Hello tout le monde !

Je suis vraiment désolée pour le retard, vraiment, et je n'ai pas d'excuse, sinon celle de la page blanche.

De plus, bon, avec le BAC tout ça, j'avais pas trop le temps, enfin bon j'ai eu mon BAC, et pourtant, en un mois, toujours rien, je suis inexcusable.

Encore une fois désolé, j'éspère que ce chapitre vous plaira ! Haaa, et au fait, merci pour vos reviews sur le chapitre précédent, elle me font toujours autant plaisir :)

Bonne lecture !

Bien à vous,

Lolà' HP


Lorsqu'il ouvrit les yeux, il dû les refermer aussitôt, aveuglé par la forte lumière qui régnait dans la pièce. Après plusieurs essais, il pu enfin discerner ou il se trouvait. Les murs d'un blanc immaculés, les lits aux draps de la même couleur, aucun doute, il était à l'infirmerie de Poudlard. En effet, cette pièce était l'une des seules à n'avoir subi aucun dommage lors de l'attaque. A présent bien réveillé, Drago Malfoy se releva légèrement, appuyant son dos contre son oreiller. Il tenta de se remémorer les évènements qui avaient précédé son évanouissement. il se souvenait de la guerre, de Loufoca, d'Hermione, de son père, de Potter, de Voldemort, de Blaise, d'Hermione, encore. Hermione. Son cœur se déchira lorsqu'il la revit tomber, sous ses yeux, morte pour sauver son meilleur ami. Alors, sans qu'il puisse les retenir, les larmes glissèrent de ses prunelles acier pour venir mourir sur ses lèvres.

Le jeune homme s'était réveillé depuis maintenant plusieurs heures. Mais il avait perdu pied, plongé dans une douleur trop grande, et restait insensible à tout ce qui se passait autour de lui. Personne n'était entré dans l'infirmerie, et la salle était calme, bien trop calme. Les minutes défilaient, les heures également, et il ne voyait rien, sinon qu'elle était partis. A quoi tout cela avait servit maintenant ? A quoi bon avoir gâché son temps à l'ignorer alors qu'elle allait mourir ? Les portes s'ouvrirent brusquement, le sortant de sa transe. Il tourna la tête et reconnut sans mal Mme Pomfresh, accompagnée par Severus Rogue. Il eu à peine le temps d'essuyer ses larmes que l'infirmière s'écria :

- Mr Malfoy, enfin, vous voilà réveillé ! Ne bouger pas d'ici, d'accord ? Je dois vous administrer quelques potions pour vous aider à récupérer complètement !

Et sans attendre de réponse, elle se dirigea d'un pas vif vers son bureau, laissant le Serpentard, seul dans la pièce, avec son parrain. Enfin presque seul, mais ça, le jeune homme l'ignorait encore.

- Drago, comment te sens-tu ?

La voix de de Rogue était inquiète, mais lasse, et Drago frissonna à l'idée de ce qu'il avait dû vivre lors de cette guerre, pour la deuxième fois.

D'un autre côté, et de manière totalement égoïste, il en voulait à Rogue. Voilà des heures qu'il était réveillé, et son parrain ne venait que maintenant, pour lui demander s'il allait bien. Bien sûr que non, il n'allait pas bien. Il avait tué son père, Hermione était morte sous ses yeux, et après ? Sa mère ? Ou était-elle ? Morte ? A Azkaban ? Que lui restait-il ? Rien. Alors non, ca n'allait pas, et Severus Rogue n'avait en aucun cas le droit de se montrer ici pour lui demander...ça ! Mais, comme toujours, il n'en laissa rien paraître.

- Ça va.

Sa voix était rauque, faible, et glacial. Conséquence de son coma prolongé. Combien de temps était il rester inconscient ? Il voulait savoir, peu importe à qui il en voulait, ou a qui il devait en vouloir, il devait savoir.

- Que s'est t-il passé ?

Il savait bien que son parrain n'était pas bavard, mais il le connaissait assez bien pour savoir que pour cette simple question, et son ton distant, Severus lui dirait tout ce qu'il voudrait savoir.

- Tu es resté inconscient deux semaine, Drago. Et Potter est dans le même état. Vous avez utilisez une quantité de magie trop importante, et accumulée à tous vos sentiments, votre organisme n'a pas pu supporter, il s'est donc mis en "veille", afin de récupérer. D'où votre coma.

Il lança un regard insistant à Rogue, et ce dernier soupira devant tant d'entêtement, avant de poursuivre son récit.

- On vous a donc transporté à l'infirmerie, qui n'a pas été trop touché par les combats. Puis nous avons enterré les morts, soigné les blessés. La reconstruction du château a commencé. Les élèves sont rentrés chez eux, à part ceux de 7eme année, qui ont voulu rester, pour aider. Voldemort est mort. Un nouveau ministre a été élu et les mangemorts ont été jugés. Ils ont tous été condamnés à Azkaban. Sauf quelques uns. Je ne sais pas ce que je pourrais te dire de plus Drago. Le monde magique se remet doucement des pertes que cette guerre a causé.

Plusieurs fois, Drago avait sursauté, brusquement rattrapé par les évènements, et la douleur qu'ils lui provoquaient. Notamment quand ils avaient parlé des septième année, des mangemort à Azkaban. Puis, il avait cru que son cœur lâchait, lorsque Severus avait lâché, qu'ils n'en restait que " quelques-uns", qui avaient été innocenté.

-Qui ?

Un soupir. Il sait de quoi Malfoy parle.

-Ta mère Drago. Blaise. Pansy. Moi. Et toi, bien sûr. C'est tout.

Un sourire vient naître sur les lèvres de Drago. Finalement, il aura au moins réussi quelque chose. Sauver ses deux meilleurs amis, c'est tout ce qu'il voulait. Sauver sa mère, aussi.

-Qui...Qui est...mort ?

La question lui écorche les lèvres, et il se retient pour ne pas pleurer. Severus hésite. Il le voit bien.

-Il y a...Lupin, Tonks, Fred Weasley, Chourave, Miss Brown, Patil, Dean Thomas, Crabbe, et ... Théo.

Il ferme les yeux. Fort. Sa respiration se fait haché. Théodore. Il le sait, bien sûr, mais l'entendre lui rappelle douloureusement la réalité. Théo ne reviendra pas. Et c'est sa faute. Juste à lui.

- Continue Severus.

- C'est tout, Drago.

Il rouvre les yeux, et l'acier tranquille qui les habitait s'est transformé en un gris orageux. Il ne supporte pas qu'on lui mente, pour le préserver. Il devait savoir, souffrir. Parce que tout était de sa faute. Théo, et Hermione. Il le savait. Il méritait ce qu'il lui arrivait. Il devrait même être mort.

- Ne mens pas Severus. Je sais que ce n'est pas tout.

Sa voix est calme,mais elle tremble un peu, signe de sa colère, de sa souffrance, et de sa détresse.

- Je ne vais pas t'inventer des morts, Dray.

Il n'aurait peut-être pas dû le dire de cette façon là.

- Ha ? Vraiment ? Est ce que j'invente Hermione alors ? J'étais là Severus, JE L'AI VU MOURIR SOUS MES YEUX ! ALORS DIS MOI SEVERUS, DIS MOI POURQUOI TU NE VEUX PAS ME DIRE LA VERITE ?

Il ferme les yeux. Non, ça, ce n'est pas à lui de le dire. Mais voir son filleul, qu'il considérait comme son fils, aussi désarmé, aussi mal, il ne pouvait pas le supporter. Alors il se lève et tourne les talons. Arrivé à la porte, il tourne la tête, légèrement, et répond d'une voix calme, un peu triste :

- Je ne mens pas, Drago. Maintenant, repose toi, Potter ne devrait pas tardé à se réveiller. Ta mère est repartie au manoir. Elle t'attendra. Elle t'aime, tu sais.

Il sort, sans attendre de réponse. De toute façon, il sait qu'il n'en n'obtiendra aucune.

C'est à ce moment que Mme Pomfresh sort de son bureau. Devant l'humeur du blond, elle lui tend ses potions, et lui ordonne simplement de se reposer, avant de retourner s'enfermer dans son bureau sans un bruit.

A présent seul, le blond tourne la tête vers la gauche, vers le fond de l'infirmerie. La, sous les draps blanc, le Survivant a l'air de dormir paisiblement. Les hématomes et les blessures sur son visage ont presque disparu, invisibles. Il soupire.

- Qu'est ce qu'on a bien pu faire pour mériter tout ça. J'aurai dû mourir avec elle.

Sa voix tremble, et alors qu'il détourne le regard du corps inerte de Celui-Qui-A-Encore-Survécu, un voix, faible et érailler, parvient à ses oreilles :

- Ho oui, c'est magique comme idée. Je me demande comment auraient réagis Zabini et Parkinson. Sans parler de ta mère et de Rogue.

Il se tourne brusquement vers la personne à l'origine de cette réflexion, et sa voix se fait acide, agressive :

-Potter, je t'appréciais bien mieux quand tu dormais.

-J'en ai discuté avec moi-même, tu vois. On est tombé d'accord sur le fait qu'il serait lâche d'abandonner maintenant.

Oui, c'était bas. Et non, Harry ne savait pas où il trouvait la force de parler avec un tel détachement, alors que des dizaines de personnes étaient mortes, dehors, afin que lui survive, et sauve le monde sorcier. Peut-être était-ce le fait d'être là, seul dans une pièce avec son "pire ennemi". C'était peut-être dû au fait que la scène était habituel, et donnait une impression rassurante. Comme s'il était des choses, qui ne changeait jamais. Comme si rien n'avait changé. Oui, c'était sûrement ça. C'était, pour Harry, rassurant, d'avoir Drago Malfoy en face de lui, toujours présent pour répondre à ses piques, même après tout ce qu'ils avaient pu vivre. Puis quelque part, c'était bien aussi pour se préserver de la réalité qui s'étendait au dehors. Cruelle réalité. Oui, Harry devait bien l'admettre, c'était une forme de lâcheté. Il aurait dû se précipiter dehors, pleurer les morts, aider, serrer dans ses bras les gens qu'il aimait. Tout ça. La guerre était finis, les blessures quant à elles, étaient loin d'être guéries. Mais il avait peur. Il était effrayé à l'idée de ce qui pouvait bien l'attendre à l'extérieur. Trop de douleur, de larmes, de pertes. Il en avait assez, simplement.

-Tu n'as pas perdu ton sens de l'humour, Potter. Étonnant, avec tout ce que tu as perdu. Ta meilleure amie, par exemple, tes parents, tes amis, et j'en passe.

Touché. Harry savait bien qu'il était dangereux de jouer avec Drago Malfoy, surtout quand ce dernier, ivre de souffrance n'avait plus rien à perdre.

-On a plus rien à perdre, Potter.

Voilà.

Exactement. Ça, Harry l'avait bien compris. Et il savait aussi exactement ce que Malfoy était en train de faire. Pourtant, lorsqu'il répondit, sa voix sonna comme lasse, aux yeux de l'ancien serpentard. Le revers de la médaille, une guerre trop lourde, pour un si jeune homme.

-Tu te trompes, Drago, j'ai encore bien des choses à perdre, des gens dehors, qui m'aiment, que j'aime, et dont j'ai besoin. Et toi aussi.

Silence.

-Peut-être.

Harry soupira. Il était soulagé que Malfoy ne parle pas d'Hermione, car il savait bien que ce n'était pas à lui d'expliquer la vérité au vert et argent. Bientôt. Cela n'avait été simple pour personne.

La conversation se termina donc ainsi, et chacun finit par retomber dans un sommeil agité et douloureux.

Plus tard, lorsque la nuit fut tombé sur le château, et que tout le monde fut endormit, une ombre se glissa hors de la Grande Salle, nouveau lieu de dortoir commun pendant les réparations, et se mit à errer sans but à travers les couloirs du château. Habillé d'une simple veste à capuche et d'un jeans moldu, elle laisse sa main traîner sur les murs de pierres fraîchement reconstruit, laissant ses pas la guider au hasard. Au hasard ? Pas vraiment. Au bout d'une dizaine de minutes, elle finit par arriver devant les grandes portes de marbres qui gardaient l'entrée de l'infirmerie. Hésitante, la tête pleines d'interrogations, et pas vraiment sûre de faire le bon choix, elle poussa silencieusement les portes...

De l'autre côté, Drago Malfoy dormait d'un sommeil agité. Il transpirait, et remuait sous ses draps blancs, les traits tendus dans un air de souffrance indescriptible. Il ouvrit brusquement les yeux, et se redressa dans son lit, essoufflé, regardant partout autour de lui, perdu. Puis, son regard s'arrêta sur une forme, près de la porte. Une silhouette, vêtue de noir, le regardait, parfaitement immobile. Il secoua la tête, et ferma les yeux plusieurs fois, mais la silhouette était toujours là. Il observa alors son visage, ses traits, ses yeux, et son visage se décomposa. Son coeur coeur sembla s'arrêter de battre avant de repartir de plus belle. Il déglutit, et murmura :

-Hermione ?

Elle ne sembla pas l'avoir entendu, et n'eut en tout cas aucune réaction. Paniqué, ne sachant pas si elle n'était qu'une illusion, ou un fantôme, il répéta son prénom, beaucoup plus fort.

-HERMIONE ?

Elle sursauta, plongea un instant ses yeux noisettes dans ceux argent de l'ancien serpentard, puis aussi vite qu'elle était entrée, elle sortit, laissant claquer la porte de l'infirmerie. Au même moment, la porte du bureau de Mme Pomfresh s'ouvrit, et la vieille femme accouru vers le jeune homme, paniquée.

-Mr Malfoy, est ce que vous allez bien ? Que vous est-il arrivé ?

Les yeux toujours fixés sur la porte, mais le regard un peu absent,il se contenta de répondre d'un air las, qu'il avait juste fait un cauchemar, avant de rallonger dans son lit, congédiant ainsi silencieusement l'infirmière. De l'autre côté de l'infirmerie, Harry Potter se retourna dans son lit, un air inquiet sur le visage. Pourquoi ? Il n'avait à cette question aucune réponse. Il avait participé à cela, et quelque part, il se sentait fautif, responsable, de la douleur de son camarade. Une douleur trop grande, qu'il ne comprenait que trop bien.

Drago, quant à lui, ne cessait de se poser les mêmess questions. Etait-ce vraiment Hermione ? Et si oui, qu'était-elle ? Elle devait être morte. Il finit pas s'endormir, ivre de fatigue, ses questions restant sans réponses.

De l'autre côté de la porte, une jeune femme se maudissait d'avoir agi de manière aussi bête. Elle ne lui avait apporté qu'un peu plus de souffrance, juste parce qu'elle voulait le voir. Pourtant devant son regard, elle avait vite compris son erreur. Trop tôt, il était beaucoup trop tôt. Alors elle s'éloigna se mit en marche, afin de rejoindre la Grande Salle, sa main reprenant sa course sur les murs gris du château. La tête baissée, un faible murmure s'éleva finalement dans les couloirs, en même temps qu'une larme tombait sur le sol marbré de Poudlard. « Pas aujourd'hui. » Mais lui pardonnerait-il seulement un jour ?

Drago avait cessé d'espérer qu'elle reviendrait, finalement, mettant sa dernière vision sur le compte de la douleur. Mais cela ne l'aidait pas à aller mieux, ni à oublier. Il mangeait peu, parlait peu, malgré toutes les tentatives du Survivant pour le faire réagir. Plaisanterie débile, provocation, méchanceté. Rien ne marchait.

Le Survivant, quant à lui, n'était pas non plus au mieux de sa forme. Il tentait d'apporter son aide à Drago, mais lui même se sentait mal, hanté par les souvenirs des gens tombés au combat, pour lui. Il se sentait coupable, et il n'y pouvait rien. Il avait payé le prix de cette guerre pendant bien trop longtemps, et maintenant, il était bien difficile de recoller les morceaux de son cœur, partis au fil des ans, à chaque fois qu'il avait perdu quelqu'un de cher à ses yeux.

Mais aujourd'hui, encore une fois, les choses allaient changées.

Indécise, une jeune femme flânait dans les couloirs de l'école. Après un mois et demi, et grâce à l'aide du reste des professeurs, et des élèves de septième année, les rénovations du châteaux venaient de s'achever. Il était exactement le même qu'avant, à l'exception du parc, ou, près de la forêt interdite, un cimetière avait été battis. Là était enterré tout les élèves et professeurs qui avait trouvé la mort lors de la bataille finale. Pour chaque combattant, une cérémonie avait été organisé, réunissant la famille, les amis, des membres du ministère, et parfois même, le ministre en personne. L'ancienne Gryffondor avait assisté à chacun des enterrements, pleurant ses camarades, ses professeurs. Ses amis aussi, souvent. Ils ne reviendraient pas, et elle se disait parfois qu'une part d'elle était partie avec eux. La guerre, avait fait bien trop de dégâts dans sa vie pour qu'elle puisse oublié. C'est donc sur ses pensées malheureuses que la jeune sorcière se dirigeait vers l'infirmerie. Elle ne pouvait pas attendre indéfiniment. Il devait savoir. Et elle devait sortir Harry de la bulle dans laquelle il s'enfermait, aussi. Mais son courage de lui faisait défaut, en cet instant. Et elle avait peur. Peur de ce qu'ils pourraient dire, ou lui reprocher. Car Harry savait, sans aucun doute, pourquoi elle ne voulait pas venir. A ses pensées, elle s'arrêta brusquement, et fit demi tour, repartant d'où elle venait, et voulant s'éloigner le plus vite possible de l'infirmerie. Elle tourna à l'angle d'un couloir, et percuta quelque chose de plein fouet. Elle évita la chute de justesse, retenu par une main puissante posée sur sa taille. Elle se redressa, et posa ses yeux sur la personne qu'elle avait percuté. Ses yeux s'écarquillèrent alors, et elle bredouilla une maigre tentative d'excuse:

-Pro-Professeur Rogue, je, je suis...désolé.

-Miss Granger, puis-je savoir ce que vous fuyez ?

Elle resta un moment sans voix. Son ton n'était pas froid, ni cassant. Juste … curieux. Et sont regard était las, aussi. Vide.

-Je ne fuis personne, Professeur.

-A d'autre Miss, je n'ai pas le temps pour votre entêtement stupide purement Gryffondor. Vous venez de l'infirmerie, n'est-ce pas ?

-Non, je …

Il la coupa, son ton prenant une teinte mi agressive, mi douloureux:

-Combien de fois encore allez vous faire demi tour, et fuir ce qui vous attends derrière cette porte ? Allez vous laisser passer votre chance d'être heureuse, pour une simple question de fierté ? De peur ? De honte ?

-Vous ne savez rien du tout !

Sa voix s'était élevée, et elle avait presque crié. Elle était en colère. Qui était-il pour la juger. N'avait-il jamais, lui aussi, commis des erreurs, des actes lâches, pour lesquelles il ne pouvait ni se pardonner, ni se rattraper ? Et comme s'il avait lu dans ses pensées, il répondit simplement.

Au contraire, Miss, je sais. Vous ne pouvez pas tourner le dos à vos problèmes indéfiniment, ni abandonner ce pour quoi vous vous êtes battu si fort, et si longtemps. N'abandonnez pas l'amour, et encore moins l'amitié. Faites face, car mieux vaut vivre avec des remords, que nourrir à jamais ses regrets.

Il tourna simplement les talons, et s'en alla, ses robes noires flottants derrière lui.

L'ancienne gryffondor resta un instant interdite, avant de se reprendre et de faire demi tour. Rogue avait su trouvé les mots justes afin de lui donner e courage qui lui manquait pour affronter les deux hommes de sa vie. Elle accéléra le pas, s'appliquant à penser à n'importe quoi, sauf à ce qui l'attendait. Elle ne voulait pas prendre le temps de réfléchir, sinon, elle savait qu'elle n'atteindrait jamais l'infirmerie. Lorsque qu'elle arriva, encore une fois devant les grandes portes, elle ralentit, mais ne s'arrêta pas pour autant. Ainsi, quelques secondes plus tard, elle disparaissait à l'intérieur de l'infirmerie, les lourdes portes se refermant sur elle...

Dans la pièce, le calme régnait. Tout les lits étaient vides, à l'exception de deux, au fond de la pièce. Elle se dirigea vers le premier, lentement. Elle s'assit sur la chaise et observa la personne allongé dans le lit. Ses cheveux blonds tombant sur son visage dissimulait à moitié son air torturé. Il dormait, simplement, mais son sommeil n'avait pas l'air paisible. Elle se releva, et se dirigea vers le deuxième lit, pour y découvrir, sans surprises, son meilleur ami, adossé contre son oreiller, ses yeux émeraudes bien ouverts, et fixés sur elle.

Ils restèrent un moment silencieux, puis Harry soupira, et murmura:

-J'ai cru que tu ne viendrais jamais.

-Moi aussi.

Sa réponse fut prononcé sur un ton neutre, et elle se laissa tomber sur la chaise, près du lit. Alors, en silence, les larmes se mirent à couler de ses prunelles chocolats.

Hermione, ça va ?

Elle savait bien que cette question ne signifiait pas seulement « est ce que tu vas bien ?», mais autre chose. Aussi, elle savait qu'il était inutile de mentir à son meilleur ami.

-Non. Sais-tu combien de personnes avons nous enterrer ? Des dizaines, Harry. Et tu n'étais pas là. Des amis, des camarades, des frères, pour certains. Ron ne se remet pas de la mort de Fred, et Ginny non plus. Et toi, qui ne sors pas de l'infirmerie. Teddy, ton neveu, est seul avec Molly, qui ne s'occupe que peu de lui, noyée dans son chagrin. Les gens essayent de faire face. J'essaye de faire face, alors que rien ne va. Comment veux tu qu'on avance, hein ? Tu ne vis pas tout ça toi, tu préfères rester ici.

Elle marqua une courte pause, observa l'air de son meilleur ami, mi désolé, mi en colère.

Inutile de prendre cet air là avec moi Harry, je te connais bien, et je sais pourquoi tu restes ici. Tu as peur. Peur de ce qui t'attends dehors. Peur de souffrir, et de devoir supporter la souffrance des autres. Trop de souffrances. Ce n'est pas comme ça qu'ils iront mieux. Il y a tes amis, là dehors, et ils ont besoin de toi, parce que tu es l'Elu, certainement, mais avant tout, parce que tu es leur ami. Cesse de te cacher ici.

Il ouvrit la bouche pour protester, mais elle continua:

- Je ne suis pas ici pour te juger Harry, car je ne suis pas plus courageuse que toi, en ce moment.

Son regard dériva un cours instant derrière son épaule, puis elle reprit:

- Sors, Harry, j'ai besoin de toi. Nous avons tous besoin de toi, comme tu as besoin de nous.

Les larmes se remirent alors à couler le long de ses joues, et Harry ne trouva rien à redire, alors il l'invita à venir près de lui. Elle grimpa sur le lit, et se blottit contre son meilleur ami, laissant court à son chagrin, à sa colère, à sa peine, à son amour. Il la serra fort contre lui, de cette force tendre qu'on a, lorsqu'on recommence à y croire.

Ils restèrent un long moments allongés, avant qu'un léger grognement ne les fassent sursauter. Hermione bondit alors du lit. C'était maintenant ou jamais. Elle avança jusqu'à la chaise disposé près du lit de Drago, et s'assit, attendant simplement qu'il se réveille. Son visage était impassible, mais à l'intérieur, elle n'en menait pas large. La peur, l'amour, la joie. La peur, encore. En soit, ce qui c'était passé n'était pas grand chose, et Drago devrait être simplement heureux de voir qu'elle était vivante. Mais malheureusement, elle connaissait bien l'héritier Malfoy, et savait qu'il ne verrait certainement pas les choses de cette façon. Il se sentirait trahis, et l'accuserait de ne pas l'avoir mis dans la confidence, le faisant ainsi souffrir, par une mort parfaitement orchestré, et totalement irréelle. Enfin, il 'achèverait on lui reprochant le temps qu'elle avait mis pour venir ici. En faisant cela, elle n'avait fait, et elle le savait bien, qu'attiser sa colère. Tout à ses pensées, elle avait oublié ou elle se trouvait, et elle sursauta brusquement, lorsque, reposant ses yeux sur Drago, elle vit deux pupilles grises sombres la fixer.

Lorsqu'il s'était réveillé, et qu'il l'avait vu face à lui, encore une fois, son cœur avait loupé un battement, avant d'accélérer brusquement. Il aurait voulu crier, mais un chose dans son regard l'en empêcha. Elle était bien réelle, il ne pouvait le nier, ni lui, ni personne. Elle mordillait sa lèvre, et quelques plis soucieux barraient son front, elle tortillait ses mains, sans y faire attention. Elle était nerveuse, agitée. Observant ses yeux, Drago remarqua qu'elle avait pleuré. Ce ne fut que lorsqu'elle sursauta en rencontrant son regard qu'il comprit. Drago n'avait pas loupé son léger mouvement de recul. Elle avait peur. Peur de lui. Elle avait quelque chose à lui dire, elle n'était pas morte, tout cela tenait donc d'une organisation parfaite, une organisation dont il n'avait pas fait parti. Il l'avait bien compris, même s'il lui manquait certains détails. Non, ça n'allait pas lui plaire.

Drago...

D'un simple regard, il l'a fit taire. Il ne voulait pas d'un long discours d'excuse, ni l'entendre parlé des heures, comme elle savait si bien le faire. Il voulait juste savoir...

Pourquoi ?

Clair. Limpide. Bref. Trop, peut-être. Son ton lui indiquait clairement qu'il était inutile de polémiquer. Il voulait des explications, simples et brèves. Pas d'excuses. Tant pis.

Je devais me faire passer pour morte, disparaître, retrouver le dernier horcruxes, le détruire, afin de permettre à Harry de détruire Voldemort. Juste moi, parce que j'étais l'une des seules à connaître leur existence, et l'emplacement du dernier, et Harry pouvait ainsi disposer de tout les aurors, et gens qualifiés pour se battre à ses côtés. Je pense qu'il voulait ainsi m'épargner la partie la plus dangereuse de la bataille, même s'il ne m'a rien dit. Voldemort en colère, les sorts qui se perdent. Bref, on n'a rien voulu te dire, car tu n'aurais jamais accepté. Les chances de réussir le sort de protection si peu de temps avant l'impact de l'avada étaient minces, mais je tenais à essayer, pour en finir. Ça aurait pas dû se passer comme ça, mais quand j'ai vu Harry face à Voldemort, je me suis dit que c'était l'occasion. Que c'était maintenant ou jamais. Et tu n'aurais jamais accepté tout ça, tu aurais peut-être même tout fichu en l'air. Désolé de le présenter comme ça, mais je sais que tu es d'accord, au fond. Tu es trop impulsif, et tu voulais trop me protéger.

Elle s'arrêta, il ne disait rien, mais son regard parlait pour lui. Alors, même si elle savait qu'il ne voulait pas d'excuses, ni de justifications, elle continua:

Je ne regrette pas, Drago, et cela doit être pour toi le plus dur à entendre. Si c'était à refaire, je ne changerai rien, comme toi tu as décidé de me tourner le dos, pour me protéger, j'ai décidé dans la même logique, qu'il fallait en finir, avant que l'on puisse vraiment se retrouver. Je suis désolé, tout de même, de ce que tu as dû endurer. J'imagine, que cela devait être pire que pour moi. Au moins, j'avais la certitude que tu étais en vie.

Il planta son regard dans le sien, et elle pu y lire l'étendu de sa douleur. Et cela lui déchira le cœur, car même si elle n'avait jamais douté des sentiments qu'il avait pour elle, elle ne pensait pas que cela le détruirait à ce point.

Un long silence s'installa, et aucun des deux n'esquissa le moindre geste. Les minutes semblaient des heures à Hermione, mais elle attendait, forte et fière, qu'il lui réponde enfin.

Ce ne fut qu'un murmure, mais pourtant, il résonnait encore aux oreilles d'Hermione lorsqu'elle traversa les couloirs du château, après avoir quitter l'infirmerie. Elle l'avait reçu en plein coeur, et cela ne l'aurait pas touché plus s'il avait crié.

- Va t'en.

Elle y pensait sans cesse. Ces quelques mots, simples, mais si destructeurs. Dans la tête d'Hermione, seule une question subsistait dorénavant. Va t'en. Bien. Mais, pour toujours ?

Elle était allongée dans son lit, dans le dortoir des gryffondors qu'elle partageait à nouveau avec Ginny depuis la fin des réparations. Elle cherchait le sommeil, en vain. Au fond d'elle, la question tournait en boucle dans sa tête. Et le visage de Drago s'imposait à elle. Il avait cette ombre dans le regard. Plus elle réfléchissait, plus une réponse s'imposait à elle. Il ne la pardonnerait jamais.


Alors ? Pas trop déçus ? Le bouton review est toujours là, je crois qu'il vous attend !

Merci de votre lecture, et à bientôt pour l'épilogue ! :D

Lolà' HP