Relecture Brynamon.

Merci à GossipMonkey, Mortina Gelly et Violettepoete pour leurs reviews.

En réponse à la tienne Cryspy : Merci pour ta review ! Tant mieux si tu trouves que ça devient intéressant. J'espère te tenir en haleine par la suite. Je vais tenter de continuer dans ce sens !^^

Merci de me suivre.

L'heure des révélations a sonné.

Bonne lecture.


Chapitre 13 : La force du pardon.


POV JAMES POTTER

Le matin.

Après une nuit sans sommeil, j'avais rappelé Harry. Il avait fini par me répondre. Il allait rentrer c'était le plus important. Pétunia était repartie hier après l'altercation avec Harry. Elle m'avait reproché cette situation. Combien de fois elle m'avait dit de lui dire la vérité.

-Maintenant mon neveu me déteste.

Elle avait pleuré, s'était vite reprise et avait quitté la maison. Avant de s'en aller elle s'était retournée :

-Trouve une solution, explique lui, je ne veux pas perdre le seul lien avec ma sœur. Je ne veux pas qu'il traverse ça tout seul. Je ne veux pas qu'il nous haïsse James. Alors fait quelque chose !

Elle avait filé, j'étais resté prostré un moment. Je savais qu'elle avait raison. J'avais voulu le surprotéger et le résultat était là un vrai gâchis. J'avais appelé Sirius juste après.

-Il m'a déjà appelé James, il sait que je suis au courant.

Il y eut un long silence lourd de reproche. Il m'en voulait aussi. Comme Pétunia car il avait rejoint son opinion.

-Je suis son père, je décide pour mon fils ! Lui avais-je opposé.

Il avait grogné, furieux de mon entêtement. Par la suite, il m'avait ignoré pendant des semaines.

Je sifflai Herrol, camouflé dans l'arbre de notre jardin. Il arriva avec nonchalance. Je lui enroulai une missive autour de sa patte et lui indiquai le nom du destinataire.

Une heure plus tard Sirius était là, tel qu'il avait toujours été. Tel un saltimbanque aristocratique, un drôle de mélange. Il dégageait à la fois magnificence, distinction et rébellion. Il franchit le seuil, raide comme un balai nimbus. Puis me voyant si désœuvré il finit par me donner une franche accolade. Nous étions rarement fâchés, et quand c'était le cas, il était difficile pour nous de le rester. J'appréciai son amitié. Elle m'était nécessaire.

-Qu'allons-nous faire Sirius ?

-Il faut reprendre les recherches avec Harry. Il n'y a pas d'autre choix.

Ce qui signifiait encore de l'espoir et qui disait espoir disait chute brutale à chaque échec. J'étais las de lutter, je voulais du répit, de la paix. Sans Harry Merlin seul savait où je serais maintenant. Il était le rayon de soleil dans ma vie plongée dans l'obscurité. Il était mon ancre, m'empêchant de dériver puis de sombrer. J'avais voulu le protéger, j'avais eu raison, tentai-je de me persuader.

-Pas d'autre choix, soupirai-je.

Quand Harry franchit le seuil, la minute suivante, il eut un moment d'arrêt devant son parrain. Sa stupeur s'effaça très vite. Il recouvra cet air rageur d'hier. Mais je voyais surtout qu'en dessous, il y avait de la douleur, encore plus qu'hier. Sirius le remarqua aussi et approcha de son filleul qui s'écarta ne voulant aucun contact.

-Tu es là.

C'était sec, dur.

-Oui Harry, j'étais inquiet, suite à ton appel, j'ai préféré rentrer par le premier portoloin.

-Tu pouvais rester où tu étais.

-Harry…

-Je ne veux pas entendre de platitudes, d'excuses…je veux des infos pour partir à sa recherche.

-Nous l'avons déjà cherchée Harry, tenta-t-il.

-Je la retrouverai moi !

Son aplomb me fit aussi peur qu'il m'agaça.

-Tu crois que je n'ai pas assez cherché Harry, sifflai-je dans une colère étrange et diffuse.

Silence. Son regard étincelant me troubla comme chaque fois.

-Dix ans ce n'est pas assez long pour toi ! Continuai-je dans le même ton.

Il m'examina, à quoi pensait-il ?

-C'est pour ça que Tante Pétunia me gardait si souvent ?

-Je la cherchais chaque jour, réduisant mon temps de travail, oubliant weekend, loisirs, vacances. Je t'ai privé de tout ça pour la retrouver.

Il se troubla à son tour.

-Et pas une trace ?

-Rien. Pas l'ombre d'une piste. Rien non plus sur cet homme en tunique rouge qui est à l'origine de sa disparition.

-Nous avons pensé, intervint Sirius, que les serpents sur la tunique indiquaient une appartenance à Serpentard. On a donc suivi cette piste, remontant aussi loin que possible dans les dossiers criminels de la Police magique où nous avions des contacts ou dans ceux de Poudlard. Dumbledore a été coopératif mais nous avons dû nous rendre à l'évidence. Celui qui lui avait fait du mal était invisible.

-Pourtant Hermione a subi le même maléfice.

-On ne sait pas si c'est la même personne qui a commis cet acte et puis elle a gardé sa mémoire et n'a pas été enlevée. Je pense comme tu l'as dit qu'elle a subi une agression par vengeance.

-Et maman ? Quelle en est la raison ?

Je ne voulais pas lui parler de ma suspicion envers Rogue qui s'était avérée non fondée.

-Je ne sais pas.

-Il faut creuser par là. Ce ne sont pas des coïncidences, ces deux agressions sont liées. Il y a en peut-être eu d'autres, c'est même certain, ils sont peut-être plusieurs.

Il n'avait pas tort.

-Tu penses à une sorte d'organisation ? L'interrogea son parrain.

Il opina.

-Et grâce à Malefoy, je vais comprendre ce qui est arrivé. Et je vais retrouver ma mère.


POV HARRY POTTER

C'était meurtri que j'avais quitté Hermione. Mon monde en ruine avait été réduit en cendre. En rentrant chez moi, j'eus envie de faire demi-tour mais la fuite n'arrangerait rien. Après une longue discussion avec mon père et mon parrain j'étais allé me changer et j'avais mangé un morceau dans ma chambre avant de partir voir Dudley au stade. Mon parrain était resté mais j'avais refusé toute discussion par la suite car j'étais encore très fâché et très triste.

Je pensais être parti en douce mais il me rattrapa avant que je ne transplane derrière la maison. Je le repoussai mais il me contraignit à rester près de lui dans une étreinte douloureuse. Il s'en voulait mais à aucun moment il ne s'excusa :

-J'ai fait ce que ton père m'a demandé. Il semblait convaincu que c'était pour le mieux et je n'étais pas apte à le contredire. Je n'ai pas fait ce que je voulais mais ce que je devais. Maintenant cesse de faire l'enfant et écoute-moi Harry.

Il se laissa repousser cette fois.

-Je ne suis pas un enfant !

-Alors conduis-toi en adulte !

Cela me fit mal, car sur ce point il n'avait pas tord. J'étais redevenu cet enfant malheureux, mon envie de réconfort primait sur le reste. Je me sentais délesté de l'amour de ma mère. Et je le réclamais maintenant. Je la voulais près de moi maintenant contre tout sens logique et je brûlais de rester inactif. Cette douleur dans mon cœur était intolérable. Je devais la résorber.

-Ecoute, je sais que tu es malheureux, fils.

-Que sais-tu de ce que je ressens ?

-Ma famille n'était pas un cadeau tu le sais, mais ma mère était la pire. J'ai vécu avec la rancœur d'une mère qui considérait mes goûts pour les sangs-mêlés douteux et déshonorant. Son manque d'affection a crée l'homme que je suis, quelqu'un d'incapable de s'engager. Mais bon, je ne suis pas là pour parler de moi. Harry, il faut que tu exprimes ce que tu as sur le cœur, tu es sur le point d'éclater. Je crains un accident. Si tu ne veux pas me parler, parles-en à Hermione. Ensuite tu verras ça ira mieux et nous pourrons avancer et t'épauler dans tes recherches.

-Hermione savait pour maman elle aussi. Elle me l'a caché comme vous.

Il sursauta.

-C'est impossible. James ne lui aurait jamais dit.

-C'est sa mère qui lui a dit.

Parler de ça me tuait. Tout le monde savait sauf moi. Je me détournai et transplanai, ignorant son appel. Confusément je perçus sa douleur mais je la rejetai.

Je me retrouvai derrière le stade, j'entrai comme un automate. J'évitai la tribune du fond, ne voulant pas tomber sur Tante Pétunia. J'eus envie de me mettre en face au plus près du terrain. Pourquoi ? Je le compris en découvrant Ginny assise dans les tribunes. Je m'approchai, attiré comme un aimant. Elle frissonnait.

-Tu aurais dû mieux te couvrir.

Elle fit un bond, ses yeux noisette me détaillèrent avec curiosité. Je me repliai en m'éloignant. J'étais incapable de lui parler finalement. J'étais de mauvaise compagnie. Je reconnus Ron parmi les autres joueurs, il était si discret que je savais pourquoi je ne l'avais pas remarqué avant. Neville s'exhibait comme à son habitude et Dud me vit et me fit un signe timide et inquiet.

Je le lui rendis puis mon geste se figea. Et mon esprit cogita, s'enfuma. Il était au courant ! Mais… le savait-il lui aussi depuis longtemps comme Hermione ? M'avait-il lui aussi caché la vérité ? Cette idée fut dévastatrice. Je tentai de recouvrer mon calme. Le match avait commencé, mais je ne voyais rien. Tante Pétunia venait d'arriver en face de l'autre côté, elle se mit à l'écart mais je perçus son regard sur moi, je l'évitai. Mais les évènements revenaient encore et encore, me rendant colérique. On siffla la mi-temps, je m'éloignai rapidement pour ne pas exploser mais Ginny m'avait suivi et ses mensonges furent la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

Je perçus sa peur, ce qui accentua mon mal-être. Je perdis la notion des choses. Tout m'échappait. Ginny poussa un cri étouffé, croisant ses bras sur son visage alors que des projectiles fonçaient sur elle. Je repris mes esprits, horrifié mais il était trop tard. Elle tomba à genoux, les mains éraflée, sanguinolentes. Je courus vers elle. Tout était redevenu normal, la terre ne tremblait plus. J'entendis des pas précipités venant vers nous. Je paniquai. Je la pris contre moi et nous rendis invisibles. Ma tante apparut dans l'entrée du souterrain et accéléra le pas. Non loin de nous, elle examina les murs, poussa une exclamation.

-Harry, dit-elle.

Elle tourna sur elle-même, soucieuse. Mon cœur se serra devant sa réelle inquiétude et sa peine. Mais je ne voulais pas, je ne pouvais pas faire un pas vers elle. Ginny encore sous le choc leva la tête vers moi, ses yeux m'examinèrent, elle voulut parler, se rendit compte de la présence de ma tante. Je la bâillonnai doucement, mettant un doigt sur ma bouche pour l'inciter au silence. Elle cligna des yeux quand elle vit ma tante repartir en passant à nos cotés sans même s'arrêter. Dès qu'elle fut hors de vue, je pris Ginny doucement par le poignet et la relevai, nous rendant visible à nouveau. Elle tangua, se posa contre moi, tremblante. Je m'en voulais atrocement.

Sa présence fut étrangement ce qui me fit le plus de bien. Son cœur saccadé tentait de retrouver un rythme normal.

-Qu'est-ce qui c'est passé Harry ?

Je ne répondis pas, ôtai mon manteau, lui posai sur les épaules, elle serra les pans contre elle, me remercia d'un signe de tête. Ses mains se crispèrent alors qu'elle fixait ma baguette. Mais elle resta silencieuse. J'appréciai son silence. Je pouvais réfléchir.

-Je ne voulais pas te faire de mal.

-Tu veux dire que tu es responsable de tout ça ?

Elle secouait la tête dans un refus.

-C'est impossible, tu délires.

Mais ses yeux étincelants démontraient qu'elle avait au contraire bien compris. Je me troublai à nouveau, elle semblait vouloir me dire quelque chose d'important par ce simple regard.

Des pas revenaient. Elle vit mon anxiété.

-Partons.

Elle me tendit la main que j'attrapai sans réfléchir, elle me tira vers la sortie mais ce ne serait pas suffisant. Et je ne voulais pas expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit.

-Inspire un bon coup, lui dis-je.

Mais elle n'en eut pas le temps, nous transplanions déjà.

Nous étions dans le cimetière, près de mon arbre fétiche, à l'abri des regards. Ginny tangua de nouveau, eut un haut-le-cœur violent mais ne vomit pas. Je la lâchai et reculai, tétanisé par mes actes irréfléchis. Nous nous fîmes face. Je la voyais tenter de se dépêtrer des théories qui lui venaient en tête. Elle passa sa main sur son visage, une main en sang. Je repris mes esprits.

-Donne ta main.

-Non.

-Je vais nettoyer tout ce sang.

Elle accepta finalement, en détaillant ses mains. Je pointai ma baguette, elle m'observa faire, fascinée.

-Aguamenti.

Un filet d'eau les nettoya, révélant les plaies.

-Episkey.

Celles-ci se refermèrent. Elle poussa un cri de surprise.

-Je n'ai plus mal. Enfin presque, dit-elle en se frottant l'épaule. Pourquoi tu étais furax ?

Je m'étonnai de sa question. N'avait-elle pas mieux à me demander ?

-C'est à cause d'Hermione ?

Cela raviva ma douleur.

-J'ai visé juste, constata-t-elle.

-Je ne veux pas parler de ça.

-Harry.

Je me détournai d'elle à contrecœur. L'espace de quelques minutes, j'avais tout oublié et tout me retombait dessus. Je me voutai, accablé. Je ne voulais pas qu'elle assiste à cela. Mais elle ne l'entendit pas de cette oreille.

-Raconte.

Elle était dans mon dos, posa sa main sur mon épaule.

-Je ne te poserai pas de question sur ce que je viens de voir, ce que je veux c'est que tu craches le morceau sur ce qui te ronge, ça ira mieux ensuite et il n'y aura plus de catastrophe.

J'étais trop mal pour réaliser les implications de ce qu'elle avait vu. Je m'en fichai presque à vrai dire. Et cela ne me ressemblait pas. Elle avait raison, Sirius aussi…

-Mon père m'a caché un truc important, et Hermione le savait elle aussi et elle ne m'a rien dit.

Les mots sortaient malgré moi.

-Je sais que je suis mal placée pour te donner des conseils Harry mais prends du recul et pardonne-leur. Hermione est ton amie depuis si longtemps. C'est une fille généreuse malgré son côté pimbêche.

Un vague sourire étira mes lèvres.

-Je le sais mais…

Mon cœur se broya de nouveau.

-Elle m'a caché que ma mère était encore en vie.

Silence.

-Et mon parrain aussi le savait, et ma tante aussi et peut-être même Dudley. Tous les gens que j'aime.

Je me tus.

-Et tu te sens trahi.

Je frissonnai, tant par ses paroles que par le froid ambiant. La pression de sa main s'accentua.

-Je comprends, je t'assure.

Elle me contourna, me prit dans ses bras avec douceur, entourant mes épaules. Sa joue contre la mienne. C'était si inattendu, si étrange, si…bienvenu. Sa chaleur m'enveloppa. Ma tension s'apaisa. Mon corps évacua la pression, acceptant cette étreinte amicale.

-Tu ne dois pas garder toute cette colère et cette tristesse en toi Harry.

Je me rendis compte de ma mélancolie, tandis que mes larmes coulaient sur son épaule. J'étais malheureux. Je n'eus pas le réflexe de m'écarter, je ne pouvais me résoudre à me priver d'elle. Il serait temps bien plus tard de réfléchir à l'image que je lui avais renvoyée. Elle accentua son étreinte et je perçus ses propres larmes qui se mêlaient aux miennes. Nous étions deux âmes en peine. Deux âmes trahies. Deux âmes en quête de paix.


POV HERMIONE GRANGER

Mon cœur battait fort, j'étais près de Ronald, je percevais son regard sur moi. Il attendait que je lui réponde. J'avais été désemparée par sa déclaration. Il m'aimait et il me l'avait dit simplement, sans fioriture et de manière désintéressé, n'attendant nullement un retour mais il ne s'attendait sûrement pas à ce que je réagisse ainsi. Je lui faisais peur. Et cela me fit mal. Mais il était temps de lui dire la vérité ou alors il était trop tard. J'aurais dû la lui dire avant. Lui laisser une possibilité de choisir.

-Hermione ?

Je fixai encore ma tasse. Cherchant du courage. La peur au ventre. J'avais peur de le perdre lui aussi. L'image de Harry flotta devant mes yeux. Il posa sa main sur la mienne.

-Parle-moi. Je ne comprends pas…

-C'est normal que tu ne comprennes pas.

Je relevai les yeux vers lui, réalisant que nous étions dans un endroit bondé. Que ce n'était pas l'endroit idéal pour des confessions. Je tirai doucement ma main, fouillai dans mon sac, déposai un billet sur la table et le poussai un peu pour que nous quittions le banc molletonné.

-Viens avec moi.

Dehors le froid nous saisit.

-Où allons-nous ?

-Chez moi.

Il écarquilla les yeux.

-Je dois te montrer certaines choses.

Il m'emmena à sa voiture. Je lui indiquai le chemin, tendue, anxieuse, lasse. Nous nous garâmes non loin. Il fixa le bâtiment coquet, puis avança derrière moi sans un mot. Il était gêné, cela était en effet très perturbant de l'emmener chez moi, cela aurait dû se faire pour d'autres circonstances. Mais l'heure n'étais pas aux convenances. Il entra à ma suite, je défis mon manteau, il garda le sien. Il n'osait pas trop regarder autour de lui comme si c'était indécent. Je l'en trouvais que plus à mon goût. Ce qui me ramena à mes préoccupations.

Dans le canapé, il refusa de boire.

-Je veux comprendre. Tu dis que tu m'as caché des trucs mais est-ce si important que tu me les révèles ? Ne peut-on pas rester comme nous sommes ? A moins que tu ne cherches à me dire implicitement qu'entre nous ce n'est pas possible.

Je fus étonnée par sa perspicacité. Il me sondait. Se crispa.

-Tu pouvais me le dire au café, je n'aurais pas fait de scène. Enfin peut-être que si, un peu, mais me faire venir ici…

Il se levait déjà. Il était décomposé, blessé et je ne sais quoi d'autre mais rien de bon. J'étais misérable.

-Assied-toi Ronald.

Il refusa. Je me levai donc.

-Je dois t'avouer des choses qui ne sont pas faciles et qui risquent de remettre tout en question.

-Tout ?

-Ce que tu ressens pour moi.

-Rien ne pourra remettre en question mes sentiments pour toi.

-Pas même le fait que je sois…

Longue hésitation. Je me dirigeai vers l'entrée, pris ma baguette dans mon sac et revins face à lui, celle-ci posée à plat dans les paumes de mes mains :

-…une sorcière, soufflai-je dans une longue exhalation.

Il se figea, écarquilla les yeux puis les plissa. Entrouvris les lèvres puis les referma. Il resta silencieux, fixant la baguette. Moi j'étais à ramasser à la cuillère devant son inertie. Cette journée avait été un supplice comme la journée d'hier et maintenant je voyais ma vie partir à vau-l'eau. J'étais comme un bateau sur le point de s'abimer en mer.

-Ronald ?

Il tressaillit. Il avait fermé son visage à double tour. J'étais incapable de savoir maintenant ce à quoi il pensait. Il recula finalement et se détourna.

-Attends !

-Pourquoi tu me dis tout ça ? Murmura-t-il.

-Tu ne me crois pas ? Tu crois que je me moque de toi ?

Silence.

Les larmes montaient déjà. Je fis venir une boite de mouchoir, il sursauta suivant la boite des yeux. Elle atterrit sur la table basse. Je saisis un mouchoir et m'essuyai les yeux. Effaré, il se reprit vite comme s'il avait rêvé. Avais eu-je raison ? Etait-il prêt ? Mon égoïsme m'avait poussé à tout lui révéler, persuadée que je lui devais cette vérité mais c'était surtout pour soulager ma conscience. Mais finalement, le plus dur était qu'au fond de moi, j'espérais que rien ne changerait, que son visage garderait cette affection imprégnée sur ses traits. Cette distance entre nous me transperçait.

-Viens avec moi.

Je partis en direction de ma chambre. J'entendis ses pas derrière moi. J'allumai mes boules sphériques flottantes, créant une lumière douce et apaisante.

-Ici c'est mon sanctuaire.

Je le fis entrer dans mon monde, sans prudence, sans réfléchir, laissant mon intuition me guider. Je glissai mes doigts sur mes livres.

-Voici mes livres de chevet. J'en achète régulièrement sur le chemin de traverse. J'aimerais t'y emmener.

Il ne me questionna pas. Pas une seule fois. Je m'attardai sur mon livre de runes anciennes. Il s'ouvrit, les pages défilèrent doucement. J'aimais l'odeur qui s'en dégageait. Je m'attardai ensuite sur mes buses encadrées et accrochées au mur.

-Mes diplômes, j'ai fait mes études à Poudlard, la seule école de magie de notre pays. J'y ai passé des moments magnifiques.

Il y avait une photo de moi et mes parents sur ma table de chevet. Je la pris dans mes mains, mélancolique. Mes parents se souriaient puis me souriaient. Nous étions si biens. Je n'avais pas encore eu la prédiction. Je distinguai sa présence derrière moi alors qu'il se penchait plus en avant mais je n'osai le regarder. Je voulus déposer le cadre mais il l'attrapa et l'observa la photo, perplexe. Je tirai mon tiroir, plein de Choco-Grenouille. Il y en eut un qui fit un bond, je pensais les avoir tous figé. Ronald relâcha le cadre, je l'attrapai au vol, j'étais agile pas besoin de magie pour cela.

-Qu'est-ce que c'était ?

-Mes confiseries favorites. Des Choco-Grenouilles. Elles sont un peu remuantes, je pensais les avoir toutes figées.

Je récupérai la petite fuyarde et la reposai dans mon tiroir. Une carte d'Albus Dumbledore trainait au fond. Je la récupérai :

-C'est le Directeur de Poudlard. Le plus grand mage au monde.

Et dans ma bouche ce n'était pas peu dire.

Il étudiait l'œil taquin d'Albus et j'en profitai pour surélever mon lit. Un carton se dégagea d'en dessous et se posa sur mon lit qui était revenu à sa place. Je défis le carton de mes souvenirs. Il y avait des cahiers plein de notes griffonnées avec rigueur. Il y avait d'autres livres, des relevés de notes, etc…

Il y eut une exclamation étouffée. Je n'avais pas eu le temps de camoufler la photo où je me trouvais avec Harry. Nous étions sur nos balais avant de décoller, prenant un peu de hauteur.

-Il est…comme toi ?

-Oui.

Mince, je n'étais pas en droit de révéler cela.

-Et tu vas me dire que tu voles sur un balai.

-Oui, m'étonnai-je par le ton qu'il employa.

Je lui pointai du doigt mon vieux Nimbus 3000 dans le coin de ma chambre près de ma fenêtre. Il devint tout pâle. Il recula, fis un autre bond.

-Il y a quelqu'un qui bouge dans ton tableau.

-Et cela t'étonnes encore ?

Il se pencha, plissa les yeux.

-On dirait la femme sur la photo avec toi.

-C'est ma mère oui.

Elle lui fit signe et le détaillait avec attention. Toute tristesse atténuée. Lui était confus :

-Je croyais qu'elle était morte ?

-C'est le cas. Son âme s'est réincarnée dans ce tableau et ne me demande pas comment elle a fait, je t'avoue que je n'en sais rien.

Et ce n'était pas faute de l'avoir questionnée là-dessus. Elle me murmura un mot de passe. Elle avait des choses à me demander.

-Pas maintenant maman.

Pourtant, je mourrais d'envie de lui parler mais je ne voulais pas laisser Ronald tout seul. Je craignais qu'il ne s'enfuie.

-Que veut-elle ?

-Me parler. Mais pour cela je dois entrer dans le tableau.

Il se frotta le visage. Dépassé. Peut-être avais-je révélé trop de choses et pourtant le plus important était encore à venir.

-Je vais rentrer, il est tard.

-Tu ne veux pas rester ?

Il ne comprit pas bien mes intentions. Fronça les sourcils.

-Non. Il ne vaut mieux pas. J'ai besoin de temps.

-Tu es fâché ?

-Non.

-Tu as peur ?

-Non, je… je dois y aller vraiment.

Il sortit de la pièce et s'engagea dans l'entrée sans m'attendre. La porte claqua avant que je ne le rejoigne. Je restai là, à fixer la porte…

Le lendemain

La nuit fut rude. J'avais parlé avec ma mère et puis j'avais rangé ma chambre. J'avais peu dormi. J'allais franchir le seuil pour aller au travail quand on sonna. Mon émeraude crépita. Je me raidis, anxieuse. Je regardai à travers le judas. Ronald ! Je lui ouvris si vite que je manquai de tomber. Il était fatigué lui aussi, mal à l'aise. Ses yeux eurent un voile de douceur qui fut vite camouflé. Cela me rassura.

-Tu as dit que tu avais des choses à me dire. J'attends la suite.

-Entre.

Il était calme en apparence. Il prit place dans ma cuisine, je lui servis un thé et m'en servis un autre. Je pris mon émeraude dans ma main, elle chauffait. Je ressentais sa fébrilité. Il fronça les sourcils, chercha dans sa mémoire, se rappela de quelque chose.

-Mon père s'était interrogé sur ce bijou, avait-il raison ? A-t-il des propriétés magiques ?

J'opinai. Il avait été attentif. Il remettait maintenant certaines choses en place. Mais sans comprendre toutes les implications.

-Cette pierre m'a été donnée par une prêtresse pour me prévenir du danger et trouver…

-Trouver quoi ?

-Tu te rappelles de cette agression dont je t'ai parlé ?

Il se crispa.

-Oui.

-Un sorcier m'a lancé un maléfice qui a …

C'était dur, comment lui dire ?

-Tu peux tout me dire.

Il posa sa main sur la mienne se voulant rassurant mais lui ne l'était pas. Je la serrai, sentant mes yeux me piquer. J'avais tant espéré qu'il m'accepte, il était incapable de me tourner le dos, je le savais maintenant.

-…mon cœur m'a été volé.

Il me dévisagea, perplexe.

-L'âme de mon cœur m'a été enlevée. Ce qui me permet d'être humaine et de ressentir de l'amour pour quelqu'un m'a été dérobé.

Il se pétrifia.

-Tu comprends ce que cela veut dire ?

Il opina.

-Tu … tu ne pourras jamais aimer personne.

-De façon amoureuse non.

C'était dit. Il se perdit en lui-même un moment.

-Je vois mieux pourquoi tu as toujours été si triste. La première fois que je t'ai vue il y a un an, je me suis demandé pourquoi une belle fille comme toi était si mal.

Un an…

Il perçut mon regard insistant.

-Ça fait longtemps que je t'attends Hermione. Et rien…

Il réalisa quelque chose.

-…rien ne se mettra en travers de ma route.

Cette détermination nouvelle le rendait plus fort, plus beau et plus désirable à mes yeux. Mon ventre papillonna. Je comprenais mieux ce en quoi nous étions prédestinés. Et dire que j'aurais pu passer à côté. Je me rembrunis. Rien n'était fait. Je ne savais toujours pas comment déjouer cette malédiction.

-Et il n'y a aucun moyen d'y remédier ?

-Je dois réparer quelque chose. Et mon émeraude m'a aussi désigné celui qui allait m'y aider, celui qui était la clef.

-Et… je suis cette personne, fit-il remarquer.

-Oui. Notre première rencontre, rappelle-toi, elle a brillé comme jamais.

-Je me rappelle.

Il se ferma. Un long silence s'installa.

-Tu as accepté de sortir avec moi uniquement pour ça, constata-t-il finalement.

J'eus envie de subir un sortilège de mort, tout plutôt que son visage éteint. Je secouai la tête en signe de contestation même s'il était dans le vrai.

-Tout ce que tu as exprimé pour moi est-ce que c'était feint ?

-Non. Pas une seule fois, je te le jure sur ce que j'ai de plus cher. Pas une fois je n'ai joué. Je n'ai feint. Tu m'as apporté la douceur et la joie qui me manquait dans cette vie. Tu as soulagé mon cœur amputé, ma peine, ma peur. Malgré ce qui me fait défaut, je ressens la chaleur et l'intensité de mes émotions envers toi. C'est sous-jacent mais c'est là. Il faut juste…

Mais il avait perdu confiance. Confiance en lui. Il me lâcha la main. Il était redevenu gauche et exprimait de la gêne. Mais aucune colère, pas une fois. Il avait cette bonté et cette douceur inhérente qui le révélait à moi dans sa plus grande beauté. Mon être tendait vers lui en dépit de toute logique comme seul un lien unique entre deux âmes pouvait le faire. Je ne me croyais pas si romantique. La vie m'avait tellement pris, j'avais rejeté tout le reste. Et aujourd'hui je savais que c'était une erreur. Et l'idée de perdre tout cela me fit paniquer

-Ne m'abandonne pas !


J'attends votre avis. La suite bientôt.