Disclaimer: Hetalia ne m'appartient pas.

Personnages: UA où ils sont humains: Arthur, Francis, Alfred et Matthieu (+ OCS)

Parings: Fruk (+ un couple de pirates déjantés)

Genre: Humour, family et romance

Rating: Pour tous je pense


Partie IX


Arthur se réveilla dans un cocon de chaleur et de bien-être. Il se sentait détendu et apaisé. Il aimait la sensation d'un bras autour de sa taille et d'un souffle chaud sur sa peau. Il ouvrit les yeux et regarda le visage endormi de son amant. Levant une main, il la passa dans les boucles blondes, les repoussant du front qu'il embrassa légèrement. Il se sentait parfaitement bien. Mieux qu'il ne s'était jamais senti. Aucun amant ou amante ne lui avait procuré un tel bonheur avant. Il était heureux.

Un sourire ourla les lèvres de son compagnon. Un petit soupir lui échappa. Il se nicha un peu plus contre lui, murmurant quelque chose d'indistinct. Un moment paisible, heureux qu'il n'avait jamais connu. Il ne s'était jamais réveillé aux côtés de quelqu'un avant de partager son lit avec Francis, et trouvait cela très agréable. Il caressa du doigt la joue piquante de son amant qui grogna.

Amusé, Arthur caressa le dos à la peau dorée, suivant la colonne vertébrale. Il savoura ce moment paisible où il n'y avait qu'eux deux. Et personne d'autre. Il savait qu'il allait devoir se lever sous peu mais n'en avait aucune envie.

Il ferma les yeux. Le silence régnait dans la demeure, il entendait parfois des murmures, sans doute les serviteurs. Il soupira. Il allait devoir se lever, et s'occuper des tâches, comme toujours, prendre soin des affaires, faire venir son frère, toutes ces choses. Grognant, il se redressa légèrement. Le draps glissa sur ses jambes, dévoilant son torse musclé et imberbe. Il passa deux doigts sur les marques rouges sur son cou, grimaçant. Il allait devoir mettre un habit à col. Avec la chaleur extérieur du moment, cette chaleur estivale.

Son amant allait lui payer cela.

D'un autre côté, celui-ci avait sa dose en marques rouges.

Il se sentait heureux et espérait bien profiter longtemps de ce bonheur qu'il avait goûté la veille. Quelques temps dans la résidence secondaire seraient parfaites. Coupés du monde, ils profiteraient de ces vacances avec beaucoup de plaisir. Et pourraient prendre soin des enfants, paisiblement.

Souriant, il se pencha et se trouva nez à nez avec deux saphirs. Francis lui sourit tendrement, lui caressant la joue «Bonjour mon lapin.

- Pardon?» Grogna le noble, n'appréciant guère le surnom, se demandant d'où il venait. «Ne te mets pas à copier ton ancêtre. Je ne suis pas comme le mien et tu n'as aucune raison de m'appeler comme ça! C'est ridicule!

- D'accord. Chaton alors?

- C'est pire! Ce n'est pas sérieux comme surnom!» Il croisa les bras, voulant avoir l'air d'avoir le dernier mot dans cette discussion. «J'ai l'air d'un petit être câlin et ronronnant?»

Francis eut un petit rire et pinça la joue pâle de son amant. «Tu es aussi mignon en tout cas!

- Mignon? Je suis terriblement séduisant, tu veux dire.» Après tout, il n'avait pas accumulé les conquêtes pour rien et savait ses capacités à séduire les hommes et les femmes. Il se savait doué et connaissait l'attrait qu'il avait sur les gens.

«Tu es irrésistible en effet.

- Content que tu le vois!» Rit Kirkland, fier d'avoir eu le dernier mot. Il sentait cependant que ce n'était que parti remise et que l'autre le taquinerait à nouveau dès qu'il en aurait l'occasion, et qu'il lui trouverait un surnom à un moment ou un autre.

«Pourtant mon lapin t'allait bien, ton ancêtre m'a raconté une histoire amusante à ton sujet.»

Arthur ouvrit grand la bouche, stupéfait. Non le vieux loup de mer n'avait pas osé parler de ça? Il sentit ses joues devenir rouges et grogna «Il dit n'importe quoi. Il a du être maudit en état d'ivresse! Ça expliquerait qu'il raconte tout le temps des bêtises...

- Je ne crois pas non

- Je te dis que ce n'est pas arrivé!

- C'est mignon d'avoir voulu sauver ces trois petits lapins de la casserole en les libérant et en te cachant avec eux dans le grenier!» Francis prit son amant dans ses bras et ajouta, taquin «Tu aimes les animaux, il n'y a rien de mal là-dedans.»

Arthur sourit faiblement, et rit doucement «Mes parents recevaient ce jour-là. Ils se sont retrouvé sans plat principal. Ça a été servit avec du retard. Mon père a servit plus de vin pour faire patienter. Et le cuisinier a du courir à la ferme voisine pour acheter trois poulets bien gras. Le cuisinier a du improviser un plat. Et c'était quand même très bon au final.

- Que sont devenus ces lapins?

- Libérés dans la forêt.» Fit celui aux yeux verts en se laissant aller dans les bras de son amant, souriant. Il se souvenait encore très bien de cet épisode. L'ancêtre l'avait taquiné à ce sujet pendant des mois et aimait apparemment le raconter à des nouveaux venus.

Francis rit doucement «Ça me rappelle une anecdote de mon enfance.

- Ha? Quelle genre d'histoire?

- Disons que j'étais enfant moi aussi. J'aimais les animaux également. C'était un homme qui frappait son cheval violemment et qui avait des éperons. Il allait y avoir une course à laquelle il voulait participer. J'ai emmené l'étalon et je l'ai caché dans l'écurie du château. Il n'a pas pu concourir. Il a cherché son destrier partout. J'ai ramené l'animal pendant qu'il était allé se plaindre. Et il a eu des problèmes pour avoir déranger pour rien. Il a du débourser toutes ses pièces pour faire oublier ça aux sentinelles.»

Arthur éclata de rire, retombant sur le lit. «Mon ancêtre m'a raconté qu'un jour, il avait trafiqué la selle d'un homme qui l'avait frappé. Selon lui, la chute était mémorable. Et sans conséquences graves...si ce n'est une humiliation pour celui qui était sur l'animal.» il ne précisa pas à son amant que l'homme en question était le père du pirate qui l'avait fouetté jusqu'au sang. L'autre Arthur avait voulu l'humilier devant tous ses amis lors d'un domptage d'étalon sauvage. Il n'avait jamais été soupçonné.

Il allait dire quelque chose quand la porte s'ouvrit d'un coup et que celui dont il parlait entra brusquement. «Bonne nouvelle les jeunes!»

Ils manquèrent de tomber du lit et se tournèrent vers le nouveau venu. Le noble allait dire quelque chose quand il écarquilla les yeux en remarquant que... «V...Tu es vivant?

- Oui, et mon doux second aussi!

- Ha...c'est...bien.» Arriva à balbutier son descendant, perdu. «C'est bien ce que tu pensais alors...» Il rougit malgré lui, en songeant que sa nuit n'était donc pas un secret. L'autre devait bien se douter de ce qui s'était passé. «Maintenant si tu voulais bien...SORTIR D'ICI!» Les joues rouges, il envoya un oreiller à la figure de son ''jumeau'' qui éclata de rire et sortit en chantonnant une chanson paillarde parlant de courir le ribaud et de la détrousser.

Rouge tomate, le plus jeune grogna «S'il continue, je vais...

- Je suis content pour eux. Ils vont pouvoir vivre et être heureux.

- Oui...» Finit par dire Arthur, se passant la main dans les cheveux. «Mais il va falloir que je trouve une bonne raison à leurs présences. Pour l'autre Francis, on pourrait parler d'un cousin du côté de ta mère. Moi ma famille est connu. Je vais devoir ranimer une branche éteinte pour justifier la présence de ce double. Il va falloir faire venir Carwyn qui contactera Alister qui me fournira les papiers nécessaires.

- C'est mignon de te voir si concerné par eux.»

Arthur grogna en rougissant, il n'était pas gentil. Il voulait juste ne pas avoir d'ennuis à cause de la présence d'inconnus. Et puis il devait avoir des papiers pour la situation de son amant. Hors de question que celui-ci reste une possession et un serviteur. Il allait arranger cela.

«Je vais me lever, qui sait ce qu'il peuvent faire pendant que nous...nous...

- Pendant que je te câline?» Plaisanta Francis en l'enlaçant. Il le renversa sur le lit et le domina, ses mèches d'or tombant sur la peau pâle de son amant. Celui-ci eut un sourire et l'attira à lui dans un baiser brûlant.

«Je vais pouvoir lui faire payer toutes les fois où il s'est moqué de moi.

- Quel petit sournois tu es.

- Je suis un Kirkland, je ne me laisse pas marcher sur les pieds!

- Alors méfie-toi, il en est un aussi.» Plaisanta celui aux yeux bleus en se levant et enfilant les quelques vêtements qu'il portait la veille. Il se dirigea ensuite vers la porte et envoya un baiser à son amant en lançant «Je m'occupe des enfants, à tout de suite mon lapin.

- Hé!»

Trop tard, l'autre était partit. Croisant les bras, il fronça les sourcils. Il devait trouver un petit nom pour son compagnon, pour rétablir l'équilibre. Même si ce n'était pas son genre. Il se concentra sur l'autre chose: trouver une façon de se venger des plaisanteries du pirate sans s'attirer d'ennuis et sans aller trop loin. Il sortit du lit et s'habilla en sifflotant, d'excellente humeur. Il se frotta le menton. Il pourrait faire aménager la chambre inoccupée en face de celle d'Alfred, une chambre destinée à un second enfant, pour le petit Matthieu? D'ailleurs il ne devait pas oublier l'enfant non plus dans ses projets. Ainsi les petits seraient ensembles et pourraient jouer plus longtemps tout les deux. Le fils de Francis ne serait plus tout seul dans l'aile des serviteurs. Oui c'était une bonne idée! Il sortit de sa chambre, s'habilla, et alla vers la salle à manger. Il y trouva l'ancêtre de Francis qui portait des vêtements empruntés dans la chambre d'ami réservée à Alister (ce n'était pas comme si le roux venait souvent en même temps)

«Ton serviteur Yao m'a dit que je pouvais prendre ces vêtements, que leur propriétaire ne le saurait pas et ne se fâcherait pas. Il a embarqué mes propres habits pour les laver et le repriser selon lui.

- Mon frère aîné habite au palais, alors il s'en fiche je crois que quelqu'un mette ses vêtements. Et il ne l'apprendra pas alors il n'y a aucun soucis. Où est mon homonyme?

- Il est allé respirer de l'air frais. Il a dit que cela fait des années qu'il est cloîtré ici et qu'il veut sentir la chaleur du soleil sur sa peau.

- Compréhensible. J'aimerais qu'il ne se fasse pas remarquer quand même.» Arthur se laissa tomber sur sa chaise, posant son regard sur le double de son amant. «Aucun commentaire!

- Je n'ai rien dit.

- Tant mieux!» Grogna le noble, attendant que Francis arrive avec les enfants pour que le petit-déjeuner puisse être servi.

Ils arrivèrent bien vite. Les deux petits s'immobilisèrent en voyant le grand blond et Matthieu s'exclama, surpris «Tu ressemble à mon papa!

- Tout à fait mon petit. Je suis l'ancêtre...comme le pirate.

- Mais tu étais un fantôme!

- Non, j'étais maudit mais comme dans les contes de fées, l'amour nous a sauvé Arthur et moi. Et nous sommes redevenus humains!

- Whoua!» Firent les deux petits, leurs yeux grands ouverts. Alfred s'exclama alors, comprenant après coup, le sourire aux lèvres «Alors oncle pirate est humain aussi maintenant?

- Oui.

- Génial!» Fit l'enfant en sautant de joie, ravi de savoir que le gentil flibustier qui lui racontait plein d'histoires était vivant. Ça lui ferait un oncle de plus comme ça et sa famille serait encore plus grande et heureuse!»

Les adultes sourirent à l'enthousiasme du petit. Arthur installa les deux plus jeunes à table et sonna Jolien pour qu'elle serve le petit déjeuner. Il invita ensuite son invité à s'asseoir et à profiter du repas. A ce moment-là, le dernier du quatuor arriva, souriant «Salut la compagnie!»

Alfred bondit de sa chaise et se précipita vers l'adulte «Oncle Artie!» Il lui sauta au cou quand le plus grand se pencha pour l'accueillir.

Le plus vieux le prit dans ses bras et le fit sauter en l'air «Coucou gamin!» Il eut un sourire ravi et fit, d'un ton sourd «Tu a été sage j'espère, sinon je devrais te jeter aux requins!»

Le gamin éclata de rire, se débattant comme s'il voulait s'échapper. Son tonton était encore plus drôle comme ça, c'était vraiment génial qu'il ne soit plus maudit. Ils allaient pouvoir jouer comme ça et s'amuseraient bien.

Arthur eut un sourire amusé. «Bien, puisque tu as décidé de te joindre à nous, viens manger! Ça fait des années que tu n'as rien avalé! Ça doit te manquer non?

- Tu veux rire? Je rêve d'une tasse de thé!

- Très bien!»

Jolien arriva alors et servit les plats et les pains, sous les yeux gourmands des deux enfants qui frétillaient sur place, tandis que Francis les servait patiemment, donnant un peu de chaque chose pour qu'ils puissent goûter à tout.

Le pirate soupira d'aise «Enfin je peux manger sans te regarder t'empiffrer.

- Hé! Je ne mange pas tant que ça!» Protesta le plus jeune, avant de boire une gorgée de thé. Son désormais double lui lança un sourire moqueur et fit de même.

«Après le repas, toi et moi on va se faire un combat à l'épée petit Arthur!» s'exclama-t-il soudain, surprenant presque tout le monde «J'ai besoin de me défouler un peu.

- Parce que tu crois que tu vas gagner?» Rétorqua le noble, sûr de lui et se sentait parfaitement capable d'affronter cet autre lui-même. Il se savait doué à l'épée et s'était bien entraîné, contrairement à ce flibustier qui avait été un esprit pendant des années et n'avait donc pas pratiqué, il devait être un peu rouillé.

L'objet de ses pensées ricana «Certainement, tu pratique mais moi j'ai fait des combats! Je suis un pirate.

- Étais est le mot juste mon cher.» Railla Arthur, tandis que les deux Francis les regardait l'un puis l'autre, comme s'ils suivait un match.

L'autre haussa les épaules, admettant la véracité de ces mots:«T'as raison, si je réapparaissais brutalement sur les mers...on croirait à un fantôme!» Il rit tout seul de sa bonne blague tandis que son amant levait les yeux au ciel, amusé. Il eut un air pensif et ajouta, d'un ton narquois «Ou on penserait que c'est toi qui a développé un don pour te dédoubler!

- Très drôle! Je te signale que je vais devoir trouver une excuse pour justifier ton existence! Pour ton amant, je dirais que c'est un cousin de Francis...mais pour toi.

- Une branche disparue de la famille, se révélant pas si éteinte que ça?

- C'est ce à quoi je pensais oui. Faut que j'en parle avec Carwyn.

- C'est ça! Fais venir le petit mouton, ce sera amusant de l'embêter!» Il s'en frottait les mains d'avance, songeant à une bonne plaisanterie à faire au châtain quand il viendrait.

Arthur leva les yeux au ciel, sans préciser qu'il était partant pour embêter son frère aîné, si gentil certes mais qui l'avait quand même un peu ennuyé quand il était enfant. Une bonne blague n'avait jamais fait de mal à personne non?

Francis rit et lança, amusé «Je ne sais pas ce que vous allez faire, mais je sens que ça va être épique.

- On va le rendre chèvre!

- Ne le mettez pas de mauvaise humeur, il n'aura plus envie d'aider après!

- Il a pas intérêt à se retirer!» Marmonna le petit frère de Carwyn, de mauvaise foi. Il avait subit des plaisanterie parfois stupides de ses aînés, dont certaines lui avaient vraiment fait peur, et jugeait qu'il avait parfaitement le droit de renvoyer la balle aujourd'hui. Pas de quartier! La vengeance était un plat qui se mangeait froid. Son frère ne se doutait de rien, pensant ces bêtises de jeunesse loin derrière eux. Et bien il allait voir!

Francis soupira et secoua la tête devant le sourire sadique de son amant. Il se tourna ensuite vers son double et demanda, réellement intéressé «Et sinon, que prévoyez vous de faire maintenant que vous êtes libérés de cette malédiction?»

L'autre lui sourit et dit «D'abord se réhabituer à notre situation. Profiter de notre liberté retrouvée!

- Hum...je pensais qu'on pourrait tous aller dans la demeure secondaire de ma famille pour quelques temps, pendant que mon frère rassemblera les papiers nécessaires à tout ce que je vais demander.

- ….Pardon?

La présence de deux doubles apparus subitement ne va pas être facile à expliquer, donc autant s'éloigner le temps que vos cas soient réglés sur le papier.

- Effectivement.» Intervint le second, approuvant cette décision censée. «Merci de nous inviter dans votre maison de repos.

- Pas besoin de me vouvoyer, vous aller visiblement faire partie de la famille.

- Tu vas organiser un mariage? C'est bien gentil gamin!» plaisanta l'ex-pirate, s'attirant un regard noir. Il ne cessa pas de sourire pour autant, semblant bien s'amuser à taquiner son désormais ''cousin''.

Celui-ci soupira, mimant une prise de tête désespéré et se tourna vers son fils, souriant.«Alors mon chéri, tu es heureux de retourner dans notre maison de vacances? Tu pourras te baigner dans la rivière si tu veux. Elle n'est pas profonde à cet endroit. Et il y aura un grand festival avec un feu d'artifice!

- Ho oui! C'est génial! Des fêtes?

- Oui!» Rit son père en ébouriffant les mèches blondes, faisant rire son fils. «On part dans quatre jours!

- On ne tarde pas hein?» Ricana son double, amusé. Il n'était pas contre mais se demandait pourquoi tant de précipitations.

«J'ai le droit de prendre des vacances!» Grogna Arthur en se laissant aller dans son fauteuil.

Francis les regardait et commença mentalement à voir les différences. Ils n'étaient pas si semblables. Déjà ils n'avaient pas la même voix. Ensuite leurs yeux n'étaient pas tout à fait pareils: ceux du pirate tiraient plus la couleur des feuilles ou des aiguilles de sapin. Il avait une cicatrice au dessus de l'œil et une autre sur la joue. Ses cheveux étaient de la même couleur sable que son descendant mais ils étaient mi-longs et attaché en catogan. Il avait aussi des boucles d'oreilles avec un petit rubis dans chacune. Sa peau était plus dorée et ses traits plus marqués. On voyait qu'il avait connu la vie de façon plus rude que son descendant. Ses sourcils étaient parfaitement identiques à ceux de l'autre Arthur par contre.

Son propre double, l'autre Francis, aussi avait des différences avec lui. Ses yeux étaient plus violets que bleus. Ses cheveux étaient plus longs également et attaché en une queue de cheval avec un ruban bleu. Sa peau était plus colorée par le soleil et il n'avait pas de barbe. Il avait une cicatrice sur le dos de la main droite. Et il avait aussi des boucles d'oreilles mais il n'en avait qu'une, dorée avec un petit saphir. Il avait aussi un petit médaillon caché par ses vêtements.

Oui ils n'étaient pas identiques. Ça le rassurait quelque part. Un parfait jumeau serait difficile à justifier. Ils se ressemblaient énormément mais avec des différences tout de même. Il s'éclaircit la gorge et demanda «Jolien et ses frères, plus le valet d'écurie/jardinier viennent?

- Oui. Le séjour sera plus long qu'au printemps. Et tu n'es plus un serviteur. C'est d'ailleurs la seconde raison de la venue de mon frère.» Il n'en dit pas plus malgré le regard insistant de son amant et se leva, quittant la salle en sifflotant, ravi de son petit effet.

L'ancien loup de mer se leva et s'écria «Attends, on doit se battre! Je vais te botter les fesses gamin!

- Je tremble de peur.» Railla l'autre, se dirigeant vers la porte pour sortir dans la cour, suivi par son ''cousin éloigné''.

Francis rit et se tourna vers les deux enfants et leurs essuya la bouche avec une serviette, avant de dire, en souriant «Hé bien, on va s'habiller et aller faire un petit tour d'accord?» Il se tourna vers son ex-ancêtre et fit, aimablement «Vous venez avec nous?

- Oui mais je t'en prie, tutoie moi.»

Quand Carwyn arriva, il y eut une très longue discussion. Ils restèrent dans le bureau pendant un bon moment. Trois bonnes heures pour être exact. Quand ils sortirent, Carwyn semblait épuisé, et abattu comme si le travail demandé était vraiment trop difficile à obtenir. Il resta à manger, et s'efforça de sourire. Il s'éclipsa rapidement et du se rendre là où il pourrait obtenir ce dont il avait besoin. Arthur ricana en disant que son aîné allait en baver et ricana à cette idée. Eux iraient en vacances et profiteraient du soleil et de la tranquillité pendant que l'autre souffrirait.


Ils partirent trois jours après vers la résidence secondaire, avec deux voitures. Les enfants furent intenables. Ils jouaient et réclamaient des histoires, impatient de s'amuser à nouveau dans cette maison à la campagne qu'ils avaient tant aimé la fois précédente. Francis leurs raconta des légendes de chez lui et les endormit aisément sous le regard admiratif de son amant qui en profita pour le prendre dans ses bras et l'embrasser, savourant ce moment paisible.

Arthur envisagea beaucoup de chose pendant ce séjour fort agréable. Il partageait la même chambre que son amant, et profitait bien de cet état de fait. Il passait des nuits fort agréables. Ils parlaient également beaucoup, discutant sur l'oreiller, se racontant leur enfance, leurs relations avec leur famille respective. Ils apprenaient beaucoup l'un sur l'autre, riant des anecdotes diverses et variées.

Ils faisaient de magnifiques chevauchées avec les enfants, ou de longues promenades dans la forêt. Les deux anciens pirates allaient de leur côté, ensemble. Ils se retrouvaient le soir et dînaient en famille, plaisantant et riant. Le flibustier aux yeux verts racontait beaucoup de choses sur son passé de loup de mer, parlant de ses aventures et de légendes. Les enfants le regardaient avec de grands yeux admiratifs. Il jouait aussi les oncles gâteaux en allant acheter des cadeaux au village pour les petits. Arthur disait qu'il les gâtait trop et l'autre répliquait qu'il se rattrapait pour toutes les fois où il n'avait pu agir pour rendre heureux l'enfant. Les deux Kirkland se disputaient alors gentiment devant des spectateurs amusés. Tout allait bien. Très bien même. Le séjour passa ainsi dans la joie et la paix.

Le noble était impatient de voir le bonheur qu'il allait causé aux deux autres, avec ce qu'il avait préparé pour leur retour. Une belle surprise les attendait, et tout irait bien. Francis aussi aurait le droit à une surprise. Ce serait parfait. Ils auraient la paix et ne seraient plus harcelés. Quand à son amant, il ne serait plus un prisonnier ou un serviteur mais un égal. C'était une bonne chose, une belle avancée dans leur relation.

Oui, il ne pouvait attendre de voir le bonheur sur leurs visages, leurs sourires, leur joie. Il riait discrètement quand il y pensait. Décidément, il était un vrai génie!

Carwyn devait avoir régler beaucoup de choses. Il devait en baver mais allait sans aucun doute réussir. Ils avaient tout planifié en secret ensemble.

«Tu souris mon lapin.

- Une belle surprise attends les deux autres quand on rentrera! Je suis satisfait de penser qu'ils vont être heureux de ce qui leurs tombera dessus!» Il entoura la taille de son ancien serviteur de son bras, l'attirant un peu plus contre lui.

«Ce n'est pas une mauvaise blague j'espère?» rit doucement son amant, passant une main affectueuse dans les cheveux sable.

- Pas du tout. Fais moi confiance!»

Francis savait décoder ce sourire. Il était trop agréable et trop satisfait pour être fourbe. Il était véritablement innocent d'une chose grave. «Je suis curieux de voir ce que tu as préparé!

- Tu aimerais.» Rit l'autre, amusé. Une pensée le traversa et il la chassa, un peu mal à l'aise. C'était peut-être trop tôt? Ça ne faisait qu'un an qu'il connaissait Francis. Celui-ci pourrait ne pas vouloir tout de suite. Oui il avait eu raison d'attendre. Même si beaucoup de personnes pensaient que son amant était son nouvel époux. L'idée n'était pas déplaisante, c'est vrai. Mais il ne voulait pas se presser, il avait toujours un petit blocage en pensant à cela.

«J'espère que l'excuse pour l'apparition de nos doubles tiendra!

- Sûrement, vous avez trop travaillé là-dessus pour que ça ne marche pas.

- Le tien ça ira puisqu'il est censé venir de chez toi et d'avoir été capturé par le mien et ramené par les mers. Mon cousin voyage beaucoup et ne revient pas souvent. Et le voilà venu en visite avec son captif...qui ne l'est plus vraiment.

- Je pense que personne ne creusera. Les familles maternelles des bâtards n'intéressent personne.

- Je pense que ça ira. Notre famille est assez nombreuse, l'apparition d'un cousin passera bien. Et puis il ne me ressemble pas tant que ça!

- Bien entendu, tu es unique!

- Tu as tout compris!»

Ils rirent tout les deux, regardant les deux enfants qui jouaient ensemble avec leurs petits soldats de bois. Arthur se sentait comme ayant une famille unie et forte, et cette idée le fit sourire, une douce chaleur l'envahissant.


«Tu peux répéter?» Fit Francis, posant son regard sur son amant qui souriait tranquillement. Celui-ci se laissa aller dans son fauteuil, amusé.

Il finit par répondre, l'air très content que lui «Bien. Tu...est désormais un citoyen de ce pays, placé sous ma protection. De même pour ton fils.

- En fait, je ne suis plus un prisonnier?

- Non. Ni une possession. Ni un serviteur. Tu penche entre l'habitant du pays et l'otage. Tu es un peu entre les deux. Tu as des droits et tout ça. Tu dois rester sous ma protection. C'est tout.»

Francis ne sut quoi dire. Il était heureux de cette situation mais ne savait pas quoi faire. Il allait parler quand son amant se tourna vers les deux anciens pirates. Il leurs expliqua ce qu'on avait décidé pour leur situation. Des papiers et des preuves de cette situation leurs furent donnés. Puis Arthur eut un sourire satisfait. «Et puis Carwyn a organisé une fête vous concernant. Au printemps. Vous pourrez en profiter. Il faudra organiser les listes d'invités et les menus.

- Une fête?

- A votre avis?» Fit le noble dans un sourire railleur. «Quelque chose qui vous concerne tout les deux, rien que tout les deux.»

Francis fronça les sourcils et osa demander «Un mariage?»

Trois paires d'yeux se posèrent sur lui et il eut un rire nerveux tandis que Arthur s'exclama d'un ton déçu «Maaaiiissss...

- J'avais deviné de toute façon.» Intervint l'autre blond aux yeux bleus, haussant les épaules «Mon cher cousin a juste été plus rapide que moi pour le dire.»

L'ancien capitaine pirate en était resté la bouche grande ouverte, stupéfait. Il semblait incapable de réagir. Immobile, les bras ballants, il ne disait rien. Puis il eut un large sourire et s'écria «Mon cher cousin...tu as eu une idée brillante. Tu as hérité de mon génie, c'est certain.

Vraiment?» Railla Arthur, amusé. «Il poussa les papiers vers son double qui s'en empara voracement, et les parcourut des yeux. «Désolé que ça ne soit pas plus tôt mais...organiser des noces ne se fait pas du jour au lendemain. Et en hiver, une fête n'est pas facile à préparer.

- La manoir est assez grand. Et pas besoin de tant d'invités que ça.

- Notre famille est importante, malheureusement. Un truc trop discret attira plus l'attention qu'une fête dans les normes.

- Je vois.

- Vous resterez ici jusqu'aux noces car je ne veux pas qu'on jase derrière mon dos.

- Si tu veux.» Plaisanta son ''cousin'' en levant les yeux au ciel. Il se fichait un peu des convenances mais puisque c'était si important pour le gamin, il voulait bien faire un effort. Et puis son amant semblait tellement heureux. Plus personne ne pourrait les séparer. Ils seraient unis pour toujours aux yeux de tous. Un sourire ravi ourla ses lèvres. «Parfait.»

Arthur fouilla dans ses papiers et poursuivit, d'un ton plus doux «Mes parents vivent à la capitale, je ne les vois pas souvent mais ils m'ont cédé quelque chose reçu en héritage, que je vais vous donner.

- Et c'est quoi?» Demanda l'autre, curieux, passant les feuilles à son ancien second, curieux de savoir la suite, impatient également.

«Vous savez que nous ne sommes pas loin de la mer. Elle est à deux jours de route environ. Cet héritage est une maison de bonne taille, située dans une cité portuaire où notre famille a des entrepôts. Jusqu'ici, elle servait à Carwyn quand il venait vérifier si notre commerce allait bien. Mais il accepte d'y renoncer. En contrepartie, mon cher cousin se chargera des affaires commerciales maritime. Il pourra ainsi prendre la mer dès qu'il le voudra.

- Une...maison?» Fit l'autre Francis, ébahi. Il semblait ému à cette idée. Et sourit, béat. «C'est merveilleux!» Il prit la main de son amant qui semblait à nouveau stupéfait et lui dit, d'un ton heureux «Tu ne trouve pas? Et il te donne même un travail!

- Ha...oui.» Il se reprit vite et annonça, fronçant les sourcils. «Okay gamin, c'est quoi le truc?

- Pardon?» Arthur semblait bien s'amuser. Un large sourire ourlait ses lèvres et il avait croisé les bras, attendant la suite. L'air méfiant de son double avait quelque chose de terriblement jouissif.

Ce dernier reprit, sourcils froncés «Il y a un mais hein? Tu veux quelque chose en retour?

- Pas tu tout.» il se leva et attira son amant contre lui, souriant d'un air épanoui. Il décréta, d'un ton tranquille et sincèrement aimable«Cela vient droit du cœur. Et d'ailleurs...» il prit une dernière liasse de papiers et annonça «Pour vous!

- Qu'est-ce que c'est?

- Et bien...Carwyn a fait le tour de l'orphelinat du coin et a fait un dossier pour chaque enfant qui s'y trouve. Le pauvre n'a pas dormi pendant trois jours. Avec la fortune de notre famille (et la part que vous aurez) et tout ça, vous pourrez adopter un, deux ou même trois gamins sans aucun problème.»

Dans un grand bam, l'ex-pirate tomba par terre sous le regard triomphant de son ''cousin''. Les deux Francis levèrent les yeux au ciel et le plus jeune se pencha sur son amant «Tu n'as pas honte?

- Non.

- Tu aurais pu éviter de tout dire d'une traite. Ça fait trop de choses d'un coup voyons...

- Ça n'aurait pas été drôle sinon.» Il écarquilla les yeux quand son amant l'embrassa rapidement, ses lèvres se posant contre les siennes dans un mouvement rapide et léger. Rougissant il détourna la tête, gêné de ce geste d'affection devant quelqu'un.

L'autre Francis eut un sourire taquin devant le couple et dit, amusé «T'es certain que tu ne veux pas organiser un double mariage?» il s'enfuit en courant, poursuivi par un Arthur rougissant et mort de honte.


Cependant l'idée faisait son chemin dans la tête d'Arthur. C'était un bon moyen de garder Francis auprès de lui, de faire de Matthew le frère d'Alfred et de former une famille heureuse. Ses parents arrêteraient également de le harceler avec une nouvelle union (cela étant optionnel). Ses frères arrêteraient de se moquer de lui aussi (lui au moins serait marié contrairement à son frangin qui se tapait le fils bâtard du roi en toute impunité).

Cependant qu'en pensait son amant? Voulait-il construire quelque chose avec lui? Voyait-il Alfred comme un second enfant?

Toute ces questions lui passaient encore et encore dans la tête, au fur et à mesure que l'automne passait. En hivers, il nota que ça faisait bien plus d'un an maintenant. Mais qu'il n'osait rien faire. Était-il trop timide ou trop fier? Il entendait les deux autres se moquer de lui, encore et toujours. Et il ne demanderait jamais conseil au loup de mer. Qui sait ce que ce pervers déjanté pouvait lui conseiller de faire?


A suivre dans l'épilogue