Relecture Brynamon.

Me revoilà après deux mois d'absence, je n'étais pas motivée, j'avais pas de retour de mes chers lecteurs depuis un moment. Je me suis alors concentrée sur mes autres fics.

En réponse à la tienne T : Merci pour ta review. Effectivement j'ai essayé de rester au plus près du canon tout en créant mon propre univers, je voulais que l'on retrouve quand même ce qui fait le charme de HP. Et j'aime écrire en multi pov même si c'est un travail compliqué et minutieux.

En réponse à la tienne Cryspy : Oui j'ai mis du temps, mais comme expliqué ci-dessus, un auteur peut se décourager sans soutien. Alors laisser une trace de son passage ça fait toujours plaisir à l'auteur. Oui je parle de moi-même à la troisième personne lol.

Merci à vous deux. Cela m'a motivée à écrire la fin que j'avais déjà en tête. J'espère que vous aimerez.

Donc voilà le dernier chapitre avant l'épilogue.

Bonne lecture.


Chapitre 20 : Bouleversements


POV HERMIONE GRANGER

Voilà tout était fini, tout était perdu. Je pleurai sans discontinuer en fixant le visage éteint de Jédusor reposant sur la poitrine de sa mère. Ronald m'avait pris dans ses bras. Je n'eus pas le courage de regarder vers lui. Il savait, oui il savait ce que la mort de cet homme signifiait pour nous. Drago qui s'était tu, cessant de secouer Jédusor, de lui réclamer ce qu'il m'avait volé, enfonça son visage dans ses mains. Toujours agenouillé, il se recroquevilla sur lui-même, accablé de chagrin. Ronald le regardait sans comprendre.

-Son père est mort, Jédusor l'a tué, lui murmurai-je.

L'effroi accentua le désarroi de Ronald. Il me détailla longuement, je compris le message qu'il me fit passer puis il desserra son étreinte et me laissa libre. Libre de poser ma main sur l'épaule de Drago, de lui offrir mon soutien. Il avait perdu son père, un père qui ne le comprenait pas, un père qui n'avait pas su l'aimer, un père qui l'avait rendu amer, qui n'avait pas su lui monter le bon chemin à prendre dans sa vie d'adulte. J'avais compris cela lors de notre captivité. Il avait souffert toute sa vie et continuerait encore s'il se sentait coupable de mon destin sans amour. Je ne voulais plus être la cause de son malheur même indirectement.

-Drago.

Il éleva son visage vers moi, je pleurai de nouveau devant tant de chagrin.

-Je suis désolée pour ton père.

Il se détourna.

-Je ne pleure pas pour lui. Il ne le mérite pas.

-Tu sais que c'est faux.

Je pris son visage dans mes mains, séchai ses larmes.

-Je t'ai encore fait du mal Hermione, pardonne-moi.

Il était sincère, je ne pouvais en douter. Il apposa son front sur mes genoux.

-Tu n'as rien fait de mal, je n'ai rien à te pardonner. Je vais aller de l'avant et je veux que tu en fasses autant. Pense à Astoria.

Ma main glissa dans ses cheveux, me procurant une paix jusque là inconnue. J'avais retrouvé la sérénité, la colère ne m'habitait plus. Ronald se posa derrière moi, m'enserra les épaules, son visage contre mes cheveux. Je me sentis chanceuse car finalement, j'avais été entouré d'amour. Un amour maladroit provenant de Drago et un amour infini provenant de Ronald sans compter celui de Harry et de mes parents. Il fallait que je cesse de pleurer ce que j'avais perdu et que je me tourne vers l'avenir.

-Tu es la personne la plus généreuse que je connaisse, m'avoua Ronald.

S'il savait que c'était à lui que je devais ce changement…

-Merci Ronald, soufflai-je, j'aurais tellement voulu t'aimer.

Il resserra son étreinte.

-Je t'aimerais pour deux.

Il y eut un mouvement à nos côtés. Jédusor convulsait. Nous nous précipitâmes à ses cotés juste à temps pour voir des filaments pourpres sortir de sa poitrine. Mon souffle se suspendit, comme ceux de mes compagnons quand ils s'enroulèrent et formèrent la réplique d'un cœur humain. Le corps de Jédusor retomba, inerte, tandis que mon trésor réintégrait sa place dans ma poitrine, me réchauffant instantanément. J'inspirai un grand coup, pour supporter le déferlement d'émotions en moi. Je pressai soudainement ma poitrine de ma main sous leur œil inquiet. Quelque chose n'allait pas. Je le savais. J'avais mal.

Mon attention se fixa sur Bellatrix. Je repoussai doucement Drago qui me bloquait le chemin pour m'approcher de cette femme. J'étais inquiète pour elle. Je caressai ses cheveux, mes doigts glissèrent vers son cou, palpant son pouls. Elle était encore en vie. Un soulagement sans nom me prit aux tripes. Elle allait survivre, il fallait que je l'emmène à l'hôpital. Je cherchai à la redresser. La tête de Jédusor dodelina, tomba lourdement au sol. Mon attention se fixa sur lui, une sensation étrange s'insinua dans toutes les fibres de mon être. Je ne sus définir ce que c'était.

-Hermione qu'est-ce que tu fais ? S'inquiéta Ronald.

Je me reconcentrai sur Bellatrix.

-Nous devons l'emmener à l'hôpital, sinon elle va mourir.

-Mais…commença Drago.

Un « pop » significatif le coupa en pleine phrase.


POV ALAN ROGUE

Un peu plus tôt

Un bruit me fit revenir à l'état de conscience. Malgré la pénombre je vis que Leonid était vers la fenêtre, grognant.

-Que se passe-t-il ? Pourquoi râles-tu ?

Il se tourna vers moi, puis de nouveau vers la fenêtre. Je me levai pour voir ce qui le rendait nerveux. Une jeune femme était debout devant notre grille. Elle gesticulait, criait, lançait des pierres. Je fronçai les sourcils. Elle allait finir par réveiller mes parents. Je revêtis ma robe et ouvris la fenêtre pour atterrir doucement au sol. Elle n'était pas une voisine, je ne l'avais jamais vue. Elle était pourtant habillée comme une moldue. Elle n'aurait pas du voir la maison située au bout de l'impasse et invisible pour l'œil d'un non-sorcier. Face à la grille je l'interrogeai, elle observa Leonid du coin de l'œil.

-Je suis Ginny, une non-sorcière.

-Mais comment peux-tu voir cette maison ?

-On n'a pas le temps, il faut partir Alan, tes parents ont besoin de toi.

Confus qu'elle connaisse mon prénom, je ne me laissai pas démonter. Je me repris :

-Mes parents dorment à l'intérieur.

Je fis demi-tour, agacé.

-Jédusor les tient en otage.

Je me pétrifiai. Non elle fabulait. Mais qui était-elle ? Je regardai vers le haut, vers ma maison.

-Dumbledore m'envoie Alan.

Mon cœur se compressa. Je me hâtai dans la maison, découvris qu'elle était vide. Je revins vers elle, bouleversé. Je voulus ouvrir la grille mais la protection ne céda pas. Cela m'alerta encore plus. Ginny attendait, elle avait peur. Elle ne pouvait mentir. Je m'élevai dans les airs pour en franchir le seuil mais je me heurtai à un mur invisible et tombai au sol. Je tentai toute sorte de chose plus inefficaces les unes que les autres quand Leonid s'ôta de mon épaule et lança un jet de feu sous mes yeux effarés, un feu d'une couleur étrange, rouge écarlate qui fit fondre la grille. Ginny heureusement s'était déportée. J'attendis un peu que la chaleur s'estompe. Ginny se releva prestement.

-Il est fort ton pote le dragon.

Elle était émerveillée. Et moi aussi. Je lui tapotai les pointes, reconnaissant.

-Allons-y Alan, me ramena-t-elle à la réalité.

Je fis quelques pas, je la vis de plus près, la dévisagea parce qu'elle me dévisageait.

-Tu as de beaux yeux verts, cligna-t-elle des yeux.

Je fus pris de court.

-Merci. Où devons-nous aller ?

-A la maison des Gaunt.

-Je te suis.

Elle me dévisagea, interloquée.

-Mais je ne sais pas où c'est, je pensais que tu le savais !

Nous voilà bien.

-Dumbledore ne t'a pas donné d'infos ?

-Non. Je ne sais même pas où je suis.

-Dans l'impasse du tisseur, m'agaçai-je de plus belle.

-Cela ne m'avance pas plus.

-Nous devons rejoindre Dumbledore dans ce cas.

-Je ne sais pas où il se trouve !

-Tu te moques de moi ! M'emportai-je.

Elle s'agaça à son tour.

-Je viens te prévenir et t'aider c'est déjà pas si mal, je préfèrerais être avec Harry ou avec mon frère. Pas dans un lieu inconnu avec un inconnu sorcier qui plus est.

-Tu viens m'aider mais tu ne sais même pas quoi faire, grommelai-je, persistant. Pourquoi Dumbledore t'a envoyée et qui est ce Harry ?

-Harry c'est mon ami, il est sorcier, nous étions chez les Jédusor pour libérer une amie qu'il avait faite prisonnière dans son sous-sol…

Elle s'arrêta net, s'illuminant :

-Je sais comment rejoindre Dumbledore. Il faut retourner chez les Jédusor.

OoooO

En passant dans le souterrain, j'eus un frisson, tout comme Leonid : le mal régnait ici. Ginny s'arrêta devant une pièce où tourbillonnait un film rouge.

-Je te préviens Dumbledore n'est pas en grande forme.

Elle m'expliqua ce qui s'était passé puis elle tendit la main vers le passage.

-Tu es sûre de toi ?

Elle attrapa la mienne, j'agrippai mon dragon et nous disparûmes dans un fracas assourdissant. Elle avait raison, nous étions face à Dumbledore, ou plutôt ce qu'il restait de Dumbledore. J'eus un haut le cœur en le découvrant squelettique et desséché. Le maléfice avait dévoré son corps. Leonid s'éloigna au fond de la crypte. Dumbledore ouvrit les yeux faiblement. Ginny s'approcha, je la retins.

-Fais attention.

-Où est Ron ? Le questionna-t-elle.

- Il a raison, ne t'approche pas. Ronald est avec Hermione. Que fais-tu ici ?

Nous nous accroupîmes pour lui faire face. Il n'avait plus de barbe. Le blanc de son œil droit était noir et l'iris rouge. J'eus de la peine pour lui.

-Pourquoi vouloir ouvrir ces deux coffres ?
-Je voulais détruire ce qu'il contenait pour empêcher Jédusor de continuer à prendre des cœurs et prolonger sa vie.

Ginny ne comprenait pas mais moi je savais de quoi il parlait.

-Nous trouverons un moyen de détruire ce qu'ils contiennent, je vous le promets. Vous pouvez partir en paix.

Il parut soulagé. Je ne savais pas si j'étais prêt à voir un homme mourir mais je ne pouvais le laisser seul dans ses derniers instants. Je lui souris comme je pus, il versa une larme de son œil gauche brillant.

-Tu as des yeux magnifiques Alan.

-Vous me l'aviez déjà dit, répondis-je gêné.

-Tu as les yeux de ta mère.

Je ne voulus pas le contredire.

-Je suis désolé, continua-t-il.

-Désolé de quoi ?

-J'ai compris en te voyant la première fois à Poudlard mais je n'ai jamais pu trouver comment…

-Les Gaunt, l'interrompit Ginny, nous ne savons pas comment nous y rendre.

J'allais protester de son manque de tact mais elle avait raison, il était très affaibli et elle n'était pas insensible au contraire, elle était choquée de le voir si mal en point mais s'il l'avait envoyée à moi, c'était parce que mes parents étaient en danger.

Il sembla d'accord avec nous, éleva péniblement la main et nous y envoya d'un seul geste. Heureusement Leonid était revenu sur mon épaule. Je n'eus pas le temps de le pleurer, nous étions déjà devant une bâtisse délabrée et des cris m'alertèrent. Je reconnus la voix de ma mère. Je n'hésitai pas une seconde et franchis le seuil, Ginny sur mes pas.


POV LILY EVANS POTTER

Un peu plus tôt.

Notre bourreau se redressa à l'arrivée fracassante de plusieurs personnes dans cet endroit sinistre, réellement surpris de les voir débarquer. Je les détaillai un à un, reconnus James Potter et Sirius Black, je ne connaissais pas les deux autres : une femme et un jeune homme un peu plus âgé que mon fils.

Ils embrassèrent tous la scène, comprirent que nous étions Severus et moi en mauvaise posture. Que faisaient-ils ici ?

-Jédusor ! Cria Sirius, où est Harry !

Je crus mal entendre, cet homme était le mari de Bellatrix ? Mais non cela n'avait pas de sens. Je me reconcentrai sur Severus, il était si pâle. Sa peur était palpable, elle se rajouta à la mienne. Leur baguette en main, les deux hommes menaçaient Jédusor, furieux. James approcha mais il se heurta à un mur invisible.

-Toujours aussi lâche.

Jédusor trembla de rage.

-Je ne suis pas lâche, comment osez-vous !

-Quand vous êtes venu kidnapper ma femme, alors qu'elle était sans défense, j'appelle cela de la lâcheté.

Il y eut un lourd silence. Je croyais que sa femme était morte ? Jédusor avait repris contenance, admiratif.

-Vous avez percé mon secret.

-Votre jeunesse, vous voulez dire ? Je viens seulement de comprendre en vous voyant, ajouta James.

Je cherchai à comprendre.

-Où est Harry ! Répéta Sirius.

Jédusor esquissa un sourire déplaisant. J'étais si impuissante clouée sur ce fauteuil. Je croisai le regard de la femme. Elle ne cessait de m'observer avec insistance.

-Pourquoi ne pas simplement avoir pris le cœur de ma sœur, pourquoi l'avoir enlevée, demanda-t-elle à Jédusor.

Il baissa les yeux vers Severus qui me jeta un regard éperdu. Mon cœur martelait jusque dans ma tête, effrayée par ce qu'il tentait de me dire.

-Lily…

Mais ce n'était pas Severus qui me parlait avec cette tonalité affective. C'était James Potter. Je me refusai à le regarder, mortifiée. Je fus soudainement libre, je me jetai vers Severus, ignorant les essais infructueux des intrus pour forcer le mur qui nous séparait. Je fus heureuse que ce mur existât. Agenouillée, je dégageai les cheveux de Severus collés sur son front par la sueur.

-Libérez-le aussi ! Criai-je à Jédusor.

Mais il ne fit pas un geste de plus.

-Dites-lui adieu…

-Non ! Hurlai-je en le couvrant de mon corps.

Il était, avec Alan, ce que j'avais de plus cher. Le reste m'importait peu.

-Je suis désolé Lily, murmura-t-il. Tu dois t'enfuir, emmener Alan avec toi loin, très loin.

Je plongeai mon regard dans le sien, refusant cette option :

-Quoi que tu aies fait, nous trouverons un moyen de le régler.

Les assauts avaient cessé, je leur jetai un œil, découvris Harry au côté de son père. Il me fixait de ses yeux verts intenses. Des yeux plein de larmes.

-Maman.

Je vacillai une seconde, ébranlée, apeurée.

-Que cela est touchant, toute la famille au complet, ricana Jedusor.

Cette phrase provoqua une réaction violente. Ma tête me renvoya brusquement plein d'images dans une douleur effroyable. Je la tins entre mes mains comme pour l'empêcher de se fendre en deux. Un hurlement s'échappa de ma bouche, mon crâne émettant un bruit de verre qui se fissure lentement avant d'exploser.

Il y eut alors une clameur diffuse mais bien réelle.

-L'illusion s'est brisée Severus, annonça Jédusor. Elle a des doutes. Il ne tient qu'à moi de débloquer sa mémoire.

Ses paroles arrivèrent confusément jusqu'à moi. J'étais dans un état comateux. La douleur s'estompait doucement. Je rouvris les yeux, face aux larmes de Severus je me sentis démunie. Il supplia Jédusor de nous épargner, je le fis taire.

-Qu'est-ce que tu as fait Severus ?

Ma voix avait changé. Au même moment Alan pénétra dans la maison, provoquant le bonheur de Jédusor et ma désolation. Je le croyais en sécurité chez nous. Je me hissai rapidement sur mes jambes.

-Alan non !

Il essayait de forcer le mur, y parvint contrairement aux autres. Sa baguette par contre se heurta à la protection tout comme Leonid. Il était sans défense. Il hésita puis nous regarda tous les trois tour à tour. Je voulus le prendre dans mes bras pour l'éloigner de notre ennemi.

-Tu ne dois pas rester Alan !

Mais il me repoussa. Je ne compris pas sa réaction alors qu'il se jetait vers son père, menaçant Jédusor des pires représailles.

-Qu'est-ce qui vous lui avez fait ! Où est ma mère !

Le choc fut terrible.

-Je suis là mon chéri.

Il me dévisagea avec hargne. Puis se redressa lentement, confus.

-Qui êtes-vous ? Quelle est cette plaisanterie ?

Mon cœur se brisa en deux. Jédusor fit apparaitre un miroir devant moi. J'y aperçus la femme du double reflet. Et elle avait les yeux verts, des yeux verts familiers. Je m'approchai d'elle, posai ma paume sur le verre du miroir. Il n'y avait pas de doute, j'étais celle qui se reflétait dans le miroir.

-Quelle est cette illusion ?

Je me tournai vers Jédusor.

-C'est bien réel, Lily. Vous vous voyez telle que vous êtes et non comme je vous avais camouflée.

-Je ne comprends rien, s'énerva Alan.

-Jeune Rogue, je te croyais intelligent. Pourquoi crois-tu que ton père t'aie obligé à rejoindre mon Organisation ? Il avait une dette envers moi. Oui, moi, le grand Jédusor qui a su duper tout le monde grâce à ma magie, la magie de mes ancêtres.

-Duper ? Répéta Alan.

-Regarde-moi, je suis toujours aussi jeune parce que j'ai su utiliser les reliques de ma famille. Et si tu es sur cette Terre c'est parce que j'ai offert à Severus la possibilité d'avoir celle qu'il aimait. Une femme qui ne lui appartenait pas. Une femme qui ne l'aimait pas.

A mesure que je l'écoutais, l'horreur se propageait en moi. Et je voyais cette même horreur sur le visage de mon fils. Severus gémissait. Jédusor se pencha vers lui :

-Dis-lui, Severus. Dis-lui qui elle est.

Silence.

-Quel est son nom ? Précisa-t-il sa question.

-Lily Evans.

Non ! Je le dévisageai, il ne put soutenir mon regard.

-Tu n'oublies rien, continua mon ennemi.

-Potter, termina Severus.

La clameur reprenait derrière le mur mais je m'en fichai. J'avais juste envie de mourir en cet instant. Jédusor avait élevé une boule opaque tournoyante dans sa main qu'il hissa très haut pour l'abattre sur Severus. Je me jetai sur lui sans réfléchir mais je fus renvoyée en arrière brutalement, atterrissant sur le fauteuil.

-Alan !

Il m'avait empêché de sauver son père. J'étais là amorphe, le cœur en lambeaux devant le spectacle de sa poitrine sanguinolente.

-Il ne faut jamais me trahir, lui assena Jédusor en gage d'adieu.

Il se crispa soudain, fixant son rubis et devint pâle. Il fit apparaitre du feu dans sa main et frappa au quatre coins de la demeure. Il disparut dans la foulée. J'étais déjà près de Severus, Alan à mes côtés.

-Fuyez ! Nous supplia-t-il.

-Pas sans toi.

Je ne pouvais l'abandonner. On me tira en arrière mais je tins bon.

-Je ne pars pas sans elle !

Ce n'était pas Alan qui me tirait, c'était Harry. Mon fils se leva et le repoussa. Leonid attrapa Severus et le souleva, le mettant dans une posture inconfortable qui le fit gémit de plus belle. Je me laissai guider par mon fils, suivant Leonid, il se guidait bien à travers les flammes. Alan avait récupéré sa baguette. Hors de la maison, je toussai sans relâche. Je ne voyais pas grand-chose. J'entendis Leonid cracher du feu, provoquant de la colère de ceux qu'il visait et je me sentis alors aspirée.

Quand ma vision fut plus claire, je reconnus notre maison. Alan nous y avait ramené. Leonid posa Severus sur le fauteuil, retourna vers son maitre. Chacun deux me regardait, l'un confus, l'autre perplexe. Je leur fis face, inquiète des traces de brulure sur le visage d'Alan.

-Il faut soigner ça.

Leonid grogna en me voyant lever ma main vers mon fils.

-Papa a besoin de soin en priorité.

Je me tournai vers Severus. Il nous contemplait, crispé dans la souffrance. Il tendit la main vers moi. Je reculai. Ma peur avait diminué, la colère surgissait. Les éléments de cette dernière heure se mettaient en place.

-Tu n'as fait que me mentir toute ces années Severus. Comment tu as pu me faire ça ? Pourquoi ! Mais pourquoi !

Il ne répondit pas. Sa main tomba lentement. Et ses yeux se vidèrent de toute vie.


POV RONALD WEASLEY

Un peu avant.

Je fus vite sur mes pieds, entrainant Hermione à ma suite, l'obligeant à lâcher Bellatrix. J'étais encore sous le coup de l'émotion (j'avais compris que l'on avait échoué à récupérer l'âme son cœur).

-Oh non ! Cria-t-elle. Drago ne reste pas là !

Elle attrapa son bras et le tira vers nous.

-Qui est-ce ?

Un homme se tenait devant nous, je clignai de l'œil car j'avais sous mes yeux un genre de clone de Jédusor.

-C'est le père de Jédusor, mon oncle par alliance, m'annonça Malefoy.

Je crus avoir mal entendu.

-Mais comment est-ce qu'il peut-être son père alors qu'il … ?

Hermione nous tira en arrière.

-Ce n'est pas le moment Ronald.

L'homme horrifié, fixait les corps au sol. J'avais la chair de poule, il exhalait de cet homme un aura maléfique profond. Pourtant en cet instant, il sembla se vider de toute vie en s'agenouillant face à Jédusor.

-Hermione, ta baguette ! Lui murmura Malefoy.

Nous la cherchâmes des yeux. Elle était tombée lors de la déflagration. Elle était derrière Jédusor père.

-Nous devons faire diversion, proposai-je.

Hermione ne sembla pas entendre, elle suivait le sorcier des yeux. Des yeux plein de larmes.

-Hermione, qu'est-ce que tu as ?

-Je ne supporte pas de le voir ainsi.

En effet, il poussa un cri d'agonie en fermant les yeux de son fils. Il pressa sa main sur sa poitrine, éleva les yeux vers nous. J'eus l'impression que ma dernière heure était arrivée. Il s'envola pour atterrir devant nous, ou plutôt devant Hermione. Elle refusait de bouger, nous maintenant fermement contre elle avec une force anormale.

-Il contrôle certains de mes gestes, nous éclaira-t-elle, d'une manière insidieuse, avec un sortilège muet.

Il était concentré sur elle, la sondant sans un mot.

-Votre fils est mort pour votre cause, mais cela en valait-il la peine ? Ne méritait-il pas une meilleure vie ? Vous qui étiez son modèle, plus qu'un père vous étiez un Dieu pour lui et il vous admirait tant. Pourquoi l'avoir entrainé dans cette voie ? La voie du mal. Maintenant il va croupir en enfer, loin de vous, loin de sa mère et il vous en veut pour cela.

Je ne saisissais pas ce qu'elle tentait de faire. Je n'avais plus ma protection, elle avait été réduite en miette. Notre seul espoir était loin derrière Jésudor père.

-Arrêtez ! Ne parlez pas en son nom, vous ne savez rien de lui !

-Je possède l'essence même de son cœur, un cœur sombre et avide de reconnaissance, un cœur dont je ne veux nullement garder trace en moi.

Je crus perdre la tête à cette annonce. Et je ne fus pas le seul vu la réaction de Jédusor. Elle nous relâcha, Malefoy et moi, et nous envoya dans le décor. Je me heurtai lourdement au sol. J'entendis Jédusor psalmodier. Fou d'angoisse, je tentai de me relever. Je me hâtai pour courir vers elle mais c'était trop tard il avait lancé son maléfice…

Je tombai à genoux malheureux. Mais il ne se passa rien. Jédusor qui avait écarté les bras, perdit son rictus. Hermione s'éleva d'un coup dans les airs et tournoya, provoquant une terreur innommable en moi. Elle se mit à son tour à psalmodier et je vis Jédusor reculer. Il trébucha, s'affala au sol, comprimant son cœur de ses deux mains. Il s'arc-bouta dans de violents spasmes et des filaments de toutes les couleurs se faufilèrent au travers de ses doigts, s'élevant dans le ciel et reformant doucement des cœurs, des tas de cœurs ! Au fur et à mesure Jédusor se ratatinait. Quand le flot cessa au travers de ses doigts, il avait la peau fripée. Il n'était plus qu'une vieille chose dénaturée.

Je retrouvai l'énergie pour la rattraper avant qu'elle ne tombât au sol mais elle descendit doucement, elle était sereine et apaisée. Je la serrai dans mes bras, soulagé qu'elle n'ait rien. Retrouvant mon souffle, je l'embrassai avec passion dans un élan incontrôlé. Une passion qu'elle me rendit au centuple…

Je sentais son cœur battre contre mes côtes tant je la maintenais fort contre moi. Un cœur raccommodé, un cœur entier. Enfin, je m'avançai peut-être. Elle rompit le lien, me contemplant avec émerveillement, je connaissais bien cette expression, je l'avais chaque matin dans ma salle de bain, devant la glace quand je pensais à elle et ne croyais pas à ma chance. Elle me sourit largement. Et puis le rouge lui monta au joue. Elle fouilla derrière elle du regard et se dirigea vers Drago qui surveillait Jédusor. Il respirait faiblement. Je n'aimais pas ce nouveau lien entre eux mais il serait bien temps de lui en parler plus tard. Je marchai sur ses pas et examinai le visage hideux de Jésudor père.

-Comment as-tu réussi ce tour de force ?

-Je n'en sais rien Ron.

Ron…

-Que faisons-nous de lui ? Demanda Malefoy.

-Nous devons l'emmener à Ste Mangouste comme sa femme. Ensuite la justice décidera de leur sort.

-S'il survit, ajouta Malefoy.

Il observa ma Hermione, m'ignorant royalement.

-Tu vas mieux ? Tu avais l'air affecté par leur sort.

-Je le suis toujours mais je l'ai refoulé au de fond de moi, l'avenir me parait si beau, je ne laisserai rien me gâcher ce bonheur.

Sa main glissa doucement dans la mienne et sa confiance me contamina, virant les nuages qui obscurcissaient notre vie.

-Reste maintenant à trouver vos potes, lança Malefoy. Ils ont surement des tas de questions à me poser.

-Je ne sais pas si tu pourras les aider. Harry cherche sa mère et…

Elle leva les yeux au ciel, je suivis son regard, j'en avais oublié les cœurs mais ils n'étaient plus là.


POV HARRY POTTER

Un peu avant

J'avais atterri devant la maison des Gaunt. Eloigné de Ginny, j'étais très anxieux. Pourquoi Dumbledore nous avait-il séparés ? Comment allait-il ? Que contenaient les coffres ? Tant de questions tournaient dans ma tête lorsque je pénétrai dans la maison délabrée. Mon père, Sirius, ma tante et Dud étaient bien là, dos à moi. Je ne voyais pas ce qui prenait toute leur attention. Je me glissai à travers eux, Sirius fut le premier à me voir. Mon père était dans un autre monde, les mains collées sur un mur invisible, anéanti.

-Papa ?

Je balayai la scène des yeux, reconnus Rogue et sa femme et un homme très similaire à Jédusor.

-C'est le père de Jédusor, c'est lui qui a volé le cœur de ta mère et l'a enlevée non sans avoir effacé sa mémoire, m'expliqua Sirius. Ta tante a compris la première que cette femme, la femme de Rogue est en fait…

J'attendis la suite, le cœur en vrac devant le spectacle de mon père en larme. Je n'arrivais pas à haïr, j'étais trop mal. Je suivis son regard, crus à une plaisanterie immonde en voyant cette femme se jeter sur Rogue pour le protéger. Sirius n'avait pas continué mais j'avais saisi. Je fis quelque pas, me heurtai au mur.

-Maman, l'appelai-je avec désespoir.

Je pleurais, me rendis-je compte tout en essayant de forcer le mur. Elle se détourna, fissurant mon cœur un peu plus qu'il ne l'était déjà. Elle sombra dans une hystérie qui nous affola tous jusqu'à un dénouement qui nous pris tous de court. Je vis mon père défaillir et je n'étais pas loin d'en faire de même, impuissant devant l'apparition irréelle de ma mère. Ma tante vint me soutenir, mal en point elle aussi.

-Pourquoi ne vient-elle pas vers nous ? Me désolai-je.

-Elle ne sait pas qui elle est.

Sirius venait de me confirmer ma pire crainte.

-Le sort est rompu pourtant.

-C'est bien plus compliqué.

Il y eut une irruption derrière nous, Ginny ! Elle se jeta dans mes bras, éloignant brutalement tante Pétunia. Je n'eus pas le temps de la questionner sur Ron, les yeux braqués sur l'autre arrivant. Le fils de Rogue sans aucun doute. Il traversa facilement la protection sous nos yeux effarés, nous laissant sa bestiole bien furax dans les pattes. Il nous jeta un œil si noir…

Les plaintes de mon père me ramenèrent vers ma mère, elle n'avait de yeux que pour ce gars. La violence de ma jalousie me fit trembler.

-Harry calme-toi.

Ginny essayait de comprendre mais comment lui dire ? Comment lui expliquer cette béance dans mon cœur qui s'élargissait à mesure que je me sentais rejeté. Elle eut un sursaut.

-C'est elle ? C'est ta mère c'est ça ?

Jédusor avait réussi à extirper des aveux à Rogue, confirmant ce que nous savions déjà : qu'il était le plus vil et le plus malfaisant des êtres humains juste après Rogue.

-Je vais tuer Rogue ! Sifflai-je, hargneux.

Mais Jédusor s'en était chargé. Enfin presque. Alors que tout s'enchainait, je vis mon père et ma tante courir vers elle, mais le bébé dragon les en empêcha, accentuant les flammes et la combustion de la maison. Je poussai Ginny à sortir et m'élançai vers ma mère, parvins à la saisir d'une main ferme, ignorant la brulure des flammes et la fumée noire qui m'intoxiquait.

-Harry ! Cria Sirius qui tentait de me rejoindre.

-Je ne pars pas sans elle !

On me repoussa avec une rare violence. Je fus confronté à la preuve la plus irréfutable de mon lien avec cet autre fils, cet étranger, ses yeux lançaient des éclairs de haine aussi féroces que les miens. Il savait ! Il savait qui j'étais ! Il me sépara de ma mère avec une telle hargne que je tombai, il s'en empara comme si elle lui était due, son dragon attrapa Rogue et ils quittèrent la maison. Je les suivis de près mais le feu me ralentit.

J'arrivai juste à temps pour les voir transplaner. J'étais dans une rage folle. Je préférai cela au sentiment d'abandon qui me tenaillait de nouveau. Je restai loin des autres, ne supportant pas leur détresse. Je devais retrouver Lily. Ginny approcha avec prudence. Cela me ramena à d'autres préoccupations.

-Où sont Hermione et Ron !

-Sûrement avec les deux Jédusor, se désola-t-elle.

C'était le pire scenario mais je savais qu'elle visait juste.

-Nous devons les retrouver. Demandons l'aide de Dumbledore.

-Il est mort.

Du plomb tomba sur ma poitrine déjà malmenée. Sirius qui avait entendu s'en mêla :

-Dumbledore, mort ? C'est impossible.

-Les coffres, murmurai-je.

Je lui narrai ce qui s'était passé quand il avait essayé d'ouvrir les coffres.

-Que contenaient-ils ?

-Des reliques, nous révéla Ginny. C'est de ces reliques que Jédusor obtenait cette magie nocive et destructrice. Alan a promis de les détruire, nous devons…

Elle cessa net en croisant mon regard.

-Comment se fait-il que tu sois arrivée avec lui ?

-Dumbledore m'avait envoyée jusqu'à lui pour le guider jusqu'ici.

Ma tension explosa de nouveau. Dumbledore était bien au fait de beaucoup de choses !

-Tu sais donc où il habite ?

-Qui ?

-Ginny !

-Oh heu Alan… et bien non pas réellement, je sais jusqu'il s'agit d'une impasse.

-L'impasse du tisseur, intervint mon père, blême et décomposé.

Il disparut aussitôt. J'étais entre deux feux : chercher ma mère ou mes amis ?

-Pétunia, dit Sirius, guide Harry vers ta maison d'enfance, non loin de l'impasse. Moi je vais avec Dudley…

-Et Ginny, le coupa Ginny.

-Et Ginny, soupira Sirius, pour récupérer tes amis.

Il n'y eut aucune discussion, juste des regards inquiets. Les choses pouvaient encore tourner mal.


Bon avant de râler (comme ma sœur), sachez que je me doute que certains sont déçus parce que Harry n'a pas eu un grand rôle à jouer dans la défaite de Jédusor (et je ne parle même pas de Severus qui s'en tire un peu trop bien). Cependant rappelez-vous que c'est d'abord l'histoire d'Hermione et de Ron. Quand j'ai écris le début de la fic, j'avais déjà cette fin en tête même si le déroulement en a été un peu modifié.

Dans l'épilogue (un peu plus long qu'un épilogue normal mais moins long qu'un chapitre habituel) vous aurez le dénouement pour Harry et son père et donc celui de Lily et Alan. Ils finiront par connaitre ce qui s'est réellement passé. Vous aurez bien sûr celui de nos chouchous et en bénef celui de Drago (pour ceux et celles qui, comme moi, se sont attachés à lui).

Donc ne zappez pas ! lol !

L'épilogue bientôt.