Disclaimer: Hétalia ne m'appartient pas.

Personnages: Francis, Arthur essentiellement. D'autres personnages présents (Yao, Matthew, Alfred, ect...)

Parings: Fruk

Genre: Humour, Romance

Rating: T


Partie II


Il se réveilla au son de la voix de son fils. Celui-ci était assit sur son lit, les yeux grands ouverts, le sourire aux lèvres. Francis se redressa et regarda autour de lui. Entre les deux lits, il y avait un table de nuit. Un tapis couvrait le sol entre les deux meubles. Une commodes était placé dans un coin et un coffre dans un autre. Des étagères vides étaient placées au dessus de ce dernier. La fenêtre était placé au dessus de la table de nuit.

«Papa, tu te réveille. Tu as bien dormi?» babilla l'enfant, jouant avec son ours en peluche. Il semblait de bon humeur, une fois le terrible voyage derrière eux. Ici, à l'abri, l'enfant était moins effrayé et plus joyeux.

«Oui. Désolé de ne pas avoir été là hier soir.

- C'est pas grave.»

Remarquant la peluche, Francis demanda «C'est...un cadeau?

- Oui. Alfred a dit que le pouvais prendre un de ses jouets pour moi. Il en a beaucoup.» Matthieu se mit aussitôt à parler de la chambre de son nouvel ami et de ce qui s'y trouvait. Il parla aussi de l'autre petit. Il s'était bien amusé et avait bien mangé. C'était Jolien qui l'avait couché en lui promettant que son papa reviendrait vite mais il s'était endormi avant.

«Je serais là ce soir mon chéri.»

Il se leva et habilla son fils avec la même tenue que la veille. Après tout, il ne les avait porté que quelques heures. Il fit de même pour lui, se disant qu'il n'aimait pas porter cet uniforme, symbole de sa servitude. En plus le maître de cette maison lui déplaisait fortement. Surtout après la conversation de la veille. Nul doute que celui-ci allait se mettre à le poursuivre et à tenter de le charmer. Ces jours à venir promettaient d'être fatigants. Il aurait pu lui céder pour avoir la paix mais déjà il ne voulait pas servir quand l'autre en avait envie. De plus, ce genre de relation le dégoûtait fortement. Chez lui il séduisait, il couchait mais n'avait jamais de proposé de relation comme ça. Pour qui le prenait cet Arthur? Il devait être ce genre de personne qui avait toujours eu ce qu'il voulait.

Il se reprit, ne voulant pas penser à cet homme dès le matin et prit son fils dans ses bras, sortant pour rejoindre les cuisines. Les couloirs étaient silencieux. Et quand il arriva dans la pièce, il n'y avait pas grand monde. Le cuisinier était là, prenant un thé tranquillement.

«Francis? Ho et c'est le petit Matthieu?

- Oui.

- Il est mignon.» fit l'homme avant de se détourner vers ses fourneaux. «Que veux-tu pour le petit déjeuner? J'ai fait des brioches mais si tu veux autre chose...

- Ce sera parfait.» fit le nouveau, posant son fils sur une chaise. L'enfant regarda les viennoiseries avec envie. Il n'en avait pas mangé depuis longtemps et mourrait d'envie de mordre dans l'une d'elle. Son père eut un petit rire et lui en donna une. L'enfant la dévora, semblant affamé.

Pendant ce temps, Francis prenait un thé, parlant avec le cuisinier, un homme aux mèches blondes et aux yeux bleus. C'était le frère de Jolien s'il avait bien comprit. Il semblait un peu intimidant mais pour le moment il souriait.

«Tu sais quelle sera ta tâche ici?

- Valet, si j'ai bien comprit.» grommela Francis, ne voulant pas repenser à la discussion de la veille, préférant l'oublier.

- Alors tu devras aller voir le maître pour le réveiller.

- Et l'aider à s'habiller aussi? Il est trop idiot pour le faire lui-même?» railla le nouveau venu, portant la tasse à ses lèvres. Il oubliait qu'il avait eu lui-même des serviteurs pour l'aider à se vêtir. Enfin il en avait eu assez un jour et depuis lors s'habillait lui-même. Et de plus l'idée de rester seul avec ce fichu noble à demi-nu ne lui plaisait pas.

Le cuisinier, qui s'appelait Lars, soupira «Tu sais, il est pas si cruel. Il est très supportable en fait.

- Je n'en doute pas. Il doit être très agréable une fois ses caprices comblés.» Matthieu ne faisait pas attention à la discussion, dévorant son petit-déjeuner sans lever les yeux sur les adultes de la pièce. Francis posa sa tasse et croisa le regard de Lars «Écoutes, je ne doute pas qu'il a fait des choses qui le rendent très supportable à vos yeux. Mais quand on me menace presque pour que je cède à ses exigences, désolé mais je n'éprouve que du mépris.

- Il est comme ça.

- Ne me dis pas qu'il a fait ça pour tous les serviteurs?

- Pas du tout. Tu es le premier. Généralement il participe à des espèces de fêtes. Enfin...Il ne ramène jamais personne au manoir. Il organise parfois des festivités ou des festins qui restent très correct. C'est pas des orgies où la débauche est reine.»

Francis jeta un coup d'œil inquiet à son fils qui buvait son chocolat. «Fais attention à ce que tu dis, il y a un enfant ici.

- Oui bon, désolé.» grogna Lars, gêné, se servant une nouvelle tasse de thé. «Bref il a une fête à l'extérieur cette semaine. Ce sera à toi de te charger de lui quand il rentrera et de le coucher.»

Francis leva les yeux au ciel, visiblement peu ravi: «Génial. Il est comment quand il est saoul?

- Intenable.» ricana le cuisinier, le sourire aux lèvres «Il dit n'importe quoi, il pleure, il se plaint. Il va sûrement te faire des avances aussi.

- Je pourrais le frapper?

- Non.

- Dommage.»


Francis entra dans la chambre encore sombre et alla vers la fenêtre dont il tira les rideaux, illuminant la pièce. Il remarqua qu'il pleuvait. Il se tourna vers le lit et s'approcha, à pas de loup. Ce fichu noble dormait, son visage était paisible et il souriait dans son sommeil. Il était mignon mais Francis ne s'arrêtait pas aux apparences.

Il toussota, il n'y eu aucune réaction. Il se pencha et pinça le nez de son geôlier. Celui-ci grogna et bougea mais ne se réveilla pas.

«Quel sommeil lourd. Soit ça, soit il était épuisé.»

Que devait-il faire? Le secouer?

Il eut soudainement envie de tirer la couverture et de le faire tomber au sol.

Grommelant il posa une main sur l'épaule du noble et le secoua, le tirant de son sommeil, petit à petit. «Debout.» Aussitôt il s'éloigna, préférant garder ses distances avec l'individu.

Arthur se redressa et s'étira. Il se tourna ensuite vers son valet et fit, amusé «Tu as peur de moi ou quoi?

- Je garde mes distances.

- Quel manque de confiance. Sinon...quel temps fait-il dehors?» demanda-t-il alors qu'il se levait, en pleine forme.

«Il pleut à verse.» grogna Francis avant d'ajouter «Votre petit-déjeuner est servit au salon.

- Très bien.

- ….» Le nouveau venu dans la demeure ne fit pas un mouvement, haussant juste un sourcil.

Après quelques instants, Arthur fit, interrogatif:«…..Qu'attend tu?

- Quoi vous êtes trop manchot pour vous habiller tout seul?»

Le noble le fixa avec les yeux ronds puis éclata de rire, se dirigeant vers sa commode, tout en disant, lui jetant un coup d'œil. «Tu as du caractère toi. J'aime ça.

- Tant mieux pour vous.

- Et ne te gêne pas surtout, profite du spectacle.»

Francis ricana, mais ne répondit pas, détournant le regard. Il n'était pas un pervers et refusait de prendre la perche que lui tendait l'autre. Ce type n'était pas mal mais il ne céderait pas un quelqu'un avec ce genre de caractère.

Kirkland reprit la conversation quelques instants plus tard:«L'uniforme te va bien.» Il eut un regard blasé en réponse mais aucune réponse. Il eut une moue déçue et ajouta, amusé «Bien que j'aurais préféré te voir dans l'uniforme féminin. La jupe t'aurait bien été.

- Pervers.»

L'autre éclata de rire, terminant de s'habiller. Il ouvrit la porte et fit un geste pour inviter son interlocuteur à sortir avant lui. Francis sortit et se dirigea vers la salle à manger, sans un regard en arrière. Il sentait le regard amusé posé sur lui mais fit comme ne rien n'était. Ce type se croyait doué en séduction? Il avait encore pas mal de chemin à faire. Francis n'était pas prêt de lui tomber dans les bras. Pour le moment, ce foutu noble n'avait rien pour lui. Et rien ne donnait envie à l'autre ne serait-ce que le respecter. Sérieusement lui faire sans cesse des avances n'allait rien arranger.


Une fois dans la salle à manger, Arthur s'assit à la table, et Francis lui versa du thé dans sa tasse. Il se recula ensuite, gardant ses distances. Il ne voulait pas donner d'occasion à ce type. Celui-ci semblait indifférent aux pensées de son captif et mordit dans sa brioche. Il reposa celle-ci dans une assiette et fit, calmement «Que faisais-tu chez ton père?»

Étonné par cette question, Francis lui envoya un regard un peu méfiant mais répondit, aussi aimablement que possible «J'étais un enfant illégitime. J'ai eu le droit à une éducation assez riche mais qui n'égalait pas celles des légitimes.»

Et dire que son père n'avait eu que des filles en enfants légitimes. Cela allait poser problème dans son royaume étant donné que seuls les hommes pouvaient hériter du trône.

«Et?

- J'ai appris la diplomatie, l'organisation, les secrets des plantes médicales, l'histoire et la géographie. Je peux aussi gérer une fortune. Je crois que mon père me destinait non pas à la guerre mais à servir l'héritier du trône. En fait, je crois que c'était le destin de presque tous mes frères, sauf Antonio qui a été envoyé en formation militaire. Et Marco qui était chargé du commerce maritime.

- Hum.

- D'accord j'étais chargé de l'organisation des fêtes, de la décoration intérieure et des de l'aménagement des jardins.

- Ce n'est pas si mal.

- Vous trouvez ça drôle hein. De voir qu'un fils illégitime se voit placer à ce genre de poste.

- Pas du tout.» répondit Arthur en buvant une gorgée de thé, tranquillement, sans sourciller. Il attendit quelques secondes avant de continuer «Et toi ça te plaisais?»

Francis haussa un sourcil. On ne lui avait jamais demandé son avis. Heureusement que il avait un sens artistique assez développé et que cela l'amusait. Mais même avec ça, il avait souvent songé à s'enfuir, à être libre de faire ce qu'il voulait. «Oui. J'aime l'art et la fête.»

Arthur hocha la tête, pensif. Il reposa sa tasse et sembla réfléchir quelques instants, comme s'il pesait le pour et le contre. «Hum...Tu sais cuisiner?

- Oui. J'ai appris.» Personne n'en voyait l'intérêt mais il avait voulu apprendre à créer des plats, des pâtisseries. Il était assez doué mais n'avait jamais pu faire partager ce talent avec quelqu'un.

«Tant mieux, à partir de maintenant, tu aideras à la cuisine. De plus tu aideras à prendre soin des enfants, et tout le temps quand je donnerais des congés à Lars et Jolien. Avec tout le travail qu'ils font, je peux leur accorder des joues de repos de temps en temps.

- Et Yao, il ne peux pas s'en charger?

- Yao est mon assistant. Mon second si je puis dire. Et il a une famille nombreuse dont il doit s'occuper. Il rentre chez lui chaque soir.» Arthur n'avait pas levé les yeux et parlait tranquillement, se resservant du thé de lui-même. «Tu dois penser que j'accorde trop de liberté à mes serviteurs? Mais je suis assuré de leur fidélité ainsi. Et maintenant que tu es là, cela me permets de leur accorder plus de libertés.»

Et moi? Pensa Francis, serrant les dents. Qu'en est-il de ma liberté? Il se retint de cracher ce qu'il avait sur le cœur. Il allait dire quelque chose mais l'autre le coupa avant même qu'il n'ouvre la bouche.

«Et tu organiseras les fêtes de je donnerais dans ma maison. Il y en a une bientôt. C'est la fête de l'hiver. Je veux donner une réception. Tu te chargeras de la décoration, du menu et tu aideras aux cuisines.

- Très bien. Mais si je puis me permettre...

- Oui?

- Vous semblez riche. Alors pourquoi n'avez vous que 4 serviteurs? Cinq si vous me comptez. Un cuisinier, une bonne, un cocher, un aide de camps, et puis moi. N'est-ce pas peu?

- Un jardinier aussi mais il est malade en ce moment. Il reviendra dès qu'il sera guéri. Je ne veux pas de gens trop souffrants à proximité de mon fils.» Il termina sa brioche puis se tourna vers son nouveau serviteur, lui lançant un sourire avant de dire «Mais je vois ce que tu veux dire. C'est que nous n'étions que deux, mon fils et moi, avant. Je n'ai donc pas besoin de beaucoup de monde à mon service. Mais je suis content de t'avoir. Jolien commençait à être débordée entre Alfred et le travail de bonne.

- Je vois.

- Je te donnerais rapidement la liste des invités pour la fête. Tu n'auras pas le temps de t'ennuyer, j'en fais souvent.»

Arthur se sentait satisfait. L'autre ne serait pas désœuvré. Il allait pouvoir exercer ses talents et se rendre utile de la meilleure façon. Le noble Kirkland était curieux de voir les capacités de son nouveau serviteur.

«Va dire au cocher que je partirais cet après-midi chez Roderich.» ordonna-t-il en se levant. «Je vais réveiller mon fils moi-même aujourd'hui.» Et il partit de la pièce, laissant l'autre en plan.

Francis se sentit se détendre. Maintenant il se sentait mieux, soulagé. Il était sur ses gardes avec cet homme et ne pouvait pas se calmer tant qu'il était à proximité. Il avait en plus du travail à faire, peut être plus que les autres. Son geôlier voulait le maintenir occupé. Sans doute pour lui couper toute idée de fuite.

Qu'il se rassure à ce sujet.

Comment pourrait-il fuir s'il n'avait aucune idée de l'endroit où il était? Il avait voyagé dans une voiture aux vitres cachées. On les avaient à peine laissé descendre son fils et lui. Et on les avait aspergés d'eau pour les nettoyer à la fin. Sans leur donner quoique ce soit pour les sécher. Le tout associé à des remarques. L'attitude des vainqueurs rendaient certaines personnes détestables. Il avait réussi à préservé son gilet dont il s'était servit pour enveloppé son fils grelottant. Il se demanda si ses frères et sœurs avaient été capturé aussi.

Sans doute, si le royaume était tombé, ils n'allaient pas laisser les possibles héritiers du trône en liberté.

Felicia n'a que deux ans.

Où était-elle?

Il eut envie de demander à ce Kirkland qui devait être assez important s'il pouvait se renseigner aux sujet de sa fratrie. Mais il ne voulait pas lui demander un service. Ni lui être redevable.

Seulement tu ne sauras rien si tu ne demande pas. Fit une voix dans sa tête. Il se crispa et rejeta cette pensée. Il était terriblement inquiet pour sa famille mais ne pouvait rien faire. Et il refusait de demander. L'autre serait capable de demander quelque chose en échange.

Hors de question de céder en quoique ce soit.

Jamais.


Arthur se laissa aller sur le grand canapé, face à Roderich qui était dans son fauteuil. Son hôte lui servit un verre d'alcool et fit «C'est du grand cru venant tout droit du royaume voisin.

- Tu t'es servis généreusement à ce que je vois.

- Pourquoi je me serais gêné? Nous avons envahi ce pays et gagné non?» Il leva son verre comme pour trinquer et but tranquillement.

«Pas faux.

- Je t'en enverrais quelques bouteilles. J'en ai pris trop de toute façon.

- Je te remercie.» Arthur regarda le liquide dans son verre et fit, l'air de rien «Où t'es venu l'idée de m'envoyer ce Francis et son fils?

- C'était plus l'idée de Gilbert à la base. Il disait qu'un mignon petit prince comme ça te plairait» ricana l'homme. Il s'interrompit tandis qu'un serviteur amenait un plateau avec des tasses et des petites pâtisseries.

«En tout cas, je suis ravi par le cadeau.» Sourit Arthur, reposant son verre vide «Il est tout à fait à mon goût. Sauvage et ayant du répondant. Parfait. Et il a un fils du même âge que le mien. Parfait encore une fois.

- Un petit bourgeois voulait prendre l'enfant pour sa femme mais je l'en ai empêcher. Nous prenions en otage les enfants de Aelius. Nous ne volons pas les enfants à leurs parents. Il y a des orphelinats chez nous pour ça.

- Tu as bien fait.

- Gilbert a piqué une crise quand il a vu cet homme attrapant le petit par le bras et disant qu'il serait désormais son père, il a sortit son épée et lui a à moitié arraché son uniforme. Je l'ai mit à pied. Il n'a rien ramené de la campagne et a perdu son grade. J'ai du punir Gilbert aussi.» On sentait toute la satisfaction du seigneur. Il se laissa aller dans son fauteuil et sourit à Arthur qui ricana, imaginant sans peine la scène.

«Que sont devenus les autres?

- Pourquoi cela t'intéresse?» Il haussa un sourcil et eut soudain un rictus narquois «Te serais-tu déjà attaché à ton trophée?

- Simple curiosité.» Et s'il pouvait tirer partie de ces informations, cela serait parfait pour lui. Il n'était pas du genre à faire du chantage mais il pourrait s'amuser à donner ces nouvelles au compte-goutte. Ce serait bien amusant.

«Bien, Francis est le fils d'une favorite. Elle a été répudié pour avoir un amant quelques années après la naissance de son fils. Il n'a aucun espoir d'échoir sur le trône. Il a rencontré une jeune fille nommée Alice et a eu un fils. Cette Alice était pourtant destinée à épouser un des frères de Francis sauf qu'elle s'est enfuie et que personne ne l'a revu depuis.»

Arthur resta silencieux. Cela lui rappelait des choses et il compatissait presque au sort de son prisonnier. Il aurait sûrement été plus heureux en n'étant pas le fils du roi Aelius. Il n'était pas fait pour être prince.

«Sinon le roi a eu d'autres maîtresses. Il a eu un fils nommé Gupta. Celui-ci était enfermé avec les archives du royaumes et a hurlé qu'il tuerait celui-ci qui tenterait de brûler une seule feuille.

- Qu'est-ce que vous avez fait de lui?

- Il a été capturé. Il a à peu près le même âge que Francis. C'est Sadiq qui l'a prit en charge.

- Hum.» Arthur ne connaissait pas très bien cet homme. Mais il avait entendu dire qu'il était riche et influent. Et qu'il tenait un grand centre de cure thermale. On venait de royaumes voisins pour se faire soigner chez lui.

«Sadiq a aussi emmené un autre fils illégitime de Aelius, un dénommé Heraclès. Il protégeait les servantes des soldats. Il était apparemment le chef des gardes.»

Alors certain de ces enfants illégitime avait eu une formation militaire. Mais ils étaient bien tous au service du pouvoir, pas un n'avait la place de prince officiellement. Arthur hocha la tête.

Son hôte reprit, d'une même voix tranquille«Ensuite...

- Mais il en a combien comme ça?

- C'est presque fini. Alors je disais donc...il y avait également un jeune homme qui semble être l'aîné et qui se nomme Antonio. Lui il est au château, vu son statut de premier né, même illégitime et de commandant. Il était dans l'armée. Il est le plus dangereux selon notre général. Vu que Aelius n'a eu que des filles de son mariage officiel et que une loi de ce royaume rend impossible la succession de père à fille, c'est cet Antonio qui semblait être désigné, même si rien ne le prouve.» Roderich s'interrompit pour mordre dans un gâteau, tandis que Arthur restait pensif, songeant à ce qu'il venait d'apprendre.

«Et ensuite?

- Pour les enfants illégitimes, il reste un garçon nommé Marco. Il était dans la marine marchande. Il s'occupait de convoyer les navires de commerce. Lui il a eu de la chance. Il était marié à une fille de notre pays. Il est donc ici en résidence surveillée. S'il fait des vagues, il sera enfermé comme son aîné.»

Arthur hocha la tête «Et pour ce qui est des enfants légitimes?

- Il y a une fille de 12 ans nommé Lovina. C'est elle qui a été désignée, par nos soins, héritière du trône à sa majorité. On a fait annuler la loi qui interdisait aux filles d'hériter de la couronne. Elle est sous tutelle d'un conseil formé de gens de chez nous. Plus quelques nobles de son royaume, qui nous sont fidèles, pour faire mieux passer la chose.

- Donc c'est la seule à être restée dans son pays? Tous les autres sont ici?

- Oui. Et j'ai pris en charge la dernière. Une petite fille nommé Felicia. Elle a deux ans.

- Mais je te le redemande, pourquoi moi? Ce n'est pas que je n'apprécie pas le cadeau. Au contraire.

- Gilbert pensait qu'il te plairait, tout simplement. Tu semble t'ennuyer un peu trop depuis l'affaire avec ta femme. Tu as accumulé les conquêtes. On se disait qu'un beau jeune homme...de ton âge serait intéressant pour toi. Elizabeta est d'accord avec ça, elle dit qu'avoir un bel éphèbe à ton service serait un plaisir pour toi.»

Arthur grogna et fit «Ton fichu amant...et ta femme se mêlent un peu trop de mes affaires.

- J'en conclus que tu apprécie l'attention.» ricana Roderich. Il se laissa aller une nouvelle fois dans son fauteuil, posant un œil narquois sur son ami qui fronça les sourcils, l'air agacé.

«Je suis un peu trop séducteur, c'est ça que tu veux dire?

- Je ne suis pas certain que participer à tes orgie te feront oublier Amélia. Elle ne mérite pas que tu te morfonde et que tu gâche ta jeunesse à collectionner tes amants et amantes. Tu vas finir par semer des bâtards un peu partout et tu auras des ennuis.

- J'ai rayé cette garce de ma vie.

- Tu as besoin de te trouver un amant ou une amante stable.

- Ben voyons. C'est le type qui fait ménage à trois qui me dit ça?

- Jaloux?

- Pas du tout. Je suis parfaitement heureux comme je suis. Cependant tu as raison. Il me plaît et je compte bien en profiter. Je me demande juste combien de temps il va me résister.

- Tu vas jouer? D'habitude en une soirée ils te tombent dans les bras. Je m'étonne que tu n'ai pas encore sortit le grand jeu.

- Ce n'est pas n'importe qui. Et efface ce sourire de ton visage. Ça ne m'empêchera pas de m'amuser pendant les fêtes.

- Bien entendu.

- Tu doutes? Ne me dis pas que tu m'a envoyé Francis dans l'espoir que nous tombions amoureux? Ce genre de sentimentalisme ne te ressemble pas. Et ce n'est certainement pas pour moi non plus. Moi? Trouver quelqu'un? Je ne tiens pas à revivre l'expérience que j'ai connu avec Amélia. Et ce ne serait pas idéal avec Alfred. Ne me fais pas ce truc Rody. Tu ne pense quand même pas que je vais me ranger aussi facilement?

- Pas vraiment non. Mais par contre je pense qu'il pourrait te donner beaucoup et te comprendre mieux que quiconque.» Il haussa les épaules «Encore un petit verre?

- Avec plaisir» sourit Arthur. Il ajouta, regardant son interlocuteur droit dans les yeux «Je n'ai pas besoin de réconfort. Je ne veux plus de sentimentalisme. Juste du plaisir.

- Quand tu auras des ennuis pour avoir semer une descendance un peu partout dans le pays, tu me rediras ça en face. Je rirais bien quand ça arrivera.

- Haha...» L'autre leva les yeux au ciel. «Tu peux parler, tu n'a toujours pas réussi à avoir d'enfant avec Elizaveta.

- Touché.» Il fit tourner le vin dans son verre et ajouta «Pour le moment, le petit frère de Gilbert et maintenant Felicia me suffisent.»


Francis se réveilla ce matin-là avec la même impression de malaise. Il n'était pas chez lui. Il allait pourtant devoir s'habituer à cet endroit car il n'était pas prêt de rentrer dans son pays. Soupirant il s'assit au bord du lit et regarda la chambre, encore sombre et silencieuse, éclairée juste par la lumière du jour. Matthieu dormait paisiblement, presque roulé en boule comme un chaton.

Soudain Francis remarqua un bouquet de fleurs sur la petite table entre les lits. Il connaissait ces fleurs, il y en avait chez lui. C'était des roses blanche avec un cœur rose en leur centre et qui avaient la même odeur que les lys. Elles ne poussaient qu'en hiver.

«Elles sont magnifiques.»

Soudain il secoua la tête.

Ce noble était sérieux? Il allait vraiment tenter de le séduire en lui offrant des fleurs? Il le prenait pour qui au juste?

Il ne put s'empêcher de prendre une fleur et de sentir l'odeur avec un léger sourire. Il aimait vraiment cette plante. Il regarda autour de lui. Les étagères étaient toujours vides, le petit bureau également, la commode et le coffre aussi sans doute.

Il ne baisserait pas sa garde pour quelques cadeaux. Il n'était pas quelqu'un de facile.

Même si un peu de gentillesse lui mettait du baume au cœur.

Ce n'était pas de la bonté réelle, l'autre avait une idée précise en tête.

La journée passa relativement de la même façon que la précédente. Francis aida aux cuisines et servit le noble dans la salle à manger, ne répondant pas aux perches que l'autre lui tendait mais donnant des réponses à ses questions.

«Un tailleur viendra ces après-midi. Ton fils et toi avaient besoin de vêtements.»

Francis le remercia du bout des lèvres, se sentant toutefois soulagé de ne pas avoir à mendier des vêtements. C'était comme si l'autre devinait ses besoins. Mais peut-être cela était-il évident.


Francis attendait que ce fichu Kirkland revienne de sa fichue fête. Il était fatigué et ne rêvait que d'une chose: son lit. Le manoir était silencieux. Il était tard. Et personne d'autre n'était présent. Il allait devoir se charger seul de ce stupide noble.

«Pourquoi je dois attendre que ce type revienne de sa fichu fête? Il sera certainement saoul, et va être insupportable. Il va sans doute me faire à nouveau des avances.»

Pas que ça changeait de d'habitude. Il serait sûrement pire.

Il entendit des bruits à l'extérieur et grogna. «Ho joie. Le voilà.» Il vit la porte s'ouvrir et la silhouette de Arthur, escorté par le cocher. Celui-ci lui fit un signe de tête et lui lança «A toi maintenant.» Avant de partir.

Le noble vacilla et tomba, s'accrochant à Francis qui soupira. Il passa un bras autour de ses épaules et le traîna vers sa chambre.

«Tu sens bon tu sais?»

Il préféra ignorer les paroles de son interlocuteur. Vraiment ça valait mieux de les ignorer.

«Tu as de beaux cheveux. Ils sentent le lys, c'est ça?» ronronna l'autre, se frottant à lui tout en marchant.

Francis fut tenté de le laisser finir sa nuit au milieu du couloir, à plat ventre. Mais ça risquait de lui retomber dessus. Il ouvrit donc la porte de la chambre et le traîna jusqu'au lit, où il s'employa à lui enlever sa veste.

«Ho quel impatience.

- Ne rêvez pas non plus.»

L'autre eut un moue boudeuse d'enfant qui n'avait pas ce qu'il voulait et se laissa déshabiller sans trop râler. Cependant il enlaça Francis en disant «Reste avec moiiii.»

Soupirant, le serviteur se dégagea, le poussant sur le lit et le bordant. Il se sentait blasé face à la situation. Il espérait ne pas avoir à faire ça trop souvent aussi. Il avait également l'impression que ça pouvait être pire que ça.

Soudain Arthur attrape son bras et s'y agrippa de ses deux mains et disant, d'une voix pâteuse.«Mon lit est assez grand pour deux.

- Et bien vous y resterez seul. Vous devez avoir l'habitude.» Fit froidement l'autre, profitant de l'état de son interlocuteur pour l'envoyer sur les roses plus sèchement.

«Méchant.» fit l'autre avec une moue boudeuse, détournant la tête pour ne plus croiser son regard.

Francis soupira et se redressa, s'apprêtant à quitter la pièce. Il craignit que l'autre le retienne ou quelque chose comme ça. Mais rien ne se produisit. Ravi il alla fermer les rideaux, et prit le chandelier pour sortir. Il était ravi de sortir de cette chambre qui pourrait vite devenir un piège si l'autre était plus agité. Heureusement qu'il semblait plus écroulé qu'autre chose ce soir.

Arthur se fit entendre une nouvelle fois:«Tu ne veux vraiment pas rester avec moi?

- Non.» fit sèchement Francis, préférant ne pas se retourner. Nul doute que l'autre le regardait avec un air affamé, comme tout à l'heure.

Il arriva dans le couloir et soupira de soulagement. C'était fini. Il allait avoir la paix. L'autre allait cuver son vin loin de lui et tout irait pour le mieux. Ce serait pour le mieux. Francis n'aimait pas l'attitude perverse que l'autre avait une fois ivre. Il espérait que ça n'arriverait pas souvent. L'autre pourrait finir par utiliser la force pour le faire tomber dans ses draps. Il n'avait pas envie que cela arrive. Il tenait à rester loin de cet homme. Il ne lui céderait pas. Jamais. Il était trop fier pour ça. Et il refusait d'être juste un fantasme que l'on jette après utilisation. Il avait eu des relations, parfois d'un soir, mais il ne voulait pas être l'objet d'un caprice.

Il alla à sa chambre, épuisé. Il s'assit sur son lit, regardant rapidement son fils endormi et enlevant sa veste d'uniforme, baillant. Dire qu'il devait se lever tôt le matin. Et aller réveiller cet idiot.

Demain allait être une longue journée.

Il allait devoir supporter un homme avec la gueule de bois. Et il ne savait pas comment le noble était dans cet état. Ça ne lui plaisait qu'à moitié. Même si les joutes verbales avec cet Arthur l'amusait, il n'était pas certain de pouvoir le repousser éternellement. Un jour ou l'autre, ce type passerait à la vitesse supérieure et arriverait à ses fins. Il pourrait finir par en arriver à lui faire du chantage. S'il en avait assez de se faire repousser. Comment faire dans ce cas? Il était coincé. Peut-être était-il plus raisonnable de céder? Il repoussa cette idée. Il avait trop de fierté pour ça. Ce type ne l'aurait pas aussi facilement, ne l'aurait pas tout court. Et s'il utilisait le chantage, c'est qu'il était bien pitoyable. Et il pourrait le mépriser encore plus. Car pour le moment, mis à part des avances, il n'avait rien à lui reprocher de particulier. Il était beau, riche et intelligent. Mais Francis refusait d'être l'objet d'un simple caprice. Il n'était pas un jouet.


Les jours qui suivirent, il remarqua de plus en plus de cadeaux. Des livres arrivèrent dans les étagères, des jouets dans le coffre, les vêtements arrivèrent à leur tour. Dès que les fleurs étaient fanés, il y en avait d'autres.

Et ce Kirkland n'y faisait jamais allusion. Il se comportait normalement, le taquinant et lui tendant quelques perches mais sans rien tenter de plus.

Francis commençait à se dire qu'il n'était pas si horrible que ça, que la vie pourrait être agréable ici tant que ce style de vie continuerait.

Et la date de la fête approchait.

Il craignait toujours d'être séparé de son fils, que cet Arthur se débarrasse de lui à la moindre faute grave.

Il n'avait pas le droit à l'erreur.


A Suivre