Chapitre 3

Je n'ai qu'une heure pour faire mes adieux à mes proches. Je compte profiter de chaque instant que je vais passer avec eux. Seulement deux personnes viennent me rendre visite : Annie et mon père. En attendant le premier arrivant, je contemple la pièce. Elle est d'une opulence inimaginable, velours, tapisseries et or un peu partout. Je n'avais jamais vu, une pièce aussi luxueuse auparavant. Mon père est le premier proche que je reçois. Mon père me prend dans ses bras et nous restons ainsi pendant quelques minutes. Je brise enfin le silence :

— Je vais faire de mon mieux je te le promets.

— Même si tu ne gagnes pas mon fils, je serais fier de la façon dont tu seras parti, la tête haute. J'ai toujours voulu te voir remporter les Hunger Games.

— Merci papa, mais avec tous ces carrières je ne sais pas si je rentrerais. Et toi comment vas-tu faire pour te nourrir, tu travaille à plein temps ?

— Je me débrouillerai Fin, ne t'inquiète pas pour moi je serai là à ton retour.

Il ne semble pas comprendre que je n'ai aucune chance. Premièrement je n'ai que quatorze ans, deuxièmement je ne suis pas un carrière. Mais je vois quand même sur son visage une larme couler et je comprends qu'il n'est pas aussi sûr qu'il le laisse paraitre. Je vais quand même me battre, et surtout attirer le maximum de sponsors. Même si les carrières vont tous les avoir à leurs pieds. Nous continuons à parler pendant quelques minutes puis un Pacificateur vient le chercher et l'emmène hors de la pièce :

— Rentre mon fils, je t'en supplie. A bientôt, dit-il en refermant la porte derrière lui.

Je me bâterai, pour lui. Puis Annie rentre en pleurs, court vers moi et me serre dans ses bras :

— Fin, essaye de gagner s'il te plaît. Tu peux le faire j'en suis persuadée, tu es fort Fin.

— Pas aussi fort que les carrières mais je te promets d'essayer.

— En rentrant je t'apprendrai à nager tu promets que tu essaieras ?

— Je te le promets, dit-elle en tremblotant

— Allez ne t'inquiète pas ça va aller Annie, dis-je d'une voix mal assurée.

— Tiens, j'allais oublier, reprit-elle plus sereine. Je t'ai fait un bracelet, j'anticipais ton possible départ. Tu peux garder un objet personnel dans l'arène tu le veux ?

— Bien sûr je le prends, je souffle.

Elle me l'accroche au poignet droit et je la reprends dans mes bras. Le Pacificateur entre et la retire de mes bras. Elle se débat, mais je lui fais signe que c'est fini, nous ne pouvons pas rester ensemble plus longtemps. Je ferme la porte derrière eux puis la rouvre et crie à Annie que je l'aime. Elle sait que ce n'est pas de l'amour mais de l'amitié. Même si je me pose de plus en plus la question. Je ne plus me passer d'elle.

L'hôtesse entre avec l'autre tribut, nous sortons de l'hôtel et nous montons dans une voiture qui nous mènera à la gare où un train pour le Capitole nous y attend. L'hôtesse nous parle du luxe du train et des appartements qui nous attendent au Capitole. Elle nous dit que nous somme chanceux d'avoir Mags en tant que mentor. Tu parles ! Elle a au moins 70 ans, que va-t-elle nous apprendre ? Puis elle continue de plus belle sur les tendances du Capitole. Se rend-t-elle compte que l'autre tribut et moi sommes sur le chemin d'une mort certaine ? En plus, si les tendances aux Capitole son similaire à son look, je vais bien rigoler. Elle ressemble à une pomme avec ce déguisement absurde.

Nous arrivons enfin à la gare après trente minutes de route. Comme prévu des caméras nous scrute. Cela les amuse de voir les tributs paniqués, cependant je ne leur donnerai pas cette satisfaction. Je prends mon air le plus hautain comme le fait très bien ma partenaire de district. Ce « spectacle » est, bien sûr, retransmis au Capitole. Je me vois sur l'écran géant, l'effet recherché marche à merveille, ils vont tous me prendre pour un carrière.

Je n'avais jamais vu de train auparavant, il est interdit de se rendre dans d'autres district. Comme le disait l'hôtesse, c'est très luxueux. Tous est en argent et, bien qu'il ne soit pas l'heure de manger, il y plein de petits gâteaux. Un muet me montre ma chambre. Elle est très simple, composée d'un grand lit, d'une commode et d'une salle de bain qui se trouve juste à côté. Je dispose même d'une fenêtre. Je décide de prendre une douche avant que le train démarre. Il y a au moins une centaine de bouton pour régler différentes choses : les parfums, les soins, la puissance du jet et la température. Je sors de la douche, enroule une serviette autour de moi et ouvre la commode. Je ne prends pas mes affaires de Moisson, car elles sont ordinaires. Je ne me fais jamais beau pour une telle occasion. Je pioche des affaires sans trop regarder et les enfilent.

Je me poste à la fenêtre pour contempler une dernière fois mon district. Le train démarre brusquement, il sort de la gare et je vois mon district défiler devant mes yeux. Pour rejoindre le Capitole je dois traverser toute la Sierra Nevada. Ce ne sera pas long, quelques heures sûrement, ça me laisse le temps de regarder le résumé de la Moisson, manger, dormir et essayer une alliance avec l'autre tribut ce qui va être complexe.

Je vais dans le wagon-cinéma et commence la rediffusion de la Moisson, puis je vois que nos mentors, l'hôtesse et l'autre tribut me rejoignent. Ca commence avec le district Un et Deux. Ce sont des carrières qui ont été moissonnés pour les deux districts, je vois l'autre tribut les regarder avec intérêt, c'est ses prochains alliés pour sûr. Puis viens notre district.

On voit l'autre tribut, Alexus, se porter volontaire. Je la vois faire un sourire en coin, elle est contente d'elle. Puis on me voit rêvassant, ne comprenant pas ce qui se passe, je monte sur la scène. Je parais dérouté, mais lorsque je monte sur l'estrade, je semble arrogant, pourtant je ne me souviens pas d'avoir pris cet air. C'est peut-être naturel après tout. Plus la Moisson avance plus Alexus note, je suppose que sa stratégie commence ici, évaluer ce que renvoient les tributs.

Ce sera presque impossible de m'allier avec le groupe des cinq, car ils ont tous trois ou quatre ans de plus que moi et ne me voudront pas. Sinon il me restera toujours les sponsors. En voyant les choisis des districts pauvres : le Dix, le Onze, le Douze je me trouve tout de suite plus chanceux. Ils sont maigres, mal nourris, par rapport à eux je suis robuste. Le Capitole les détestent, ils n'ont aucun traitement de faveur.

Mais comment Mags a-t-elle pu gagner ? Contre vingt-trois adolescents qui veulent survivre à tout prix, ou tuer pour le plaisir. Je vais me mettre à table à contrecœur, car voir ce qui m'attend m'a coupé l'appétit. Quand je repense à la carrière, elle doit être seule dans le wagon-cinéma pour préparer sa petite stratégie. C'est le moment ou jamais pour essayer de s'allier. J'entre dans le wagon-cinéma et je la vois regardant attentivement l'année précédente des Hunger Games, je n'en vois pas l'utilité, chaque année tout change. Je reste à l'entrée du wagon puis au bout de quelques minutes je m'assois à ses côtés. Elle me lance un regard noir puis se reconcentre sur les Jeux. Je prends mon air le plus charmeur, presque arrogant, et lui lance :

— Tu prépares déjà ta petite stratégie pour toi et tes alliés ?

— Oui et ? bougonne-t-elle

— Rien, ça me fais juste rire à quelle point tu es calculatrice, c'est tout.

— C'est comme ça ! Ca m'arrange bien d'un côté, de toute façon cette année un de nous sera vainqueurs pas quelqu'un qui viens ici par hasard et qui gagne par chance. Comme toi. Bon je travaille là si tu n'avais pas remarqué, tu peux ficher le camp ? dit-elle froidement

— Mmmh… Je suis bien ici, j'ai pas trop envie de partir. Sinon moi c'est Finnick et toi ? je demande, arrogant

— Alexus. C'est dingue comme tu m'exaspère avec ton arrogance.

— Pas de problème, j'arrête.

— Bon tu me laisses oui ou non ? J'ai des choses plus importantes à faire, comme gagner, par exemple… murmure-t-elle.

— Bon je m'en vais mais avant je voudrais te faire une proposition, j'aimerai bien rejoindre votre groupe. Je manie bien certaines armes, comme les tridents. Je sais aussi faire des pièges aussi ! Je ne pense pas être à négliger. Alors ? je susurre.

— Attends ? Tu veux que je sois ton alliée ? Tu veux que fasse équipe avec un gamin de quatorze ans, c'est une blague c'est ça ? rit Alexus.

— Absolument pas, mais si t'accepte pas tu le regretteras… Tant pis.

— Oh oui ! Et tu crois nous être utile avec quoi déjà, un trident ? Il n'y en a jamais dans l'arène crétin et ne te prends pas pour un invincible, tu verras dans l'arène tu seras notre première victime ! On se fera un plaisir de te remettre les pieds sur terre. Oui c'est ça Finnick, le premier mort des soixante-cinquième Hunger Games. Comme c'est excitant !

— J'attends que ça ! je réplique en sortant du wagon.

Je fais comme si je m'en fichais mais je sais que tout est fini pour moi, je serais bel et bien le premier mort. J'aurais quand même essayé. C'est étrange comme elle est devenue brutale, peut-être qu'elle en a marre d'attendre, qu'elle veut tuer dès maintenant. C'est une carrière après tout. J'ai encore moins envie de manger après ça, mais je dois m'engraisser car dans l'arène je n'aurais rien.

Alexus n'a pas mangé à table, elle a dû commander un plat. A vrai dire je m'en fiche, maintenant je dois passer à ma deuxième stratégie : demander le maximum de conseils à Mags, attirer les sponsors à tout prix et faire cavalier seul, jusqu'à ma mort dans cette maudite arène. Je ne veux pas avoir d'allié à tuer, même si j'aurai intérêt avec la menace d'Alexus.

Le plat est délicieux, le décor est magnifique, mon seul problème c'est la destination. Qui voudrait partir vers une mort certaine ?

Les conseils que me donnent Mags s'avère simples, comme je l'avais prévu, mais essentiel : Ne faire confiance à personne, trouver une source d'eau et de nourriture ou plus important encore déguerpir loin de la corne d'abondance pour éviter le bain de sang. Je vais alors me coucher, rassasié et la tête pleine de conseils. Dans quelques heures nous arriverons au Capitole. Là-bas je trouverai surement mon équipe de préparation qui s'occupera de me rendre présentable pour la parade des tributs.

C'est un moment très important car les spectateurs, et surtout les sponsors, nous découvre pour la deuxième fois. Je dois absolument faire bonne impression. La parade consiste à nous présenter dans les tenue qui représentent le mieux nos districts, pour moi ce sera bien sûr en rapport avec la pêche. Nous ferons aussi le tour du Grand Cirque et traverserons la rue principale pour nous rendre en face du centre d'Entrainement, où nous trouverons nos appartements. Nous y vivrons jusqu'au début de ses maudits Jeux.

Comme je ne trouve pas le sommeil, je me rends dans le wagon-cinéma pour regarder une édition précédente des Hunger Games pour voir comment ça se déroule. À la différence de ce qu'ils nous passent au district, ici nous avons plus de détails et ce ne sont pas des résumés. Au bout d'une heure j'arrête cette torture, la plupart du temps je vois Caesar Flickerman et son acolyte Claudius Tempelsmith. Quand ces deux spécimens sont ensembles, ce n'est pas surmontable pour moi. Je retourne donc dans ma chambre, toujours avec leurs voix dans la tête. Je me glisse dans mon lit et m'endors quelques minutes plus tard.

Une heure avant l'arrivée au Capitole, l'hôtesse du nom de Becky (d'après Mags) vient me réveiller en me disant de me faire le plus beau possible et elle rajoute peu après que je n'ai pas grand-chose à faire. Je vais donc prendre une douche et, en sortant, j'enfile les plus beaux vêtements que je trouve dans ma commode, une chemise verte d'eau (qui va parfaitement avec mes yeux) et un pantalon noir. Alexus, quant à elle, porte un chemisier en soie bleu glacé et un pantalon en coton évasé. Cela lui va merveilleusement bien, surtout car on ne distingue pas ses muscles ce qui la rends plus féminine. Becky me propose une énième fois de manger :

— Becky ! C'est très gentil de ta part mais je viens de manger il y a deux heures de cela, autrement dit je n'ai pas faim. Tu veux me gaver ou quoi ? je réponds, furibond.

— Non, bien sûr que non, mais tu ferais mieux de manger c'est tout. Et puis… commence-t-elle sévèrement.

Mais elle n'a pas le temps de finir sa phrase, Alexus la coupe.

— Moi, j'ai faim ! Amenez-moi un de ces idiots inutiles de Muet, qu'il me serve à manger.

— Ils viendront si tu l'ordonne. Ne me parle pas comme si j'étais l'un d'eux ! se défend l'hôtesse. Et toi, continue-t-elle à mon attention, avise-toi de me vouvoyer je ne suis pas ton amie !

— D'accord, je réponds sans conviction.

— Oh ! murmure Becky. On arrive au Capitole ! Regardez comme c'est magnifique.

— Oui, magnifique, bougonne Alexus la bouche pleine de nourriture qu'une Muette vient de lui apporter. De l'eau ! lui ordonne-t-elle

Pour ma part, je suis à la fenêtre pour découvrir le Capitole. C'est très futuriste et moderne. Je ne sais comment le décrire mais une chose est sûre, c'est magnifique. Puis je retourne m'assoir en attendant notre arrivée à la gare, on va enfin pouvoir sortir de cet endroit étouffant. Eux, ils ont fait un arrêt, mais j'étais en train de dormir, forcément.

Lorsque que nous sortons du train, des milliers de gens, paparazzis mêlés aux simples spectateurs, nous acclament. Je ne leurs accordent aucun regards, ils aiment ça. Nous sommes, je le pense, dans les premiers tributs a être arrivés car notre district est assez près du Capitole comparé à d'autre. Voilà pourquoi les habitants du Capitole sont en folie, en plus ils savent qu'il y a une carrière au district Quatre et comme les carrières sont leurs chouchous, ils se précipitent vers nous.

Nous entrons dans le centre de Transformation. J'y découvre des engins étranges, ainsi que mon équipe de préparation : deux garçons, Peyton et Rohan et une fille, Oprah. Peyton est petit et a le dessus de ses cheveux vert sapin, ainsi qu'un maquillage et un accoutrement ridicule. Des hommes maquillés ? Rohan, lui est plus grand, il a fait de la chirurgie esthétique, seul sont visage indique qu'il vient du Capitole. Quant à elle Oprah, a de longs cheveux roses fluo et des habits de la même couleur.

Comme ils sont ridicules ! Et les autres habitants le sont tout aussi, si ce n'est pire. Couleurs improbables, habits très originaux et teintes de peau sortant de la normale, il n'y a pas à dire ici c'est le summum de l'excentricité. Je sais que je m'entendrai pas avec eux, trop bizarre et trop, comment dire, commères. Mais ils s'occupent bien de moi, c'est le principal.

J'enfile une blouse qu'ils me donnent. Ils s'activent, me coupent les cheveux, m'épile, me lave et me coiffe. Quand leur travail est enfin terminé, il m'emmène voir ma styliste du nom d'Asheleigh. Elle m'explique comment je serai habillé, j'aurai un short long blanc et je serais torse nu, plutôt à mon avantage. J'aurais un trident tandis qu'Alexus aura un filet, cela rappellera notre district.

Je n'arête pas de penser à Alexus, elle est tellement odieuse, arrogante, méchante et brutale. Le profil exact d'une carrière. Quand je pense que c'est ma partenaire de district… Au moins si je dois la tuer, je n'aurais aucun remords, même si elle me tuera surement avant. J'enfile les vêtements que me tend Ashleigh. Cette tenue me met en valeur. J'espère que le public n'aura d'yeux que pour moi et pas pour Alexus. Je prie pour que mon père, Annie et mon district, soient fiers de moi.

— Je trouve le costume beau, merci Ashleigh.

— De rien ! répond-t-elle.

Elle est un peu froide mais je la comprends, elle ne veut pas lier une amitié avec quelqu'un qu'elle verra mourir et qui vient d'un des douze districts en plus. Elle me donne mon trident et m'emmène là où les chars nous attendent, une sorte de coulisse. Je souris en voyant les costumes de certains tributs, ils ne sont pas gâtés. Mon sourire disparait lorsque que je me retourne et découvre les cinq carrières qui me toisent durement. Je fais volte-face mais cela ne change rien, je sens encore leurs regards peser sur moi. Alexus ne mentait pas, je suis bel et bien leurs proie numéro une.