Relecture Brynamon.

En réponse à la tienne Squaule : Lily ce sera pour le prochain chapitre qui sera l'avant-dernier. Si tu as hâte de lire cette partie moi j'ai hâte de l'écrire.

En réponse à la tienne Niris : Désolée j'ai oublié de te répondre la dernière fois. Merci !^^ Je suis contente que ça te plaise, l'intrigue n'est pas facile à travailler pour moi, cela me demande beaucoup d'attention et de relecture.

Merci aussi à vous deux pour vos encouragements car la fin n'est pas si facile à écrire.

Il y a eut un bug! Je reposte mon chapitre.

Bonne lecture.


Chapitre 18 : Tout est question d'amour.


POV HERMIONE GRANGER

Un peu plus tôt

Je voulus suivre Harry mais Ginny m'en empêcha :

-S'il ne veut pas que tu viennes c'est qu'il a une bonne raison. Faisons ce qu'il nous a demandé, Astoria est désorientée, elle a besoin de repos.

Je me tournai vers la jeune fille, le front posé sur sa main, elle était mal en point c'est vrai. Je ne lui tenais plus rancune de son accès de colère un peu plus tôt, elle ne s'en rappelait plus. Mais pourquoi diable m'avait-elle repoussé si violemment ? Que lui avais dit Malefoy ?

En pensant à lui, la colère fit place à l'inquiétude, où était-il ? J'avais beau le haïr pour ce qu'il m'avait fait, je ne lui souhaitais pas de subir des violences, et je craignais que cela n'arrive entre les mains de Jédusor. J'avais imprimé ses traits, mettant enfin un visage sur celui qui m'avait volé. Il manquait beaucoup de réponses à mes questions et seul lui pourrait me répondre…

« J'aurais dû aller avec Harry »

J'étais si désireuse de l'affronter pour récupérer mon bien et comprendre le pourquoi de ce qui s'était produit. Pourtant…Dumbledore pensait que le seul moyen pour moi de récupérer mon bien était un acte d'humilité. Que croire ?

Ronald avait aidé Astoria à se lever. Nous quittâmes donc les lieux pour rejoindre sa voiture. Elle nous dirigea un moment et nous fûmes bientôt dans les quartiers populaires de Londres.

-Mais qu'est-ce qu'on fait là ?'M'étonnai-je.

-J'habite ici.

-Tu vis seule ! S'étonna Ginny.

-Oui, j'ai pris mon envol et mon père m'y a encouragé même s'il a du mal à accepter mon train de vie. Je me débrouille seule.

Je l'observai d'un œil différent. Elle était plutôt jolie, exhibant une silhouette fine et de beaux cheveux bruns. Ses yeux étaient vifs et elle dégageait une force de caractère qu'on ne remarquait pas de prime abord.

-Ça fait longtemps que tu connais Malefoy ?

Elle me détailla longuement avant de me répondre.

-Je n'ai pas envie de parler de Drago avec toi. Je sais que tu ne l'aimes pas, je l'ai remarqué à la soirée. Je ne sais pas ce que tu lui as fait pour qu'il se rabaisse autant, pour qu'il manque autant de confiance en lui, pour qu'il préfère rester seul…

Elle attendait une réponse. J'étais déconcertée, les autres aussi. De quoi parlait-elle ?

-Je ne vois pas de quoi tu parles ?

Elle ricana.

-Cela m'aurait étonnée.

Elle descendit sans cérémonie.

-Merci de m'avoir raccompagnée et de m'avoir aidée, je ne sais vraiment pas ce que je faisais là-bas. Je devais diner chez ma sœur. D'ailleurs, il faut que je l'appelle, je ne me sens pas d'attaque à y aller. Quel réveillon...

Elle s'éloigna vers son bâtiment d'un pas lourd, son portable déjà en main. Ronald démarra, me jetant un œil soucieux :

-N'écoute pas ces conneries. Elle ne le connaît vraiment pas.

-C'est clair, continua Ginny, cependant elle a souligné un point qui me parait…

-Tais-toi Ginny, s'agaça Ronald.

Je lui en su gré, je n'avais pas envie de creuser.

-Que fait-on maintenant ? Questionna Ronald.

-On va voir Dumbledore, je dois le prévenir…

Il esquissa un sourire :

-Je me doutais bien que tu ne resterais pas sans rien faire.

-Repassons chez moi, j'ai une chose à récupérer.

Nous étions à peine garés qu'un hibou se hâta vers moi et me tendit sa patte. Je dénouai le message sous l'œil intrigué des Weasley.

-C'est un moyen de communication magique.

Je tremblais tant que je n'y parvins pas. Ronald s'en chargea et déplia la missive tandis que le hibou repartait déjà. Il se figea, perdit des couleurs.

-Quoi ?

Je le lui pris des mains et le parcourus à mon tour.

OoooO

Nous étions dans le grand parc, à l'abri des regards. Une silhouette apparut.

-Monsieur le Maire, bafouillai-je.

Il tira Pétunia de la pénombre, la menaçant de sa baguette. Perdait-il l'esprit ?

-Partez les enfants, ne restez pas là ! Cria-t-elle.

Je restai saisie, ne sachant comment réagir.

-Mais pourquoi faites-vous cela ? Cela ne ramena pas votre fils !

-Ô que si. Si je vous élimine tous, il me le rendra.

-Vous êtes bien crédule, cracha Ginny nullement effrayée.

Pourtant elle aurait dû car rien n'était plus dangereux qu'une personne acculée. Je comprenais mieux l'attirance d'Harry pour elle.

-Lâchez votre baguette miss Granger ! M'ordonna-t-il.

J'hésitai, Ronald m'incita à le faire.

-Bien, maintenant, dit-il en jetant Pétunia en avant vers nous, resserrez-vous !

-Hermione, murmura Pétunia, je vais tenter une diversion, tu dois prévenir Harry : les Jédusor savent déjà que nous sommes au courant et nous sommes tous en danger. Y compris le fils du Maire.

-On s'en fiche ! Siffla Ronald.

Je n'étais pas de cet avis. Il ne méritait pas de mourir.

-Tu diras aussi à Dudley que sa punition sera au-delà de ce qu'il imagine, siffla-t-elle.

-Pas de messes basses ! Cria Le Maire.

Il nous menaçait, la main tremblante. Pétunia tentait de nous regrouper derrière elle.

-Vous n'oserez pas vous en prendre à des innocents !

-Innocents ! Granger n'a fait que nous pourrir la vie, j'ai dû me rendre chez les Jédusor pour les prévenir que mon fils vous avait révélé l'identité de votre agresseur, et résultat, soit il prend mon fils soit je vous tue. Le choix est simple.

-Vous étiez au courant…

Une rage intense m'irradia mais Ronald l'apaisa d'une main sur ma taille, me rapprochant de lui.

-Je l'ai toujours su, j'ai poussé Drago à partir loin de vous, loin d'eux surtout. Pour éviter des représailles. Mais à peine revenu, il revient vers vous et il vous raconte toute la vérité. Je me demande bien ce que j'ai pu faire pour qu'il fasse autant de mauvais choix !

-Il suffit de vous regarder, vous n'êtes pas le meilleur des modèles !

Il se figea, à croire que je l'avais frappé. Une colère sourde le rendit méconnaissable, Ronald commença à reculer en m'entrainant avec lui.

-Fuyez ! Hurla Pétunia en faisant volte face et en nous poussant vers l'avant.

Il y eut le bruit d'une chute. Je me retournai avec effroi, elle était effondrée au sol. Je revins vers elle, Ronald me retint par le bras, me dévia de la trajectoire du Maire, il reçut un sort de stupefixion qui fut absorbé par sa protection, soulagée, je repartis en direction de Pétunia, essayant par la-même de récupérer ma baguette non loin d'elle, mais je n'eus pas le temps de l'aider à se redresser, ni de la récupérer…


POV TJ JEDUSOR

Un peu plus tôt

Je balançai ce traitre dans le sous-sol, l'enfermant avec des barreaux fictifs avant qu'il ne se jette sur moi. Il agrippa les barreaux, reçut une décharge, s'affala, inconscient. Je l'observai un instant avec mépris puis remontai voir mon père pour l'informer de la réussite de ma mission.

Quand il m'avait appelé pour me prévenir de la délation de ce jeune sorcier inutile, j'avais cru devenir fou.

J'avais commis une erreur il y a quelques années, une erreur qui avait failli me coûter ma place dans l'organisation de mon père. Malefoy m'avait l'air d'être celui qu'il fallait pour réaliser ma première attaque, j'avais sauté sur l'occasion, devant l'évidence de sa nature sorcière et de son ressentiment pour Miss je-sais-tout. Elle m'horripilait aussi. J'étais venu dans cette grande école moldue non pour suivre des cours mais pour commencer mon apprentissage en tant que futur co-dirigeant de l'Ordre Rouge. Je comptais prendre sa relève dans quelques années et suivre le même chemin que lui. Mes parents ignoraient mes activités dans le monde moldu et furent très contrariés par cette première réussite qui n'en était pas une finalement.

-Tu n'as pas suivi le protocole, tu n'étais pas prêt, tu mets notre organisation en péril, avais grondé mon père.

-Je peux y mettre de l'ordre.

-Ce ne sera pas utile puisqu'elle n'a rien vu mais sache que tes actes auront des conséquences un jour ou l'autre. Ce cœur que tu as absorbé, tu ne peux me le rendre.

Je m'étais figé.

-Chaque cœur subtilisé doit être scellée dans une boite de ma création, puis épuré et replacé dans mon propre cœur. Autrement, je ne peux m'en servir.

-Vous voulez dire… ?

-Tu as dérobé ce cœur pour rien. Maintenant que tu l'as absorbé, tu vas devoir vivre avec ce qu'il recèle.

Je m'étais crispé d'horreur.

-Il n'y a aucun moyen de me l'extraire !

-Non, seul le propriétaire peut le récupérer dans de rare exception.

-Comment ?

-Je n'en sais rien à vrai dire, cela ne m'est jamais arrivé.

Il avait marché de long en large soucieux sous les yeux de ma mère.

-Que pouvons-nous faire Tom ?

-Rien. Si nous tentons de lui extraire, il risque de mourir. Il doit vivre avec jusqu'à sa mort.

Il avait jeté sur moi un œil déçu qui m'avait blessé.

-Cette erreur risque de te rendre plus faible, il va falloir te montrer plus corrosif, et plus vigilant.

J'avais baissé les yeux, en colère contre moi.

-Tom, supplia ma mère auprès de lui. Ne sois pas en colère contre lui.

Il avait soupiré.

-Prépare-toi, nous allons reprendre depuis le début, et cette fois tu suivras mes instructions.

Par la suite, je n'avais eu aucun problème, ni aucune faiblesse. La fierté de mon père était réelle. Et maintenant, j'allais atteindre le summum de mes capacités, au sein de Poudlard.

Une chose me tracassait cependant. Je me hâtai de remonter, les convives dansaient, ma mère virevoltaient parmi eux, toujours à l'aise. Elle m'aperçut, perdit son sourire et s'approcha vivement :

-Tu as réussi ?

-Bien entendu.

Elle soupira de soulagement puis me guida dans le salon et je franchis le passage.

-C'est bon, père, il est là enfermé au sous-sol.

-Très bien. Espérons que Lucius respecte sa part du marché, cela m'embêterait de tuer ton cousin.

-Mon cousin, sursautai-je.

-Un élément dont tu aurais dû être informé il y a bien longtemps je te l'accorde et qui aurait pu tout éviter. Mais ta mère ne l'a pas jugé utile.

Je glissai un œil abasourdi vers elle qui s'était raidie. Elle n'afficha cependant aucun remord.

-Ne le considère pas comme tel, Tommy, il n'est rien de plus que le rebut de la branche la moins honorable de ma famille, je ne voyais pas l'utilité de t'en parler.

Je tentai de comprendre alors elle céda :

-J'ai eu une sœur, elle est morte il y a très longtemps, elle a eu un fils : Drago. Je ne le connais pas, je ne l'ai vu que bébé, une seule fois, et il ressemblait tant à son père, ce misérable, que je l'ai rejeté aussi. Il me rappelait la mort brutale et non accidentelle de ma sœur.

-Tu veux dire qu'elle a été assassinée ?

-J'en suis persuadée mais je n'ai aucune preuve, j'ai donc dépouillé ce mécréant et il est parti dans le monde non-sorcier et a épousé Skeeter.

Je crus à une plaisanterie.

-Celle qui nous a trahis !

-Celle-là même ! Maintenant ils vivent au crochet des moldus, arnaquant, volant, faisant nombre de combines.

Mieux valait rester éloignés d'eux. Je comprenais sa réticence. Savoir qu'il m'était apparenté ne changeait rien à ce que je ressentais pour lui, un violent mépris. Je dirai même de la haine, une haine féroce. Je ne cherchais pas à comprendre pourquoi j'éprouvais cela mettant cela sur le compte de sa trahison.

-Que faisons-nous maintenant Père ?

-Nous allons attendre, allez profiter de la fête. Je vais aller discuter avec Drago.

-Il est inconscient.

-Je vais attendre un peu.

J'hésitai à m'en aller, je voulais lui parler de quelque chose mais la présence de ma mère m'en empêcha. Il dut le comprendre car il incita celle-ci à rejoindre nos invités.

Quand elle quitta les lieux, il alla s'asseoir derrière son bureau en cèdre et attendit. Quand je le regardais j'avais cet effet miroir, je me voyais en lui, je ne ressemblai pas à ma mère. Je ne savais pas grand-chose de mes origines. Il en parlait peu mais son père, un moldu, était très bel homme avais-je cru comprendre, nous tenions nos traits de celui-ci.

-J'ai rencontré Hermione Granger.

Il continua de patienter sans un mot.

-J'ai ressenti sa peine, son désarroi, sa souffrance, sa hargne. Comment peut-elle ressentir tout cela alors qu'elle est privée de son cœur ?

Rien que d'en parler, j'en étais affecté.

-Tu ressens les choses qu'elle ressent mais de manière bien plus intense, car c'est toi qui possède son cœur. Dès que tu seras près d'elle, tu risques d'avoir de l'empathie pour elle. Vous serez liés émotionnellement. C'est de ce danger que je te parlais. C'était ce que je craignais. Avec le temps j'ai cru que je m'étais trompé mais en fait son emprise s'active quand elle est proche de toi.

-Je dois l'éviter dans ce cas.

Pour la deuxième fois de ma vie, j'étais inquiet. Je ne voulais plus éprouver ce genre d'émotion. Elle avait aussi de l'amour, un amour incommensurable pour quelqu'un. Cet amour m'étouffait depuis notre rencontre.

-En la supprimant pensez-vous que l'âme partira de mon corps ?

-Non. Il sera juste inactif, enfin je le pense.

Je le vis hésiter, fait rarissime.

-Dites-moi ce qui vous tracasse père.

-J'espère juste que son cœur en s'éteignant n'annihile pas le tien. Cette magie a un prix.

J'encaissai, plongeant dans une intense réflexion.

-Tant pis, je peux vivre sans.

-Ne dis pas de sottises !

-Je n'ai pas besoin d'aimer.

-Tu as besoin d'aimer comme chacun d'entre nous.

Je le dévisageai avec étonnement.

-Parce que vous… ?

-Je n'ai jamais aimé personne d'autre que moi…

C'est bien ce que je pensais.

-…jusqu'à ce que tu arrives.

OoooO

Je réfléchissais encore aux paroles de mon père alors que nous longions les couloirs secrets pour arriver au sous-sol. Nous passâmes devant la salle des rituels.

-Et maman, l'avez-vous aimée un jour ?

Pourquoi avais-je besoin de parler d'amour aujourd'hui, mais que m'arrivait-il ?

-Chaque femme que j'ai eue comme amante est morte en couche en emportant chacun de mes enfants. J'ai souffert des années avant d'accepter que je ne pouvais être père. J'ai une longue série de malédictions qui a frappé ma famille, la branche sorcière. J'ai cru finalement en ces sottises car je ne voyais pas d'autres explications.

Je voulus l'interroger mais il me devança :

-Je ne tiens pas à en discuter, c'est loin derrière moi tout cela, et puis ta mère a réussi là où aucune autre ne l'avait fait, tu es né en bonne santé et elle a survécu à l'accouchement. Je l'ai alors épousée pour la récompenser car elle connaissait les risques. J'avais finalement décidé d'être honnête avec elle, et elle avait malgré tout accepté ce sacrifice.

-C'est dire si elle vous aime.

-Je le sais, et j'ai de l'affection pour elle.

Devant les grilles fictives, Malefoy reprenait connaissance.


POV DRAGO MALEFOY

Au même moment

Je me relevai avec peine, congelé. Je n'avais plus de manteau et ma baguette s'y trouvait. Je m'assis, je remarquai Tom et une personne à ses côtés qui lui était apparentée vu comment ils se ressemblaient. Je me braquai aussitôt devant leur air méprisant. Pourquoi ! Bon sang, pourquoi cela m'arrivait !

-Pourquoi suis-je enfermé ici !

Les barreaux disparurent et ils s'approchèrent, je percevais le danger mais restai immobile, je ne pouvais aller nulle part, j'avais été privée de baguette et j'étais sans défense. Je me concentrai sur TJ. Il avait changé, il était hostile.

-Tu te demandes sûrement pourquoi tu es là, me dit l'autre.

Je lui jetai un œil, les reflets des sphères lumineuses lui donnaient l'air d'un ange démoniaque. Sa voix douce était flippante. Son impassibilité aussi.

-Qui êtes-vous ?

-C'est mon père, m'éclaira TJ d'une voix dure.

-On dirait plutôt ton frère, ne pus-je m'empêcher de rectifier, en revenant vers lui.

Il continua de me regarder avec rancœur. Un silence se prolongea réduit au néant par son père qui m'expliqua enfin la raison de ma présence ici. Mon cœur se compressa au fur et à mesure que je réalisais que mon père était impliqué :

-Vous voulez faire de mon père un meurtrier !

Il voulait que mon père tue Hermione… En était-il seulement capable ? Et puis le ferait-il pour moi ? Rien n'était moins sûr.

-Il est incapable de tuer.

-Il le faudra bien sinon c'est toi qui mourras.

La peur me tordit les entrailles. Je n'aurais rien dû révéler à Hermione, je m'en voulais de cet accès de franchise car elle engendrait des choses graves que je n'avais pas prévues. Et j'en voulais à mon père de m'avoir caché la vérité : à savoir qu'il les connaissait et qu'il les avait prévenus de mon aveu. Pourquoi était-il venu tout leur révéler ?

-Ton père était marié à la sœur de Bellatrix, m'éclaira-t-il comme s'il avait lu mes pensées. Toi et Tom junior êtes cousin. Sauf que vous l'ignoriez tous les deux jusqu'à ce jour. Lucius est venu nous prévenir du danger qui planait sur mon fils et donc sur nous. Car tu as mis cette sorcière sur notre trace.

Mes yeux s'écarquillèrent d'horreur. J'étais lié par le sang à celui qui avait dépouillé Hermione.

-Pourquoi m'as-tu manipulé, pourquoi l'avoir volé. Où est son cœur ?

-Qu'est-ce que cela peut te faire, tu m'as trahi…

-Je ne t'ai pas trahi, je ne savais même pas que tu étais mon cousin !

-Tu m'as abandonné dans mon malheur sans te retourner…

Je ne saisissais pas, il semblait parler différemment, comme possédé. Son père aussi s'attarda sur lui, lui murmura des paroles sifflantes incompréhensibles.

J'étais encore sous le coup de leurs révélations. Je tentai de réfléchir : Hermione était en danger, ses amis aussi… je repoussai l'idée satisfaisante de voir évincer Weasley, à quoi cela me servirait-il ? Je repensai aux dernières paroles de TJ avant de m'enlever, l'avaient-ils vraiment aidé à me trouver ? Non, ça n'avait pas de sens…

-A quoi penses-tu jeune Malefoy ?

-Rien qui ne vous regarde !

TJ s'agaça mais son père le retint, je fermai les yeux sous son intrusion brutale dans ma tête, cheminant dans mon esprit, volant mes souvenirs, souillant mon âme. Je pris ma tête entre mes mains, lui criant de sortir.

-Tu as tenu tête à Skeeter et à ton père, intéressant. Et cette fille m'a l'air bien jeune…

Astoria, non…

J'étais haletant, cherchant à reprendre pied. Elle n'avait rien dû comprendre à ce qui s'était passé. Je ne savais nullement où elle était…

-Ne vous avisez pas de… !

-Tu oses nous donner des ordres ! Me coupa TJ. Toi, misérable lâche !

Il me saisit au col, je le repoussai :

-Je ne suis pas lâche, et je vous interdis de toucher à un seul cheveu d'Astoria !

J'étais déjà debout, dans l'affrontement, en colère. Non, j'étais furieux.

Il y eut un flottement quand mon père apparut, escorté d'une femme brune élégante. Elle me jeta un œil noir, mais je n'y prêta pas plus d'attention car dans les bras de mon père gisait Hermione, inconsciente. Etait-elle… ? J'eus soudainement envie de pleurer. Abattu, je le vis s'avancer sous l'œil satisfait de Jédusor.

-Où sont les autres ?

-Et bien, bafouilla mon père.

TJ s'était avancé, et s'empara d'Hermione sans prévenir, la serra contre elle, étrangement silencieux. J'en restai saisi. Je frémis, en la voyant remuer…

-Mon fils, va avec Lucius, récupère les autres ! Maintenant ! Cria-t-il en le voyant inerte.

Mon père me lança un regard désespéré, je ne pus avoir de compassion pourtant il cherchait à m'aider mais sa manière n'était pas la bonne.

-Tu aurais dû m'en parler papa…

-Nous avons essayé de t'appeler.

Je me rappelai les appels répétés de Rita. J'aurais pu éviter tout ça peut-être. La femme brune caressa le visage de TJ. Etait-ce elle ma tante ?

-Tommy.

Elle l'appela longuement avant qu'il ne réagisse. Elle récupéra Hermione et TJ reprit des couleurs, mais que lui arrivait-il ? Il agrippa mon père et ils transplanèrent. Hermione s'éleva dans les airs, glissa vers moi, fut déposée un peu brutalement au sol, elle gémit, je me penchai sur elle.

-Hermione.

Elle ouvrit les yeux, hagarde. Elle eut du mal à se fixer sur moi. Elle voulut se redresser mais je l'obligeai à rester allonger.

-Où sommes-nous ? Articula-t-elle.

-Chez les Jédusor.

Elle se pétrifia.

-Je suis désolé, dis-je avec sincérité. Pour mon père, rajoutai-je.

Elle ne semblait pas comprendre. Elle fouilla dans sa mémoire, écarquilla les yeux qui finirent par se remplirent de larmes, elle cacha son visage de sa main et se détourna en proie à un profond chagrin. Je ne pouvais rien pour elle. Je me laissai choir à ses côtés, impuissant. Devant moi, les barreaux avaient réapparut et Bellatrix me fixait avec intensité. Je soutins son regard sans ciller, cherchant en quoi elle était apparentée à ma mère.

-Alors comme ça, tu as envoyé paitre ton père et sa traitresse de femme.

Je fronçai les sourcils, je ne comprenais pas en quoi Rita était une traitresse.

-Tu as finalement un peu de sang « Black » dans les veines. Peut-être que tu aurais ta place parmi nous.

-Jamais de la vie ! Plutôt mourir !

Elle se crispa mais je continuai :

-Je me fiche que vous soyez ma tante, je n'ai rien de commun avec vous, ni avec TJ ! Il s'est servi de moi alors que je croyais qu'il voulait m'aider, qu'il était mon ami, qu'il avait compris la douleur que m'avait procurée cette humiliation publique parce qu'elle provenait d'Hermione. Je savais qu'il avait vu mon manège pour essayer d'attirer son attention. J'étais si transparent dès que ça la concernait.

-Tu as montré ta faiblesse et il s'en est servi, ne soit pas fâché contre Tommy. Il a saisi une occasion de plaire à son père. Tu sais ce que c'est de chercher la fierté paternelle.

-Cela fait bien longtemps que j'ai abandonné. Je ne peux rechercher la fierté de quelqu'un dont je ne suis pas fier. J'avais besoin de me libérer, je devais dire la vérité pour pouvoir à nouveau me regarder dans une glace et devenir l'homme que je souhaite.

Je déballais tout ceci mais c'était plus pour Hermione. Elle ne pleurait plus, semblait attentive à mes paroles.

Bellatrix fit disparaitre les barreaux, s'approcha, s'accroupit en face de moi, me détailla en inclinant légèrement la tête sur le côté. Il n'y avait plus d'animosité.

-Tu es bien le fils de ma sœur, je regrette de t'avoir écarté. Si tu veux être reconnu, rejoins-nous. Je te prendrai sous mon aile, je t'aimerai comme un fils et tu pourras renouer des liens de confiance avec Tommy. Je sais que je suis responsable, soupira-t-elle en grimaçant. Si je vous avais dis que vous étiez cousins, rien de tout cela ne serait arrivé.

Je l'étudiai, touché par ses paroles. L'image de ma mère se transposa sur son visage. J'en fus troublé. Pouvait-elle m'apporter la paix ? Me redonner confiance ? Tout s'emmêlait dans ma tête.

-Ne fais pas ça, Drago.

Je me tournai vers Hermione, elle n'avait pas bougé.

-Tu as fait ce qu'il fallait en me révélant la vérité et tu as bien fait de ne pas rester sous le joug de ton père. Même si c'est dur de l'avouer maintenant, je suis consciente de t'avoir fait du mal même si ce n'était pas volontaire. Ne laisse plus personne te dicter ta conduite, ne te dirige pas vers la facilité, ni vers le mal. Je sais que tu peux être une meilleure personne comme je suis devenue meilleure au contact de gens biens.

Je crus à une hallucination auditive.

-Tais-toi maudite sorcière ! S'écria ma tante.

Elle pointait déjà sa baguette sur elle. Je me mis entre elles deux. La fureur et la déception de Bellatrix était palpable.

-Tu as donc choisi ton camp alors tu périras comme elle et les autres.


POV HARRY POTTER

Quelques minutes plus tôt.

J'examinai Dumbledore, il était égal à lui-même, serein et attentif. Mon père lui demanda le pourquoi de sa présence :

-Je savais que vous viendriez. J'ai accès à pas mal d'information depuis que j'ai un œil sur ce qui se passe à travers l'émeraude de Miss Granger remise à M. Weasley.

-Ce n'est rien de plus que du voyeurisme Dumbledore, s'agaça Sirius. Vos méthodes sont encore maintenant peu défendables.

Je cherchais à comprendre le motif de leur querelle quand Dumbledore se plongea en lui-même imperméable à ce qui se passait autour de lui. Puis il disparut comme il était arrivé sous nos œil effarés.

-Mais, nom d'un Scrout-à pétard, où diable est-il parti ! S'écria mon parrain.

Mon père resta silencieux, perplexe comme moi.

-Je pense que nous allons devoir nous passer de lui, intervint Dudley.

-Attendons encore une minute, proposa mon père.

Cela fut interminable, et puis cela paya. Il réapparut accompagné de Ginny, Ron et Tante Pétunia. Mon cœur se réchauffa à la vue de Ginny. Mais leur aspect maladivement pâle m'alerta.

-Je suis arrivé trop tard, Lucius Malefoy avait déjà emmené Hermione.

Je crus à une mauvaise plaisanterie. Ma tante nous expliqua ce qui s'était produit, causant beaucoup d'émotion. Dudley alla serrer sa mère dans ses bras. Ginny évitait mon regard, Ronald lui semblait prêt à s'effondrer. Je me dirigeai vers eux pour les réconforter, conscient de leur sensation de culpabilité.

-On va la retrouver, elle est sûrement ici.

Ils examinèrent enfin autour d'eux, réalisant où ils étaient.

-Nous sommes bien chez les Jédusor, à Godric's Hollows, ma ville natale, une ville sorcière. Bienvenus, tentai-je de plaisanter.

-Pas le temps de palabrer, déclara Dumbledore.

Mais alors qu'il brisait si simplement le dôme magique, Ron fit un bond, sortit quelque chose de sa poche : une clé luminescente. Elle irradia puis se dématérialisa, formant des particules dorées.

-Qu'est-ce que c'est ?

Je n'eus pas de réponse autre que :

-Elle a réussi.

Dumbledore souriait, alors que les particules s'éloignaient en direction de la maison.

-Et oui tu as raison Harry, Hermione est bien ici.


La suite bientôt.