Relecture Brynamon.

La suite qui amorce le début de la fin même s'il reste quelques chapitres avant l'épilogue : les chosent se précisent.

Bonne lecture.


Chapitre 16 : Le vrai responsable


POV LUCIUS MALEFOY

Une heure plus tôt

Je tournai en rond, stressé dans la salle des conseils que j'avais vidée séance tenante. J'étais contrarié, et le mot était faible. Je m'arrêtai et jetai un œil sévère à ma femme. Elle-même était mécontente, semblait même inquiète.

-Je n'ai pas le choix, je vais devoir retourner dans le monde magique prévenir Bellatrix.

-Tu es sûr, Lucius ?

Pour la première fois, je la voyais perdre son assurance. Elle qui dirigeait toujours tout, s'en remettait à moi en cet instant parce qu'elle savait qu'elle avait fait une grosse bourde.

-Nous aurions dû le prévenir ! La récriminai-je. Pourquoi m'en as-tu empêché !

-Je l'ai déjà trahi, et j'ai été bannie. Je ne compte pas recommencer. Drago aurait vendu la mèche si nous l'avions mis au courant.

-Drago est incapable de prendre des décisions, encore moins de dénoncer sa famille !

-La preuve que non.

-Il est juste fâché, il va reprendre ses esprits.

-Mais le mal est fait, cette fille est au courant et nous allons le payer cher ! Nous devons prendre les choses en main, s'affola-t-elle.

-Tu en as déjà assez fait pour mon fils…et pour moi, maintenant je vais rattraper tes bêtises.

OoooO

Je réglai les affaires les plus urgentes et deux heures plus tard, nous ne prîmes même pas la peine d'utiliser ma voiture de fonction avec chauffeur, nous transplanâmes directement derrière chez nous, à l'abri des regards, et entrâmes rapidement pour que je puisse me changer. Je devais me présenter sous mon meilleur jour.

J'entendis de loin les vociférations de Rita. Elle arriva en tenant une liasse de billets et différentes clés. Nous jouions réellement de malchance, Drago avait vraiment décidé de nous tenir tête.

-Tu vois ! A force de le retrancher un peu plus bas à chaque fois, voilà ce que tu as gagné !

Elle continuait ses jérémiades et cela m'horripilait. Je ne l'aimais pas dans cet état, je ne l'aimais pas tout court en fait mais personne n'avait besoin de le savoir. Ce que j'appréciais chez elle : c'était ses relations. Je n'avais découvert que plus tard le motif de son bannissement du monde magique. Cela ne m'avait pas plu, me ramenant à des souvenirs douloureux.

Narcissa…

La mère de Drago, l'amour de ma vie, sa mort m'avait anéanti. Je m'étais retrouvé avec un enfant à élever sur les bras et une belle-sœur qui me haïssait me jugeant responsable de la mort de sa sœur qui était liée, selon elle, à ma négligence.

-Lucius !

-Oui, soupirai-je en revenant au présent peu reluisant. J'ai pris note de tes doléances ma chère, mais le plus urgent est de régler le problème avec les Jédusor.

J'étais fin prêt, vêtu d'un costume noir aux emmanchures grises avec ma cape noire ornée de liserés vert bouteille rappelant Serpentard, elle s'éclipsa à mon grand soulagement mais revint une minutes plus tard vêtue de sa cape rouge soulignant son ancienne appartenance au groupe de son ancien maitre.

-Tu comptes venir avec moi ? Serais-tu folle ?

Elle tiqua alors que je me remis face à mon miroir en pied.

-Je ne peux te laisser y aller seul.

-Et pourquoi donc ?

-C'est risqué. Je veux te soutenir au cas où, je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit.

La note affective dans sa voix me laissa sans voix. Je me détournai du reflet de ma belle personne pour la regarder de côté. Elle réajustait ses lunettes, mal à l'aise à l'évidence. Je la sondai mais elle avait recouvré sa froideur naturelle. Je préférai ça.

-Je n'ai pas besoin de soutien Rita. Tu n'as pas besoin de me tenir la main sans arrêt.

-Mais…

-Il s'agit de mon fils, il est en danger, nous sommes en danger, je dois m'occuper de ça.

OoooO

Traverser le Londres magique avait ravivé de vieilles blessures. J'avais tout fait pour ne pas y revenir et pourtant j'étais ici. Je ne pus me raisonner et me dirigeai rapidement au cimetière sans encombre. Il était désert, tant mieux. Cela faisait quinze ans que je n'étais pas revenu et pourtant je savais exactement où elle se trouvait. Le cœur battant je m'approchai d'elle. La stèle entourée de fleurs fraiches était toujours d'un blanc immaculé, la pierre avait été agrémentée d'un sort de protection. Les mots gravés me percèrent le cœur. Je m'accroupis et attendis, fermant les yeux, cherchant à capter sa présence. Mais il n'y eut rien d'autre que le vent frais et mes larmes.

-Je ne m'attendais pas à ce que tu me pardonnes mon échec avec Drago. Pourtant je t'avais dit que ne voulais pas d'enfant, la seule chose que je voulais c'était toi. Et regarde maintenant où j'en suis.

Je me repris, je n'avais plus vraiment le temps de m'apitoyer.

Je me rendis à Godric's Hollow, chez les Jédusor, sans aucune envie. J'émis un sort de repérage pour me diriger dans ce village que je ne connaissais pas. Ils résidaient aux abords, un peu en retrait. J'avais l'impression de me diriger vers le voile de la mort une fois la propriété en vue. Les grilles étaient ouvertes, étrange…

Devant leur porte en ébène, je fis le heurtoir se mouvoir de trois coups. L'atmosphère était brumeuse et grise malgré un beau temps qui tentait de percer. La belle demeure était en pierre dans les tons gris et blanc, un blanc où se faufilaient des filaments verts régulièrement. Tels des serpents.

La porte s'ouvrit, un elfe se profila évitant délibérément de me regarder.

-Oui Monsieur que puis-je pour vous ?

Son corps tremblant et sale ne m'inspirait que pitié.

-Qui est-ce, Dobby ? Entendis-je derrière lui.

Bellatrix le poussa en arrière avec agacement et me fit face, son visage avenant se transforma. Les filaments présents sur la maison s'animèrent et se projetèrent sur moi pour me faire prisonnier. Des serpents…

-En voilà un accueil, chère belle-sœur, plaisantai-je alors que je n'en menais pas large.

-Je ne suis pas votre belle-sœur, espèce de veracrasse nauséabond !

Elle représentait le mal en cet instant, mon courage diminua. Pourquoi étais-je venu... ?

Ah oui, Drago…

-Je suis venu vous prévenir d'une chose qui concerne votre fils.

Elle cligna des yeux stupéfaite et méfiante.

-C'est urgent, insistai-je.

Elle me scruta puis me libéra et m'autorisa à entrer. Je lissai mes habits et la suivis le long du hall somptueux. Elle bifurqua à droite et nous débouchâmes dans un immense salon mais elle continua, ne me laissant pas le temps d'apprécier l'endroit. Elle frappa sur un pan de mur :

-Nous avons de la visite.

Il coulissa de lui-même dévoilant un passage secret dans le mur, elle se faufila dans l'ouverture et je fus pris de panique. Cela en valait-il la peine ?

« Drago » entendis-je Narcissa me rappeler d'un ton sévère.

Je me faufilai donc aussi dans l'antre du mal…

…qui se révéla être une pièce douce et chaleureuse. Cela me mit rudement mal à l'aise. Tom Jédusor se leva de son fauteuil, contourna son bureau en cèdre et vint à ma rencontre. Je reculai inconsciemment jusqu'à ce que la porte refermée me bloquât. Il souriait, un sourire charmant qui me fit froid dans le dos. Il paraissait plus jeune que moi, alors qu'il était bien plus vieux selon les dires de Rita et nettement plus beau et ce n'était pas peu dire. Pourtant cette beauté était malsaine, ses yeux bleu-gris effroyablement intelligents me transperçaient de partout.

-Lucius, quelle surprise.

Mon cœur tomba au sol, j'étais choqué par le ton pernicieux de sa voix. Il eut un sourire en coin qui m'acheva. Je ne l'avais jamais vu auparavant et j'aurais préféré ne jamais avoir eu à le faire. Qu'est-ce que l'amour filial n'obligeait pas à faire !

-Prenez un siège, Lucius.

J'avais l'impression étrange qu'il me connaissait. Il demanda à sa femme de se mettre à ses côtés en lui tendant son bras et il la conduisit sur le plus grand canapé où ils se posèrent. A partir de ce moment je sus que j'étais sur la sellette. Je voyais bien que je ne parvenais pas à cacher mon inquiétude. Ils jubilaient.

-Alors Lucius, comment va votre femme ?

Comment savait-il ? Question stupide. Il savait toujours tout.

-Pas trop bien. Drago nous donne du fil à retordre.

Bellatrix s'agaça de me voir hésiter. Son mari posa sa main sur la sienne en signe d'apaisement et cela fonctionna. Il avait un effet particulier sur elle. Ils contrastaient de différence, lui serein et royalement bel homme et elle impatiente et parfaitement quelconque. Comment était-elle parvenue à l'épouser ? Je ne savais pas. Elle était l'opposé de ma Narcissa.

Je n'avais appris son existence que peu de temps avant la mort de ma défunte épouse. Elles étaient brouillées et elles ne s'étaient réconciliées que sur son lit de mort avant que la maladie ne l'emportât. J'avais par la-même découvert son alliance à Jédusor, mais même si j'aimais l'argent, je savais que Bellatrix me tenait responsable de la mort de sa sœur et ne me permettrait pas d'entrer dans sa noble lignée. J'avais donc préféré quitter ce monde, après qu'elle m'ait dépouillé, craignant d'autres représailles. Le reste de l'argent de Narcissa revenait à notre fils qui ne pouvait le débloquer qu'à partir de son vingt-cinquième anniversaire. Ce qu'il venait de faire.

Je n'avais pas compris les intentions de Narcissa qui m'avait ainsi privé de notre autonomie. J'avais pris Drago et j'étais allé m'installer dans le monde moldu où j'avais rencontré Skeeter. Je m'étais reconstruit et j'avais trouvé un train de vie confortable à nouveau. Seule une chose me manquait…

-Il a parlé de Tommy, lui murmura-t-elle.

A son froncement de sourcils, je me glaçai. Avais-je signé mon arrêt de mort ? Je regrettai subitement la présence de Rita. Il aurait pu déverser tout son fiel sur elle et j'aurais pu m'enfuir.

-Vous êtes au courant de l'implication de mon fils dans une de vos affaires.

-Oui, soupira Jédusor. Une affaire non prévue, une affaire qui n'aurait pas dû se produire. Il n'était pas encore habilité à le faire. Il a voulu m'impressionner.

-Cela a engendré des conséquences sur mon fils que j'ai dû exiler pour conserver votre secret et puis à son retour il n'a rien trouvé de mieux que de vouloir travailler avec cette sorcière et de lui révéler la vérité.

-Granger Hermione.

Je fus surpris qu'il connaisse son nom.

-Nous aurions dû l'éliminer, je te l'avais dit, Tom.

-Il n'y avait pas de raison, elle ne savait rien de notre implication, ni de notre organisation. Je n'aime pas verser le sang de nos congénères.

-C'est une sang-de-bourbe, s'écria-t-elle.

-Une sang-mêlé des plus brillantes, corrigea-t-il en tonnant d'une voix de stentor. Comme moi.

En voilà donc une information intéressante. Bellatrix se renfonça dans le fauteuil sans rien ajouter. Il avança au bord du fauteuil, se pencha en avant et croisa ses mains. La finesse de ses traits s'altéra sous la noirceur de son âme diabolique.

-Maintenant qu'elle sait, c'est une tout autre histoire.

-Drago n'est au courant de rien concernant votre groupe, il n'est pas une menace pour vous.

-Il a vendu son cousin ! S'anima de nouveau Bellatrix.

-Ils ne savent même pas qu'ils sont cousins, m'indignai-je.

-Bella a jugé inutile de prévenir son fils qu'il avait un cousin, répliqua Jédusor avec une évidente contrariété.

-Notre condition sociale n'était pas la-même.

-Ce n'est pas une raison. Je suis moi-même né de parents pauvres.

Encore un fait intéressant. La tension entre eux était tangible. Nous étions dans une histoire sans queue ni tête. Une histoire qui me dépassait.

-Je ne voulais pas que mon fils fréquente cette partie déshonorante de ma famille.

Elle partie dans des explications inextinguibles. Je l'écoutai, éberlué, débiner ma famille, sous l'œil inexpressif de son mari. J'aurais dû être entre colère mais son mépris ne générait que de la honte. Elle exprimait avec ses propres mots ce que je cachais au fond de moi depuis si longtemps : du dégoût, un dégoût profond pour ma personne. Je manquais d'envergure, je m'étais fourvoyé pour de l'argent…

-Nous allons régler ce problème une bonne fois pour toute, la coupa Jédusor.

-Comment ?

-Eliminer Granger et tous ceux qu'elle aura mis au courant.

Mon estomac se retourna.

-Et qui va procéder ?

-Vous, Lucius.

-Et…et si je refuse ? Articulai-je, la bouche sèche.

-C'est votre fils que j'éliminerai.

-Je vous raccompagne, Lucius, exulta Bellatrix alors que je me liquéfiai.


POV RONALD WEASLEY

Un peu plus tard

Je n'avais toujours aucune nouvelle.

Je tentai de l'appeler à nouveau, assis dans le hall du bâtiment. J'avais terminé depuis un quart d'heure. Elle franchit le seuil au même moment. Elle courut vers moi, me créant de nouvelles angoisses. Elle avait peur. Elle se serra contre moi, se cachant à ma vue.

-Alors ?

Elle se contenta de respirer fortement comme si elle avait couru un cent mètres. Je lui laissai le temps de se reprendre et je la fis s'asseoir à mes côtés. Elle serra son émeraude, signe d'un grand stress.

-Dis-moi, me laisse pas comme ça !

-Dumbledore va s'en occuper, il veut que nous restions à l'écart.

-Pourquoi ?

-Il craint pour ta vie.

-Hein ?

-Il ne voulait pas que je te le dise mais je ne veux plus rien te cacher. Je pense qu'il est au courant de certaines choses et qu'il a déjà une idée en tête.

-Oui mais pour ton cœur ?

-Il m'a dit que cette clé était incomplète, il manque une image qui représentera une future action bien précise de ma part et quand elle sera complète, je pourrai récupérer mon cœur.

-Une bonne chose alors.

Mais elle était perturbée.

-N'aies pas peur, il ne va rien m'arriver, tu es là pour me protéger non ? Plaisantai-je à demi.

Je n'étais pas inquiet, moi. Elle continua d'être maussade et tendue.

-Tu ne m'as pas tout dit. Cela concerne l'image manquante ?

-Il dit que quelqu'un doit me pardonner pour compléter et activer la clé.

J'étais perdu.

-Tu sais, le jour où j'ai eu cette émeraude…

-Par la prêtresse, oui.

-Elle m'avait dit de faire attention, que mon orgueil allait me jouer des tours et que j'allais en payer le prix fort.

-Et c'est le cas, constatai-je.

-Oui, nous le savons mais…

Alors que mon esprit cheminait, elle m'observa avec angoisse, et puis je percutai avec horreur.

-C'est Malefoy celui qui doit te pardonner ?

Elle détourna les yeux.

-Je pense aussi.

-Mais c'est insensé !

La vache, il nous pourrissait l'existence même quand il n'était pas là !

-C'est lui qui t'a fait du mal !

Elle ne répondit pas.

-Raconte-moi exactement ce qui s'est passé ce jour-là.

Après qu'elle eut fini, je ne compris toujours pas ce qu'il y avait à pardonner.

-On a tous eu des rejets et des échecs. Et tu avais le droit de le rembarrer.

-J'étais une peste orgueilleuse, même Harry me le dit encore des fois. Je pense que l'affection de Malefoy pour moi a démultiplié la douleur du rejet.

-On ne fait pas du mal quand on aime quelqu'un.

-Parfois si. Tu le sais bien.

-Tu lui cherches des excuses ?

-Non, je veux juste trouver la force d'aller le voir pour lui demander pardon.

-Jamais de la vie !

-Je veux retrouver mon cœur.

-Si tu le fais contrainte et forcée ça ne marchera pas.

Elle s'affaissa.

-Je pense aussi. Mais comment faire alors ? Il est le dernier obstacle à ma guérison.

-J'en sais rien. Demandons conseil à mon père, il est plein de sagesse.

-Je ne peux pas lui raconter.

-Tu déformes un peu, en gardant le fond. Allons-y.

Je me levai déjà.

-Je ne peux pas, je dois travailler ce soir.

Déception.

-D'ailleurs tu dois être attendu chez toi Ronald. Tu ferais mieux d'y aller. On en reparle après, décréta-t-elle en se levant à son tour.

La laisser ici ne m'enchantait pas.

-Je viens te récupérer ?

-Non, je vais transplaner, ne te déplace pas.

-Ne tarde pas.

-Dans deux heures, j'arrive. Promis.

Elle s'éloignait déjà puis fit demi-tour en enlevant son pendentif qu'elle attacha autour de mon cou, je reculai.

-Je suis pas une fille !

-Elle te protégera, Dumbledore l'a renforcée pour toi.

Je secouai la tête mais elle n'en tint pas compte.

-Ne m'oblige pas à rompre ma promesse en me servant de la magie pour te forcer à la garder.

Je grommelai, mécontent. Le contact était brulant. Elle étincela sous mon t-shirt et mon pull épais. Heureusement on était assez en retrait, personne ne remarqua rien.

-Merci, dis-je simplement.

Elle me sourit vaguement déjà tournée vers autre chose.

-J'espère ne pas croiser Malefoy, soupira-t-elle.

-Ça ne risque pas, il a démissionné. Je l'ai croisé avec ses cartons ici-même, j'ai entendu des échos sur…

-Tu l'as croisé !

Aïe ! Mince.

-On a réglé nos comptes mais rien de bien méchant je t'assure.

Elle fulminait.

-Bon et bien, c'est l'heure que j'y aille, dis-je en m'enfuyant déjà. On se voit tout à l'heure.

OoooO

Assis dans le bureau de mon père qui m'avait écouté attentivement, cherchant des réponses à me donner, je le fixai avec espoir. J'avais prétexté une histoire entre Hermione et son ami qui l'avait blessé et vers qui elle cherchait à retourner malgré tour, car il lui manquait. J'avais en fait pensé à Harry. Je réussis à éluder l'aspect magique quoiqu'il aurait été ravi de découvrir qu'il avait toujours été dans le vrai mais je ne pouvais rien lui révéler.

-Elle doit attendre un peu, si la blessure est encore à vif. Parfois un évènement suffit à débloquer la situation.

-Mais si c'est pas le cas ?

-Elle devra essayer une première approche, un premier contact, renouer des liens simples au départ.

-Ça me parait compliqué.

Et ça ne me plaisait pas du tout.

-Mais ça l'est mon fils. La confiance et le pardon sont deux choses difficiles à accorder et à obtenir.

OoooO

Mes frères étaient arrivés, Fleur resplendissait. Elle attendait un heureux évènement, ma mère faillit en faire une syncope en l'apprenant. Ginny manquait à l'appel.

-Où est ta sœur ? S'agaça-t-elle.

-Je ne sais pas.

Je l'appelai sur son portable, tombait sur son répondeur.

Je finissais de mettre la table quand elle arriva enfin, décomposée. Elle grimpa vite à l'étage, sans un mot pour personne. Je montai à sa suite, la hélant avec inquiétude. Je ne reçus que sa porte fermée pour réponse.

-Ginny !

-Lâche-moi !

-C'est Dean, c'est ça ! Il t'a emmerdé !

-Non.

Ouf, c'était déjà ça. Elle ouvrit la porte :

-C'est sa sœur. Elle me mène la vie dure.

Elles étaient dans le même institut, c'est vrai.

-Tu veux que je m'en occupe.

Elle secoua la tête :

-Ne soit pas bête, tu ne vas pas aller taper une fille.

-Mouais, t'as raison. Mais la laisse pas t'emmerder.

-Je vais régler ça. Je vais prendre une douche, ensuite j'arrive.

-Ok, on est tous là en bas. On va bientôt passer à table.

-Dac.

Je retournai dans ma chambre et y trouvai Hermione assise sur le bord de mon lit. Je fis un bond, la main sur le cœur.

-Nous devons aller voir Harry, décréta-t-elle.

-Quoi, tu ne l'as pas déjà vu tout à l'heure ?

-Il n'a pas voulu me parler et quand j'ai voulu le suivre Dean m'en a empêché.

-Oh celui là il commence à me courir sur le haricot.

Elle pouffa.

-Quoi ?

-Rien, tu es si mignon.

Je ne sus comment le prendre ni comment réagir pour le coup, à part rougir bien sûr.

-Il t'a fait du mal ? Me repris-je, tendu.

-Non, je ne suis nullement intimidée par lui. Mais je crois qu'il en a après Harry et qu'il va lui causer des ennuis.

-Décidément.

-J'ai bien réfléchi, je ne peux pas cacher ce que j'ai découvert à Harry même si Dumbledore m'a demandé de garder le silence.

J'approuvai.

-Bon laisse-moi prévenir mes parents. Attends-moi à la voiture, j'arrive dans cinq minutes.

J'étais en pleine négociation avec ma mère quand Ginny déboula pour prévenir qu'elle partait avec moi sans me laisser le temps de m'y opposer, elle manœuvra si bien que ma mère accepta en nous faisant des signes des mains avec un « allez ouste ! » exaspéré.

OoooO

Harry n'était pas encore rentré, Hermione avait discrètement vérifié. Nous l'attendions donc de pied ferme sur le trottoir, Ginny était restée dans la voiture, non loin. Je l'y avais consigné, fâché qu'elle se soit incrustée et surtout de sa manière un peu dure d'ignorer Hermione sans m'en donner la raison.

-Elle sait pourquoi.

Hermione n'avait rien compris, haussant les épaules, préoccupée par autre chose.

Il arriva après une dizaine de minutes. Il hésita à nous rejoindre dès qu'il nous vit. Alors nous allâmes à lui. Je le dévisageai, le saluai d'un bref signe de tête, je me rappelais très bien qu'il avait fait pleurer ma Hermione. Peu importait l'objet de leur dispute, je ne pouvais m'empêcher de lui en vouloir. Hermione, mal à l'aise, tardait à s'expliquer. Et ça ne pouvait pas fonctionner s'il continuait de la toiser comme ça.

-Elle est désolée, c'est bon, ça te va ! Maintenant tu écoutes ce qu'elle a à te dire !

Il me toisa de manière bien plus féroce, tout mon corps se raidit.

-De quoi tu te mêles !

-Je me mêle de ce qui me regarde !

Hermione était déjà entre nous, un peu dépassée.

-Ronald, va m'attendre dans la voiture avec Ginny.

-Ginny est là ?

Harry tourna sur lui-même pour la chercher du regard. Une drôle de sensation bien peu agréable me chatouilla l'estomac. Ce fut bien pire quand Ginny s'extirpa de la voiture et qu'elle vint à sa rencontre pour lui donner une franche accolade un peu trop affectueuse.

-T'embrouille pas avec Ron, on est du même côté. T'as une sale mine, t'as pas eu une bonne journée, constata-t-elle. Comme moi.

-Ce n'était pas la joie, concéda-t-il à lui répondre avec plus de chaleur dans la voix.

La main douce de Hermione sur mon torse m'apaisait. Heureusement qu'elle était là.

-Dean ? Le questionna Ginny.

-C'est pas le plus grand de mes soucis.

-Tu devrais, intervint Hermione. Il m'a mise en garde, je crains qu'il n'essaie de porter atteinte à ta réputation Harry.

-La belle affaire, qu'il essaie.

-Tu ne devrais pas le sous-estimer Harry, s'inquiéta Ginny.

-Tu sais que je sais me défendre, tu m'as vu à l'œuvre. Maintenant, parlons de notre affaire. Nous avons d'autres chats à fouetter. Venez, entrez tous, et dis-moi ce que tu as à me dire, Hermione.

Il était plus conciliant.

-En privé ce serait mieux.

-Ginny sait déjà que je suis un sorcier et elle a bien compris que toi aussi. Alors maintenant crache le morceau !

Le sourire de Ginny confirma qu'elle savait. Après un moment de stupeur pour nous deux, Hermione se décida enfin en omettant la partie embarrassante de quémander le pardon de ce bon à rien, de ce lâche, de ce criminel qui se baladait sans impunité.

-On doit aller voir Malefoy, il en sait forcément plus et je lui ferai passer l'envie de faire du mal à qui que ce soit.

-Où veux-tu qu'on le trouve Harry ? Lui demanda Hermione, peu réceptive à ce plan qui n'en était pas un.

-Je sais où il habite, annonça Ginny. On lui a livré un petit-déjeuner il y a quelques jours.

Elle sourit.

-J'avais parfumé ses muffins au poivre, il n'a plus jamais recommandé chez nous après, rit-elle. Mais j'ai en tête sa rue, il habite les beaux quartiers non loin de Regent Street.

-On y va !

-Et ton père Harry, il va s'inquiéter ! S'exclama Hermione. On devrait lui en parler, il saura peut-être qui est Jéd…

-On y va ! Persista-t-il en saisissant la main de ma sœur et en s'élançant loin de chez lui.

Je grognai, encore sous le choc que ma sœur soit aussi au courant et peu confiant dans cette nouvelle amitié. Hermione saisit la mienne pour les suivre. Je devinai que nous allions transplaner et cette idée me retourna l'estomac à l'avance.

OoooO

Devant sa porte, nous nous heurtâmes au silence. Harry força la serrure à ma grande consternation. L'appartement était plongé dans la pénombre.

-Lumos ! Cria Harry.

L'appartement avait été déserté.

-Il est parti ! S'écria Ginny.

-Le lâche ! M'emportai-je.

-Il s'est encore enfui, siffla Hermione. Je vais en avoir le cœur net : « Hominum revelio ».

Elle fit volte-face comme nous, car nous avions perçu la présence de quelqu'un. Assis dans l'angle de la pièce, un homme était apparu.

-Je vois que je ne suis pas le seul à le chercher.

Il se révéla dans la clarté projetée par Harry. Un jeune homme brun, aux yeux gris-bleu, vêtu d'une tunique rouge.

-Qui êtes-vous ! M'exclamai-je, anxieux devant l'attitude de Hermione et Harry : ils étaient pétrifiés.

L'homme fixait Hermione, troublé. Je me braquai en entendant Harry murmurer :

-Vous… c'est vous qui avait enlevé ma mère… ?

Il n'était pas sûr de ce qu'il avançait. L'homme attaqua dans la foulée, je ne trouvai rien de mieux à faire que de me jeter en avant sur lui pour l'empêcher de nous atteindre. Sous les cris des autres, le sort m'atteignit, enfin je le crus un millième de seconde mais en fait il avait heurté le mur vert translucide projeté par l'émeraude et s'était retourné contre l'agresseur ! Il encaissa le coup, s'effondra et disparut tout ça en une seconde.


POV LILY EVANS POTTER

Un peu plus tôt.

Je n'avais pu résister à suivre Severus. Son interdiction m'avait indignée ! Face à Bellatrix, j'étais aux anges devant sa déconvenue, il n'aimait pas être pris en traitre.

-Tu n'aurais pas dû m'interdire de venir, lui susurrai-je, ravie de voir sa mâchoire se contracter un peu plus.

Un homme blond platine nous salua du bout des lèvres, dévisagea un instant Severus, comme s'ils se connaissaient et s'en alla sans plus de cérémonie.

-Enfin, se raviva Bellatrix, je ne pouvais plus supporter sa vision.

-Qui est-ce ?

-Personne, décréta-t-elle.

Je compris qu'il ne valait mieux ne pas être son ennemi.

-Entrez.

Elle me tendit une main accueillante. Je la suivis, elle se retourna.

-Severus, ne reste pas planté là !

Il entra donc, dardant sur moi des yeux noirs apocalyptiques. Pourtant je perçus autre chose : de l'inquiétude. Mais je devais me tromper.

Je vins récupérer ma serre et me hâtai de la rejoindre pour qu'elle me montre où exposer mes fleurs artisanales.

-Bella, je dois te parler un instant, nous interrompit Severus.

-Je te rejoins dans une minute, attends-moi dans le salon.

Il s'éloigna d'un pas raide et je pus enfin m'exprimer plus calmement.

-J'ai besoin de beaucoup de place pour que ma serre retrouve sa forme initiale.

-Je vais vous conduire à l'aile ouest. Il y aura la place que vous souhaitez. Sur le chemin je vous montre les endroits à orner. Mes invités seront là vers vingt heures, vous aurez terminé d'ici là ?

-Largement.

-Vous avez prévu des habits pour ce soir, sinon j'ai une collection…

-Je ne compte pas venir ce soir.

Elle s'arrêta net :

-Et pourquoi cela ?

Son regard durci me déstabilisa :

-Je ne suis pas à l'aise parmi la foule et je n'aime pas être entourée d'inconnus.

Ce qui était vrai. Elle me sonda, sembla se rappeler de quelque chose et s'adoucit :

-Je comprends ma chère Lily.

Choquée par tant de sollicitude, je restai interdite.

-Nous y voilà, je vous laisse travailler. Si vous avez besoin d'aide, Dobby est là.

Je supposai que c'était l'elfe qui nous suivait depuis quelques minutes. Elle était déjà loin, Dobby me regardait étrangement avec ses deux yeux globuleux.

-J'ai un bouton sur la figure Dobby ?

-Non, non.

-Pourquoi me dévisages-tu dans ce cas ?

-Je suis juste un peu déçu par le travail de mon maitre.

-Quel travail ? Lui demandai-je, sceptique.

Il clignait des yeux, comme s'il était gêné par ma vision.

-Je vous vois en double, se plaignit-il en se frottant les yeux, pourquoi êtes-vous deux !

Puis il commença à se taper la tête contre le mur le plus proche :

-Méchant Dobby, méchant !

Je le saisis par les épaules, parvins à le stopper.

-Tu n'as rien fait de répréhensible, pourquoi te punis-tu ?

Je m'étais accroupie pour être à sa hauteur.

-Vous êtes gentille de me dire ça mais je suis un mauvais elfe !

Il voulut recommencer, je l'en empêchai.

-Non, je t'assure.

-Dobby a manqué de respect en critiquant le travail de son maitre, il doit être puni.

-Je ne sais toujours pas de quoi tu parles Dobby.

-Dobby, ne peut rien dire. Si Dobby parle encore de votre apparence, le maitre sera furieux.

Cela n'avait pas de sens.

-Bon, tu sais quoi, si tu veux vraiment une punition, aide-moi à tout décorer.

Ses yeux s'illuminèrent, il pleurait.

-Vous êtes si gentille.

Mais je ne l'écoutai pas, pétrifiée par mon double reflet dans ses yeux.


La suite bientôt.