Relecture Brynamon.

Merci à Narutine pour ses reviews !^^

En réponse à la tienne Squaule : ça me fait très plaisir si tout ça te semble bien bon, lol !^^

Cela m'encourage.

J'ai eu un peu de mal à mettre à la suite qui amorce véritablement la fin. Encore deux, trois chapitres avant l'épilogue.

Bonne lecture.


Chapitre 17 : La Saint-Sylvestre.


POV DRAGO MALEFOY

Un peu plus tard

Allongé contre Astoria, la tête posée sur son ventre, je ne voulais aller nulle part ailleurs.

Elle avait accepté de rester avec moi après son travail. Je n'étais pas passé par quatre chemins, profitant de son affection évidente pour moi. Je fermai les yeux, refoulant toute pensée négative. Il serait bien temps demain de me dénigrer.

Dans le cocon de sa chambre et de ses bras, il faisait bon vivre.

-J'ai entendu ce que tu as dit à mon ex-belle mère, dit-elle subitement.

Je me raidis, déjà sur la défensive. Elle passa doucement sa main dans mes cheveux.

-Je ne t'en veux plus.

Silence coupable.

-Rita fait souvent ressortir ce qu'il y a de pire chez les gens, continua-t-elle. Et elle a le don d'exaspérer.

-Je pensais ce que je disais. C'était une erreur ce qui s'est passé entre nous cette nuit là.

-Et maintenant ? Est-ce encore une erreur ?

Je perçus son appréhension. Je me redressai pour être face à elle, subissant ses incertitudes.

-Oui.

Elle se détourna, je l'obligeai à me regarder dans un besoin de lui expliquer :

-Tu commets une erreur en voulant me garder dans ta vie. Je ne t'apporterai rien de bon.

-Alors pourquoi tu m'as demandé de rester avec toi ce soir ?

Je ne savais pas trop.

-J'avais besoin de répit, déballai-je sans réfléchir.

Elle m'examina, perplexe.

-J'ai eu une journée de merde et…

Et je manquai de tact. Je le vis à l'expression de son visage peinée.

-Je suis contente d'avoir pu te rendre service, railla-t-elle.

Elle se leva, quitta la chambre dans une démarche raide pour aller dans sa salle de bain. J'étais vraiment en dessous de tout, un goujat de la pire espèce. Les dénigrements venaient un peu trop vite. Je commençai à me rhabiller. Indécis, je n'avais pas envie de la quitter tout de suite mais mieux valait que je me rende à l'évidence : elle ne pouvait faire de miracle, j'étais responsable de la vie que je menais et je devais assumer seul mes échecs en y faisant face et non en les fuyant.

J'étais déjà devant la porte d'entrée quand elle surgit, habillée avec soin :

-Où est-ce que tu vas ?

-Je rentre à mon hôtel.

-A l'hôtel ?

Mince, pourquoi je parlais sans réfléchir aujourd'hui !

-C'est une longue histoire.

-J'ai bien envie de la connaitre.

Elle prit son manteau et me fit face :

-Allons diner.

-On ne trouvera rien de respectable qui ne soit pas complet, bafouillai-je devant son revirement.

-Allons au McDo dans ce cas.

OooooO

Alors que nous dévorions notre menu Big Mac (une belle découverte soit dit en passant), je lui racontai ma journée sans rien omettre y compris Hermione et ce que je lui avais fais subir. J'avais été au plus près de la vérité ne pouvant bien sûr dévoiler ma nature. Elle en fut choquée.

-Je sais que ce que j'ai fait est monstrueux. Je n'aurais pas dû l'agresser. Elle ne le méritait pas.

Cela faisait longtemps que je le savais.

-Ton père n'aurait pas dû t'inciter à fuir ! Mais quel genre d'homme est-il !

-Rita a beaucoup d'influence sur lui. Depuis qu'il la connait, il est devenu différent.

-Je sais comment elle est. Je me rappelle de tout même si je n'avais que cinq ans quand elle s'est mariée à mon père. Toute l'année de leur mariage elle l'a accaparé, et ma sœur et moi avons été élevées par la gouvernante. Il n'avait plus de temps pour nous, voyageait souvent. Il a fallu que Daphné fasse une fugue pour qu'il réalise ce qu'il était en train de faire.

Elle soupira :

-Je connaissais sa cupidité mais je ne la pensais pas méchante. Pourquoi t'a-t-elle fait virer ?

-Parce que j'ai voulu lui tenir tête et puis mon patron…mon ex-patron y est aussi pour quelque chose.

-Ne regrette pas, il ne te mérite pas, tu feras ton trou ailleurs. Tu reprends ta vie en main même si c'est un peu radical.

-J'ai postulé à l'aide judiciaire. Je dois voir le Directeur après-demain.

Elle posa sa main sur la mienne :

-C'est une bonne nouvelle !

-Crois-tu ?

-Oui, tu as bien fait de tout renvoyer à Rita en pleine figure, elle croit que l'argent fait tout, voilà pourquoi elle a épousé mon père et l'a ensuite dépouillé !

Elle se crispa. Je serrai sa main.

-L'argent ne fais pas tout, elle corrompt juste les faibles et les gens matérialistes. J'espère m'être sorti de tout ça.

-Tu es différent, tu es tombé mais tu vas te relever. Tu vas pouvoir avancer.

-Je vais tenter.

-Tu vas y arriver j'en suis sûre. Je n'ai pas de doutes sur tes capacités. Et je te verrai tous les jours désormais, sourit-elle.

Sa confiance me touchait et sa joie manifeste aussi. Je ne savais pas comment elle faisait pour accepter ce que j'avais du mal à accepter mais cela faisait un bien fou.

-Tu peux venir chez moi en attendant de te trouver un appart, ne reste pas à l'hôtel.

-Heu…

Tout se précipitait.

-Nous serons discret, mon père n'en saura rien si c'est ce qui t'inquiète.

-C'est toi que je ne veux pas mettre dans l'embarras. Et puis…

Je cherchai une autre raison pour un refus mais…

-Et puis… ?

Je détaillai son visage, elle exprimait beaucoup de caractère, elle était différente de ce que je croyais.

-Tu te prends la tête pour rien, conclut-elle devant mon hésitation.

Sûrement. Pour une fois, je sentais que je pouvais faire confiance. Je lui souris, elle en fut déconcertée.

-Je ne t'avais encore jamais vu sourire.

Oh, et bien voilà une assertion bien déprimante. Il faut dire que j'avais rarement l'occasion ou l'envie de sourire.

-Je me sens bien quand tu es là, je viens seulement de le réaliser. Et c'est aussi la raison pour laquelle je t'ai demandé de passer cette soirée de réveillon avec moi.

Elle me contemplait avec émerveillement et un bonheur sans nom. J'en fus extrêmement gêné. Mon portable vibra, je fronçai les sourcils en découvrant encore Rita qui essayait de me joindre depuis des heures. Elle n'était pas gênée, celle-là !

-Un problème ?

-Non, rien, dis-je en le rangeant dans la poche intérieure de mon manteau.

Je jetai un œil à ma montre.

-Tu veux aller au feu d'artifices près de la Grande Roue ? Nous avons encore le temps.

-J'avale mon dessert et on y va ! S'enthousiasma-t-elle, les yeux plein d'étoiles.


POV RONALD WEASLEY

Au même moment

J'étais encore sous le choc, surpris d'avoir pu me défendre contre un sorcier. Surpris d'être encore entier. Je me tournai vers eux, Hermione était pale, m'observant avec anxiété.

-Tu n'aurais pas dû te mettre entre lui et nous. Tu aurais pu être blessé.

-Tu manques de confiance en moi, râlai-je.

-Tu n'es pas un sorcier !

Je soupirai, elle avait raison mais si c'était à refaire, je le referai.

-Comment as-tu réussi à faire ça, s'étonna Ginny, admirative.

Je me rengorgeai déjà. Hermione se chargea de lui répondre, toujours aussi mécontente.

-Qui était-ce ? Demanda Ginny à Harry pour changer de sujet.

Lui aussi avait du mal à remonter.

-Je ne sais pas. Mais il portait la même tunique que celui qui a enlevé ma mère.

Je les détaillai tous, confus, je ne saisissais pas. Ils semblaient tous savoir de quoi il parlait.

-Ta mère a été enlevée par un sorcier ?

-Oui il y a vingt-deux ans.

Cela lui coutait d'en parler et je me sentis très gêné.

-Je suis désolé.

-Ne t'en fais pas.

-Il me parait un peu jeune pour être l'auteur de cet acte.

-Mais c'est peut-être lié. Nous avions pensé à une organisation, continua-t-il.

-Alors pourquoi ce gars se focalisait-il sur Hermione ? Et pourquoi cherchait-il Malefoy ? Me questionnai-je, perplexe.

Eux aussi s'interrogeaient.

-Crois-tu que c'est lié à ce qui m'est arrivé ? Me demanda Hermione.

-Je le pense oui.

-Malefoy est peut-être leur complice, ajouta Ginny.

-Non, m'opposai-je, ce gars semblait le chercher mais sans bonnes intentions, j'en mettrais ma main au feu.

-Il faut trouver Malefoy ! S'écria Harry avec raison cette fois.

Nous nous hâtâmes hors de chez lui.

-Nous ne savons pas où il est, comment le trouver ? Nous freina Ginny.

-Blaise saura peut-être, m'avançai-je.

Harry me détailla avec étonnement. Avais-je l'air d'un si grand imbécile ?

-Pourquoi n'y ai-je pas pensé ! Merci Ron !

C'était sincère, je me détendis. Il contacta Neville, discuta avec lui une minute puis raccrocha.

-Blaise est avec lui, ils sont en route pour le feu d'artifices avant d'aller en discothèque. Malefoy est censé les y retrouver.

-Quelle soirée, soupirai-je.

J'aurais voulu rester avec Hermione, faire la fête avec elle plutôt que de courir après celui qui lui avait fait tant de mal. Nous transplanâmes à nouveau.

-Bon sang j'en ai marre !

Ma tête me tournait, et avec l'estomac vide c'était encore pire. Ginny, elle, semblait bien s'y faire. Elle restait au coté d'Harry, buvant ses paroles, elle était sereine, bien mieux qu'il y a quelque heures. C'était perturbant. Hermione progressait à travers la foule tout en prenant soin de ne pas me perdre de vue. Elle était dans un autre monde par moment. A quoi pensait-elle ?

-Tu crois que cet homme en tunique était Jédusor ?

Elle n'entendit pas, il y avait trop de bruit. Je me rapprochai, lui pris la main et lui répétai dans l'oreille. Elle prit le temps de réfléchir.

-Je ne sais pas, mais je pencherai vers « oui ».

-Alors nous approchons du but ? M'enflammai-je.

-Nous ne savons même pas où le retrouver, me calma-t-elle.

-Il ne faut pas voir le verre à moitié vide mais à moitié plein.

Elle voyait souvent le mauvais côté des choses.

-Dépêchons-nous, ils nous distancent, s'affola-t-elle.

J'allais accélérer quand j'aperçus Malefoy. Il était accompagné mais pas de Neville et son cousin. Je m'arrêtai en plein élan, ramenant Hermione vers moi. Je lui fis un signe de la tête, elle suivit mon mouvement et se figea en voyant Malefoy. Je la tirai déjà dans cette direction.

-Mais Harry…

-Tant pis, ils sont trop loin, nous risquons de le perdre de vue.

En effet, il s'éloignait déjà. Nous traversâmes la foule vers lui.

-Malefoy ! Criai-je.

Il fit volte-face, crispé. Il se renferma immédiatement, son regard glissa vers Hermione qui me serra la main. Une fille apparut à ses cotés. J'avais l'impression de la connaitre mais impossible de mettre un nom sur son visage.

-Drago ? S'inquiéta-t-elle en l'observant.

Mais il ne voyait qu'Hermione. Et ma colère refit surface. Je fis un pas en avant, elle me retint d'une main sur mon bras.

-Nous aimerions nous entretenir avec toi Drago, débita-t-elle d'une voix atone.

Il jeta un œil vers la fille.

-En privé, précisa Hermione.

-A quel sujet ?

-Tu le sais.

-Je t'ai dit ce que j'avais à te dire ! Que veux-tu de plus !

Il laissa percer de la colère mais cela cachait autre chose. Je me braquai déjà.

-Qui sont ces gens Drago ?

-Ne t'inquiète pas Astoria. Nous en avons terminé.

Il nous tourna le dos, Astoria hésita en dévisageant Hermione. Celle-ci s'élança sur Malefoy pour attraper son bras et le retenir.

-Non Hermione ! M'écriai-je.

Astoria la repoussa fortement. Elle exprimait tant de hargne, ses yeux s'étaient glacés, son visage durci.

-Je vous interdis de le toucher, Hermione Granger !

D'où connaissait-elle son nom ? Pourquoi cette haine subite envers elle ? Je m'enflammai à mon tour quand un homme apparut, le même que précédemment. Cela passa inaperçu pour les autres mais pas pour nous. Drago se figea, Astoria se tourna pour voir ce qui attirait notre attention.

-Tom ? Entendis-je Malefoy dire avec surprise.

Alors que nous avions confirmation de son identité, il attrapa Malefoy violemment par le bras, fixa Hermione qui recula mais j'étais déjà devant elle.

-Merci de m'avoir aidé à le trouver !

Malefoy nous jeta un œil incrédule puis il disparut avec lui. Astoria tomba évanouie, que lui avait-il fait ? Je me penchai sur elle, éloignant la foule qui s'était resserrée et qui s'excitait sans rien remarquer. Je finis par la soulever dans mes bras.

-Hermione !

Elle était pétrifiée.

-Hermione ! M'énervai-je.

Elle s'ouvrit au monde, me regarda comme un fantôme puis reprit ses esprits.

-Sortons d'ici.

Je la suivis, nous tombâmes sur Harry et Ginny. Ils furent soulagés de nous retrouver mais que quelques dixièmes de seconde :

-Qui est-ce ?

Hermione leur raconta en détail tout en me suivant pour quitter enfin cet univers de folie alors que la musique jouait en sourdine.

-Emmenons-la chez moi, proposa Harry.


POV ALAN ROGUE

Un peu plus tôt.

Je m'occupais des clients, préoccupé. Où était passé maman ?

Après le départ de mon père, elle s'était éclipsée dans l'arrière-boutique.

-Je dois faire un inventaire rapide après cette grosse vente, m'annonça-t-elle. Remplace-moi un moment mon chéri.

Après une heure, j'avais enfin eu un peu de temps libre pour aller voir ce qu'elle faisait. Quel ne fut pas mon effroi en constatant qu'elle n'était pas là. Je me hâtai d'encaisser les derniers clients pour fermer, je devais vérifier une chose. Je déposai Leonid à la maison.

Il ne fut pas compliqué de trouver l'adresse des Jédusor.

Les grilles étaient ouvertes, je me hâtai dans l'allée. Je frappai quelques coups, stressé d'être ici, je n'aimais pas cet endroit. Ce fut Mme Jédusor qui m'ouvrit à ma grande surprise. Elle me sourit :

-La famille au grand complet.

Mes doutes furent donc confirmés.

-Où est ma mère !

-Entre, je t'emmène à elle.

Elle ne sembla nullement offusquée par mon ton un peu dur. Elle bifurqua dans une pièce, un salon, mon père était debout face à la bibliothèque qu'il examinait.

-Severus, ton fils est là, Il semble avoir un grand besoin de sa mère, Je l'emmène donc voir Lily.

Je ne fis aucun cas de ses paroles moqueuses, concentré sur mon père qui fit volte-face, très contrarié. Je me mis encore plus droit, gonflant ma poitrine, m'imposant de cette simple manière, lui opposant un œil farouche.

-Que fais-tu là ?

-Je suis venu chercher maman. Je n'aurais pas eu à le faire si tu avais été plus vigilant ! J'espère pour toi qu'elle va bien.

Il ouvrit grand les yeux, déversant un flot de colère silencieux. Il m'impressionnait toujours, mais ô grand jamais je ne le lui montrerai maintenant. Un petit rire me détourna de lui.

-C'est très étrange de voir à quel point vous vous ressemblez.

Un homme était apparut, surement le propriétaire des lieux et le père du professeur Jédusor. Je me crispai violemment, ma baguette déjà en main car il était celui à qui j'en voulais le plus.

-Alan ! Entendis-je mon père me réprimander. Range ta baguette !

-Ce n'est rien Severus, il ne me connait pas encore et je suppose qu'il a quelques griefs contre moi à présent que tu lui as révélé nos projets.

Il me tendit la main :

-Je suis heureux de te rencontrer Alan Rogue. Tu es tel que je l'imaginais, particulièrement doué.

Je fronçai les sourcils, peu sensible à ses flatteries, écœuré par sa simple présence phénoménalement néfaste.

-Je sais déceler la puissance et l'intelligence chez un sorcier. Et toi tu en es très bien pourvu. Bien plus que ton père, me dit-il tout sourire.

Je reculai, je ne voulais pas le toucher. Son visage avenant était à l'image de celui de son fils : factice et dangereux.

-Ta tunique est prête, j'espère que tu seras à la hauteur…

Il voulut me dire autre chose mais préféra s'éclipser. Je restai sceptique devant son départ précipité mais compris mieux quand ma mère entra dans la pièce, sa serre sous le bras. Il ne voulait pas être vu par elle, ni que son secret de jeunesse éternelle soit révélé.

Elle ne semblait pas dans son assiette. Elle me demanda à son tour de ranger ma baguette, je m'exécutai.

-Nous allons vous quitter, je ne me sens pas bien.

-En effet vous êtes toute pale ma chère, lui répondit Mme Jédusor.

-J'ai fait ce que vous m'avez demandé avec l'aide de Dobby. Je vous laisse aller en juger avant de partir.

Nous étions enfin seuls tous les trois. Maman se détourna, soucieuse, se frottant le front.

-Qu'y-a-t-il ? M'inquiétai-je.

-Je viens de voir quelque chose que je ne comprends pas.

-Mais encore ? S'alarma subitement mon père.

-Non, rien…je dois juste être fatiguée.

Elle tentait de s'en convaincre en tout cas. Je n'insistai pas, je préférais attendre d'être à la maison pour en parler.

-Tu vas te reposer, je vais préparer le diner dès que nous rentrerons, lui proposai-je.

-J'ai déjà tout prévu Alan, s'interposa-t-il. Nous n'aurons rien à faire ce soir. Où est Leonid ?

-A la maison. Je ne voulais pas l'emmener ici.

-Mais qu'as-tu contre cette maison, s'agaça ma mère.

-J'ai entendu certaines choses, me justifiai-je sous le regard lourd de mon père. Je préfère nous savoir loin d'ici.

-Quelles choses ?

-Tu n'aimerais pas le savoir, conclus-je en décochant un regard noir à mon père.

-Maintenant ça suffit ! J'exige de savoir ce qui se passe ! S'époumona-t-elle.

-Pardon de vous déranger en pleine discussion, s'immisça Mme Jédusor, mais je voulais juste vous dire que je suis amplement satisfaite de votre travail. Je vois bien que vous êtes un peu surmenée, je n'insisterai donc pas pour mon invitation de ce soir.

Ce fut soulagés que nous rentrâmes tous les trois à la maison. Elle embaumait, une bonne odeur de nourriture flottait, titillant mes narines.

-Monte t'allonger un peu Lily.

Elle se détourna de lui, ne se fit pas prier. Je montai à sa suite, l'aidai à s'installer dans son lit.

-J'ai mal à la tête, se plaignit-elle.

-Je te ramène une potion. Elle fermait déjà les yeux.

-Non, ça va passer. Ne te fais pas de souci.

-Si, si.

Je fis venir la potion à moi et lui administrai. Quand je fus assuré qu'elle dormait, je me retirai doucement. Mon père se tenait non loin, enveloppé d'une aura négative, enfoncé dans une introspection profonde les yeux rivés sur elle. Je passai à ses côtés, ralentis pour lui parler mais je renonçai, freiné par son air fantomatique.

Je partis rejoindre Leonid, lui rapportant un encas. Il patientait dans le jardin, impatient d'être libéré du dôme. Il arriva sur mon épaule, m'alourdissant, il avait pris quelque grammes, je le ressentais. Il faut dire qu'il mangeait beaucoup. Une gerbe d'eau atterrit sur ma joue. Je ris, conscient qu'il était un peu fâché.

-C'était pour ton bien, je ne voulais pas que tu sois en contact avec ces gens.

Je le caressai doucement, il frissonna, il ressentait ma peur. Je lui donnai ensuite son encas, il se montra plus conciliant. Je restai allongé dans l'herbe, supportant le froid sans m'en soucier. La nuit s'annonçait, les étoiles scintillaient légèrement pourtant j'étais loin d'apprécier le spectacle. J'étais loin de la joie de vivre et de l'insouciance qu'un jeune de mon âge devrait éprouver. Je m'isolais souvent, je ne faisais pas la fête, ne participais à aucunes activités avec d'autres jeunes. Je les imaginais bien en train de festoyer mais je n'étais pas fait pour ça. Un peu comme si j'avais toujours su que ma vie tournerait mal un jour ou l'autre. Mais je ne pensais pas que mon père en serait en partie responsable.

Leonid tourna la tête, il avait perçu avant moi l'arrivée de celui-ci.

-Viens nous allons diner.

-Et maman ?

-Elle se joint à nous, ça va un peu mieux.

Le diner avait beau être succulent, mon cœur et mes papilles n'étaient pas à la fête. Et en faisant un tour de table, cela ne l'était pour personne. Le repas s'éternisa, nous fîmes un effort de conversation. Léonid put rester avec nous, lui aussi eu du mal à engloutir sa grande gamelle.

Je montai ensuite dans ma chambre pour me préparer pour la nuit.

Je leur souhaitai une bonne année à minuit pétante puis rejoignis mon lit, fatigué par cette journée peu sympathique. Comme à chaque fois que je dormais ici, ma mère s'approcha pour me redire bonne nuit. En se penchant sur moi, un phénomène étrange se produisit : ses yeux avaient changé de couleur, reflétant le même vert que les miens. Je clignai des yeux, j'étais trop fatigué, cela me jouait des tours.


POV HARRY POTTER

Un peu plus tôt

Nous étions tous autour d'Astoria. Assise sur mon canapé, la fille qui accompagnait Malefoy s'était révélée être la fille d'un des plus riches citoyens du Royaume-Uni. Elle était un peu confuse, ne se rappelant pas de grand-chose concernant cette soirée. Mon père me prit à part dans la cuisine :

-Elle a probablement subi un sort d'amnésie. C'est peut-être mieux ainsi.

-Elle avait peut-être des infos sur Malefoy.

-Cette petite est un peu sous le choc, nous devrions la ramener chez elle et prévenir le Maire que son fils a été enlevé et qu'il est impliqué dans quelque chose d'assez moche.

-Ensuite, nous irons chez les Jédusor, conclut mon parrain qui venait d'entrer.

-Tu sais où ils résident ? M'étonnai-je.

-C'est une riche famille sorcière, comment se fait-il que tu ne la connaisses pas ?

-J'en sais rien, Hermione non plus ne la connait pas.

-Dire qu'on les a soupçonnés, rajouta Tante Pétunia qui s'était jointe à nous suivi de mon cousin.

Il y eut un long silence. Mon père s'affaissa. Si j'étais mal, il ne pouvait guère se sentir mieux. Je lui posai ma main sur l'épaule en signe de paix et de soutien.

-Nous allons enfin savoir ce qui s'est passé pour maman et pour Hermione.

-Tu penses que Malefoy a dit la vérité ? Qu'il s'est laissé manipulé ? M'interrogea Dudley.

-Oui, Hermione en est persuadée et il a été enlevé le jour même de ses révélations. Il doit représenter un danger. Je crois que sa vie est menacée.

-Tu avais raison Harry, tout était lié, intervint Sirius. Ne trainons pas ! Dis à tes amis de ramener Astoria, Pétunia va prévenir Le Maire, nous trois nous partons à Godric's Hollows.

-Et moi, s'indigna Dudley.

-Tu viens avec moi, décréta sa mère.

-Mais…

-Pas de mais…

-Et Hermione ? Leur demandai-je.

-Je ne préfère pas qu'elle aille là-bas, m'expliqua mon parrain.

-Elle est concernée, la défendis-je.

-Pas sûr qu'elle encaisse bien face à son probable agresseur. En plus, si elle vient son ami voudra venir et puis sa sœur aussi. Je pense qu'ils en savent assez comme ça et je ne tiens pas à les mettre en danger.

Je perçus une pointe de reproche. Je ne dis rien cependant. Nous retournâmes au salon, ils étaient encore tous les trois autour d'elle, la rassurant.

-Ramenez-la, décrétai-je au petit groupe, tante Pétunia va prévenir le Maire, nous on va chez les Jédusor.

-Tu sais où il se trouve ! Pâlit Hermione.

-Sirius le sait.

-Mais Dumbledore a dit de ne pas…, commença-t-elle.

-Ne discute pas. Nous devons y aller, tu le sais.

-Dans ce cas je viens avec vous !

-Et nous aussi, décidèrent Ginny et son frère.

-Tu vois ce que je voulais dire, me murmura Sirius.

Je soupirai. J'avais bien envie qu'ils viennent. Je détaillai Ginny avec regret. Je vis doucement le renoncement s'afficher sur son visage. Elle inclina sa tête pour me faire comprendre qu'elle acceptait. J'en fus soulagé malgré la déception. Elle saura les ramener à la raison.

OoooO

Nous étions à l'entrée de Godric's Hollows. J'étais né ici. La nostalgie nous cloua mon père et moi.

-Attendez !

Nous fûmes abasourdis de voir Dudley arriver.

-Ta mère va me tuer s'il t'arrive quoi que ce soit ! S'alarma mon père.

-Je ne laisse pas Harry seul dans cette galère !

-Mais nous sommes là avec lui !

Sirius ignora mon père, offrit un sourire emprunt de fierté à Dudley qui bomba le torse, j'aurais pu en sourire si le moment n'était pas si critique.

Nous partîmes donc à quatre, durant notre avancée, mon père me montra notre maison. D'autres personnes y résidaient désormais. Je préférai éviter de plonger dans des interrogations douloureuses. La vie était ce qu'elle était mais bientôt elle risquait de changer. Je l'espérais de tout mon cœur. Nous reprîmes nos balais pour survoler la ville, Dudley derrière moi. L'immense demeure devint visible après un certain temps. Mais au moment de la survoler, une protection nous empêcha d'entrer dans l'enceinte de la propriété. Nous fûmes déstabilisés, manquant même de tomber. Nous nous rattrapâmes in extremis et nous posâmes sans encombre.

-Il y a une forte protection, s'agaça mon parrain.

-Ils savent que nous sommes au courant, m'écriai-je.

-Malefoy a parlé, se résigna mon père. Nous devons procéder autrement. Il n'y a plus d'effet de surprise. Ils s'attendent à des représailles.

-Dans ce cas…, commençai-je.

-Nous ne savons pas ce que nous allons trouver à l'intérieur, intervint Dudley.

-Peut-être mais je ne repartirai pas sans savoir ce qui est arrivé à ma mère.

Mon père et Sirius entamèrent de longues incantations complexes pour forcer la grille et le dôme. Il y eut des crépitements mais rien ne céda. Je me joignis à eux, puis Dud. Mais rien ne se passa de plus concret.

-Nous avons besoin d'aide, soupirai-je.

-Je ne connais qu'une personne capable d'en venir à bout, soupira mon père.

-Oui, cette vieille chouette de Dumbledore, grommela mon parrain, peu ravi à cette idée. Va falloir lui quémander de l'aide.

-Il suffit de demander, répondit une voix amusée derrière nous.


La suite bientôt.

Merci à Squaule de m'avoir signalé le "bug" dans le pov d'Alan, lol!^^ Ma fille a pianoté alors que je corrigeais et je n'ai rien vu!