Holaaaa tout le monde ! Tout va bien ? Oui ? TANT MIEUX 8D

Je viens de finir le chapitre après avoir répondu à quelques commentaires. M'oui, ça m'a donné envie de continuer, voire de FINIR (ce que j'ai fait, huhu).

Alors foualà, ceci est la 1ère partie de l'histoire des parents de Sanji... J'espère que l'idée que je me fais d'eux vous plaira :3 J'ai même de vieeeeeux dessins d'eux qui traînent dans mon ordi et que je partage avec vous dans ma grande mansuétude (je suis modeste, duh). Y a même Goro et Sakura dessus, si c'est pas de l'amour... Bon, par contre, c'est un peu brouillon, sorry :B

EDIT: En fait je sais pas comment poster le lien, il apparaît pas, donc un peu d'aide ce serait pas de refus siouplé *^*

Euuuh... je crois que j'ai tout dit... j'espère ne pas avoir trop tardé pour ce nouveau chapitre ^^' En tout cas je remercie tous ceux qui ont laissé un commentaire sans être enregistré sur le site, ça fait chaud au coeur tout ça :'D

Et p'tite dédicace à la future Madame Ravioli. Une envie, comme ça 8D

Bonne lectuuuure o/


Recette de Dom Juan à la tomate:

Je la connaissais depuis tout gosse. Au départ, elle était juste une amie. Une fillette au grand cœur, toujours à aider ceux qui avaient besoin de soutien… comme ce fut mon cas. Une fillette qui, néanmoins, se montrait impitoyable pour certaines choses. Forte de ses convictions. C'était cette force de caractère qui me manquait.

Je pensais qu'elle n'était pas faite pour moi. Que j'étais trop volage. Que je n'avais pas assez les pieds sur Terre. Voilà pourquoi, inlassablement, j'essayais de faire de nouvelles rencontres… Mais j'étais constamment insatisfait, je ressentais un vide, un trou qui me perçait la poitrine en permanence.

Je me mentais à moi-même. Et lorsque je réalisai enfin mon erreur, ma vie prit un nouveau tournant.


Les pâtes cuisaient doucement dans la casserole. Une mélodie chantonnée sur un air joyeux emplissait la cuisine de notes agréables. Sanoko, râpant tranquillement son morceau de comté au-dessus d'un grand bol, tapait du pied en rythme. Ses longs cheveux d'un rouge sombre étaient ramenés en une queue-de-cheval qui lui arrivait dans le bas du dos, mais une mèche dissimulait en partie son œil gauche. Sa prunelle d'un bleu limpide, surmontée d'un sourcil qui s'enroulait légèrement au bout symétriquement à l'autre, restait fixée sur ses mains qui répétaient inlassablement le même mouvement. Tout entière concentrée sur sa tâche, elle n'entendit pas la voix de sa mère s'élever le salon pour la prévenir de… quelque chose. Tandis qu'elle reposait le bout de fromage restant et vérifiait si les pâtes étaient cuites, une ombre se faufila sans bruit dans la cuisine et se planta derrière elle, mains levées au-dessus de ses épaules. Avant que les doigts moqueurs se soient posés sur sa peau, la jeune femme éteignit le feu et déclara:

« Tu es en retard, Mo'. »

L'interpellé en fut tout déconfit et baissa les bras, démasqué. Tirant une chaise à lui, il passa une jambe de chaque côté et posa ses bras sur le dossier, poussant un soupir vaincu.

« Comment fais-tu pour deviner à chaque fois que je suis derrière toi ? demanda le jeune homme en passant une main dans ses cheveux d'un blond cendré clair. Serais-tu une espèce de sorcière ?

— Ne sois pas stupide, Momunji, s'amusa Sanoko en s'asseyant près de lui. J'ai l'habitude, c'est tout. »

Elle rejeta quelques mèches folâtres qui avaient passé le seuil de ses épaules dans son dos et attira à elle un plat rempli de tomates. Les yeux lilas du blond pétillèrent et il en prit une, mordant dedans à pleines dents.

« Toujours aussi dingue de tomates à ce que je vois, remarqua la rouge posément.

— Les goûts ne changent pas du jour au lendemain.

— Je croyais que dans ton cas, si. Au fait, quand arrêteras-tu de squatter ma cuisine à l'heure du dîner ? Ton frigo est vide ? soupira-t-elle en se levant.

— Hmm… Je sais pas cuisiner, marmonna Momunji en essuyant sur une serviette le jus de tomate qui coulait sur son menton. Qu'est-ce que tu veux dire par "dans mon cas" ? »

Sanoko sortit quatre assiettes et les disposa sur la table sans souffler un mot. Elle ajouta les couverts et appela sa mère, qui lui répondit d'une voix lointaine. Bien décidée à éviter la question qui déclencherait sûrement un énième conflit entre eux, elle lui demanda ce qu'il préférait comme accompagnement avec ses pâtes d'une voix neutre. Mais cette distance dans le ton de sa voix trahissait sa gêne et son ami le remarqua.

« Ca a un rapport avec les filles que je ramène chez moi, c'est ça ? »

Il avait lui aussi délibérément adopté un timbre neutre. Ses yeux violets cherchaient ceux de la jeune femme, qui se dérobait à son regard machinalement. Elle replaça une mèche derrière son oreille et fronça les sourcils.

« Je n'aime pas trop ta façon d'agir avec les femmes… Tu t'amuses avec elles pendant quelques jours et ensuite tu les largues sans plus de cérémonie. C'est sincèrement manquer de courtoisie, gronda-t-elle. Et en tant que femme, je n'apprécie pas. Crois-moi, si tu n'étais pas mon meilleur ami…

— Quoi ? Tu me donnerais un coup de casserole sur la tête ?» se moqua Momunji.

Sanoko le fixa gravement et frappa du poing sur la table. Son agacement avait atteint son point culminant.

« Non. Je ne t'adresserais tout simplement pas la parole. »

Sur ces mots, elle quitta la cuisine. Le jeune homme l'entendit expliquer à sa mère qu'elle avait soudainement très mal au ventre et qu'elle préférait se reposer pour ne pas risquer de manquer l'école le lendemain. Du Sanoko tout craché, pensa-t-il. Elle était trop fière pour avouer qu'elle s'était disputée avec lui. Ou bien, elle n'avait pas envie que sa mère le gronde aussi. En tout cas, elle ne lui adresserait pas la parole pendant plusieurs jours. Et il n'essaierait pas plus d'entamer le dialogue avec elle. C'était ainsi à chaque fois. Et, comme à chaque fois, l'extrême gentillesse de la rouge l'emporterait sur son énervement, et elle viendrait le voir pour s'excuser.

Las, Momunji posa sa tête sur la table, la surface boisée étouffant son grognement désespéré. Quand cesseraient-ils de se comporter en gamins ? Ou plutôt, quand cesserait-il, lui, de se comporter en gamin ? Gamin immature, insolent, dragueur et trop sûr de lui, pour préciser. Parfois, il se détestait.

La porte de la cuisine s'ouvrit et il releva la tête avec espoir, mais ce fut le visage anxieux de la mère de son amie qui se présenta. Dissimulant sa déception, il se redressa, gêné.

« Euh, je… je vais partir, ne t'inquiète pas, tante Meg.» assura-t-il en esquissant un geste pour se lever.

Connaissant Sanoko depuis le jardin d'enfant, leurs parents étant de plus très proches, ils avaient depuis longtemps pris l'habitude de les appeler mutuellement "oncle" et "tante". Cela n'empêcha pas le jeune homme de craindre un accès de colère de Meguri, qui malgré son doux regard bleu ciel savait se faire respecter. Il fut donc surpris de voir qu'elle hésitait à lui dire quelque chose.

« Momunji, euh… Est-ce que… est-ce que Sanoko a des problèmes ? demanda-t-elle d'une petite voix, embarrassée d'entrer dans l'intimité de sa fille.

— Pardon ? s'étrangla-t-il, pas sûr d'avoir compris. Tu veux dire, des problèmes mentaux, ou…?

— Non, je veux dire, avec certaines personnes au lycée ou même en dehors, rectifia précipitamment Meguri sans cependant retenir un gloussement. Elle paraît un peu préoccupée en ce moment, et je n'ai pas envie que son père s'inquiète aussi…»

Elle soupira d'un air affligé. Momunji savait pourquoi. Le père de Sanoko, Hugh, était très attentionné avec elle et serait capable de tout s'il sentait sa fille tracassée, ne serait-ce que par un bête conflit d'adolescent. Un jour il était allé jusqu'à détruire le château de sable et casser le seau et la pelle en plastique d'un gamin qui avait lancé du sable dans les yeux de la rouge… sans faire exprès, bien sûr. Elle était son trésor, et il était capable de tous les sacrifices pour sa précieuse fille. Même Momunji trouvait qu'il allait un peu loin, parfois. Après tout, Sanoko n'était plus une fillette sans défense, et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Gentille, oui, mais pas soumise. De fait, Momunji rassura tout de suite Meguri.

« Non, non, il n'est rien arrivé. Du moins, pas à ma connaissance, ajouta-t-il pour être tout à fait honnête.

— Mais tu serais au courant s'il se passait quelque chose, hein ? le pressa-t-elle. Après tout, tu es son ami d'enfance, elle te dit tout. Enfin, je suppose.

— Eh bien… Je dois avouer que c'est pas la joie ces temps-ci, ricana nerveusement le blondinet.

— Comment ça ?

— Elle désapprouve la façon dont je traite mes, euh… mes petites copines.

— Oh… »

Meguri hocha la tête, ses cheveux bruns volant autour de son visage, et considéra le jeune homme sévèrement. Celui-ci décida de se faire trèèès trèèès petit sur sa chaise et déglutit. Peut-être n'aurait-il pas dû se montrer trop honnête, finalement. Mais la brune se contenta de le fixer quelques instants, apparemment peu encline à se mettre en colère pour quelque chose qui ne la concernait pas personnellement. Même si son statut de femme lui criait de faire comprendre à ce morveux qu'un vrai homme traite les femmes avec courtoisie.

« Peu importe. Bien que ce genre de comportement m'agace, je ne peux pas te faire de leçon, c'est à toi de voir comment ça se terminera, abdiqua-t-elle. Laisse-moi juste te dire que ça risque de se retourner contre toi un jour. Maintenant je pense savoir pourquoi Sanoko semble un peu distraite …

— Euuuh, ce serait super de m'expliquer parce qu'à part le fait qu'elle aussi est une femme et que son côté féministe ressort à mort, je vois pas.

— Ca ne m'étonne pas. Je pense que ce serait mieux si tu cherchais toi-même la réponse à cette question, sourit Meguri. Si tu veux essayer de te réconcilier avec elle, c'est maintenant ou jamais, parce que ça va être l'heure du dîner et tu sais comment est Hugh…

— Oui oui oui, pas besoin de me le rappeler, frissonna-t-il. J'crois pas qu'elle sera prête à m'entendre ce soir, je repasserai demain. Enfin, si ça ne te dérange pas.

— Sage décision. A demain alors, le salua Meguri en le conduisant sans plus de ménagement vers la porte déjà ouverte. Passe le bonjour à Fuyu et Serena de ma part. »

Il acquiesça en souriant et sortit de la maisonnette. Le chemin jusqu'à celle qu'il habitait avec ses parents n'était pas bien long; à peine trois cent mètres et il était arrivé. Il promena un regard ennuyé sur le jardin qu'entretenait sa mère avec un soin qui frisait la maniaquerie, peu intéressée par les plantes, essuya machinalement ses pieds sur le paillasson et déboula dans l'entrée, l'estomac gargouillant.


Momunji se réveilla tôt le lendemain. Pestant contre les cours et celui ou celle qui avait eu la stupide idée d'instruire tous les enfants du monde, il s'habilla prestement et rejoignit ses parents dans la cuisine, encore alourdi par le bon repas qu'ils avaient fait la veille. Serena s'affairait déjà aux fourneaux, essayant tant bien que mal de donner une forme satisfaisante aux œufs au plat qui grésillaient doucement. Elle n'avait aucun talent pour les tâches ménagères, et Momunji se débrouillait toujours pour se faire inviter chez Sanoko et éviter les catastrophes culinaires de celle qui avait les mêmes yeux que lui. Hier soir, ça avait été exceptionnel; Fuyu lui-même avait décidé de préparer le dîner, espérant empêcher une quelconque intoxication alimentaire d'avoir lieu. Avec un sourire attendri, Momunji embrassa Serena sur la joue remettant en place une mèche de ses cheveux châtains foncés. Elle le gratifia d'une œillade affectueuse et il se rengorgea une fois de plus d'avoir une génitrice aussi jolie que la sienne. Tout le monde ne pouvait pas s'en vanter.

« Encore en train de te battre avec la nourriture ? la taquina-t-il en s'asseyant près de son père, avec qui il échangea un clin d'œil complice.

— Chhht ! Je suis sûre que cette fois je vais y arriver…, souffla Serena, très concentré sur ses œufs.

— Tu peux aussi me laisser la poêle, chérie. Ca éviterait à notre fils d'être en retard au lycée.» proposa malicieusement Fuyu.

La jeune femme rendit les armes et accepta que son mari la remplace au poste de cuisinier. Découragée, elle tomba lourdement sur une chaise, et dévisagea Fuyu et Momunji l'un après l'autre. Outre leur couleur de cheveux, ils possédaient également le même teint mat, le même sourire en coin, et pratiquement la même voix. Seulement, au lieu des yeux noisette de son père, le lycéen avait hérité des pupilles lilas de Serena, ce dont elle n'était pas peu fière. Enfin, au moins il n'avait pas sa maladresse légendaire et était à peu près capable de tenir une maison correctement, lui. Il n'y avait qu'au milieu de ses plantes qu'elle n'avait pas deux mains gauches. Fuyu posa son assiette devant elle, mettant fin à ses pensées, et elle lui fit un petit sourire penaud, s'attaquant néanmoins à ses œufs sur le plat d'un bel appétit.

Le petit déjeuner avalé, Momunji souhaita une bonne journée à ses parents et sortit en trombe de la maison. Fuyu embrassa Serena et se dirigea tranquillement vers l'entrée du jardin pour rejoindre son lieu de travail, refermant derrière lui la porte que son fils avait laissé béante. La jeune femme se retrouva seule dans la cuisine. Elle jeta un œil à la pile d'assiette qui attendait d'être lavées, puis au ciel d'un bleu lumineux, et décida plutôt de s'occuper de son cher jardin sans se douter des pensées confuses qui agitaient l'esprit de Momunji.

Le jeune homme marchait d'un bon pas vers le lycée, qui se trouvait à un quart d'heure de marche à peine. Il avait hésité en passant devant chez Sanoko, mais avait finalement continué sa route sans elle. Tant pis si elle croyait qu'il la boudait, il voulait juste se laisser le temps de réfléchir à ce qu'il allait lui dire pour se faire pardonner. Et surtout, à ce que lui avait dit Meguri la veille. Quel était le rapport entre l'humeur plutôt lunatique de la rouge et les conquêtes délaissées du blond ? C'était un profond mystère, qu'il s'évertuait à essayer de déchiffrer. Bien sûr, l'hypothèse de la jalousie de son amie lui avait traversé l'esprit, mais il avait préféré la mettre de côté. Ils n'étaient qu'amis, amis d'enfance qui plus est. Aucune chance qu'elle l'aime; il n'était décidément pas son type, d'après ce qu'elle disait, et si elle était vraiment jalouse des filles avec qui il sortait, elle ne prendrait pas leur défense. Secouant sa tête blonde, Momunji sortit son paquet de cigarette et s'accorda une petite pause clope, quand bien même le lycée était maintenant tout proche. Il porta le morceau de papier bourré de nicotine à ses lèvres après avoir étudié le périmètre. Si Sanoko l'avait surpris en train de fumer, Dieu sait ce qu'elle lui aurait fait et dit. Elle méprisait tout ce qui se rapportait à la drogue et à la boisson, et considérait que le tabac n'était pas si différent des substances illicites qui circulaient en soirée. Bien sûr, ce genre de chose était difficile à se procurer sur cette île isolée de North Blue, mais il y avait toujours des petits futés pour en dégoter un peu. Momunji n'y avait jamais touché et n'était pas spécialement attiré par ces drogues qui rendaient complètement fous. Il n'avait pas du tout envie de tomber au niveau de ces brutes de pirates qui sillonnaient les océans, comme l'équipage de ce Roger.

Il fixa un moment sa cigarette, aspira une dernière bouffée puis l'écrasa sous sa semelle avant de se remettre en route. Il put à nouveau déplorer combien le village -et surtout l'île- dans lequel il habitait était loin de tout. Tous les habitants, ou presque, se connaissaient, et il n'y avait que quatre écoles: une maternelle, une primaire, un collège et un lycée. Si on voulait faire fortune il fallait quitter l'île, mais ce n'était pas toujours simple. Momunji soupira et franchit le portail de l'établissement en ignorant les regards appréciateurs que lui lançaient des filles de tous les âges. Il savait que s'il le voulait, il pourrait toutes les avoir, mais le peu de respect qu'il avait encore pour ces représentantes du sexe opposé qui gloussaient et minaudaient l'en empêchait. Sanoko aussi, d'ailleurs.

« Mo'. » fit dans son dos une voix cristalline qu'il reconnut tout de suite.

Il se retourna vivement pour rencontrer le regard océan de celle à qui il pensait justement. Il déglutit et se composa un sourire enfantin pour éviter un quelconque remontage de bretelles, mais ce fut inutile. Sanoko secoua la tête et se frotta la nuque, geste qu'elle faisait toujours lorsqu'elle était gênée.

« Je suppose que tu ne vas pas t'excuser pour te comporter comme un mufle mais peu importe. Désolée pour t'avoir fait la leçon, ça ne me regarde pas après tout, dit-elle précipitamment.

— Tu te trompes, je voulais m'excuser. Je sais que je te fais honte en me comportant ainsi.» rétorqua-t-il avant d'avoir réfléchi.

La jeune fille semblait partagée entre le soulagement et l'hébétitude. Il se hâta de s'expliquer:

« Enfin, je veux dire… Je sais que c'est mal de jouer avec toutes ces nanas comme ça, mais c'est plus fort que moi, tu vois ?

— Non, pas vraiment, non. Tu veux dire que c'est une… pulsion ?

— Pas du tout ! s'affola Momunji, effaré à l'idée qu'elle puisse se faire de fausses idées sur lui. C'est plutôt du dépit.

— Mo', je comprends rien à ce que tu racontes, dit lentement la rouge en le dévisageant comme s'il était fou. Tu t'amuses avec toutes ces filles parce que… parce que tu t'ennuies ?

— Non ! »

Il était désespéré de lui faire comprendre son point de vue sans non plus trop s'engager sur une pente dangereuse. Doucement, il s'approcha un peu plus d'elle et essaya de retrouver son calme.

« Par exemple: quand tu ne peux pas t'acheter une robe parce qu'elle est trop chère, tu vas voir ailleurs et en acheter d'autres moins chères dont tu vas rapidement te lasser parce que ce n'est pas ce que tu voulais exactement, d'accord ? Cependant, tu ne cesses pas de penser à cette magnifique robe, et celles que tu as eu pour moins cher ne te plaisent pas tant que ça, expliqua-t-il en prenant soin d'être clair.

— Donc, tu es amoureux d'une fille inaccessible et du coup tu te défoules sur toutes celles qui te tombent dans les bras ? grimaça Sanoko. C'est encore pire que ce que je pensais. C'est lâche et égoïste.

— Je... » tenta le blond.

Mais Sanoko hocha la tête, furieuse, et le bouscula pour entrer dans le lycée, ignorant ses appels. Avant que la porte ne se referme, il put voir des larmes de colère couler sur ses joues, et abaissa le bras qu'il avait levé pour la rattraper. L'idée qui le titillait depuis sa conversation de la veille avec Meguri refit surface à nouveau. Si Sanoko enrageait de le voir traiter ses petites amies comme des objets qu'il pouvait jeter nonchalamment après avoir profité d'elle, serait-ce parce qu'elle était… jalouse ? Mais si c'était le cas, se disait le blond, elle ne passerait pas son temps à les défendre et à l'enjoindre d'être plus galant avec elles. Si c'était le cas, elle ferait tout pour sortir avec lui… à moins qu'elle ne craigne elle aussi de se faire jeter à son tour et de ne plus pouvoir le fréquenter.

Comprenant enfin, Momunji écarquilla les yeux et resta figé un moment. Mais quel con ! Depuis tout ce temps, il traînait avec des filles qui ne l'intéressaient guère mais avaient l'avantage d'être plutôt jolies tout ça parce qu'il pensait qu'il ne serait jamais plus qu'un ami pour la rouge. En fait, il se trompait depuis le début. Il n'aurait jamais dû jouer le play-boy avec toutes ces demoiselles. Il aurait dû se confesser à Sanoko immédiatement. Ainsi, ils seraient peut-être ensemble, et non à deux doigts de voir leur amitié détruite à cause d'un stupide malentendu… et de son immense connerie. De toute façon, c'était prévisible; son amie avait reçu de ses parents une éducation basée sur le respect des femmes. Une mère féministe et un père inconditionnellement galant lui avaient appris à ne jamais se laisser marcher sur les pieds par un homme, et qu'il fallait se méfier des beaux parleurs et de tous ces charmeurs qui ne cherchent que de jolies victimes pour agrandir leur tableau de chasse.

« Je parie qu'elle doit me détester maintenant.» soupira Momunji, désespéré.

Ignorant les regards curieux des autres élèves qui cherchaient à comprendre ce que pouvaient bien faire le beau blond, planté comme ça au bas des marches, à marmonner dans son coin, il gravit les escaliers à toute vitesse et pénétra dans le lycée, le ventre noué. Maintenant qu'il avait compris, il ne pouvait décemment pas faire comme si de rien n'était… il devait absolument lui parler, lui expliquer, et s'excuser… Oui, voilà. Ce serait inutile de tenter quoi que ce soit dans la journée, au milieu de centaines de paires d'yeux et d'oreilles friandes de ragots; cela ne ferait que gêner encore plus Sanoko. Il irait chez elle après les cours. Et alors, ils se réconcilieraient, deviendraient peut-être même plus que des amis.

Enfin, si tout se passait bien.


Palpitations. Sueur. Mains moites. Jambes tremblantes.

Pas de doute, Momunji était légèrement… stressé.

Ou plutôt, non carrément sur les nerfs.

Il avait cru maîtriser la situation quand il avait réfléchi à son plan d'action pendant toute cette journée de cours. Maintes et maintes fois, il s'était rassuré lui-même, presque confiant en l'avenir et croyant avec force à une possibilité de réconciliation avec Sanoko. Seulement, en se présentant ainsi devant la maison de son amie d'enfance, il avait senti le beau discours qu'il lui avait préparé déserter son esprit, de même que tout son courage.

Et il se retrouvait là, à bayer aux corneilles, sans savoir quoi faire. Il pouvait appuyer sur la sonnette et déclencher ainsi l'ouverture de la porte, que ce soit par Hugh, Meguri ou encore Sanoko. Dans ce dernier cas, il n'était pas sûr de pouvoir faire ne serait-ce qu'un pas dans l'entrée, la jeune fille étant sûrement très remontée contre lui. En même temps, Hugh aussi risquait de le faire poireauter derrière la porte, peu enclin à laisser de jeunes hommes envahir sa demeure et perturber son doux quotidien en compagnie des deux femmes de sa vie. Non, la seule solution était que Dieu -s'il existait- fasse en sorte que Meguri lui ouvre. Elle comprendrait sûrement la raison de sa venue et ne lui poserait pas trop de questions, à la différence de son mari toujours très suspicieux.

Décidant de faire bouger la situation, il prit une grande inspiration et appuya fermement sur la sonnette, priant silencieusement pour que ce soit la femme brune qui lui ouvre. La porte s'entrebâilla, laissant deviner une paire d'yeux bleu ciel, un visage fin encadré de cheveux… noirs. Le blondinet poussa un imperceptible soupir de soulagement et se composa une expression innocente. C'est tout juste s'il ne papillonnait pas des yeux.

« Bonjour tante Meg, pourrais-je monter parler à Sanoko s'il te plaît ? » demanda-t-il d'une voix onctueuse, qu'il espérait aussi charmeuse que possible.

Mais il n'eut pour seule réaction que le regard légèrement froid et blasé de Meguri, qui ouvrit la porte pour le laisser passer. Il avait oublié que c'était de sa mère que Sanoko tenait cette indifférence envers toute tentative de charme outrancière. Il sourit d'un air gêné et entra dans la petite maison, cherchant du regard une quelconque chevelure rouge.

« Elle est dans sa chambre, enfermée, mais j'ai le double des clefs si tu veux, fit soudainement Meguri. Je suppose que tu n'as pas besoin que je te montre le chemin ?

— M-Merci… je pense que ça va aller, affirma le blondinet, surpris, en saisissant les clefs que tenait nonchalamment la brune.

— Très bien, alors je te laisse, je dois faire quelques courses. Bonne chance, Momunji. Et ne t'avise surtout pas de la faire pleurer ! le menaça-t-elle du doigt.

— P-Promis !» s'exclama-t-il en se mettant au garde à vue.

Meguri lui lança un regard pétillant, légèrement amusée, puis sortit. Voilà qu'il se retrouvait seul avec Sanoko dans la maison de cette dernière. Il n'aurait pu rêver meilleure situation pour se rabibocher avec elle. Le seul inconvénient était que la police mettrait plus de temps à retrouver son corps si jamais elle décidait de le tuer, mais c'était un détail. Rassemblant à nouveau sa détermination, il serra les clefs dans sa main, les faisant tinter, puis monta à toute vitesse les escaliers -inutile d'instaurer un quelconque effet de surprise, ça ne ferait qu'agacer Sanoko un peu plus. Le plus délicatement possible, il déroula ses doigts et toqua légèrement contre le panneau de bois. Seul le silence lui répondit.

« Sanoko ? C'est moi, Momunji…» dit-il, hésitant.

Là encore, pas un bruit ne se fit entendre de l'autre côté de la porte. Un peu inquiet, le blond fit jouer les clefs dans la serrure en un rapide tour de main et pénétra dans la chambre de son amie. Sur le mur d'en face, un énorme poster composé de photos des amis les plus proches de la rouge l'accueillit, et il faillit s'étaler sur le sol en se prenant les pieds dans des baskets. Enième preuve du manque d'organisation de son amie malgré son air d'enfant sage et obéissante. Le cœur battant, Momunji parcourut la pièce aux couleurs claires du regard du regard, cherchant la jeune fille. Finalement, ses prunelles s'arrêtèrent sur le lit défait; la couette blanche d'habitude vaguement lissée formait une sorte de bosse. Nul doute que Sanoko s'était réfugiée dessous, comme lorsqu'elle était petite et que quelque chose -ou quelqu'un- la contrariait.

« Sanoko ? » répéta-t-il avec plus d'assurance.

Toujours aucune réponse. Lentement, il s'approcha du lit et souleva la couette, découvrant la silhouette de Sanoko, roulée en position fœtale. Elle écoutait de la musique, ses écouteurs fermement vissés à ses oreilles et reliés à un petit escargophone*. Pas étonnant qu'elle ne l'ait pas entendu. Un sourire attendri s'épanouit sur les lèvres du blond, et il caressa avec douceur la chevelure rouge de la jeune fille. Celle-ci papillonna des yeux quelques instants avant de planter ses prunelles bleu ciel dans celles, lilas, de son ami. Il y eut un léger flottement, puis elle bondit de son lit en criant, se heurtant douloureusement au mur.

«AAAAH ! COMMENT ES-TU ENTRE ?! » hurla-t-elle de surprise, les yeux grands ouverts.

Mais alors que le jeune homme tentait de s'expliquer, la figure de Sanoko revêtit une tout autre expression et elle sembla paniquer, tâtonnant à la recherche de ses oreilles.

« JE N'ENTENDS RIEN ! JE SUIS SOURDE ! » s'égosilla-t-elle, sentant les larmes venir.

Désespéré, Momunji la regarda batailler avec ses écouteurs avant de les retirer, un peu honteuse. Quand enfin elle eut recouvré ses esprits et son calme, elle se releva et se réinstalla sur son lit, évitant soigneusement tout contact avec son ami d'enfance. Ils s'échangèrent de longs regards, furibonds pour elle et plein d'espérance pour lui, avant qu'enfin l'un d'eux se décide à parler.

« Okay, Mo'. Tu vas m'expliquer ce que tu fais ici et surtout comment tu as pu entrer sans mon autorisation expresse, ordonna froidement Sanoko. Comme ça je pourrai éviter tout futur visiteur indésirable.

— Ta mère m'a passé les clefs, j'ai toqué mais comme tu ne répondais pas je me suis inquiété...,bafouilla pitoyablement l'interpellé.

— Si seulement mon père avait été là, il ne t'aurait même pas laissé franchir le seuil, soupira la rouge avec regret. Passons. Maintenant, dis-moi pourquoi tu es venu chez moi ? T'as pas de pseudo-copine avec qui faire mumuse ? »

Le ton acide de sa voix mortifia le blond, qui d'ordinaire menait toujours les discussions qu'il tenait avec des demoiselles. Mais il se reprit. Il ne devait pas laisser passer cette chance. Après tout, elle ne semblait pas trop vouloir le mettre à la porte… pour le moment.

« Ecoute Sanoko, si je suis ici c'est justement pour te dire que je ne m'amuserai plus jamais avec la moindre jeune fille. Enfin, il y a une condition, évidemment, mais il n'en tient qu'à toi…, commença-t-il, ne sachant trop pas où commencer.

— Continue, lui lança-t-elle en haussant un sourcil dubitatif.

— Ce que je t'ai dit tout à l'heure… eh bien, cette fille que je ne peux pas avoir… c'est toi.»

Il avait décidé de tout lui avouer d'un coup. Inutile de tourner autour du pot quand on pouvait faire simple; il avait les nerfs assez en pelote comme ça. Il ne s'attendait pas, par contre, aux yeux de chouette et à la mâchoire décrochée qui répondit à son aveu. La rouge ressemblait à un beau merlan frit avec cette expression, et il arriva de justesse à maîtriser un rire nerveux qui lui aurait fait croire qu'il se moquait de lui.

« Q… QUOI ? Tu es sérieux, Mo' ? fit-elle finalement après s'être ressaisie.

— Je n'ai jamais été plus sérieux, et tu le sais, dit-il en la fixant sans ciller.

— Mais… mais… c'est impossible. Tu me fais une blague, c'est ça ?

— Non, j'aime tout de toi, assura-t-il, le regard fiévreux. Ta magnifique chevelure rouge, les deux morceaux de ciel que sont tes yeux, ton rire joyeux, ta cuisine, ta gentillesse… Tout, Sanoko, j'aime chaque partie de ton corps et de ton être. »

Il avait saisi sa main, sa petite main blanche qui maniait si bien la poêle à frire, et tandis qu'il débitait tout ce qu'il avait sur le cœur, il se rendait compte qu'il venait de comprendre ce qu'il ressentait envers la jeune fille. Son ton se faisait passionné, sa voix caressante. Et ses yeux tendres la dévisageait si intensément qu'elle avait l'impression d'être brûlée là où son regard se posait.

« Pardonne-moi, Sanoko… je viens seulement de le comprendre… Si tu ne ressentais pas la même chose, je me retirerai et nous ne serions pas obligés de nous reparler si ça te gêne… mais si jamais tu m'aimais aussi, alors…»

Il s'arrêta. La sonda. Cherchant à deviner ses intentions, ses sentiments. Le cœur de la rouge fondit alors que les mots de son ami se frayaient un chemin jusqu'à son cœur. Oh, elle n'avait aucun doute sur ce qu'elle éprouvait pour lui; elle avait fait la lumière là-dessus depuis bien plus longtemps que lui, et le voir dans les bras de toutes ces filles lui avait fait mal, si mal… Plus encore, il y avait eu, comme il l'avait deviné, la peur de se faire jeter comme une chaussette malodorante. Mais le Momunji qu'elle avait devant elle et qui s'était confessé n'avait rien à voir avec le Momunji qui jouait les séducteurs au-dehors. Sanoko se mordilla les lèvres, hésitant sur l'attitude à adopter. Le regard du blond au supplice la fit se décider plus vite, et elle posa son autre main sur la sienne. Un sourire taquin illumina son visage, à qui l'expression froide ne convenait pas du tout.

« Je serais tellement fière de pouvoir dompter le fougueux étalon Momunji que je ne peux que dire oui…, rit-elle en l'enlaçant.

— Et ce sera un honneur pour moi de venir à bout de l'insaisissable Sanoko.» chuchota-t-il dans son oreille, savourant la sensation d'être enveloppé de sa douce odeur.

Elle frissonna, se serrant contre lui en quête de chaleur; lui glissa ses mains sous son t-shirt, caressant de ses doigts frais le dos de la rouge. Alors qu'elle allait se laisser aller aux sensations nouvelles qui affluaient en elle, elle se stoppa net. Une idée désagréable lui était venue à l'esprit. Fermement, elle prit le visage de Momunji entre ses mains, et lui demanda:

« L'aurais-tu déjà… fait ?

— De quoi ? fit innocemment le blond en lui souriant.

— Tu sais très bien de quoi je parle, ne m'oblige pas à le répéter, rougit-elle. Oui ou non ?

— Non. Je ne suis pas goujat à ce point.» répondit-il en lui volant un baiser.

A nouveau, un frisson parcourut l'échine de la jeune fille, mais elle tenait à lui poser une dernière question:

« Ton goût pour les tomates, ça vient de mes cheveux n'est-ce pas ?

— Mince, je suis grillé ! »

Gloussant de concert, ils échangèrent plusieurs baisers, savourant leur nouvelle condition de couple, jusqu'à ce qu'ils entendent la porte d'entrée claquer au rez-de-chaussée. Dans un sursaut, les deux amoureux se séparèrent et entreprirent de mettre de l'ordre dans leur tenue avant de descendre. Megumi, revenue de ses courses, leur jeta un rapide coup d'œil et sourit en les voyant ensemble.

« Bien bien bien, fit-elle, satisfaite. Je vois que tout s'est déroulé à la perfection.

— Oui, merci tante Meg, sourit à son tour Momunji.

— Tu peux me rendre les clefs maintenant ? Il ne faudrait pas que Hugh se fasse des idées…» dit nonchalamment la brune, déclenchant le rougissement des deux adolescents.

Tout semblait bien commencer pour le nouveau couple.

Mais cela ne signifiait pas que tout finirait bien…


* oui alors bon si c'est pas très clair pour vous, dans ma tête cet escargophone sert de mp3 si vous préférez xD

That's aaaall. Vous pouvez laisser un commentaire, ou bien suivre l'histoire, anyway, je serai HEUREUSE dans tous les cas. Et je sais que mon bonheur compte pour vous. Si. Ne le niez pas.

Muarf :B

A peluuuuche \o/