Résumé : Deidara est malade, et il le sait. Il sait aussi que ses amis s'inquiète et pour ne pas les affoler, cède à tous leurs désirs. Deidara veut guérir. Ses amis le savent, et veulent l'aider, sans savoir s'y prendre. Et finissent par demander une aide inattendue.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Cette fiction n'est possible que par l'autorisation de ce site, je ne dispose de rien, tous les droits reviennent à Masashi Kishimoto.
Note : Bienvenue à vous au pays du sucre coloré, de la guimauve, de la praline et des violons en chocolat. Je me sidère moi-même. Y a du niveau... Dance !
Deidara, seul, passa timidement les portes des Sables Rouges le jeudi soir, alors que deux clientes sortaient. Il n'avait pas cours ? Si bien entendu, mais il avait espagnol et estimait que l'heure ne serait pas gâchée par le détour. Sasori, qui s'ennuyait fermement, semblait manier des fils contrôlant Jashin seul le savait quelque marionnette invisible, continuait de penser à ce que lui avait dit Orochimaru la veille, alors que Deidara était encore évanoui, si bien que de prime abord, il ne vit pas le blond, parfaitement éveillé, entrer dans la pâtisserie. "Sasori, trancha l'ancien médecin, sa famille ne le soutiens même pas. On ne peut pas faire n'importe quoi, ni l'emmener voir des médecins ou des nutritionnistes. Il va falloir que tu y ailles beaucoup plus doucement que ça. Je suis médecin, je connais ces cas et je veux bien t'aider, alors soit plus prudent avec lui."
Le tintement des clochettes le ramena à la réalité présente. Lorsqu'il reconnut son client, il se releva et le salua en souriant.
- Tu te sens mieux ?
- Encore un peu faible, lui confia le blond, mal assuré, les mains dans les poches. Mais beaucoup mieux qu'hier, c'est sûr. J'ai eu peur de devoir être hospitalisé.
- Je comprends, lui répondit l'auburn en se reposant sur la caisse enregistreuse.
L'adolescent se mordit l'intérieur de la joue. Il voulait dire bien plus que des banalités de comptoir. Mais les forces et le courage lui manquaient. Un simple merci à cet homme, qui, debout derrière sa caisse, avait décidé de lui venir en aide alors qu'il ne le connaissait même pas. La simple idée de ce merci le mortifiait et lui faisait perdre ses moyens. Puis il secoua la tête.
- Je vais vous prendre trois baguettes, dit-il rapidement.
- De suite.
Les baguettes étaient encore chaudes. Deidara huma leur parfum si particulier qui lui manquait tant parfois, et, les calant sous son bras, sortit son portefeuille de son sac en bandoulière.
Tandis qu'il s'appliquait à compter la monnaie, une photo dépassa du portefeuille, entre les billets. Curieux comme un enfant, Sasori se pencha en avant, alors que les yeux bleus de Deidara se laissaient perdre par les multiples pâtisseries.
- Ho mais, s'exclama-t-il, se sont vos scorpions ! Ils ont de la gueule maintenant !
Rien à voir avec les créatures difformes qu'il lui avait présenté le jour de leur rencontre. "Le Scorpion des Sables Rouges" était maintenant une pâtisserie aboutie et en pleine forme, belle à voir et certainement bonne à manger.
Ce ne fut qu'à ce moment là que Deidara se rendit compte que Sasori avait les yeux rivés sur la photographie. Il sursauta légèrement, mais, quoique gêné, la sorti et consentit à la lui tendre.
- Les copains l'ont mit pour me motiver, avoua-t-il. C'est nous, avant...Avant tout ça.
Dans un parc public, sous un soleil d'été, Deidara, frais comme une pomme, tout souriant, plein de vie, aux cheveux forts et brillants, à la peau de pêche et au visage radieux, tirait la langue d'un air démoniaque, bras pliés reposant sur les épaules de Hidan et Itach qui eux aussi faisaient les canailles, à côté des expressions rebelles et anarchistes de Kisame, Kakuzu et Yahiko. Au milieu d'eux tous Deidara rayonnait comme un soleil.
Deidara qui se tenait devant Sasori, faible et diaphane, aux cheveux pâles, la peau exsangue, le visage amaigri...N'avait plus rien à voir avec ça. En regardant de nouveau la photographie, Sasori en eut le souffle coupé. Il ouvrit la bouche mais ne trouva mas tout de suite les mots, alors que ses yeux se mettaient à briller.
- Mais...Mais pourquoi t'es-tu infligé tout ça...Réussit-il à articuler, la main en bâillon devant la bouche. Tu es beau Deidara, tu...Tu es magnifique.
Submergé par la honte, Deidara baissa de nouveau la tête. Il réfréna ses larmes. Il savait qu'aujourd'hui, plus personne n'osait le regarder. Il savait qu'il était affreux. Les yeux brûlants, le blond posa ses mains sur son visage, et il voulut se mettre à pleurer. Deux mains chaudes se saisirent délicatement de ses poignets malingres. Ne pouvait rien voir, les yeux embués, caché sous ses cheveux et sa capuche, Deidara sentit prendre une main prendre avec attention le bout de son menton pour le pousser à relever la tête. Et deux lèvres fermes et sucrées se posèrent sur les siennes, craquelées et gercées.
Secoué de sanglot, Deidara ouvrit la bouche tandis que Sasori l'embrassait avec tendresse. Il se demanda comment il devait réagir.
Le lâcher, le repousser, hurler au harcèlement sexuel..ou se laisser emporter. Sa réaction se situa entre deux feux. Il repoussa doucement le pâtissier, tremblant d'émotion.
- Qu'est ce que vous faites ?
Sasori sembla prendre conscience de son geste. Il releva brusquement les mains. Deidara avait l'air secoué, complètement choqué, et l'Akasuna se maudit intérieurement.
Orochimaru lui avait dit qu'il était fragile. Et si jeune... L'auburn plaqua sa main sur sa bouche en comprenant la gravité de son geste. Il voulut s'excuser, mais la porte s'ouvrit sur ces entrefaites, et un client entra, clôturant ainsi la scène.
Itachi se changeait quand le téléphone sonna ce soir-là. Hagard, avec le mot "sommeil" écrit sur son front, il fronça les sourcils en voyant le nom de Deidara s'afficher, accompagnée de l'image qu'il avait sélectionné pour son ami d'enfance : une photo du blond, plus jeune, avec une sculpture d'argile. L'Uchiha fit glisser son doigt verni sur l'écran tactile, et toucha l'écran pour que le haut-parleur s'active.
- Mochi Mochi ?
- Itachi, j'ai réussi...Dit une petite voix.
Le ténébreux fronça de nouveau les sourcils. A l'autre bout du fil lui parvenaient d'étranges sanglots.
- Deidara, est-ce que ça...
- J'ai réussi, répéta le blond en pleurs. J'ai mangé. J'ai mangé sans penser "contrôle".
La nouvelle mit un certain temps vant de s'imprimer dans l'esprit du brun. Puis il ouvrit de grands yeux. Le souffle d'Itachi se coupa dans sa gorge, et il se mit à tousser.
- C'est formidable, s'écria-t-il sans savoir qu'il réveillait en sursaut son petit frère dans la chambre d'à côté, les yeux brillants de joie. C'est vraiment génial, Dei !
Aucun des deux n'avait jamais pleuré autant que ce soir-là.
On était dimanche. Et pourtant, Sasori était debout de bon matin. De très bon matin, même. De trop bon matin. Il peinait à croire qu'il avait été aussi stupide. Il avait brusqué un adolescent complètement désorienté, en ayant en plus le culot de croire que son geste l'aiderait.
Sasori aimait le rouge. Toute sa maison arborait ce camaïeu, ce qui lui avait valu bien des railleries de ses amis qui comparaient son appartement à une maison close. Sous les draps rouges, il se demandait s'il n'avait pas, encore une fois, été excessif. S'il n'était pas allé trop loin. Peut-être ne reverrait-il jamais Deidara. Il n'arrivait pas à s'expliquer la pulsion qui s'était emparé de lui. Son geste lui apparaissait comme les allées-retours sur scène de Jupiter dans les Mouches de Sartre : complètement incongru et absurde.
Ce fut sur ces réflexions que son téléphone sonna.
L'Akasuna, tournant la tête vers le combiné, hésita. Il n'avait pas le coeur à rire ou à faire semblant d'être de bonne humeur. Il avait bien trop honte.
Mais taraudé par cette petite voix qui lui disait que c'était peut-être important, il se décida à répondre. C'était Madara.
- Quoi, bougonna Sasori. On est dimanche, va préparer ton pain !
- Deidara a fait une rechute, le coupa son collègue.
Ce fut comme si la foudre avait frappé Sasori. Il se redressa subitement, faisant tomber les couvertures, dévoilant son torse nu à la lumière du soleil du dimanche midi.
- QUOI ?
- Il a fait une rechute, articula Madara sans laisser à son collègue le temps de digérer quoi que ce soit -le comble, pour un pâtissier-. Il est chez Itachi.
- Mais pourquoi ? S'indigna l'auburn.
- A cause de sa mère, lui révéla l'Uchiha après un silence lourd de sous-entendu.
