Relecture Brynamon.

Merci à Mortina Gelly, Narutine, Gossip Monkey et Violettepoete pour leurs reviews.

En réponse à la tienne Squaule : Tu as raison, mieux vaut ne pas te mettre les sœurs à dos !^^ merci en tout cas pour ta review. Je suis contente que tu trouves mes persos assez ressemblant au canon de part leur caractère. J'aime avoir de la marge, alors je crée toujours des univers un peu à part. Et puis je suis moins à l'aise avec le côté magique de l'histoire (alors que c'est ce qui plait le plus) voilà pourquoi j'ai tout mis du côté moldu. J'avais peur de me vautrer mais ma sœur a su m'encourager.

Me revoilà après un peu plus d'un mois d'absence. J'étais partie un peu en vacances et j'étais sur d'autres projets.

L'intrigue progresse. Une vue d'ensemble encore cette fois.

J'ai un peu modifié la chapitre précédent car j'ai fait une petite erreur de date, le réveillon est le soir même et non le lendemain.

Merci de me suivre encore.

Bonne lecture.


Chapitre 15 : Les cicatrices du passé.


POV HERMIONE GRANGER

Je m'extirpai de l'ascenseur, traumatisée. Les révélations de Drago m'avait fait du mal. Un mal considérable que je ne pouvais décrire. Je pris mon portable, cherchant à joindre Ronald car il n'était pas en vue. Il répondit aussi vite.

-Où es-tu ?

-Pas loin.

Je me dirigeai vers l'endroit indiqué. J'avais un grand besoin d'être près de lui. Chaque pas me coutait. Dès que je le vis, le poids sur mon cœur diminua. Il m'attendait, anxieux, tournant en rond dans sa tenue de travail, me guettant. Je me surpris à courir vers lui, il m'ouvrit les bras, je m'y réfugiai en refoulant mes larmes. Je devais être forte.

Il me tira à l'abri des regards et attendit, exprimant mille inquiétudes. J'aurais pu me perdre dans la contemplation touchante de son amour envers moi si je n'avais pas été si déphasée.

-Je sais la vérité, Ronald.

Il se raidit.

-Je sais qui m'a pris mon cœur.

-Qui ?

-Tu ne le connais pas. Et moi non plus mais ce n'est pas ce qui m'arrêtera.

-Mais encore ?

J'hésitai.

-Son nom Hermione !

-Tom Jédusor.

Il tressaillit, c'était difficile de mettre un nom sans aucun visage sur un acte qui nous touchait de près.

-Qui t'a révélé son nom ?

-Drago m'a enfin dit la vérité, soufflai-je, ébranlée.

Il se crispa.

-Drago… Malefoy ? Qu'a-t-il avoir dans cette histoire ?

Je me rendis compte de ma bévue, il ne savait rien de mon agression.

-Il s'en est pris à moi il y a six ans de cela.

Il recula, me lâcha, tout pâle. Je voulais retrouver la chaleur de ses bras mais son expression m'en dissuada. Décidément, Malefoy me gâchait la vie.

-C'est lui ton agresseur ?

-Il n'a pas agi seul, nous le savons maintenant en fait, il …

Mais il ne m'écoutait plus, je le voyais plonger progressivement dans une rage sourde qui me fit peur.

-Je vais le tuer.

Et ce n'était pas des paroles en l'air.

-Ronald, attend !

Il était déjà à quelques mètres de moi, dans un élan déterminé et rageur. Je me devais d'intervenir. Ses jambes se dérobèrent, il vacilla et s'affala. Je m'en voulus, courus vers lui pour l'aider à se relever. Il me fit face, me fixant avec la même colère, je cillai, confuse et si peu habituée.

-N'utilise plus jamais tes pouvoirs sur moi ! Cria-t-il en détachant chaque syllabe et sans se soucier d'être entendu.

-Tu ne m'écoutais pas.

-Ce n'est pas une raison !

-Je le sais. Je ne le referai plus mais tu dois te calmer et m'écouter. Ne t'en prends pas à lui, de toute façon je me suis déjà défoulée sur lui.

-Mais pas moi !

Il respirait de façon saccadée. Il était proche de tout envoyer valser. J'avais l'impression que rien de ce que je dirai ne pourrait le calmer mais je devais essayer.

-Il n'a pas pris mon cœur, je te l'ai dit. Il a été manipulé par Jédusor.

-Tu le défends ! Siffla-t-il.

-Non ! M'indignai-je. Je t'énonce les faits. Il a mal agi, je le déteste de toute mon âme mais il ne peut pas me rendre ce qu'il n'a pas.

-Comment peux-tu le croire !

-Je sais qu'il dit vrai.

-Comment !

-Je le sais, je l'ai senti.

Il gronda comme un lion en cage.

-Ecoute, ne sois pas fâché…

-Je le suis ! Je ne supporte pas que l'on fasse du mal à ceux que j'aime et tu m'empêches d'agir !

-Je comprends, je ne suis pas contre le fait que tu lui infliges une bonne raclée mais je sais aussi que tu vaux mieux que lui. Ne vas pas perdre ton temps pour lui. Je vais aller voir Harry. Je dois lui dire ce que je viens de découvrir et nous irons voir Dumbledore ensuite.

-Tu crois qu'il acceptera de te parler ? Me questionna-t-il, moins colérique. Et Dumbledore pourra-t-il t'aider ?

-Je n'en sais rien dans les deux cas mais j'ai confiance en eux. Mon chef m'a accordé quelques heures, je reviendrai travailler plus tard, ensuite nous pourrons aller manger quelque chose si tu veux.

-Tu sais que c'est la saint-sylvestre ce soir ?

-Oh…

-Je serai chez mes parents. Je pensais que tu serais venue avec moi.

Il secoua sa main comme pour donner peu d'intérêt à ce qu'il venait de dire.

-Fais ce que tu as à faire mais surtout tiens-moi au courant. Je sais que je ne peux pas venir mais j'aimerais tellement t'aider.

J'aurais voulu l'emmener aussi.

-Tu m'aides et tu le sais. Je t'appelle dès que j'ai du nouveau.

OoooO

Je repassai chez moi, mis ma cape Gryffondor et transplanai non loin de l'entrée du chemin de Traverse. Une fois sur le passage, j'en profitai pour envoyer un hibou express. J'avais à peine franchi le hall du Ministère que j'entendis des éclats de voix.

OoooO

J'avais dû me résoudre à aller à Poudlard seule, perturbée par ma rencontre désagréable avec Dean et le rejet de Harry. Dumbledore avait reçu mon hibou, il m'attendait près de la grille derrière Poudlard. L'après-midi débutait mais l'atmosphère était pesante et plongée dans une sorte de pénombre épaisse. Il me fit passer les grilles avec un immense sourire réconfortant qui dissipa mes angoisses. Il restait immuable, dégageant une force inaltérable. Je repris immédiatement du poil de la bête. Il me tapota l'épaule en prenant de mes nouvelles et m'entraina dans sa spirale.

Installée sur une chaise face à son bureau, je ne pris pas le temps de faire le tour de la pièce et de me laisser aller à la nostalgie d'être en ces lieux qui représentait tant pour moi.

-J'ai cru comprendre que vous aviez une requête urgente à me formuler, Miss Granger.

-En effet, Professeur Dumbledore.

-Je suis tout ouïe.

Il s'assit non loin de Fumseck (installé sur son perchoir), à côté de son bureau. Je me mis alors à lui narrer tout depuis le début. Il resta attentif, n'exprimant rien d'autre qu'un intérêt relatif à travers ses lunettes en demi-lune. A croire qu'il était déjà au courant de ce que je lui racontais. Mais c'était impossible. Je devais me tromper.

-Je vous demanderai de rester à l'écart de cette affaire Miss Granger, décréta-t-il, confirmant mes craintes.

-Pardon ?

-Je vais m'occuper des Jédusor, c'est une famille puissante et dangereuse et jusqu'ici je n'avais que des doutes maintenant que j'ai des faits probants, les choses seront plus simples.

-Mais…

-Pas de mais. Faites ce que je vous dis et ne parlez à personne de mon implication.

Ma bouche ouverte devait faire peine à voir. J'étais si effarée que j'avais du mal à reprendre mes esprits.

-Vous devez protéger Ronald, et pour ce faire vous devez rester loin des Jédusor, est-ce bien clair ?

-Oui, Professeur. Et…pour ma clef ?

Je mis mes derniers espoirs en lui, en lui tendant ma clef. Il l'examina et fit apparaitre un livre entre ses mains qu'il feuilleta une dizaine de secondes avant de le refermer.

-C'est bien ce que je pensais.

-Oui ?

-La clé du pardon.

-Pourriez-vous développer Professeur ? M'agaçai-je de sa sempiternelle façon de faire durer les choses.

-Elle ne vous sera utile que quand elle sera complète.

Je fronçai les sourcils.

-Il manque une image, la plus importante. Celle qui réparera votre erreur miss Granger. Ainsi la clef libèrera l'âme de votre cœur même s'elle a déjà été utilisée. Il n'y a aucune prescription.

J'étais au bord de l'évanouissement tant j'étais soulagée.

-Si ce n'est que ça…

Il me regarda d'un œil sévère.

-Je parle d'un acte d'humilité Miss Granger ! Ce ne sera pas facile pour vous, le chemin du pardon pourrait être long.

-A qui dois-je pardonner ?

-Ce n'est pas à qui vous devez pardonner mais qui dois vous pardonner.


POV DRAGO MALEFOY

Ce matin

Je fixai mon patron, cherchant à savoir ce que recélaient ses yeux neutres. Finalement, il m'enjoignit de le suivre dans son bureau, peu rassuré, je le suivis donc, toujours hargneux. J'avais encore le goût amer de ma confrontation avec Hermione.

Maintenant qu'elle connaissait la vérité, qu'est-ce qui allait se passer ?

Dans le bureau, je refusai de m'asseoir. J'avais défait ma cravate, remonté les manches de ma chemise, ma veste étant restée sur le dos de mon siège de bureau.

-Alors ? M'impatientai-je. Que voulait ma belle-mère ?

-Me rappeler certaines choses pertinentes.

-Mais encore ?

-Votre essai arrive à terme à la fin de la semaine.

Je me pétrifiai.

-Nous allons devoir nous passer de vos services.

Nous ?

-Quoi, après à peine deux semaines ? Comment voulez-vous voir mes capacités alors que je bosse ici que depuis une semaine !

J'étais furieux. J'en avais ras-le-bol d'être rabaissé. Elle allait me le payer.

-Elle a cessé son pot-de-vin, c'est ça !

Il n'exprima rien. Il méritait bien ce poste d'associé, me répugnait presque. Pourtant à quoi m'attendais-je ? Ce métier nécessitait une force de caractère pour s'imposer peu importait la manière de procéder. Et j'en étais dépourvue.

-Financièrement c'est la crise, je suis désolé Me Malefoy. Mais je peux vous recommander.

-Non ! Ça ira ! De toute façon, je démissionne !

Je quittai son bureau sans faire d'esclandre, ce n'était pas mon genre. Ou ce ne l'était plus. J'essayais de devenir un homme meilleur, moins rancunier, plus tolérant, moins agressif et plus affirmé. Ce n'était pas toujours facile, surtout quand mon égo était mis à mal et que les personnes que je côtoyais se montraient sous leur plus mauvais jour.

Dans mon bureau, je pris un carton d'archive et y rangeai toutes mes maigres affaires. Je n'avais pas eu le temps de bien me poser, heureusement. Mais j'étais déprimé de me vautrer encore. Hermione avait-elle raison ? Je ne valais peut-être pas grand-chose…

Je soupirai, l'homme que j'étais ne me convenait pas. Je ne voulais pas être comme mon père mais comment me définir avec comme modèle un homme paresseux, prétentieux et superficiel ? Comment avancer dans la vie, si je ne faisais pas mes propres choix, si je ne prenais pas ma vie en main ?

-Tu perds ton temps, Drago, me serinai-je.

J'étais parti sans un mot, mes collègues passaient près de moi sans un regard. Dans l'ascenseur, je laissai libre-court à mon mal-être. Quand les portes se rouvrirent, je tombai face à face avec l'homme d'entretien après quelques pas. Il tournait en rond. S'il était de mauvaise humeur, il devint colérique en me voyant. Je balançai mes affaires, marchant vers lui qui avança à son tour, nous nous heurtâmes, nous agrippâmes l'un à l'autre dans une secousse violente. Des mots sortaient de nos bouches, incompréhensibles. Je n'étais pas pour l'affrontement physique, je ne savais pas réellement me battre, la magie m'avait toujours sauvée la mise. Pourtant en ce jour, j'étais prêt, je voulais frapper l'autre, celui que j'estimais responsable de l'éloignement d'Hermione. J'eus le temps de porter le premier coup (à moins qu'il ne m'ait laissé faire) avant qu'il ne me mette ko d'un seul coup de poing en pleine mâchoire et que je ne m'effondre contre le carrelage dur.

Décidément c'était une journée de merde.

Le gardien s'interposa entre nous, l'empêchant de me rosser encore.

-Ne t'avise plus jamais de la toucher encore Malefoy !

La toucher ?

-Peu importe ce qu'elle dit, tu es responsable !

Elle lui avait donc tout dit. Cette constatation termina de me mettre à terre. Elle l'estimait d'une manière que je n'aurais pas cru possible venant d'elle.

Savait-il aussi ce que j'étais, lui avait-elle révélé que j'étais l'auteur de son malaise ? Sûrement.

-La prochaine fois, je ferai plus que de te faire vomir tripes et boyaux, répliquai-je durement. Peu importe les menaces de Granger !

Il me fixa, cherchant à comprendre le sens de mes paroles alors que je me relevai en repoussant le gardien qui voulait m'aider.

-C'est bon, lui dis-je sèchement.

Je ramassai mes affaires, essuyant mon menton de la manche de ma chemise et passai devant le peu de spectateurs présents. J'avais une sale dégaine, ma chemise était maculé de sang (le mien), ma bouche était fissurée. J'avais mal au crâne, ma mâchoire me lançait. Je me hâtai de rejoindre ma voiture, et démarrai en trombe sans même regarder dans mon rétro.

Je fis un saut à la Mairie, la réceptionniste m'autorisa à aller voir mon père, elle n'avait même pas essayé de m'en empêcher. Je me fichai des regards, je passai la porte de la salle des conseils où Rita se trouvait aussi avec d'autres élus. Cependant, la rage n'était plus, seule persistait de la rancune. Ils étaient en réunion. Je restai debout à les dévisager dans l'attente d'une réaction de leur part qui ne se fit pas attendre. Ils se hâtèrent vers moi, me repoussant hors de la salle.

Alors que mon père me reprochait ma tenue plus qu'incorrecte, sans se soucier le moins du monde que je sois blessé, je désintégrai du regard Rita sans un mot, si bien qu'elle finit par parler.

-Maintenant tu sais ce qu'il en coute de s'opposer à moi. Alors as-tu changé d'attitude Drago ?

Si j'avais cru haïr quelqu'un auparavant, je m'étais leurré.

-Non. Et maintenant je sais ce qu'il en coûte, c'est claire et nette comme de l'eau de roche. Alors voilà comment je vois les choses : je ne veux plus te voir, et par conséquent, toi non plus père puisque tu es marié à cette sorcière méprisante et que tu la laisses me rabaisser sans broncher. Je vais récupérer mes affaires et je te déposerai les clefs de ton appartement et de ta voiture dans la foulée et pour tes fonds engagés dans mes études, ça aussi tu les auras, j'ai encore le legs de maman que je peux débloquer. Je ne veux plus rien vous devoir.

-Drago, ne sois pas ridicule, s'agaça mon père. Comment vas-tu vivre ? Tu vas dormir où ? Et comment iras-tu travailler ?

-Je suis déjà ridicule grâce à elle. Grâce à vous. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une famille pareille ! Après je m'étonne de me planter dans chaque décision que j'essaie de prendre. Ne t'inquiète pas père, je vais dormir à l'hôtel quelques temps, après je verrai. Et j'ai démissionné donc je n'ai plus besoin de véhicule.

Leur effarement me fit un bien fou.

-Je vais me reprendre en main et sans vous. Au moins je pourrai me regarder dans une glace. Plus de combines, plus de coups tordus. Une vie normale quoi.

J'étais déjà loin d'eux quand je me ravisai.

-Un dernier point : Granger est au courant de ce que je lui ai fait, je lui ai tout dis, et elle ne tardera pas à savoir que vous étiez au courant aussi et que vous m'avez incité à fuir au lieu d'assumer mes actes.

Mon mal de crâne avait empiré, mais au moins les choses étaient claires. Je partis sans me retourner.

OoooO

J'avais trouvé une chambre d'hôtel bas de gamme. J'y entreposai mes affaires (mes habits et quelques livres et CD), allégé d'un poids. Je passai à la banque, fis un retrait conséquent et laissai le tout chez eux. Leur gouvernante m'avait laissé entrer. J'étais reparti en taxi.

Il n'était que quatre heures, je ne me sentais pas la force de rester cloitré. Je pris l'air dans les rues adjacentes de l'hôtel, marchant à l'aveuglette sans réfléchir. Je m'étais changé, j'avais pris un antalgique et bus un coca au distributeur.

-Drago, entendis-je.

La chaleur qui me traversa m'indiqua l'identité de celle qui me hélait. Elle était déjà dans mon champ de vision, étonnée de me voir.

-Astoria.

Elle tenait un café à emporter dans sa main.

-Que fais-tu dans ce coin de la ville ? Me demanda-t-elle.

-Je me promène.

Elle me détaillait franchement, et j'en étais encore gêné. Je me rappelai de notre dernière rencontre, ne pensant pas qu'elle m'aurait adressé la parole. Elle dissimulait mal ses émotions mais il y en avait tellement que je ne savais lequel prédominait.

-Tu t'es battu, remarqua-t-elle.

-Et toi que fais-tu par ici ? Tu n'es pas censée être en cours ?

-Je suis en stage, se reprit-elle.

-Où donc ?

Elle pointa du doigt le haut de la rue, je découvris le petit bâtiment de l'aide juridique. Je cachais ma surprise.

-J'aime beaucoup travailler ici, continua-t-elle, cela me donne un aperçu du métier dans des conditions un peu plus drastiques mais gratifiantes.

J'aimais l'enthousiasme dans sa voix.

-J'ai été me chercher un remontant, les journées sont longues mais ce soir exceptionnellement on ferme plus tôt.

-Pourquoi ?

-C'est le réveillon Drago, rit-elle.

Elle me regarda étrangement :

-Tu n'avais pas percuté ?

-Non.

Je n'avais pas la tête à réveillonner de toute façon.

-Je vais te laisser retourner travailler.

Elle opina avec toujours cette pointe de déception dès que je m'en allais. Elle se dirigea vers le bâtiment. Je repris ma route et une demi-heure plus tard mes pas m'avait ramené au même endroit. Je restai debout en face du bâtiment, le fixant longuement. Finalement, je me mis un coup de pied aux fesses et entrai avec conviction.

Je ressortis moins aigri, j'avais vu le patron, je devais revenir après-demain avec mon CV et mes références.

Je m'assis sur les marches et attendis. Quand enfin, elle sortit, ce fut moi qui l'interpelai car elle était préoccupée par je ne sais quoi. Elle se figea, encore surprise.

-Tu as quelque chose de prévu ce soir ?

-Non, mentit-elle un peu trop vite.


POV HARRY POTTER

Ce midi

Dès mon arrivée à sept heures et demi, j'avais été voir Maugrey mais il n'était pas encore arrivé. J'avais croisé Seamus qui m'avait ignoré. Aucune trace de Dean. Tonks nous avait attribué à chacun une tâche de recherche individuelle. J'avais pu donc décompresser. Dès l'arrivée de Maugrey en pleine heure du déjeuner, je lui avais sauté dessus, lui demandant de faire travailler sa mémoire et en lui expliquant ce qui était réellement arrivé à ma mère et l'agression d'Hermione. S'il en avait été choqué, il n'en avait rien laissé paraitre. Il se rappelait effectivement de cas un peu similaire mais les dossiers remontaient un peu et il fallait l'autorisation de Rogue pour les ressortir.

Agacé, je fus grognon mais il m'assura que cela ne nous empêcherait pas d'ouvrir une enquête avec ces nouveaux éléments. Nous étions en route pour demander à Rogue de sortir les vieux dossiers quand sa femme arriva. Je fus gêné d'être près d'elle, encore plus par l'attention qu'elle me porta. Je ne lui tenais pas rancune mais le simple fait qu'elle soit la femme de Rogue était un désavantage pour elle.

Alors qu'elle parlait d'une soirée chez je ne sais qui, j'aperçus l'arrivée de Dean. Amélia quitta le bureau et lui aussi dès qu'il me vit. Je voulus le suivre mais Maugrey me rappela que nous devions récupérer des dossiers.

-Mais Rogue n'est pas là, sa femme vient de le dire.

-Le Directeur Rogue n'est pas là mais son adjoint pourra peut-être nous aider.

Dans le bureau de Kingsley, nous lui soumîmes nos doléances. Il approuva et nous conduisit lui-même dans les locaux où étaient stockés les dossiers non classés. Un endroit immense et sombre où de nombreuses rangées supportaient de nombreux cartons.

-Cela va mettre un certain temps pour tout fouiller, me désespérai-je.

-Ne sois pas bête Harry, énonce clairement ta demande, le dossier viendra à toi, m'éclaira Maugrey.

Sauf que rien ne vint, aucun dossier. Il prit la relève et se heurta au même problème et Kingsley aussi.

-C'est étrange, s'exclama Maugrey. Je sais qu'il a eu des cas dans le même style. Des affaires non résolues.

-Tu te rappelles des noms ? Le questionna Kingsley.

-Non.

-Nous ne sommes pas plus avancés Harry.

Alors qu'une idée des plus désagréables me traversait la tête, il y eut un cliquetis annonçant la venue de quelqu'un.

-Que faites-vous ici !

Rogue. Il émanait de lui une colère diffuse centralisée sur moi.

-Nous étions à la recherche de dossiers non classés Severus.

Il observa Kingsley.

-Sur quelle affaire recherchez-vous des informations ?

-Aucune en particulier, nous voulions juste …

-Non ! M'interposai-je.

Je ne voulais rien lui dire en fin de compte car je ne pouvais m'empêcher de le soupçonner. De quoi ? Merlin seul savait.

Il me lança un regard qui me congela. Comment faisait-il cela ?

-J'exige de savoir Potter.

-Non, persistai-je sous l'effroi de mes supérieurs.

-Harry mais à quoi joues-tu ! S'écria Maugrey.

Je ne cédai pas malgré leur regard mécontent.

-Dans ce cas, je vous interdis l'accès de ce lieu Potter. Quittez tous les archives !

Je passai à ses cotés aussi vite que mes jambes me le permirent mais sans courir. Je voulais m'éloigner pour ne pas faire un geste malencontreux. Je me dirigeai vers le bureau des Aurors quand je heurtai Dean, en plein milieu du hall. Ses yeux noirs reflétaient une haine féroce. Pourtant il ne dit mot. Quand Rogue passa à son tour, il lui fit un léger signe de tête.

-Tu l'as prévenu ! M'exclamai-je.

-De quoi tu parles ? Répliqua Dean, d'une voix lente.

Non, je perdais la tête, il n'avait aucune raison de m'entraver sur une enquête. Peu importait nos différends personnels. Dean n'était pas quelqu'un de méchant ou de vindicatif.

-Rien, laisse tomber.

Je le contournai mais il m'attrapa le bras fermement. Je l'observai, interrogatif.

-Ginny…tu la laisses.

Je me crispai et me dégageai brutalement. Je n'avais pas l'intention de la revoir mais son attitude me révolta tant que je ne pus que répliquer :

-Je fais ce que je veux.

Il plissa les yeux, furieux. Sa baguette déjà en main, et moi aussi par la même occasion. Il n'eut pas le temps d'agir que je le désarmais déjà d'un « Expelliarmus » vigoureux. Il grogna, prêt à se jeter sur moi.

-Dean ! Harry !

Hermione avançait vers nous, choquée et pâle. Je n'avais pas besoin de ça. Je fis demi-tour sans cérémonie malgré les appels d'Hermione.

OoooO

Je partis en mission avec Maugrey, qui avait demandé à Tonks que je l'assiste. Elle avait accepté vu la tension qui régnait dans mon groupe. J'appréciai ce changement d'air surtout que Maugrey ne me fit pas la morale sur mon attitude au contraire :

-Rogue commence à me gonfler.

Pendant ma pause repas bien tardive, je le priai de m'excuser une petite heure.

Je devais prendre sur moi pour voir Hermione, j'avais des choses à lui dire à elle et aussi à Malefoy. Et si elle était venue ce midi c'était qu'elle aussi avait besoin de me parler; avait-elle eu des informations ? Avait-il enfin craché le morceau ? Cette idée me rendit fébrile, je ne savais pas pourquoi j'étais si convaincu de cet état de fait.

J'étais plus lucide et plus attentif aussi. J'avais extériorisé beaucoup de mes émotions hier avec Ginny et j'étais rentré chez moi avec moins de rancœur.

Ginny…

En arrivant dans les locaux de « Hartman et Grasson », l'agent d'accueil me prévint de l'absence d'Hermione pour une raison non évoquée.

-Vous savez quand elle revient ?

-Un peu plus tard dans la journée.

Cela ne m'avançait pas.

-Et Mal… et Drago Malefoy ? Puis-je m'entretenir avec lui ?

-Il a quitté ses fonctions.

-Pardon ?

-Il a démissionné ce matin.

Le téléphone sonna, elle ne me donna plus aucun signe d'attention. Démissionné ! Voilà une nouvelle déroutante. J'appelai Hermione sur son portable. Messagerie. Mince !

Au rez-de chaussée, je me dépêchai de rejoindre l'arrière du bâtiment pour transplaner et rejoindre Maugrey quand mon estomac me rappela à l'ordre. Je fis demi-tour pour pendre un sandwich spécial dans mon snack favori à deux rues d'ici. Et je tombai sur Dudley et sa nouvelle amie. Je voulus faire marche arrière mais j'avais trop la dalle et de toute façon, je n'avais rien à me reprocher. Il ne me vit pas tout de suite alors que je faisais la queue.

-Harry ! Me héla-t-il, avec une appréhension tangible dans sa voix.

Je fis comme si je n'avais rien entendu. Il n'insista pas et cela me rendit triste. J'étais vraiment stupide de ressentir cela. Je dévorai mon sandwich sur le chemin quand il apparut devant moi, pas content :

-Je sais que t'es fâché après tout le monde mais je t'ai rien fait moi ! T'abuses sérieux !

-Alors pourquoi cet air coupable sur ton visage ?

-Je suis mal à l'aise avec ce que ma mère a fait. Qui ne le serait pas !

-T'étais pas au courant alors ?

- Mais non ! On ne me dit jamais rien à moi, se plaignit-il.

Je ne pus m'empêcher d'être soulagé et de m'amuser de sa complainte.

-Des fois, mieux vaux ne rien savoir.

-Je me doute, tu dois être à ramasser à la cuillère.

-Merci de ta sollicitude, Dud.

-Bon alors si tu fais plus la gueule tu veux qu'on fasse quoi ce soir ?

-Ce soir ?

-Pour le réveillon Harry ? Réveille-toi un peu !

Ah oui, le réveillon.

-Je sais pas, j'ai pas envie de faire la fête.

Surtout en sachant que ma mère n'était peut-être pas loin et qu'il y avait une possibilité que je lui manque même si elle ne se rappelait pas de moi. C'était débile comme conviction mais elle persistait, me réconfortait.

-Dans ce cas, restons en famille.

Soupir.

-On peut faire une trêve pour ce soir…

OoooO

J'étais retourné travailler avec Maugrey. J'avais appris beaucoup en quelques heures avec lui.

Le soir, avant de rentrer chez lui, il me promit de trouver un moyen d'accéder aux vieux dossiers. C'était inespéré, et je ne savais pas ce qui le poussait à m'aider mais je ne voulus pas tenter le diable en le questionnant.

Ce fut donc de meilleure humeur que je rentrai chez moi jusqu'à ce que je trouve Hermione et Ron sur mon perron.


POV SEVERUS ROGUE

Ce matin

Je m'étais réveillé, soulagé de voir mon fils à la maison, j'avais déserté pour ne pas les affronter lui et sa mère et puis j'avais des choses à faire bien plus urgentes. Au bureau, je fis un tour des dossiers en cours, reçus le Ministre et ensuite je partis voir Dumbledore qui m'avait débloqué l'accès à sa cheminée privée après avoir eu la visite de Phineas Black, le seul ancien directeur de Poudlard qui avait eu l'amabilité d'accepter d'orner mon mur. Un rare privilège, soupirai-je mais aujourd'hui je ne regrettais pas ces moments à supporter ses remarques lassantes.

Dumbledore me faisait plus confiance que l'inverse mais en ce jour j'avais besoin de croire en son intelligence et en sa compassion avérée. Je comptais tout lui révéler (dans une certaine mesure), ainsi que mes projets, en espérant qu'il puisse m'aider dans mon entreprise.

Face à cet homme âgé, je me demandai un instant ce que je faisais là et puis je me rappelai, rien qu'en croisant son regard incisif, qu'il était tout sauf un vieillard stupide.

-Severus.

-Albus, comment-allez vous ?

-Ne perdons pas de temps en choses futiles, dites-moi ce qui vous amène ?

-Alan…

OoooO

J'étais de retour au Ministère, à l'heure du déjeuner, je croisai mademoiselle Tonks qui me prévint que Lily me cherchait. C'était urgent. Je ne montrai pas mon agacement. Je ne voulais pas de confrontation avec ma femme surtout après le face à face déplaisant avec Dumbledore.

-C'est à propos de la soirée chez les Jédusor, m'éclaira-t-elle.

Je me crispai, déjà sur le départ, quand Dean Thomas me coupa le chemin.

-Vous devriez allez aux archives Monsieur le Directeur.

-Et pourquoi donc, sifflai-je, prêt à l'expédier au fond d'un trou infesté de rats pour m'avoir barré la route.

Il accusa sans ciller, je cachai mon étonnement, intrigué par cette colère sourde.

-Potter fouine dans de vieux dossiers, il cherche à vous compromettre.

Mon cœur loupa un battement.

-Me compromettre ? Qu'insinuez-vous ?

-J'ai cru comprendre qu'un complot se fomentait contre vous et que Potter en serait l'instigateur.

Je partais déjà au sous sol. Et fut forcé d'admettre face à la réaction de Potter que Thomas était peut-être dans le vrai. Heureusement, aucun dossier compromettant n'était disponible. J'avais fait en sorte de ne pas laisser de trace mais mieux valait être prudent. En repartant vers la sortie, tendu, je croisai encore Thomas à qui je fis un léger signe de tête… avant de voir Potter non loin de lui qui n'en avait pas loupé une miette. Décidément ce morveux allait avoir ma peau.

J'étais dans l'incapacité de sévir contre lui, je n'avais pas de preuve. Il fallait que j'attende qu'il commette une erreur et je savais qu'il en ferait une. Je me hâtai de quitter le Ministère, je devais savoir ce qui se tramait avec les Jédusor. Comme si je n'avais pas assez de problèmes comme ça !

Devant la boutique de Lily, je fus tenté de rebrousser chemin. Mais elle m'aperçut et vint à ma rencontre.

-Nous allions déjeuner, tu viens ?

-Nous ?

-Alan est là.

Re-soupir. J'entrai à sa suite, la suivant le long des allées et arrivai dans l'arrière-boutique. Alan ne leva même pas les yeux à mon arrivée. C'était très inhabituel mais désormais voilà à quoi je devais m'habituer : à son mépris. Je n'étais pas sûr de rester serein face à ce comportement certes légitime mais somme toute intolérable. Je réajustai ma cuirasse de neutralité et pris place face à lui, alors que Lily se posa à ses côtés. Nos deux assiettes se découvrirent, fumantes et odorantes. Pourtant l'appétit tardait à venir.

-J'ai cru comprendre que tu me cherchais Lily.

-Oui. Où étais-tu ?

Il ne semblait y avoir qu'une question impersonnelle mais je décelai bien plus.

-J'avais des choses urgentes à régler.

-Concernant notre fils ?

Silence. J'en profitai pour avaler une bouchée de ce succulent bœuf Stroganoff. Elle passa de travers. Alan donnait de temps à autres des bouchées à Leonid. Ce dragon dardait sur moi des yeux perçants colériques. Adoptait-il l'humeur de son maitre ?

-Je t'ai posé une question Severus.

-Tu n'obtiendras pas de réponse maman, tu sais bien que notre voix ne compte pas dans cette famille.

-Tu es injuste, Alan, répliquai-je calmement.

-Ah oui ?

-Nous sommes en démocratie, alors exprime-toi sans passer par ta mère.

Il rougit mais se continua pas.

-Alors il semblerait qu'il y ait une soirée mondaine chez Bella.

Elle tiqua au surnom affectueux que j'attribuai sciemment à Bellatrix.

-Oui, Mme Jédusor nous a invités.

-Et nous n'irons pas, décréta mon fils de nouveau capable de me regarder.

Il attendait que je confirme.

-Cela va de soi, nous réveillonnerons en famille.

-Sauf qu'elle insiste et comme elle m'a commandé une quantité non négligeable de fleurs…

Je comprenais sa réticence à refuser l'invitation malgré son envie manifeste de ne pas y aller.

-Je vais de ce pas prévenir Bella de notre désistement.

-Je vais avec toi dans ce cas, je dois lui livrer les fleurs dans l'après-midi.

-Je les lui livrerai.

-Je dois l'aider à décorer.

-Je le ferai.

-Toi ? Se moqua-t-elle. Ne soit pas…

-Tu n'iras pas chez les Jédusor ! Tonnai-je.

OoooO

J'étais devant la propriété de mon Maitre, portant une serre réduite par un « Reducto » puissant sous le bras. Quand Bella m'ouvrit, elle exprimait un grand mécontentement mais un sourire s'élargit brusquement sur son visage nacré.

-Quel gentleman tu fais Severus.

-Pardon ?

-Tu es venu avec Lily pour nous aider.

Je savais qu'elle n'était pas folle, je m'agaçai fortement en devinant la présence de ma femme à mes côtés.

-Votre visite est bien plus agréable que celle que je subis depuis une demi-heure.

J'étais entre colère et curiosité, se sachant comment réagir quand je vis Lucius Malefoy apparaitre aux côtés de sa belle-sœur.


Drago ne sait pas qu'il est apparenté à Tom junior, vous verrez pourquoi par la suite.

La suite bientôt.

Pour ceux que ça intéresse, j'ai posté une fic sur BN ET LE CHASSEUR.