Disclaimer: Hetalia ne m'appartient pas.
Personnages: Francis, Arthur essentiellement. D'autres personnages présents (Yao, Matthew, Alfred, ect...) + deux pirates d'une autre époque.
Parings: Fruk (x2)
Genre: Romance
Rating: T
Partie VIII
Matthew se réveilla ce matin-là, seul dans la chambre. Ouvrant de grands yeux, il se mit à paniquer. Où était son papa? Effrayé il descendit du lit et voulut sortir de la pièce. Il était trop petit. Il tira la chaise du bureau pour se hisser jusqu'à la clenche et sortit de la salle en pyjama, son ours en peluche à la main. Il courut jusqu'à la chambre d'Alfred et sauta sur place pour ouvrir à nouveau, après plusieurs essais, il réussit à attraper la poignée et à l'abaisser. Il passa ensuite ses doigts dans l'interstice et tira pour passer. Reprenant son souffle, il grimpa sur le lit confortable et secoua son ami. «Réveilles toi! Alfie!»
Celui-ci ouvrit les yeux et bailla, avant de regarder son ami avec surprise. «Mattie?
- Papa n'était pas dans la chambre! J'ai peur!» Gémit celui aux yeux violets, des larmes pointant aux coins de ceux-ci.
L'autre bailla et se frotta les yeux «Il est peut-être aux cuisines? Lars est pas là pour deux jours.
- Il me réveille toujours le matin!» Protesta l'enfant, serrant sa peluche contre lui. Son papa n'aurait jamais quitté la chambre pour le laisser tout seul. Le soir, il lui racontait une histoire puis allait finir son travail mais le matin il restait près de lui jusqu'à son réveil! Inquiet, il murmura «Il a peut-être été enlevé!
- Par qui?» Fit Alfred en ouvrant de grands yeux.
Matthieu hésita puis souffla, à voix basse «Les méchants soldats qui nous ont amené ici. Ils ont frappé papa une fois! Et ils faisaient peur aussi.» Ces hommes riaient fort et se moquaient de son père, disant des choses qu'il ne comprenait pas du tout. Son papa le serrait dans ses bras, et tremblait lui aussi. Lui pleurait tellement il avait peur mais rien ne s'arrangeait. Il ne se réveillait pas dans sa chambre au palais, et sa belle vie heureuse semblait avoir disparue. Il était à nouveau heureux ici mais avait peur que les méchants reviennent.
«Papa ne les aurait pas laissé faire! Il les aurait puni!» Répliqua Alfred, certain que son père n'accepterait pas que des hommes inconnus rentrent chez lui et frappent les personnes vivant dans cette maison. Son papa les jetterait tous dehors sans problème! C'était quelqu'un de très fort!
«Mais il est où alors?
- On va le chercher!» Fit le fils du noble en sortant du lit et en atterrissant sur la moquette. Il prit la main de son ami et ils partirent dans le couloir. «Ton papa est peut-être quand même à la cuisine, on va aller voir.»
Ils se dirigèrent vers les escaliers quand une silhouette se dressa devant eux.
Alfred eut un grand sourire «Oncle pirate!» s'écria-t-il, ravi de voir le loup de mer, qui lui racontait tant d'histoires.
Le flibustier eut un grand sourire et fit «Aye. Dites les petits, il est tôt. Qu'est-ce que vous faites dans les couloirs à cette heure-là?Vous n'avez pas mis vos chaussons en plus!»
Matthieu hésita puis murmura «Mon papa a disparu monsieur. On le cherche» Il restait derrière son ami, un peu méfiant.
L'homme eut un sourire «Il n'est pas à la cuisine. J'en viens. Et mon second est dans la bibliothèque, donc ton père n'y ait pas non plus. Enfin je crois...» Il se gratta la tête. Où était passé le père du gamin? A moins que... «Il est peut-être dans la chambre d'Arthur!
- Pourquoi il serait dans la chambre de papa?» S'étonna Alfred, ouvrant de grands yeux étonné. Il n'avait pas pensé à cette possibilité et cela l'étonnait beaucoup. Il n'avait jamais eu conscience des gens qui dormaient dans le lit de son père (pour ceux qui n'étaient pas renvoyés dans leur chambre) puisqu'ils partaient généralement assez vite et même s'il avait vu parfois des gens, ils auraient pu dormir dans une chambre d'amis, donc cette possibilité n'avait jamais effleuré son esprit.
Le pirate chercha une réponse approprié et fit, haussant les épaules «Parce qu'il l'a consolé hier, et peut-être qu'il s'est endormi là-bas?»
Enfin ils avaient beaucoup parlé, et bu un peu. L'esprit était parti avant d'entendre la fin de la discussion donc tout était possible.
«Viens Mattie, allons voir et s'il n'y est pas, papa nous aidera à le trouver!» Fit joyeusement Alfred, tirant son ami par la main vers la chambre de son père.
Silencieux le flibustier eut un sourire doux. Il regardait ses mains, colorés et solides. Il lui manquait si peu pour être de nouveaux vivants. Une froideur enserrait toujours son âme, comme des chaînes glacées. Il alla vers la bibliothèque, il avait besoin de se blottir dans des bras aimants, même si cela ne le réchaufferait que peu.
Il arriva derrière son second et l'enlaça, posant son front contre son épaule. «Bonjour...»
Chose surprenante, ils avaient dormis, ressenti de la fatigue. Et fait des rêves. Chose qui ne s'était pas produite depuis si longtemps. Le capitaine se retrouva face à deux saphir et eut un sourire tendre, avant de dire «Il y a eu une nouveauté dans notre condition.
- Oui, nous dormons.
- C'est une avancée.
- Arthur...
- Je suis certain que c'est ça. L'amour de nos descendant l'un pour l'autre. Chaque pas en avant nous rapproche de la vie! On peut prendre des objets, on peut être vu par d'autres. Nous ne sommes plus glacés.
- Parles pour toi, je sens toujours cette froideur en moi.» Chuchota l'autre, s'appuyant à son amant, enlaçant ses doigts aux siens, silencieusement.
«Moi aussi...» Marmonna le capitaine, sa joue frôlant les mèches d'or de son tendre second. Il ferma les yeux quelques instants soudain eut un sourire malicieux «Tu sais quoi?
- Hum?
- Ton descendant a dormi avec le mien.
- Ha?
- Il est dans sa chambre! Dans son lit!» Il leva les bras au ciel, un sourire ravi aux lèvres «Et comme par hasard, on a pu dormir cette nuit!
- Ça ne veut pas dire qu'ils ont fait quelque chose!» Murmura son amant en haussant les épaules, amusé par l'attitude du loup de mer, qui jouait vraiment les commères. Il posa une main sur la joue de son amant, frôlant la petite cicatrice sur la pommette de l'index. «Ils ont l'air encore plus lents que nous...Et pourtant ce n'est pas les mêmes circonstances.
- Non, c'est nous qui avons été lents. 5 mois avant de coucher ensemble.
- Et j'ai passé 3 mois sur le plancher de ta cabine. Qui n'était pas franchement confortable!» Puis le capitaine avait perdu son frère et ils s'étaient rapprochés, ils dormaient ensemble, se câlinaient, apprenaient à se connaître, parlant parfois pendant des heures, buvant souvent ensemble avant d'enfin, un jour, franchir le pas.
Le capitaine secoua la tête, têtu:«Non. On a vraiment été lent..» marmonna-t-il, croisant les bras. Son cher et tendre lui avait bien résisté quand même. Il avait de bons arguments pour lui couper ses envies. Ils se battaient souvent, puis buvaient ensemble, et parlaient un peu. Puis boudaient chacun dans leur coin pendant plusieurs jours avant que se battre à nouveau pour une broutille. Francis sortait sur le pont malgré l'interdiction et ignorait les hurlements de son geôlier, il s'évadait pour aller aider aux cuisines, il demandait au second de l'époque de lui acheter des livres...Arthur avait des tas de raisons de lui crier dessus et dans ce cas il répondait et cela finissait en bagarre. Après qu'ils soient devenus amants, les disputes finissaient en une toute autre sorte de bataille...qu'ils préféraient aux précédentes. Reniflant et revenant à la discussion, il soupira «D'habitude mes amants me tombaient dans les bras le soir-même. Personne ne résistait à mon charme...Je pouvais séduire n'importe qui!»
Son second pinça la joue de son amant en susurrant «Tu sous-entend que je suis n'importe qui mon cœur?
- Non...» fit humblement le pirate, souriant avec amusement. «Tu es le prisonnier le plus dur à cuire que j'ai jamais capturé.
- Encore heureux!
- Ne t'en fais Francis, ma fidélité à ton égard est éternelle.
- Tu as intérêt, sinon je te castre!» avertit sèchement son amant, lâchant la joue pâle de son bien-aimé. «Et je suis sérieux mon chéri!»
Arthur eut un frisson en se rendant compte que l'autre ne plaisantait pas du tout. Il eut un sourire qui ne tremblait pas et rit «J'admets ne pas avoir été un hôte très convenable au début.
- J'avoue que me faire dormir par terre était mesquin!» Répéta l'autre, tapotant le front de son amant de son index.
Le capitaine eut un petit rire et enlaça son amant avant de chuchoter «Ils sont la clé ces deux-là, nos chers descendants..
- Arthur...
- Je veux y croire...» chuchota l'autre, serrant son bien-aimé dans ses bras «Je veux goûter de nouveau à la vie, t'aimer, vivre à tes côtés, te rendre heureux..» Et ne plus être retenu par l'état dans lequel ils étaient. Il voulait pouvoir boire à nouveau, manger ce qu'il aimait, savourer la chaleur du soleil sur sa peau, sentir l'odeur de la mer, naviguer sur un bateau...et goûter au plaisir avec l'être qu'il aimait «Je suis certain que j'ai raison...Fais moi confiance mon amour...»
L'autre hocha la tête, gardant sa prise sur le pirate, qui ferma les yeux, partant dans ses souvenirs heureux, agrippé à son doux amant. «Très bien, je te crois mon ange...»
Arthur ricana «Ce surnom me va bien mal.»
Il n'avait qu'à faire confiance à leurs descendants, qui allaient les libérer en étant eux-même heureux ensemble. Il suffisait d'être patient et de jouer les marieurs. Le jeune noble se confiait souvent à lui, il lui suffisait de le guider, il s'y connaissait en sentiments après tout non?
Francis ouvrit les yeux. Il avait bien chaud. Et le plafond qu'il avait au dessus de lui...lui était inconnu. Il sentit immédiatement deux bras autour de lui. Et aussi qu'il ne portait pas grand chose.
Il se remémora ce qui s'était passé la veille au soir. Il avait couché Matthieu, et était allé porter un thé et un verre de whisky à son employeur. Même si celui-ci parlait de le faire passer au statut d'invité permanent au manoir dans peu de temps. Bref...il avait apporté tout ça au noble et celui-ci avait sortit un autre verre qu'il avait rempli de brandy. Et qu'il lui avait donné.
Pendant ce temps il avait bu son thé, tranquillement, lui parlant des nouvelles dans le pays.
Francis avait bu l'alcool, timidement. Et avait parlé des conditions de sa capture, de son voyage jusqu'ici et de l'attitude des soldats. Il avait encore des frissons en se souvenant de leurs regards et de leurs paroles à son égard. Ça avait été un moment difficile pour lui et son enfant en faisait parfois des cauchemars, marqué par ce voyage éprouvant.
Alors Arthur l'avait prit dans ses bras et l'avait attiré contre lui, l'embrassant doucement. Ses doigts s'étaient enfoui dans ses cheveux, l'autre main se glissant sous les vêtements pour toucher la peau chaude et caresser le dos. Le baiser était doux, tendre. Rien de passionné à ce moment-là. Les caresses étaient légères et frôlaient la peau tendre. C'était agréable et réconfortant. Il n'avait jamais réellement connu ce genre de tendresse.
Avec la mère de Matthieu peut-être mais jamais à ce point-là. Ça avait été une relation assez rapide, et l'enfant était arrivé un peu sans qu'ils s'y attendent. Pour elle ça n'avait été qu'une aventure.
Le douceur de Kirkland détendait chacun de ses muscles, et il se blottissait contre lui, dans sa chaleur, humant son odeur de Cologne et de thé. Francis avait plongé ses doigts dans les doux et soyeux cheveux sable, son autre main se glissant sous la chemise blanche, frôlant le nombril, frôlant la peau douce et pâle.
C'était tout ce qui s'était passé pendant un moment. Des caresses et des baisers. De la douceur et de la chaleur humaine. Ce n'était pas première fois qu'ils partageaient cela...ce n'était pas la première fois que les doigts fins d'Arthur faisait naître une douce chaleur dans son ventre, le faisant même frissonner sous la douceur de ces gestes.
Puis la main de son compagnon était remontée jusqu'à sa poitrine, ses doigts pinçant une pointe de chair, le faisant tressaillir. Le baiser suivant avait été plus fort, plus passionnée. Francis avait resserré sa prise sur l'autre, sentant son cœur battre plus fort. Les yeux verts de Kirkland étaient magnifiques, d'une couleur aussi brillante qu'une émeraude. Ses lèvres étaient rougies par les baisers et ses joues étaient rosées. Ses cheveux en bataille lui donnaient un aspect adorable.
Il avait déboutonné la chemise blanche, dévoilant un torse musclé et pâle, dépourvu du moindre poil. Ses mains avaient parcourues cette peau chaude et délicate, faisant naître de délicats frissons dans le corps de son (futur) amant. Arthur n'avait pas été en reste et l'avait débarrassé de son propre haut. Ils étaient tombés sur le lit. Ils se découvraient presque timidement, entre deux baisers.
Il avait eu envie de prendre le contrôle.
Juste pour faire enrager cet adorable arrogant.
Alors qu'il laissait une marque dans le cou gracile, il avait fait descendre sa main plus bas, faisant pousser un glapissement à Arthur. Celui-ci avait tenté de reprendre le dessus mais il avait échoué, retombant dans les draps blancs.
Francis avait observé les yeux brillants devenir brumeux, entendu les petits gémissements et écarter de main libre les mèches collées au front humide.
Ils n'étaient pas allés plus loin.
C'était trop rapide.
Il revint au présent en sentant l'autre se nicher un peu plus contre lui, soupirant doucement. Ses traits paisibles et son sourire heureux le rendaient réellement mignon. Il avait l'air si innocent et délicat comme ça. Il respirait calmement contre sa peau, ses bras l'enlaçant tendrement. Un petit soupir échappa à ses lèvres. Il semblait si abandonné et si paisible que Francis se demanda combien de personnes avaient contemplé ce visage endormi. Si l'homme était un séducteur...ils devaient être nombreux, à moins qu'il ne les ait renvoyé dans la chambre d'amis après l'acte. Avant de le connaître mieux, il aurait juré qu'il n'était pas quelqu'un de très câlin, mais maintenant...
Il caressa le dos d'Arthur, remontant jusqu'à sa nuque, et plongeant les doigts dans les cheveux soyeux. Ses doigts finirent sur la joue imberbe. Un grognement échappa à l'endormi qui ne nicha un peu plus contre lui. Un petit rire échappa à Francis. Il eut envie de taquiner l'endormi. Juste un peu.
Il prit sa main et y posa un baiser aussi léger qu'une plume.
«Hum...»
Il chatouille le nez qui se plissa. La petite moue fut si comique qu'il eut un petit rire amusé. Il chuchota à son oreille «Arthur, c'est le matin, réveilles-toi.
- Encore cinq minutes...» grogna l'autre en se blottissant sous les couvertures.
Francis pouffa. Il était décidément trop adorable pour son propre bien. Il posa une baiser sur le front d'Arthur qui entrouvrit des yeux encore embrumés de fatigue. Il se redressa en position assise, se frottant les yeux. Ses cheveux étaient en bataille. Il posa son regard sur celui qui partageait son lit.
«Bonjour...» fit joyeusement celui aux yeux bleus.
L'autre cligna des yeux plusieurs fois et finit par marmonna «Bonjour...
- Toi tu m'as l'air encore un peu endormi...
- Non, c'est juste que d'habitude, mes amants ne dorment pas dans mon lit.» Il rougit et détourna le regard, embarrassé «Je n'ai pas l'habitude de me réveiller à côté de quelqu'un...» Sa femme avait quitté le lit conjugal dès qu'elle avait été enceinte et n'y était plus revenu. Puis elle était partit, après l'avoir trahi. Il avait eu des conquêtes, hommes comme femmes, mais il les renvoyait dans une des chambres d'amis après l'acte. Se réveiller dans les bras de quelqu'un était une expérience nouvelle qui lui causait un étrange bonheur.
«Les miens non plus...surtout après la naissance de Matthieu. Les rares que j'ai eu partaient sitôt nos affaires faites. Le risque que mon fils vienne pendant la nuit était important. Ou qu'il se réveille tout simplement.» Il avait refusé que son fils soit à la nursery du palais et avait fait aménagée la pièce attenante à sa chambre. La première année il se levait presque chaque nuit pour aller bercer son fils, le changer ou lui donner un peu de lait. Il n'avait guère de place pour l'amour ou la passion, il chassait ses rares amants de sa chambre sitôt les choses faites.
Arthur hocha la tête, il comprenait parfaitement. Il prit doucement la main de son futur amant et embrassa la paume, avant de regarder l'autre dans les yeux «Tu es en sécurité ici.
- Je sais. J'ai confiance en toi.»
Arthur rougit, un léger sourire aux lèvres. Il détourna la tête pour cacher son embarras. Il ramassa sa chemise par terre et l'enfila sans quitter le lit. «Les serviteurs reviendront en fin d'après-midi. Et si nous nous levions?»
Francis allait dire quelque chose quand la porte s'ouvrit et que deux terreurs surgirent dans la chambre. Matthieu se hissa sur le lit et se jeta dans les bras de son père «Papa!» Il tremblait et s'écria «Je me suis réveillé mais il n'y avait personne dans notre chambre! J'ai cru que les méchants soldats t'avaient enlevé!»
Kirkland avait reçu son propre enfant dans ses bras et écoutait son babillage «J'ai aidé Mattie à retrouver Francis, je suis un héros hein papa?»
Il sourit et embrassa son fils sur le front avant de dire à l'autre petit, d'un ton doux. «Tu n'as pas à t'en faire Matthew, si des gens entraient ici pour enlever ton père, le pirate les mettrait tous au tapis et ils fuiraient en pleurant devant lui.
- C'est vrai?
- Parfaitement, le pirate protège la maison.» Il pouffa et ajouta, d'un ton malicieux «Pendant que nous étions à la maison de campagne, il y a eu des voleurs qui sont entrés ici. Il leurs a fait peur et les a poursuivi partout dans la demeure. Et ils ont fini enfermé dans une malle jusqu'à ce que Oncle Carwyn vienne les chercher!»
Alfred et Matthew se mirent à rire. Et ils étaient rassurés de savoir que la maison avait un protecteur en la personne du loup de mer.
«Il est trop fort!
- Exactement, il était un terrible pirate vous savez!
- Plus fort que toi papa?»
Arthur hésita une micro-seconde où il s'imagina en duel contre le flibustier. Il en eut un frisson. Bonjour l'humiliation si jamais cela arrivait. Il craignait le pire. «Heu...oui, il a plus d'expérience. Il vivait sur les mers. Il combattait tous les jours. Moi je me bats rarement, même si le m'entraîne beaucoup.»
Mieux valait dire la vérité. S'il mentait, les enfants risquaient d'en parler avec son homonyme et celui-ci allait venir lui crier dessus pendant des heures. Et il n'y tenait pas du tout. Vraiment pas.
Francis caressa les boucles blondes de son fils et murmura «Je suis désolé Matthieu. Je pensais me réveiller le premier et être là quand tu ouvrirais les yeux.
- Pourquoi tu dormais dans le lit de monsieur Kirkland?
- Oui pourquoi?» Reprit Alfred, ses grands yeux bleus posés sur son père. «Tu dors toujours tout seul d'habitude!
- Et bien...
- Ton papa fait aussi des cauchemars et il voulait un câlin et il s'est rendormi sans me lâcher.» expliqua Francis et ébouriffant les mèches claires des petits.
«Hoooo!» Fit l'enfant, avant de hocher la tête. «C'est normal de vouloir un câlin!» Matthieu hocha la tête pour montrer qu'il était d'accord.
Arthur lança un regard noir à son (presque) amant par dessus les deux têtes blondes. Francis lui répondit par un sourire angélique. «Attends un peu...» Souffla-t-il, menaçant.
L'autre eut un rictus «Je suis tellement terrorisé.»
Celui aux yeux verts eut un air diabolique. Il allait le payer très cher. Il allait le regretter. Il allait voir la nuit prochaine. Il fut tiré de ses pensées vengeresses par son fils qui s'exclama qu'il avait faim et que c'était l'heure du petit-déjeuner.
Francis rit et se leva, enfilant sa chemise de la veille. «Je vais habiller les enfants et me préparer! A tout à l'heure.»
Ils partirent, laissant Kirkland seul dans le grand lit. Retombant dans les draps, Arthur repensa à sa soirée et ses joues prirent une délicate teinte rosée. Il passa sa langue sur ses lèvres. Son doux captif était savoureux, sa peau était douce et délicate. Ses lèvres étaient un appel aux baisers. Il n'avait pu s'arrêter de le toucher, de le caresser, de chercher les zones les plus réactives. Le faire gémir était une fierté. Il eut un sourire idiot en repensant aux yeux bleus qui le regardaient avec passion et besoin. A sa voix qui murmurait son nom tandis que sa main le faisait goûter au plaisir le plus fort.
Chacun son tour...
Ils s'étaient découverts, explorés, cherchés...et il était comblé.
Et pourtant ils n'étaient pas (encore) allé jusqu'au bout.
Mais ce n'était qu'une question de temps, il le ferait se perdre, crier entre ses bras et l'aimerait à sa juste valeur. Il avait bien l'intention d'essayer dès la nuit à venir. Et cette fois il irait jusqu'au bout, rien ne l'arrêterait.
Un sourire aux lèvres, il se leva et rassembla ses vêtements pour la journée avant d'aller d'un pas léger vers la salle d'eau.»
Patience mon mignon, patience...
Tu seras bien vite à moi...
Arthur passa la journée parfaitement normalement. Il emmena son fils se promener à cheval dans la campagne, puis s'entraîna avec Francis au maniement des armes. Il écouta son invité qui jouait du violon dans le salon, pour les deux enfants. Bercé par la musique, il fredonnait l'air, un air qu'il aimait beaucoup. Son préféré. A un moment, il se retrouva face à son ancêtre, alors qu'il travaillait un peu sur ses papiers.
«J'ai pu dormir cette nuit.
- Vraiment?
- Chaque fois que vous faites des progrès tous les deux, on a une amélioration.»
Arthur le plus jeune rougit et se concentra sur sa feuille, il avait l'impression d'être observé même si ce n'était pas réellement le cas. L'autre saurait si quelque chose se passait. C'était gênant. Un peu. Il retourna le papier et plongea sa plume dans l'encrier.
«Qu'est-ce que tu attends pour le débaucher?
- Il n'a pas besoin de l'être d'après ce que j'ai vu hier soir.» Grogna le plus jeune d'un ton sans appel, les joues brûlantes en repensant à certains gestes de mon presque amant. «Et rien ne presse. Vous pouvez bien attendre encore un peu hein? Et puis qui dit que la malédiction sera levé si on franchit ce cap?»
Le pirate croisa les bras. Il boudait un peu. C'était vrai. Ce n'était pas l'acte en lui-même qui lèverait la malédiction. Au pire, ils seraient à deux doigts d'en être libéré. Non ce qu'il fallait, c'était une déclaration. Mais il n'osa pas le dire, sentant que l'autre n'était pas prêt à attendre ça. «Tu as peut-être raison.
Peut-être que si on reste ensemble longtemps, ça vous libérera?» Finit par murmurer le noble, un peu coupable de ne penser qu'à lui. Il écrivit quelques mots sur le papier. «Que veux-tu de plus?
- Que penses-tu de ton invité?» Fit soudain le pirate, curieux «Qu'est-ce que tu apprécie chez lui?»
Arthur leva les yeux vers lui et hésita. «J'aime parler avec lui. Il me comprend comme personne auparavant, j'aime sa voix et son rire. J'ai l'impression d'avoir quelqu'un qui peut ressentir les mêmes choses que moi, rire avec moi.» Il reposa sa plume et referma son encrier, pensif. Il aimait ses yeux qui brillaient comme deux saphirs. Il eut un vague sourire et écarta le papier sur son bureau, avant de dire «J'aime me chamailler avec lui. Personne n'avait osé me répondre comme ça avant, à part mes frères parfois.» Il rit doucement en se remémorant les taquineries de son presque amant. Il sentit son cœur battre plus fort en repensant au bonheur dans les orbes bleues quand son invité avait revu sa petite sœur, la larme qui avait coulé sur sa joue. Sa voix si douce qui avait un peu tremblée quand il l'avait remercié, et tant d'émotions dans son regard. La douceur dans ses yeux quand il avait chantonné une berceuse pour la petite, le berçant avec tendresse.
«Tu souris comme un idiot.» ricana le loup de mer, bras croisés «Admets le, tu l'aimes!»
Arthur rougit. L'Amour. Il avait du mal à y croire. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un qui lui plaisait avant. Il n'avait jamais permit à personne de dormir dans son lit. Il n'avait jamais permit de la tendresse avec quelqu'un, c'était juste du sexe. Il permettait à Francis des choses qu'il n'avait jamais permit à personne auparavant. «Je...
- Il te plaît, avoue le!
- Sûrement!» Grogna le plus jeune, détournant la tête et se levant pour aller à la fenêtre. Il voyait son jardinier qui travaillait au milieu des fleurs. Il vit Alfred et Matthieu courir dans l'herbe, se poursuivant. Francis était assis sur un banc, un livre sur les genoux. «Peut-être...
«Tu as enfin trouvé quelqu'un a qui faire confiance.
- Oui...» Admit le noble, à contrecœur, un peu gêné de se dévoiler tant, même devant l'esprit du flibustier. Celui-ci lisait en lui à livre ouvert, c'était terriblement embarrassant. «Je lui fais confiance...
- Bah tu vois quand tu veux.
- Mais ça ne veux pas dire que je...ARRÊTE DE SOURIRE COMME CA!» S'écria-t-il, rouge comme une tomate, devant le rictus moqueur de son ''ancêtre''.
«Arthur, mon petit Artie, je te racontais déjà des histoires quand tu portais des langes, je t'ai vu grandir jour après jour. Je te connais par cœur. Tu ne peux pas me tromper!
- Tu te fais des idées.
- Mais bien sûr.» Ricana le plus vieux, s'amusant comme un fou devant la mauvaise foi de son homonyme, qui était adorable avec ses joues écarlates. Sa gêne ne trompait personne. Ce qui n'était au début que de l'intérêt et du désir s'était transformé en autre chose. C'était bien amusant.
«Je te dis que...peu importe après tout!»
C'était presque une capitulation à ce stade.
Impossible d'avoir le dernier mot.
Arthur préféré quitter la pièce, la tête haute, sous le rire de l'esprit.
Francis était assis dans la bibliothèque. Il avait un moment de liberté, les enfants jouaient sagement dans la chambre d'Alfred et Kirkland travaillait dans son bureau, des papiers ayant été apporté un peu plus tôt dans la journée. Il ignorait ce que faisait exactement son hôte mais après tout il le saurait bien un jour. Tournant les pages, appréciant l'histoire, il suivait les lignes quand son aïeul arriva dans la pièce.
«Bonjour.
- J'ai entendu dire que quelque chose s'était amélioré? Tant mieux!» Il offrit à l'esprit un sourire lumineux.
«Je crois que Arthur l'a répété suffisamment de fois non?» Gloussa le second du pirate, levant les yeux au ciel, amusé. «Il n'arrête pas de dire que les choses s'améliorent pour nous...
- Je peux le comprendre. Être prisonnier de cet état pendant des années, ça doit peser non?
- Oui. On sent comme des chaînes glacées autour de notre âme.» répondit son aïeul, frottant ses bras comme se réchauffer. «L'idée d'en être libéré...c'est un fol espoir.
- J'espère que ça arrivera vite.
- Tu es gentil...» Fit le plus vieux.
Celui-ci avait été convaincu par son amant de parler avec son descendant au sujet du sien. Et il avait levé les yeux au ciel, se demandant vraiment si l'autre s'était trouvé une âme de marieur. Sans doute. Il semblait s'amuser comme un gamin. Il riait quand il lui avait rapporté sa discussion avec l'autre Arthur, qui était, selon lui, un adorable petit ronchon. Comme lui en somme. Il s'était vaguement demandé si le fait d'être bientôt libéré de la malédiction jouait dans l'enthousiasme de son amant mais avait bien vite vu que ceci était secondaire. Il voulait être libre bien entendu mais le bonheur de son protégé, de son sang, semblait important pour lui.
«S'il fait une connerie et perd l'autre Francis, ce sera la plus belle erreur de sa vie. Il ne faut pas qu'il laisse passer cette chance.» Les yeux du pirate s'était plongé dans les siens et il avait soufflé d'un ton bas, hésitant «On a failli la faire et on l'aurait fait si un drame n'était pas arrivé...et si mon cœur n'avait pas été autant malmené. Mon frère Kerian me l'avait dit...il avait tout fait pour me faire entendre raison mais je ne l'ai jamais écouté...» Ses mains avaient prises celle de son ancien captif et il avait achevé «Crois-moi, il faut qu'ils se réunissent...»
Il avait peur que si les choses se poursuivaient, cela en reste au stade du sexe et que ça n'aille pas plus loin, surtout avec le caractère de son descendant. L'autre Francis s'en rendrais peut-être compte mais il n'oserait pas. Et l'autre était bien capable de le renvoyer dans son pays en pensant le rendre heureux. Quelle erreur se serait alors. Ils seraient séparés et seuls pour très longtemps, meurtris par cette cassure et par les sentiments inavoués.
Son amant avait hoché la tête. Il ne fallait pas que Francis rentre chez lui dans l'état actuel des choses, son pays avait trop changé.
«Alors...tu as servis de peluche géante à ton Arthur cette nuit?»
Rougissant Francis referma son livre. «Ce n'est pas mon Arthur.» Et il eut un vague sourire et regarda le mur avec hésitation «Enfin...peut-être un peu.» Il ne savait pas vraiment ce qui l'unissait à cet homme.
«Franchement, que penses-tu de lui?
- Il est arrogant, sûr de lui, aime se moquer des aime avoir du pouvoir.» Il préférait commencer par les défauts et reprit, d'un ton plus doux «Mais il est quelqu'un a qui on peut faire confiance, il est doux et prévenant et c'est un père exemplaire.» Les yeux de Kirkland étaient magnifiques, et son sourire était quelque chose d'adorable. «Il est amusant quand il boit. Et il a un besoin de tendresse qu'il cherche à cacher...»
L'autre eut un sourire amusé «Mon Arthur est comme ça aussi. Il est fier, sûr de lui, il aime commander. Il a un caractère de cochon parfois...
- Il est pas le seul...j'en connais un autre.» Marmonna le plus jeune, d'un ton moqueur, se souvenant des petites disputes avec son presque amant.
«Mais il est aussi secret, il est rêveur...quand il souffrait, avant de me rencontrer, il le cachait au fond de lui. Il ne voulait que personne ne voit ses faiblesses et ses souffrances. Il est quelqu'un de sensible au fond. Il a abandonné sa famille mais je suis certain qu'il est un bon père. Il était très paternel avec un petit mousse sur notre navire.
- Vous...Tu sais pourquoi il est parti s'il aimait ses enfants?
- Je sais beaucoup de choses, mais il n'aimerait pas que je le raconte à tout le monde.» Le second soupira, regardant le plafond. Il hésita quelques instants puis murmura «..il était en conflit avec son père. De graves conflits. Et un jour celui-ci l'a fouetté jusqu'au sang pour quelque chose...je ne te dirais pas quoi. Il a beaucoup perdu. Révolté il est partit et il n'est jamais revenu...avant sa condition d'esprit.» Un temps de silence flotta entre eux et il ajouta, d'un ton triste «Arthur est un être libre...on ne pouvait pas l'enfermer dans un schéma classique.»
Francis le croyait bien. Le pirate lui semblait bien être quelqu'un se fichant des convenances, refusant d'être comme tout le monde, un véritable feu follet, un être que personne ne pouvait enchaîné.
«Tu ne l'as pas détesté? Il t'as arraché à ta vie, à ta famille après tout.
- Au début oui. On se battait comme des chiffonniers à la moindre occasion. Il m'a forcé à dormir par terre. On s'ignorait quand on se se hurlait pas dessus ou quand on ne roulait pas au sol en s'échangeant des coups. Puis il s'asseyait dans son fauteuil et buvait en marmonnant soit des insultes, soit des insanités. Du genre T'as de la chance d'avoir un joli petit cul ou je t'aurais déjà laisser à mes hommes mon joli!. Il était assez secret. Et puis un jour son frère, son second, a été tué et il a craqué. Il a pleuré devant moi, ses barrières tombant les unes après les autres. Je lui ai donné un grand verre d'alcool et je l'ai pris dans mes bras. Je l'ai bercé jusqu'à ce qu'il se calme. Les jours suivants il était amorphe. Il ne répondait plus à mes provocations. Il hurlait pour un rien sur ses hommes. Finalement, un jour, sur le pont du bateau, j'en ai eu marre et j'ai décidé qu'il était temps de lui flanquer un coup de pied aux fesses pour le secouer un peu...» il s'interrompit et eut un rire amusé en se rappelant la scène.
«Et?
- C'est ce que j'ai fait. Littéralement.»
Un silence s'installa puis Francis explosa de rire, imaginant sans mal la tête qu'avait du tirer le pirate à la suite de cette action.
L'autre eut un petit sourire et continua «Il a hurlé, et m'a poursuivi sur tout le bateau, grimpant même à la vigie où je m'étais réfugié.
- Et ça a fini en bagarre?
- Oui. Devant ses hommes. Là je l'ai attrapé par l'oreille et traîné dans sa cabine où on s'est expliqué après un nouvel échange de coups...Je l'ai embrassé pour le faire taire...et je l'ai pris dans mes bras. Il s'est calmé et a parlé, beaucoup...m'a raconté beaucoup de choses, agrippé à moi.» Il regarda son descendant avec un air doux et termina «Et c'est comme ça que ça a commencé entre nous. J'ai appris à le voir tel qu'il étais réellement...et inversement.»
Francis hocha la tête «Mon Arthur m'a pas mal parlé de lui et de son ex-femme, et j'en ai compris beaucoup de chose. Il manque de confiance envers les personnes qu'il rencontre, il ne sait plus vraiment aimer, il est méfiant envers la tendresse.» Et pourtant il avait été si doux la nuit précédente, ses yeux avaient scintillé, faisant naître une certaine chaleur en lui.
Le second eut un soupir exagéré «Halàlà ces Kirkland. Il faut les apprivoiser. Ils sont sauvages et ne baissent pas leurs défenses facilement. Mais une fois qu'on a gagné, ils se dévoilent et deviennent les personnes les plus tendres (dans l'intimité) qui soit. Mais ils auront toujours leur petit caractère.
- J'aime me disputer avec lui.» Il se dit d'ailleurs que Arthur était adorable quand il devenait tout rouge et vociférait. «Il est tellement amusant.»
Le plus vieux hocha la tête «Je vais te donner un conseil à utiliser avec ton cher et tendre compagnon. Ça a très bien marcher avec le mien..
- Nous ne sommes pas...enfin dis toujours.
- Fais toi désirer. Rends le fou. Fais le agoniser de frustration. C'est terriblement jouissif.»
Devenant tout rouge, Francis se demanda si l'autre plaisantait. Au vue de son regard...non. Il réfléchit quelques instants puis se dit que c'était une bonne idée. Après ce qui s'était passé la nuit précédente, cela le séduisait énormément comme idée.
Francis se décida à appliquer les conseils de son aïeul. Il commença le jour-même, esquivant les propositions de son presque amant, mais multipliant les gestes tendancieux. Il s'amusait de le voir rougir, ouvrir la bouche, écarquiller les yeux. Et il évitait les mains baladeuses du noble. Il le voyait grincer des dents. Il accumulait les sous-entendus et le laissait terriblement frustré. Arthur supporta tout cela avec un calme impressionnant...au début. Bien vite, il commença à montrer des signes d'agacement. Il marmonnait, tentait des approches plus osées, glissait des sous-entendus plus marqués, et se permettait certains gestes.
Son invité s'esquivait en riant, lui donnant une claque sur les fesses parfois. Et lui lançant une phrase bien perverse.
Arthur s'en mordait les doigts, seul dans son grand lit. Et sa main gauche lui tint souvent compagnie, agrémenté de son imagination tournée vers un certain beau blond. Il finissait les joues rouges, honteux et frustré. Il se levait alors et se faisait quelques mélanges alcoolisés. Un verre bien corsé. Pas toute les nuits mais souvent. Il faisait des rêves brûlants et délicieux qui le laissait pantelant et le corps brûlant. Sa main devait encore une fois le soulager et il gémissait le nom de celui qu'il désirait tant. Le matin, Francis l'embrassait et le taquinait sur sa mine ''resplendissante''.
Comment l'autre osait-il le traiter comme ça? Surtout après leur première nuit...même s'ils n'étaient pas allé très loin.
Il n'allait pas lui échapper longtemps.
Il allait lui tomber dans les bras et le supplier de le mettre dans ses draps.
Ricanant d'un air sombre, il prépara sa contre-attaque.
Il fallait attendre son heure, il fallait guetter sa proie avec patience, endormir sa méfiance et joeur son jeu pour mieux lui tomber dessus par surprise. Il ne verrait rien venir.
Agonisant de frustration, le noble passa à l'attaque le soir-même. Il ordonna à ses serviteurs de faire dîner les enfants plus tôt. Et obligea Francis à lui apporter des choses dans son bureau pendant ce temps. Puis il se leva et saisit les poignets de son futur amant en susurrant qu'ils allaient manger ensemble que ça lui plaise ou non.
Devant ce regard perçant, Francis n'osa pas dire non. Il sentait qu'un seuil était à ne pas franchir à ce moment-là et obtempéra, suivant son employeur dans la salle à manger où la table avait été mise pour deux.
«Assis.»
Il n'osa rien dire et obéit, souriant innocemment à Kirkland qui s'assit en ace de lui, les sourcils froncés.
«Ne fais pas cette tête Arthur.»
Il se détendit un peu en voyant que l'autre n'allait pas s'esquiver cette fois. Rassuré il vit Jolien arriver pour servir le premier plat. Il chercha rapidement un sujet de discussion et eut un sourire en y pensant.
«Que dirais-tu que nous allions tous les quatre en promenade à cheval demain? En emmenant un pique-nique?» Il aimait faire des choses avec les deux enfants, comme une famille. Il voulait que les choses restent ainsi.
«Pourquoi pas?
- J'ai un poney parfait pour Matthieu!» reprit Arthur qui avait acheté en secret l'animal pour l'offrir à l'enfant. «Au fait...quand est l'anniversaire de ton fils?
- En été. Le jour du solstice. Je voulais justement t'en parler.
- Quel hasard. Celui d'Alfred est trois jours après.» il prit une bouchée de son plat, pensif, et avala quand une idée lui vint «C'est la semaine prochaine. Tu aurais pu me le dire avant!
- ….
- Si tu ne m'avais pas évité comme ça aussi.» Marmonna le maître de maison, d'un ton amer.
Francis lui lança un sourire narquois, ravi de son petit effet «Frustré?
- Pas du tout.» Grogna Arthur en prenant une nouvelle bouchée, boudeur. Si, en fait, il avait été très frustré Mais il était trop fier pour l'admettre «Si je m'écoutais, j'agirais comme mon ancêtre. Je te jetterais en travers de mon épaule et je t'emmènerais dans ma chambre.
- Mais tu es un gentilhomme n'est-ce pas?
- Effectivement.
- Malgré tes nombreuses aventures sans lendemain.
- Ho jaloux?» Releva Arthur, moqueur, coupant tranquillement ce qu'il avait dans son assiette, avant de prendre une nouvelle bouchée.
L'autre gloussa et répliqua «Tu aimerais bien hein?» il acheva son assiette, toisant son futur amant avec amusement «Tu es tellement mignon quand tu enrages.
- Je ne rageais pas.
- Tu étais tout rouge, et tes yeux brillaient de rage. J'ai cru plusieurs fois que tu allais te jeter sur moi et me dévorer tout cru.» il n'avait jamais été regardé comme ça. Ça avait fait naître une certaine chaleur dans son ventre, et des frissons délicieux dans son dos. Il n'avait jamais été désiré à ce point-là. Il n'était jamais non plus allé si loin avec ses amants. Surtout depuis la naissance de son fils qui était passé avant tout.
Arthur grogna et sonna une petite cloche pour avertir Jolien qu'elle pouvait débarrasser et servir le plat principal. Elle lui lança un sourire moqueur et il répliqua d'un regard sévère qui la fit pouffer. Le noble grogna et se tourna à nouveau vers Francis «...Pour en revenir au sujet principal. Je pensais qu'on pourrait fêter l'anniversaire de nos fils ensemble cette année.
- Le jour du solstice ou trois jours après?» Il grimaça à l'idée de décevoir son fils en repoussant son anniversaire à un peu plus tard. Il était encore jeune mais il savait la date de sa fête.
Arthur se frotta la tête et chuchota «J'ai quelque chose de prévu le jour du solstice. Alors pourquoi pas deux jours plus tard?» Il avait une envie mais c'était sans doute trop rapide à demander, il fallait attendre un peu. «Et le tien?
- Tu vas rire.
- Quoi? Il est passé?
- Non, c'est 13 jours après celui de mon fils.» rit Francis en passant la main derrière sa tête, dans un petit rire.
Arthur ouvrit de grands yeux. Il calcula tout ce qu'il pouvait offrir à son presque amant et hocha la tête en disant «Très bien.»
Francis prit une bouchée de plat et demanda, l'air de rien «Et le tien?
- Il est passé.» Admit Arthur d'un air gêné. «C'était la fête organisée chez Roderich avant notre séjour dans ma maison de campagne.
- Tu aurais pu me le dire.
- Désolé.»
Le repas se passa bien dans l'ensemble. Après le dessert, Arthur et Francis prirent un thé devant la cheminée, parlant de tout et de rien. Ils rirent plusieurs fois. Les joues d'Arthur étaient rouges même s'il n'avait pas bu une seule goutte d'alcool. Ils parlèrent de plusieurs choses: de leurs pays et de leurs traditions, de littérature, de musique, de leurs famille. Les heures s'écoulaient doucement et paisiblement. Ils burent même un petit verre de rhum, riant comme deux gamins.
Arthur, cependant, n'oubliait pas son plan diabolique.
Ce soir serait la bonne. Et il était sûr de lui. Rien de l'arrêterait. Rien de rien. Il eut un rictus affamé qui passa inaperçu.
«Il est tard...
- Hum...Ma chambre n'attend que nous mon cher Francis.» Susurra Kirkland en se levant, attrapant les poignets de son futur amant, se penchant jusqu'à ce que son visage soit tout prêt du sien. Ses lèvres frôlèrent celle de l'autre blond et il se recula, se dérobant.
Son invité permanent tressaillit à ce ton de velours, plein de désir. Mais il ne pouvait s'esquiver, et n'en avait pas vraiment envie de toute façon.
Arthur eut un petit rire qui déclencha un frisson à son compagnon. Il fit un geste rapide et balança l'autre en travers de son épaule. «Je n'ai pas envie d'être un gentleman ce soir mon mignon.» Les conseils de son ancêtre résonnaient en lui et il les chassa. Il pouvait se débrouiller tout seul. Il n'avait pas besoin d'aide du tout. Il ne fallait pas rêver non plus.
Il alla jusqu'à sa chambre en sifflotant un air de chez lui, ignorant les remarques de son futur amant et ferma la porte à clé derrière lui. Il jeta Francis sur le lit et fourra la clé dans sa poche, un sourire diabolique aux lèvres. «Enfin seuls. Personne pour venir nous déranger cette fois.
- Je sais que je t'ai un peu trop titillé ces derniers jours mais tu n'exagère pas un peu quand même?
- Si tu n'es pas d'accord, pourquoi n'essaies-tu pas de récupérer la clé?» Ronronna Arthur, s'approchant tel un félin.
Francis eut un petit rire «Je suis mort de peur mon cœur.
- Tu devrais vraiment.» Arthur sortit un petit bocal de la petite table près du lit et la posa près de la lampe.
«Ho? Tu as tout prévu à ce que je vois.
- Arrête de te payer ma tête. Tu vas le sentir passer.
- Qui a dit que tu serais dessus?»
Arthur fut soudain tiré sur les genoux de son presque amant et un baiser brûlant lui fut donné. Il retint un gémissement, qui lui échappa pourtant quand des mains glissèrent sous sa chemise et caressèrent sa peau pâle. Il reprit le contrôle du baiser et se mit à retirer le vêtement du haut à son partenaire. Il résista quand l'autre voulut le renverse sur le lit et entoura les épaules fines de ses bras, plongeant ses doigts dans ses cheveux soyeux. Détachant ses lèvres de celle de l'autre, il chuchota avec un ton rauque «Je ne me coucherais pas.
- J'ai envie de te dominer moi aussi.» riposta son presque amant d'un ton sensuel.
Arthur eut une moue agacée. Un Kirkland n'est pas dominé. Il eut un air si boudeur que Francis éclata de rire et posa ses mains sur les joues imberbes et douces de son hôte. Il lui posa un baiser léger sur les lèvres et dit avec amusement «Faisons un deal. On le fait deux fois. Chacun son tour.»
Un silence.
Un temps de réflexion.
Arthur hocha la tête «Deal! Mais je commence!» Son ton était son réplique, et son air était si comique que Francis éclata de rire, ébouriffant les mèches sable de son compagnon.
«D'accord, d'accord.»
Arthur eut un rictus ravi et retira la chemise de son invité, dévoilant le torse fin et musclé. Pas une seule cicatrice ne marquait ce corps parfait. Ses mains parcoururent ce corps doux et ses doigts pincèrent et roulèrent deux pointes de chair tandis que sa bouche suçait et mordait la peau de son cou, laissant quelques marques rouges ici et là.
Francis ne resta pas sans rien faire. Il enleva le veston et la chemise de son hôte, dévoilant la peau délicate. Ses mains suivirent les courbes et les muscles, descendant le long du dos, pinçant une zone précise...ce qui fit pousser un petit cri à son compagnon. Il nota cet endroit pour lui-même et serra doucement son presque amant contre lui, rejetant la tête en arrière pour permettre un meilleur accès à son cou, ses mains revenant au niveau du torse pour le torturer à son tour.
Ils tombèrent sur le lit et Arthur le domina dans la lumière ténue. Son visage était rougis, ses lèvres gonflées et ses cheveux en pagaille. Il était beau et désirable. Il sentit une vague de désir qui enflammait ses reins.
«Tu es magnifique.»
Arthur sourit et se pencha sur lui, soufflant contre sa bouche «Toi aussi...» il eut un air malicieux et joueur et rappela «Tu as vraiment un aspect androgyne.
- Si tu dis que je ressemble à une fille, je presse tes boules dans ma main! Tu te soumettras alors!
- Tu es efféminée.
- Parce que monsieur exige que je me rase totalement.» Railla Francis, pinçant la joue de son futur amant qui ricana.
Celui-ci protesta, d'un ton joueur «Pas le visage.
- Quelle générosité!» rit l'autre, entourant le cou de son partenaire de ses bras, l'attirant à lui pour un baiser brûlant.
Ils se séparèrent, à bout de souffle. Un petit rire les secoua tandis que leurs mains repartaient à la découverte de leurs corps. Il s'amusèrent à se chatouiller, dans un simulacre de lutte comme si Francis cherchait à reprendre le contrôle malgré l'accord.
Arthur reprit son souffle, le corps encore brûlant de passion et trempé de sueur. Il bougea légèrement et senti un élancement dans le bas du dos. Il eut un sourire, se blottissant un peu plus contre son amant, repu. Il tendit une main et caressa la joue un peu piquante de son compagnon, descendant ensuite vers son épaule puis son dos, le tirant vers lui avec douceur.
Francis lui sourit, les yeux brillants. «Tout va bien?
Merveilleusement bien.» soupira Kirkland, apaisé. Il s'était rarement senti aussi bien. Jamais aussi détendu. Généralement il renvoyait son amant ou amante dans la chambre d'amis qu'il ou elle occupait et dormait seul, un peu frustré dans le lit froid. Il resserra sa prise sur l'autre corps, enfouissant son visage dans le cou marqué «Reste ici.
- Je n'ai pas l'intention de partir.
- Tant mieux, je t'aurais attaché au lit si tu avais essayé.
- Tu as des chaînes dans cette chambre.
- J'ai de quoi attacher!
- Je ne te savais pas si pervers.
- Hé!» Il donna une bourrade à son amant, plus amusé qu'agacé. Il lui posa un baiser rapide sur les lèvres, puis un autre sur le front. Ses yeux brillaient dans l'obscurité. Il respirait l'odeur de son amant, étourdi de plaisir à partager un tel moment de bonheur avec quelqu'un.
«Ne pars plus jamais.
- Où irais-je?
- Je suis sérieux. Ne me laisse pas.» Il avait soufflé ces mots à voix basse, gêné de se dévoiler autant à quelqu'un, fusse celui qu'il chérissait plus que tout.
Francis prit la main fine de son amant et embrassa la paume. Il ne savait pas s'il pourrait rentrer un jour dans son pays mais n'en éprouvait aucune envie. Tout avait changé là-bas. Et s'il rentrait avec Matthieu, il serait seul. On ne libérerait pas ses frères, on ferait tout pour qu'il reste éloigné du pouvoir. Rien ne l'attendait là-bas. Il n'y avait aucun avenir pour lui et encore moins pour son enfant qu'il voulait protéger plus que tout. Ils seraient menacés là-bas. Et puis ici il y avait Arthur.
Arthur qui ronchonnait et qui donnait des ordres, presque tyrannique.
Arthur qui souriait avec tant de sentiments dans son regard.
Arthur dont le rire était si doux aux oreilles.
Sa douceur et sa tendresse qu'il ne montrait à personne.
Le bonheur de son fils également...
Tout semblait parfait ici. C'était comme un rêve. Souriant avec douceur, il embrassa à nouveau l'être dans ses bras, chuchotant contre ses lèvres «Je ne te laisserais jamais...»
Celui-ci se pelotonna dans ses bras, inspirant son odeur, joyeux de la réponse, d'une voix chaude et assurée «Tu seras heureux ici.»
Francis le serra contre son cœur avant de chuchoter à son oreille, tandis qu'il sombrait dans le sommeil «Je t'aime..»
Arthur se figea, le visage devenant rouge vif. Son cœur battait la chamade. Il se lécha les lèvres, éveillé dans le noir. Il réfléchit quelques instants, troublé au delà des mots. Il était éperdument heureux et perdu. Il avait une douceur chaleur en lui, et il sourit dans la pièce sombre. Il savait quoi répondre. Il se pencha sur son amant et chuchota, d'une voix rendu tremblante par une émotion qu'il ne contrôlait pas «Moi aussi..». Heureux que l'obscurité cache l'expression de son visage, il posa un léger baiser sur les lèvres fines. La main de son compagnon se posa dans ses cheveux en une tendre caresse. Blottis l'un contre l'autre ils s'endormirent, heureux et paisibles.
Yao entra dans la pièce principale. Il allait aérer un peu la salle vu qu'il faisait déjà chaud dehors. L'été était là, plus que quelque jours. Souriant il se dirigea vers la fenêtre quand il marcha sur quelque chose.
«Qu'est-ce que c'est?»
Il tira les rideaux et vit l'ancêtre pirate de son employeur, par terre, visiblement inconscient.
«Qu'est-ce qui se passe?» Il se figea et ouvrit de grands yeux «Attends un peu, je lui ai marché dessus...c'était mou.» Il se pencha et appuya du doigt contre la joue de l'évanoui «C'est chaud...»
Il cligna des yeux «Chaud...c'est...VIVANT!»
Arthur le pirate ouvrit les yeux et se redressa «Qu'est-ce que t'as a piaillé dès le matin toi?»
Yao prit la fuite en hurlant «LE FANTÔME EST VIVANT AIIYYAAA!»
Le flibustier cligna des yeux et se pinça «Aie...» il ouvrit les yeux et un large sourire ourla ses lèvres. Il éclata de rire. Et partit à la recherche de son amant. Depuis le temps que leur état les empêchait de savourer une étreinte chaleureuse...cette fois rien ne les arrêterait.
Et il était impatient de voir la tête du petiot!
A Suivre
