Je ne suis pas très contente de celui-ci, mais il faut que je l'évacue de ma tête. Et je me suis promis de ne pas passer des heures sur mes drabbles, sinon je n'avancerai jamais sur mes autres projets. Donc voilà, je ne suis pas une adepte du point de vue à la première personne, mais c'est venu comme ça. C'est un texte brut, pas affiné, donc assez bancal, je m'en excuse d'avance.
Bonne lecture tout de même !
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Je la déteste. Je la hais. Je l'exècre !
Elle passe son temps scotchée à Emily, à croire qu'elle n'a rien d'autre à faire. Oui, eh bien tant mieux pour elle si elle a du temps, mais ce n'est pas mon cas ! Et j'aimerai bien, tant qu'à faire, récupérer ma collègue, histoire que l'on puisse avancer dans notre travail ! Non pas qu'Emily soit incompétente, loin de là. Après tout elle a quand même survécu à Miranda durant... attend combien déjà ?…C'est ça, quatre ans je crois. Soit quatre glorieuses raisons d'avoir une lettre de recommandation aussi imposante que le budget Runway. Et c'est peu dire. Personnellement je ne sais pas comment elle a fait, je peine à finir une année comme assistante (et avocate, parce qu'il faut bien défendre son boulot) du diable, et pourtant, si j'ai bien compris les insinuations de Nigel et les remarques acerbes d'Emily, je ne m'en sort pas trop mal…..Même plutôt bien, puisque j'ai fini par hériter de la tâche du Book. Une récompense douce-amère si vous voulez mon avis. Outre le fait que j'ai dû danser un tango mortel avec ma propre patronne pour éviter qu'elle ne m'exécute en place publique, à grand renfort de cris et sang, et de ce fait, brise définitivement tous mes rêves de percer un jour dans le journalisme, je me suis donné, moi-même, une raison d'être bouffée par la jalousie.
Oui parce que, voilà. Passe encore que, un soir où j'avais oublié au bureau un devoir des diaboliques jumelles Priesly (devoir que je devais faire, moi, pas elles, ne rêvons pas). Je disais donc, passe encore que je les trouve à chuchoter dans le noir, en attendant le Book, assises côte à côte, à peine à quelques centimètres l'une de l'autre, les mains entrelacées (bizarrement elles auraient été en train de se faire une pédicure, ça ne m'aurait peut-être pas autant énervée). Mais voilà, maintenant que c'est moi qui poireaute pour le Book, elles, elles peuvent tranquillement rentrer chez elles. Et chez elles, je veux dire chez Emily quoi. Je le sais, je les ai vues descendre du même taxi un matin ! Voilà, pendant que je vais chez Miranda à prier pour ma vie et pour ne pas faire (encore) une bourde, elles, elles sont tranquilles, assises côte à côte, sur le canapé d'Emily, dans l'appartement d'Emily, qui sent bon Emily, à chuchoter dans le noir, les mains entrelacées, et à…à…Je préfère ne pas y penser.
Et là, alors qu'on fait les potiches à un gala en l'honneur de je ne sais plus trop quoi (enfin si je m'en souviens, mais là j'ai un peu d'autres choses à penser, comme le nom des invités qui veulent taper la bavette avec Miranda, ou trouver un moyen de noyer cette pin-up décolorée de Serena dans son cocktail, par exemple). Donc là, soit un des seuls moments où je peux discuter avec Emily, puisque, étant donné que nous passons nos journée à courir, que l'on doit rester visser au téléphone pendant que l'autre mange, et que le soir … je crois que j'ai été assez claire sur le soir. Mais ce soir, il a fallu qu'elle soit là. Et tandis que je me tiens dans l'ombre de Miranda, tenant les paris pour savoir quand ma mémoire me lâchera et ma patronne me lynchera, Blondie me pique MA conversation, avec MA collègue. Et je ne peux même pas me noyer dans l'alcool. Je l'ai envisagé, bien sûr. A peu près dix fois en trois minutes. Mais, justement, je n'ai pas assez bu pour pouvoir faire fi des conséquences : au choix, perdre la vie, perdre mon job (et je pense que ces deux marchent ensemble), perdre la vue d'une rouquine en face de mon bureau chaque matin. Et je ne préfère pas penser laquelle me rendrait la plus triste, je sens que la réponse serait pathétique et je n'ai pas envie de me mettre à pleurer. De toute façon je sais que quand je serais chez moi, je me mettrais à pleurer. Comme toujours. Comme tous les jours. Je ne sais plus ce qui me fait le plus peur : Emily, Miranda ou rentrer chez moi. Je peux enlever Miranda de la liste, car elle, au moins je peux essayer de me défendre. Pour le reste, je ne peux rien y faire et, Marcus Dollson, sénateur conservateur et sa femme Annie. Un peu juste cette fois-ci. Cette soirée n'en finira pas, je vais mourir avant. Et les deux qui rigolent. Merde, je vais vraiment me mettre à pleurer ! C'est n'importe quoi, j'en ai marre, ça n'a aucun sens ! Nous sommes à peine capables de tenir une conversation sans se tirer dessus. Ce n'est même pas comme si nous étions proches ou amies. Ça doit d'ailleurs être la personne à qui je parle le moins de tout le journal. Non, on ne se parle pas, on passe nos journée face à face ou côte à côte, à se concerter du regard, se serrer les coudes face aux folies quotidiennes des dames Priesly, à communiquer en quelques gestes les humeurs, les pièges, les nouvelles, les ordres, les demandes, les envies, les crises, les solutions, les coups de fil, les coups de couteau, les suicides, les succès, de notre rédactrice et des quelques grands pontes de la mode qui composent cette sphère dorée…Et… enfin libre ! Ma tête est en train d'exploser, je ne pourrais plus retenir un nom avant des semaines. Miranda est partie, Serena aussi s'en va (première bonne nouvelle). Je ne veux pas rentrer chez moi. Emily m'a glissée quelques mots avant de s'éclipser, elle aussi, dans la foule, surement pour gonfler son carnet d'adresse. Elle a raison. Je devrais faire pareil. D'ailleurs c'est ce qu'elle m'a dit avant de se fondre dans la masse (en plus des quelques urgences qu'on risquait d'avoir demain, au bureau, d'après ce qu'elle avait pu comprendre de la langue de bois des gens de mode). Que je devrais aller discuter avec je ne sais plus quel rédacteur de je ne sais plus quel grand journal qu'elle avait repéré près du bar. J'étais trop épuisée pour vraiment écouter. Je préférais savourer l'une des rares conversations calmes, presque amicales, que l'on avait. J'ai toujours envie de pleurer. Si ce n'est plus. Tant pis pour mon avenir, je vais rentrer. Et Serena qui me sourit. Ah oui c'est vrai, elle s'en va aussi. Tant mieux, tant pis, je m'en fous. Hahaha, NON ! Non je ne partagerais pas un taxi avec toi, même pas pour avoir un accident. Je n'ai pas besoin d'aide pour souffrir merci, j'y arrive toute seule. Actuellement, j'essaye de conserver ma dignité donc, Ne. Me. Parle. Pas. J'ai besoin d'air. Ça ne va pas du tout. Je ne veux pas pleurer. Et Emily nous regarde du bar. Je le sais, j'ai du mal à détacher mon regard de sa robe. Et Blondie qui n'arrête pas de sourire et de me parler. Laisse-moi tranquille, je t'en supplie. Mais qu'est-ce qu'elle racont.. Pardon ?!
« Elle préfère les brunes »
