Note: Les personnages ne m'appartiennent pas et sont l'œuvre exclusive de JKR. Je me contente, humblement, de leur faire "subir" ce qu'il me plaît…


Chapitre I : 5 ans plus tard

Hermione poussa la porte de son appartement, retenant un soupir. Exténuée, elle s'affala sur son fauteuil favori, à proximité de la porte-fenêtre menant à un minuscule balcon, de sorte qu'elle pouvait profiter des lumières de la ville, tout en sirotant un thé avec un bon bouquin. Son petit plaisir quotidien, après des journées harassantes à Sainte-Mangouste.

Mettant de côtés ses précédentes ambitions – travailler au département de la Justice Magique et faire évoluer les droits des créatures magiques telles que les elfes de maison, les gobelins, les centaures ou les loups-garous – à la surprise de ses proches, elle avait entamé une formation de médicomage.

Quatre années à la fois passionnantes et épuisantes, qui se verraient couronnées, d'ici quelques mois, par l'obtention de son diplôme de guérisseuse et de l'autorisation d'exercer. Et la peur d'échouer lamentablement la tiraillait à mesure que l'échéance s'approchait, en dépit de ses excellents résultats. Hermione Granger ne changerait pas, et ce ne sont pas ses deux meilleurs amis, les premiers à se moquer de son travers de première de classe, à l'époque de leur scolarité à Poudlard, qui diraient le contraire.

Même si Poudlard lui semblait être un bien lointain souvenir désormais.

Après la défaite de Lord Voldemort, cinq ans plus tôt, le monde sorcier s'était péniblement attelé à la reconstruction. Panser ses blessures, ériger une nouvelle société sur des bases plus saines, sortir les cadavres des placards et organiser le jugement des coupables en toute impartialité… s'était révélé une tâche des plus ardues, à laquelle les survivants du régime de terreur instauré par le Lord noir s'étaient appliqués avec acharnement.

Tandis que Harry et Ron sautaient la corvée des ASPIC et d'une dernière année à Poudlard – le premier pour entamer une formation d'Auror au Ministère, le second pour prêter main-forte à son frère George au magasin de farces et attrapes du Chemin de Traverse – Hermione, confirmant sa réputation d'étudiante appliquée, avait choisi de passer une ultime année dans le vieux château écossais, témoin de ses meilleurs souvenirs d'adolescente.

Après six ans partagés dans cette école, un an de cavale à la recherche des Horcruxes de Voldemort lors de laquelle leurs liens s'étaient encore renforcés, et quatre mois de vie quasi-autarcique au 12, Square Grimmaurd, suite à la bataille du 2 mai… Inutile de dire que cette année d'école sans ses deux meilleurs amis n'avait pas eu la même saveur que par le passé. En dépit de la présence réconfortante de Ginny Weasley, dont elle avait partagé le dortoir, trop de choses avaient changé à Poudlard pour que cela ressemble réellement à ce qu'elle avait connu au sein de l'école de sorcellerie.

À commencer par l'absence pesante, voire étrange, de certains de ses anciens occupants. Dumbledore ne traînait plus sa longue barbe argentée et ses yeux pétillants dans les couloirs, ni Colin Crivey son sempiternel appareil photo, ou Rogue ses sarcasmes. Même l'irritant trio composé de Malefoy, Crabbe et Goyle en était venu à manquer à Hermione. Juste un peu en tout cas.

McGonagall non plus n'était pas là. L'enseignement de la métamorphose avait été confié à un jeune professeur, ancien diplômé de l'Institut Salem aux Etats-Unis. Quant au poste de directrice qui aurait dû – enfin – lui revenir, il était occupé par Filius Flitwick, le minuscule professeur de sortilèges et enchantements. "En attendant…" avait-il dit, lorsque le Ministère lui avait demandé de prendre la responsabilité de l'école de sorcellerie. Dans l'espoir du rétablissement, et donc du retour probable de Minerva McGonagall. Probabilité qui avait pourtant semblé s'éloigner de jour en jour.

Les yeux dans le vague, fixant sans les voir les toits de Londres, sa tasse de thé à moitié pleine au creux des mains, Hermione se remémorait ce jour du 2 mai 1998. Un événement si marquant qu'elle avait toujours l'impression qu'il s'était produit la veille. Un événement qui avait complètement fait basculer son avenir.