Chapitre n°18:

POV Bella

Ça faisait plus de deux minutes que je gardais le silence. Il n'aurait pas pu demander un joker? Lâcher une telle bombe. Était-il fou? Vu la chaleur qui émanait de mon visage, il n'y avait pas besoin de s'appeler Einstein pour savoir que j'étais rouge, voire même pire que rouge. Ce n'était pas l'heure de manger le dessert? Nan pas encore? Mince. Je n'osais même plus lever la tête vers Edward. Qu'est-ce qu'Emmett avait en tête pour poser une telle question? Il y en a qui avait trop abusé des prises électriques. En plus, ils ne m'avaient toujours pas redonné mon bas. D'ailleurs, je ne savais même plus qui le possédait. J'avais vu Edward le lancer mais pas la personne qui l'avait rattrapé. Il voulait me voir nue? Il avait vu ma jambe, n'était-ce pas assez? C'est vrai que j'avais dit que je voulais dormir avec lui ce soir. Mais c'était à cause d'une action. Et connaissant Emmett, jamais je n'aurais pu dormir tranquille. Et qu'est-ce que Rosalie avait en tête pour donner une telle action? Peut-être avait-elle tout prévue et que c'était la raison pour porter de tel sous vêtement. J'allais la tuer. Et Emmett aussi. Mais malgré tout, la réponse d'Edward m'avait réjouie. J'aurais surement été jalouse s'il avait prononcé le nom d'une autre fille. Je m'emballais toute seule, m'empourprant à chacune de mes pensées alors que je pensais cela impossible. Et tout ça pour quoi? Pour un homme! Enfin, jeune homme.

« Bon, Ed' c'est à ton tour de poser la question, » s'impatienta notre lutin.

« Ne m'appelle pas comme ça, » la menaça-t-il.

« Ce que j'ai peur, » marmonna-t-elle en levant les yeux ciel.

« Tiens, Alice. Action ou... »

Mais il n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase que sa mère, Esmée, fit irruption dans la pièce. Elle nous demanda de les rejoindre pour la suite. Je vénérais cette femme. D'une, je n'avais plus envie de continuer le jeu. Et de deux, car je la trouvais formidable. Elle était toujours élégante, même la fois où elle avait joué à la nourrice avec moi. Elle n'était jamais départie de son sourire chaleureux. Aimable, sociable, aimante, bienveillante. C'était la femme parfaite. Je jalousais secrètement et légèrement Emmett et Edward d'avoir une mère comme elle. Ma mère aussi correspondait à ces critères, mais elle faisait bien trop enfant. Elle correspondait plutôt à une gamine possédant la joie de vivre. Mais j'étais tout de même heureuse qu'Esmée ne soit pas ma mère. Edward aurait été mon frère, et je ne faisais pas dans l'inceste moi! Et me voilà m'imaginant faire corps à corps avec lui. Pas que c'était la première fois, nan. Mais jamais je n'avais poussé mon imagination jusqu'à là. Tirer ses cheveux de bronze pendant qu'il titillait ma peau de mille baisers et mes pointes durcies de ses dents... Il faisait chaud d'un coup. Très chaud. Qui est-ce qui avait allumé le chauffage? Personne? C'était mon radiateur corporel alors.

On s'installa à table. Personne ne remarqua la rougeur excessive qu'avaient prise mes joues. Ou sinon, ils avaient l'amabilité de faire comme s'ils n'avaient rien remarquer. Esmée nous apporta le dessert. C'était un gâteau aux fruits rouge. Humm... J'adorais les fruits rouges en plus. J'allais me régaler. Les discussions allaient bon train. Charlie parlait de sa dernière partie de pêche, demandant à Carlisle de venir avec lui la prochaine fois. Maria me demanda des nouvelles de mon travail. Je l'informai donc que tout se passait bien pour le moment. Ma part de gâteau touchait à sa fin quand je fus sortie de mes pensées par Alice.

« Dites les filles, ça vous dit une sortie shopping demain? » Demanda-t-elle excité comme une puce.

« Hum, ça me tente bien! » Acquiesça Rosalie.

« Et moi ça ne me tente pas, » répondis-je avec un sourire tout droit sortie d'une publicité pour dentifrice coller au visage.

« Toi, Isabella Swan, viendras de gré ou de force, mais tu viendras, » fit-elle menaçante.

« Oui, mais demain je travaille, ne l'oublie pas. »

Elle ouvrit la bouche, pour la refermer aussitôt. Elle l'avait oublié. Merci Victoria's Secret. Même si s'était mon dernier jour de boulot. Je n'avais pas travaillé longtemps, peut-être deux semaines à tout casser, mais ça faisait déjà une belle petite expérience. Je lui fis part que je finissais demain. Ses yeux s'illuminèrent alors, et repoussa la sortie à lundi. Les garçons seront aussi de la fête. En tournant la tête vers les trois jeunes hommes, je remarquais qu'ils étaient tous 'enchanté' de nous accompagner. Emmett avait porté ses mains au visage et faisait semblant de pleurer en se lamentant sur son sort. Jasper haussa ses épaules, désinvolte. Il avait l'habitude avec Rosalie. Et Edward avait l'air de réfléchir.

« Hey, » murmurais-je le plus bas possible à son adresse. « Ne cherche pas d'excuse pour ne pas y aller. Si je dois aller faire du shopping avec ta cousine et Rose réunit, il est hors de question que tu y échappe! »

Malheureusement, Alice capta notre conversation, ou plutôt, mon monologue. Il n'avait pas eu le temps de répondre qu'elle attaqua. Qu'il fallait absolument qu'on soit tous présent, et qu'elle refusait toute excuse. On devait tous venir, point final. On était tous dans le même bateau. Nos parents rigolaient silencieusement devant nos mines dépitées. Maria gronda non sévèrement sa fille pour le ton autoritaire qu'elle utilisait, mais cette dernière lui répondit que c'était pour notre bien à tous, pour le pays entier qu'elle faisait ça. Mais bien sûr, on y croit tous voyons. À table, les discussions étaient plutôt animées quand je sentis mon portable vibrer. J'avais reçu un message mais je ne connaissais pas le numéro. Je l'ouvris discrètement pour ne pas attirer l'attention sur moi, pour une fois que j'avais un instant de répits!

« Alors comment on fait?
Tu dors chez moi, ou l'inverse?
Edward. »

Je relevais la tête, et le vis me regarder avec son éternel sourire en coin. Dieu que je le détestais. Mais s'il n'y avait que ça. Il me rendait folle. Folle de lui. Je lui répondis aussitôt.

« Et en quel honneur? »

Il avait la tête baisser, et tapait sur ce que je devinais être son téléphone. Sa réponse ne tarda pas à venir.

« As-tu oublié ce que TU as dit? »

La chaleur remonta à mes joues comme si elle ne m'avait jamais quitter. Il parlait de nos actions vérité. J'avais dit que je voulais dormir avec lui ce soir, je pensais que tout était déjà oublier mais non, poisseuse comme je le suis, il fallait qu'on remette ça sur le tapis. Autant essayer de le taquiner.

« Et donc faire une pierre deux coups?
On dort ensemble, je dors à poil.
Ouais pourquoi pas, on aura chacun eu ce que l'on voulait comme ça.
Mais pourquoi serais-je la seule à me dévêtir?
Et as-tu pensés à nos parents?
Tu crois vraiment qu'ils nous laisseraient faire? »

Je vis ses yeux se noircirent légèrement à la vue de ma réponse. À la fin de sa lecture, il releva la tête. Oh bordel. Il avait un de ces regards. Il me faisait mouiller ma petite culotte. Je resserrais instinctivement mes cuisses. Il pianotait une nouvelle fois sur son mobile.

« Il y a toujours moyen,
on peut toujours vous invité à dormir ici,
et les parents n'en sauront rien.
Sinon, on met Alice dans le coup,
elle a toujours de bonnes idées »

Je haussais un sourcil à la lecture du message. Demander de l'aide à Alice? Non, mais il était complètement dingue. Puis je réalisai à l'entente de mes pensées que je faisais comme si tout cela était vrai. Pas que c'était faux, je n'avais pas rêvé, mais comme si on allait le réaliser. Alors qu'au départ, ce n'était que taquinerie. Je m'apprêtais à lui répondre quand Alice prit parole, une nouvelle fois.

« Au faite, ça vous dit un camping la semaine prochaine? De jeudi à dimanche. »

« Ouais, et on ira chasser des grizzlis, » s'exclama Emmett.

« Ça marche pour moi, » fit Rosalie à l'unisson avec Jasper, de vrais faux jumeaux.

« Vous ai-je déjà dis que j'étais maladroite, que dis-je, très maladroite? » Questionnais-je en accentuant le 'très'.

Un nouveau vibrement attira mon attention. Encore Edward. Je soufflais en levant les yeux au ciel, me demandant quelle connerie allait-il me sortir cette fois ci.

« On tient notre occasion!
Ça ne sera pas ce soir que l'on dormira ensemble,
désolé,
encore cinq jour à attendre pour partager ma tente! »

Je gloussais. J'espérais avoir été discrète. En y pensant, avais-je le choix? Jasper et Alice dormiront ensemble, tout comme Rosalie et Emmett. Et à moins de dormir seule, il ne restait plus qu'Edward.

« Cinq longue journée,
ça va être dur mais j'essayerai de rester vivante ;)
Par contre, ne compte pas sur moi pour rester nue,
le soir il fait un froid de canard! »

Un sourire naissait au coin de mes lèvres quand je relus mon message et l'envoya. Du coin de l'œil, je vis que je n'étais pas la seule à sourire pour rien. Quelques secondes plus tard, je reçu une autre de ses réponses.

« Je n'ai jamais dit que tu devais rester nue,
tu peux très bien te dévêtir une minute puis
te rhabiller une fois que je me serais rincé l'œil.
Aussi, je pourrais te réchauffer grâce à ma chaleur corporelle! »

« Il est hors de question de faire nos achats dans la boutique des Newtons, donc on n'en profitera lundi pour prendre ce qu'il nous manque. » Nous ordonna la petite brunette. « Bon, programme de lundi, debout à huit heure, on y va en deux voitures et on part à neuf heure. On arrivera un peu avant dix heures. Parfait. On commence nos achats pour le camping, puis on finit notre shopping. Il y aura une pause à midi pour manger. Des questions? »

« Alice, calme toi, on dirait un commando, » se manqua gentiment son père.

La fin de la soirée se passa dans la même bonne ambiance. On ne reparla pas des actions vérité, même Edward. Devais-je m'en réjouir? Ça m'amusait de lui répondre à ses messages. Chacun rentra de son côté. Rosalie dormis dans ma chambre et on commença à discuter des conversations de filles.

« Dis, tu crois que je ne t'ai pas vu envoyer des messages sans arrêt? » Me demanda-t-elle en levant son sourcil.

« On m'envoie un message, je réponds, » éludais-je rapidement.

« Hum, » acquiesça-t-elle. « Et comme par hasard, ça n'a rien à voir avec Edward qui était dans le même cas et qui ne cessait de te regarder à chaque message envoyer, bien sûr. »

« Euh, ouais, » répondis-je en rougissant et en baissant la tête. « Mais tout ça c'est ta faute! »

« Ma faute? Pardon? Qu'est-ce que J'AI fait? »

« Déjà les sous-vêtements, puis les questions et les gages... à croire que vous vous étiez passé le mot. »

« Qui sait, » me répondit-elle avec un léger sourire en coin.

« Rose! »

« Mais je rigole, non tout n'était pas prévu. Okay, j'avais quelques idées en tête, et qui ont marché à un point que je n'espérais même pas. J'avais juste le coup du bas en tête. Après, je n'y suis pour rien! »

« Tu sais que je vais te tuer? » Lui demandais-je sourire en lèvre.

« Bien sûr que non, tu ne me tuera pas. Je suis ta cousine préféré, tu ne me feras pas de mal. Tu m'adores de trop, et pour une fois que je peux jouer les entremetteuses. Permet moi de te rendre ce service après tout, tu l'as bien fait pour moi. »

« Effectivement... » Soupirais-je lasse de m'êtes fait avoir une nouvelle fois par Rosalie.

« Allez, on dort. »

« Bonne nuit. »

Je tournais autour de la table, d'une démarche féline. Ma proie faisait de même. Il y avait ce jeu entre nous. Lequel d'entre nous deux chassera sa proie en premier? Je le vis s'enfuir vers le canapé. Et sans comprendre comment, j'étais assise à califourchon sur lui. Lui mon Apollon, le véritable dieu grec vivant. Je n'avais pas remarqué avant, mais je vis que l'on était en tenue d'Ève et d'Adam. J'attrapais ses lèvres pour l'embrasser langoureusement, cherchant à le dominer de ma langue. J'y étais presque quand il reprit le dessus et renversa la situation, me mettant sous lui. Ce que j'aimais cet homme. Pour une fois dans ma vie, je me sentais femme. Il appât goulument chacun de mes seins, me fixant de ses deux émeraudes. Je gémissais. Pour la première fois de ma vie, je gémissais de plaisir. De mes mains, je griffais son dos. Involontairement bien sûr. C'était le plaisir qui me faisait faire une telle chose. Je vis sa tête aller légèrement plus bas. J'eus un sursaut quand je sentis sa langue sur mon nombril. Ce que j'étais sensible à cet endroit. Mais qu'est-ce que c'était bon. Il descendit encore plus bas, allant vers mon intimité. Je ne voulais pas qu'il aille si loin, je n'y connaissais rien en relation sexuelle. Mais quand il commença à me laper, je perdis toute ma raison. Je n'étais qu'une poupée de chiffon, qu'une marionnette dont il tirait les ficelles. Je me laissais faire, emporter par le désir que procurait sa langue, ainsi que ses doigts qui venait de s'inviter à la fête dans mon volcan. J'essayais de contrôler un maximum mes gémissements, mais le résultat n'était pas celui que j'attendais. Peut-être parce que ce domaine était nouveau pour moi, je ne contrôlais plus rien. Puis, d'un coup, tout ralentissait.

« Non, pas maintenant, » gémissais-je une nouvelle fois, ce n'était plus du plaisir mais une plainte.

La pièce s'éclaircissait petit à petit. Je ne sentais plus la langue, ni ses doigts sur moi. Je ne sentais plus rien. Puis je le vis s'évaporer dans les airs. Edward n'était plus là.

Quand je me réveillais, j'étais déçu. Je voulais tant savoir la suite. J'étais tenté d'essayer de me rendormir, pour justement la connaître quand je vis l'heure. Oh mon dieu. Je bousculais Rose et marmonnais, espérant faire en fait un autre rêve. Mais cette fois ci, c'était beaucoup trop réel. En plus, mon bas de sous-vêtements était tout humide. Pas besoin d'être un génie pour en connaître la raison.

J'avais bien faillit arriver en retard à mon dernier jour de travail. En fait Rosalie avait éteint mon réveil pour faire la grasse matinée. Quand je m'en étais aperçue, il me restait un peu moins de deux heures pour me préparer et y aller. J'arrivais au boulot pile poil à temps. Je soufflais. J'avais couru à travers tout le centre commercial pour arriver à temps. Et sans tomber.

L'aiguille des heures n'avançait pas à grande vitesse. J'écoutais la musique qui sortait des hauts parleurs quand une chanson retint mon attention. C'était une chanson française. « Quand la musique est bonne » de Jean Jacques Goldman. Je commençais à me déchainer au rythme de la musique, dansant et chantant à la caisse, faisant rire les clientes. Il n'y avait pas beaucoup de monde, et heureusement, ça ne les dérangeait pas. D'ailleurs quelques clientes commençaient à s'y mettre. Et au refrain nous étions toutes à l'unisson...

« Quand la musique est booooonne! Bonne. Bonne. Bonne. Quand la musique dooooonne! Donne. Donne. Donne. Quand la musique Sonne! Sonne. Sonne! Sonne. Sonne! Quand elle ne triche pas. Quand elle ne triche paaaaaaaaaas! Quand la musique est booooonne! Bonne. Bonne. Bonne. Quand la musique dooooonne! Donne. Donne. Donne. Quand la musique Sonne! Sonne. Sonne! Sonne. Sonne! Quand elle guide mes pas. Quand elle guide mes paaaaas! » Nous chantions de plus en plus fort.

Des passants commencèrent à s'arrêter devant la boutique pour nous regarder. Quelques-uns entrèrent faisant croire qu'ils cherchaient quelques choses alors que je les voyais nous regarder sans arrêt. Juste pour être aux premières loges. Soudain un de mes passages préféré arriva. Et des nouveaux se joignirent à nous pour chanter...

« Sonne, sonne, sonne ! Sonne, sonne, sonne ! Sonne, sonne, sonne ! Sonne, sonne, sonne ! Sonne, sonne, sonne ! Sonne, sonne, sonne ! Sonne, sonne, sonne ! »

Puis c'était le refrain. Quand je disais que j'adorais cette chanson. Jean Jacques Goldman en fait. J'adorais toute ces chansons. Et qu'est-ce qu'il était beau quand il était jeune. Je n'étais pas bilingue, mais une fois j'avais trouvé une traduction de sa chanson. Et ça m'avait fait sourire. Les paroles étaient simples, mais tout y était dit. Elle me faisait pensée à la joie de vivre. Peut-être que c'était bizarre mais pas pour moi. On devait me prendre pour une folle à danser derrière le comptoir à encaisser les affaires des clientes.

Après ça, la journée passa assez rapidement. Après avoir dit au revoir à tout le monde. Je branchai mes écouteurs dans mes oreilles, et attendit patiemment. Emmett arriva quelques instants après. Il avait passé la journée avec Rosalie. Jasper avait rejoint Alice dans l'après-midi. Il me demanda ce que j'écoutais. Je lui répondis Robert Duparc et son orchestre. Bien sûr, il ne connaissait pas. C'était aussi un 'artiste' français. Je l'informais aussi que j'écoutais de tout, tout pays confondu, et pratiquement tout style de musique. Et aussi que j'en avais mille cent soixante-dix-huit. Il me demanda de brancher mon IPod dans sa voiture vu qu'il avait un câble exprès. Il voulait écouter ce Robert. Eh bien, il n'allait pas être déçu. Une fois brancher 'Alouette – Dans un amphithéâtre' retentit dans l'habitacle de sa voiture. Je recommençais à chanter à tue-tête.

« Alouette gentil alouette. Alouette je te plumerais. Alouette gentil alouette. Alouette je te plumerais. Je te plumerais la tête. Je te plumerais la tête. Je te plumerais le bec. Je te plumerais le bec. Et la tête. Et la tête. Et le bec. Et le bec. Ah ah ah ah. »

Je continuai ainsi jusqu'à la fin de la première chanson. En fait dans une chanson il y en avait deux. Je finissais de chanter Alouette que l'Amphithéâtre débuta. Je recommençai donc à chanter.

« Dans un amphithéâtre. Dans un amphithéâtre. Dans un amphithéâtre. Phithéâtre, phithéâtre, phithéâtre. Soin. Soin. Y avait un macchabée. Y avait un macchabée. Y avait un macchabée. Macchabée, macchabée, macchabée. Soin. Soin. Ce macchabée disait. Ce macchabée disait. Ce macchabée disait. Il disait, il disait, il disait. Soin. Soin. À ce qu'on s'amuse ici. À ce qu'on s'amuse ici. À ce qu'on s'amuse ici. Muse ici, muse ici, muse ici. Soin. Soin. »

Et ainsi de suite jusqu'à la fin de la chanson. J'étais de bonne humeur en chantant ces chansons. Emmett lui était plié en deux. Dans notre ancien lycée, avec Jasper, on avait fait un concert dans les couloirs en chantant ce genre de chanson. Même ceux qui ne comprenaient le français aimaient notre prestation. On ne se prenait pas la tête et on s'amusait. La chanson suivant était 'summer night' de la comédie musical Grease. Emmett devait la connaître car il débuta en chantant la partie de Dany. Moi je fis celle de Sandy. Et ainsi notre duo commença. Si on avait pu danser en même temps que l'on chantait, on aurait fait un malheur, c'était certain. Après Grease c'était avec 'Choopeta'. Il leva un sourcil interrogateur en me regardant. Je me mettais légèrement à danser sur mon siège en ne bougeant que mes épaules et mes bras. Le trajet continua ainsi de suite jusqu'à chez moi. Il débrancha mon lecteur mp3 et me le rendit. Il me traita de folle furieuse quand je descendis de sa jeep. Rosalie, ayant surement entendu le moteur de l'engin, sorti de la maison. Elle me demanda comment c'était passer ma dernière journée. Je n'eus pas le temps de tout lui expliquer qu'Emmett demanda à Rose de me surveiller vue la musique que j'écoutais. Il pourrait tout de même me remercier. Il avait bien rigolé, et grâce à qui? À moi! Rosalie lui assura que tout était normal et sous contrôle.

Le lendemain, je me réveillais en me disant que j'étais enfin libre, en oubliant bien sur volontairement Alice et tout le tralala qui suivait. Après avoir pris un bon petit déjeuner, j'allais me prélasser dans la baignoire. À ce que ça faisait du bien de pouvoir se détendre ainsi. L'après-midi, on ne fit rien de réellement spéciale. Pendant que les deux têtes blondes regardaient un film d'action, qui ne me plaisait pas, je m'étais installer dans le fauteuil d'à côté pour lire mon livre. Depuis quelques temps, je relisais les sept tomes d'Harry Potter. Mon personnage préféré était, est et restera pour toujours le professeur Snape. J'avais eu un coup de foudre. Que ce soit en livre ou dans les films. Pourtant il n'était pas spécialement beau, il avait un certain charisme qui m'attirait tout simplement. À chaque fois qu'il apparaissait j'avais un gros, que dis-je, un énorme sourire aux lèvres. Quand je l'avais vue mourir en lisant le sept, j'étais en pleur. Pathétique hein? Harry pouvait mourir je m'en fichais éperdument. Mais Severus Snape, non. Je n'aimais pas Ron, Harry, Ginny. Ces personnages m'énervaient. Et je crois que c'était pire quand je regardais les films. Leurs têtes peut-être, en plus des caractères de leurs personnages. Bref. Je pourrais parlementer dessus pendant des heures et des heures. La sonnerie de mon téléphone me sortit de mes pensées...

« Allo? » Demandais-je en m'éloignant du salon et en rejoignant ma chambre.

« Salut Bells. Comment vas-tu? C'est Jake. »

« Merci je t'avais reconnue. Bien et toi? »

« La question ne se pose même pas, » l'entendis-je me répondre avec ce que je devinais un sourire aux lèvres.

« Alors, quoi de beau? »

« Oh, pas grand-chose. Je voulais savoir, j'avais dit que je passerais te voir pendant les vacances... »

« Ne me dit pas que tu annules? » Le coupais-je en sentais une légère colère s'insinuer en moi.

« Mais non patate. C'est pour savoir tes disponibilités. Car je dors chez toi, si je viens. »

« Oui, avec mon frère. »

« Tu veux que je trompe ma copine avec Jasper? » S'offusqua-t-il faussement.

« Exactement. »

« Pff... Pas drôle » l'entendis-je murmurer à travers le combiné.

« Alors lundi je ne suis pas là, sortie shopping qui va être épuisant. Et je pars de jeudi jusqu'à vendredi, en sortie camping. »

« Toi? Tu vas faire du camping? » Pouffa-t-il non silencieusement.

« Jacob! »

« Okay, et la semaine d'après? » Me demanda-t-il après avoir repris son calme.

« Je n'ai rien de prévu. »

« Très bien, dis-toi que dorénavant tu m'as moi de prévu. De lundi à vendredi. »

« Et que vas dire futur madame Black si tu t'éloignes autant de temps? »

« Rien, car elle sait que je vais chez toi, et elle t'adore. Elle serait bien venue mais elle est partie avec sa famille en Roumanie pour deux semaines. Elle ne revient que l'autre samedi. Donc que je vienne chez toi ou pas ne changera rien. Trouve une autre excuse. Et à part ça, les amours? »

« Jake! Laisse ma vie sentimentale tranquille. »

« Oh mon dieu. Tu vas finir vielle fille avec tes quatre-vingt-dix chat dans un vielle appartement tout pourri, où tu attendras encore ton sois disant prince charmant, et que dès qu'il te croisera, il s'enfuira puisque que tu seras remplie de rides, et que tu feras peur alors que lui sera beau et jeune. Et à la fin, tu vas mourir vierge sans jamais n'avoir connue les plaisirs de la chaire. »

« Si tu as quelques choses d'intéressant à raconter dis le maintenant ou je raccroche. »

« J'ai réussi à trouver un poster de David Tennant, je te l'apporterais. »

-« Gyaaahhh! » Ne puis-je m'empêcher de prononcer. « Ne me prend pas par les sentiments, c'est de la triche, » réalisais-je après.

« Désolé, c'était trop bon. Mais ne t'inquiète pas, je n'ai pas menti, je te l'apporte vraiment. »

« Jake, tu sais que je t'adore? »

« Oui, je sais, par intérêt, » souffla-t-il en faisant semblant de pleurer.

« Mais non, pas que par intérêt. Des fois oui, des dois non, » lui répondis-je en riant.

« Tu sais que je te hais? »

« Oh oui. »

« Je te laisse, je dois aller faire tourner une machine, » dit-il surement grimaçant.

Je le saluais une dernière fois et redescendit au salon. Quelques minutes plus tard, le film se terminait. Je leur racontais brièvement la discussion avec Jacob leur disant surtout la date de son arrivé ici. Le coup de David Tennant les fit rire. Tant mieux pour eux.

Le lundi matin, je crus que j'allais tuer Alice. Depuis quand avait-elle les clés? Quand est-ce que Jasper lui avait fait un double? Sur le coup, je pensais vraiment que les gros titres du journal de mardi seraient 'un double meurtre sanguinaire dans une petite bourgade nommé Forks'. Alice était apparue dans ma chambre pour nous réveiller avec un boucan d'enfer. Elle avait pris une spatule en bois qu'elle cognait, non sans ménagement, contre une casserole. Heureusement pour moi, je n'étais pas sa seule victime, Rosalie, qui était à côté de moi, subit donc le même traitement, et la menaça d'entrer chez elle par infraction, de prendre toute ses belles paires de chaussures et de les jetés dans la cheminé pour faire un bon feu. Sa menace eu l'effet désiré. Elle se statufia un instant, puis allait recommencer de plus belle en nous disant 'Je les rachèterais' quand Rosalie la regarda assez durement. Ce regard qui voulait dire qu'il ne fallait pas discuter. Elle en serait capable. Elle l'a déjà fait pour une pimbêche de son lycée. D'ailleurs une fois, elle avait même arraché une petite poignée d'extension à cette même fille. À croire qu'elle cherchait la merde. Rose m'avait dit qu'elle s'appelait Tanya. Et d'après Rose, quand cette fille se présentait, elle disait « Ta-Ni-Ya », en prononçant bien le « i ». Effectivement cette Tanya était spéciale. Je n'avais jamais eu le bonheur de croiser sa route, car oui, qu'est-ce que j'aimerais la voir au moins une fois dans ma vie. Je n'avais rien contre le genre de fille possédant une fascination pour les vêtements, extensions et autre extravagance de ce genre. J'adore Alice et Rosalie, et ceux sont des fanatiques de mode. Rosalie possédait des extensions, et moi-même en avais porté. Mes cheveux m'arrivaient jusqu'à mes fesses, mais je les avais fait retirer juste avant d'atterrir ici. Je les avais quand même gardés cinq mois.

On se prépara rapidement, ne voulant pas énerver le petit démon. Une robe pull grise claire, un leggins blanc, et mes converses en cuire blanche. Voilà ma tenue du jour. Alice l'approuva. Heureusement, je savais quand même m'habiller, que croyait-elle. Peut-être que je n'avais pas d'habit sexy avant, mais je savais accorder mes vêtements. D'ailleurs en venant à Forks, je ne pensais pas que j'allais avoir besoin de dessous affriolant, de décolleté provoquant et tout ce qui suit. Quoi que maintenant, j'avais une raison. Comme le disait si bien Rosalie, il y avait un beau buffet de mâle dans les horizons.

Pendant que Jasper pénétra dans la jeep d'Emmett. Rosalie et ce dernier se 'disputaient' pour savoir laquelle des deux voitures passera devant. Avec Alice, on attendait déjà dans la voiture. Elle soufflait, exaspéré par l'attitude du couple. Cette dispute pouvait ruiner son planning, fallait la comprendre. Même si il n'y avait qu'elle pour s'en soucier. Le principal était de faire nos achats non? On n'était pas à une minute près. À croire qu'avec elle, si. Vu que leurs débats mouvementés ne menaient à rien, Jasper leurs proposa de jouer la place de meneur à pile ou face. Ils acceptèrent, et Rosalie gagna. Il était connu qu'elle avait de la chance dans ce genre de jeu. Emmett râla, mais puisque que c'était le jeu, et que ce n'était pas vraiment un mauvais perdant, il accepta sa défaite en échange d'une revanche pour revenir. Un vrai gamin.

Durant le trajet, Alice nous expliqua tout en détail son fameux planning. Cette fille était diabolique, ne parlait-elle que de ça? N'avait-elle aucun autre sujet de conversation. Heureusement, ou malheureusement, je ne savais plus, mon vœu se réalisa. Jasper par ci, Jasper par là. Jasper embrasse comme un dieu. J'aimerai que Jasper soit une glace pour le lécher et le dévorer. Je n'en pouvais plus. Rosalie ajouta qu'il n'avait pas besoin d'être une glace pour faire tout ce qu'elle voulait faire. Les dire de Rosalie la firent rougir. Enfin le silence. Alors que je pensais pouvoir être en paix. Je vis que l'on s'approchait du centre commercial. On y serait dans cinq minutes tout au plus.

Après s'être garé, on entra dans le lieu préféré d'Alice. Je vis ses yeux s'illuminé. Déjà la dernière fois, ça avait fait la même chose. Surement son petit plaisir personnel. Quand on me mettait devant une bibliothèque remplie de livre, j'étais sur de posséder une telle tête.

On alla tout d'abord dans une boutique de sport. À ce que j'adore le sport, j'avais envie de faire demi-tour en voyant tous ces joggings. Alice, qui devait certainement s'attendre à ce genre de comportement, me crocheta le bras, et me tira plus profondément dans le magasin. Après avoir acheté bottes de randonnées, de gros gilets tout à fait démodé mais qui ne risquaient rien, ainsi que des sacs à dos et duvet, nous nous dirigions vers les tentes. Ce qu'elle me montra ne m'allait pas du tout.

« Tu ne crois pas que je vais dormir à deux dans cette chose? » M'écriais-je attirant l'attention des clients et employés se trouvant aux alentours.

« Je te le jure, c'est une tente de deux personnes, » me fit Alice essayant de me calmer.

« Non, non, non. Tu dois te tromper, ça c'est une deux personnes, » lui répondis-je en pointant une autre tente du doigt.

« Non, celle-là c'est une quatre personnes. »

« Excusez-moi, avez-vous besoin d'un conseil? » Nous demanda un employé.

« Oui, » s'exclama le lutin en hochant fermement sa tête de haut en bas. « Nous cherchons une tente DEUX places pour ces jeunes gens, » fit-elle en me pointant du doigt ainsi qu'Edward et en accentuant bien sur 'deux'.

« D'accord, » dit-il en nous observant attentivement. « Alors nous avons celle-ci qui est d'une très bonne qualité et facile à monter et à ranger, » nous expliqua-t-il en nous montrant celle qu'Alice m'avait déjà présenté.

« Hep hep, » le coupais-je. « Ce n'est pas possible. Elle est trop... petite. »

« C'est la plus grande dans les tentes biplaces. »

Ma mâchoire s'en décrocha. Ça? La plus grande? Il se foutait de moi ou quoi? Apparemment non. Alice me tira la langue, contente d'avoir eu raison. Elle ne me demanda plus mon accord et acheta ce produit.

« Je te préviens, il est hors de question que je dorme la dedans. »

« Tu veux qu'on échange l'une de nos tente avec celle-ci? » Me demanda-t-elle trop innocemment à mon goût.

« Oui, » ne puis-je m'empêcher de répondre.

« Okay, mais je te préviens, elles sont encore plus petites, » répondit-elle avec un sourire narquois.

« C'est bon! Je dormirais sous cette tente de malheur, » grognais-je.

« Ne t'inquiète pas Swan, je serais là pour te tenir compagnie, » me souffla Edward dans mon oreille pendant que les autres se dirigeaient vers les caisses.

Ouhh! Voilà qui projetait un programme intéressant. Non. Hors de question. Ce mec n'était même pas mon petit copain. Et même quand j'en aurais un, il n'aura pas ma virginité comme ça. Car des mecs qui sortaient avec des filles, excusez mon expression, juste pour baiser, il y en a des tas, ça brise les cœurs des filles qui y croient... Si mon futur copain est capable d'attendre que je sois prête, alors ça voudrait dire qu'il tient un tant soit peu à moi. S'il me laisse tomber avant, ça voudrait dire qu'il n'en vaut pas la peine. Peut-être que parfois je fais des rêves un peu érotiques, ce n'était pas pour autant que j'allais sauter sur tout ce qui bouge. Pas mon genre. Par contre, je devais avouer que la phrase d'Edward m'avait humidifié. Ce qui m'arrivait souvent dernièrement.

« Bon, on est dans les temps, » nous informa Alice en vérifiant l'heure. « Il est onze heure, on file à la prochaine boutique. »

On suivit notre petit lutin, comme des chiens-chiens à sa mémère. Elle nous fit entrer dans un magasin de chaussures. Les hommes allaient dans leurs rayons et vice versa. À chaque fois qu'une paire de chaussures lui plaisait, elle me les faisait essayer. Oui, JE devais essayer une centaine de paires. Elle en essaya aussi et heureusement. Je la vis mettre pleins de boite de côté. Surement celle qu'elle prenait. Je n'osais même pas compter le nombre. Rosalie fut plus sage. Quelques escarpins, des bottes en caoutchouc super coloré, des bottes en daim, en cuire... Des ballerines, des sandales... Oui, elle était plus sage qu'Alice. Moi le choix était vite fait. Je pris des cuissardes noires trop trop belles. Des bottines marron, comme du bon chocolat. Des escarpins à grand talon bleu nuit, par contre je n'avais pas eu mon mot à dire pour cette paire d'échasse. Et quand j'étais allé dans le rayon chausson, j'avais craqué pour deux grosses pantoufles tête de vache, toute blanche avec une fleur Rose d'un côté d'une oreille. Magnifique. J'allais les mettre souvent. Même quand j'irais chez Alice, ou les Cullen. Oui, on ne sait jamais, peut-être qu'un jour j'irais dormir là-bas.

En me dirigeant vers les caisses, je vis les garçons assis dans le coin enfant où se trouve la télévision avec tous les petits dessins animé. Moi aussi j'aimais m'assoir dans ce coin. J'arrivais derrière eux à pas de loup. Ils étaient tellement concentrés qu'ils ne firent même pas attention à moi, et ma maladresse. Je n'avais pas réussi à être discrète. Tous les enfants c'étaient retourner, mais pas les trois grands garçons. Je criais « Bouah! » en me mettant entre les oreilles de Jasper et Edward. Emmett étant assis par terre, à leurs pieds. Tous firent un sursaut qui aurait dû être filmé. Alice intervint et nous engueula, comme une mère le ferait avec ses enfants. On alla payer nos achats, et je vis que les garçons avaient pris moins que moi. Une paire chacun maximum. Non, non, ils ne s'étaient pas sentis forcer de venir faire du shopping, à peine. Alice avait eu envie de leurs faire une remarque, mais s'abstint. Elle se pinça assez fortement les lèvres, et enchaina à la boutique suivant.

Après avoir fait une petite boutique de vêtement en tout genre, nous allâmes manger dans une pizzeria. Rosalie était déçu du magasin que l'on venait de faire, elle n'avait rien trouvé, Alice non plus. Moi, au contraire, j'avais pris un petit haut sympathique. Mais assez banale. On prit chacun une bonne pizza, je pris une Margarita avec un fond crème fraiche au lieu de sauce tomate. Le midi passa rapidement, trop peut-être. Et on dû repartir à la chasse. On fit d'autre boutique de vêtement au plus grand damne d'Emmett, d'Edward, de Jasper et de moi-même. On était bourrer de sac, et on en avait pas terminé. Les garçons étaient ceux qui en tenaient le plus. Rien d'étonnant, Alice avait convaincu Jasper de porter quelques-uns, les trois quart, de ses sacs, et Rose avait fait la même chose avec Emmett. Edward ne me portait rien qui m'appartenait. Bien sûr que non. Pourquoi le faisait-il? Tout d'abord je n'étais pas aussi chargé que les filles, et deuxième, on n'était pas ensemble.

POV Edward

Une journée dans un centre commercial avec Alice était tout simplement horrible, voire même terrifiant. Je voulais rentrer chez moi, me cacher sous les jupons de ma mère le temps qu'elle m'oublie. En plus, les filles nous prenaient pour leurs esclaves. On devait porter leurs sacs! Qu'avait-on fait pour mériter telle punition? Enfin, je ne devrais rien dire. J'avais la chance de ne porter que mes achats. Bella n'avait pas pris grand-chose en comparaison de ses deux amies. Elle était beaucoup plus calme que les deux autres. De toute façon, elle nous avait déjà expliqué que le shopping, ça allait, mais la chasse aux fringues, ce n'était pas vraiment sa tasse de thé.

Elle m'avait bien fait rire lorsque l'on cherchait une tente. Je n'avais pas pu m'empêcher de lui sortir cette phrase. Qu'allait-elle pensée? Surement pas grand-chose prenant ça pour une sorte de blague. Mais merde! Je le pensais vraiment! J'étais légèrement en retrait du groupe et pouvait donc, sans me soucier de me faire prendre, admirer son jolie derrière. J'espérais qu'on marcherait jusqu'à l'autre bout comme ça. Ça faisait bien cinq minutes que je ne la lâchais pas des yeux quand elle se retourna. Je n'eus pas le temps de relever mon regard qu'elle me lança...

« Vas-y ne te gêne pas, » fit-elle sans aucune once de colère dans sa voix.

« C'est ce que je fais, » lui répondis-je alors.

« Edward. Aurais-tu au moins l'obligeance de lever le regard quand tu me réponds? » Fit-elle toujours sur le même ton.

« Non, la vue est bien trop belle, » lançais-je attendant sa réaction.

« Et si on échangeait de place? Pourquoi serais-tu le seul à pouvoir regarder aussi attentivement, et de façon presque indécente mon fessier? » Me taquina-t-elle.

« Aucun problème, quand tu veux, » lui répondis-je en levant enfin les yeux sur son visage.

Des rougeurs s'étaient donné rendez-vous au niveau de ses joues. Elle n'avait pas l'air en colère, je dirais même qu'elle était amusée. Je pensais qu'elle allait m'envoyer balader, me gifler ou je ne sais quoi encore, mais non. Ca me surprenait vraiment. Elle n'était pas si prévisible qu'elle en avait l'air. Les autres, qui n'avaient rien manqué de notre échange, pouffèrent légèrement. Alice en oublia même son planning et secoua sa tête de droite à gauche, d'un air désespéré tout en souriant. On échangea de place et reprenait la marche. Alice et Rosalie entrèrent dans une petite boutique d'accessoire, pendant ce temps, Emmett partis s'acheter une glace. Les filles revinrent assez vite, n'ayant pas trouvé leurs bonheurs. Rose nous demanda où son 'ours en peluche' était passé. On lui expliqua rapidement quand il refit surface. On prit l'escalator pour monter à l'étage supérieur. Une fois en haut, Emmett s'emmêla les pieds d'une façon qui nous était inconnu et s'étala par terre. Nous n'avions pas pu nous retenir et explosâmes de rire. En se relevant, il avait de la glace partout sur son t-shirt.

« Et merde! » Jura-t-il tout en grognant.

« Pour une fois que ce n'ai pas moi, » entendis-je murmurer Bella entre deux rires.

« Emmett! Ton t-shirt! Non mais tu le fais exprès ou quoi? » S'énerva notre cousine pour le bout de tissu tout tacher.

« Non non, ça va, je vais très bien, » lui répondit-il. » Merci de t'inquiéter pour moi et pas pour mes habits, » grogna-t-il entre ses dents.

« Oui mais tu vois ça, » fit-elle en pointant son haut, « en rentrant il va direct à la poubelle! »

« Oh, ce n'est rien! »

« Rien? Rien? » S'énerva-t-elle. « Tu trouves que ce n'est rien? Non mais tu te fous de moi là? »

« Hey, Al', je ne suis pas un accroc aux fringues. »

« Ouais bah merci, mais je m'en étais rendu compte. »

Une mini dispute commença à éclater. Rosalie intervint alors pour les calmer menaçant de mettre les chaussures d'Alice aux feux et apparemment ce n'était pas la première fois, et de dormir avec Bella au camping pour Emmett. Leurs réactions furent instantanées. Ils ne bougeaient plus, respiraient à peine, puis se répandirent en excuse. Ses deux-là étaient vraiment des cas à part. À partir de ce moment-là, ce fut Rose qui mena l'expédition. Elle entra dans une boutique de lingerie, Victoria's Secret. C'était ici que Bella avait travaillé il me semble. Alice la suivit, ainsi qu'Emmett, sans se faire prier. Jasper y entra plus par contrainte quand il se fit appeler par Alice. J'allais moi aussi y entrer quand je sentis un léger pincement sur ma fesse droite.

« Je voulais savoir si c'était aussi ferme que ça en avait l'air, » souffla Bella en passant à côté de moi.

« Verdict? » Lui demandais-je. « Tu as apprécié? »

« Hum... Je dirais musclé. Et oui assez, » me répondit-elle en entrant dans mon jeu. « Il faut que je me trouve un pyjama pour la semaine prochaine, » enchaina-t-elle.

« Si tu veux je peux t'aider à choisir, » lui proposais-je en lui offrant un sourire en coin.

« Non merci, sinon tu n'aurais plus de surprise. »

« Ce n'est pas grave, je n'aime pas les surprises de toute façon, » fis-je à moitié sérieux.

« Tant pis pour toi, » me répondit-elle en riant.

Elle me laissa planter seul au milieu du couloir devant les portes de la boutique, comme un con oserais-je dire. Était-elle sérieuse? Ou faisait-elle ça juste pour me taquiner? J'espérais la première option, même si la deuxième ne me déplaisait pas. Après tout, c'était amusant de se lancer des taquineries. Par contre, il ne faudrait pas que ça reste juste à ce niveau-là. L'idée de passer à l'étape supérieure m'envoutait. J'entrais à mon tour dans Victoria's Secret.

Franchement, je ne voyais pas pourquoi nous aussi, les hommes, devions entrer ici. Pour Emmett, c'était normal qu'il accepte aussi facilement. S'il pouvait entrer dans un magasin de lingerie sans passé pour un pervers. Il avait une excuse puisqu'il accompagnait Rosalie. Je cherchais Bella du regard, et la trouvait assez facilement. Normal, Alice se trouvait à ses côtés. Elle lui brandissait au nez des nuisettes plus sexy les unes que les autres. Si elle portait une telle chose jeudi soir, et les nuits suivantes, je ne donnais pas cher de ces bouts de tissus. Rien qu'à l'imaginer, petit Eddy se réveillait. Il était au garde à vous ce petit con, et bien en plus! Comment est-ce que j'allais cacher ça? Demander de l'aide à Emmett était hors de question. Il allait plus m'enfoncer qu'autre chose. Jasper aurait peut-être une idée.

« Jasper, » l'appelais-je en sifflant. « Viens voir s'il te plait. »

« Qu'est-ce qu'il y a? » Me demanda-t-il soucieux en voyant ma tête.

Oui, mais comment lui expliquer? C'était sa sœur, et je ne pouvais pas lui dire qu'elle me faisait un tel effet. Quoi qu'il sortait bien avec ma cousine, mais il ne me sortait pas les sensations qu'elle lui procurait. J'allais m'excuser, en lui disant que je l'avais appelé pour rien finalement, quand il remarqua que mes mains essayaient de cacher quelques choses.

« Un petit problème? » Me demanda-t-il comprenant rapidement ce que je camouflais.

« Ouais... »

« Bonne chance mon gars. »

Et il me laissait en plan pour rejoindre Alice qui le demandait. Allez, pense à autre chose Edward. Emmett. Oui, voilà! Pense à Emmett quand il prend sa douche, se caressant... La réaction fut presque instantanée. Ça calma petit Eddy de façon à ce que la bosse soit moins visible. Après avoir soufflé un bon coup, j'allais voir Bella. J'arrivais dans son dos, et elle ne me vit pas. Je le regardais hésité entre deux ensembles de sous-vêtements qui ne devaient surement rien cacher une fois enfilé. Je posais alors le plus doucement possible, ma tête sur son épaule droite.

« Je trouve que le marron et or t'irait beaucoup mieux que le gris et bleu, » soufflais-je à son oreille.

Je la sentis se raidir à mon contacte. Des rougeurs étaient apparues, et je sentais au niveau de son cou, le battement de son cœur s'accélérer. Elle reposa alors le gris et bleu, comme je lui avais recommandé et fit comme si rien d'anormal ne se passait.

« Tu es sur? » Me demanda-t-elle sans me regarder.

« Oh oui. Si tu veux, va dans une cabine l'essayer et je te donnerai mon avis. »

Elle alla vers les cabines. J'étais sur le cul. Je ne pensais pas qu'elle le ferait. Combien de fois allait-elle me surprendre encore. Elle entra dans une cabine disponible, et je l'attendis de l'autre côté du rideau. Les vendeuses me regardaient avec un regard affamé. L'une d'entre elle essayé de m'allumer d'une manière assez provocante. Je détournais mon regard, priant pour que Bella se dépêche. Ça faisait deux minutes que j'entendais le froissement de vêtement, quand soudain, Alice et Rosalie me poussèrent sans ménagement et entrèrent dans la cabine où se trouvait Bella. Les gars me rejoignirent, et me prévinrent que Miss Swan avait envoyé un message aux filles pour les faire venir. Finalement, je m'étais fait avoir, encore! Je les entendais discuter...

« Hummm... il te va super bien. »

« Tu es trop sex dedans. »

« Et c'est Edward qui l'a choisi? »

« Il a bon goût, il sait ce qui te va. »

« Franchement, tu devrais mettre ça ce week-end. »

« Ouais, et tu seras assurée de passer une bonne soirée. »

« Oh c'est clair. »

« Allez les filles, calmez-vous, » intervins enfin Bella.

Rosalie et Alice sortirent et la laissèrent se rhabiller. Rosalie me lança un clin d'œil assez suggestif qui devait concerner la tenue de Bella. Pense à Emmett. Pense à Emmett. Je venais de trouver une bonne solution. Peut-être devrais-je en déposer le brevet? Finalement, je ne restai pas à attendre que mademoiselle veuille sortir, et allais avec les gars. Ils avaient décidé de faire une petite pause et d'attendre les filles sur un banc juste devant les vitrines.

« Alors, ça va mieux? » Me demanda le blond.

« Ouais heureusement, lâcheur, » grognais-je.

« Pourquoi? Qu'est-ce qu'il s'est passé? » Nous interrogea mon frère soudain curieux.

« Oh, c'est juste Edward qui a eu un 'petit problème' si tu vois ce que je veux dire. »

« Sale traitre, » sifflais-je en direction de Jasper.

« Nan, c'est vrai Eddy? Raconte à ton grand frère chéri que tu adores ce qu'il s'est passé? » Me dit-il en prenant une voix beaucoup trop mielleuse pour être naturelle.

« Rien du tout! » M'agaçais-je de plus en plus.

« Tu sais, je pense te l'avoir déjà dit, mais ce n'est pas bien de mentir à son grand frère, non, non, non, » dit-il en prenant cette fois ci une voix enfantine.

Oh Dieu. Pourquoi ne me lâchait-il pas avec cette affaire. J'étais sûr en plus qu'il avait tout compris, du pourquoi au comment. Il voulait juste que je le dise à voix haute. Comme si j'étais assez stupide pour faire ça, et risquer que les filles arrivent au même moment, comme par hasard. C'est vrai, c'était toujours comme ça dans les films ou les livres. Un des personnages principaux disait quelques choses que le principal concerner ne devait pas attendre, mais bien sûr, celui-ci arrivait toujours au bon moment, et soit il s'enfuyait, soit il se bastonnait. Bref. Prévisible. Et avec la malchance qui me collait au cul ces derniers temps, je ne préférais pas tenter le diable.

Les filles arrivèrent enfin, des sacs en plus dans leurs mains. Bella me fit un magnifique sourire, qui faillit me faire chanceler. Aïe. Qu'est-ce qui... Jasper venait de me pincer.

« Reprend toi vieux, » me dit-il simplement.

Je remarquais alors que j'avais privé mon corps d'oxygène depuis leur apparition. Ma bouche était légèrement ouverte, et un léger filet de bave commençait à se former. Mes yeux commençaient à me piquer, signe que je n'avais pas cligné des yeux depuis un petit bout de temps. Que m'arrivait-il? Comment une simple fille arrivait à me rendre toute chose? Je n'étais pas une gonzesse merde! C'était elle qui devait se liquéfier en me voyant, baver comme il n'en était pas permis, espérer, perdre les pédales, et se sentir bizarre. Pas l'inverse!

« Oh faite Bella. » Lui demanda Alice. « Tu ne devais pas t'acheter une voiture? »

« Si, j'y vais demain. Si tu veux, tu pourras m'accompagner. »

« Avec joie! » S'exclama-t-elle à la surprise de personne. « Qui vient avec nous? »

« Alice! » La réprimanda-t-elle. « Pas besoin d'amener toute la troupe pour choisir une voiture voyons! »

« Pourquoi, tu ne veux pas de nous? » Lui demandais-je en lui sortant mon sourire en coin qui, d'après la gente féminine, était irrésistible.

« Ce n'est pas ça, » bafouilla-t-elle. « C'est juste que je ne veux pas vous ennuyer avec tout ça. Je suis assez compliquer parfois, et ça risque de prendre un moment si j'hésite entre deux modèles. »

« Ça veut dire que MOI tu te fiche de m'ennuyer? Tu te soucis plus d'eux que de ta meilleur amie? » Demanda Alice, en faisant perler au coin de ses yeux de fausses larmes.

« Mais non Alice. Je ne voulais pas dire ça, » lui répondit Bella embarrasser. « Je savais que tu voulais m'accompagner, c'est tout. J'avais juste peur que tu leur force la main, te connaissant. »

« Ne t'inquiète pas, elle fait semblant, » l'informais-je. « Et aussi, si on vient avec Emmett, on pourra peut-être te conseiller que dis-tu? » Lui proposais-je.

« Hum... Je ne sais pas. Tu serais capable d'essayer de me manipuler pour que je prenne une vielle charrette, donc franchement, je pense que tes conseils... Enfin, tu vois ce que je veux dire. »

« Ouais, il n'y a pas plus clair, » murmurais-je en me passant ma main dans mes cheveux.

Il était clair qu'il y a encore quelques jours, je lui aurais fait ce coup. Mais pas là. Plus maintenant. Et ça m'énervait. Peut-être que je pouvais lui faire changer d'avis, et gagner sa confiance. Non mais, pourquoi pensais-je à un tel truc. Depuis quand je me souciais de ce qu'elle pensait de moi? Depuis quelques temps déjà. J'avais beau me boucher les oreilles, et fermer les yeux. Mon esprit n'arrêtait pas de penser pour autant. Quand Mike avait aidé Bella l'autre jour, quand il l'avait rattrapé, j'avais vus rouge. J'avais déjà commencé à changer, et je l'avais senti. J'avais beau essayer de lutter, c'était difficile. J'avais beau dire que ce n'était pas bien, j'avais envie d'elle, de son sourire, de son humour, de ses rougeurs, de sa voix, de sa maladresse aussi. Je voulais tout d'elle. Je devais me faire une raison. Je l'appréciais plus que la normal, plus qu'un simple ami. Bien plus. Et ce n'était pas seulement une envie sexuelle. Et merde. Comment avais-je pu en arriver là? On n'avait pas réellement pris la bonne direction pour aboutir à une telle relation. Mais qui sait... Après tout, avec le temps, les gens changent. Même en une courte période. En une heure on pouvait passer du oui au non. Il suffisait d'utiliser les bons arguments au bon moment. Tout simplement. Et c'était sur la route du retour que je me promettais qu'Isabella Swan serait mienne.