Relecture Brynamon.

Pas motivée pour cet avant dernier chapitre, vous m'avez snobée ! J'ai attendu en vain une review histoire d'avoir une ébauche d'impression sur ce que vous avez pensé du précédent chapitre.

J'ai écrit et réecrit les différents pov. Histoire de bien tout goupiller dans un bon timing. Cela m'a pris du temps ! Alors enjoy !


19 : L'ombre de la mort


POV HERMIONE GRANGER

Les paroles de Drago m'avaient ramenée à une certaine constatation, j'avais une part de responsabilité dans tout ce qui était arrivé. Ce fut pourquoi je l'encourageai à refuser l'offre de cette femme, une tante fraichement tombée du ciel pour l'emmener vers le mal. Entouré de mauvaises personnes il ne pourrait jamais s'améliorer… comme je l'avais fait. Harry était celui qui m'avait forcé à garder les pieds sur terre et Ronald était celui qui m'avait rendue plus humble. Dans tout ce malheur était né du bon. Je ne pouvais plus douter désormais que ce soit pareil pour Drago.

Alors que sa tante entrait dans une rage folle, vexée par le rejet de son neveu, elle me menaça, je me redressai tant bien que mal mais Drago était déjà entre nous.

-Vous ne lui ferez pas de mal, décréta-t-il.

Je fus surprise qu'il prenne ma défense. Des voix résonnèrent, se souhaitant une bonne année. Cela me déprima. Les murs tremblèrent, un homme sortit de l'ombre, apparaissant aux côtés de Bellatrix, je sursautai en croyant que c'était Jédusor mais même s'il lui ressemblait, ce n'était pas lui.

-Nous devons partir Bellatrix.

-Mais que se passe-t-il ?

Des cris retentirent.

-Nous sommes attaqués. Nous les avons sous-estimés.

Il se tourna vers moi, plissant les yeux. Je me crispai.

-Mais c'est impossible, notre protection est inviolable, continua Bellatrix.

Je connaissais une personne capable de vaincre n'importe quelle protection…

-Dumbledore est avec eux, confirma l'homme.

Elle pâlit.

-Mais comment ? Pourquoi ?

-J'ai prévenu Dumbledore, les informai-je, satisfaite malgré ma peur.

Elle fit volte-face vers moi, déjà prête à me tuer. Les cris diminuèrent dans la salle du dessus.

-Nos invités, se plaignit-elle.

-Ils sont déjà loin, emmène ces deux-là en lieu sûr.

-Pourquoi ne pas les éliminer, et nous battre !

-Ne sois pas téméraire ! Fais ce que je te demande, je vais récupérer le matériel et chercher Tom junior. Ensuite nous te rejoindrons où tu sais.

Je fus détournée de leur conversation par un phénomène inhabituel, un amas de particules dorées avait traversé un pan de mur et se dirigeait vers moi provoquant un silence de plomb. Je reculai, l'amas contourna Drago et pénétra dans ma poitrine. La panique me pétrifia, me clouant sur place. Nous étions tous attentifs, perplexes.

Mais rien ne se produisit.

-Qu'est-ce que c'était ? Me questionna Drago.

-Je…

Un « pop » me détourna de Drago, Jédusor était de retour, tout seul. Il me chercha brusquement du regard, un regard que je soutins avec peine.

-Je n'ai pas retrouvé les autres, père.

Son père ! Une chose m'échappait, leur différence d'âge était si minime.

-C'est évident puisqu'ils sont ici.

Il s'arracha de mon regard et se fixa sur son père avec étonnement. Je tentai de maitriser mon soulagement car même s'ils étaient encore en vie, ils allaient se jeter dans la gueule du loup, tout ça par ma faute!

-Dumbledore est avec eux, Miss Granger a cru bon de te dénoncer.

Il se braqua, s'enflamma et vint pour m'agripper sauf que Drago s'imposa entre nous.

-Où est mon père !

-Il a tenté de s'enfuir, à croire que tu ne comptes pas à ses yeux.

-Que lui as-tu fait ! S'affola Drago.

-Il est mort, assena-t-il sans émotion alors que je me recroquevillai devant la stupeur horrifiée de Drago.

Il y avait des pas qui se rapprochaient.

-Tues-les Tommy ! Cria sa mère.

-Non ! S'opposa le père de Jédusor. Emmène-les ! Nous te rejoindrons après.

Nous étions déjà hors de la demeure. Nous atterrîmes devant une autre maison, elle était en feu, striant le ciel noir d'étincelles orangées. Jédusor hurla de colère. Il éteignit le feu tant bien que mal et resta un moment sans parler devant le spectacle de la bâtisse en ruine. Il ne comprenait pas apparemment ce qui s'était passé.

-Où sommes-nous ? Ne pus-je m'empêcher de l'interroger en serrant mes bras autour de moi, transie.

-C'était la maison de mon grand-père. Son seul héritage.

Il était affecté, j'aurais pu en profiter pour m'enfuir en tirant Drago à ma suite mais je me sentais obligée de rester. Il y avait un lien entre nous, et mon cœur m'appelait, cherchait à revenir. A mes côtés Drago était stoïque, affaissé. J'avais de la compassion, aussi minime soit-elle. Je lui posai une main sur l'épaule, en gage de soutien car je ne pouvais guère faire plus.

-Je suis désolé Drago.

Nous nous tournâmes vers Jédusor dans un même élan.

-Je n'ai pas eu le choix. Je devais le tuer.

Je ne saisissais pas son attitude, il paraissait touché par le mal-être de Drago. Pourtant, il exprimait toujours de la colère, du ressentiment. Drago ne répondit pas, enfin pas immédiatement, serrant les poings.

-Et Astoria aussi tu vas l'éliminer froidement je suppose…

-J'ai effacé sa mémoire, elle ne se rappellera pas de cette soirée. Je n'ai donc aucun besoin de la tuer. Je ne suis pas un assassin.

-Si vous l'êtes en plus d'être un voleur, répliquai-je acide. Et je ne sais toujours pas pourquoi…

-Nous devons aller ailleurs, décréta-t-il en me coupant, brusquement contrarié.

Une sphère tourbillonnante nous encercla et nous enveloppa.


SEVERUS ROGUE

Un peu plus tôt.

Lily était montée dire bonne nuit à Alan.

Je m'installai dans le canapé en attendant son retour. Je voulais passer le maximum de temps avec elle avant de …

Je refoulai toute pensée négative, la nouvelle année était là et je remerciai le ciel comme chaque année de m'avoir octroyé une année supplémentaire avec eux. Je fixai les flammes, soucieux, je l'entendis redescendre mais elle s'arrêta dans l'escalier. Je me tournai vers elle, elle aussi était soucieuse. Elle descendit les quelques marches restantes et s'approcha doucement, presqu'à reculons, aurait-on dit. Je lui tendis la main pour l'encourager :

-Viens près de moi.

Elle se blottit contre moi, fermant les yeux. Elle parut se détendre et moi je retrouvai ma sérénité, mon étrange impression de distance entre nous avait disparu. M'avait-elle pardonné mes cachotteries concernant notre fils ? Elle avait été si contrariée chez Bellatrix. J'avais craint le pire et puis au final, je m'étais alarmé pour rien.

-J'étais inquiet ma douce. Tu n'avais pas l'air dans ton état normal chez Bella.

-J'étais un peu troublée.

-Par quoi ?

-Rien d'important.

-Lily…

Je voulais connaitre ce qui la contrariait.

-Et bien quand j'installais les fleurs j'ai parlé à…

Notre cheminée s'enflamma d'un vert épais, des symboles apparurent. Mon cœur se broya. Non pas maintenant…

Mais la persistance des symboles dans les flammes me poussèrent à accepter l'inéluctable. Il était temps, Albus m'attendait. Je me levai brusquement, quittant le cocon rassurant de l'étreinte de ma femme.

-Je dois m'absenter Lily.

-Mais…

-Ne t'inquiète pas, je serai vite de retour.

Du moins, je l'espérai mais dans tous les cas rien ne serait jamais plus comme avant car Alan finirait tôt au tard par tout lui révéler et elle me haïrait. J'enfilai ma cape, ma baguette déjà en main et la contemplai longuement. J'avais envie de lui dire que je l'aimais mais j'en étais incapable. Je fis demi-tour et allai dans le jardin pour rajouter des protections supplémentaires sur notre foyer des fois qu'il y ait des représailles. Elle me suivit, m'observa lancer des sorts sur notre maison.

-Mais que fais-tu ?

J'étais frénétique, absorbé par ce que je faisais. C'était d'une importance capitale. Elle m'attrapa le bras, je lui jetai un coup d'œil un peu stressé, j'avais peur. Je la serrai subitement dans une étreinte douloureuse puis transplanai sans un mot. Ses appels restèrent dans ma tête résonnant dans un écho infini.

Je me rendis d'abord dans la cachette de secours des Jédusor, un lieu découvert par Dumbledore. J'y mis le feu comme convenu. Ensuite, je me rendis au point de ralliement, Dumbledore m'y attendait, impénétrable. Il m'expliqua la situation. Cela me contraria.

-Je suis parvenu à leur faire faux bond Severus, ils sont en direction des sous-sols mais il n'y a plus personne, j'ai perçu leur départ. Ils se heurteront au vide.

Potter fils était décidément aussi téméraire et insupportable que son père. Ils avaient réussi à entrainer toute leur famille derrière eux, sans état d'âme et même des moldus sans défense. N'avaient-ils donc aucun sens moral ? Quoiqu'à bien y réfléchir, je m'en fichais royalement.

Je me crispai de mépris envers eux.

-Ne vont-ils pas tenter de les retrouver ?

-Bien sûr, mais ils n'ont aucun indice. Et cela nous laisse le temps de régler cette affaire sans heurt et de libérer les otages… et ton fils.

OoooO

Nous étions face au deuxième repaire des Jédusor : la maison des Gaunt. La maison de feu la mère du Maitre. C'était un endroit laissé à l'abandon, isolé de la lumière, en contrebas de la vallée dans le village de Little Hangleton.

Je frissonnai à la vue de cet endroit lugubre. La bâtisse était en brique ensevelie sous la mousse qui avait été verte dans une autre vie. Le toit n'était plus que charpente, les tuiles cassées jonchaient le sol. Les vitres étaient opaques de saletés, la porte avait comme ornement un clou où se balançait un squelette de serpent.

-C'est d'un pathétique.

-C'est surtout un bon endroit pour se cacher, un repaire méconnu.

Nous nous postâmes en retrait, patientant dans un silence bienfaiteur. L'œil incisif de Dumbledore fixé sur moi me laissait de marbre, peu importait son avis, son jugement sur mes actions dans l'Organisation de mon Maitre, je m'en fichais, seule comptait ma famille.

-J'ai eu le temps de réfléchir, Severus.

Silence.

-Tu as omis de m'expliquer les raisons de ton entrée dans l'Ordre rouge.

Il était vraiment pénible, rien ne lui échappait.

-J'étais perdu, avec l'abandon de Lily pour ce bon à rien de Potter…

Ce qui n'était pas faux. Il ne répliqua rien de plus, plongeant en lui-même.

-Qu'y-a-t-il ?

-Ils cherchent un moyen de retrouver Hermione et Sirius a émis une hypothèse intéressante…

-Vraiment ? Laquelle ? Me moquai-je.

Black était tout sauf intelligent. Je n'eus pas le plaisir de savourer ses idées brillantes car mon futur ancien Maitre était déjà là, avec un coffre sous le bras et Bellatrix arriva juste après lui avec un autre coffre. Elle le déposa et tourna sur elle-même :

-Tommy !

Rien de plus que le bruit du vent.

-Où est-il ! Cria-t-elle, affolée.

-Il aurait dû être ici, s'agaça mon Maitre. C'était notre deuxième option puisque la première a été détruite.

Je perçus de la rage dans sa voix, chose rarissime. La destruction de la maison de son père l'avait mis à mal. J'en ressentis une douce satisfaction. Il frotta son rubis qui clignota.

-Je l'ai appelé, il ne va plus tarder, et les autres non plus. Mettons tout cela en sureté, dit-il en montrant les deux coffres ciselés.

Elle allait le suivre quand nous nous décidâmes enfin à intervenir. Face à face, la tension était palpable :

-Severus, siffla-t-il en faisant disparaitre les deux coffres.

-Comment oses-tu ! Comment oses-tu nous trahir ! S'enragea Bellatrix.

-Vous ne m'avez pas laissé le choix Maitre, en menaçant ma famille et en compromettant l'intégrité de mon fils.

-Mais de quoi parle-t-il Tom ? Quelle est cette menace ?

Il ne prit pas la peine de lui répondre.

-Je t'ai donné tout ce que tu voulais et voilà comment tu me remercies ! Cesse immédiatement Severus ou alors je briserai le sort.

-Quel sort ? Le questionna Dumbledore.

Alors que Jédusor allait tout lui révéler, je l'attaquai pour le faire taire, les sens en alerte, la peur au ventre, je risquai le tout pour le tout. Le combat fut rude car d'autres membres de l'Ordre apparurent. Bellatrix se révéla bien plus puissante que je ne l'aurais cru. Les environs devinrent un champ de ruine, pourtant personne ne cédait mais Dumbledore les surpassait. Blessés, je tins bon, galvanisé par l'espoir de libérer mon fils. Et puis Bellatrix vacilla brusquement, alertant mon Maitre qui courut vers elle, il lui glissa son rubis au doigt et parvint à la faire disparaitre avant que l'on ne puisse intervenir. Tom junior apparut au même moment, seul, puis disparut à la suite de sa mère. Je compris que le rubis le guidait. Il allait donc rejoindre sa mère, même si ce n'était pas sa volonté. J'eus le temps de remarquer la stupeur sur son visage en voyant tous ces hommes à terre et en me voyant combattre son père…

Cet instant d'inattention me fut dommageable. Dumbledore para le maléfice de mon Maitre qui nous projeta loin malgré tout dans un fracas assourdissant, décimant tout sur son passage.

Je mis du temps à me remettre, je ne parvins pas à me redresser. Ma baguette était loin, j'étais paralysé, seul… dans un … salon ? La pièce sentait le renfermé. Le sol était crasseux, étais-je dans la maison des Gaunt ? Je paniquai, sûr et certain que mon heure était arrivée pourtant rien ne se produisit.

-Dumbledore !

Mais il n'y eut que le silence qui me répondit. Mon cœur explosa, imaginant le pire…

-Lily…


POV LILY EVANS POTTER

Je venais de dire bonne nuit à mon fils, puis allai dans ma salle de bain. Face à la glace, je me détaillai avec attention. Pourquoi je ne me reconnaissais plus ? Pourquoi ce visage me semblait étranger ? Depuis que j'avais vu ce double reflet dans les yeux de Dobby, ses paroles tournaient en boucle dans ma tête : mon apparence, sa vision double, le travail de son maitre…

Qui était cette femme aux longs cheveux châtain ? Je n'avais pas pu distinguer la couleur de ses yeux dans le brillant des globes oculaires de Dobby. Je secouai la tête en me morigénant et quittai la pièce rapidement, très anxieuse. Je rejoignis Severus en bas. Il fixait notre cheminée, soucieux. Je restai dans l'escalier en l'observant. J'avais une impression étrange, comme si je n'étais pas à ma place…

J'étais resté près de lui un moment puis il était s'était levé brusquement. Où était-il parti si vite ? Pourquoi cette peur dans son regard ? Je levai mes yeux, fixant la chambre d'Alan. Je rentrai à l'intérieur de la maison et montai rapidement dans sa chambre. Je réveillai Leonid, niché au bas de son lit :

-Veille sur lui, je reviens vite.

Il me dévisagea avec insistance puis daigna me notifier son accord. Je me redressai :

-Je vais te redonner tes capacités.

Leonid crachota un peu, avant de lancer un jet de flamme que je transformai en vapeur.

-Ne mets pas le feu à la maison ! Sert-en uniquement pour vous défendre.

Il me fallut un certain temps avant de me résoudre à partir loin de mon fils, vers un danger que je soupçonnais. Ma cape sur mes épaules, les cheveux noués en une queue de cheval, je serrai ma baguette.

J'étais à peine descendue qu'une voix me fit sursauter :

-Je suis désolé de vous déranger Lily mais nous allons devoir partir.

Mon sang se glaça en fixant l'homme dans mon salon. Vêtu d'une tunique rouge, il était encapuchonné, je ne voyais que le néant à la place de son visage. Une étrange impression de déjà-vu s'insinua dans ma tête. Je le menaçai de ma baguette.

-Qui êtes-vous ?

Je me retins de reculer comme j'en avais envie.

-Vous le savez…

Je ne comprenais pas.

-Je suis celui qui a votre destin entre ses mains. Celui qui peut anéantir votre famille et votre vie.

-Je ne comprends rien à vos inepties. Vous ne me faites pas peur, je n'irai nulle part avec vous, soufflai-je sans crier pour ne pas réveiller mon fils.

-Je détiens Severus.

Je perdis mon souffle. Mon pressentiment se confirmait. Non, je devais me reprendre. Je le menaçai à nouveau :

-Où est-il ?

-Je vais vous emmener à lui.

Je savais qu'il me piégeait mais avais-je le choix ?

-Votre fils aussi doit venir.

-Non ! Je vous interdis de toucher à mon fils !

Il sourit en déviant facilement mon attaque :

-Ne soyez pas sotte ! Ne me sous-estimez pas, ne faites pas la même erreur que Severus.

Mon cœur se compressa, accentuant mes craintes, confirmant ce que je redoutais : Severus avait fait quelque chose qui mettait notre famille en danger. Et c'était le litige qui l'opposait à notre fils.

-Où est-il ? Redemandai-je.

-En enfer… tout comme le reste de votre véritable famille.

La stupeur m'empêcha de réagir à son attaque de Stupefixion.

OoooO

J'étais assise, fixant Severus avec désespoir, il était inconscient. Le halo des sphères lumineuses reflétaient les stigmates de son agonie. Allongé et enchainé à même le sol, il avait souffert. J'avais voulu le délivrer mais j'étais clouée dans ce fauteuil, condamnée à le regarder subir des tortures intolérables par cet homme maléfique. Je ne pouvais crier, seules mes larmes marquaient ma souffrance. Mais pourquoi ? Voulus-je crier mais aucun son ne sortit de ma bouche, j'étais muselée. De ma vie, je n'avais était si impuissante. Je cherchais les réponses pour expliquer cette situation abominable.

-Tu te demandes pourquoi chère Lily…

Il nous connaissait. Je le vis lentement ôter sa capuche, laissant apparaitre un visage d'Apollon dénaturé par la malfaisance.

-Tu veux un indice ?

Il sortit une fiole et obligea Severus à l'ingérer sous mes yeux exorbités.

-Enervatum.

Severus émergea de son inconscience, me chercha des yeux. Il fut soulagé… de me trouver en vie ? Surement. J'avais tant de questions à lui poser. Mais il fallait trouver un moyen de nous libérer car Alan était en danger, il fallait le mettre à l'abri.

-Severus, ta femme se pose des questions à mon sujet. Elle ne comprend pas pourquoi j'ai tant de rancune envers toi. Pourquoi elle est ici à te voir subir tout ça.

Mon mari resta silencieux, se détournant.

« Severus »

-Je vais te poser une simple question Severus : qui est-elle réellement ?

Severus sembla plonger au cœur de l'enfer et ma peur se décupla en le voyant ouvrir la bouche malgré lui car je pressentais le pire mais il y eut une déflagration, puis des pas et des cris…


POV RONALD WEASLEY

Un peu plus tôt

Je n'avais pas pu empêcher Hermione d'être enlevée par cette pourriture de Maire. Il avait fait apparaitre des choses putrides qui s'étaient mués vers nous provoquant une panique sans nom. Quand Dumbledore était arrivé, il les avait anéanties d'une seule attaque. J'avais été surpris de son arrivée, il m'avait alors expliqué comment il était arrivé jusqu'à nous. Nous avions ensuite transplané, nous retrouvant devant Harry et sa famille. Honteux, je n'avais su l'affronter, mais il m'avait fait comprendre que toute tension entre nous était envolé, qu'il ne nous en voulait nullement de ce qui était arrivé et que nous allions la retrouver avant que je ne perde la raison. Ses paroles me redonnèrent confiance. Surtout quand Dumbledore me confirma qu'elle était ici. Ses yeux intelligents ne mentaient pas, ils s'éclairèrent d'autant plus en voyant la clé se dissoudre entre mes mains et se diriger vers la maison.

-Elle a réussi.

Je compris aussitôt et mon cœur se compressa, je devais la trouver, être présent quand elle retrouverait son cœur. Et savoir si…

Il s'élança à la suite de la clé, nous le suivîmes tous en courant, en pénétrant dans l'enceinte de la propriété le sol trembla

-Notre intrusion provoque ce phénomène, m'expliqua Harry.

Ma sœur, qui était en arrière, cria : un arbre s'écroulait sur elle sous mes yeux horrifiés. Harry le repoussa in extremis. Il retourna en arrière, passant à mes côtés et lui prit la main, je suivis le mouvement et nous la tirâmes en avant et progressâmes au même rythme. Les baies vitrées s'étaient ouvertes, des gens sortaient de la maison en criant. La musique résonnait : une fête ? Tout cela me parut incongru étant donné les évènements. Nous nous faufilâmes au travers de la foule se perdant tous de vue. Il nous fallut un certain temps pour nous retrouver. Mais Dumbledore manquait à l'appel.

-J'ai vu la clé disparaitre ici, nous annonça la tante de Harry.

Une femme courageuse. Elle était déjà en train de descendre les escaliers qui menaient vers un sous-sol. Face au mur, je me désespérai mais c'était sans compter la ténacité des Potter père et fils qui le firent exploser. Nous nous hâtâmes mais il n'y avait personne, nulle part ! Mon sang se glaçait.

-Ils sont peut-être dans l'ancienne maison des Gaunt, intervint le parrain de Harry.

Nous le dévisageâmes tous sans comprendre.

-Quand nous avons enquêté sur la disparition de ta mère, Harry, j'ai eu des infos sur les ancêtres des Jédusor que nous soupçonnions à l'époque de par les liens entre Rogue et Bellatrix. La branche sorcière de Tom Jédusor, les Gaunt, était des misérables « Sang-pur » qui s'étaient enfoncés dans la magie noire pour préserver leur renommé brisant toutes les règles, tuant nombre de non-sorciers, s'isolant du monde réel pour éviter de côtoyer des « sang-mêlé ». Sauf que leur fille Mérope, s'est malgré tout éprise d'un moldu (Tom Jédusor Senior) qu'elle a ensorcelé et lui a donné un garçon provoquant le courroux de son père qui la tua. Il tenta ensuite de récupérer l'enfant mais il n'était déjà plus chez les Jédusor. Le père avait pris son fils sous son bras, surement encore sous le coup de l'enchantement et avait fui loin. Les Jédusor restant avait été décimé par le père mais cela n'étancha pas sa colère, il chercha l'enfant jusque sa mort quatre ans plus tard. Quand l'enfant fut adolescent, il revint pour connaitre sa famille maternelle, car son père était mort, mais sa grand-mère et son oncle, tentèrent de le tuer et il dut les éliminer. La déception fut telle qu'il ferma son cœur à jamais, bannissant toute émotion.

Quelle horrible histoire.

-Qui t'a donné ces infos, Sirius, demanda Harry. Bellatrix ?

Il se figea.

-Je sais que tu lui es apparenté.

Je sursautai, en dévisageant Sirius.

-Mais de très très loin, se hâta-t-il de préciser comme si cela lui répugnait. Non je le tiens de la pensine de Dumbledore…

Il nous fit un clin d'œil.

-Il n'y a pas que lui qui ait des tendances peu défendables, grommela James Potter.

-J'ai entendu quelque chose, dit brusquement Ginny en lâchant Harry.

Elle avança vers l'allée centrale, puis tourna sur sa droite. Nous la suivîmes, inquiet. Une porte était ouverte mais on ne voyait pas dans la pièce.

-N'entrez-pas ! Cria le père de Harry.

Un film rougeâtre tourbillonnait dans l'encadrement de la porte, bloquant l'entrée.

-Mais j'ai entendu quelque chose, persista Ginny. Hermione est peut-être là…

Elle tendit le bras vers le tourbillon et il y eut un grand fracas et une lumière aveuglante.

OoooO

Harry, Ginny et moi étions dans un endroit lugubre : un genre de caveau. Mon cœur voulait quitter ma poitrine tellement il battait fort. Où étaient les autres ! Nous nous collâmes les uns aux autres et puis, après un moment, Harry se leva. La pièce était réduite. Il essaya de déverrouiller la porte mais rien ne se passa. Puis il tenta de nous faire transplaner mais là encore, rien non plus.

-Nous sommes prisonniers, constata-t-il.

-Je suis désolée Harry.

Ginny était abattue.

-Tu ne pouvais pas deviner, la rassura-t-il.

-Regardez, leur montrai-je.

Deux coffres étaient posés dans un recoin du caveau. Harry s'approcha avec prudence. L'émeraude d'Hermione chauffa contre ma peau, me rappelant douloureusement son absence.

-Ne touche à rien ! Criai-je subitement d'une voix qui n'était pas la mienne.

Je crus que je perdais la tête quand Harry et Ginny me dévisagèrent. Dumbledore apparut à nos côtés, nous faisant sursauter.

-Merci de l'avoir retenu, Ronald, me dit-il avec un sourire.

-Où étiez-vous ?

-Je devais régler une affaire urgente.

Il ne nous regardait plus vraiment, les yeux fixés sur les deux coffres.

-Eloignez-vous.

Il tendit la main, traversa une première protection puis une deuxième et enfin sa main atteignit l'un des deux.

-Vous devriez… commença Harry.

Mais c'était trop tard, il avait à peine effleuré la serrure que sa main se crispa, se raidit, changea de couleur, se desséchant trop vite, noircissant par la même occasion. Il se recroquevilla, s'agenouilla, haletant, tendant son bras valide pour nous obliger à rester loin de lui.

-Ma curiosité m'a encore joué des tours.

-Mais que se passe-t-il ? S'affola Harry.

Maintenant son bras noircissait, révélé par sa tenue de mage qui s'effritait. Son teint devenait cireux. Ses yeux vifs perdaient de leur éclat.

-La magie des Gaunt est nocive.

Harry tenta d'arrêter les dégâts sans résultat.

-Ne perds pas ton temps avec un vieillard comme moi, va plutôt chez les Gaunt rejoindre ton père, il aura besoin de toi…

-Mais…

Il le fit disparaitre d'un seul coup. Ginny s'époumona mais il la coupa :

-Ginevra, jeune non-sorcière, va aider Alan Rogue, il aura aussi besoin d'aide, guide-le jusque chez les Gaunt.

Je voulus m'y opposer mais elle n'était déjà plus là non plus. Je crus à un cauchemar.

-Ronald Weasley, cher élu, va rejoindre Hermione, son cœur te réclame…

Il sortit de sous sa robe une baguette :

-C'est celle d'Hermione. Je l'ai récupérée dans le parc, me précisa-t-il.

Je l'attrapai. L'émeraude étincela alors que je me dispersais lentement sous mes yeux effarés, flottant comme un nuage.

-Bonne chance, me souhaita-t-il. En espérant que je ne me sois pas trompé cette fois.

Il fit un geste faible de la main et je pris de la vitesse, me projetant vers l'avant, sans savoir où j'allais mais plutôt vers qui : mon Hermione. Enfin.

Ma fatigue s'envola. Je retrouvai mon énergie, impatient d'en finir, nullement inquiet sur ce qui m'attendait. J'avais confiance en Dumbledore comme Hermione avait confiance en lui. J'espérai juste que nous pourrions revenir à temps pour le sauver et que Ginny parviendrait à rejoindre Harry.

« Ma petite soeur intrépide, fais attention »

Le trajet fut court, je me matérialisai non loin d'Hermione, dans un cimetière. Elle courut vers moi, en criant :

-Va-t-en Ronald !

Je fis un quart de tour pour voir ce qui lui faisait peur, Jédusor était là, je serrai les poings, il n'osa pas m'attaquer, se rappelant surement ce qui s'était passé la fois d'avant. Il se déplaça doucement, prudemment, cachant à ma vue une personne allongée. Hermione s'accrocha à mon bras. Jédusor me dévisagea avec stupeur puis doucement abaissa sa baguette. Décontenancé, je restai sur mes gardes.

-Comment es-tu arrivé ici Ronald ? Me demanda-t-elle.

-C'est Dumbledore qui m'a envoyé vers toi. Il m'a dit de te donner ça.

Je lui tendis sa baguette. Elle s'en empara rapidement et visa Jédusor dans le même élan mais il fut plus rapide et la désarma, la blessant au passage. J'explosai littéralement de colère, regrettant de ne pas être sorcier mais avant d'esquisser le moindre pas vers lui pour le frapper, je vis Malefoy que j'avais complètement oublié, attraper la baguette d'Hermione et s'en servir contre Jédusor. Ma protection se projeta devant moi au même moment et émit une déflagration qui me projeta en arrière au sol.

J'étais sonné. Je cherchai Hermione des yeux, elle n'était pas là ! Je me relevai avec peine et la vis non loin de Drago. Il secouait Jédusor qui était lui aussi à terre. Hermione pleurait. Mon cœur sombra.

Je courus les rejoindre tant bien que mal. Il n'y avait plus aucune vie dans les yeux de Jédusor. Il gisait, affalé sur la poitrine d'une femme brune, inconsciente… peut-être morte.

-Rends-lui son cœur, cria Malefoy, coléreux, effondré, hystérique.

La dure réalité me tomba dessus à mesure que je réalisai ce que sa mort impliquait. Je m'agenouillai près d'elle et l'enveloppai comme pour l'isoler de ce monde cruel et sans pitié.

Qu'allions-nous devenir ?


Le dernier chapitre avant l'épilogue bientôt.