Résumé : Deidara est malade, et il le sait. Il sait aussi que ses amis s'inquiète et pour ne pas les affoler, cède à tous leurs désirs. Deidara veut guérir. Ses amis le savent, et veulent l'aider, sans savoir s'y prendre. Et finissent par demander une aide inattendue.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Cette fiction n'est possible que par l'autorisation de ce site, je ne dispose de rien, tous les droits reviennent à Masashi Kishimoto. La chanson « Soleil Brûlant », interprétée par Maéva Méline pour le film « Rebelle », est la propriété des studios Disney Pixar.
Note : Cette fois-ci, après de longs mois de vide alors que cela ne nécessitait pas tant d'efforts que ça, c'est bel et bien la fin de cette mini-fic. La dernière du groupe commencée, la première finie… Je vais devoir me remettre au boulot moi. Quoiqu'il en soit, bonne lecture, et merci pour toutes vos reviews. Je suis ravie que cela vous ai autant plu, et j'espère que cette fin vous enthousiasmera autant que les premiers chapitres !
Ps : Les paroles sont des repères visuels pour les ellipses. Je pense que vous l'aurez deviné mais au cas où, que ça ne soit pas perturbant.
L'amour est une étoile lointaine
Qui nous guide dans la nuit incertaine
Tout recroquevillé, Deidara regardait par la fenêtre. La lune dans le ciel était maigre et décharnée, absorbée par sa part d'ombre.
La tête dans les bras, il était à demi-assoupi, les larmes séchées sur son visage amaigri. Itachi s'était endormi, bien au chaud sous ses couvertures. Le blond le regarda quelques instants, avec qu'un léger sourire ne germe sur ses lèvres gercées. Puis, après un bref soupir, il regarda l'oiseau d'argile sur le bureau. Cela faisait si longtemps qu'il le lui avait offert…
La sculpture... Cela avait été sa plus grande passion. Et pourtant, tant d'années qu'il n'avait touché ne serait-ce qu'à un peu de pâte à modeler. Le flavescent fronça les sourcils tout en continuant à contempler l'oiseau blanc. Itachi était très puriste, il ne laissait rien trainer au hasard. Cet oiseau, que son ami lui avait fait il y avait bien longtemps de cela, il le savait, n'était pas là pour rien. Elle était là pour lui. N'oublie pas qui tu étais, n'oublie pas tes rêves, redeviens toi-même. Deidara étouffa un sanglot en touchant du bout des doigts sa fragile création, en touchant du bout des doigts son espoir de guérison. Il leva de nouveau les yeux vers l'astre lunaire. Ce soir, elle était maigre, avalée par ses propres ténèbres. Elle ne tarderait pas à disparaître, totalement dévorée par sa part d'ombre. Mais la lune était changeante. Elle retrouverait bientôt la lumière, et serait bientôt à nouveau pleine. Deidara eut un maigre sourire, avant de retourner se coucher aux côtés du parfum de fraise d'Itachi, au chaud, sous les couvertures.
L'amour est un soleil brulant
Eclairant nos vies indéfiniment
Deidara se regarda dans le miroir, éclaira par les rayons du soleil affaibli par la fraîche matinée. Avait-il réellement envie de changer... Ce corps, quand bien même il était laid, c'était son œuvre, c'était lui qui l'avait façonné…
Il entendait sa mère pleurer derrière les murs trop fins de sa chambre. Chaque soir, chaque matin, c'était la même chose, depuis tant d'années. Et puis lui aussi se mit à pleurer, pour un père qu'il n'avait jamais vu, et qu'il ne reverrait jamais. Et environ une heure plus tard, il quittait sa chambre, les yeux gonflés, et rejoignait sa mère dans cette immonde cuisine jaune et orangée. Elle était toujours dos à lui, assise à la même place, devant cette table ronde qui n'était entourée que de trois chaises. Incertain, comme chaque matin, Deidara une chaise et alla pour s'assoir.
- Ne t'assoies pas là, lui somma sa mère, le coupant dans son élan dans la même seconde.
Sans tergiverser, il changea de place. Sa mère ne lui servait plus rien pour le petit déjeuner. Il tendit juste une main faiblarde vers le panier à fruit, et prit une clémentine qu'elle éplucha patiemment.
- Tu viens regarder la télé avec moi ? S'enquit sa génitrice.
- Pas maintenant, soupira son fils, j'ai une dissertation de philo à finir.
Il commença à manger sa clémentine, lentement mais surement. Le premier morceau d'abord. L'effort qu'il devait fournir, rien que pour cette action, semblait requérir toutes ses forces. Alors qu'il avalait difficilement et s'attaquait au deuxième quartier, sa mère lui demanda si brusquement qu'il sursauta :
- Deidara, est-ce que tu m'aimes !?
Hébété, le flavescent, les yeux ronds, scruta le visage émacié de sa mère. Ses cheveux blonds, ses yeux marron clairs, tout s'était terni chez elle. Même le timbre de sa voix. Deidara déglutit, avant de dire avec quelque hésitation :
- Oui, mais...
- Alors reste avec moi ! Ne m'abandonne pas !
Et elle éclatait en sanglot devant lui. Elle laissa retomber sa tête sur la table recouverte d'une nappe jaune à motifs floraux, et poussa un cri désespéré tandis que ses mains se mettaient à trembler. La gorge de Deidara se serra.
- Maman, soupira-t-il en posant sa main sur la sienne, non...pleure pas comme ça…
Je veux te comprendre
Te parler
Lundi matin, Deidara passa la porte des Sables Rouges, seul. Il s'était levé en avance, son premier cours n'étant ce jour-là qu'à dix heures. Orochimaru, qui devait gérer une file de cinq clients, l'ignora de prime abord, occupé à distribuer des baguettes à la pelle à des ménagères et des ménagers. Deidara hésita d'abord, mains dans les poches, puis se pencha à côté du comptoir et demanda d'une petite voix :
- Excusez-moi, où est Sasori ?
- Dans l'arrière-boutique, répondit sèchement le serpent en rendant la monnaie à un père de famille en retard, vas-y si tu veux.
Mais les mots s'envolent
Pour l'éternité
Sasori retira adroitement la plaque du four et la déposa sur le plan de travail. Fier de lui, il posa ses mains couvertes de farine sur ses hanches.
- Et voilà, des cookies magnifiques ! Plastronna-t-il. Emporte les dans la vitrine avant que l'envie ne me prenne de tous les dévorer!
- Démerde toi, vociféra Madara en faisant entrer des baguettes dans le four tout en secouant la tête.
Deidara fit passer sa tête à l'embrasure de la porte à ce moment-là. Sasori ouvrit de grands yeux. Sitôt que Madara eut mis les baguettes dans le four, il soupira et pris les cookies, comprenant très rapidement la tâche qui l'incombait.
- Je les ramène, grogna-t-il.
Le silence s'alourdit dès lors qu'il referma la porte de l'arrière-boutique. Deidara et Sasori se regardèrent quelques instants dans e blanc des yeux. L'auburn déglutit et frotta la paume de ses mains sur son tablier tandis que le blond enfonçait ses mains dans ses poches, avant de se résoudre à dire :
- Je n'ai pas envie de parler de ce qui s'est passé la dernière fois. J'aimerais parler d'autre chose.
Sasori leva les yeux, puis soupira :
- Installe toi, le convia-t-il en tirant un tabouret de sous le plan de travail.
Quand le mur tombera-t-il enfin
Qui saura me montrer le chemin ?
- Ma mère m'as contrôlé toute ma vie, expliqua calmement Deidara, les mains croisées sur le plan de travail. Ou plutôt, depuis le départ de mon père. J'avais trois ans, je ne m'en souviens pas… Alors, quand je me suis mis à l'athlétisme, ça été une bonne occasion de refuser ce qu'elle me demandait. Je ne prenais que des légumes, et si elle me forçait à manger de la viande, j'aller recracher sitôt le repas terminé. Et j'adorais ça. J'adorais tout contrôler. Prendre le pas sur elle. Puis c'est moi qui ai perdu le contrôle.
L'écoutant attentivement, Sasori, la main en bâillon et les yeux brillants, hocha la tête. Deidara renifla et essuya les quelques larmes qui commençaient à glisser le long de ses joues caves.
- J'en ai marre, finit-il par dire à voix basse en cachant son visage de ses deux mains rachitiques. Je veux que ça cesse. Ce n'est pas une vie… Itachi a pris des photos de moi... C'était tellement affreux, je suis amorphe, filiforme, je pers mes cheveux par poignées…
Et il éclata en sanglots. Il tenta au début de se contrôler, mais il finit par lâcher prise et se laisser aller aux larmes, tandis que Sasori passait ses bras autour de ses épaules.
- Aidez-moi…Chuchota faiblement le blond entre deux pleurs.
Je pense à cet amour partagé
Je voudrais le garder
Le soir, Sasori en parla à ses collègues alors qu'ils fermaient la pâtisserie. Il nettoyait la vitre tout en racontant à ses amis la conversation qu'il avait eu, quelques heures plus tôt, avec le jeune lycéen.
- Il faut qu'il change d'air, finit par dire Orochimaru en s'essuyant les mains sur son tablier. Qu'il évolue dans un autre milieu. Avec sa mère son état risque de stagner, voire de s'aggraver.
Sasori le regarda avec des yeux ronds, le regardant comme s'il lui avait demandé de cracher sur la lune rien qu'en levant la tête. Orochimaru fronça les sourcils.
- J'assume le rôle du médecin parce que tu me le demande mais faut m'écouter !
J'espérais pouvoir tout changer
Je commence déjà à le regretter
Ainsi, mercredi, alors que Deidara regardait avec envie la vitrine, tandis qu'Hidan commandait, Sasori s'avança vers lui, et lui demanda presque de but en blanc.
- Ça te dit un week-end à la campagne ?
Deidara sursauta et écarquilla les yeux, manquant de peu de tomber en arrière. Tous les autres, qui essayaient de se décider, se retournèrent, fixant l'auburn et le blond, alors que Madara et Orochimaru ne semblaient pas plus choqués que cela. Les joues de Deidara prirent momentanément une teinte rosâtre, avant de retrouver leur pâleur ordinaire.
- Mais je…Je…Balbutia-t-il.
- Et nous, clama alors Hidan, on pue le camembert !?
Toutes les paires d'yeux se rivèrent cette fois sur le rebelle aux cheveux argentés et aux lentilles roses –c'était à se demander où il les trouvait, celles-là-. Celui-ci lança un regard plutôt éloquent à ses amis, et ceux-ci haussèrent les épaules, avant de regarder les trois pâtissiers en hochant la tête. Madara, Orochimaru et Sasori, peu sûrs de comprendre, s'interrogèrent du regard, avant que Deidara ne les ramène tous à la réalité, et accessoirement, dans le monde de la parole :
- Je ne sais pas trop...Balbutia-t-il. Ma mère...
- Dis-lui que tu dors chez moi alors, le coupa Itachi.
- Et si elle vient me chercher ? Non, je ne peux pas.
- Demande lui quand même, insista son meilleur ami.
Pourquoi ce jour, qui file vers l'oubli
Ne peut-il pas durer toute la vie ?
- Trop de fleurs, trop de couleurs... C'est trop pour mes yeux fragiles... Bougonna Konan, le front abattu contre le carreau de la voiture.
Face à eux, la campagne défilait, inlassable. D'immenses collines, des champs et de grands prés fleuris. Pour la jeune femme, c'était des paysages que l'on ne voyait que dans les films de science-fiction. Elle grimaça en tira la langue.
- C'est toi qui voulais venir que je sache, soupira Yahiko à côté d'elle.
A la droite de Yahiko, Kisame hocha la tête. Orochimaru, qui conduisait, suivant à la trace la voiture de Sasori, soupira, tandis que Kakuzu ronflait bruyamment, assis à la place du co-pilote, ses écouteurs dans les oreilles. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait accepté d'accompagner cette bande de voyous jusqu'à la maison de campagne de Sasori, qui lui, se tapait dans la même voiture Deidara, Itachi et Hidan dans la même voiture. Le trio infernal en somme. Parce que mine de rien, malade ou pas, Deidara était une terreur quand il s'y mettait. Et Itachi et Hidan, on n'allait pas aborder le sujet à cent kilomètres de la banlieue parisienne… On n'avait pas idée des risques d'un coup de colère en pleine campagne…
- Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te laisser partir comme ça, se contenta de répondre Konan à son petit ami.
Orochimaru retint un soupir. Et en plus, il avait fallu qu'elle vienne, celle-là. Il ne la connaissait ni d'Eve ni d'Adam, ce n'était même pas une cliente régulière de la pâtisserie, et pourtant, elle s'était invitée d'elle-même. Mais bon, c'était la maison de Sasori, pas la sienne.
Les murs du silence s'écroulent enfin
Deidara s'éveilla ce matin-là avec une étrange sensation de bien-être. Le jour entrait galamment par la fenêtre, poussé par le chant des oiseaux diurnes. La chambre dans laquelle il s'entassait avec Hidan, Itachi, Kakuzu et Kisame était vide. En effet, après s'être rapidement habillé, il avait constaté que tous prenaient le petit déjeuner dans la pièce d'à côté. Ils l'accueillirent tous avec de grands sourires, lui demandèrent s'il avait bien dormi et s'enquirent de son état… Le blond en resta coi. Jamais il n'avait eu le droit à de telles sollicitudes. Pas de la part de sa mère en tout cas. L'odeur du café, du chocolat, du pain frais et de la confiture emplissaient l'air et le détendirent encore. Il y avait vraiment longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien. Il sourit, se pencha au-dessus d'eux en discutant, et prit une pomme dans le panier à fruit au milieu de la table.
- Tu ne t'installes pas ? Demanda Itachi en buvant son café.
- Non, merci, répondit le blond en souriant. Il fait tellement beau dehors…
Il sorti peu de temps après, tous les yeux étonnés de chacun. Le jeune garçon descendit les escaliers de pierre, longer la cour avant de traverser le garage pour arriver dans le jardin, à l'arrière de la maison. L'air était pur, l'herbe verte, le jardin superbement entretenu pour une maison de campagne. Pour un citadin comme lui, c'était une vision nouvelle qu'il n'aurait manqué pour rien au monde.
Inconsciemment, il porta le bout de ses doigts à ses lèvres. Il ne cessait de repenser à ce jour. Il ne savait qu'en penser. Dire qu'il n'avait pas aimé serait un mensonge trop vulgaire pour être réel.
Mais c'était trop étrange. Il s'était senti comme...humilié. Pris en pitié comme un mendiant à qui l'ont donnait une pièce.
Cependant, ses tourments cessèrent bien vite. Sasori était dans le jardin. Assis sur une chaise longue, au bord du fleuve, à jouer avec une marionnette. Alors qu'il tentait d'être discret, le pied de Deidara écrasa une branche. Le roux sursauta, et se tourna vers lui. Ses traits se détendirent immédiatement en reconnaissant Deidara.
- Ah, c'est toi... Se contenta-t-il de dire.
Deidara, comme à chaque fois qu'il était gêné, enfonça ses mains dans ses poches.
- Pourquoi vous n'êtes pas avec les autres… ? Demanda-t-il timidement.
- J'ai déjà déjeuné, éluda l'auburn en regardant le fleuve.
- C'est faux, fit presque immédiatement Deidara, comme insurgé.
Sasori haussa un sourcil, et se tourna de nouveau vers lui. Le blond avait les sourcils froncés.
- Je disais la même chose pour échapper au petit déjeuner, je sais quelle tête on a pour ce genre de mensonge. J'ai peut-être redoublé deux fois, mais je ne suis pas stupide.
Alors qu'il semblait vexé, pourquoi pas même légèrement en colère, les joues rouges, Sasori lui sourit tendrement.
- C'est vrai, admit-il. Excuse-moi.
Deidara soupira, puis, après avoir secoué la tête, s'assit en tailleur à côté de la chaise longue. Ses yeux bleus clairs caressèrent le fleuve et il sourit vaguement.
- C'est gentil à vous de nous prêter la maison de vos parents pour le week-end.
- C'est normal, répondit platement l'auburn. J'aurais aimé avoir cette chance à ton âge.
Le lycéen, qui au début, n'avait pas fait attention, répéta mentalement les paroles de Sasori, puis haussa les sourcils et leva les yeux vers l'auburn, qui regardait dans le vague.
- Vous...S'étonna-t-il.
- Et oui... Avoua l'auburn.
Le blond, en état de choc, ne dit rien pendant un long moment. Il fut envahi par une étrange excitation, qui laissa ensuite place à une grande tristesse muée en déception.
- Alors c'est pour ça que je vous fais tant pitié, souffla-t-il en regardant ailleurs.
- Quoi ? S'étrangla Sasori.
- C'est pour ça que vous m'avez embrassé... Soupira Deidara en se tritura l'index. Parce que je vous fais pitié.
- Ça aussi, c'est faux, finit par dire Sasori.
Deidara déglutit, puis regarda le pâtissier en chien de faïence, avant de baisser la tête.
- Je ne vois pas d'autre raison…Murmura-t-il.
- Tu es sûr ? Insista Sasori.
Le blond secoua la tête. L'auburn se pencha vers lui et posa ses doigts sur son menton, le forçant ainsi à le regarder.
- Je t'adore, Deidara.
Le flavescent, les yeux brillants, se dégagea de la prise du pâtissier, et secoua de nouveau la tête.
- Non, articula-t-il, la gorge serrée. Ce n'est pas possible...pas quelqu'un comme moi. Ça ne peut pas être pour ça...
- Et pourquoi pas ? S'étonna Sasori en haussant un sourcil.
- Mais enfin, regardez-moi ! S'exclama soudain Deidara d'une voix forte, en larmes.
Sasori sursauta, étonné par ce brusque accès de colère. Mais comprenant parfaitement cette réaction, il posa ses mains sur les épaules frêles du blond.
- C'est tellement confus... Dit tout bas le lycée en sanglotant.
- Penses-tu que pour moi, ce soit clair ? Ricana amèrement l'auburn. De ressentir des sentiments pour un garçon de la moitié de mon âge ?
Deidara sembla se calmer. Il passa ses doigts frêles dans ses cheveux et regarda vers le fleuve, craignant de perdre ses moyens s'il croisait les orbes bruns de son vis-à-vis.
- Je me demande si c'est uniquement à cause de ton état de fragilité... Si ces sentiments sont réels…J'ai nié tout sentiment dans ce baiser parce que je n'arrive pas à comprendre ce que je ressens pour vous. Si c'est juste parce que vous m'aidez ainsi, parce que je vois en vous une bouée de sauvetage, ou...
Il ne termina pas sa phrase. Sasori lui caressa les cheveux et lui sourit, les yeux brillants.
- Nous verrons bien. Finis ta pomme, dit-il avant de l'embrasser sur le front. Nos questions auront leur réponses plus tard.
Et je reviens sur le droit chemin
Deidara regarda Hidan glapir dans tous les sens, hurler et courir de tous les côtés. Tous ses autres camarades le regardaient d'un air totalement blasé, ignorant les regards incrédules que les passants posaient sur eux. Quelque part, ils avaient l'habitude. Même si c'était toujours aussi fatiguant.
- Vous vous rendez compte qu'on a tous cartonnés pour le Bac Blanc !? Clama Hidan en sautillant tout autour d'eux. Vous vous rendez compte qu'on a tous au moins une fois la moyenne !
- Pitié ma tête, soupira Itachi en guise de réponse, posant sa main sur son front.
- Madara nous as sucé le sang jusqu'à la moelle pour qu'on en arrive là... Ajouta Kakuzu.
En effet, à l'approche des examens blancs, l'Uchiha s'était proposé, ou tout du moins, s'était vu contraint par Itachi, à leur fournir quelques cours particuliers pour les aider à s'en sortir. Après trois essais pour les pires du groupe, ce n'aurait pas été du luxe. Même si, ils devaient bien l'avouer, le pâtissier avait été impitoyable avec eux, durant plusieurs semaines durant lesquelles ils avaient tellement été pris par le travail qu'ils n'avaient presque rien fait d'autre, ce qui allait presque totalement à l'encontre de leurs principes fondamentaux. Les maîtres Shaolin et ninjas n'avaient qu'à bien se tenir.
- Mais ça paye ! Continuait pourtant Hidan en dansant presque dans la rue. Allons vite le remercier !
Je pense à cet amour partagé
Ils entrèrent dans la boulangerie-pâtisserie à grands bruits, comme à leur habitude, en hurlant, gloussant et glapissant. Madara sursauta. A chaque fois, il avait l'impression d'avoir à faire à des bêtes sauvages. Se souvenant que l'on était que lundi, il fronça les sourcils. On ne les attendait pas de sitôt.
- Vous êtes le meilleur prof qu'on n'a jamais eu ! Hurla presque Hidan en allant vers lui en courant.
- Je suppose que vous venez pour le bac blanc... Soupira Madara.
- J'ai eu 18 en littérature, déclama-t-il à toute vitesse, Yahiko 16 en anglais, Kakuzu 15 en allemand, Itachi 17 en histoire-géo, Kisame 14 en philo, et Deidara a carrément eu la moyenne en ESPAGNOL !
- C'est formidable, ricana Orochimaru en buvant dans sa bouteille d'eau. En réunissant tous vos cerveaux vous aurez peut-être enfin le Bac.
Hidan lui tira la langue et Itachi pouffa, tandis que les autres s'indignaient. Il pouvait croire en eux, tout de même ! Le serpent leur rit au nez quand Deidara demanda plus faiblement :
- Sasori n'est pas là ?
- Arrière-boutique, répondit évasivement Madara en lui montrant la porte du menton.
- Je reviens, dit alors le blond.
Je voudrais le garder
Sasori s'affairait à décorer des cupcakes quand la porte de l'arrière-boutique s'ouvrit. Il leva les yeux, et sourit en voyant Deidara.
- Tiens, bonjour, rit-il. Je me disais bien que ces cris m'étaient familiers.
Deidara rit et demanda à s'assoir. L'auburn hocha la tête, et le lycée tira un tabouret vers lui pour s'y installer. Au début, il posa ses coudes sur le plan de travail, regardant le pâtissier recouvrir de crème les petits gâteaux sortant tout juste du four.
- Ce n'est pas pour le Bac que je viens, avoua-t-il.
Au début, le roux ne répondit pas. Ce ne fut que lorsqu'il eut mis de la crème sur tous les cupcakes qu'il remarqua le sourire qui illuminait le visage de Deidara. Il nota aussi qu'il avait repris des couleurs, ses cheveux étaient plus éclatants, ses yeux brillaient, même son expression était plus saine. La porte s'ouvrit.
- Je te prends quoi, Deidara ? Demanda Itachi.
- Un pain au raisin ! Répondit le blond sans cesser de sourire.
Sasori haussa les sourcils tandis que la porte de l'arrière-boutique se refermait. Le sourire de Deidara s'élargit et il leva de nouveau les yeux vers le pâtissier.
- Je recommence à manger...Finit-il par dire. Je n'ai pas encore pris de poids mais... Même si je me bas, je m'alimente correctement. Et là, je vais enfin me remettre au sucre.
La gorge de Sasori se resserra soudainement, et il posa une main sur son cœur, ouvrant de grands yeux.
- C'est formidable, souffla-t-il, les yeux brillants.
Je voudrais le garder
Le sourire de Deidara ne s'effaça pas. Au contraire, il grandit encore, bien que ses lèvres se referment.
- C'est vous qui avez rendu tout ça possible... Avoua-t-il, le rose aux joues. Merci…
Et il se leva. Avant que l'auburn ne dise quelque chose, ses lèvres rencontrèrent celles de Deidara. Il écarquilla les yeux, et la bouche froide du blond se détacha de la sienne.
- Qu'est-ce que tu fais ? S'étonna l'auburn.
- Je réponds à nos questions… Répondit le lycéen, avant de l'embrasser encore.
Il n'eut pas besoin d'en dire plus pour que Sasori comprenne. Celui-ci ferma alors les yeux, et posa ses mains sur la nuque du blond, prolongeant leur baiser, le flavescent passant ses bras autour de ses épaules.
L'amour est un soleil brulant
- Deidara ! Hurla alors la voix d'Hidan. Je sens les cupcakes d'ici ! Les garde pas pour toi tout seul !
