Voici le troisième chapitre! Je n'ai pas encore eu le temps de répondre à toutes les reviews, je rattrape ça dès que possible.
Merci (encore une fois!) de votre soutien.

L'histoire avance doucement, des dénouements sont à attendre très prochainement... Bonne lecture !

La chanson est de Amy MacDonald - Give it all up.


Is there anyone you can call./N'y a-t-il personne que tu peux appeler ?
Have you got nobody left at all./ Ne te reste-t-il plus personne ?
Your map's against the wall./
Ta carte est punaisée au mur
Is there no place else you'de rather be./N'y a-t-il nulle part où tu préférerais être ?

En tête-à-tête autour d'un maigre petit-déjeuner, Sherlock et John se dévisageaient de temps à autre. Aucun des deux ne semblait enclin à aborder les évènements de la veille et leur lot de mauvaises nouvelles.

Les deux hommes s'occupaient comme ils le pouvaient. Sherlock se contentait de regarder par la fenêtre. John, lui, focalisait toute son attention sur son bol de chocolat chaud. Lorsque la dernière bulle de poussière chocolatée éclata, il expira bruyamment :

- Tu as réussi à joindre Mycroft ?
- Non. Il ne répond ni à mes appels ni à mes messages.

Le médecin demeurait incertain quant il s'agissait de caractériser son diagnostic. Constituait-elle une malédiction ou, au contraire, une chance ? Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, ruminant longuement sur cette nouvelle source d'inquiétude. Sherlock lui avait assuré que ses lointains tests étaient revenus négatifs, John ne pouvait s'empêcher de ressentir une crainte diffuse.

- Pourquoi tu n'irais pas le voir directement ?
- Je ne peux pas me rendre dans ses bureaux sans invitation, répliqua sèchement le détective. Et chez lui…

John haussa un sourcil, patientant pour la fin de cette phrase.

- Je ne sais pas où il habite. Je sais qu'il a déménagé il y a quatre ans mais-
- Et cela échappe à tes grandes déductions ?, le railla John.
- Je ne suis pas devin. Je ne suis m'y suis jamais assez intéressé pour récolter les informations qui m'y mènerait, se défendit Sherlock, visiblement sur la défensive. Inutile de te dire que le domicile de mon frère n'est pas repris dans l'annuaire téléphonique.

Le visage suspendu au-dessus de son bol, John fut secoué d'un bref rire narquois. Sherlock le considéra d'un œil autoritaire, l'invitant vivement à exprimer le fond de sa pensée.

- Laisse tomber… Je m'étonne simplement de ta capacité à connaître des centaines de trucs inutiles et tout ignorer des choses essentielles-
- En quoi l'adresse de-

John ne lui laissa pas le temps de réagir à son accusation. En dépit de tous ses efforts, son amertume ressurgissait parfois sans qu'il ne puisse exercer le moindre contrôle sur elle :
- Je n'ai jamais eu d'explications sur l'origine de vos enfantillages et, pour être tout à fait honnête, je m'en fiche royalement. Je te préviens simplement que ton frère ne sera pas éternellement là. Tu regretteras sûrement un jour de ne pas avoir enterré la hache de guerre assez tôt pour-

Un air moqueur déformèrent les traits du détective :
- Dans quel but ? Organiser des repas de famille ? Aller boire un café avec lui, lui taper dans le dos pendant une promenade au parc ?

John ne lui répondit pas immédiatement. Terminant sa boisson en deux gorgées, il disparut dans la cuisine pour nettoyer sa vaisselle.
- Si tu savais ce que c'est de perdre quelqu'un, tu ne réagirais pas de cette manière.

Une autre allusion à sa disparition. La dernière remontait seulement à l'avant-veille, dénigra Sherlock avec agacement. Il commençait à désespérer de voir John surmonter cette colère, cesser les reproches qu'il trouvait injustes.

Sherlock, sans répit, continuait de ressasser les informations contenues dans le dossier médical puis de les comparer avec le diagnostic posé par John. Quelque chose ne tournait définitivement pas rond dans cette histoire.

Une illumination lui apparut soudainement.

- Lestrade ! Il sait où habite mon frère.

Dans la cuisine, des couverts chutèrent sur l'évier en inox, propageant un bruit désagréable entre les murs de l'appartement. John, incertain de ce qu'il venait d'entendre, avait réapparut dans le salon :

- Tu voudrais recontacter Lestrade ? Tu es sérieux ?
- C'est une solution possible. Ceci dit, ce n'est certainement pas la plus rapide et la plus facile.

John balança le torchon en direction de la montagne de vaisselle.
- Quel idiot je fais… J'ai osé imaginer que tu prendrais le temps de lui donner les explications qu'il mérite !
- Ce serait une perte de temps, l'interrompit Sherlock en faisant défiler les noms de son répertoire téléphonique.

Le détective regretta immédiatement sa réaction, comprenant que cette dernière remarque lui vaudrait d'être nié par John pour le reste de la journée.

Abandonné à son sort, il tenta de mettre un mot sur ses craintes. Un coup de fil à Lestrade et l'histoire pourrait aussitôt être réglée, il s'en doutait. Il s'obstinait cependant à éviter le moindre contact avec l'inspecteur.

Au-delà de la perte de temps que constituerait une conversation dans les règles de l'art, Sherlock ressentait une appréhension qu'il n'expliquait pas. Cela remontait au jour où il avait entraperçu Lestrade, au pied de l'appartement à l'issue d'une soirée avec John.

Rien de plus concret qu'un simple pressentiment, une vague impression qui, depuis, ne le quittait plus et s'accompagnait d'un écho.

C'est entièrement de ta faute.


Plongé dans la lecture de son propre dossier médical, Sherlock lisait et relisait chaque page en espérant déceler l'anomalie qui l'intéressait. Obtenu lors de sa disparition, son dossier s'était révélé indispensable pour brouiller les pistes et rendre la dépouille convaincante.

Sous ses yeux, les chiffres n'étaient pas bien bavards. La vérité se trouvait très certainement dans cette feuille, perdue entre une varicelle tardive et une chute de vélo. Un long charabia qui détaillait un examen cardiaque subi lorsqu'il avait six ans.

Aucune pathologie détectée. Pas le moindre souffle, pas le moindre trouble du rythme cardiaque. Un cœur en parfaite santé. Voilà un constat qui aurait probablement étonné ceux qu'il côtoyait.

Confronté au même test, les deux frères n'obtenaient pas le même résultat : le cadet s'en tirait indemne, le deuxième souffrait d'un mal contre lequel il ne pouvait plus rien. Les méninges de Sherlock s'activèrent, dopées par le flux d'informations qui lui parvenait au cerveau.

Ses rendez-vous datent d'il y a moins d'un an. Il le sait depuis peu. L'examen peut avoir été mal réalisé… Mais son dossier en garderait une trace dans ce cas là. Une seule possibilité : il ne l'a jamais passé.

Glacé jusqu'aux os, Sherlock redéposa le dossier sur l'une des piles de paperasse. Les mains posées à plat sur la couverture cartonnée, il s'obligea à reprendre son sang-froid. Il priait pour qu'une information capitale lui ait échappée. Dans le cas contraire, cela n'augurait rien de bon.


Un croissant dans une main, un cappuccino dans l'autre, Mycroft prit place dans l'un des sièges de la première classe. A sa gauche, le seul autre occupant du wagon semblait être entré dans son deuxième ou troisième cycle de sommeil.

Avec une minutie extrême, il installa ses quelques effets emportés pour le voyage. Un romain à peine entamé, son téléphone et sa tablette, et, enfin, un paquet de bonbons à la menthe. Le voyage durait une heure et demie : juste assez pour se délasser en omettant ses devoirs professionnels.

Anthea recélait décidemment de qualités insoupçonnées. Au terme d'une longue conversation, elle s'était avérée suffisamment obstinée pour le convaincre de prendre un long week-end de repos loin de Londres.

La conversation qu'ils avaient entretenue entre deux cafés lui revenait par bribes depuis le matin. Chacune de ces phrases lui laissait la même impression : Anthea était plus que jamais inquiète pour lui. Officiellement, elle ignorait tout du mal qui le rongeait. Il ne se faisait cependant aucune illusion : cette jeune femme était suffisamment brillante pour comprendre que le dernier bilan de santé n'était pas des plus optimistes.

Consciencieuse et acharnée, elle avait été plus qu'une alliée de choix au cours des cinq dernières années. Si elle refusait de tirer la couverture à elle, arguant qu'un bon employé est avant tout le résultat d'un bon employeur, Mycroft lui promettait une belle carrière. Qui sait, elle dirigerait peut-être un jour à un niveau équivalent au sien.

Secrètement, il espérait néanmoins que ces nouvelles promesses d'emploi et une carrière bien remplie n'hypothèqueraient pas la vie privée de son employée. Elle méritait mieux, infiniment mieux qu'une morne vie de célibataire et un appartement vide.

Dérangé par les vibrations de son téléphone, Mycroft leva les yeux au ciel. Nul besoin d'être devin pour connaître l'identité de l'auteur de ces messages. Depuis la veille, sept messages et quatre coups de fil en absence s'étaient accumulés sur son Iphone.

Rappelle-moi aussi vite que possible. SH
Tu devrais décrocher. SH
C'est urgent. SH
Cardiomyopathie hypertrophique, anévrisme sur l'artère pulmonaire. SH
Et ce n'est pas du bluff. SH
Tu DOIS me rappeler.
Mycroft, on doit parler de Lui. SH

Les yeux fermés, Mycroft inspira profondément à plusieurs reprises, la main gauche appuyée sur son sternum. Une astuce d'un cardiologue plutôt efficace. Apaisé, il refusa de nier plus longtemps ce flot de messages.

Sherlock n'avait pas respecté ses recommandations. En même temps, à quoi s'était-il attendu en lui faisant promettre de rester en dehors de tout ça ? Mycroft soupira. Une partie de lui espérait qu'il s'en tiendrait à ces simples conclusions médicales. Il priait de toutes ses forces pour que son frère ne fouille pas plus loin.

Sherlock espérait le tourmenter ? Mycroft ne voyait aucune raison valable de ne pas en faire de même.

Pas disponible avant un moment. MH

D'une pression du pouce, il expédia la missive sur les réseaux téléphoniques de Grande-Bretagne. Il connaissait évidemment la date de son retour : le billet était d'or et déjà imprimé. Cependant, un petit mensonge par omission ne coûtait rien et lui procurait la satisfaction d'une revanche bien méritée.

? SH

Devait-il voir dans ce manque flagrant de vocabulaire une pointe d'inquiétude ? Mycroft choisit de lui laisser le bénéfice du doute. S'il s'avérait revanchard dans cette histoire, il n'était pas cruel pour autant.

Prenant la peine de répondre à son frère, il éteignit son téléphone juste après la réception de l'accusé.

Tout va bien. Je serai simplement injoignable pendant un certain temps. MH


L'atmosphère devenait tout simplement invivable. Si le quotidien au sein du 221B n'était pas toujours des plus roses, la situation avait encore empiré dernièrement. Les tensions se cristallisaient autour de choses anodines et se manifestaient par des soupirs frustrés, des remarques agacées ou des querelles insensées.

Ce jour-là, John fut le premier à donner de la voix.
- Tu me fatigues ! Si, au moins, j'avais la moindre idée de ce qui te traverse la tête depuis quelques jours-
- Je ne peux rien te dire. Vraiment rien.

Les mâchoires contractées, John referma son poing sur le journal dont il venait d'achever la lecture. Il acceptait totalement l'idée de fournir quelques efforts, de s'adapter à ce Sherlock toujours plus mystérieux. Certains détails commençaient néanmoins à venir à bout de sa patience.

- Très bien ! Tu sais, si nous n'avons plus rien en commun, il serait peut-être préférable d'envisager de continuer chacun de notre côté !

A des années lumières de la conversation que venait de lui tenir John, Sherlock bredouilla quelques phrases difficilement intelligibles.
- Lestrade. Lestrade peut m'aider. Je dois le contacter.

Le médecin lui fit prendre conscience que son plan était voué à l'échec.
- Greg ? Il ne décrochera jamais. Crois-moi.

Sherlock leva les yeux au ciel, fatigué par la lenteur d'esprit de son colocataire. Il ne comptait bien évidemment pas téléphoner directement à l'inspecteur : il n'obtiendrait aucun résultat de cette façon. Il lui fallait un moyen de communication détourné, moins brutal.

- Il lit les mails. Ou quelqu'un. Je ne reçois jamais de réponse ou de confirmation mais toutes les informations que je lui communique sont prises en compte lors des enquêtes. Il y a forcément quelqu'un pour les lire, n'est-ce pas ?

A la suite de ce raisonnement, il n'obtint aucune réaction de la part de John sinon un soupir exaspéré. Penché sur la résolution d'une grille de mots-croisés, John tenta d'imaginer à quoi pourrait bien ressembler le message de Sherlock.

Ses excuses, si par miracle il y en avait, n'auraient rien de traditionnelles. Il concevait sans peine la possibilité de tournures de phrases bien senties voire carrément insultantes.

- Tu penses qu'en envoyant un simple mail, Greg te rejoindra, désolé de la mésentente qui règne entre vous? Soit tu le connais vraiment mal, soit tu ignores ce qu'il pense de toi depuis quelques mois.

Piqué au vif, Sherlock remballa les moqueries de son acolyte.
- Je connais les mots qui le pousseront à venir.

Haussant les épaules, John poursuivit ses activités sans prêter attention au bruit frénétique des touches du clavier. Une fois sa mallette préparée, il s'empara de ses clés et de son parapluie.

- J'ai des papiers à compléter au bureau. Si tu ressentais enfin le besoin de t'expliquer ou au moins de me tenir au courant… Je serai de retour dans une heure et demie, deux heures environ.

Attablé devant l'ordinateur, Sherlock ne lui répondit guère et attendit le claquement sec de la porte, soulagé d'être enfin seul. Devant lui, le curseur de la boîte mail clignotait à intervalles réguliers, renvoyant à chaque fois son échec en une poignée de pixels. A peine avait-il écrit une phrase qu'il l'effaçait aussitôt.

Qu'est-ce qui le liait encore à Lestrade ? Rien, lui répondit une voix intérieure. Le boulot ? Si peu. A moins d'un coup de chance ou d'un miracle, cette tentative était peine perdue. Il avait imaginé – espéré – qu'une autre solution existe pour le mener jusqu'à Mycroft.

Même Mère elle-même ne connaissait pas l'adresse de son aîné. Ni de son cadet. La septuagénaire coulait des jours paisibles dans le Sud de l'Angleterre, à proximité de Canterbury, étrangère aux bonnes comme aux mauvaises nouvelles qui rythmaient la vie de ses uniques héritiers.

Je suis désolé de ne pas-

Même si vous vous entêtez-

Je suis conscient que nos relations ne sont pas-

Le curseur avala les trois essais infructueux.

Contre toute attente, une intuition éclaira enfin sa lanterne. Lestrade, après tout, ne lui avait jamais rien réclamé. Ni explications ni excuses. Il en avait bien entendu reçu par des moyens détournés : par le biais de John, par exemple.

Il restait une chose, par-dessus toutes les autres, dont Sherlock ne l'avait jamais gratifié. Si le moindre lien subsistait encore entre eux, ce devait être celui-là. Dans le cas où ce message précis ne suffisait pas à le ramener vers lui, Sherlock s'avouerait vaincu.


A l'autre bout de la ville, la fenêtre d'une boîte mail se garnit subitement du chiffre un. Par automatisme, le destinataire fit glisser la nouvelle correspondance dans une autre fenêtre et double-cliqua sur « Transférer ». Le tout sans détourner son attention de l'exemplaire du Sun qu'il décortiquait.

Accolé à la célèbre page trois qui étalait une charmante pin-up métisse, le tabloïd étalait son gros titre en caractères noirs épais. S'en suivait une grotesque introduction à la dernière énigme à la mode, la disparition d'un Van Gogh à la National Gallery.

Bien que protégé par un nouveau principe d'alarme, la magnétisation, le « Vase avec quinze tournesols » semblait s'être évaporé. En effet, l'analyse des relevés informatiques était formelle : ce tableau n'avait jamais quitté le musée.

Ordinairement affilié à des affaires autrement plus glauques et importantes, Lestrade s'était vu remettre, avec un enthousiasme feint, les rennes de cette enquête digne d'un mauvais polar. Visiblement mal informé, le chef divisionnaire lui avait fait part de ses espoirs :

« En consultant votre ami Holmes, ce n'est l'affaire que de quelques jours, n'est-ce pas ? »

Il s'était doublement fourvoyé. D'une part, il fuyait à présent Sherlock comme la peste et, d'autre part, Lestrade était bien décidé à faire traîner cette histoire en longueur pour contrarier ce vieil incapable de Diggins.

- Inspecteur ?

Tayler, le bleu du service, se tenait dans l'encadrement de la porte, visiblement mal à l'aise. Les yeux rivés sur le tabloïd déplié sur le bureau, le jeune homme redoubla d'effort pour ignorer la naïade à la peau mat affichée en page trois.

- J'ai bien reçu votre dernier mail. Ceci dit, malgré la référence à l'homicide de Sutton… Vous devriez le lire. Cela concerne visiblement plus votre vie privée que l'enquête.

Derrière son bureau, Lestrade s'agita légèrement, abasourdi par cette nouvelle et tiraillé entre l'idée de refermer son journal ou de simuler l'indifférence.
- Bien. Je vous remercie de l'info.

Alors que Tayler s'apprêtait à disparaître, Lestrade ressentit le besoin de clarifier la situation. Désignant le quotidien d'un geste de la tête, il toussota et adopta une attitude détachée :
- N'allez pas vous imaginer que je matais, hein ?

Encore plus perturbé que lui, Tayler haussa les épaules, pressé de quitter le bureau :
- Non ! Ne vous inquiétez pas ! C'est simplement… J'ai cru qu'il s'agissait du Sergent Donovan.

Examinant d'un œil suspect la photographie, Lestrade se débarrassa rapidement de sa lecture en l'envoyant dans la corbeille. Le bleu était parvenu à rendre la situation encore plus embarrassante qu'elle ne l'était.

Nouveau mail
SH – Homicide Sutton – 14 :27

Tandis que son esprit se livrait une bataille acharnée à grand renfort de « pour » et de « contre », Lestrade constata que sa capricieuse souris avait éliminé le dilemme en ouvrant le mail dans une deuxième fenêtre.

D'une main tremblante, Lestrade empoigna sa veste et ses clés.

Foutue journée. Foutu Gmail. Foutu Sun et foutu Tayler.

Foutu Sherlock.

Did you give it all up just for me / As-tu tout laissé tomber pour moi ?
I'm sorry if you got me wrong. / Je suis désolé que tu te sois trompé sur mon compte