Disclaimer: Hetalia ne m'appartient pas.

Personnages: Francis, Arthur essentiellement. D'autres personnages présents (Yao, Matthew, Alfred, ect...) + deux pirates d'une autre époque.

Parings: Fruk

Genre: Romance

Rating: T


Partie VII


Arthur se massa les tempes. Depuis qu'ils étaient revenus de la maison de vacances. Des choses s'étaient produites. Déjà l'esprit du pirate pouvait à présent toucher et prendre des objets et même utiliser la magie, ce qui était incroyable. Le noble avait eu du mal à y croire, mais finalement vu que le pirate avait fait fuir des voleurs, c'était plutôt une bonne chose non? Il se posait beaucoup de question à ce sujet, et était réellement curieux d'en savoir plus. Il se tourna vers l'esprit et murmura d'un ton réellement intéressé «Comment est-ce possible au fait?

- Je ne sais pas...c'est arrivé d'un coup.» Le flibustier se gratta la tête et fit, d'un ton nonchalant et empressé «il s'est passé quelque chose de particulier de ton côté?» Il avait une petite idée mais préférait ne pas s'avancer. Si c'était bien ce qu'il croyait, il ne fallait pas brusquer les choses.

Arthur toussota, mal à l'aise, sentant ses joues le brûler. Il détourna le regard, cherchant ses mots. Comment expliquer ce qu'il avait lui-même du mal à définir? Ce n'était pas évident. Il chercha quoi dire pendant un instant puis marmonna «J'ai embrassé Francis, ça te va?» Et le plus curieux c'est qu'il avait été incapable de poursuivre les choses. Des baisers volés ici et là, des étreintes mais rien de plus. Comme si quelque chose l'en empêchait. Il respectait peut-être trop son invité permanent pour le forcer à quoique ce soit. Il ne voulait pas le pousser à approfondir les choses si celui-ci ne se sentait pas prêt.

Le loup de mer eut un sourire pervers et fit «Rien d'autre?» il avait prit un ton nonchalant, mais également curieux. «Pas plus que des baisers?

- Non! Tu ne pense qu'à ça ou quoi?

- Tu peux parler! Qui collectionnait les conquêtes avant l'arrivée de ce bel homme?» Il titillait son descendant, sachant parfaitement ce qui se passait mais ne voulait pas lui dire d'un coup les choses, il préférait patienter et voir comment cela évoluait pour en parler au moment voulu.

Arthur grogna, se levant pour aller regarder par la fenêtre. Le jardin était fleuris et magnifique. Il voyait les enfants avec Francis dehors. Ils étaient installés sur une grande couverture, et jouaient pour les petits, lisait pour le plus vieux. Arthur éprouva l'envie de les rejoindre. Il alla ramasser des papiers, un grand livre pour servir d'appui et de quoi écrire. «Pourquoi?

- Peut-être que...tu es la clé de ma délivrance.

- Tu pourrais partir en paix.

- Je crois...je ne me souviens pas d'être mort Arthur. Je crois que je ne le suis pas.

- Quoi? Tu serais coincé entre deux états?»

L'esprit haussa les épaules et se détourna, en chuchotant «J'aimerais que ça soit ça et qu'en étant libéré je sois enfin de nouveau bien vivant.» Il pourrait à nouveau naviguer sur les mers, avec son bien-aimé. Peut-être fonder une famille avec lui. Il y avait tant d'orphelinats. Ce n'était pas les enfants sans parents qui manquaient. Il eut un sourire en y songeant mais il savait aussi qu'il ne fallait pas mettre la charrue avant les bœufs. Il était persuadé que c'était les sentiments entre son jeune descendant et celui de son doux second qui étaient la clé de sa liberté. Il fallait les pousser dans les bras l'un de l'autre. Il voulait goûter à la vie à nouveau.

Arthur le regarda, voyant une goutte sur la joue du pirate. Figé, il sentit son cœur se serrer malgré lui et fit, d'un ton doux «il n'y aurait pas un moyen de faire venir l'esprit de ton amant?»

Le loup de mer le regarda, abasourdi. «Tu accepterais qu'il soit là.

- Je n'ai pas envie de te voir déprimer pendant...» il secoua la tête, et ajouta, se demandant s'il pourrait le regretter «...Je serais ravi que ma maison lui serve de lieu d'asile.»

L'esprit ne répondit rien immédiatement, regardant le vide sans prononcer une seule parole. Arthur quitta la pièce pour rejoindre Francis et les enfants, mais pas avant d'entendre un seul mot, prononcé si doucement qu'il crut avoir rêvé «Merci..»

C'était la première fois que le pirate disait quelque chose comme ça. D'habitude il était moqueur, narquois, racontait plein de choses...mais il n'avait jamais dit un seul remerciement.

Arthur se demanda si quelque chose n'était pas en train de se produire, quelque chose qui rendait ce loup de mer plus humain au fur et à mesure que le temps passait. Il était curieux de savoir quelle était cette chose. Si le pirate n'était pas mort (ce qui serait étonnant)...alors il était prisonnier de quelque chose. Son descendant avait beau le trouver pénible, il l'appréciait quand même et s'il pouvait l'aider à retrouver la liberté, à briser cette malédiction, il était prêt à aider.

Si l'esprit de son amant venait...maintenant qu'il avait donné sa permission, il espérait juste que celui-ci n'était pas aussi pénible et gamin que le flibustier. Si c'était un ''ancêtre'' de Francis, ça devait aller...normalement.

Il se demanda quand même s'il n'avait pas fait une bêtise en donnant cette permission mais il ne la retirerait pas.

Depuis qu'ils étaient revenus...ils s'étaient tourné autour sans avancer. Arthur se contentait de le provoquer avec des phrases bien tournées et l'autre lui tendait des perches. Son '''invité'' se montrait ouvertement provocateur par moment, n'hésitant pas à se moquer de lui. Lui le frôlait, lui parlait à l'oreille, multipliait les avances plus ou moins subtiles. Mais son adversaire était le plus coriace qu'il avait jamais vu. Mais il ne désespérait pas de gagner, il l'aurait, qu'importe le temps que ça prendrait.

Que faire pour en avoir plus? Il ne voulait pas commettre d'erreur. Ce serait fatal, il le sentait. Jamais il n'avait eu quelqu'un comme ça face à lui. Ils s'étaient même déjà un peu disputé et parfois il n'avait pas le dernier mot. Ce qui était inconcevable pour lui, il s'arrangeait pour se venger de façon (souvent) puéril quand se vengeait. Il refusait de laisser l'autre l'emporter. Ce serait quoi après s'il lui laissait l'avantage? Il serait en dessous au lit? Hors de question. Il n'avait jamais été dominé et cela ne commencerait pas aujourd'hui.

Il sortit et marcha dans l'herbe, humant l'odeur des fleurs avec plaisir. Il se dirigea vers le trio qui prenait le soleil un peu plus loin.

«Papaaaaa.» Cria Alfred, agitant les bras, délaissant ses jouets. Il se leva et courut vers son père, ravi de le voir de joindre à eux. «Tu viens avec nous?

- Oui mon chéri.» Murmura doucement le noble, allant s'asseoir sur la chaise libre, posant ses affaires sur la petite table de bois. «Il fait trop beau pour rester à l'intérieur.»

Arthur sourit en voyant le jouet du petit. C'était un cadeau de son oncle Carwyn, qui avait même penser à en offrir un à Matthieu pour ne pas faire de jaloux. Les deux enfants s'amusaient donc sagement ensemble, sans se disputer. Le noble était ravi de voir son fils si éveillé, si heureux. Dire que avant, il restait à jouer dans sa chambre, ne sortait qu'avec lui...aujourd'hui il semblait rayonner de bonheur. Décidément accepter de prendre sous son toit Francis et son fils avait été une merveilleuse idée. Roderich et Gilbert avaient été bien inspiré de lui faire ce cadeau.

«Dis moi...»

Francis releva les yeux vers lui, un sourire aux lèvres. Il semblait bien plus détendue qu'avant et l'autre s'en réjouissait.

«Oui?

- Tu...aimerais voir ta sœur?» Le regard soudain brillant de Francis le fit sourire. Il continua, d'un ton encourageant «Je pourrais la faire venir d'ici deux ou trois jours.» Il avait déjà fait cette promesse mais avait ensuite oublié.

«Tu pourrais réellement?

- Bien entendu. Je comptais inviter Roderich et Elizaveta. Ce sera l'occasion.» Par contre il ne voulait pas de Gilbert chez lui, celui-ci était bien trop bruyant. Et il pourrait dire des mots interdit devant son fils et Matthieu. Il poursuivit «Je ne sais pas vraiment où sont les autres, je sais qui les a prit en charge mais je ne connais pas ces personnes.» Il avait juste entendu parler de Sadiq et ne pouvait pas envoyer une missive comme ça pour demander à voir les deux fils bâtard du roi vaincu d'ici peu. Et puis il vivait à l'autre bout du pays en plus. La résidence où vivait Marco était dans une ville portuaire mais il ignorait laquelle. Antonio était prisonnier au château. Rien de bien faicile en définitive mais au moins la petite sœur il pouvait la faire venir.

«Je me demande si elle va se souvenir de moi.

- Mais bien entendu.

- Elle a deux ans et ne m'a pas vu depuis presque dix mois.» Il aimait réellement sa sœur et craignait d'avoir été oublié, même si l'essentiel était qu'elle aille bien et qu'elle soit heureuse avec son tuteur actuel. «Tu vas me trouver égoïste mais...

- Pas du tout.» Il y avait de fortes chances que la petite ne se souvienne plus trop bien de lui. Qu'elle mette du temps à se rappeler voir ne se rappelle pas. Mais Francis aurait le temps de redevenir un frère relativement présent. C'était le seul qui pourrait la voir en plus. «Désolé Roderich était très occupé en ce moment. Il ne pouvait pas se déplacer.» Il était même dans sa résidence secondaire.

«Merci quand même de me permettre de voir Felicia.

- C'est vrai?» Intervint Matthieu, se redressant d'un coup «On va revoir Felicia?» il tapa dans ses mains et fit, joyeux «Chic!

- C'est qui Felicia?» Demanda Alfred, curieux, penchant la tête de côté en regardant son meilleur ami. Il se demandait qui était cette personne qui semblait rendre heureux tout le monde.

Celui-ci lui fit un grand sourire et répondit «C'est la petite sœur de papa. Elle a deux ans. Elle est toute petite! Comme ça!» il montra un écart avec ses mains et l'autre ouvrit de grand yeux.

«Pourquoi elle est toute petite?

- Parce que c'est un bébé» Expliqua Francis en souriant, ébouriffant les cheveux blond du petit.

«Hooo!» fit celui-ci, curieux. Il n'avait jamais vu de gens si petit.


Francis lisait dans la bibliothèque quand un mouvement attira son attention. Un jeune homme d'environ 27 ans venait d'entrer dans la pièce...en traversant le mur. Il était vêtu d'habits essentiellement blanc et bleu, avec un peu de doré ici et là. Il avait plus l'air d'un capitaine de navire que de ce qu'il était réellement. Il avait des cheveux blonds bouclés et des yeux bleus. Il était exactement comme dans ses souvenirs. Le jeune homme eut un sourire en reconnaissant l'arrivant qui ouvrit de grands yeux en le voyant, puis fit, avec une voix douce «Ravi de te revoir.

- C'est bien vous?» Demanda Francis, n'osant y croire. Cela faisait tellement longtemps. L'esprit du pirate ne venait jamais au château. Il ne l'avait vu que dans les résidences appartenant à la famille de sa mère. Et comme il avait été quelque peu consigné au palais depuis quelques années, il ne lui avait plus parlé depuis il lui semblait une éternité.

«Voyons, nous sommes de la même famille. Tu peux me tutoyer.» Sourit l'autre, un air doux sur le visage, encourageant l'autre à faire ce qu'il demandait. «Et nous semblons avoir à peu près le même âge, raison de plus pour ne pas faire de façon entre nous...

«Que...fais-tu là?

- Arthur a dit haut et fort qu'il m'autorisait à venir dans sa demeure, en le pensant réellement. Et puis ces derniers temps j'ai l'impression d'être plus libre qu'avant, de pouvoir faire des choses que je pouvais accomplir avant.

- Comment est-ce possible? Tu es...un fantôme non?

- Mon Arthur a dit que nous n'en étions pas. Que nous étions autre chose...

- Quoi?

- Je n'en sais rien.» Soupira l'esprit, se passant une main dans les cheveux.

«Et il sait que tu es là?

- Pas encore...je ne suis pas au service de monsieur. J'ai le droit de d'abord voir mon descendant.»

Francis ricana en imaginant le pirate fulminant, vexé et boudeur suite à ça. A moins qu'il ne s'en rende pas compte avant que son amant ne passe le voir.

«Votre relation est étrange.

- C'est le cas de le dire. Arthur est quelqu'un de secret, il a peur d'être laissé seul en réalité. Il se soucie vraiment de ses proches mais prétend ne pas tenir à eux. Paradoxalement il devient dangereux quand on menace ceux à qui il tient. Il devient complètement amusant et incohérent quand il boit trop. Il est fier, droit et loyal envers ceux à qui il tient.» Il eut un doux sourire en repensant à quelque chose. «C'est un être unique.

- Je ne sais pas, son descendant a l'air d'être spécial lui-aussi.

- Cette famille a un je-ne-sais-quoi d'irrésistible hein?

- Je-ne-vois-pas-de-quoi-tu-parles!

- Vraiment?» Gloussa le plus vieux, amusé. Décidément son jeune descendant était bien comme lui, refusant de voir la vérité alors qu'elle était si évidente. Arthur était comme ça aussi, jouant les capitaine froid alors qu'il tenait à lui et tuerait le premier qui le toucherait. Arthur qui semblait si innocent quand il dormait, pelotonné contre lui comme un chaton. Arthur dont les mains pouvaient commettre les pires choses en tenant une arme et qui pourtant pouvaient faire preuve d'une douceur extrême. Arthur qui engloutissait ses plats avec une moue gourmande, niant ensuite qu'il avait aimé le repas. Cette bouche qui pouvait cracher le langage le plus fleuri mais qui pouvait aussi prononcer des mots romantiques. Ce pirate qui était tombé dans le piège qu'il avait inconsciemment tendu, tombant amoureux de lui alors qu'il l'avait prit comme passe-temps à la base.

«Ce foutu noble est orgueilleux. Il se croit au dessus de tout. Il croit que tout le monde lui cédera sans qu'il ait besoin de forcer pour ça.

- …

- Il est insupportable avec sa manie de me toucher tout le temps. Et d'être persuadé qu'il aura ce qu'il veut. Comme si il s'en fichait de mon avis, ça m'exaspère!

- …

- Il ne me demande jamais mon avis.

- ….Tu en parle beaucoup quand même.»

Francis grommela, et détourna la tête avant de dire, du bout des lèvres «Il est de compagnie plus agréable de beaucoup de gens que j'ai fréquenté au palais de mon père. Il n'en a rien à faire de qui je suis, de ma position...même si celle-ci n'a plus aucun intérêt. Il s'en fiche que je sois un fils illégitime ou que je sois fils de roi. Il s'intéresse à moi pour ce que je suis...» Il vit le visage moqueur de son ''ancêtre'' et s'écria, agacé «Mais il est quand même doté d'un caractère épouvantable. Il est prétentieux, arrogant...Il se comporte comme s'il était supérieur. Même s'il est un père exemplaire...» Il s'arrêta, se rendant compte qu'il s'embrouillait un peu dans ses explications et qu'il s'enfonçait, il ne voulait pas que l'autre pense qu'il avait des sentiments pour ce foutu noble...même s'il en avait réellement un peu.

L'autre resta silencieux et alla jusqu'à la fenêtre, regardant le jardin à l'extérieur. Il ne se retourna pas vers Francis mais fit, d'un ton pensif«J'étais dans notre résidence secondaire, avec ma famille. Les guérisseurs avaient recommandé l'air marin à ma femme pour la fin de sa grossesse. Et les pirates ont attaqué. Ils étaient plusieurs équipages. C'était un village où il y avait pas mal de résidences secondaires. Donc beaucoup de richesses en définitive. Arthur et son propre équipage ont attaqué la partie de la ville où je me trouvais. J'ai caché ma famille puis j'ai pris une arme et ait défié ce capitaine pour l'empêcher d'entrer chez moi.

- C'était un peu inconscient.

- Sans doute. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si jeune, à peine 21 ans. Son manteau rouge claquait dans le vent, son pistolet fumait encore et son épée était tâchée de sang. Ses yeux brillaient comme deux joyaux. Il était impressionnant, il faisait même peur.» Malgré cela, il avait pas bougé de devant chez lui, soutenant le regard du pirate. Celui-ci avait alors sourit avec cruauté et avait pointé sa lame vers lui. «Je m'en souviens très bien, il m'a dit Alors mon mignon, on veut se mesurer à moi? Comme tu voix, monsieur était très arrogant.

- C'est un truc de famille d'appeler les gens ''mon mignon''?» remarqua Francis en levant les yeux au ciel, arrivant parfaitement à imaginer la scène. Pourtant le pirate ne lui avait jamais fait peur. Il était sarcastique, boudeur, moqueur, parfois colérique mais jamais cruel. «Il a du pas mal changé depuis.

- Oui. Mais à l'époque, il était terrible. Et, paradoxalement, il était déjà un peu...déjanté sur les bords. J'ai combattu du mieux que je pouvais mais il était bien meilleur. Ou plutôt il ne combattait pas à la régulière. Il était sournois, et utilisait coup bas sur coup bas. Ce n'était pas vraiment un homme d'honneur.»

Francis ne put s'empêcher de penser que son Arthur (et il ne disait pas ça parce qu'il tenait à lui hein, c'était juste pour le différencier du loup de mer) était bien différent, il était loyal même s'il utilisait des méthodes parfois étranges et semblait aimé piéger ses adversaires. «C'est un pirate, je ne vois pas pourtant il aurait joué dans les règles.

- Sans doute. Il s'amusait avec moi. Comme un chat avec sa proie. Je ne sais pas à quel moment il a décidé de m'emmener avec lui. J'étais tombé et il me menaçait de sa lame, alors je lui ait fauché les jambes. Ça l'a surpris, surtout quand je me suis jeté sur lui. Mais il avait une dague et m'a menacé avec pour que je recule. Là il m'a regardé et a dit Tu es bien joli, avec ta gueule de fille. Je t'emmènerais bien avec moi. Je manque de compagnie sur mon navire. Et là il m'a jeté sur son épaule comme un sac et m'a embarqué sur son rafiot.

- Il ne t'a pas...

- Il a essayé mais je l'ai refroidi.

- Co...Comment ça?

- Il m'avait plaqué au lit mais je lui ai fauché sa dague et je l'a fait tombé sur le matelas. J'ai planté la lame à quelques..distances de son service trois pièces. Il a eut l'air choqué. Ensuite je lui ai dit d'un ton glacial ''Recommencez et la prochaine fois je vous castre''» Il ricana en se souvenant des yeux écarquillés de son capitaine, de sa bouche grande ouverte et de son regard qui s'était lentement baissé vers l'arme avant de le fixer à nouveau. Puis il avait rougit de colère et l'avait insulté.

Francis explosa de rire, imaginant parfaitement la scène. Il voyait totalement son aïeul dire au pirate que il pouvait toujours courir. «Ça l'a refroidit je suppose de presque se faire émasculer?

- Pas totalement. Je l'ai frappé. Il a répliqué et nous nous sommes battus comme des chiffonniers pendant...un bon moment. Plusieurs fois son second est venu voir si tout allait bien. Le pauvre s'est fait renvoyer comme un malpropre et j'ai entendu dire que l'équipage avait à moitié été traumatisé quand Arthur leur a crié dessus plus tard lorsqu'ils ont remarqué son œil au beurre noir. Je ne sais pas combien de temps ça a duré mais nos habits étaient déchirés, et nous étions couvert de bleus. Bizarrement il avait évité mon visage. Et quand je lui ait fait remarqué il m'a craché ''Ça me ferait mal d'abîmer une belle gueule comme la tienne.''

- C'était un compliment déguisé non?»

L'esprit pouffa et acheva son histoire «Là dessus il m'a offert à boire. Puis il m'a sorti ''Tu m'excuseras mais j'ai pas envie d'être un gentleman ce soir. Tu pionces par terre et je vais t'attacher les mains pour être plus prudent.'' Je lui ai demandé (ordonné) de me ramener mais il a refusé sous prétexte que la marine était certainement sur place à l'heure qu'il était. Je lui ai sortit une insulte digne des bas-quartier, ça l'a un peu étonné qu'un noble comme moi parle si mal. Mais finalement il a plus ri qu'autre chose.

Francis haussa les épaules «Moi mon Arthur me fait des avances depuis que je suis ici et parfois il manque de subtilité. On sent bien ses intentions.

- Elles étaient très claires pour mon capitaine aussi.

- Vous n'avez pas commencé votre relation sur de bonnes bases hein?

- On se disputait beaucoup. On se battait souvent. Je l'injuriait devant son équipage et on se hurlait dessus devant eux. Il ne me laissait jamais le dernier mot dans ces cas-là. Question d'honneur. On était comme chien et chat. Il m'enfermait à chaque escale et me narguait quand on repartait. Pour être honnête, je ne savais plus trop ce qu'il me voulait. Il n'essayait plus de me mettre dans son lit et prenait plaisir à se moquer de moi. Je crois qu'il cherchait quelqu'un avec qui être lui-même.»

Francis resta pensif. Il avait parfois l'impression que Arthur ne se relâchait vraiment que hors du regard des autres. Lors du séjour dans la résidence secondaire il avait parut tellement détendue, tellement différent et tellement humain. Pourquoi n'était-il pas tout le temps comme ça? Se donnait-il une image devant les autres? «Je ne le connais pas aussi bien que toi mais il avait quitté sa famille, laissant une femme et deux enfants. Il était rapidement devenu capitaine. Il devait continuellement afficher une image devant les gens. Il ne pouvait pas être lui-même. Peut-être cherchait-il quelqu'un avec qui se détendre. C'est pareil pour ''mon'' Arthur, il se donne un autre aspect devant ses invités. Mais dès qu'il est seul avec les domestiques ou moi il se détend et fait de l'humour, des remarques sarcastiques. Et il est tellement doux avec son fils. Je pense qu'il veut se donner une image face à d'éventuels ennemis.

- S'il a montré son vrai lui en étant seul avec toi, c'est bon signe.

- Probablement mais je pense qu'il est surtout très seul.» Il avait bien vu que toutes ses aventures cachaient un manque affectif. Il semblait chercher continuellement quelqu'un qui pourrait lui apporter ce dont il avait besoin. Il ne l'aurait jamais admis, bien entendu. Il se tourna vers l'esprit et demanda «Et comment les choses se sont arrangés?

- Son second, qui était son frère, s'est fait tué lors d'un abordage. Il est devenu fou de rage et a fait massacré la totalité des personnes ennemis, sans prendre d'otages. Il est revenu dans la cabine, le visage pâle, les lèvres serrés et les yeux assombris. Il s'est laissé tomber sur le lit et a enfoui sa tête dans ses mains. Il n'a rien dit pendant un moment. Il tremblait et j'ai comprit qu'il pleurait. Je n'ai pas réfléchi, je l'ai pris dans mes bras et c'est là qu'il m'a raconté sa vie. Les raisons de sa fuite de chez lui, et sa solitude. Il a fini par s'endormir dans mes bras. C'était la première fois que je le voyais si vulnérable. J'ai été attendris. Et le lendemain il n'a rien dit. Il s'est passé plusieurs jours où il semblait plus fragile qu'à l'ordinaire quand il était avec moi et la nuit il me serrait contre lui. Un jour enfin, il m'a tiré dehors, sur le pont et m'a défié à l'épée pour ''se défouler'' selon ses mots. Et là...je l'ai battu. Devant ses hommes.

- Outch.» Grimaça Francis, se doutant que ce pirate devait être un mauvais perdant et que cela n'avait pas du amélorer son humeur certainement massacrante causée par la perte de son frère.

«Pas du tout. Il a éclaté de rire. Un vrai rire. Et il a dit que j'étais désormais son second. Suite à ça notre relation est allée en s'améliorant et un jour on a franchi le pas. J'ai apprit à le connaître, à savoir l'homme qui se cachait derrière le terrible capitaine. Il m'a admit n'avoir pas vraiment réfléchi le jour où il m'a enlevé. C'était une impulsion.» Arthur ne s'était cependant jamais excusé de l'avoir emmené. Il avait affirmé qu'il n'avait que le ramener là où il appartenait en réalité. Il n'était pas fait pour une vie de noble. Il était fait pour l'aventure. Il était fait pour être sur un navire qui fendait les flots, à ses côtés. Arthur n'aimait pas parler du passé. Il n'avait jamais dit s'il regrettait d'avoir laissé sa propre famille, parfois il était très secret.

Son descendant eut un doux sourire «C'est une belle histoire.» Elle avait un certain charme. Il ne savait pas comment définir sa relation avec Kirkland. Amis? Plus vraiment vu le pas qu'ils avaient franchis. Amants? Trop tôt pour les qualifier ainsi. Il ne savait pas que dire ou penser sur ce foutu noble et cela le perturbait. Il espérait vraiment ne pas être un simple passe-temps, un défi à relever, pour Arthur. Sinon celui-ci le regretterait amèrement.


«Francis!»

Il se retourna vers Arthur qui tenait deux épées d'entraînement à la main. Il haussa un sourcil en le voyant s'approcher. «Oui?

- J'ai besoin de me défouler. Un petit combat?» il lui tendit une des deux armes, un léger sourire aux lèvres. «Je suppose que tu as du apprendre.

- Bien entendu.» Il prit la lame et s'éloigna de quelques pas du noble, se préparant. Il doutait d'être très doué. Il doutait d'arriver à la cheville de son adversaire. Il espéra juste qu'il ne se ridiculiserait pas. Il n'avait aucune envie d'entendre un commentaire moqueur. «Je vous attends.»

Il para un première attaque et recula, évitant la seconde. Il attaqua et fit sa technique stoppé par un habile mouvement de lame. Le sourire de Kirkland était lumineux, clairement heureux. Il prenait plaisir à cela. Francis sentit en lui l'espoir de ne pas le décevoir. Il utilisa la technique favorite de son frère Antonio et prit plaisir à voir son adversaire perdre l'équilibre pendant une fraction de seconde. Cependant il se reprit vite et lança une nouvelle attaque, avec toute la force qu'il put, faisant vaciller son ''prisonnier''. Celui-ci bondit en arrière, frappant la lame de l'autre avec la sienne dans un bruit qui semblait résonner dans la cour vide.

«Tu es doué.» Souffla Arthur quand ils croisèrent le fer après quelques minutes de techniques diverses et variées. Il semblait amusé, heureux et en pleine forme, transpirant à peine.

Francis eut un petit rire, reprenant en même temps son souffle «J'ai eu un bon professeur.

- Ha oui? Ça tombe bien, moi aussi.» Gloussa le noble, attaquant avec vitesse et force. Il frappa l'épée de son invité, la faisant voler dans les airs, elle retomba quelques mètres plus loin, dans un fracas métallique. Il lança un sourire fier à Francis «Gagné. Je...»

L'autre se laissa alors tomber et lui faucha les jambes d'une des siennes, le faisant basculer et heurter le sol dans un petit cri de surprise. Il fut ensuite cloué par terre par le poids de son ''prisonnier'' qui lui arracha son épée des mains et la jeta plus loin. Les yeux ronds, il fixa son partenaire d'entraînement et balbutia «Mais...

- Si c'était un combat réel, j'aurais gagné. Car j'aurais une dague cachée quelque part et je pourrais te frapper à mort maintenant.» Il fit un rictus narquois à Kirkland, persuadé de son avantage.

Sauf que celui-ci ricana et fit basculer ses jambes, bousculant Francis et lui attrapa le poignet droit d'une de ses mains. Il le tira vers lui, ferma son poing libre et le pressa contre le ventre de son captif. «Tu disais? Dans la famille on a parfois un petit poignard caché dans la manche. Sois tu meurs, soit je te tue avec mes dernière forces et je t'emporte avec moi.»

Ils rirent tout les deux de la situation. Aucun d'eux n'étaient prêt à abandonner dans une lutte.

Ils se regardèrent, se rendant soudain compte de leur proximité. Francis eut un sourire et lui posa un baiser léger sur les lèvres. Arthur ouvrit des yeux ronds, il allait dire quelque chose quand l'autre lui posa son index gauche sur la bouche. «Ne dis rien.»

Il posa quelques baisers sur la joue, le menton imberbe et le cou. Là il eut un rictus moqueur et mordilla la peau.

«Hé...

- Chut.» Il suça la peau, sentant le frisson du corps sous lui. Il se redressa ensuite, relâchant sa prise avec un petit rire «Tu es bon pour mettre des habits avec des cols maintenant»

Arthur rougit, indigné. Comment avait-il osé lui faire un suçon? Ça aurait du être lui. Il se redressa, à genoux, et passa un bras autour des épaules de son invité (permanent). Il lui souffla à l'oreille quelques mots, le faisant frisonner et approchait, prêt à lui faire subir le même sort. Mais Francis se déroba en riant. Il le regarda partir avec une moue frustrée.

«Ce n'est que parti remise.»


Arthur attendait son heure. Il était partent. Sa revanche serait là quand le moment serait opportun. Là Francis venait de lui apporter une tasse de thé. Il se leva et se plaça derrière lui, l'enlaçant et lui chuchotant à l'oreille. «Alors on se croit malin?

- Pardon?

- Tu vas regretter d'avoir titillé le grand Arthur Kirkland.

- Ça va les chevilles?»

Il rit et lui mordilla le lobe de l'oreille avant d'embrasser la joue légèrement piquante. Sa main gauche se glissa sous les vêtements de son interlocuteur, caressant la peau, s'émerveillant de sa douceur. Il arrêta un coup de coude de sa main libre. «Quelle agressivité.

- Quelle perversité.

- Allons, tu ne déteste pas ça, n'est-ce pas?

- Tu ne pense qu'avec ton engin ou quoi?»

Arthur éclata de rire et laissa à son tour un suçon dans le cou de sa victime. Pas question qu'il soit le seul à devoir se cacher la peau. Il serait la cible des moqueries des autres domestiques et devrait aussi faire face aux questions de son fils. Chacun son tour!

Il retourna l'autre et le plaqua à son bureau, se penchant sur lui, plongeant son regard émeraude dans deux orbes saphir. Ce visage délicat, malgré la légère barbe. Ces boucles blondes qui encadraient ce visage d'ange. Il était beau. «J'aime tes yeux, on dirait deux joyaux.

- Les tiens ne sont pas mal non plus. Et tes sourcils te rendant...unique.

- Haha.»

Oui décidément..avoir quelqu'un pour lui répondre comme ça lui faisait un bien fou.

Il aimait de plus en plus sa présence et sa voix, ses remarques et s'amusait de ses moqueries.


Omake

«Puisque je te dis que ce sera mon descendant.

- Tu veux rire, ce sera forcement le mien.»

Les deux amants pirates se fixèrent pendant un moment, aucun ne voulant lâcher l'affaire.

«Arthur a collectionné les conquêtes, ton mignon blondinet n'y résisteras pas.

- Ou peut-être que ton adorable ronchon va finir par fondre dans les bras de Francis..»

Le capitaine fronça les sourcils «Un Kirkland n'est pas dominé!

- C'est pour ça te plaisait de l'être de temps en temps?»

Le pirate devint rouge comme une tomate et détourna la tête, vexé. Il ne lui répondrait pas et préférait bouder de façon très mature. Il n'en démordit pourtant pas et ne se gênairait pas pour faire la leçon à son descendant.

Un Kirkland n'est PAS en dessous.


A suivre