Elle semble être en train de faire une espèce de recherche. En tout cas ça a l'air… Intense… Elle ne s'est même pas aperçu que je ne suis pas parti avec les autres, elle semble être complètement absorbée par son travail. C'est comme si je n'existais même plus…

Arf… J'espérais que l'on puisse discuter, 'Mione sait toujours quoi dire pour me remonter le moral, elle a toujours les bons mots pour me rassurer… Mais je ne veux pas l'interrompre dans quelque chose qui apparemment semble lui tenir très à cœur… Cela dit, c'est sans doute la meilleure personne à qui parler du plus récent de mes problèmes… Et oui quelque chose de tout frais, tout chaud ! Cet étrange sentiment d'exclusion qui vient de pointer le bout de son nez depuis que j'ai posé le pied à Gryffondor… Pourquoi je me sens si laissé pour compte ? Pourquoi ça me fais si mal de ne pas avoir partagé leur journée, leur éclat de rire, leur vie ?! Pourquoi je ressens cette intense jalousie ? Je me gratte le menton d'un air ahuri avant de prendre une grande décision, j'inspire lentement et je finis par demander :

- Euh, 'Mione, je… je peux te parler deux minutes ?

Elle relève la tête et me regarde fixement pendant un instant :

- Mh ?

Elle plonge à nouveau dans son énorme bouquin sans me laisser le temps de lui répondre. J'essaye de ne pas être agacé par son comportement après tout, tout le monde sait qu'il ne faut pas déranger Hermione Granger lorsqu'elle s'est mis en tête d'étudier, malgré tout je me lance :

- Je… Euh… Je voudrais te parler d'un truc important qui me trotte dans la tête depuis tout à l'heure… C'est stupide vraiment… Mais je me sentirais beaucoup mieux si je pouvais en parler à quelqu'un… ?

Toujours aucune réaction, cependant je continue, déterminé à ne pas me laisser abattre :

- Je ne peux pas m'empêcher de me sentir un peu… Isolé, ces derniers temps, tu comprends ? Je veux dire vous vivez tous ensemble non stop et du coup vous avez vos propres délires comme l'histoire Seamus/Lavande par exemple et je n'en fais juste plus parti, je dois l'admettre ça me fait vraiment bizarre…

Pendant toute la durée de ma tirade Hermione a émis de petits sons me faisant croire qu'elle était à mon écoute mais je constate qu'il n'en est rien, elle reste passionnée par ses livres comme s'ils détenaient le secret de la vie. Quelle différence avec son comportement de tout à l'heure, elle était si heureuse de me voir, elle a su m'accueillir avec tellement de chaleur et de grâce à présent j'ai l'impression d'être confronté à un véritable mur de pierre froide ! Je connais Hermione par cœur et je sais à quel point les études sont importantes à ses yeux mais qu'est ce qui peut être fascinant au point de me laisser carrément tomber?! J'en suis sincèrement curieux, et presque amusé… Pour satisfaire mon insatiable curiosité, je me penche en avant pour essayer de déchiffrer pour la seconde fois le titre de l'imposant manuscrit qu'Hermione bouquine consciencieusement lorsque j'aperçois Ginny. Je me lève aussitôt du canapé sur lequel je me prélassais pour me précipiter à sa rencontre.

J'arrive auprès d'elle par derrière et je la fais tourner sur elle-même en riant avant de la prendre dans mes bras. C'est si bon de la retrouver… Je sens son délicieux parfum sucrée de cannelle et de vanille, je sens mon cœur battre plus fort dans ma poitrine, je me sens finalement entier… Je me sens coupable de ne pas avoir pu la voir plus souvent cette semaine mais je ne voulais pas qu'elle me voit dans cet état pitoyable… Je suis confiant, maintenant que nous sommes réunis, je suis certain que tout va finir par s'arranger…

Cependant mon sentiment de confiance est de courte durée. Ginny relève la tête alors que je me penche vers elle pour l'embrasser, elle croise mes émeraudes, et pétrifiée, elle me repousse en hurlant comme une furie :

- Harry ?! Non mais pour qui tu te prends ?! Qu'est ce que… Qu'est ce que tu fais là ?!

Choqué par sa violente réaction, j'ouvre la bouche et la referme ne sachant que dire. Je réprime un frisson. La douce chaleur du corps de Ginny délicatement pressé contre le mien me manque déjà et je croise maladroitement mes bras contre mon torse pour me réchauffer. Je ne comprends pas… Pourquoi me rejette-t-elle comme ça ? J'avance à petits pas vers elle dans l'espoir de la prendre une nouvelle fois dans mes bras mais celle-ci recule délibérément en me voyant approcher. Je fronce les sourcils. Perplexe, je me gratte le menton, et prudemment je réponds :

- Je… Passe prendre des nouvelle de tout le monde… ?

Elle lève les yeux au ciel et hausse les épaules comme si quoi que je dise ça n'a plus vraiment d'importance. Elle passe précipitamment droit devant moi se dirigeant manifestement vers la sortie. Sans réfléchir, pris d'une impulsion soudaine, j'attrape son poignet pour la retenir. Elle se retourne immédiatement vers moi, une expression furieuse inscrite sur son visage, elle se débat pendant quelques secondes pour me faire lâcher mon emprise sur sa main droite. Je ne cède pas, je serre son poignet très fort dans ma propre main comme s'il s'agissait d'une ancre, de mon dernier repère, comme si Ginny était la seule chose qui m'ancrait encore dans la réalité. Elle laisse échapper un petit gémissement de douleur et de frustration, je serre trop fort. Revenant peu à peu à l'instant présent, je desserre mes doigts un à un, un effort monumental, laissant une immonde marque bien rouge sur son poignet. Gin…

Je bredouille une vague excuse à contrecœur en détournant mon regard. Je passe une main nerveuse dans mes cheveux emmêlés. Elle secoue son bras endolori pendant quelques minutes en me jetant, à intervalles réguliers, des regards noirs. Je me balance d'avant en arrière, mal à l'aise. J'essaie de comprendre pourquoi Ginny se comporte de cette façon à mon égard. Je n'y arrive pas. Je brise le silence maladroitement :

- Gin'… Qu'est ce… Qu'est ce qui t'arrive ? Est-ce que tout va bien ?

Elle pousse un soupir exaspéré, elle roule des yeux exagérément avant de me répondre ironiquement, sa voix tremblotante de colère, d'indignation et de larmes contenues :

- Mais bien sur que tout va bien Harry ! Qu'est ce qui n'irait pas, hein ?! Tout va parfaitement bien ! Tout est parfait, Harry ! Par-fait !

D'un revers de manche, elle essuie les larmes qui s'échappent de ses yeux bleus azurs. A nouveau, je m'approche d'elle prudemment et à nouveau elle recule en secouant la tête furieusement. Je soupire à mon tour, je lève les bras au ciel en signe de défaite et déterminé d'une voix rauque je demande :

- Qu'est ce que j'ai fait ?

Cette fois-ci, j'avance vers elle à grands pas et je ne lui laisse plus le loisir de reculer, à l'aide de mon pouce gauche j'écrase rageusement une des larmes qui coulent abondement sur son visage et d'une voix douce, en total contraste avec le tourbillon d'émotions qui fait rage dans mon cœur, je répète :

- Dis moi, Gin', qu'est ce que j'ai fait ? Qu'est ce qu'il y a ?

Alors qu'elle s'était laissée aller à se faire cajoler quelques minutes dans mes bras, elle s'écarte brusquement de moi et me donne une gifle retentissante avant d'éclater en sanglot :

- Tu m'avais promis Harry ! Tu m'avais fait une promesse ! Tu m'avais promis que tout aller s'arranger ! C'était une promesse !

En la regardant lutter contre ses pleurs pour trouver ses mots, en l'écoutant balbutier des paroles incohérentes en sanglotant, je sens mon cœur se briser dans ma poitrine. J'essaye de la rassurer de mon mieux :

- Mais tout va s'arranger Gin', je t'assure…

Elle me coupe brutalement :

- Quand Harry ?! Quand ?! Quand est-ce que ça va s'arranger exactement ?! Tu m'as ignoré toute la semaine, c'est à peine si tu m'as regardé, t'avais oublié que j'existais c'est ça ?! T'es parti chez les Serpents et puis tout à coup, paf, c'est comme si tu en étais devenu un, tu ne me parle pas, on se ne voit pas, quand je te croise au détour d'un couloir, tu détournes les yeux, si j'avais voulu sortir avec un sang froid je l'aurais fait tout simplement Harry ! Où est passé le mec avec qui je passais des heures sur le terrain de Quidditch, à se poursuivre dans les airs en riant ? Où est passé le mec qui m'embrassait comme si la fin du monde c'était demain ? Celui qui quand je passais dans les couloirs pour aller en classe m'attrapait discrètement par la main pour m'entrainer dans un coin sombre ?

Je ne sais pas quoi dire, je suis toujours ce gars là… Elle avale sa salive avec difficulté puis elle reprend sur sa lancée :

- Je sais qu'en ce moment pour toi ça ne dois pas être facile… Honnêtement, les premiers jours, j'ai essayé d'être compréhensive, d'être moins impulsive, de prendre sur moi mais… c'est trop dur Harry, tu comprends ?

Elle me regarde droit dans les yeux, ces océans embués de larmes. J'essaie de parler, de dire quelque chose, n'importe quoi, mais ma gorge refuse de coopérer. Elle continue :

- Ça ne marche pas entre nous Harry… Même avant…

Sa voix se brise. Elle pleure.

- Même avant ton entrée à Serpentard, ça… ça n'allait pas Harry, tu le sais… On se dispute sans arrêt, on est d'accord sur rien, peut être que nous deux ce n'était pas écrit après tout, tout le monde pensait qu'on était fait l'un pour l'autre, au fond peut être qu'on s'est senti obligé de se mettre ensemble, je… Je ne sais pas… Mais… Une chose est sûre, on ne peut plus continuer tout ça…

Paniqué, ne comprenant pas vraiment ce qui est en train de se passer, je m'exclame :

- Gin, qu'est ce que t'es en train de dire, là ?! Je… Les disputes, tout ça, c'est le stress, je suis en train de m'adapter à Serpentard, j'étais complètement à l'ouest cette semaine, je sais bien… Mais je… Tout va… s'arranger ? Je peux mieux faire ! Je peux continuer à être ce gars là ! Tu sais que je le peux le faire !

Elle ferme les yeux de lassitude. Quand elle les rouvre enfin, elle a l'air beaucoup plus vieille qu'elle ne l'est en réalité, ils sont emplis de tristesse. Mon cœur se serre. Je tremble.

- Ça ne sert à rien Harry… ça ne marche plus entre nous… Notre étincelle ça fait longtemps qu'elle s'est éteinte, tu le sais aussi bien que moi…

Je rouvre la bouche. Je la supplie. Je l'enfouie sous une avalanche de paroles, un torrent de supplication. Ses yeux se font plus durs, d'une voix ferme, elle déclare :

- Arrête Harry, arrête ! Tu ne comprends pas ?! C'est fini entre nous… C'est fini…

Elle se détourne. Elle s'enfuie en courant. D'une petite voix je murmure :

- Attends Gin'… Attends…

Elle ne m'entend pas, elle est déjà partie. Je voudrais lui courir après, lui crier que je l'aime, que je voudrais qu'elle reste avec moi pour toujours mais je n'en ai pas la force. Je me sens vidé. Je n'arrive pas à y croire... Qu'est ce que je vais faire maintenant ? Sans elle… ? Mes oreilles bourdonnent. Je réalise brusquement que je viens de me faire larguer devant toute la Salle Commune des Gryffondors, mes camarades me regardent avec stupeur, ils chuchotent frénétiquement entre eux en me pointant du doigt, il ne manquait plus que ça. De toute façon, si je pars la rejoindre maintenant, tout le monde me suivras pour commenter notre échange, et je ne parle même pas des rumeurs qui vont courir dans tout Poudlard. Il vaut mieux que j'attende un peu, que les choses se calment, avant que j'aille la retrouver pour la reconquérir. Mais je n'en ai pas fini avec Ginevra Weasley, c'est moi qui vous le dit ! Je papillonne des paupières pour chasser les larmes qui menacent de couler sur mon visage. J'inspire profondément. J'essaye de cacher mes mains qui tremblent toujours après ce qui vient de se passer. Je ravale mes « je t'aime », ma tristesse et ma déception, ce n'est pas fini, ce n'est pas fini… Je me répète ce mantra indéfiniment dans ma tête…

Je croise le regard interrogateur d'Hermione qui m'observe par-dessus son énorme bouquin. Je hoche la tête pour lui faire signe que je vais bien, je n'ai pas la force de parler, je sais que si j'essaye ma voix va se briser, j'essaye de conserver un minimum de dignité, ici comme à Serpentard, je ne craquerais pas… Je prends quelques minutes pour me fabriquer une expression impassible, j'expire lentement, je me pince l'arrête du nez, je ramasse mon sac que j'avais laissé négligemment posé au pied du canapé, et passant devant Hermione, je lui chuchote :

- J'ai mon premier entrainement avec Rogue, j'y vais d'accord ? Tu… Tu pourrais essayer de parler à Ginny pour moi ? La raisonner ? Je l'aime vraiment tu sais…

Hermione pince les lèvres mais hoche néanmoins la tête avant de se replonger dans son livre. C'est mieux que rien…


- Monsieur Potter, vous êtes en retard, comme d'habitude…

Je hausse les épaules et balance nonchalamment mon sac en bandoulière sur la table la plus proche. Rien de ce que Rogue ne pourra dire aujourd'hui ne peut m'atteindre. Je suis immunisé. Trop de pensées tourbillonnent dans mon esprit embrumé, trop de chagrin encombre mon crâne pour me soucier des petites piques et des insultes pleines de sarcasme de mon professeur de potions. Tant pis… S'il veut faire de moi son souffre douleur, qu'il le fasse, je n'en ai plus rien à foutre…

J'observe Rogue du coin de l'œil. Il fait les cents pas d'un air sombre dans l'habituel cachot lugubre qui sert de salle de classe en potions. Sa cape virevolte autour de lui embrassant chacun de ses mouvements. Mon nouveau directeur de maison semble agité de tics nerveux. Ses traits sont crispés de déplaisir et de dégout, ses cheveux gras sont encore plus raplapla que d'habitude, son nez crochu frissonne de colère. Une chose est sûre : comme moi, il n'a aucune envie d'être là…

Je me remémore avec un certain malaise la dernière fois que nous nous sommes retrouvés face à face dans ce même cachot, moi et Rogue. Les leçons d'occlumancie… Tout un programme… Je me rappelle avec horreur ces longues heures passées à contempler les deux abysses qui servent d'yeux à mon professeur de potions. Je me rappelle aussi la torture permanente que représentait pour moi ses heures que Rogue a passées à triturer sans merci le moindre de mes souvenirs. Je me rappelle à quel point il était difficile de rester impuissant, incapable de protéger mon esprit face à l'homme que je haïssais le plus au monde. Je me rappelle la terreur que je ressentais de le voir révéler au monde entier mes plus noirs secrets en plein cour de potion. Ces leçons était tellement difficile… Je ne lui faisais pas confiance, comment Dumbledore pouvait il penser que cela marcherait ? Je me rappelle mon irrésistible envie de plonger dans la Pensine, de regarder ces souvenirs cette fois là… Je me rappelle cette curiosité maladive qui m'a envahi, je n'ai pas pu m'en empêché… Je me remémore avec angoisse la déception, le choc, en découvrant mon père, celui que tout le monde m'avait présenté comme un héros, je me rappelle son arrogance…Je me rappelle la pitié que j'ai ressentis tout au fond de moi en découvrant les sentiments de ressentiment qu'entretenait Snivellus, un mini Rogue encore si innocent…

Je cligne des yeux. Je n'ai pas envie de penser à ma cinquième année, trop de mauvais souvenirs… Avec un sourire amusé, je préfère repenser à mon entrée à Serpentard et au discours peu accueillant que Rogue a été obligé de faire devant tout le monde le jour suivant mon arrivé chez les Serpents. C'était tellement comique de voir son œil droit tressauter alors qu'il me souhaitait officiellement la bienvenue dans SA maison, lui qui me déteste depuis toutes ces années.

Je secoue la tête brusquement pour chasser de mon esprit mes sombres pensées. Je pose à nouveau mes yeux sur Rogue qui marche toujours d'un bout à l'autre de la pièce d'un air énervé. Je m'assois sur le bord d'une table et tape impatiemment du pied sur le sol. Qu'est ce qu'il attend ? On le fait cet entrainement oui ou merde ? Alors que je m'apprête à ouvrir la bouche pour poser la question, je suis coupé dans mon élan par mon professeur :

- Monsieur Potter, vous devez savoir qu'après notre malheureuse collaboration, il y a deux ans, je ne m'attends pas à des miracles cette fois ci… Pour être honnête, je m'attends au pire étant familier avec votre attitude déplorable, votre arrogance, et votre faculté improbable à vous attirer des ennuis. J'espère que cette fois, vous aurez au moins l'obligeance de ne pas vous mêler de ma vie privée, et de ne pas fouiller dans mes affaires car je peux vous assurer que je veillerais personnellement à votre expulsion et je rendrais votre vie impossible dans une pareille situation, est ce clair ?

Je déglutis visiblement et je hoche la tête d'un air déterminé. Il continue de me fixer pendant un instant une expression de haine tellement intense inscrite sur son visage qu'elle me fait frissonner de terreur, puis il poursuit :

- Bien. Bien entendu, vous comprenez, Monsieur Potter, que je ne suis pas ici de mon plein gré. Si ça n'avait tenu qu'à moi, je ne me serais pas porté volontaire pour vous donner ces leçons de duel auxquelles Dumbledore tient tant… Mais, notre cher directeur, a beaucoup insisté, me faisant clairement comprendre que j'étais le seul capable de vous former considérant l'inaptitude de l'actuel professeur de Défense contre les Forces du Mal… Je dois avouer que cette situation ne m'enchante guère… Mais considérant que si l'on vous compare au Seigneur des Ténèbres vous êtes si faible et pathétique que cela en est risible, je me sens obligé d'y remédier… Il faudra également que nous fassions quelque chose à propos de cette perpétuelle aura d'arrogance qui vous entoure, vous êtes comme votre père tellement convaincu de votre propre importance, convaincu que vous êtes le meilleur que vous êtes incapable de voir plus loin que le bout de votre baguette magique. Il n'a jamais été le duelliste accompli qu'il aurait pu être s'il n'avait pas gâché son potentiel dans des bêtises. Enfin, Monsieur Potter, allons y, commençons.

D'un geste de sa baguette magique, Rogue fait disparaitre toutes les tables et les chaises qui envahissaient le cachot sombre et humide quelques minutes auparavant. Mon sac à bandoulière tombe mollement sur le sol de pierres dures. Rogue recule de quelques pas, et me fait face sa baguette magique brandie devant lui. Je sors la mienne, les mains moites d'anxiété. Nous nous saluons, les yeux dans les yeux. Rogue reprend la parole :

- Je vais à présent tester vos capacités en duel, monsieur Potter. D'après moi, et au vu de vos précédents professeurs, elles ne peuvent être que médiocres mais je me dois de vous évaluer pour pouvoir élaborer un plan d'action pour vos prochaines leçons.

Je serre les dents pour ne pas protester. Je suis un bon duelliste et je le sais, à moi de lui prouver à quel point il se trompe. Je tourne autour de lui en larges cercles concentriques. Je reste sur la défensive, conscient du fait qu'il a des années d'expérience par rapport à moi. Je voudrais qu'il attaque en premier mais en apercevant du coin de l'œil son sourire sadique, je comprends rapidement qu'il ne me donnera pas ce que je veux. Je l'encercle en réfléchissant à toute vitesse à un plan d'attaque. Au milieu de la pièce, il m'observe calmement, un rictus méprisant inscrit sur son visage. D'une voix moqueuse, il m'asticote :

- Allons Potter, ne me faites pas attendre plus longtemps ! Je meurs de peur là….

Il fait une grimace comique avant de reprendre :

- Qu'est-ce que vous attendez franchement ! N'est-ce pas votre plus cher désir que d'être un noble petit Gryffondor qui attaque en premier sans prendre la peine de réfléchir ?! Ne voulez vous pas ressembler à feu votre père, le fringant, l'arrogant, l'irascible James Potter !

J'essaye de ne pas me laisser atteindre par ses continuelles insultes qui commencent sérieusement à me taper sur le système. Je pousse un grognement tout en continuant à réfléchir, je veux vraiment être sur d'utiliser le meilleur sortilège possible pour lui faire fermer son clapet. Cependant mon répit est de courte durée car il prend un malin plaisir à continuer :

- Potter, je vous ai vu maltraiter le jeune Malfoy comme tout le monde d'ailleurs dans la Grande Salle, avez-vous peur de vous attaquer à plus fort que vous ? Est-ce la raison de votre hésitation ? James n'a jamais hésité à torturer les plus faibles lui non plus vous savez, quel héros ce James, toujours idolâtré par l'ensemble de la population de Poudlard, mais lui aussi était trop lâche pour s'en prendre à ses pairs… C'est sans doute ce qu'il l'a conduit à sa mort, de nos jours l'arrogance tue…

C'en est trop… Je le regarde jouer avec sa baguette magique comme si je ne représentais aucune menace… Je ne réfléchis plus du tout, c'est comme si mon cerveau s'était évaporé, je serre ma baguette magique dans ma main droite comme si ma vie en dépendait. Je sens l'adrénaline pulser dans mes veines. Je m'exclame :

- Expelliarmus !

Rogue laisse échapper un ricanement cruel et contre mon sortilège sans aucun effort. Il me lance :

- Si vous voulez me battre Potter, il va falloir utiliser d'autres sortilèges que ceux que je vous ai moi même appris… Ceci dit, je suis d'accord avec vous je suis un bien meilleur professeur que tout ceux que vous ayez eu jusque là…

Je pousse un nouveau grognement… Il est tellement… Exaspérant ! Je n'en peux plus ! Je veux juste qu'il la ferme, je voudrais lui prouver que je suis bien meilleur qu'il ne le croit… Putain ! Pourquoi c'est si difficile… Je ravale mes larmes silencieusement. Je cours à l'autre bout de la pièce et renverse une armoire m'offrant ainsi une couverture de choix. D'une voix ferme, je jette une série de sortilèges :

- Incarcérum ! Flipendo ! Rictusempra ! Confundo ! Confringo ! Cracbadaboum ! Expulso ! Impedimenta ! Incendio ! Reducto !

Il évite mes sortilège les uns après les autres, les contrant tous sans difficultés aucune… C'est comme s'il lisait dans mes pensées… Je fronce les sourcils, une expression suspicieuse passant sur mon visage. Il s'esclaffe :

- Vous avez enfin compris Potter tant que vous n'utiliserez pas de sortilèges informulés, il sera d'une facilité déconcertante pour moi de m'introduire dans votre esprit…

J'en étais sur, encore une fois il utilise la légimancie contre moi… Mon Dieu, je déteste cette putain de discipline… J'essuie d'un revers de manche les fines gouttes de transpiration qui perlent sur mon visage. Je tousse. Agissant par pure instinct, je me relève brusquement en hurlant :

- Serpensortia !

Aussitôt un immense python d'un noir de jais s'échappe de ma baguette magique. Pour la première fois depuis le début de notre combat, je vois Rogue tressaillir. Je lui adresse un sourire diabolique, avant de me tourner vers ma créature pour lui siffler des instructions en Fouchelang :

- SSSssssalut sssserpent, attaque !

Le serpent s'exécute immédiatement se dirigeant droit sur mon professeur tout crochet dehors. Je crois enfin l'avoir à ma merci, prêt à me supplier d'arrêter ma bestiole venimeuse mais je l'entends s'exclamer à son tour :

- Evanesco !

Mon serpent disparait instantanément à mon grand désespoir. Tout ça pour rien. Rogue s'accorde un instant de pure victoire, il éclate d'un rire définitivement machiavélique qui me fait froid dans le dos avant de murmurer d'une voix douce qui me fait plus peur encore :

- Maintenant à mon tour d'attaquer…


Éreinté, à bout de souffle, appuyé contre le mur du cachot, je tente tant bien que mal de reprendre ma respiration. Rogue m'a tué… Pendant deux heures et demie, il n'a pas arrêté de me lancer sortilèges sur sortilèges, j'ai couru, j'ai sauté, j'ai tout fait pour éviter ses maléfices, je suis physiquement et magiquement épuisé, même mes « Protégo » ont été inefficaces sur la fin… Un vrai calvaire ! Je suis loin d'être à la hauteur… Il est bien meilleur que moi, il est si… rapide… En le regardant combattre j'ai eu l'impression d'assister à une danse gracieuse et oh combien meurtrière ! Pour le coup, je suis vraiment jaloux, il est doué… Dumbledore a surement raison, Rogue a certainement beaucoup de choses à m'apprendre… C'est toujours un vrai connard, cela dit ! Il est juste… Grrr… Insupportable ! Je le hais ! Je ne sais pas comment je vais faire pour supporter ces leçons de duel s'il continue son petit jeu débile, ça va être de la torture… Arf…

Tous mes membres sont endoloris, je suis perclus de courbatures. Je pousse un soupir avant de me détacher du mur. A pas lent, ménageant mon corps fatigué, je me dirige vers la sortie. J'ouvre la porte avec difficulté avant de me glisser dans le couloir menant à la Salle Commune des Serpentards. J'accueille avec bonheur la fraicheur des cachots après cette séance de duel intensif. Déterminé, je mets un pied devant l'autre avec une grimace de douleur. Putain ! Rogue n'y est vraiment pas allé de main morte… Avec ma main droite, je m'appuie contre le mur tout en continuant d'avancer. Je n'attends qu'une chose, pouvoir m'affaler comme une masse dans mon lit à baldaquins… Je n'en peux plus de cette journée…

Malgré moi, je repense à Ginny… A son comportement de tout à l'heure, à sa tristesse, sa beauté glaciale, à ses paroles blessantes, à notre rupture… Je ravale avec difficulté les larmes qui me montent aux yeux. Je garde mon désespoir pour plus tard, c'est pas le moment de craquer Harry, nous sommes en territoire Serpents, rappelle toi ! Je préfère me souvenir à la place de tous les bons souvenirs que j'ai de Ginny, de toutes les raisons qui font que je suis tombé fou amoureux d'elle… Ses yeux bleus pétillants de malice et de vie, sa chevelure flamboyante, ses adorables tâches de rousseur, son petit nez retroussé, sa mignonne petite frimousse… J'aime tout chez elle, sa beauté, son courage, sa détermination, son obstination, même le fait qu'elle soit persuadée qu'elle a toujours raison quelque soit la situation… J'aime le fait que je puisse tout partager avec elle, ma passion pour le Quidditch, mes blagues vaseuses, ma vision de la vie… J'adore l'idée que si nous nous marions un jour je ferais partie intégrante de la famille Weasley… Je suis putain d'amoureux d'elle, merde ! Pourquoi est ce qu'elle ne veut pas voir l'évidence ?! Pourquoi refuse-t-elle de le comprendre ?!

Je me concentre un instant sur mes courbatures pour ne plus penser aux vilaines larmes qui me pique les yeux… Je suis presque arrivé, plus que quelques mètres et je pourrais enfin poser ma tête sur l'oreiller et ne plus penser à cette terrible journée. Je dévoile le mot de passe au mur nu et humide situé dans les profondeurs des cachots. Celui-ci se divise en deux, et je me glisse rapidement dans le passage ainsi révélé. J'avance de quelques pas dans la Salle Commune des Serpentards. Je cligne des yeux essayant de m'habituer à l'obscurité qui règne ici, je m'attends toujours à me retrouver dans la chaleureuse Salle Commune des Gryffondors. Si lumineuse… Je secoue la tête avant de reprendre mon chemin. Je commence à me diriger vers le dortoir lorsque quelque chose m'arrête subitement. Je me retourne essayant de comprendre ce qui m'a déstabilisé.

A la lueur des torches, j'observe deux personnes s'embrasser à pleine bouche sur un canapé devant la cheminé. Je hausse les épaules, déterminé à ne pas y prêter attention lorsqu'un reflet roux attrape mon regard. Un sentiment d'effroi s'empare soudain de moi. Je tremble alors que d'un pas lent je m'approche pour pourvoir distinguer plus nettement les deux ombres qui continuent à s'embrasser plus langoureusement que jamais. Après tout, il y a des tonnes de filles rousses dans le château, pas vrai ?!

Mon cœur se brise en mille morceaux quand je reconnais un des participants de ce farouche baiser. Draco Malfoy… Ses cheveux blonds platines si reconnaissable sont tout emmêlés, ses joues sont rougies, ses lèvres fines sont humides, son torse est nu, ses yeux gris aciers restés grands ouverts me contemplent avec froideur alors qu'il presse le corps de ma Ginny contre le sien l'embrassant avec plus de fureur que jamais. Je murmure :

- Ginny… ?


Draco & Harry : QUOIIIIIIIII ?!

Rin : Héhéhé… Cliffhanger quand tu nous tiens…

Harry : Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible…

Draco : Tu as fais quoi ?! Moi et la belette ! Pouah ! * s'essuie la bouche d'un revers de manche avant de tourner son regard meurtrier vers Rin*

Rin :*essaie de prendre un air innocent*

Ginny : Kyaaaaaaa Draco !

Draco : *essaye vainement d'étrangler Rin pour lui faire payer son affront*

Rin :*s'enfuit en courant*

Harry : Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible…

Ginny : *se jettant dans les bras de Draco* Je t'aime mon drakychounet d'amouuuuuur*

Draco : *courant pour sa vie* Tu me le payeras Uzumaki, tu me le payeras !*

Rin : Merci à tous de m'avoir lu, encore une fois désolée pour le retard, je pense pouvoir publier environ un chapitre par mois pour le moment, j'essaierais de faire de mon mieux pour en faire plus mais le droit étant le droit je ne sais pas si j'y arriverais !

N'hésitez pas à me faire part de vos réactions même si pour m'assassiner, assassiner Ginny ou même Draco ! En fait non pas Draco je l'aime trop ! Séverus est un peu horrible dans ce chapitre je trouve mais c'est un personnage que vous reverrez, mwahahaha ! Une review, une review, une review s'il vous plait, j'en ai besoin j'ai au moins trois commentaires d'arrêt à faire et je ne m'en sortirais jamais, j'ai besoin de sourire, et d'inspiration ! Si vous avez des idées, une envie particulière, des questions n'hésitez pas non plus à m'en faire part !

A bientôt, j'espère que vous au moins, vous ne croulez pas sous le travail !