Résumé : Deidara est malade, et il le sait. Il sait aussi que ses amis s'inquiète et pour ne pas les affoler, cède à tous leurs désirs. Deidara veut guérir. Ses amis le savent, et veulent l'aider, sans savoir s'y prendre. Et finissent par demander une aide inattendue.

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Cette fiction n'est possible que par l'autorisation de ce site, je ne dispose de rien, tous les droits reviennent à Masashi Kishimoto.

Note : Et finalement, ce sera plus de trois parties… Marketing ? Non, juste manque de temps. Rythme de parution rapide, n'est-ce pas ? Comparé à ce qui est fait ces derniers temps en tout cas ! Eh bien, ceci pour la simple et bonne raison que la fic est totalement finie en manuscrit ! Dès lors que j'ai un nouvel après-midi pour moi je vous sers la suite (c'est beaucoup plus long que ce que je croyais).


Sasori avait les yeux rivés sur son écran d'ordinateur. Ses doigts s'activaient sur l'écran d'ordinateur et la souris pour lui fournir les informations dont il avait besoin. « Guérir de l'anorexie », « vaincre sa maladie », autant de mots clés, de panneaux qui lui indiquaient divers chemins qu'il empruntait tous pour assembler un maximum de pièce du puzzle. Il engloutit une gorgée de café.
Tout avait l'ai si facile. Epuisé et à cran, il passa sa main dans ses cheveux, puis croisa les bras, et y logea sa tête.
Le réveil sonna à peine une heure après.


Au petit matin, Orochimaru s'amusa fortement de la mauvaise humeur ponctuelle de Sasori. Les sourcils froncés, la mine reforgée, hagard, il bougonnait constamment et se montrait désagréable avec les clients qui ressortaient de la pâtisserie tout bonnement scandalisés. Celui que cela amusait beaucoup moins, en revanche, c'était Madara, qui prit rapidement la relève, n'ayant aucune envie que son chiffre d'affaire ne chute juste parce que la nuit de l'Akasuna avait été fictive.

On était mercredi. Aussi, le soir venu, aucun des trois pâtissiers ne s'étonna de voir entrer six adolescents hauts en couleur et bruyant comme des animaux. Madara trouvait qu'ils formaient tous une palette de couleur assez intéressante. Deidara le jaune, Itachi le noir, Kakuzu le vert, Yahiko l'orange et Kisame le bleu, guidés par Hidan le gris, digne représentant des mages de la Terre du Milieu qui commanda à lui tout seul cinq pâtisserie.
Blague à part, Kakuzu pleura chaudement son billet de 5 euros et la tarte aux fraises que lui offrit Hidan fut loin de le consoler. Itachi sembla hésiter mais finit par choisir un éclair au spéculos, encore. Il adorait les spéculos. Yahiko avait l'embarras du choix, pour un misérable euro qui trainait au fond de sa poche avec son titre de transport et sa carte de cantine.
Orochimaru se pencha sur la vitrine et, pédophile à n'en pas douter, lui demanda de l'aide. Yahiko grossit les yeux alors que le pâtissier cadavérique le sondait de ses orbes si clairs qu'ils semblaient jaunes. En voyant la mine déconfite et décontenancée des adolescents qui ne savaient plus où se mettre, Sasori étouffa un rire moquer.
Il plaça son poing fermé devant sa bouche et laissa transparaitre sur son visage de poupée un simple sourire manifeste de tout son amusement. Seul Deidara le vit sourire ainsi. Il resta quelques instants coi face à ce sourire faussement candide qui sembler illuminer son visage, et ne put s'empêcher de le fixer. Il cligna des yeux, et se rendant compte qu'il était observé, Sasori retrouva sa contenance et demanda au blond s'il voulait quelque chose. Comme une écolière au taquet qui dévorait son sempaï du regard, le blond sembla désarçonné, et s'agita soudainement, se rétractant sur une chouquette isolée que Kisame lui paya en même qu'il s'achetait un cochon en sucre. Yahiko quant à lui, l'estomac à l'envers, avait fini par jeter son dévolu sur un éclair au chocolat.
Madara, satisfait, fit rapidement les comptes tandis que les lycées redoublants sortaient gaiement.

Même Deidara arborait un sourire énigmatique. Ses joues étaient quant à elles légèrement roses. Itachi, éclair en bouche, le remarqua bien vite, ce qui lui fit écarquiller les yeux. Il avait l'impression que cela faisait des siècles entiers qu'il n'avait pas vu la moindre couleur se poser sur la peau laiteuse du flavescent. Haussant un noir sourcil, il coula son ami d'un regard curieux.

- Deidara, ça va, s'enquit-il. Tu glousses ou je rêve ?

Le blond gloussa de nouveau, mâchant consciencieusement sa chouquette. Il semblait quelque peu en souffrir mais comme une petite sirène transformée en humaine pour approcher son prince, il avait l'air de n'en avoir cure.

- Il est vraiment beau…dit-il tout bas d'un air rêveur.

Il y eu un silence entre les deux amis. Le blond ne put finir cependant et donna la moitié restante de sa chouquette à Itachi. Soulevé d'un brusque haut le cœur et persuadé d'avoir assez mangé pour une semaine, le flavescent posa ses yeux sur sa main rachitique et diaphane, anguleuse et exsangue. Il la regarda, toute pâle et tremblante. Le blond soupira et sentit ses yeux le bruler.
Le reniflement de Deidara attira l'attention d'Itachi. Son ami n'était pas loin de fondre en larmes.

- Regarde ça, sanglota-t-il en lui montrant sa main découverte. Je voudrais faire quelque chose…Mais je n'y arrive pas.

- Mange plus de trois petits pois par jour et tu verras, jasa Hidan, ça va revenir tout seul !

- Faites le taire ! S'écria Kakuzu en étranglant l'argenté aux lentilles de contact.

Deidara sentit soudain le rose lui monter aux joues. Il serra les poings, et les larmes qui roulèrent le long de ses joues donnèrent un air pathétique à la scène.

- Très bien !

Il attrapa Hidan par le col, fouilla dans la poche de sa veste, et en ressortit vaillamment son portefeuille. Sous les yeux sidérés de ses amis, il traversa le passage clouté et se dirigea à grands pas vers les Sables Rouges. Sasori, qui congédiait une femme aux sacs rempli de baguettes, sembla fort surpris de le voir céans. Le blond, qui six secondes auparavant était plus déterminé que jamais à faire…il ne savait quoi d'ailleurs, hésita soudainement quand ses yeux croisèrent ceux de l'homme aux cheveux rouges. Son cœur s'accéléra subitement et il fut persuadé d'être rouge jusqu'aux oreilles. L'Akasuna quant à lui s'amusa de voir l'adolescent blond rentrer la tête dans son écharpe, le regard honteux.

- Heu…C'est pour mes amis. Le paquet de vingt chouquette à 2 euros s'il-vous-plaît.

Le pâtissier haussa les sourcils tout en sortant du tiroir-caisse un petit sac en papier décoré de dunes de sables rouges, qu'il ouvrit pour y mettre les chouquettes. Une étrange boule lui nouait le ventre, et ses mains étaient moites. Il ne savait pas si ce qu'il voulait dire devait vraiment être dit ainsi. Et il savait aussi qu'il le regretterait assez s'il ne le faisait pas. Au milieu du silence, les sourcils froncés, il se décida ainsi à prendre la parole.

- Tu sais Deidara, dit-il en comptant mécaniquement les chouquettes, j'ai beaucoup réfléchi.

L'interpellé haussa les sourcils, intéressé, sans pour autant quitter son écharpe et le cocon protecteur qu'elle représentait.

- Je veux t'aider.

Deidara comprit immédiatement. Pas besoin de lui faire un dessin, il n'était pas mal-comprenant non plus. Sasori lui tendis le sac de papier. De façon presque fataliste, quand il tendit la main pour le prendre, sa peau frôla celle du pâtissier. Il se mit subitement à trembler, se mordit la lèvre, et, bien qu'il essayât de les retenir, ses yeux ouvrirent les vannes. Il éclata en sanglot au milieu de la pâtisserie.
Et Sasori fit le tour de la vitrine pour le prendre dans ses bras.
Le blond devint aussi rouge que les cheveux du pâtissier, et bien qu'il fut secoué de larmes, une gêne intense s'empara de lui. L'Akasuna ferma les yeux et posa sa tête sur le sommet du crâne du flavescent, sentant les battements du cœur de l'adolescent tout contre lui.

On frappa à la vitre. Hidan et Kakuzu, collé à la baie vitrée comme deux esprits frappeurs, disant à Deidara d'une même voix :

- Le portefeuille !

Le blond se détacha succinctement de Sasori, le remercia, lui donna une pièce de 2 euros et sorti presque en courant. Ignorant Hidan et Kakuzu qui gloussait, rouge de gêne, il retrouva Yahiko, Kisame et Itachi et se réfugia immédiatement chez ce dernier.

- Y a qui chez toi, questionna-t-il à voix basse.

- Juste Sasuke, lui répondit l'Uchiha sur le même ton.

- Je peux venir… ? Je ne peux pas rester seul…


Deidara sorti de chez Itachi à 21h30, bombardé de messages, vocaux et écrits, par sa mère. « Bon sang, mais tu es où ?! », « Tu te fous de ma gueule ! », « Rentre vite, dépêche toi ! », « Comment tu peux me faire ça… »
Ignorant ces fanatiques lettres d'amour révélatrices d'un esprit totalement dérangé oscillant entre la colère folle et la déprime profonde, il quitta le domaine Uchiha mains dans les poches et écouteurs dans les oreilles. Il traversa le quand quartier résidentiel avant de se retrouver dans l'avenue qui menait à la gare.

Il la suivait pensivement, caché sous capuche et écharpe, porté par les notes et les lampadaires, quand il se rendit compte qu'il était suivi par une voiture. Avec le bruit ralentit du moteur et les phares braqués sur lui, impossible d'en douter. Serrant ses poings dans ses poches, il pressa le pas en tentant de cacher son anxiété croissante, malgré les sueurs froides et le cœur qui s'accélérait.

- Deidara !

L'apostrophé se retourna en faisait trois pas en arrière, près à fuir, mais défaillit. Sasori était au volant, perché par-dessus le carreau ouvert, l'air intrigué. Le blond poussa un long soupir de soulagement et posa ses mains sur ses genoux, haletant, tachant de faire retomber la pression qui avait monté d'un cran.

- Qu'est-ce que tu fais là, lui demanda le roux d'une voix plate et neutre.

- Je, balbutia le blond dont les battements du cœur ne s'étaient pas calmés, j'étais chez Itachi.

- Tu veux que je te raccompagne ?

Il me l'a demandé, se dit Deidara en clignant des yeux.

- Non, fit-il en levant les mains. J'habite à côté du port, c'est de l'autre côté de la ville…

- Ça tombe bien, c'est sur le chemin, le coupa l'autre. Allez.

- Mais…

- Sincèrement, soupira Sasori, je n'aime pas te savoir dehors à cette heure-ci, et j'aime encore moins attendre, alors décide-toi.

Sachant qu'il avait déjà dit non, ce « décide-toi » était juste un « accepte » tyranniquement diplomatique. Deidara sauta du trottoir, contourna la voiture et monta sur le siège de droite, à l'avant de la voiture. Les mains moites et tremblantes, il eut peine à s'attacher et à se calmer. Il poussa un court soupir silencieux tandis que la voiture démarrait.
Jusqu'à la gare, il y eu un silence lourd et sévère que cette brave KT Tunstall s'efforça de combler en parlant de cheval noir et de cerisier, mais Deidara sentait réellement le temps passer. Il guida patiemment son chauffeur à travers les rues de la ville, jusqu'à arriver en bas de son immeuble, non loin du port fluvial, à quelques centaines de mètres du pont qui allait conduire Sasori chez lui. Alors que le moteur était coupé et le silence définitivement complet, Sasori dit :

- Est-ce que tu as envie de guérir ?

Deidara tremblait des mains. Sa gorge était nouée et toute sa peau tiraillée par la chair de poule. Il souffla un « oui », la gorge sèche.

D'un côté, il voulait bondir de cette voiture rouge et retourner respirer l'air pur. De l'autre, il ne pouvait qu'avouer que rester ici, avec Sasori, c'était certes intimidant, mais aussi terriblement grisant.
L'Akasuna ouvrit la boite à gant, et en ressortit un petit paquet en plastique blanc hermétiquement fermé qu'il donna au blond.

- Des fruits secs, s'étonna celui-ci en prenant le paquet dans ses mains fragiles.

- Je ne te cache pas que ce sera certainement infect, mais c'est un concentré de vitamines, et tu en as besoin. Au moins pour l'athlétisme.

- Comment…Commença un Deidara sidéré.

- Itachi en a parlé à Madara, qui m'en a parlé, avoua Sasori, amusé. Tu n'as aucun risque de grossir avec ça, alors aie confiance.

En réalité, pour une fois, cette préoccupation était à des lieues de l'esprit de Deidara, du moins pour l'instant. Son cerveau fumait littéralement. Il ne cessait d'admirer ses pieds emballés dans ses bottines à lacets, leur trouvant un soudain intérêt, les faisant taper l'un contre l'autre. Son imagination alimentait des fantasmes qu'il pensait avoir noyé dans la marre opaque de son inconscient. Et si, et si, dans cette voiture, là, Sasori le prenait par la nuque et collait ses lèvres contre les siennes, et si… Le blond ravala bien vite ses divagations, se rendant compte que sa mère l'avait juste trop longtemps assis devant ses feuilletons.
Il repris sa respiration quand Sasori se pencha au dessus de lui…pour ouvrir la portière de la voiture.
Au bord de l'apoplexie, le flavescent se détacha maladroitement et remercia le pâtissier.

- Je, je vous sers la main ? Demanda-t-il en tendant la dite main, cette main si maigre dont il avait si honte.

La main de l'auburn prit la sienne sans gêne, avant de la faire remonter, lentement, jusqu'au visage de Sasori. Les lèvres de l'auburn se posèrent avec douceur sur la peau blanche.

- Bonne soirée.


Pour se donner du courage à leur devoir sur table type Bac qu'ils allaient endurer au lycée et qui, dans la théorie, avait commencé depuis déjà une demi-heure (ils savaient que les retardataires avaient droits à du temps supplémentaires et bien évidemment, en jouait), la bande infernale avait décidé d'attendre l'ouverture de l'hypermarché de la gare pour s'acheter quelques remontants. Ils défilaient entre les rayons. D'ordinaire, quand ils séchaient ainsi délibérément, Deidara, tenant le rôle du suiveur, errait toujours comme une âme damnée. Or, là, il avait l'air intéressé par le contenu des rayons et regardait le tout d'un œil très…sélectif.

- Tu t'achètes quelque chose, s'étonna Yahiko.

- Des fruits secs, répondit de façon neutre son camarade.

Et le roux s'étala de tout son long. Les autres, chargés de chips, canettes de soda et paquets de biscuits qui ne manqueraient pas de déranger les autres élèves durant leur devoir, le regardèrent tous, atterrés. Mais ils ne pipèrent mot. Ce qui rassura amplement Deidara. Ça lui faisait plaisir que ses amis ne l'interrogent as trop, qu'ils ne surmènent ou ne le brusquent pas, et qu'ils le laissent prendre ses aises. Et il savait aussi que lorsqu'il voudrait se confier, ils seraient à l'écoute.


Mercredi, une bande de bruyants adolescents passa la porte automatique des Sables Rouges, déjà bien rempli de client. La promotion « tout à un euro le mercredi » profitait à tout le monde. Madara, dépité, donna un beau billet bleu à Sasori qui le couva d'un sourire sadique en les voyant ainsi entrer. Tous deux avaient pariés sur le retour des Mages Arc-en –ciel de la Terre du Milieu. Et Sasori en ressortait encore et toujours vainqueur. L'Uchiha, dépota, pris les commande, sans voir que son collègue aux cheveux rouges et Deidara s'échangeaient un regard que l'on pourrait qualifier de complice. Hidan bava avidement sur la vitrine, qu'il trouvait décidément remplie de plus en plus de choses appétissantes, tandis qu'un Kakuzu morose commandait pour tout le monde. Madara ne pouvait que compatir. Perdre un pari, c'était pas facile.

- Et toi, Dei, quelque chose ?

L'avare voulut soupirer de soulagement quand le blond fit non de la tête, mais cette joie s'effaça bien vide quand il vit à que point le blond était livide, le front couvert d'une fine pellicule de sueur. Après avoir titubé, l'adolescent s'écroula sur le carrelage de la pâtisserie. La panique s'empara rapidement du petit commerce.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Deidara !

- Est-ce qu'il va bien !

- Deidara, lève-toi !

- Orochi ! Orochi !


- C'est dû à une chute de potassium, diagnostiqua Orochimaru qui tâtait le poignet de Deidara. Il a recommencé à s'alimenter ?

Yahiko hocha la tête mais précisa immédiatement que le blond n'avait acheté qu'un paquet de fruits secs, à peine entamé. Hidan, lui, dévorait Orochimaru du regard en se demandant s'il était possible d'être aussi blanc. Kisame, plus sceptique et terre à terre lui demanda s'il avait une quelconque connaissance médicale, ce à quoi le pâtissier lui répondit qu'il avait eu son propre cabinet pendant quelques années. A cela il ajouta qu'il pouvait s'arranger pour qu'un certain Kabuto Yakushi, son ancien assistant fasse une ordonnance pour des compléments alimentaires à l'intention de Deidara.

- Sa mère est-elle au courant de sa démarche, ajouta-t-il.

Un ange passa entre les adolescents démoniaques qui se regardaient tous d'un air coupable et gêné. Dans l'arrière-boutique où ils s'étaient tous rassemblés, autour du corps évanoui de Deidara, ils n'osèrent piper mot. Mais leur « non » était bien plus retentissant que s'ils avaient parlés.