Disclaimer: Hetalia ne m'appartient pas.
Personnages: Francis, Arthur essentiellement. D'autres personnages présents (Yao, Matthew, Alfred, ect...)
Parings: Fruk (ça commence enfin)
Genre: Romance
Rating: T
Partie III
Ce matin-là, Francis se réveilla en entendant son fils pleurer. Il se redressa d'un coup et regarda le lit voisin. Le petit était assis et gémissait. «Papa papa.»
Le concerné se leva d'un coup et se précipita vers son enfant, le prenant dans ses bras pour le consoler. «Qu'est-ce qu'il...» L'enfant était brûlant et toussait dans ses larmes. Il était malade. Et avait sans doute besoin d'un médecin.
Le petit s'agrippa à la chemise de son père et enfoui son visage dans le cou de l'adulte, cherchant du réconfort.
Francis le consola pendant quelques instants puis le recoucha sur le lit, le bordant. «Tu vas rester sous la couette d'accord?» Il était à ce moment heureux que son fils soit sage et obéissant. Un enfant énergique ne tiendrait pas sous la couverture sans bouger.
«J'ai mal quand je tousse papa.» Il regarda son père avec désespoir, espérant que son papa trouve une solution pour l'aider.
«Je vais demander à monsieur Kirkland d'appeler un médecin d'accord? Reste sagement ici. Je reviens aussi vite que possible.» fit doucement Francis, inquiet. Il fallait qu'il demande service à ce type. Il espérait que l'autre n'en profiterait pas pour demander quelque chose en retour.
«Tu crois que Alfred est malade aussi?» fit soudain timidement Matthieu, niché sous les draps, un peu inquiet pour son ami.
«Non je ne pense pas...enfin j'irais voir après. Mais tu dois rester au lit, tu ne pourras pas jouer avec lui.» Cependant si les deux enfants passaient tout leur temps ensemble, il y avait de fortes chances pour que le fils du noble soit malade aussi. Quand à savoir qui l'avait passé à l'autre, personne ne pouvait le savoir.
L'enfant ouvrit de grands yeux indignés «Pourquoi? Je suis puni?»
Francis eut un sourire et caressa les cheveux de son fils, disant doucement «Non mais il pourrait être malade en jouant avec toi. Et tu serais encore plus malade si tu sors du lit.
«Je veux pas qu'il soit malade...» fit le petit avec de grands yeux, effrayé. Il aimait son ami et ne voulait pas qu'il reste au lit tout le temps. Alfred n'aimerait pas ça. Et ferait des bêtises. «Mais...et toi? Tu vas pas être malade hein?
- Ne t'inquiètes pas.» rassura le père du petit, se relevant et souriant à son fils. Il fallait maintenant qu'il aille quérir un médecin et rapidement. Enfin qu'il aille demander à ce foutu Kirkland de faire venir un médecin et de vérifier que son fils ne soit pas malade.
L'enfant parût rassuré «Je...
- Ça se guérit très bien mon ange, n'ai pas peur.» Il alla vers la porte et fit, se retournant une dernière fois «Je vais voir monsieur Kirkland, sois sage et ne sors pas du lit.»
Francis marchait à pas vif dans les couloirs, inquiet pour son enfant. Il entra dans la chambre du noble sans frapper. Et alla ouvrir grands les rideaux. Il alla ensuite vers le lit et hésita. Il ne fallait pas le mettre de mauvaise humeur. Il pourrait alors refuser d'agir. Une petite voix lui dit que c'était peu probable qu'il refuse ou demande quoique ce soit. Au contraire, il allait tenter de gagner des points à son égard pour tenter de le séduire.
Cet homme n'avait pas un mauvais fond.
Regardant le visage endormi, il eut une hésitation puis le secoua pour le réveiller. Il s'y prit pendant quelques minutes puis fit «Kirkland. Réveillez vous.» Il ne voulait pas l'appeler ''maître'', ça c'était hors de question. Il pouvait l'appeler monsieur aussi. «Debout.»
Les yeux verts s'ouvrirent et le regard du maître se posa sur lit, encore un peu endormi. Il se redressa en position assise, se passant une main dans les cheveux. Francis remarqua alors qu'il était torse nu. Et détourna la tête, gêné. Il n'allait pas mâter ce dépravé. Celui-ci eut un sourire narquois et fit «La vue te plaît?
- Vous ne pouvez pas être sérieux pour une fois?» Francis se reprit et lança, croisant les bras, regardant son maître (mais il ne le reconnaîtrait jamais comme tel) dans les yeux. «J'ai besoin que vous fassiez venir un médecin. Mon fils est malade.
- Ha? Très bien. Vas aux cuisines et demande à Lars d'y aller. Et prépare le petit déjeuner.» Arthur alla vers son dressing et sortit une chemise blanche qu'il enfila. Il se retourna légèrement quand son serviteur sortit de la pièce.
«Qu'il ne vienne pas me traiter de tyran après ça.»
Il sortit de sa chambre, terminant de mettre sa veste. Il alla vers la chambre de son fils. Puisqu'ils passaient tout leur temps ensemble, l'un des deux avait peut-être contaminer l'autre. Il entra dans la pièce sombre et alla ouvrir les rideaux, dévoilant une vue sur le jardin, sous un ciel de neige. Puis il alla vers le lit et s'assit sur le bord. Il tendit une main et caressa la joue de son fils, disant à voix douce «Alfred? Réveilles toi mon cœur.»
Ils étaient seuls, il pouvait bien montrer son côté doux et tendre. Alfred était la plus belle chose qui lui soit arrivé, la personne la plus importante pour lui, son précieux fils. Quand il s'était retrouvé seul, après avoir chassé Amélia, ça avait été dur. Mais le petit n'avait pas souffert, gâté par son père et était devenu un petit garçon énergique et curieux, gentil et câlin. Arthur était fier de lui. Et il lui semblait que son fils devenait moins turbulent depuis que le petit Matthieu était là. Tout allait bien. Cependant il préférait ne pas dévoiler quoique ce soit à son enfant. Il ne fallait pas que Alfred pense que son compagnon de jeu soit son serviteur.
«Alfred?»
Le petit grogna et s'agita dans son lit, ouvrant ses yeux bleus. Voyant Arthur, il se redressa, se mit debout sur le lit et passa ses petits bras autour du cou de son père.
«Papa.»
C'était si rare qu'il vienne lui-même le réveiller. D'habitude c'était Jolien. Savourant ce moment si précieux le petit fit un gros câlin à son père.
Arthur passa la main sur le front de son fils et fut soulagé de voir qu'il n'avait pas de température.
Le petit le regarda, curieux «Pourquoi tu fais ça? Je suis pas malade.
- Matthieu l'est je regardais si tu l'étais aussi.» expliqua le noble, prenant son fils sur ses genoux, et regardant autour de lui pour chercher la petite robe de chambre du petit. Il était hors de question qu'il se balade en pyjama dans les couloirs.
Alfred ouvrit de grands yeux inquiets. «Il va bien.» il aimait beaucoup son ami et ne voulait pas qu'il soit seul ou triste. Et penser qu'il était malade lui faisait peur. Il n'aimait pas être malade. Alors son ami ne devait pas être heureux non plus.
«Il va juste devoir rester au chaud un peu. Tu vas jouer sagement tout seul.» Devant l'air déçu du petit, il ajouta, tendrement. «Je passerais plus de temps avec toi, j'ai moins de travail ces temps-ci.»
L'enfant eut l'air fou de joie, et frappa dans ses mains «Promis?
- Oui. Promis.»
Arthur termina d'habiller son fils et alla dans la salle à manger où un bon feu brûlait dans la cheminée, et il assit son fils dans son siège. Il se laissa aller dans son fauteuil et attendit que son nouveau serviteur apporte le repas. Il n'aurait qu'à achever ce que Lars avait commencé. Cela ne devrait pas être long.
Francis arriva dans la pièce et posa une assiette préparée devant le petit. «Mangez doucement monsieur.»
L'enfant eut une moue agacée mais n'osa rien dire devant son père. Il prit sa fourchette et la planta dans un morceau.
Arthur regarda son serviteur et celui-ci lui rendit son regard avant de dire «Lars est partit. Il a dit qu'il ferait au plus vite.» Il posa le plat devant le noble et se recula, allant vers le plateau pour prendre les bols et les poser devant leur destinataires.
«Très bien.» Il mordit dans un toast et fit, changeant de sujet «Et tu as commencé à prévoir des choses pour la fête?»
Francis se crispa et hocha la tête, mal à l'aise «Oui monsieur. J'ai commencé à faire des listes. J'ai presque fini la décoration.
- Très bien. Tu m'apportera la liste quand elle sera finie, même chose pour le menu.» Arthur prit une gorgée de thé, tranquillement, sans se préoccuper du reste.
Alfred cessa de manger «Une fête?
- Oui. Mais tu seras couché.»
L'enfant eut une moue boudeuse, et continua à manger. Arthur se tourna vers son serviteur et fit, dans un sourire «Je te laisse ta journée pour t'occuper de ton fils, et réfléchir pour la fête.»
Francis haussa un sourcil. Il cherchait l'entourloupe mais tout semblait indiquer une bonne intention. Il se laissa aller un faire un léger sourire, plus calme que avant. Après tout, il devait arrêter de penser que ce type avait des projets cachés tout le temps et croire les autres serviteurs quand ils disaient que il avait un bon fond.
«Tu peux me raconter une histoire?» fit une petite voix derrière lui. Il se retourna et tomba sur un enfant d'environ 4 ans, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, habillé d'un ensemble blanc. Il avait un livre sous le bras et ses cheveux étaient ébouriffés.
Que faisait-il debout dans le couloir ?
«Vous ne deviez pas être là Alfred. Vous allez attrapez froid.»
L'enfant gonfla les joues et fit, agacé «Ne me dis pas vous.» Il tendit le livre qu'il tenait «Lis moi cette histoire.» Il semblait savoir ce qu'il voulait. Et avait du chercher Jolien dans les couloirs sans la trouver. Il s'était donc reporté sur le premier venu dans la maisonnée. Il semblait trop en forme pour l'heure de la sieste toutefois. Il devait être difficile à endormir.
Francis soupira. Il savait qu'il devait s'occuper du petit quand Jolien ne le pouvait pas, mais n'en avait jamais vraiment eu l'occasion jusqu'à maintenant. Il fallait bien un début à tout. Et s'il était amené à jouer la nourrice, il fallait mieux s'y mettre dès maintenant.
«D'accord mais retournes dans ta chambre.»
Le petit sourit, l'air ravi et tourna les talons, trottant vers une porte, un peu plus loin. Il entra dans la pièce et dit «C'est ici.»
Francis entra dans la grande chambre, agréablement décorée, pleine de jouets. Il regarda l'enfant qui remontait sur le grand lit et qui se glissait sous les couvertures. Il s'assit sur la chaise à côté du meuble et ouvrit le livre. Et là un sourire se dessina sur ses lèvres, il connaissait cette histoire, elle existait chez lui aussi. «Je la connais, je la raconte parfois à mon fils.»
Alfred ouvrit de grand yeux «Tu es le papa de Mattie?
- Oui. On a été présenté quand tu as rencontré Matthieu, tu ne te souviens pas?
- Non.» fit Alfred, après un temps d'hésitation. «J'aimerais avoir un petit frère aussi mais papa dit que c'est pas possible.» Il semblait attristé de cet état de fait mais bien rapidement il se reprit. Il tapa dans ses mains «Raconte.»
Francis eut un sourire et commença à raconter l'histoire, il faisait de son mieux pour le faire le mieux possible, faisant les voix comme il pouvait, faisant rire l'enfant plus d'une fois. Alfred était un bon public, il semblait passionné. L'histoire fut vite fini et le petit ne dormait pas. Il se redressa et fit «Tu raconte mieux que Jolien. Papa me les lit comme ça lui aussi.
- Il s'occupe de toi souvent?»
Alfred eut une petite moue et secoua la tête «Quand il a le temps. Il a toujours du...travail. Les serviteurs ne savent pas jouer.» Il reprit avec le sourire «Mais maintenant, Mattie est là! C'est comme si j'avais un petit frère!»
Francis eut un pincement au cœur. Lui n'avait jamais connu ça, ayant eu des compagnons de jeux toute son enfance. Ses frères et des enfants de nobles, souvent ceux des courtisans. Ses frères avaient toujours été là pour s'amuser avec lui. Il n'avait jamais vraiment été seul. C'était bien que Alfred s'attache à Matthieu, sans se préoccuper de leur différence de classe. Cela lui viendrait déjà bien assez tôt. Pour le moment ils étaient comme deux frères, autant garder cela intact. «Je peux jouer avec toi moi aussi si tu veux.»
Alfred sembla s'illuminer et fit «Ce serait super, les serviteurs me disent toujours ''vous'' et ne savent pas jouer. Ils me laissent toujours gagner.»
Il sauta du lit et sortit les jouets d'un coffre. C'était des petits soldats de bois peints. «Papa me les a fait lui-même.» fit-il avec fierté.
Francis s'assit en tailleur face à lui et écouta le petit qui babillait, expliquant ce qu'il devait faire. Autant le laisser jouer un peu s'il ne parvenait pas à dormir. Ça viendrait peut-être d'ici peu de temps. Il joua avec l'enfant, s'amusant un peu. Il jouait souvent avec Matthieu donc savait parfaitement comment faire. Il prenait souvent soin de sa fratrie avant. Son père lui avait dit qu'il était doué pour faire ça. Peut-être que c'était vrai mais Alfred semblait bien s'amuser. Il avait un sourire rayonnant.
Il décida de laisser gagner son adversaire, mais sans paraître perdre exprès. Le petit parût ravi de remporter la victoire et sauta de joie «Je suis le meilleur.
- Bravo.» fit Francis, se prenant au jeu «Ton armée a été la plus forte et tu as sauvé ton pays.
- Je suis un héros.» chantonna le petit, un large sourire aux lèvres. Il tournoya joyeusement dans sa chambre en riant, et revint s'asseoir devant le plus vieux. «Je m'amuse bien avec toi. Tu es là depuis quand?
- Je suis arrivé en même temps que Matthieu puisque je suis son papa...» Il ne sut quoi dire et finit par dire une semi-vérité «Je m'appelle Francis. Je travaille pour ton père.» Il fallait mieux que l'enfant ne sache pas qu'il était un prisonnier, un otage, presque un esclave. Autant garder intact pour le moment son affection pour Matthieu. Leur relation était adorable, il ne fallait pas qu'ils tombent dans un schéma maître-serviteur. Son fils ne comprendrait pas.
«C'est normal ici de travailler pour papa.» répondit Alfred, haussant les sourcils. «Mais tu dois le voir plus souvent que moi.» fit-il d'un ton morne. Il ne semblait plus aussi joyeux soudainement.
«Je suis sûr que non. Ton papa doit passer du temps avec toi. Il t'aime non?
- Il travaille tout le temps.» répliqua le petit, gonflant ses joues. Il semblait en vouloir un peu à son père. «Il travaille toujours.»
Francis voyait d'où venait le ressentiment et s'empressa de dire «Peut-être que tu devrais lui demander. Va le voir, fais lui un câlin et demande lui de venir jouer.
- Je le fais déjà. Il n'a jamais le temps» grogna le petit, croisant les bras. «Je ne ferais pas la sieste si il ne vient pas me raconter une histoire lui-même.» Il bailla et se frotta les yeux «Je ne suis pas fatigué.»
Francis en doutait mais ne savait pas quoi dire pour faire changer d'avis Alfred. Le forcer à se coucher ne changerait rien, il serait encore plus agité. «Écoute je vais parler à ton papa, d'accord?»
L'enfant le regarda, avec curiosité et fit «Tu vas lui dire de jouer avec moi?
- Oui. Et toi de ton côté, tu devrais lui faire un beau dessin pour lui dire que tu l'aime.» encouragea le plus vieux, espérant que son idée marcherait. «Et après lui avoir offert le dessin, redemande lui de jouer avec toi.» Il fallait sans doute mettre ce fichu noble dans de bonnes conditions pour le faire obtempérer.
«Bonne idée.» enthousiasmante le plus jeune, prêt à aller chercher ses crayons. Il bailla à nouveau et ses yeux se fermèrent à moitié.
«Mais tu vas aller faire ta sieste.» fit Francis, prenant le petit dans ses bras pour le border. Il lui chantonna ensuite une berceuse de son pays, faisant sombrer le petit noble au pays des rêves.
Il se releva et quitta la chambre, retournant dans la sienne. Il espérait que ce Kirkland allait tomber dans le ''piège'' tendu par son fils et qu'il allait passer du temps avec lui. L'enfant ne demandait pas grand chose après tout.
Arthur s'étira, repoussant les papiers qui s'étalaient sur son bureau. Il était fatigué mais il restait au moins une bonne heure avant de se préparer pour le souper et il était bien décidé à boucler ce qu'il devait faire pour pouvoir s'accorder une soirée tranquille. Il n'aurait pas de nuit de plaisir ce soir (ce Francis était décidément une proie délicieuse à chasser). Il allait se repencher dessus quand une petite voix le sortit de ses pensées.
«Papa?»
Son fils se tenait debout dans l'encadrement de la porte et le fixait de ses grands yeux bleus. Arthur fut surpris de le voir mais sourit. «Alfred. Viens ici.» Il fronça les sourcils et fit, sévèrement «Tu te promènes en pyjama? Il fait froid dans les couloirs, tu devrais mettre une robe de chambre.»
L'enfant trottina jusqu'à la chaise de son père, tenant quelque chose dans ses mains. Il tendit les bras et Arthur ne résista pas, le prenant sur ses genoux.
«Alors qu'as-tu fais de beau aujourd'hui?
- Je me suis bien amusé.» répondit le plus jeune, tapant dans ses mains, joyeux. «J'ai pu joué avec mes petits soldats de bois avec un serviteur qui savait jouer. C'était amusant.»
Arthur eut un sourire et fit «Tu n'as pas fait de problèmes pour ta sieste j'espère?» il avait entendu que l'enfant était infernal et refusait de s'endormir, faisant le difficile et voulant toujours faire autre chose que dormir, épuisant Jolien. Une fois il avait même fuit, allant se cacher dans la cuisine. On l'avait retrouvé endormi dans un placard après des heures à le chercher partout.
«Je l'ai faite.» fit fièrement le petit, ravi. «On m'a lu une histoire, j'ai joué puis j'ai dormi. On m'a même chanté une jolie chanson.» Il ne se souvenait pas des paroles mais il avait aimé l'air.
Arthur haussa un sourcil et fit «Qui as fait ça?
- Ton nouveau serviteur.»
Le noble plissa les yeux et fit «Francis?
- Mais tu le sais bien, celui qui est tout gentil. Le papa de Mattie.
- Oui c'est bien ce que je dis. C'est Francis.
- Ha d'accord.» Alfred tendit alors le dessin qu'il tenait à la main «C'est pour toi papa.»
Le noble prit le papier et le regarda. C'était lui et Alfred, dessinés à côté du manoir. Il eut un sourire attendri et fit: «C'est très joli.» Il s'aperçut qu'il y avait deux autres personnes et demanda «Et là, c'est qui?
- Mattie et son papa.» répondit l'enfant, fièrement. Il espérait que ces deux-là resteraient longtemps. Matthieu était un merveilleux compagnon de jeu et son père racontait vraiment bien les histoires.
Arthur eut un petit rire. Visiblement son fils aussi voulait qu'ils restent longtemps. «C'est très joli mon trésor. Merci» Il lui fit un bisou sur le front et lui ébouriffa les cheveux. Il l'avait négligé ces derniers temps et était bien décidé à corriger cela.
Son fils eut le regard brillant et fit, plein d'espoir «Dis papa?
- Oui?
- Tu veux bien venir jouer avec moi?»
Arthur eut une hésitation. Il avait du travail mais devant le regard suppliant de son fils hocha la tête, acceptant de lui céder un peu de son temps. Il posa l'enfant au sol et lui emboîta le pas. Après tout, il pourrait travailler sur ses papiers après le dîner, rien ne pressait.
«Mattie est toujours malade?
- Oui mon chéri. Il a une grippe. Tu dois attendre quelques jours.
- Mais c'est long.
- Et si tu faisais un beau dessin pour Matthieu? Je suis certain qu'il serait content.»
Alfred réfléchit et fit, hochant la tête «Oui. Et je vais lui donner un jouet. Comme ça il seras pas tout seul.»
Arthur sourit tendrement, son fils avait vraiment un cœur en or. Il espérait qu'il reste comme ça longtemps. Et que cette générosité reste également.
Francis avait vu que ce foutu noble n'était pas dans sa chambre. Où était-il donc? Il le chercha dans toutes les pièces avant de s'approcher de celle d'Alfred. La porte était entrouverte. A l'intérieur, tout était sombre, les rideaux de la fenêtre étaient ouverts et il vit que la neige avait commencé à tomber.
Il vit alors son employeur, à genoux près du lit de son fils, la tête dans les bras, endormi. Il avait du rester au chevet de son enfant et s'était assoupi.
Francis eut une hésitation. Devait-il le réveiller? Mais il risquait de réveiller le petit. Délicatement, il défit la légère prise de la main de Kirkland sur celle d'Alfred. Puis il souleva son geôlier dans ses bras, l'emmenant vers sa chambre avec délicatesse. Il referma la porte de la chambre derrière lui et le porte jusqu'à la chambre du noble.
Il le posa sur le lit. Et prit une grande inspiration «Je vais quand même pas le déshabiller quand même?» Il baissa les yeux sur le visage paisible de l'homme endormi. Il tendit lentement une main hésitante et écarta une mèche blonde du front de Kirkland. «Bon faut pas m'en demander trop non plus, je vais le laisser comme ça.» Il rabattit la couverture sur son employeur.
Il retourna vers la chambre qu'il partageait avec son fils et y entra. Il vit le petit dormir paisiblement sous sa couverture, même si sa respiration était un peu sifflante. Il serrait son ours en peluche contre lui et trois petits jouets en bois peints étaient posés sur la table de nuit. Et un dessin était posé au dessous. L'image représentait les deux enfants dans un jardin de fleurs. Des cadeaux d'Alfred. Francis espéra que le petit ne deviendrait pas un homme froid et distant, qui collectionnerait les conquêtes...mais il était probable qu'il devienne comme son père.
Même si ce Kirkland n'était pas si terrible que ça.
Il ne l'avait pas forcé à faire quoique soit.
Il avait fait venir un médecin pour son fils, lui avait donné sa journée pour s'occuper de lui.
Peut-être avait-il des intentions cachées derrière sa générosité. Mais peut-être Francis était-il trop méfiant. Peut-être l'homme était-il tout à fait généreux et compréhensif?
«Peut-être devrais-je me détendre.»
Après tout cet homme aurait pu le forcer, lui faire du chantage, lui prendre son fils...mais au lieu de ça, il lui donnait un travail et le payait, il lui donnait une chambre et des repas. Et semblait lui faire confiance pour préparer des fêtes ou même prendre soin de son fils.
Il lui parlait de façon correcte, parfois avec le sourire. D'ailleurs il était beau quand il souriait. Francis se flanqua une baffe mentale quand il pensa ça. Ce n'était pas le moment. Peut-être que s'il était libre, il n'aurait pas dit non à une aventure avec un type pareil mais pas dans ces conditions.
Il était là pour un bon moment. Il devait s'habituer à la situation et se satisfaire de son sort. L'autre ne le forcerait sûrement pas à faire quelque chose avec lui. Il n'avait qu'à repousser ses tentatives de séduction. En espérant que l'autre ne perde pas patience et ne fasse rien de mal.
«Ça pourrait être pire...»
Francis posa les yeux sur les feuilles qui étaient sur le petit bureau. Des croquis et des listes y étaient disposés. Il avait fini mais il fallait encore que l'autre accepte tout ça...sinon il serait bon pour recommencer.
Il retira sa veste et alla s'allonger sur son lit, pensif. Il entendait le vent qui soufflait dehors. Il allait faire froid le lendemain avec la neige qui tombait. Il ne neigeait pas souvent chez lui, son pays étant situé plus au sud. Il aimait pourtant ça. Quand il était petit, il avait fait, de temps à autre, des voyages vers le nord du pays, près de la frontière. C'était un endroit montagneux. Mais depuis qu'il était adolescent il n'y était pas retourné. Il devait paraître à la cour, devait donner une image précise, devait faire honneur à son nom.
Il espérait que la neige allait tomber pendant quelques jours. Que son fils puisse en profiter quand il serait guérit. Matthieu n'avait jamais vu de la neige. Si le fils du noble ne jouait pas dehors, Francis comptait bien apprendre à son fils ce qu'on pouvait faire avec cette matière blanche.
Arthur se réveilla tout seul plus tôt que prévu le lendemain matin. Et se leva. Il ne se souvenait pas être retourné dans sa chambre. Que faisait-il ici? Était-il somnambule? Il en doutait. Plus probablement quelqu'un devait l'avoir ramené dans sa chambre...mais qui? Il haussa les épaules et alla s'habiller. Puis il se dirigea vers la cuisine pour avoir une tasse de thé.
Lars était déjà là, en train de faire le pain. Il leva les yeux à l'arrivée de son maître. «Vous vous levez tôt aujourd'hui monsieur. Z'êtes tombé du lit?
- Ne sois pas insolent.» Râla Arthur pour la forme, se laissant tomber sur une chaise «Sers-moi un thé au lieu de dire des bêtises.»
Le cuisinier obéit et mit de l'eau à chauffer sur le poêle. Il se remit ensuite à la tâche, sous le regard percent de son employeur.
«Hier soir, c'est toi qui m'a ramené dans ma chambre?» Demanda soudain Arthur, posant son menton au creux de sa paume. L'homme sous ses yeux était assez fort pour ça. Et si Jolien l'avait trouvé endormi dans la chambre d'Alfred, elle aurait logiquement appelé son frère pour résoudre le problème. C'était bien délicat de leur part de ne pas l'avoir réveillé.
«Ha non. Pourquoi, vous étiez bourré?
- Tu veux une baisse de salaire?» fit soudain Arthur avec un air sombre, les yeux plissés. «ça peut facilement s'arranger tu sais...»
Lars s'empressa de se reprendre, agitant ses mains pleines de farine «Non non, je plaisantais. Je voulais dire, je savais même pas que vous...pourquoi on vous aurez ramené dans votre chambre d'abord?
- Je me suis endormi dans celle de mon fils.
- Jolien aurait pas fait preuve de délicatesse, elle vous aurait réveillé. Et moi aussi.» Il posa la tasse de thé devant son employeur, sans croiser son regard. «Yao est trop frêle pour vous porter. Et il vous aurez réveillé aussi. Quand à mon frangin, il dormait à une telle heure.»
Arthur se passa la main dans les cheveux. Alors qui l'avait porté jusqu'à son lit, sans le tirer du sommeil. Qui avait fait preuve d'un telle délicatesse. La réponse lui vint tout de suite et il sentit ses joues qui devenaient rouges.
Lars, qui s'était déjà détourné, ajouta «Reste que Francis...Quoique c'est impressionnant qu'il ait pu vous porter. Vous pesez votre poids quand même.
- Tu n'auras que la moitié de ton salaire ce mois-ci.
- Espèce de sadique.
- Tu devrais faire attention à tes paroles, un autre que moi te punirait plus sévèrement.» ricana Arthur, posant sa tasse vide. «Alors Francis s'est montré aussi aimable.» Dire que l'autre l'avait prit dans ses bras. Il se sentit frustré d'avoir été endormi...même si son serviteur ne l'aurait jamais fait s'il avait été réveillé. Peut-être était-ce bon signe? Peut-être cela signifiait-il que l'autre l'acceptait déjà un peu plus?
Lars leva les yeux au ciel devant l'air pensif de son employeur. Il avait l'air dans la lune. Mais il préféra ne rien dire. Il tenait à son salaire. Cependant il voulait savoir quelque chose «Monsieur?
- Hum?» fit Arthur, sortant de ses pensées.
Le cuisinier hésita puis se lança:«C'est bien aujourd'hui que vous recevez la visite de ce sale type?
- Voyons Lars...» Répondit son maître, fronçant les sourcils. Ce n'était pas que les mots étaient mal choisies. Mais il ne fallait pas qu'il y ait une perte de contrôle quand l'individu serait là.
Indigné, l'autre répliqua «Vous allez pas nier quand même? La dernière fois, il a dit des choses terribles sur l'éducation du jeune maître. Et sur vos frères. Je redis ses mots ''Faire perdre leur fortune à vos frères et prendre la tête de la famille...se débarrasser d'Alister qui est un peu trop débauché et qui est trop proche du prince bâtard.
- Je sais mais je préfère avoir les types dangereux sous contrôle. Je sais ce qu'il prévoit. Et je peux savoir s'il complote. Au moins, s'il veut se débarrasser de mon frère, je le saurais et pourrais agir en conséquence.
- Ce type veut rétablir officiellement l'esclavage.» s'exclama Lars en élevant la voix.
- J'aime bien que tu précise ''officiellement''.» Railla Arthur, sachant aussi bien que son employé les vérités dérangeantes de leur royaume. Il y avait bien des esclaves, vendu au marché noir ou dans des ventes clandestines. Rien n'était officiellement permis. Mais il n'y avait rien pour empêcher cela. Arthur se mordit la lèvre en songeant que, pour beaucoup, Francis était son esclave. Théoriquement celui-ci avait perdu tous ses droits dès qu'il était entré dans le Royaume de Britannia.
«Un jour il ira trop loin Arthur.
- Pas faux. Je prépare sa chute mais...» Il grimaça en pensant à tous les papiers qui pouvaient entraîner l'emprisonnement de ce type. Mais il y avait des rumeurs de complots et il ne lui manquait pas grand chose. Si tout se passait bien, après aujourd'hui, il pourrait appliquer son plan et enfin sauver son frère et le prince bâtard d'un complot. «C'est la dernière fois si tout vas bien.»
Lars eut un grognement. «Si tu le dis...» Il n'aimait pas cuisiner pour les sales types mais si c'était la dernière fois, peut-être pouvait-il faire un effort.
«J'ai les noms, le plan, la raison...il me manque juste...le moyen.» Arthur était fidèle à la couronne et même si il considérait le prince héritier comme le successeur, il considérait qu'il était normal de protéger le bâtard. Surtout considérant sa relation avec son frère.
Bon sang Alister, tu ne pouvais pas te choisir un amant moins dangereux? Tu es une cible maintenant, surtout avec la place que tu as dans la famille royale maintenant. D'un autre côté, lui aussi avait une place importante dans la famille la plus importante du pays. «Bref prépare un repas qui me fera honneur. Et prévois de bon vins.
- J'oubliais que c'était un ivrogne.
- C'est une bonne chose.» Ricana Arthur en sortant «Un ivrogne parle beaucoup, surtout lui.» Il s'apprêta à quitter la cuisine «Si le repas est réussis, ta baisse de salaire sera annulée.»
Lars leva les yeux au ciel. Ce type était trop gentil parfois. Mais il n'allait pas s'en plaindre.
Gentil...quand il ne se mettait pas en colère.
Le cuisinier espérait bien ne plus le voir hors de lui, plus avant longtemps en tout cas.
Francis savait qu'il y avait un invité mais ne s'attendait pas à un type assez fort physiquement, aux cheveux grisonnants, qui buvait beaucoup. Ils avaient brusquement changé de conversation quand il était entré dans la pièce. Il avait fait comme si ne rien n'était.
Soudain le regard de l'individu s'était posé sur lui et il avait «Mignon ton nouveau serviteur.
- Hum. Il vient du Royaume que nous avons récemment envahi.» Arthur servit un verre de vin à son invité «Cadeau de Roderich. C'est un prince bâtard d'Aelius, son fils et lui m'ont été offert.»
L'homme eut un rictus en le regardant «C'est ton esclave dans ce cas?»
Francis se tendit et baissa les yeux. Ces mots lui déplaisaient. Ce foutu noble ne l'avait jamais traité comme tel. Il le payait, le traitait comme un égal, et se montrait généreux avec lui. Était-il vraiment cela? N'avait-il des droits que parce que cet homme le voulait bien?
Arthur fut tourner le vin dans son verre «Plus un otage.» il but une gorgée et reprit, tranquillement et paisible «C'est un prince quand même...
- On raconte que Aelius avait un vrai harem. Et que beaucoup de ses favorites étaient des servantes.
- Racontars, ce n'est pas ce que l'on m'a rapporté.» marmonna Kirkland en haussant les épaules. Rien dans son attitude ne montrait son exaspération.
L'autre eut un rire «C'est bien toi. Tout le monde sait que cet Aelius était un débauché de la pire espèce, faisant venir des putes dans son palais et faisant de ses fils des débridés.»
Francis serra les poings. Le souvenir de son père si doux, si patient, leur enseignant tant de choses, cherchant des places idéales dans la société pour qu'ils ne soient pas seulement des bâtards. Il les aimait et voulait faire d'eux des personnes sensibles et courageuses. Le serviteur eut un pincement au cœur en se souvenant qu'il ne savait pas le sort de sa famille.
«Et celui-là a déjà un fils?
- A son âge, avoir un enfant de 4 ans n'a rien d'exceptionnel.
- Que vas-tu faire de ce petit?» S'enquit soudain l'ivrogne, se penchant pour se servir un nouveau verre d'alcool «Tu pourrais en faire ton fils et lui offrir une éducation solide. Quel avenir avec celui-là.» fit-il en désignant Francis d'un geste de la main. «Ou d'éduquer pour en faire le secrétaire de ton fils. Ce sont les seuls avenir idéaux pour lui. Que peut-il attendre d'une vie d'esclave? Devenir la pute de ton gamin, comme son père est la tienne.»
Arthur crispa ses doigts sur son verre mais ne montra aucune émotion «Je pense que vous avez trop bu.» il était dangereusement calme. Une lueur était passée dans son regard.
Francis frémit, les paroles de l'homme le terrifiait mais la voix soudainement grave de son employeur lui fit un peu peur. Il sentait un danger que l'invité était visiblement incapable de percevoir. Qu'allait dire ou faire son fichu noble pour faire taire ce sinistre individu?
«Et que vas-tu faire de leur croyance de sauvage? Vas-tu les convertir de force? Le petit peut encore être remis dans le bon chemin. Par contre, l'autre a sûrement besoin d'un dressage, dans tout les sens du terme, pas seulement à ce niveau.»
Francis ferma les yeux. Il aurait tant aimé quitter cette salle, ne plus entendre ces paroles mais il n'avait pas le choix. Kirkland ne lui avait pas dit qu'il pouvait partir. Il ne voulait pas changer sa religion ou voir son fils obliger d'en adopter une autre. Dans leur royaume, on leur avait parlé en mal des gens du royaume de Britannia, qui capturaient les gens et les forçaient à se convertir. Il refusait de se plier à ça, il se rebellerait s'il le fallait.
Arthur haussa à nouveau les épaules «Je verrais en temps et en heure.» Il avisa l'heure et se leva, s'étirant et disant «Je vais chercher quelque chose dans mon bureau. Restez ici. Je reviens tout de suite. Cela pourra vous intéresser.»
Il jeta un coup d'oeil à Francis et partit, se dépêchant. Il ne voulait pas laisser son sinistre invité seul dans une pièce trop longtemps. Il ne put parler à son serviteur avant de sortir et espéra que celui-ci ait la présence d'esprit de partir. Non. Ce type n'oserait pas le défier. Il ne ferait rien.
Francis s'apprêtait à quitter la pièce quand l'autre l'appela «Sers moi un autre verre mon joli.»
Il ne put ignorer cet ordre. Si seulement Lars était là. Il déglutit et obéit, se dirigeant vers l'homme, aussi inexpressif que possible. Cet individu lui était tellement antipathique. Il versa déboucha une nouvelle bouteille et versa un verre de vin. Au moment où il la reposa une main à poigne de fer se referma sur son bras et le tira vers l'ivrogne. Celui le fit tomber sur ses genoux et lui murmura à l'oreille «Il paraît que Arthur ne fait que des aventures d'un soir. S'il te garde, c'est qu'il a aimé non? Je me demande ce que tu as de si particulier.»
Francis eut un frisson de dégoût. Jamais Kirkland ne l'avait touché ou ne lui avait manqué de rester. Il avait bien des intentions envers lui mais préférait le séduire et l'avoir sans avoir besoin d'utiliser le chantage. A cet instant, Francis jeta un regard vers la porte, espérant que Arthur revienne.
Depuis quand il l'appelait Arthur dans sa tête d'ailleurs?
Ce n'était pas le moment de penser à ça.
Il voulut faire un geste pour se dégager et fuir mais l'autre lui tordit le bras dans le dos. Un gémissement de douleur lui échappa malgré lui.
«Tu es vraiment beau. Je savais que Arthur avait bon goût mais là...»
Francis eut un sursaut en sentant une main qui glissait sous sa chemise blanche. Il eut un frisson de dégoût et se débattit mais l'autre tordit un peu plus son bras, le faisant grimacer.
«Sois sage...
- Monsieur Kirkland ne sera pas heureux. Lâchez moi.
- S'il ne veux pas tomber avec son frère, il faudra qu'il soit aimable avec moi.»
Son haleine empestait l'alcool. Francis eut un cri quand la main descendit plus bas et lutta, criant à nouveau quand la douleur de son bras fut insupportable. Mais un cliquetis se fit alors entendre. Francis, qui avait fermé les yeux, les rouvrit et sentit son cœur battre plus vite tandis que le soulagement l'envahissait.
Arthur était là, un pistolet à la main. Il le pointait vers son invité, l'air terrible «Lâchez le.
- Voyons, s'il est comme son père, ça ne devrait pas lui déplaire d'être prit par plusieurs personnes.»
Kirkland eut un regard si noir que l'ivrogne frémit, et rechargea son arme d'un geste nonchalant, sa voix prit un ton grave et menaçant «Vous savez Thomas...dans la famille nous avons un précepte qui est de régler sois même les problèmes. Et vous savez, je n'aime pas partager. J'ai réussi à faire en sorte que je sois l'héritier principal de la fortune familiale alors que j'étais le plus jeune. Je suis aussi le chef de famille et ait la main mise sur tellement de choses. Et j'ai tellement d'informations également. Assez pour vous envoyez à l'échafaud, vous et vos complices.
- Tu n'oserais pas. Tu tomberais aussi.
- Tu crois? Un mot de mon frère et je disparaît purement et simplement des complices. Tout le monde me croira quand je dirais avoir infiltré le complot pour mieux le détruire.
- Tu es un traître, fidèle au bâtard.
- Absolument pas. Je suis fidèle à la couronne. Mais vouloir éliminer le fils illégitime sans aucune raison autre que votre paranoïa et à cause d'un précédant, ça c'est une trahison à la couronne, mais peut-être êtes vous trop obtus pour le comprendre.» Arthur eut un sourire mauvais. «Je dois admettre que mon plan a mieux marché que je ne le pensais. J'ai agis sous un pseudonyme, si bien que personne ne pourra remonter jusqu'à moi.
- Traître. Nous te faisions confiance. Jamais nous n'aurions du...»
Francis ne pouvait plus respirer, la douleur de son bras le fit gémir malgré lui. Arthur le regarda et cracha, d'un ton glacial «Vite ta main de là et lâche le.
- On tient à sa pute Kirkland? Viens la chercher.»
Un coup de feu claqua et l'homme poussa un cri de douleur, son épaule traversée par la balle. L'air glacial d'Arthur avait pas bougé d'un cil. Le blessé repoussa brutalement son captif qui tomba en arrière. Francis sentit sa tête qui heurtait la table et son bras qui s'écrasait sur le verre. La douleur irradia dans sa nuque et son bras. Et il perdit conscience.
Arthur siffla et Lars arriva, suivit par son frère, le cocher. Yao les suivait également. Le groupe entoura le blessé et Arthur appuya du pied sur la blessure. «Tu as fait une grosse erreur. Lars?
- Oui monsieur?
- Tu les a appelé?
- Oui monsieur. Jolien est partie les chercher. Ils arrivent.»
Arthur eut un sourire mauvais et s'accroupit, son arme à la main «vois tu Thomas, c'est comme une partie d'échec. J'ai joué et je t'ai mis un échec et mat. J'ai tissé une toile à laquelle personne n'échappera. Et j'ai toutes les preuves qu'il faut pour porter un coup fatal. A ton avis, qu'est-ce qui t'attends?» il éclata de rire, et se redressa, écrasant la blessure du pied. Puis il jeta son arme à Lars et lui ordonne de le tenir en respect. Il se dirigea ensuite vers Francis, s'agenouillant près de lui et le prit dans ses bras, grimaçant devant le blessure à la tête. Il était juste assommé mais quand même.
Sa main était coupée par le verre. Rien de grave si on soignait ça correctement . «Yao. Va chercher le médecin.»
Francis entrouvrit les yeux et vit le regard vert inquiet posé sur lui. Il eut une boule dans la gorge malgré lui. Tout son corps lui faisait mal et il n'arrivait pas à penser correctement. Il enfouit son visage dans la chemise d'Arthur, l'odeur le rassurant étrangement. Une caresse sur sa joue le calma et il eut un léger soupir. Il sombra à nouveau dans l'inconscience.
Kirkland le souleva et posa sur le canapé, se redressa et ordonna «Edwyn.»
Le cocher se mit au garde-à-vous devant le ton de son maître. Il fit, hésitant «Oui monsieur?
- Va dans mon bureau, tu verras un paquet fermé sur la table. Prends le et amène le à mon frère Alister. Dis lui que c'est de première importance. Et qu'il doit les donner à son ...son fichu amant royal. C'est urgent.»
Le jeune homme partit au pas de course. Arthur se tourna à nouveau vers son prisonnier et s'aperçut qu'il s'était évanoui «Tss petit nature. Si mon ancêtre pirate, dieu ait son âme, était là il lui aurait fait pire. Lui non plus n'aimait pas qu'on prenne ce qui était à lui.»
Tu l'a dit gamin.
«Tiens, on t'as pas vu depuis un moment, je pensais que tu étais allé rejoindre le fantôme de ton bien-aimé.»
Te faire chier me manquait.
Arthur tourna les yeux vers une silhouette fantomatique qui regardait la scène avec intérêt. Un sourire ourla ses lèvres et il dit, d'un ton angélique «Ferme la le vieux.»
VIEUX? Quand je suis mort, j'étais à peine plus vieux que toi morveux.
Arthur eut un petit rire et s'assit sur le canapé, prenant doucement la main de l'évanoui, le regard soudain tendre. Lars fit mine de ne rien voir.
A Suivre
